Tag: urbanisme

  • À Aubagne, le promoteur du Pin Vert veut repasser en force

    À Aubagne, le promoteur du Pin Vert veut repasser en force

    Ce mardi a été déposée la demande d’autorisation environnementale pour la construction de 142 logements dans le quartier du Pin Vert, à Aubagne, par le promoteur Les Nouveaux constructeurs. Un projet déjà connu des habitants, mobilisés contre depuis plus d’un an. Jusqu’à ce que le promoteur n’en vienne, au mois de septembre 2025, à menacer de poursuites les riverains qui avaient déposé un recours contre le projet.

    Mais passée la suppression d’une partie de l’orientation d’aménagement et de programmation (OAP), ordonnée le 2 juillet 2025 par le tribunal administratif de Marseille pour préserver un corridor écologique, et surtout passées les municipales, le promoteur revient à la charge, avec un permis modificatif, déposé en juin. Ainsi, les huit bâtiments de logements collectifs sont-ils regroupés en quatre bâtiments distincts de 127 appartements (au lieu de 119), auxquels s’ajoutent 15 logements individuels « en continuité avec le tissu pavillonnaire existant ». Une partie du stationnement en sous-sol est également supprimée au profit de parkings en surface avec 265 places. Face aux 10 000 m² de surface de plancher prévus, ils proposent de planter 118 arbres supplémentaires pour atteindre 259 arbres plantés, quand 42 seront abattus.

    Pas de quoi satisfaire la municipalité, qui a refusé la demande le 4 juillet dernier. « Il n’y avait absolument rien sur les déplacements à vélo, des problèmes sur les cheminements piétons et la circulation en voiture, sur le ruissellement », énumère l’adjointe (DVG) à l’urbanisme, Clémentine Fardoux. L’unique sortie aboutit ainsi sur un rond-point déjà congestionné. « Nous sommes sur un dossier qui était emblématique de la politique de Gérard Gazay sur l’urbanisme », rappelle l’élue. Sans même dialoguer avec la municipalité, le promoteur a décidé de contester ce refus en justice. Alors la Ville presse l’intercommunalité d’accélérer la troisième modification du plan local d’urbanisme pour supprimer au plus tôt cette OAP. « C’est une position que nous tenons depuis deux ans », insiste Clémentine Fardoux. Sollicité, le promoteur n’a pas donné suite.

  • À Marseille, la réouverture d’un portail retisse les liens du quartier des Chutes-Lavie

    À Marseille, la réouverture d’un portail retisse les liens du quartier des Chutes-Lavie

    Un petit portail, symbole d’un quartier divisé, a été rouvert ce vendredi 4 septembre. C’est donc une grande victoire, celle d’une mobilisation citoyenne.

    Des riverains, privés d’accès aux équipements municipaux et entravés dans leurs déplacements vers les commerces et écoles, ont ferraillé durant des années. Soutenu par la mairie du secteur, par la Ville, et après un remaniement politique à la tête du bailleur social, leur combat a fini par l’emporter sur les intérêts privés et le repli. Une poignée de copropriétaires d’une ancienne cité-jardin HLM avait revendiqué le droit de fermer une rue, privée de droit, mais d’usage public, au prétexte d’insécurité.

    « Nous n’ouvrons pas seulement un portail, nous tournons une nouvelle page pour le quartier. Dans une société qui se divise, où les discours de haine et de rejet se banalisent, ouvrir est un choix politique. Un portail ne doit jamais devenir une frontière. C’est une bataille gagnée. Face à ceux qui veulent nous dresser les uns contre les autres, nous faisons le choix du rassemblement plutôt que de la division », s’est félicité Didier Jau, maire écologiste du Printemps marseillais dans les 4-5.

    Le renouveau des Chutes

    Poussant au bout la carte de la mobilité douce et inclusive, le maire précise : « Nous allons maintenant porter la question de la mise en accessibilité du site, pour que les personnes à mobilité réduite, les parents avec poussette et, plus largement, toutes celles et ceux qui rencontrent des difficultés de déplacement puissent pleinement profiter des accès désormais ouverts. »

    Pour Nathalie Prost, habitante et conseillère d’arrondissements déléguée aux Chutes-Lavie, cette réouverture constitue « une victoire pour tous ». Enfant du quartier, elle annonce « fêter ce renouveau pour le quartier. Nous nous retrouverons pour faire de cette réouverture un grand moment de rassemblement, avec la plus grande fête jamais organisée aux Chutes-Lavie. Une fête à l’image de ce que nous voulons pour le quartier : un quartier ouvert, vivant et rassemblé ».

    On dénombrait une centaine de résidences privées à Marseille dans les années 90, elles sont près de 1 900 aujourd’hui. Le droit de passage a succombé au droit de propriété. Aux Chutes-Lavie, avec la population solidaire et le politique jouant collectif, la liberté est au bout de la rue.

  • [C’est l’été] Lecture : « Le goût de la ville »

    [C’est l’été] Lecture : « Le goût de la ville »

    Trente-sept auteurs se joignent
    au préfacier, Gérard de Cortanze, pour vous donner à voir la ville telle qu’ils la conçoivent, la rêvent, ou la dépeignent dans leurs livres. Autant dire qu’il y en a pour tous les goûts. Ne dit-on pas que chacun est libre de ses préférences et de ses choix ?

    Mercure de France

    9,80 euros.

  • La préfecture autorise la démolition de 124 logements à la Castellane

    La préfecture autorise la démolition de 124 logements à la Castellane

    Au total, ce sont ainsi 124 logements qui doivent être livrés aux engins de chantier, sept ans après le début de la démolition de la tour K. Dans le cadre du chantier de renouvellement urbain de la Castellane et de la Bricarde, quelque 702 logements doivent être démolis et 900 autres réhabilités, avec la création de nouvelles rues, la requalification de trois groupes scolaires, la relocalisation des deux centres sociaux et la construction d’une nouvelle crèche. Un chantier à 304 millions d’euros.

  • Du covoiturage plutôt que le projet de liaison Fos-Salon

    Du covoiturage plutôt que le projet de liaison Fos-Salon

    « Notre idée c’est d’abord de privilégier le covoiturage en le rendant le plus pratique possible », estime Pascal Bazile, coprésident Istréen de l’association des Vélos des étangs. Alors que la réalisation de la liaison Fos-Salon se profile pour 2032, l’association propose un contre-projet à cette route à 566 millions d’euros devant accueillir 40 000 véhicules par jour selon l’État, dont 10 000 camions.

    C’est pourquoi Pascal Bazile défend l’idée « de réduire les voitures sur cet axe » pour éviter les travaux. « Nous trouvons que ce projet ne se justifie pas », assume-t-il, « aux Pays-Bas, chaque gros carrefour dispose d’une aire de covoiturage, de ranges-vélos et d’arrêt de bus, on est vraiment en retard », estime le militant écologiste.

    Une application

    pour covoiturer

    Défenseur du vélo, mais pas ayatollah. « Évidemment que les gens qui viennent bosser à Fos depuis Salon vont pas le faire à vélo », reconnaît Pascal Bazile, « mais quelqu’un de Miramas doit pouvoir accéder à une aire de covoiturage en vélo ou en bus et se faire récupérer par son collègue de Salon », illustre-t-il. Pour compléter, l’association a créé une carte reprenant la liaison Fos-Salon pour y montrer les emplacements stratégiques pour ces futurs carrefours intermodaux. « Il faut cesser d’être seul en voiture » reprend le cycliste, « réaliser les aires et adapter le transport est une chose, mais créer une application comme cela se fait à Chambéry ou bien d’autres endroits, est nécessaire », estime Pascal Bazile.

    Reste à porter cette politique. La Métropole propose déjà un dispositif de covoiturage avec application en lien avec les entreprises. Le plan de déplacement urbain prévoit notamment la réduction de 68 à 60% des déplacements en voiture particulière sur cet axe.

  • À Orange, un projet hôtelier de luxe fait bondir les riverains

    À Orange, un projet hôtelier de luxe fait bondir les riverains

    Un complexe hôtelier haut de gamme d’une centaine de chambres, avec résidences de tourisme dédiées au vélo et spa, la « Baie des Princes », espère voir le jour d’ici 2030, là où se trouvait l’ancienne carrière Saint-Eutrope, à Orange. Mais non sans opposition.

    Sur un emplacement de 17 hectares, en friche depuis les années 60, la société Immobilis, qui pilote l’ouvrage, avance pas à pas. Le terrain est entré dans le Plan local d’urbanisme (PLU) en 2023 après deux années de concertation. Les porteurs mettent en avant la dimension écologique avec, en parallèle, la réhabilitation de l’ancienne carrière. Et l’attrait touristique qu’il pourrait y avoir avec une vue sur le Ventoux, l’accueil de cyclotouristes ou encore les vignobles à proximité. Pour un coût total estimé entre 120 et 160 millions d’euros. Et 200 à 250 emplois créés pour le fonctionnement du site.

    Et ce jeudi 30 juillet s’est achevé l’avis de consultation du public « ayant pour objet une demande d’autorisation environnementale relative aux travaux d’aménagement urbain ». Une consultation qui portait notamment sur la loi sur l’eau et le « rejet d’eaux pluviales dans les eaux douces superficielles ou sur le sol ou dans le sous-sol ». Lors de la dernière réunion publique, le jeudi 23 juillet, le commissaire rapporteur a fait état de 563 avis favorables, 532  défavorables, 68 sans avis et 71 hors sujet. Le préfet devra ensuite valider après consultation suite à une demande d’autorisation environnementale, puis au maire d’accepter le projet suite au dépôt d’une demande de permis d’aménager auprès de la commune en 2025.

    Vive opposition

    Après la publication du compte rendu de cette consultation, la suite est dans les mains du préfet de Vaucluse, puis du maire d’Orange pour valider le lancement de potentiels travaux. Alors que la mairie de Jean-Dominique Artaud (RN) affirme qu’elle « se doit de respecter une position de neutralité concernant le projet immobilier de la Baie des Princes », associations et groupes d’opposition clament leur désaccord depuis plusieurs années. Christian Gastou, élu d’opposition (DVC) du Printemps pour Orange, pointe que ce projet « met en danger la biodiversité du site ». L’Association de défense de l’environnement orangeois (Adeo) abonde dans ce sens, en s’appuyant notamment sur l’avis laissé par le Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN). « C’est un environnement sableux très particulier, très rare en Vaucluse et encore plus dans la région. Avec des espèces particulières, protégées. Et donc, au moindre dérangement, même minime, cela met en danger leur survie. Même si le projet prévoit d’en tenir compte, je ne vois pas comment il est possible d’éviter d’abîmer le milieu définitivement », explique Thierry Joumard, président de l’Adeo. Avec des espèces telles que le criquet des dunes, « le seul endroit où il a été observé en dehors du littoral », explique le responsable associatif, ou encore le scorpion languedocien.

    Une pétition contre le projet a également récolté plus de 2 000 signatures. Le risque d’inondation, d’incendie et d’effondrement est également pointé. « Il y a eu un feu sur la colline la semaine dernière. Mais le site se trouve aussi à flanc de falaise et le seul conduit qui doit évacuer l’eau, car c’est un bassin fermé, est en mauvais état », résume Christian Gastou.

  • Les grosses ficelles du maire de Bandol pour s’extraire de ses obligations légales

    Les grosses ficelles du maire de Bandol pour s’extraire de ses obligations légales

    Depuis plus de 25 ans, la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU) impose à de nombreuses communes de disposer d’un minimum de 20 à 25% de logements sociaux afin de favoriser la mixité sociale et de répondre à la pénurie d’offres locatives abordables et dignes. Une obligation atteinte par une seule collectivité dans le Var (La Garde) sur les 44 concernées. Or, si à l’instar de Toulon certaines font montre de bonne volonté, s’évertuant à trouver des solutions malgré un foncier qui se fait rare, d’autres ne savent plus quoi inventer pour se soustraire à leurs obligations. Telle la ville de Bandol qui fait preuve d’originalité en mettant en avant la nécessité d’une bien opportune prévention des risques, incendies entre autres.

    De bien grosses ficelles qui font s’étrangler le militant logement Jean-Paul Jambon. Ce dernier dénonce ici la manœuvre qui vise à démontrer que plus de 51% de la surface communale est en risque important de feux de forêts ; mais aussi que la présence de la ligne SNCF par laquelle transitent selon l’édile de fréquents transports de matières dangereuses devrait permettre de classer une partie de la commune en site Seveso pour risque d’accidents majeurs.

    Pour ce qui est des chiffres, bien concrets, eux, rappelons que la collectivité atteignait péniblement les 8,69% de logement social en 2024 et que 360 familles bandolaises sont toujours en demande d’attribution.

    360 familles en attente

    de logements sociaux

    Un stratagème qui pourrait, en plus d’être dommageable pour les plus modestes, venir ternir aussi l’image même de la cité balnéaire. « Qui viendra habiter ou passer ses vacances dans une commune présentant de tels risques ? », interroge Jean-Paul Jambon, en rappelant les obligations d’informer les acquéreurs lors d’une transaction avec un risque évident de perte de valeurs pour les maisons construites dans les collines, ou les logements bordant la voie ferrée. Avec en parallèle aussi une augmentation des primes d’assurances découlant de la nouvelle situation. Ce qui aurait pour conséquence de heurter « la sensibilité » même d’un électorat pourtant de prime abord, par dogmatisme ou (et) égoïsme, hostile aux logements sociaux auquel le maire semble vouloir répondre.

    Un projet qui a peu de chances d’aboutir mais qui donne l’occasion de pointer le risque majeur, bien réel celui-ci, pour Bandol qui est de se voir appliquer des majorations pouvant aller jusqu’à 500% à cause du manque manifeste de volontarisme. Le militant logement va plus loin dans le raisonnement et pose que « si le souci premier est la protection des biens et des personnes, les incendies actuels dans le Var obligeant à réfléchir à l’urbanisme, le principe de précaution voudrait donc qu’à Bandol plus aucun permis de construire ne soit accordé du fait du risque d’exposition aux incendies ou de la dangerosité liée aux transports de produits dangereux ».

    Pas sûr que cela fasse les affaires de tout le monde.

  • Pigment convoqué par le parquet pour son rooftop

    Pigment convoqué par le parquet pour son rooftop

    Benjamin Honorat a été reçu par un délégué du procureur « en vue d’un classement sous conditions, en l’espèce la régularisation des infractions constatées ». Le parquet précise : « L’objet de cette convocation concernait uniquement l’infraction d’exécution par personne morale de travaux non autorisés par déclaration préalable, en l’espèce diverses modifications de façade, et non la problématique du rooftop. L’intéressé s’est engagé à régulariser dans un délai de 3 mois. Une décision sera prise à l’issue. » Sur le plan civil, un juge des référés a ordonné vendredi la fermeture du toit-terrasse abusivement exploité à des fins commerciales pour « trouble manifestement illicite » et ce, sous astreinte de 500 euros par jour de retard.

  • Robin Prétot fait le bilan de ses 100 premiers jours

    Robin Prétot fait le bilan de ses 100 premiers jours

    C’est une étape « importante et symbolique » de début de mandat, que Robin Prétot (LR) a souhaité mettre en avant : le cap des cent jours. Un peu plus de quatre mois après avoir été élu, il présente les premières réalisations de sa nouvelle majorité. « Près de 60 % des voix en triangulaire face à un prédécesseur installé depuis des décennies c’est assez important, mais on s’est toujours dit qu’il fallait garder la tête froide et faire preuve d’humilité parce que ça veut dire qu’il y a une attente très forte de la population et donc une capacité à décevoir qui peut être très grande. C’est pour ça qu’on a passé 100 jours de mandat très actifs. »

    Et ce dès les quinze premiers, avec le vote du budget. « On a frôlé la tutelle, il a fallu liquider la régie Nexus et rééquilibrer le budget du centre équestre du Deven qui avait un déficit de plus de 100 000 euros, rappelle le maire. On a évité ça. (…) Par contre la question se pose pour 2027 : comment on équilibre ? »

    Dès son installation, le conseil municipal a donc lancé un audit des finances et des ressources humaines de la Ville, dont les premiers résultats lui ont été présentés « il y a quelques jours », précise Robin Prétot, qui annonce d’ores et déjà qu’ils sont « mauvais » et qu’ils « vont appeler à des choix courageux qu’il va falloir faire à partir du second semestre ».

    Une réunion publique dédiée à la question sera organisée en septembre. D’ici là, une lettre de cadrage sera envoyée aux différentes directions pour préparer un cycle de conférences budgétaires, « noter les priorités avant de faire des arbitrages », détaille l’édile, qui espère voter le prochain exercice en janvier plutôt qu’en avril. « On va essayer de se donner cette discipline-là chaque année. On va aussi monter un comité d’arbitrage pour les investissements. Il faut qu’on puisse avoir de la perspective surtout vu les enjeux métropolitains qui nous entourent. »

    Quoi qu’il en soit, Robin Prétot est clair : il va falloir faire des économies. « On a du potentiel mais ça va nécessiter des choix et de la sobriété », assure-t-il. En interne, la révision de certains régimes indemnitaires et de certaines rémunérations à l’aune du principe d’équité devrait rapporter des sous et amener plus de transparence dans la gestion municipale. « À métier et compétences égaux, certains n’ont pas du tout le même salaire. C’est le fruit de l’histoire et de relations passées. Le tout c’est d’avoir la franchise de le dire et intelligence de le faire avec les syndicats. »

    Les représentants auront aussi la tâche de « flécher les politiques sociales indispensables pour les agents et ce sur quoi on peut rogner pour avoir l’équilibre budgétaire à la fin ». Des groupes de travail seront lancés à la fin de l’audit RH.

    Du concret

    Cette situation n’a pas empêché la nouvelle majorité d’initier plusieurs chantiers. L’objectif de climatiser 100 % des écoles d’ici l’été prochain devrait être tenu. « Le marché était prêt, mais rien n’était inscrit au budget, souligne Robin Prétot. Il a quand même fallu faire un emprunt d’1,5 million d’euros pour lancer ce projet, qui va commencer cet été. Il y aura des travaux pendant toutes les périodes de vacances scolaires. »

    Le plan Phénix pour revitaliser le centre-ville a lui aussi vu le jour. La population peut faire des propositions via une urne installée dans l’Office du tourisme. « On a commencé les premières réunions techniques pour ce programme assez transversal. (…) On a entamé des premiers contacts avec la SOLEAM car il nous faut un outil de portage foncier pour acquérir du patrimoine le rénover le louer ou le revendre. »

    En parlant de patrimoine, un appel à projet va être ouvert pour définir la nouvelle vocation de la mairie historique, qui ne sera donc finalement pas vendue à la Métropole pour un euro. Robin Prétot affirme : « Pour faire vivre le centre-ville faut créer une logique de flux, avec de l’art, des musées, de l’administration ou d’autres types de services publics comme les écoles. » Celle des Carmes, qui devait devenir un parc urbain, pourrait finalement être préservée sur demande de la Direction régionale des affaires culturelles et des bâtiments de France suite à la découverte de peintures historiques. « On peut se dire qu’on garde l’établissement et qu’on le repense dans sa vocation originelle en y remettant une maternelle, avec une cour et un parc réduit. » La réflexion va être lancée.

    Côté bétonnage, le principal sujet de la campagne municipale, 620 projets de logements ont été mis à l’arrêt. Les révisions du Projet d’aménagement et de développement durable, du PLU et du PLUi sont actées auprès de la Métropole.

  • Il souffle comme un air d’embellie sur la Belle de Mai

    Il souffle comme un air d’embellie sur la Belle de Mai

    « Lacoste, Jézéquel… avant c’était Saint-Fé ! Avec les collègues des Iris, on venait s’habiller rue Belle de Mai », assure Bacri, la cinquantaine. Face à lui, les devantures murées « seventies » d’Yves Rocher, ainsi que celle du Logis Moderne, à la typographie caractéristique des années 1950, témoignent d’un dynamisme disparu depuis des lustres. « Les usines ont fermé, il y a eu le chômage et ils sont tous partis. Après, les gens sont venus habiter là parce que c’était le moins cher », résume cet habitant du quartier.

    Une nouvelle passerelle

    « C’est un quartier résolument populaire et militant, attachant et casse-couilles à la fois, un condensé de Marseille, qui s’est pris la crise du choc pétrolier de 70 en pleine poire. Abandonné des politiques publiques, il a décliné au point de devenir un terreau pour les marchands de sommeil », confirme Serge Pizzo, historique président du CIQ.

    Mais depuis quelque temps, on le sent renaître, par petites touches. Ici, on ne fait pas table rase du passé pour édifier des écoquartiers au bulldozer. « On n’a pas Euromed, mais c’est peut-être une chance, estime Serge Pizzo. Le quartier se prend en main comme il l’a toujours fait, avec toutes les bonnes volontés qu’il compte. » Michel Kelemenis y a créé sa Maison de la danse il y a 15 ans. Le couvent Levat est venu compléter l’offre de la Friche et du Comptoir de la Victorine. L’Embobineuse distille ses sons boulevard Bouès, Le Chapiteau tire l’animation jusqu’à Plombières. Et rue Belle-de-Mai, les rideaux de fer se dégrippent. Le Barjo, redynamisé par Camille, a relevé le défi il y a quatre ans. L’Idéaliste y fabrique depuis quelques mois sa magie et La Camaraderie commence à brasser du monde.

    Le quartier rouge a conservé « son énergie militante et populaire, solidaire. Oui, il y a de la vie ! », souligne Serge Pizzo. En témoigne le succès de la Belle fête de Mai, qui a célébré ses 25 ans en remplissant les places Caffo et Cadenat. L’événement a fusionné avec Les Plus Belles de Mai, manifestation portée par la mairie qui met à l’honneur les initiatives féminines. « Il y a encore pas mal de trous dans la raquette, relativise le CIQ. Il faut une vraie volonté politique et de la concertation. Faire, oui, mais le maître-mot c’est : ensemble. »

    Après l’ère Gaudin, la municipalité issue du Printemps marseillais semble avoir pris le pouls du secteur. Les écoliers ont fait leurs premiers pas, à la rentrée, dans le groupe scolaire Jolie-Manon. La friche de l’ancienne usine de farine de la rue Loubon accueillera, en 2027, une médiathèque très attendue dans ce quartier qui n’a jamais disposé d’une bibliothèque. La police municipale s’y est également installée.

    « La transformation du quartier est un vrai enjeu, assure Anthony Krehmeier, maire des 2-3, qui sort de l’inauguration de la remise à neuf du jardin de la Maternité. La place Cadenat est une des priorités et nous portons une attention particulière aux besoins des habitants ». La campagne de consultation « Prenez place » a fixé les grands axes d’un futur jardin pour enfant et d’un marché. Autour de la place, les ouvriers arrachent le bitume défoncé des rues pour les paver et les arborer. « Ce n’est pas parce qu’on est pauvres qu’on n’a pas droit à des trottoirs carrossables ! », salue Milène, 82 ans, de retour du marché en tirant son cabas. Pour les commerces, « nous intervenons avec des appels à projet pour imposer une diversité », précise l’édile.

    Autre symbole de renouveau : « Faire tomber la passerelle de Plombières pour laisser place au tram et à une trame verte connectée à Saint-Gabriel Bon-Secours », annonce encore Anthony Krehmeier. Les transports en commun restent toutefois à la traîne et l’on attend avec impatience le prolongement du T2, promis par la Métropole pour 2030. La ligne reliera Saint-Charles au Canet, puis à la place Burel et enfin à Saint-Jérôme. Un projet suivi par le collectif « Qu’est-ce qui s’Tram ? », qui veille au grain pour éviter un tracé trop destructeur du bâti. Certains craignent « l’effet gentrificateur ». Un spectre qui agace : « En 30 ans, la Friche n’a pas produit de remplacement de population », souligne Anne Pfister. L’adjointe déléguée à la vie scolaire estime en revanche : « On souffre du manque de mixité sociale et il faudra plus que Jolie-Manon pour enrayer l’évitement scolaire. On s’y attelle. »