Tag: urbanisme

  • Les fantômes de la Linea inquiètent toujours

    Les fantômes de la Linea inquiètent toujours

    C’est une histoire vieille de soixante-six ans qui s’invite ce lundi matin en conseil métropolitain. Parmi les nombreux dossiers techniques à l’ordre du jour, un gros morceau, l’adoption d’une quatrième révision du plan local d’urbanisme pour la ville de Marseille et les communes voisines, deux ans après le lancement de la première concertation publique. Mais lors d’une réunion publique le 12 septembre dernier, les habitants de Saint-Mitre, dans le 13e arrondissement de Marseille, ont eu la désagréable surprise de découvrir que les emplacements réservés à l’ancienne Liaison du nord-est de l’agglomération marseillaise (Linea) y faisaient leur retour, malgré une décision du tribunal administratif de Marseille du 22 mai.

    Vieux serpent de mer dont le plan directeur avait été élaboré en 1959, cette rocade courant de Saint-Mitre à Allauch avait été définitivement stoppée par la justice le 30 septembre 2020. « Mais les emplacements réservés pour la voirie restaient toujours sur les plans d’urbanisme », explique le président de l’association pour la sauvegarde du poumon vert de Saint-Mitre, Philippe Musarella.

    Une véritable épée de Damoclès pour les 53 habitations situées sur le tracé. Saisie, la justice lui a donné raison et laissé cinq mois à la Métropole, jusqu’au 22 septembre, pour les supprimer. « On pensait qu’elle allait inscrire la suppression dans la révision du plan local d’urbanisme, elle ne l’a pas fait, déplore Philippe Musarella. Allauch et Plan-de-Cuques ont le même tracé, et à Marseille, ils ont trouvé une combine : ils ont enlevé les emplacements pour remettre un tracé de 28 mètres de large au lieu de 38, en catimini, sans consultation publique. »

    Une étude à lancer

    « La suppression pure et simple des emplacements réservés, sans étude approfondie de leurs impacts, serait une décision précipitée », assume-t-on à la Métropole. Et d’expliquer que sans le gel de la construction sur ces parcelles, « environ 400 logements pourraient être construits, ce qui accentuerait les difficultés de circulation et mettrait sous pression les infrastructures routières existantes ».

    « Nous nous sommes mis d’accord avec la Ville pour faire ce choix qui est plus prudent », abonde la conseillère métropolitaine (LR) déléguée à l’urbanisme, Laure-Agnès Caradec, assurant que la décision de justice est respectée puisque ces emplacements réservés deviennent… des pré-emplacements réservés. « Personne ne veut la Linea, mais il y a des problèmes de circulation, alors nous allons repartir à zéro avec une nouvelle étude de mobilité », annonce-t-elle. Pendant que les opposants se préparent à retourner en justice.

  • La cession d’une parcelle fait débat au conseil municipal

    La cession d’une parcelle fait débat au conseil municipal

    Vous nous proposez de donner pour 1 euro symbolique une parcelle qui vaut plus d’un million d’euros, mais du fait de sa forme, elle est évaluée à moins 90% de son prix, c’est-à-dire 110 000 euros », amorce Denis Grandjean (Rassemblement de la gauche et des écologistes). Il poursuit : « Cette parcelle n’est pas inutile, elle permet aux usagers des transports de se rendre aux arrêts. Nous ne validons pas vos arguments. Nous nous interrogeons sur les motifs d’un tel cadeau. Nous voterons contre cette délibération. »

    Juste avant, l’adjoint à l’urbanisme, Yohann Léandre, a expliqué que « par courrier du 1er juillet 2024, les membres du lotissement de la Comtesse, situé à l’extrémité de l’avenue du 24-avril-1915, ont fait connaître à la commune leur souhait de clôturer le lotissement en procédant à l’acquisition d’une partie de la voie publique ». La Ville, « convaincue que cette cession contribuera à l’amélioration du cadre de vie des résidents, a donné son accord pour céder les 4 402m2 de cette parcelle communale, évaluée à 110 000 euros par le Pôle d’évaluation domaniale de la direction régionale de finances publiques. » Du fait de la proximité de la voie SNCF, et de la forme de la parcelle, « les possibilités d’aménagements demeurent très réduites », alors que les charges d’entretien de ce terrain pour la commune sont bien réelles, a fait valoir l’adjoint.

    Appels d’offres

    Si la gauche a voté contre cette délibération, elle a, une fois n’est pas coutume, voté pour, avec la majorité (le RN a voté contre), l’adoption du règlement intérieur de la commission d’appel d’offres, présentée par Alain Rousset, premier adjoint au maire de Gérard Gazay (LR). « Nous sommes très satisfaits de voir gravés dans le marbre un certain nombre de règles de bon sens », a réagi Clémentine Fardoux (RGE). Elle a rappelé : « En décembre 2023, nous vous demandions de prendre des engagements fermes à propos de cette commission : avoir les documents en amont, pouvoir s’appuyer sur des impressions papier… ».

    Après avoir bataillé, la conseillère municipale RGE a lu une motion « pour la mise en œuvre de l’école inclusive ». Alors que, a-t-elle rappelé, « l’état, depuis la loi du 17 mai 2024, doit assurer la prise en charge des élèves en situation de handicap sur la pause méridienne », et non plus les communes. Seuls 13 enfants ont obtenu une aide dans les écoles aubagnaises, alors que 21 autres en ont besoin…

  • Un pas de plus vers le nouvel espace urbain de la Mosson

    Un pas de plus vers le nouvel espace urbain de la Mosson

    Mercure, Neptune… À Montpellier, les habitants de la Mosson n’ont pas encore d’étoiles plein les yeux mais commencent à voir le ciel s’éclaircir.

    Depuis quelques mois, le bâti vieillissant de ce quartier populaire de 25 000 habitants s’y transforme radicalement grâce au vaste programme de renouvellement urbain (Anru) doté d’un demi-milliard d’euros sur une dizaine d’années. Depuis fin 2024, le bâtiment Gisèle Halimi abrite l’école de la 2e chance. Début 2025, l’immense Tour d’Assas, symbole de l’urbanisme froid des années 60 qui avait permis l’accueil des rapatriés, a disparu. Le symbole majeur d’une volonté de reconquête urbaine qui n’est pas resté un coup politique isolé.

    Cet été, l’arche Mercure est tombée à son tour. Et à la rentrée, la nouvelle école Hypatie a accueilli ses premiers écoliers. Depuis lundi 22 septembre, c’est au tour de la vétuste résidence Neptune d’être à son tour grignotée par une immense grue. « Ce n’est pas juste la destruction d’un bâtiment. La Mosson change de visage, c’est une question de dignité pour ses habitants. Le sujet c’est comment on lie l’humain et l’urbain », résume, l’adjointe Clara Gimenez (PCF).

    D’ici 2028, le bâtiment sans âme laissera la place au siège d’Altemed qui regroupe le bailleur social ACM, les aménageurs Serm et SA3M. Soit 440 emplois dont le maire affirme qu’ils vont booster la Mosson. « Longtemps, on a mis tous les équipements publics le long du Lez. Aujourd’hui, on rééquilibre la ville », insiste Michaël Delafosse. L’élu socialiste ajoute que les 250 fonctionnaires des impôts (Dgfip) s’installeront d’ici 3 ans en lieu et place de la tour d’Assas. Et que si la clinique Clémentville a refusé le déménagement à la Mosson, il annonce « le positionnement d’une offre [un pôle, Ndlr] de santé courant 2028 près des halles Saint-Paul ».

    À deux pas du commissariat de la police nationale qui vient d’ouvrir et fait déjà la chasse aux narcotrafiquants, Michaël Delafosse en profite pour réaffirmer sa détermination contre les marchands de sommeil. « À Font Del Rey, on a fait condamner les propriétaires (appel en cours). Chaque fois qu’on en identifie, on fait un signalement au procureur. Il n’y a pas d’impunité pour cette délinquance en col blanc qui nourrit la filière migratoire illégale et se nourrit de la détresse humaine. »

    Reste une inconnue majeure pour la Paillade. L’avenir de son stade de foot. Promis à l’abandon, il serait finalement rénové pour 70 millions d’euros selon le maire de Pérols Jean-Pierre Rico. Interrogé, M. Delafosse garde le suspense jusqu’en octobre mais lâche un indice : « Aujourd’hui, les gens viennent voir les matchs mais ne vivent pas le quartier. L’enjeu c’est comment on fait vivre le quartier autour du stade… »

  • Isabelle Campagnola-Savon prend la tête d’Euromed

    Isabelle Campagnola-Savon prend la tête d’Euromed

    Après dix ans à la tête de l’établissement public Euroméditerranée, la conseillère métropolitaine (LR) Laure-Agnès Caradec passe la main. Ce jeudi, le conseil d’administration a élu, à l’unanimité de six voix parmi ses 19 membres, la conseillère régionale (Hor.) Isabelle Campagnola-Savon à sa présidence. « Je m’attacherai à m’inscrire dans l’esprit collectif qui fait la force de l’établissement depuis sa création, et à porter haut les ambitions de développement de ce projet d’intérêt national », promet celle qui doit prendre ses fonctions à l’occasion d’un prochain conseil d’administration, le 22 octobre. Une façon de répondre aux protestations de la Municipalité.

    La veille du conseil d’administration en effet, ses trois représentants ont adressé un courrier commun au Préfet. Pointant « un accord entre l’État et la Région », la missive s’inquiète des positions de l’élue régionale, qui assumait en préfecture qu’Euromed devait « rester un outil de développement économique ». Là où beaucoup poussent pour qu’il prenne plus de place dans la lutte contre l’habitat dégradé. Surtout, la Municipalité assurait que c’était son tour de prendre la tête de l’institution selon le principe d’une présidence tournante entre collectivités et proposait de repousser l’élection après les municipales. Peine perdue. « Les membres votent dans une présidence tournante, mais en fonction de ceux qui ont la majorité », balayait en matinée le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier, tandis que sa collectivité se réjouit de l’abstention des dix représentants de l’État « conformément aux usages et à la tradition républicaine ».

    « Il y a une logique de la droite locale d’accaparer cette présidence, cible l’adjointe (PS) marseillaise Audrey Gatian. Peut-être ont-ils peur des prochaines élections », où cinq administrateurs seront renouvelés. Et de jeter un froid dans le CA en citant Jean-Claude Gaudin : « La Ville de Marseille a approuvé bien entendu que la présidence soit tournante », disait-il en 2013 avant l’élection du socialiste Michel Vauzelle. Une autre époque.

  • « La gauche ne doit être dans aucun relativisme »

    « La gauche ne doit être dans aucun relativisme »

    La Marseillaise : Le PS n’a pas censuré Bayrou. Pourquoi ça suffit ?

    Michaël Delafosse : On ne peut pas jouer à la censure en permanence. Le groupe PS avait eu des discussions pour amender le projet de budget au Sénat. Il y avait eu l’engagement d’une renégociation par les partenaires sociaux de la réforme des retraites [le conclave, Ndlr] qui devait aboutir à une inflexion. Les engagements de François Bayrou n’ont pas été honorés et dans le nouveau projet de budget figurent des attaques directes contre le monde du travail pour lequel la vie est difficile. Supprimer 2 jours fériés, monétiser la 5e semaine de congés payés, c’est inadmissible. Les franchises médicales qui vont fragiliser les retraités à petites pensions, les temps partiels, c’est indécent. Il n’y a aucun mandat démocratique pour proposer des mesures aussi dures. Je ne dis pas qu’il ne faut pas régler le déficit public mais pas ainsi. François Bayrou a fait voter tous les budgets depuis 7 ans. Ce n’est pas le Mozart mais le fiasco de la finance. Le président Macron a supprimé la taxe d’habitation, la redevance TV, l’ISF. Est-ce que ça a ruisselé ? Non. Nos services publics sont-ils plus efficaces ? Je n’ai pas l’impression. Ni l’école ni notre système de santé avec des déserts médicaux anxiogènes. Est-on mieux protégé par la Justice ? Le Premier ministre joue un coup de poker. Mais la confiance, elle n’y est pas. Il n’a consulté personne, il affiche une forme de mépris à l’égard des chefs de partis et partenaires sociaux. Stop.

    Vous êtes en conflit avec LFI. En cas de législatives, seriez-vous prêt à une nouvelle union de toutes les forces de gauche contre l’extrême droite ?

    M.D.: Les relations avec LFI sont compliquées pour toutes les formations de gauche. Leur université d’été a été consacrée à une charge contre un journaliste et l’agression verbale de l’écologiste Marine Tondelier. Fabien Roussel a été moqué quand il a applaudi la caravane du Tour de France. C’est LFI qui rend la situation compliquée. On a aussi des désaccords importants : sur la laïcité, sur la lutte contre l’antisémitisme et le racisme. La gauche ne doit être dans aucun relativisme. Quand la synagogue de La Grande-Motte subit une attaque terroriste, quand Aboubakar Cissé est tué dans une mosquée, nous devons être là. Jamais nous ne devons être en concurrence sur nos principes. La stratégie de LFI est d’attaquer partout et d’affaiblir la gauche où elle est en responsabilité. Je n’oublie pas qu’à Montpellier, LFI s’est alliée (en 2020) avec un milliardaire [Mohed Altrad, Ndlr] pour faire battre ma liste de rassemblement de la gauche. Il y a des hommes et femmes très sincères. René Revol [maire LFI de Grabels et vice-président à la Métropole] n’a pas ces positions-là. Mais il y a une dérive préoccupante chez LFI avec une stratégie permanente du clash.

    Vu le danger de l’extrême droite, on imagine que vous n’êtes
    pas favorable à une seconde dissolution ?

    M.D. : En effet, je n’y suis pas favorable. Je ne comprends pas pourquoi la première dissolution a eu lieu. Elle a rajouté du chaos. Le pays doit être gouverné. Si, demain, le Premier ministre remet sa démission, le scénario doit être à l’allemande, à l’italienne, à la belge. Il doit y avoir des consultations avec les groupes parlementaires et le Parlement doit avoir le pouvoir. Avec les discussions et les compromis, on doit aboutir à une majorité politique. Il appartiendra à Emmanuel Macron de décider. Je pense qu’il sera jugé très sévèrement dans l’Histoire pour son mépris de la démocratie sociale. Jamais un accord avec les organisations syndicales n’a été respecté. Il a déréglé notre démocratie.

    La loi de 1905 a 120 ans. C’est quoi le combat de la laïcité pour vous ?

    M.D : Le combat laïc est un combat historique de la gauche pour que les dogmes religieux ne s’imposent pas. Ce principe a été éclipsé ces 20 dernières années. La valeur et le mot laïcité ont parfois été utilisés par l’extrême droite qui s’en est servie pour faire un glaive contre nos concitoyens de confession musulmane. Je suis un militant de la laïcité qui est une valeur de concorde. Il y a aujourd’hui des forces religieuses qui travaillent notre pays et menacent la République. On l’a vu lors de la loi pour le mariage pour tous avec l’Église qui refusait un texte de liberté. Il y a aussi une offensive des islamistes qui disent comment doit s’organiser la société. On a vécu un retour du fanatisme religieux. Au nom de Dieu, Samuel Paty a été tué. Je me suis réjoui au sujet des abayas qu’on rappelle la loi de 2004 : l’école doit être dans une situation de neutralité. J’ai un désaccord majeur avec Jean-Luc Mélenchon qui dit que « l’École ne doit pas faire la police du vêtement ». Je dis que l’école doit être claire sur les tentatives de déstabilisation. La laïcité doit servir à rappeler un autre principe fondamental que l’extrême droite combat : que chacun a la liberté de conscience. Chacun doit pouvoir en sérénité exercer son culte. C’est pour cela que j’ai évoqué le dossier d’une grande mosquée au sud de Montpellier. Quand je vois que des fidèles sont dans la rue, c’est scandaleux. Nous avons aussi le devoir de protéger nos concitoyens de confession juive qui vivent dans la peur… Le retour du religieux se fait partout dans le monde : aux USA, les théocraties iraniennes, afghanes… Je trouve très inquiétant qu’on puisse venir discuter des attentats de Charlie Hebdo, qu’on questionne le droit au blasphème. La parole héritée des Lumières doit retrouver de la force. Le 9 décembre, nous fêterons les 120 de la loi sur la laïcité. Le moyen de la défendre c’est aussi de faire la République sociale. Quand les services publics s’affaiblissent, quand le tissu associatif est fragilisé, c’est le communautarisme qui organise la vie sociale. La République doit protéger et émanciper. C’est la dimension que je porte à la Mosson avec le projet de rénovation urbaine (Anru).

    Vous êtes ferme sur la sécurité. PS et gauche ont trop fait l’autruche ?

    M.D. : Oui. Quand vous êtes de gauche, vous combattez la loi du plus fort. Le respect des lois et des règles est un fondement pour protéger. La gauche a un devoir impérieux de faire respecter l’ordre républicain. Parfois, on a pensé que la gauche pouvait laisser cela à d’autres. Je ne crois pas, elle doit apporter ses réponses, pas celles de l’extrême droite qui instrumentalise la détresse des victimes. Mon rôle, et celui de la République, c’est de régler les problèmes des victimes, que Justice soit faite. La société est plus violente à cause du narcotrafic, d’un manque de fermeté, de la défaillance de la chaîne pénale. Je dis à la gauche : n’ayez pas peur de la vidéosurveillance, elle est utile pour prévenir le harcèlement de rue et aider la Justice à enquêter. Ne doutez pas de la nécessité d’armer la police municipale. À Montpellier, j’ai créé 143 postes pour la sécurité plus 50 policiers nationaux. C’est un effort inédit. Retailleau et Darmanin paradent. Je tire la sonnette d’alarme : si nous n’y prenons pas garde, la France va être dépassée par le narcotrafic. À Nîmes, un enfant a pris une balle à Pissevin. Il y a un besoin de moyens, de travail entre l’État et les maires. Les choufs et les mules sont des enfants alors que l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans.

    Serez-vous candidat en mars 2026 ?

    M.D. : Je dirai ma décision en janvier. Je suis attentif à l’équilibre personnel et avec la famille. L’engagement en politique n’est pas une rente, cela doit toujours avoir du sens. On m’a proposé d’être ministre. C’est un honneur mais je n’étais pas en accord sur le fond et j’avais l’engagement pour ma ville. Je me poserai ces questions. J’ai encore des projets pour Montpellier. C’est un honneur d’être maire de cette ville mais il existe aussi des parts difficiles. Vous êtes confrontés à la mort qui vous habite, qui vous hante, à des menaces. La question c’est le projet, le sens. Je vois des gens qui font le mandat de trop, qui n’ont plus de jus. Des collègues maires ont lâché en cours de route. On travaille avec ma majorité à ce que doit être Montpellier en 2030-2040. J’ai plein d’idées pour cela mais il y a un temps pour tout. J’aurais eu un mandat de 5 ans et demi marqué par le Covid. Malgré tout, j’ai réussi à tenir mes engagements sur le plan Écoles 2030, la gratuité des transports… Le 20 décembre avec la 5e ligne de tramway, j’aurai fini mes engagements. Ensuite c’est une nouvelle phase qui s’ouvre.

    Après la campagne « la plus folle de France » en 2020, craignez-vous une campagne violente ?

    M.D. : J’ai déjà été attaqué pendant la campagne de 2020. J’ai gagné parce que j’ai mené campagne avec sérieux et conviction. Le débat démocratique a besoin d’être élevé. Je ne minore pas tous les coups bas qui vont venir. J’invite à ne pas trop trumpiser notre démocratie. J’ai eu par deux fois des mots malheureux en conseil municipal. Je les regrette et m’en suis excusé, ce n’est pas mon tempérament.

    Montpellier a-t-elle été « apaisée » et a-t-elle rattrapé son retard ?

    M.D. : Montpellier ne pouvait plus continuer à vivre dans le conflit avec la Région, le Département, l’État… Tout était bloqué, les dossiers n’avançaient pas. Ma méthode a fonctionné. Une troisième caserne de pompiers arrive grâce au Département, les mineurs non accompagnés ne sont plus dans les hôtels du centre-ville mais dans un lieu digne et éducatif. La Région nous accompagne sur beaucoup de projets, ce qui soulage les investissements de la Ville. On a eu plus d’argent de l’État pour l’Anru, on a mieux coordonné nos actions sur la sécurité, on a réglé le bidonville de Celleneuve. Des dossiers étaient enlisés comme le Contournement ouest de Montpellier. Cela va transformer l’avenue de la Liberté où transitent 45 000 voitures. On est l’une des seules villes sans contournement.

    Vous avez qualifié la gestion
    des déchets de «
     catastrophique ». Mais la chaudière CSR n’est-elle pas un choix par défaut ?

    M.D. : Montpellier est la seule ville de France sans solution pour traiter ses déchets. La filière CSR [Combustible solide de récupération, Ndlr] est un choix de responsabilité préconisé par l’Ademe, combattue par l’extrême droite, qu’ont adopté tous les pays d’Europe. C’est une solution qui fonctionne et permet de faire de l’énergie et donc de baisser les factures pour 20 000 foyers. Personne ne veut d’une nouvelle décharge ou d’un incinérateur. L’usine de méthanisation Ametyst, imposée à Georges Frêche par les Verts, est un échec : 20 000 personnes subissent les odeurs et les camions. Avec René Revol, on a mis en place un audit citoyen. On a demandé à ce que la filtration soit la plus avancée. Il ne faut pas jouer sur les peurs. Ce qui est dangereux c’est le trafic de l’avenue de la Liberté et sa pollution atmosphérique mesurée par l’Atmo. Le CSR permettra de baisser la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Sinon tout le monde va devoir payer plus.

    Le Service express régional métropolitain (Serm) n’est-il
    pas une promesse sans lendemain de Macron
     ?

    M.D. : Évidemment. Ici mettons-nous d’accord sur une carte pour créer un dispositif de mobilités alternatif à la voiture à l’échelle du grand territoire : de Lunel à Sète. Carole Delga est d’accord pour que la part régionale du versement mobilités continue à financer l’amélioration de l’offre de transport dans l’aire urbaine de Montpellier. Il nous faut de l’argent pour ces investissements. On doit faire entendre notre voix. Plusieurs dossiers se jouent : celui de la LGV vers Béziers qui permettra la grande vitesse vers l’Espagne mais aussi le cadencement des TER entre Sète et Montpellier. Il y a aussi les cars express sur la partie nord. Je vais continuer à faire ma part du Serm. Le plus grand contributeur c’est l’exécutif métropolitain. On a fait la ligne 5 de tramway, l’extension de la ligne 1 d’Odysseum vers la gare Sud de France, les parkings relais, les bustrams jusqu’à Castries et Cournonterral et le réseau cyclable. Mais je le dois à chaque habitant : les travaux fin décembre, c’est fini ! J’attends des autres qu’ils fassent aussi leur part. Comme homme de gauche, j’ai une radicalité transformatrice. Il y a un avant et un après. Les transports étaient payants, ils sont devenus gratuits. On pourra aller d’une gare à l’autre ou aux universités en tramway.

    Que faire pour que la croissance démographique de Montpellier reste un atout, pas un handicap ?

    M.D. : C’est une question majeure. Montpellier ne peut pas accueillir tout le monde. C’est pour cela qu’on travaille sur la répartition de la croissance démographique et que l’enjeu des transports est fondamental. À ce titre, je salue la mémoire de l’ancien maire Pierre Soujol [décédé le 28 juin, Ndlr] qui a été formidable. On s’est dit que Lunel pouvait être un des territoires de la croissance démographique. Je suis très heureux qu’après 10 ans où on a subi l’urbanisation à la parcelle, nous ayons réussi à voter le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). J’ai parlé d’un changement de paradigme en matière d’urbanisme. On ne fera plus des logements n’importe où n’importe comment. On aura un urbanisme de projets, une urbanisation douce avec de petites extensions.

    La loi ZAN semble difficile à respecter. L’écologiste Jean-Louis Roumégas vous reproche d’avoir trop urbanisé…

    M.D. : Tout le monde dit que l’action menée ici est l’une des plus écologiques de France. L’extrême droite me traite de « maire escrologiste ». J’ai souvenir d’un Jean-Louis Roumégas aux côtés de Jean-Pierre Moure (ex-président PS d’Agglo) dont le slogan était Unlimited… Je pense que la sobriété est un enjeu. On a adopté la stratégie Zéro artificialisation nette (ZAN). Les Coteaux de Malbosc ne seront pas urbanisés, ni les Bouisses. À Montpellier, 100 hectares dédiés à l’urbanisation ne le seront pas. Le PLUI préserve les deux tiers des terres agricoles et naturelles. C’est un choix de rupture. On a fait l’office foncier solidaire qui permet l’accession à la propriété. Je tiendrai mes engagements avec 25% de logements sociaux.

    Pourquoi maintenir le jumelage avec Tibériade alors que celui avec Obninsk a été stoppé à cause de la guerre en Ukraine avec Poutine ?

    M.D. : Pas du tout. Nous sommes jumelés avec Obninsk. J’ai fait un courrier de condamnation à son maire pour qu’il se positionne. Il ne m’a jamais donné de réponse. Ce jumelage est donc gelé. Pour le reste, les habitants de Tibériade ne sont pas Netanyahou. On est jumelé avec Bethléem : après l’attaque du Hamas du 7 octobre, on aurait dû suspendre notre jumelage ? Sûrement pas. Vous pensez que je vais suspendre le jumelage avec Louisville parce qu’il y a le président Trump ? Ou avec Chengdu ? Sûrement pas. Montpellier est une ville qui doit dialoguer avec le monde, promouvoir la coopération, contribuer à sa manière à la paix. C’est le seul chemin. Je suis aux côtés des Israéliens qui manifestent, qui disent que ce gouvernement Netanyahou est en train de faire le mal. Comme je suis du côté des Palestiniens qui disent que le Hamas fait du mal. Ma position c’est la plus dure : deux États dans les frontières de 1967. Je soutiens l’initiative du Président Macron de reconnaître l’État palestinien. Malgré les pressions, nous avons accueilli le musée national de la Palestine.

    Une fierté et un regret du mandat ?

    M.D. : Je regrette de ne pas avoir pris de décision rapide sur les déchets, de ne pas avoir pris d’emblée la mesure de la gravité de la situation. Mon principal regret c’est le rapport au temps. Je fais 80 heures/semaine mais parfois on aimerait davantage se poser, échanger. Je vais vite parce que j’ai une exigence de l’action et du résultat. Je suis en colère contre l’inertie qui existe dans le pays. C’est l’ennemi car elle est coûteuse.

    Ma fierté, c’est d’avoir mis en œuvre la gratuité des transports. C’est en moyenne 1 400 euros d’économies pour un foyer avec deux enfants. Les gens me remercient et me disent de tenir bon face à ceux qui veulent la remettre en cause. Quand on est de gauche, il faut parler mais aussi faire. J’espère que tous les candidats de gauche défendront la gratuité.

  • Nouvelle mise en demeure pour la friche Legré-Mante

    Nouvelle mise en demeure pour la friche Legré-Mante

    Huit mois après une décision du tribunal administratif de Marseille lui ordonnant de sécuriser le site de la friche industrielle de Legré-Mante, à la Madrague de Montredon (8e), la préfecture des Bouches-du-Rhône a de nouveau mis en demeure le propriétaire du site, la Société française des produits tartriques Mante (SFPTM), à travers un arrêté publié ce mercredi. Lors d’une visite du site lourdement pollué, le 30 avril dernier, l’inspection de l’environnement a en effet constaté « des dégradations locales des dispositifs de restriction d’accès aux parcelles », et que « la cheminée rampante présente sur le foncier de la SFPTM est accessible en plusieurs points du fait de dégradations et de vandalisme sur les dispositifs en place », relate le nouvel arrêté préfectoral. Des dégradations déjà évoquées à l’audience, le 7 novembre dernier.

    La Préfecture donne donc trois mois à la société pour réparer ces clôtures et interdire aussi bien l’accès à la plage située au pied du crassier qu’à la cheminée rampante. Il lui est aussi ordonné de produire, dans un délai de six mois, une nouvelle note de synthèse sur le risque sanitaire global du site, « précisant les mesures correctives à mettre en œuvre le cas échéant ».

    Enfin, après l’annulation à l’été 2024 du permis pour la construction de 332 logements sur l’ancienne friche, la préfecture demande que les plans et le calendrier du nouveau projet lui soient transmis avant le 31 octobre. Porté une nouvelle fois par le fonds d’investissement Ginkgo et le promoteur Constructa, celui-ci prévoit désormais environ 130 logements. Le permis de construire a été déposé ces derniers jours, indique l’adjoint (MadMars) à l’Urbanisme, éric Mery.

  • Municipales à Aubagne : Jean-Pierre Squillari veut rassembler la gauche contre le bétonnage de la ville

    Municipales à Aubagne : Jean-Pierre Squillari veut rassembler la gauche contre le bétonnage de la ville

    La Marseillaise : Vous organisez, ce 27 août, un apéro de rentrée. Ce rendez-vous marque-t-il une accélération dans votre campagne pour les municipales ?

    Jean-Pierre Squillari : Cet apéro convivial, à partir de 17h au Parc des Trois Diamants à La Tourtelle, où chacun amène ce qu’il veut, va marquer la reprise de ce que nous avons entrepris depuis mes vœux. Bien entendu, je vais dire deux mots, peut-être trois en préambule, pour remobiliser les gens après les deux mois de congé, bien que, pendant ces vacances, je n’ai pas été inactif. L’autre réunion importante aura lieu à l’occasion de l’assemblée plénière d’Aubagne en commun, le 9 septembre à 18h au Cercle de l’Harmonie, cours Beaumond. Il est sûr qu’il y aura une accélération, étant donné que nous sommes à huit mois de l’échéance électorale.

    Pouvez-vous rappeler quelles forces politiques ont rejoint Aubagne en commun ?

    J-P S : En dehors de l’équipe citoyenne qui compose 50% de la liste globale, nous avons les écologistes depuis le début, Place publique avec Christophe Albertini, le PCF depuis juillet, le PS, puisqu’Arthur Salone, délégué départemental, nous rejoint dans le projet.

    LFI, par contre, a fait savoir qu’elle n’en serait pas. Un commentaire ?

    J-P S : Chacun est libre de faire ce qu’il veut. Mais il y a des Insoumis à Aubagne en commun. Ils ont été mis de côté de leur parti pour cela.

    Depuis mars, vous sillonnez les quartiers. Où êtes-vous allé ?

    J-P S : J’ai sillonné la campagne aubagnaise et le centre-ville d’Aubagne. Je suis allé dans toutes les écoles élémentaires des quartiers et j’ai rencontré les parents.

    Quelles sont les principales préoccupations des habitants d’Aubagne concernant leur vie quotidienne ?

    J-P S : Dans toutes les écoles, les mamans ou les papas se plaignent de ne pas pouvoir amener leur enfant dans des parcs ou dans des jardins, qui diminuent comme peau de chagrin. Ils sont obligés d’aller à Gémenos, à Carnoux, à La Ciotat ou à Marseille. Le square Henri-Barbusse, par exemple, n’existe plus. On construit des bâtiments à la place… Aux Défensions, il y avait un square, maintenant le tram y passe… Ensuite, les gens se plaignent de la culture, qui est abandonnée. Les festivals ont disparu. Alors, c’est vrai que ces deux derniers mois d’été, juste avant les élections, la municipalité a fait des manifestations tous les vendredis soir. Mais, pendant des années, il y en a eu très peu. Les gens se plaignent aussi beaucoup de la désertification du centre-ville, de la fermeturedes commerces. De la spéculation foncière, du béton. Ils voient leur ville se bétoniser, vendue au privé par le maire (LR) Gérard Gazay, comme le stade Mouren pour faire des stades de padel et des petits bassins de nage. Moi, je dis : on vend les bijoux de famille !

    Vous parle-t-on des problèmes de logement ?

    J-P S : Oui. Parce que les opérations de bétonnage, c’est surtout pour des personnes aisées. Et puis on se rend compte que deux logements sur trois sont achetés ou loués par des non-Aubagnais. J’ai rencontré pas mal de gens qui me disent : « On n’a pas les moyens de se loger ». C’est un problème qu’on doit prendre à bras-le-corps. On s’y attelle.

    Quel a été le déclic pour vous investir dans cette campagne ?

    J-P S : L’amour de ma ville. Avant de construire, il va falloir réparer. Ce qui me meurtrit le plus, c’est que je m’aperçois qu’Aubagne devient une ville-dortoir. On est le 17e arrondissement de Marseille pratiquement, et ça fait mal.