Tag: urbanisme

  • Les habitants ont un délai de six mois avant la mise en péril de Bel Ombre

    Les habitants ont un délai de six mois avant la mise en péril de Bel Ombre

    La mobilisation se forme et des manifestants livrent des témoignages effrayants. « Une femme énorme , a été victime d’un AVC. Les pompiers ont dû la faire sortir par le balcon, faute d’ascenseur. Elle vit au neuvième étage à Bel Ombre », s’indigne une copropriétaire. L’hiver commence et « le chauffage ne fonctionne pas ou mal », complète une autre. Cette copropriété du 11e continue de se dégrader, mais aussi celles de la Maurelette (15e), du Mail (14e), de la Belle de Mai (3e), des Rosiers (14e), de Benza (11e), de Mazenode (11e)… Le collectif rassemblant ces copropriétés sous administration judiciaire et des associations (Touche pas à ma copro) étaient présents.

    Mohamed, membre actif de l’association « Préservons Bel Ombre », est chaleureusement accueilli : « Nous avons obtenu un report de six mois pour la mise en péril. » Il est applaudi. Depuis deux semaines, la structure négocie pour faire acter le report.

    Demande de soutiens

    « On n’arrivait pas à avoir des réponses. La providence a fait qu’on tombe au moment de la venue du ministre Darmanin : ça nous a permis d’obtenir l’entrevue avec Patrick Amico [adjoint (GRS) au maire en charge du logement, de l’habitat indigne] », poursuit-il. Il sort de la réunion, prévue la veille au matin. « On pensait qu’on allait être soutenus par la Ville, la préfecture, l’administrateur judiciaire. On se sent punis par les institutions », lance-t-il, avant d‘ajouter : « Il va falloir continuer à se battre contre AJ Associés [leur gestionnaire judiciaire]. Nous espérons que la mise en péril soit annulée. »

  • [Exposition] Nîmes en mutation sous l’œil des photographes

    [Exposition] Nîmes en mutation sous l’œil des photographes

    Depuis le 15 octobre, l’exposition TransUrbaNîmes investit les murs de la Faculté d’éducation de Nîmes. Présentée dans le cadre de la mission photographique Regards sur la Ville, cette édition 2025 réunit dix artistes gardois autour d’un thème aussi poétique qu’essentiel : les métamorphoses urbaines. Cinéma disparu, collège fantôme, sites industriels ou quartiers en reconstruction… leurs œuvres racontent une ville en perpétuel mouvement. Le 4 novembre, les visiteurs avaient pu rencontrer les artistes lors d’une soirée d’échanges organisée par NegPos, structure à l’origine du projet. Pour Patrice Loubon, son directeur artistique, « TransUrbaNîmes interroge les états transitoires de notre espace urbain, les traces qui résistent et celles qui s’effacent ».

    L’urbanisme en transition

    De la démolition des tours de Pissevin captée par Jocelyn Banabera à la fermeture du cinéma Le Forum, immortalisée par Chantal Auriol, chaque série d’images documente un morceau de mémoire. Gwenaëlle Bourriaud explore la poésie du quotidien dans le même quartier, tandis que Marcelle Boyer saisit l’atmosphère d’un collège déserté. Sarah Malclès s’attarde sur la mobilisation citoyenne face à la bétonisation de certains secteurs, et Yann Roubeau fixe sur pellicule les vestiges industriels du site de la Sernam. Entre regards documentaires et approche sensible, TransUrbaNîmes dresse le portrait d’une cité en mutation, où la photographie devient archive vivante d’un patrimoine souvent éphémère. Une exposition à la fois esthétique et citoyenne, qui rappelle combien les images peuvent préserver ce que la ville efface.

    Jusqu’au 15 janvier 2026
    à la Faculté d’Éducation de Nîmes (62 rue Vincent-Faïta). Entrée libre du lundi au vendredi, de 9h à 17h. Fermeture du lundi 22 décembre 2025 au 5 janvier 2026

  • [EQDD Le Télégramme] Anne Roué-Le Gall : « L’aménagement et l’urbanisme sont des leviers puissants d’amélioration de la santé »

    [EQDD Le Télégramme] Anne Roué-Le Gall : « L’aménagement et l’urbanisme sont des leviers puissants d’amélioration de la santé »

    Depuis une quinzaine d’années, avec le collectif d’enseignants-chercheurs UrbaSEPT, vous travaillez autour du concept d’Urbanisme favorable à la santé, avec l’ambition d’irriguer les politiques publiques d’aménagement. En quoi consiste cette approche ?

    C’est une approche par les déterminants de la santé. On en a retenu quinze. Par exemple, on regarde les polluants de l’air, de l’eau, des sols, l’exposition à des produits chimiques, à des perturbateurs endocriniens. On les croise avec des déterminants de cadre de vie comme l’exposition à la lumière, au bruit, mais aussi avec des déterminants sociaux-économiques comme les interactions sociales, les accès aux transports, aux espaces verts, aux commerces et services, à l’emploi. Enfin, il y a des déterminants plus individuels comme les habitudes de vie, d’alimentation, d’activité physique au quotidien.

    Il s’agit d’encourager des choix de politiques publiques d’aménagement qui, d’une part, minimisent l’exposition des populations à des facteurs de risque (comme les pollutions de l’air ou la sédentarité). Et qui, d’autre part, maximisent leur exposition à des facteurs de protection (comme les aménagements cyclables ou les parcs publics). Évidemment, il faut mettre les impacts sur la santé humaine en cohérence avec les impacts sur l’environnement et le climat, dans le contexte du changement climatique. L’urbanisme favorable à la santé, c’est aussi une façon de lutter contre les inégalités, l’isolement social… Il y a des co-bénéfices à aller chercher.

    Un exemple, pour bien comprendre ?

    J’aime bien donner l’exemple de l’activité physique, parce qu’on sait tous à peu près bien que l’activité physique, c’est bon pour notre santé. Mais notre façon de pratiquer l’activité physique ne repose pas uniquement sur notre bonne volonté. Si on veut garder une régularité dans l’activité physique, on a tout intérêt à s’appuyer sur des mobilités actives, notamment lors de déplacements domicile-travail. À condition de disposer d’infrastructures appropriées, comme des pistes cyclables sécurisées et continues, des circulations piétonnes, des connexions avec des transports en commun, etc. Ça passe donc par des aménagements urbains, périurbains ou ruraux qui permettent de faire de l’activité physique un facteur de protection, et donc de limiter au maximum ce facteur de risque pour la santé qu’est la sédentarité.

    Comment aidez-vous
    les collectivités et aménageurs
    à progresser
     ?

    D’abord, nous essayons de les convaincre qu’ils sont, eux-mêmes, des acteurs de santé publique et que l’aménagement et l’urbanisme sont des leviers puissants d’amélioration de la santé. La santé, ce n’est pas que le soin, même si c’est un axe prioritaire et primordial. La santé, c’est le bien-être physique et mental et il dépend beaucoup de notre cadre de vie. Par exemple, on les amène à regarder et donc à organiser des espaces verts urbains comme des lieux de protection des populations face aux pollutions, au bruit, à la hausse des températures et même des inondations. Les espaces verts, ce sont aussi des lieux d’interactions sociales et d’activité physique, de ressourcement de la santé mentale et de préservation de la biodiversité. Une végétalisation de cour d’école, si c’est bien fait, c’est une entrée intéressante de ce point de vue.

    Ensuite, nous avons édité deux guides publics, « Agir pour un urbanisme favorable à la santé » (2014), et « ISadOrA » (2020), avec une agence d’urbanisme. Ce sont des outils concrets pour aider les décideurs. Ce ne sont pas des outils clé en main, mais des points d’appui, d’entrées thématiques sur ce chemin de l’urbanisme favorable à la santé.

    Collectivités et aménageurs
    se les approprient-ils ?

    Nous sommes, en tout cas, très sollicités. Nous voyons aussi des initiatives encourageantes apparaître ou se concrétiser, principalement dans les aires urbaines. Je pense à Rennes Métropole qui s’efforce – même si c’est difficile -, de faire travailler ses services ensemble pour bien saisir tous les enjeux. Nous avons mené une expérimentation dans le quartier de Maurepas, à Rennes. Le pays du Mans vient d’intégrer le principe d’urbanisme favorable à la santé dans la révision de son schéma de cohérence et d’organisation territoriale. C’est aussi le cas d’autres documents d’urbanisme, comme à Miramas. On n’est pas encore à 100 projets en France ! Avec ses expérimentations Urba Santé, l’Ademe incite également à franchir le pas.

    Comment progresser sur ce chemin de l’urbanisme favorable à la santé, à l’environnement et au climat ?

    Je pense que chaque collectivité ou groupes de collectivités devrait créer une instance dédiée, avec une personne qui pilote. Au Québec, une dizaine de municipalités ont mis en place des postes de conseillers scientifiques. Ils ne sont pas spécialistes de tout, mais sur ces enjeux complexes et multifactoriels, ils vont chercher des expertises pour objectiver la planification, les décisions selon les profils de projets d’aménagement. Par ailleurs, on connaît souvent bien les profils socio-économiques des populations des territoires, il faut que l’on en saisisse mieux les profils sanitaires et environnementaux. De notre côté, on devrait recruter des économistes pour rendre plus claire une approche par les coûts évités, sur le long terme, un facteur de décision déterminant en ces temps de restrictions budgétaires.

    Au sein de l’École des hautes études en santé publique, vous avez ouvert un diplôme d’établissement en santé publique et aménagement du territoire. Avec quels objectifs ?

    Nous avons déjà formé 70 personnes, pour moitié des professionnels de santé, pour moitié des aménageurs et urbanistes. Une quinzaine d’experts sont formés par an. Ils viennent quatre semaines à l’école sur quatre mois. On cherche à en faire des acteurs relais dans les régions sur ces enjeux. C’est un diplôme unique et payant, qui leur coûte 5 000 euros. Je cherche à le faire financer pour toucher plus de monde.

    Par Bruno Salaün- Le Télégramme

  • Montpellier végétalise pour « rafraîchir » la ville

    Montpellier végétalise pour « rafraîchir » la ville

    Le 27 juin 2019, sur la place de la Comédie, il a fait 49 degrés. Les gens fuyaient  », se souvient Michaël Delafosse. « Et à l’horizon 2050, on nous annonce potentiellement le climat d’Alger ». Nous sommes le 21 mai dernier. Le maire de Montpellier vient de signer, avec Sylvain Waserman, président directeur général de l’Agence de la transition écologique Ademe, la charte « Plus fraîche ma ville », qui vise à structurer et renforcer les politiques locales d’adaptation au changement climatique, avec un accent particulier mis sur la lutte contre les îlots de chaleur urbains.

    Cette signature s’est déroulée symboliquement sur l’Esplanade Charles de Gaulle, où la Ville a réalisé d’importants travaux de végétalisation, désimperméabilisation et rafraîchissement. « Ces travaux nous permettront de réduire les températures de 2 à 7°C », explique Michaël Delafosse.

    Une démarche qui s’inscrit dans la continuité des actions menées depuis 2020 par la municipalité afin d’adapter l’espace urbain au changement climatique. Au premier rang desquelles la désimperméabilisation (de l’ordre de 20 ha sur la ville sur la durée du mandat, sachant qu’un sol de végétation ou de terre absorbe beaucoup plus la chaleur qu’un sol d’un autre type) et la plantation de 50 000 arbres – but qui devrait être atteint en début d’année prochaine – « pour créer de l’ombre et avoir une ville plus fraîche en période de canicule  », explique l’écologiste Stéphane Jouault. « L’adaptation consiste à planter des arbres mais aussi à diversifier les essences, car on ne sait pas exactement quelles sont celles qui résisteront au climat », poursuit l’adjoint en charge de la nature en ville et de la biodiversité.

    « On ne peut plus faire autrement »

    « Dès que cela a été possible en centre-ville, on a donc planté des arbres. Il y a en aura 7, par exemple, sur la place des Martyrs de la Résistance, devant la préfecture, dont les travaux sont en train de se terminer. L’objectif étant clairement de rafraîchir ce point dur de chaleur », illustre l’élu. Idem pour la place Max Rouquette, entièrement rénovée, où l’ancien parking des Arceaux a été remplacé par une « place-jardin » plantée de 130 nouveaux arbres, dont un tiers de la surface a été désimperméabilisée.

    La Ville encadre et encourage également le microfleurissement des rues. Objectif  : accompagner le citoyen dans son projet de végétalisation de l’espace public. Ces dispositifs de plantes grimpantes de long des façades « permettent de rafraîchir beaucoup l’intérieur des logements », assure Stéphane Jouault. Dans le quartier de la Méditerranée, où le microfleurissement est assez répandu, « un habitant nous disait dernièrement qu’entre son immeuble et celui d’à côté, il pouvait y avoir 5 degrés de différence en été ». Les habitants volontaires peuvent faire la demande d’un bon de végétalisation à la Ville. Les services municipaux s’occupent ensuite de la percée du trottoir en pied de façade, où la plante offerte par la collectivité pourra être mise en terre. À charge ensuite, pour les habitants, de l’arroser et l’entretenir.

    « C’est un dispositif très efficace, qui permet de rafraîchir là où on ne peut pas mettre d’arbres. Et ça prend bien : on a distribué 2 000 bons de végétalisation sur les microfleurissements en 5 ans », souligne Stéphane Jouault. « Aujourd’hui on fait une proposition et on attend que les gens viennent vers nous. Pour la suite, l’idée serait d’aller davantage à la rencontre des habitants pour les motiver, en sélectionnant des rues qui nous semblent propices et doivent être rafraîchies.  » Dans le même ordre d’idée, la Ville propose également un bon de végétalisation pour un don d’arbres fruitiers. « La majorité de l’espace est privée. C’est donc très bien de végétaliser l’espace public, mais c’est important aussi d’encourager la végétalisation de l’espace privé, car ça participe au rafraîchissement de la ville. »

    La municipalité s’attelle par ailleurs, depuis plusieurs années, à un problème de taille : adapter ses écoles aux températures estivales qui les transforment en chaudron, au point que tous les ans des parents se mobilisent pour alerter sur les températures relevées dans les classes (jusqu’à 36 – 38 degrés). « Un programme de rénovation thermique de certaines écoles est en cours. L’idée, ensuite, est d’avoir une salle climatisée dans chaque école – je crois qu’on y arrive bientôt – et d’installer des plafonniers dans les classes. Sans oublier la végétalisation des cours. On désimperméabilise et on plante le plus possible dans les écoles. » Une adaptation au long cours qui demande de gros investissements, mais « on ne peut plus faire autrement, il faut penser la ville dans ce sens-là. »

  • L’État face au casse-tête Pissevin à Nîmes

    L’État face au casse-tête Pissevin à Nîmes

    La Chambre régionale des comptes d’Occitanie a publié, le 21 octobre, un audit « flash » sur l’opération de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national (Orcod-In) menée à Pissevin, l’un des quartiers les plus pauvres de France. Derrière ce dispositif d’État censé redonner souffle à un territoire miné par la précarité, les trafics et les immeubles délabrés, les magistrats financiers pointent de multiples difficultés de gouvernance et un modèle économique jugé « potentiellement sous tension ».

    Avec ses 11 000 habitants, ses tours vieillissantes et ses 57 % de logements privés, le quartier Pissevin-Valdegour incarne les impasses d’une urbanisation des années 1960. Le revenu médian y plafonne à 11 470 euros par an, le chômage atteint près de 50 % et le taux de pauvreté dépasse 70 %. La dégradation du bâti est telle que certaines copropriétés, comme Soleil Levant ou Lou Cigaloun, affichent plus de 50 % d’impayés de charges. Le rapport évoque « des pathologies économiques, sociales, bâtimentaires et sécuritaires cumulées. »

    Face à cette situation, la Ville de Nîmes avait sollicité en 2018 la création d’une Orcod-In, un outil prévu par la loi Alur pour traiter les copropriétés dégradées et les causes exogènes de leur déclin. L’État a confié sa mise en œuvre à l’Établissement public foncier d’Occitanie (EPFO), avec pour missions la lutte contre l’habitat indigne, l’accompagnement social et foncier, ainsi que la démolition des bâtiments les plus insalubres. Douze copropriétés et la Cité Matisse, emblème du quartier, font partie du périmètre d’intervention.

    Un modèle fragile

    L’audit note que « la réussite de cette opération est sous-tendue par de forts enjeux de gouvernance, de coordination et de bonne information des partenaires ». Or, plusieurs engagements conventionnels, notamment ceux de la Ville de Nîmes et de Nîmes Métropole, n’ont pas été respectés ou l’ont été tardivement. Les magistrats dénoncent aussi une « comitologie foisonnante » où se croisent État, collectivités, bailleurs, syndics et acteurs privés aux intérêts parfois divergents. Le rapport relève enfin que « les missions d’intérêt général se heurtent parfois à des intérêts économiques », qu’il s’agisse des réseaux criminels liés aux trafics ou de certains investisseurs immobiliers spéculatifs.

    Estimé à 180 millions d’euros sur quinze ans (2023-2037), le coût global de l’opération repose en majorité sur les financements de l’État et de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), à hauteur de 93 %. « L’épargne nette et la trésorerie de l’EPFO sont sollicitées par d’autres projets », avertit la CRC, ajoutant que « les dépenses liées à l’Orcod-In apparaissent complexes à anticiper ». Déjà, les dépenses engagées (12 M€) dépassent les prévisions initiales (9 M€).

    Dans sa réponse à la Chambre, la directrice de l’EPFO, Sophie Lafenêtre, reconnaît que les difficultés de projection sont aggravées par « la très grande variation du climat sécuritaire ». Les fusillades à Pissevin ont entraîné « des vagues de départs de locataires et des demandes massives de vente ». Le rapport conclut que la réussite du dispositif dépendra autant de la stabilité de ses financements que de sa capacité à surmonter les tensions entre acteurs publics et privés, dans un quartier en quête de renaissance.

  • Gérald Passedat devra raboter sa villa d’Endoume

    Gérald Passedat devra raboter sa villa d’Endoume

    Le tribunal correctionnel de Marseille a déclaré, vendredi, Gérald Passedat et sa SCI coupables de démolition et exécution de travaux non autorisés. Le chef avait fait bâtir, en 2023, une villa, impasse du Riff (7e), dans le quartier d’Endoume, avec un permis de construire de 2018 périmé.

    Le juge a ajourné le prononcé de la peine au 4 septembre 2026, laissant le temps au chef cuisinier de mettre en conformité la construction qui excède de 50 cm la hauteur maximale autorisée par le nouveau PLUi (Plan local d’urbanisme intercommunal).

    Alertée par des habitants du quartier, La Marseillaise avait révélé (notre édition du 9 janvier 2023) cette situation singulière, le service de l’urbanisme ayant, en effet, formellement rejeté, fin 2020, sa demande de prorogation du permis qui expirait alors en mars 2021, refus motivé par le fait que le projet n’aurait pas respecté les exigences du nouveau PLUi sur la hauteur de l’ouvrage.

    à l’audience du 3 octobre, Gérald Passedat avait dénoncé, par la voix de son avocat Julie Savi, « le comportement non coopératif » de la Ville de Marseille et dit son sentiment d’être « traqué », ce à quoi le procureur Guillaume Bricier avait répondu que M. Passedat était « jugé comme tout le monde ».

    Des travaux avaient débuté une dizaine de jours avant la caducité du permis. Mais, suivant une jurisprudence constante, le service de l’urbanisme et le tribunal ont considéré ces travaux préliminaires comme insuffisants et non significatifs pour valoir « commencement d’exécution » du projet. En effet, à la date de la péremption, « seuls des travaux préparatoires avaient été entrepris (études de sol, installation du chantier, dépôt de matériel de démolition, dépose du portail et de la maçonnerie d’entrée) », énonce le jugement rendu.

    Gérald Passedat avait ensuite passé outre l’arrêté interruptif de travaux délivré par la Ville de Marseille et poursuivi l’édification de sa villa jusqu’à son achèvement avec une hauteur à l’égout de la construction de 7,54 m. Pour régulariser, il lui est demandé de réduire sa hauteur à 7 m.

  • Montpellier réduit la pub dans l’espace public

    Montpellier réduit la pub dans l’espace public

    Montpellier fait sa mue publicitaire. La Ville vient d’adopter un nouveau contrat encadrant l’affichage dans l’espace public, marquant un tournant écologique et esthétique. Le mot d’ordre : réduire la pression visuelle et énergétique. « Moins 33% de panneaux, moins 50% de leur taille et moins 100% de numérique », résume l’élu Bruno Paternot, vice-président de la Métropole en charge du Règlement local de publicité intercommunal (RLPi).

    Jusqu’à présent, la gestion de la publicité urbaine reposait sur trois types de contrats. Désormais, un seul cahier des charges s’applique, simplifiant le dispositif tout en renforçant les exigences environnementales. Les publicités seront désormais interdites dans un rayon de 150 mètres autour des écoles contre 50m auparavant : une première en France. Le nombre total de supports diminue d’un tiers, leur format est réduit de moitié et leurs emplacements réévalués pour ne pas gêner les poussettes ni les fauteuils roulants. Les publicités sexistes, promouvant la malbouffe ou les alcools forts, seront également bannies.

    Remplacer la pub par des arbres

    Mais la mesure la plus emblématique reste la suppression totale des panneaux numériques. Ces écrans, particulièrement énergivores, consomment environ 7 000 kWh par an, soit l’équivalent d’un foyer de trois personnes. « Ce n’était pas la collectivité qui payait, mais la planète qui en faisait les frais. Désormais, nous évitons cette dépense », souligne Bruno Paternot. Dès l’entrée en vigueur du contrat, un plan de démontage est prévu pour ces dispositifs lumineux. Le nouveau marché, attribué à la société JC Decaux pour une durée de 17 ans, prendra effet le 27 novembre 2025. Il porte sur l’exploitation de 382 mobiliers urbains, dont la moitié servira prioritairement à l’information municipale plutôt qu’à la publicité commerciale.

    Pour la majorité municipale écologiste, c’est un symbole fort : « Pas d’écologie sans écologistes. Quand nous sommes aux manettes, ce sont des modifications concrètes : moins de pub, plus d’arbres », se félicite Bruno Paternot. Les élus d’opposition regrettent toutefois que la Ville n’aille pas plus loin, certains plaidant pour une régie publique ou une suppression totale de la publicité. Reste que Montpellier s’impose désormais comme pionnière d’une politique urbaine plus sobre : un choix assumé, entre esthétique, santé publique et responsabilité écologique.

  • Le contournement sud de Nîmes coupe court à la forêt

    Le contournement sud de Nîmes coupe court à la forêt

    Le bruit des tronçonneuses a remplacé le chant des oiseaux, la semaine dernière, près de la Forêt des enfants au Mas de Ville. Là où les écoliers nîmois plantent chaque année de jeunes arbres, plusieurs dizaines de peupliers ont été coupées pour faire place à la seconde tranche de la voie urbaine sud, entre le stade Kaufmann et l’autoroute A9. Un chantier censé fluidifier la circulation, mais qui suscite un vent de contestation.

    Pour Jacques Sarda, du collectif Nîmes en transition, la scène a eu des airs de désastre écologique. « Le mercredi, il y avait encore 70 peupliers sur les deux bords. Le lendemain, ils étaient tous tombés, et le surlendemain, réduits en copeaux », raconte-t-il, amer. Selon lui, certains de ces arbres, hauts et robustes, avaient « un demi-siècle d’existence ». « Ce n’est pas du défrichement, c’est du déboisement », insiste-t-il.

    « Un climatiseur naturel pour tout le quartier »

    L’expression est devenue le symbole de la colère des militants. « Ces arbres formaient un véritable climatiseur naturel pour tout le quartier. En plein réchauffement climatique, on fait l’inverse de ce qu’il faudrait  », poursuit Jacques Sarda. Le collectif dénonce un projet « pensé pour les voitures, pas pour le vivant », et juge qu’il ne répond plus à l’urgence écologique de 2025. Car ce chantier n’est pas nouveau. Validée dès 2010, la voie urbaine sud doit relier la route de Beaucaire à la Ville active, en longeant le boulevard Allende. Objectif : désengorger un axe saturé par 30 000 véhicules par jour. Longue de 2,5 km, cette portion doit notamment traverser le quartier du Mas de Ville et rejoindre la rue Bompard. Pour la Ville, il s’agit d’un aménagement d’intérêt public : un maillon attendu pour fluidifier la circulation entre l’est et l’ouest de Nîmes. Mais pour les associations environnementales, l’époque a changé. « Ce projet a été conçu avant les canicules à répétition, avant la crise climatique actuelle », souligne un membre du Groupe national de surveillance des arbres. « On détruit aujourd’hui un îlot de fraîcheur qui ne sera pas reconstitué avant des décennies. »

    Face aux critiques, la municipalité tente d’apaiser les esprits. L’adjointe à l’environnement, Chantal May, assure que « la Forêt des enfants ne sera pas impactée par les travaux ». Elle détaille un plan de compensation écologique « conforme aux prescriptions de la DDTM et de la Dreal », prévoyant 170 arbustes sur les 800 mètres du tronçon actuel, 3 500 végétaux au total et 5 000 m² d’espaces verts supplémentaires. Elle rappelle également la mise en place d’un suivi écologique : « Nous avons un écologue missionné et deux sites de compensation : 40 hectares au domaine d’Escattes sur 50 ans et 4 hectares aux Lauzières sur 90 ans. » Concernant les troncs laissés sur place, l’élue précise que « ce n’est pas un abandon, mais une démarche écologique : laisser la faune s’approprier temporairement ces amas de bois avant leur retrait  ».

    Pourtant, sur le terrain, le contraste entre la zone rasée et les jeunes pousses de la Forêt des enfants reste saisissant. Les défenseurs du projet invoquent la mobilité et la sécurité ; ses détracteurs, la biodiversité et la fraîcheur urbaine. Deux visions de la ville qui s’affrontent, à l’heure où chaque arbre devient un enjeu politique. Au cœur de la controverse, une question persiste : jusqu’où faut-il aller pour adapter la ville au trafic automobile sans sacrifier ses poumons verts ? À Nîmes, le débat semble à peine commencé.

  • Le collectif de l’Huveaune s’inquiète pour des arbres du parc de la Botte

    Le collectif de l’Huveaune s’inquiète pour des arbres du parc de la Botte

    Dans un communiqué envoyé hier à la presse, le collectif de l’Huveaune écrit : « Le projet d’aménagement des berges de l’Huveaune au parc de la Botte [porté par l’Établissement public d’aménagement et de gestion des eaux Huveaune – Côtiers -Aygalades ou Epage Huca, la Ville d’Aubagne, la Métropole Aix-Marseille, Ndlr] a suscité en 2023 un émoi considérable à Aubagne. » Le collectif embraye : « Des rassemblements et une pétition ont permis de voir le projet initial, qui prévoyait l’abattage de 234 arbres significativement modifié. Une quinzaine d’arbres ont été au final détruits. Les travaux sont en voie d’achèvement sous la responsabilité de l’Epage Huca. »

    Il continue : « Mais voilà que depuis quelques jours, les usagers du parc ont observé le marquage pour abattage d’un grand nombre d’arbres adultes à proximité du chantier, sans aucune explication fournie par la mairie (l’Epage Huca s’étant déclaré extérieur à cette opération et sans information à ce sujet). Nous refusons ces abattages dans l’urgence et l’opacité. Nous exigeons, si ces arbres sont malades et constituent un danger pour les usagers, que les diagnostics soient rendus publics et que des échanges aient lieu sur site pour évoquer les solutions possibles avec les citoyens. »

    Interrogée par nos soins, la Ville répond : « Parmi les arbres marqués dans le parc, neuf vont être abattus car ils sont morts et présentent un danger pour les usagers à cause des chutes de branches. D’autres vont être taillés et élagués, comme cela se fait chaque automne. »

  • L’exploitation industrielle à Châteauvallon pose question

    L’exploitation industrielle à Châteauvallon pose question

    L’opposition progressiste d’Ollioules alerte les habitants de la commune, ainsi que ceux de la métropole toulonnaise, sur les conséquences « d’un projet industriel » au pied du patrimoine culturel emblématique de Châteauvallon, scène nationale. « Un site niché dans un amphithéâtre naturel, au cœur d’un somptueux massif forestier, qui fait l’objet de nombreuses protections », précise l’élu municipal Christian Bercovici (PCF).

    « Ce projet prévoit la transformation d’un ensemble bâti en activité de métallurgie, de peinture industrielle et de logistique, ce qui constitue une rupture radicale, voire une atteinte directe, non seulement à la nature, mais aussi une atteinte symbolique et culturelle », ajoute sa collègue, la conseillère d’opposition (Les Écologistes) Claudie Cartereau, en pointant « le bruit des camions et des machines remplaçant le bruissement des pins et des voix d’artistes ». Et d’ajouter : « Pour nous, ce projet ne relève pas d’un aménagement compatible, mais constitue une dissonance écologique et culturelle totale. »

    Enquête publique

    Le groupe d’opposition appelle donc les Ollioulais à mettre leur grain de sel dans ce dossier et à intervenir dans le cadre de l’enquête publique actuellement en cours, portant sur la modification du Plan local d’urbanisme n°3. Ce dernier comprend Le changement d’affectation du zonage UDp en Udpb, c’est-à-dire en secteur toujours majoritairement pavillonnaire, mais autorisant une densification plus importante. « Cela permettrait notamment la régularisation d’actes contestables au regard de la légalité », précise Christian Bercovicci.

    Les citoyens sont invités à déposer leurs commentaires et réserves, au plus tard ce jeudi 23 octobre au service de l’urbanisme de la ville d’Ollioules, ou à les adresser directement en ligne au commissaire enquêteur à l’adresse suivante : mtpm.plu@metropoletpm.fr en précisant en l’objet de leur requête.

    Le collectif Sauvons Châteauvallon*, composé de riverains, est également fortement mobilisé contre le projet qui, dénonce-t-il, « prévoit de transformer le chemin de Châteauvallon en autoroute à camions pour un complexe métallurgique ».

    Pour le maire (LR) de la commune, Robert Beneventi, il s’agit sauver de l’industrie à Châteauvallon. « Mais celle-ci est éteinte depuis plus de 30 ans », répliquent les opposants, jugeant un tel retour au cœur de la forêt et dans des quartiers résidentiels totalement inapproprié.

    *Contact mail :

    sauvons.chateauvallon@gmail.com