Tag: Tribunal de commerce

  • La Région Occitanie veut sauver l’usine Saint-Gaudens

    La Région Occitanie veut sauver l’usine Saint-Gaudens

    « Nous avons fait la moitié du chemin et allons poursuivre le travail jusqu’à la prochaine audience du Tribunal de commerce, le 8 septembre. Rien n’est gagné. Mais une dynamique est engagée. J’irai jusqu’au bout pour donner un avenir industriel durable à Saint-Gaudens, à ses salariés et à la filière pâte à papier française ». Déterminée à ne pas voir s’éteindre l’emploi industriel, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), a déposé lundi, via l’agence régionale des investissements stratégiques de la collectivité (Aris), une « offre consolidée » de reprise pour la deuxième usine du groupe Fibre Excellence située à Saint-Gaudens en Haute-Garonne.

    Le groupe Soprema

    autour de la table

    Contrairement au site provençal de Tarascon, le tribunal de commerce de Toulouse a laissé un sursis aux quelque 300 travailleurs occitans. L’offre pilotée par la Région Occitanie comprend « 90 millions d’euros d’investissement bouclés, un business plan solide et plusieurs industriels autour de la table », précise Carole Delga. Parmi eux, l’entreprise Soprema, un groupe indépendant alsacien au chiffre d’affaires de 5,2 milliards d’euros en 2025, spécialisé « dans le domaine de l’étanchéité, mais également comme un spécialiste de la couverture, des sous-couches phoniques et de l’isolation », comme l’indique le site de l’entreprise dont le siège est à Strasbourg. Soprema emploie 5 700 salariés en France, plus de 13 000 dans le monde.

    « Je garde aussi pour ambition d’offrir des perspectives pour le site de Tarascon » a aussi déclaré la présidente de la Région Occitanie.

  • Fibre Excellence : la CGT appelle les élus à réagir

    Fibre Excellence : la CGT appelle les élus à réagir

    « On est persuadés qu’il y a une possibilité de continuer l’activité industrielle sur ce site », lance en ouverture d’une conférence de presse le secrétaire général de la CGT des Bouches-du-Rhône Marc Piétrosino. Mais pour ce faire, il faut que les personnalités politiques continuent de s’y employer.

    « Il faut qu’ils prennent leurs responsabilités », insiste ainsi le responsable syndical, qui rappelle que « tout le monde s’accorde à dire que c’est un enjeu pour la souveraineté nationale ». Si cette usine, dont la liquidation judiciaire a été prononcée par le tribunal de commerce de Toulouse fin juillet, ainsi que celle en sursis de Saint-Gaudens, s’arrêtent définitivement, « il y aura une dépendance aux marchés asiatiques et américains », insiste le syndicaliste. D’après la CGT, 80% des salariés auraient reçu une lettre de licenciement.

    Et de demander notamment une réunion avec la Région Sud, afin « d’expliquer les projets de diversification », indique Jean-Michel Bulinge, secrétaire général Fibre Excellence Tarascon. Quelques minutes plus tard, devant une quarantaine de salariés qui attendaient dans un camp de fortune installé sur le parking de l’usine depuis bientôt un mois, ils rappellent que ce sont les collectivités « qui ont le carnet d’adresses pour trouver des investisseurs. On a besoin de leur aide pour trouver des industriels ». Et ils énumèrent les nombreux avantages que possède le site. À commencer par sa position géographique « dans un triangle d’or », insiste Jean-Michel Bulinge. Et ce de différentes manières. Notamment par le fluvial « avec un quai refait à neuf par la Compagnie Nationale du Rhône » et des digues refaites récemment également. Mais aussi par le ferroviaire. Alors que le territoire est déjà durement touché par les fermetures ces dernières années, l’arrêt de Fibre Excellence mettrait à nouveau un gros coup. « L’usine représentait 20% de l’activité du port d’Arles. Mais il y a aussi tout un écosystème autour », ajoute Nicolas Bourcy, secrétaire général de l’union locale CGT d’Arles. En plein mois d’août, « ce n’est pas la meilleure période pour obtenir des réponses », regrettent les syndicalistes. « Mais s’il faut, on ira toquer à la porte des décideurs », ajoutent-ils.

    Pollution

    Sans oublier le savoir-faire des salariés. « Plus on attend, plus il va disparaître. Pour redémarrer le site demain, il n’y a pas de solutions rapides, il y a des postes stratégiques. Et là aussi, il y a une notion d’urgence dont nos élus locaux et la Région doivent reprendre la mesure », confie Jean-Michel Bulinge.

    Contactée par La Marseillaise sur sa position, la Région Sud n’a pas pu répondre dans les temps à nos sollicitations. Une table ronde avec la préfecture a également été demandée.

    Autre aspect sur lequel les responsables syndicaux ont souhaité appuyer : la sécurité du site et ses environs. « N’importe quelle société aura beau venir demain, elle ne sera pas en mesure de piloter certaines installations sans les employés. Mais ils ne seront plus là. Les mandataires judiciaires ne se rendent pas compte de l’ampleur du travail », glisse Laurent Quinto, ex-secrétaire général CGT Fibre Excellence Provence et retraité depuis peu. Qui illustre son propos avec le risque incendie. « Si vous arrêtez les pompes de puisage du Rhône, cette sécurité n’est pas garantie », assure-t-il. Et si rien n’est fait, le site, fortement amianté, risque de se dégrader. Et donc de contaminer les alentours. « Il y a une école à 800 mètres, mais aussi des entreprises tout autour. Sans oublier le centre-ville de Tarascon et Arles s’il y a du vent, ce qui est souvent le cas. C’est un gros risque », poursuit Laurent Quinto.

  • Nouvelle mobilisation pour sauver Fibre Excellence

    Nouvelle mobilisation pour sauver Fibre Excellence

    Toujours « mise sous protection » par ses salariés, l’usine de Fibre excellence de Tarascon espère recevoir du soutien, ce mercredi.

    Malgré sa liquidation judiciaire, le 29 juillet dernier, par le tribunal de commerce de Toulouse, les travailleurs du site produisant de la pâte à papier n’ont pas encore baissé les bras. « L’intersyndicale occupe le site depuis plus d’une quinzaine de jours. Maintenant, ce que l’on souhaite c’est une table ronde pour trouver une porte de sortie qui pérennise le site. Une table ronde en préfecture, avec la Région Sud, des acteurs économiques et institutionnels locaux », explique François Canu, secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône (UD CGT 13).

    Concrètement, son organisation donne rendez-vous à ses militants devant l’usine, ce mercredi matin pour soutenir les travailleurs. Une conférence de presse est prévue, elle sera suivie d’une « initiative départementale » avec un temps fraternel et le traditionnel barbecue au programme. « Même si dans la période, c’est pas simple de mobiliser, on espère que la mobilisation va être fraternelle et solidaire », développe le syndicaliste. Manière de rappeler à tous que le site est encore loin d’être rayé de la carte. L’objectif reste aussi, et surtout, de maintenir la pression sur les acteurs impliqués dans le dossier pour tenter de sauver l’usine. « Il y a des contacts avec la Région, on espère que ça bouge rapidement sinon ça va être un carnage pour l’emploi local : pour les travailleurs de la filière du bois mais aussi les sous-traitants », rappelle François Canu, citant les 270 emplois directs mais aussi les 5 000 induits.

  • L’usine Fibre Excellence de Tarascon bloquée par les syndicats

    L’usine Fibre Excellence de Tarascon bloquée par les syndicats

    Le tas d’imposants rondins de bois, les plots en béton et les pierres disposés devant la sortie du site, ainsi que la tractopelle placée derrière les barrières de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, ne laissent guère de doute : au lendemain de la liquidation judiciaire du site, qui laisse sur le carreau 270 salariés, tout ce qui s’y trouve y reste. Pour le moment.

    « On part du principe que cette usine, elle a encore des possibilités », résume Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT Fibre Excellence Tarascon, qui regrette également d’avoir appris la décision du tribunal de commerce de Toulouse par l’intermédiaire d’un journaliste, mercredi. « On bloque l’accès à l’usine. Il ne faut surtout pas commencer à la démanteler et qu’on voit partir le matériel de valeur qui s’y trouve. C’est hors de question », abonde quelques mètres plus loin Frédéric Sanchez, secrétaire général CFDT du site. Un comité social et économique (CSE) est prévu, ce vendredi dans la matinée, à Tarascon. Des mandataires devraient alors annoncer leur venue sur le site dans les prochains jours. « Mais pour l’instant, il n’y a rien qui rentre, rien qui sort », rappelle le représentant de la CGT.

    Une banderole avec l’inscription « Le voyou de l’Élysée et ses sbires ont encore frappé » orne l’entrée de l’usine. L’occasion pour les syndicats de charger « les grands discours pour pas grand-chose ». « C’est la politique de notre gouvernement : il parle de réindustrialisation mais, depuis des mois, on ne fait que compter les entreprises qui perdent. Je n’ai pas vu d’annonce de presse avec de grandes créations », poursuit Jean-Michel Bulinge.

    « Le maximum pour

    les salariés »

    Malgré la liquidation, les représentants syndicaux restent actifs. Et pas qu’un peu. Présents depuis le jeudi 23 juillet sur place, ils se mobilisent dans un premier temps pour « aller chercher le maximum pour les salariés ». « Qu’ils partent dans la dignité », glisse Jean-Michel Bulinge. Cela passe par le maintien de la mutuelle ou encore l’obtention de primes de reclassement. « Tant qu’on n’aura pas obtenu quelque chose, quoi que ce soit, on ne lâchera pas. Pour nous, c’est primordial. Les gens méritent quelque chose. Et pas uniquement les miettes que peuvent nous donner les indemnités conventionnelles ou légales. Mais ça va être dur », prévient Frédéric Sanchez.

    L’organisation est au rendez-vous. Des dizaines de bonbonnes d’eau sont stockées sur une installation dédiée tandis que, à proximité, une cafetière et un micro-onde permettent aux salariés de tenir dans la durée. Sans oublier les grillades du midi. Mais cela ne peut pas durer éternellement. « On se débrouille entre syndicats ou avec le personnel. Mais au bout d’un moment, ça va tirer la langue », confie le secrétaire CFDT, qui appelle à la solidarité de la population tarasconnaise. Implantée dans les années 1950, l’usine fait partie du quotidien des habitants, dont plus d’une centaine y travaillent.

    Des discussions sont en cours pour tenter de maintenir une activité sur le site. La CGT assure travailler sur un « projet alternatif » qu’elle présentera à la Région Sud et aux préfectures concernées en début de semaine prochaine. L’objectif est « d’essayer de trouver une solution de redémarrage du site dans les conditions actuelles ou avec un fonctionnement peut-être différent », afin « de sauvegarder les emplois sur le bassin ». Une « bataille jusqu’au bout » menée aussi en intersyndicale, avec FO. Mais les représentants n’étaient pas sur site ce jeudi en fin de matinée.

    Le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, indiquait dans un communiqué publié le mercredi vouloir « préparer l’avenir du site, engager sa reconversion et favoriser l’émergence de nouvelles activités ».

    Par ailleurs, la menace d’une liquidation judiciaire sur l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) subsiste, mais un nouveau délai a été consenti, jeudi, par le tribunal de commerce de Toulouse, un industriel étant en train de formaliser un plan de reprise. Les offres seront examinées le 8 septembre et la décision communiquée dans les jours suivants.

  • Les salariés de Fibre Excellence en colère après la liquidation de l’usine

    Les salariés de Fibre Excellence en colère après la liquidation de l’usine

    Après plusieurs mois de lutte, le couperet est tombé pour les salariés de Fibre Excellence à Tarascon. Le tribunal de commerce de Toulouse a acté, mercredi, la liquidation judiciaire du site, évoquant une « situation irrémédiablement compromise, sans perspectives de redressement », avec un « passif [ensemble des dettes et obligations financières d’une entreprise envers des tiers, Ndlr] de 105 millions d’euros ». Près de 270 emplois directs, ainsi qu’une centaine de postes d’intérimaires et de sous-traitants, sont concernés par cette décision. Depuis jeudi, le site de l’usine est occupé par plusieurs syndicalistes de la Filpac-CGT, déterminés à inscrire leur combat « dans la durée ».

    La décision, malgré la mobilisation des élus locaux, était attendue depuis lundi, date à laquelle le tribunal a rejeté l’offre de reprise portée par le banquier d’affaires Matthieu Pigasse avec un soutien des Régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur., les « conditions suspensives n’ayant pas été levées ». La proposition du financier était en effet subordonnée à plusieurs engagements de l’État. Parmi eux, un rachat à un tarif plus avantageux de l’électricité produite par les turbines et la réintégration du fabricant dans le système européen des quotas carbone.

    Des exigences auxquelles le gouvernement n’a pas donné suite, comme le laissaient entendre les déclarations de Roland Lescure, ministre de l’Économie, qui affirmait, le 21 juillet à l’Assemblée nationale, que « l’offre n’était pas au niveau ». De quoi mettre en colère la CGT qui, dès mardi, dénonçait dans un communiqué « une lourde responsabilité politique incontournable : celle d’un État qui refuse d’assumer son rôle de stratège industriel alors même qu’une solution de reprise existe ».

    Lundi, un industriel avait manifesté à la dernière minute son intérêt pour le site de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), où travaillent également 270 salariés. Le tribunal lui avait laissé jusqu’à mercredi pour effectuer un versement de deux millions d’euros, condition pour obtenir un nouveau délai afin de formuler une offre de reprise en bonne et due forme. Cette seconde décision n’a pas été rendue mercredi matin et pourrait l’être ce jeudi.

    « Ça recommence »

    À Tarascon, l’annonce a été accueillie avec colère et résignation. Mercredi matin, une cinquantaine de salariés se sont réunis devant les grilles de l’établissement avant la décision de « la dernière chance ».

    Sous une casquette bleue, Hubert Costa, 46 ans, employé du site depuis deux ans, verse des larmes : l’ouvrier vit son deuxième plan social en peu de temps après avoir dû quitter une autre usine à papier près d’Avignon : « Quand je suis arrivé ici, on nous annonçait des investissements, des projets. Je pensais retrouver une entreprise solide. Et là, ça recommence. » Père de trois enfants, il s’inquiète désormais de l’avenir. « Quand on n’a pas de diplôme, les usines sont parmi les seuls emplois qui permettent encore de vivre correctement. »

    Pour lui, la fermeture dépasse le sort des seuls salariés : « C’est quand même important la souveraineté industrielle. Pendant le Covid, pour tout ce qui était produit en France, t’étais un dieu. Aujourd’hui, quand on écoute les informations, on n’entend parler que de fermetures ».

    Même amertume chez Frédéric Sanchez, délégué syndical CFDT. « Bien sûr que c’est une trahison, lance-t-il. On va faire venir de la pâte du Brésil ou de Chine alors qu’on a les capacités pour la produire ici. Économiquement, c’est aberrant. » Il souligne aussi les difficultés de reclassement dans la région : « Pour retrouver de l’industrie lourde, il faut aller vers le bassin de Fos-sur-Mer. Ici, les entreprises du secteur recrutent peu ».

    Placée en redressement judiciaire fin avril, Fibre Excellence a déjà cessé toute activité sur ses deux sites de Tarascon et Saint-Gaudens. Son actionnaire indonésien, le milliardaire Jackson Wijaya, qui affirme avoir injecté près de 300 millions d’euros dans le groupe, avait décidé au printemps de ne pas poursuivre son soutien financier, invoquant l’absence de rentabilité.

    Amers, les salariés rappellent que la dépollution du site est estimée à plusieurs dizaines de millions d’euros, beaucoup plus, selon eux, que le soutien nécessaire à la poursuite d’activité.

    RÉACTIONS

    Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie

    « Mes premières pensées vont aux salariés qui ont travaillé pendant des années sur ce site et qui vivent aujourd’hui un moment d’une grande incertitude, tout comme leurs familles. Notre priorité est désormais d’être aux côtés des salariés concernés et de les accompagner concrètement dans cette période difficile. Une prestation “grands licenciements” sera mise en place afin de proposer à chaque salarié un accompagnement renforcé et un suivi individualisé pour faciliter son retour à l’emploi et sa reconversion. L’état va aussi collaborer étroitement avec les élus locaux et les acteurs du territoire pour préparer l’avenir du site, engager sa reconversion et favoriser l’émergence de nouvelles activités industrielles. »

    Syndical CGT, national

    « La CGT soutiendra pleinement les mobilisations décidées par les salariés. Nous ne laisserons pas démanteler un outil industriel stratégique et fonctionnel construit par des générations de travailleurs pour qu’il finisse à la ferraille », a déclaré dès mardi la centrale syndicale.

    Conseil régional Paca

    « Au-delà des 270 emplois directement concernés, cette liquidation menace toute une filière économique (…). » Aussi, « la Région Sud demande la tenue en urgence d’une réunion avec l’ensemble des acteurs concernés pour mesurer l’impact de cette liquidation et examiner toutes les solutions susceptibles de préserver une activité industrielle à Tarascon et assurer la pérennité de la filière bois. »

    Stéphane Paglia, président de la CCI d’Arles

    « C’est un choc pour le pays d’Arles. Sincères pensées pour les 275 salariés et leurs familles mais aussi pour les nombreuses entreprises du territoire qui seront directement ou indirectement touchées. Cette décision aura des conséquences bien au-delà du seul site industriel. Elle affecte tout un écosystème économique et humain auquel beaucoup d’entre nous sommes attachés. »

    Jérémy Bacchi, sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône

    « L’état n’a pas pris ses responsabilités ! Son inaction condamne notre souveraineté industrielle. Soutien total aux salariés et à leurs familles. »

    La France Insoumise, Bouches-du-Rhône

    « C’est un scandale industriel et social. C’est un savoir-faire stratégique qui est sacrifié sur l’autel des logiques financières. (…) Nous exigeons le maintien de tous les emplois de Fibre Excellence. »

  • Fibre Excellence : l’usine de Tarascon liquidée

    Fibre Excellence : l’usine de Tarascon liquidée

    Le tribunal de commerce de Toulouse a rendu sa décision ce mercredi 29 juillet : le site de Tarascon de Fibre Excellence, dernière usine de pâte à papier française, est mis en liquidation judiciaire, sa “situation [étant] irrémédiablement compromise, sans perspective de redressement”, a justifié la juridiction en dépit de la mobilisation des syndicats, des Régions Occitanie et Sud Paca et d’une offre de reprise. Ce sont donc près de 270 salariés qui s’apprêtent à perdre leur emploi. Cette décision intervient deux jours après le rejet de l’offre de reprise de l’homme d’affaire Matthieu Pigasse, qui n’avait pas été retenue, les « conditions suspensives n’ayant pas été levées », avait précisé Christophe Clerc, avocat du Comité social et économique (CSE) de l’entreprise.

    Placée en redressement judiciaire le 27 avril dernier, la société dispose d’un autre site d’exploitation à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Son avenir n’est pas encore scellé, un nouvel industriel s’étant manifesté pour sa reprise récemment. Le tribunal de commerce doit rendre sa décision ce mercredi.

  • Fibre Excellence : « Ni fermeture ni abandon » pour la CGT

    Fibre Excellence : « Ni fermeture ni abandon » pour la CGT

    « Si la liquidation du site de Tarascon devait être confirmée, une lourde responsabilité politique reste incontournable : celle d’un État qui refuse d’assumer son rôle de stratège industriel alors même qu’une solution de reprise existe » : le message de la CGT alors que le tribunal de commerce doit rendre sa décision ce mardi.

    L’audience de lundi, qui a retoqué la proposition de reprise portée par Matthieu Pigasse et affirmé qu’aucune offre existait pour le site de Tarascon, avant de vouloir examiner une nouvelle offre pour Saint-Gaudens, a provoqué une « profonde inquiétude et révolte » de la CGT.

    « Depuis des mois, les salariés et leurs représentants ont accompli un travail considérable pour préserver l’activité et ils ont contribué à bâtir un projet industriel crédible, à identifier un repreneur français solide, à élaborer un plan de diversification de l’activité et à sécuriser des engagements financiers », martèle le syndicat avant d’asséner : « Là où l’État aurait dû être moteur, ce sont une nouvelle fois les salariés qui ont pris leurs responsabilités ».

    Pour la CGT, l’affaire dépasse le seul cas de Fibre Excellence. Elle y voit un « abandon préoccupant » de l’État face aux fermetures industrielles et aux délocalisations des productions à l’étranger et souligne l’importance de la filière bois-papier-carton, « tant du point de vue industriel qu’environnemental ».

    Elle appelle donc l’État à utiliser le délai accordé pour le site de Saint-Gaudens « pour rechercher toutes les solutions permettant de consolider le projet industriel » et « d’empêcher la disparition du site de Tarascon ». Sans quoi, le syndicat prévoit de soutenir pleinement les mobilisations à venir.

    Andréa Goyard-de Castro

  • Le golf de Digne placé en redressement judiciaire

    Le golf de Digne placé en redressement judiciaire

    Les vœux de la mairie de Digne, suspendue à la décision du tribunal de commerce, ont été exaucés mardi : le golf de Digne a été placé en redressement judiciaire et a ainsi évité la liquidation. L’équipement sportif, d’une grande importance pour la ville préfecture, avait déjà été placé en cessation de paiement, sur fond de conflit entre les gérants, en instance de divorce.

    « Je suis heureuse de pouvoir restructurer avec d’autres partenaires », a rapidement réagi la directrice générale du golf, Laëtitia Cinquini Bataillé, après la décision du tribunal. « Cette procédure est destinée à favoriser le rebond de l’entreprise et nous travaillons déjà avec les organes désignés par le tribunal en faveur d’une restructuration fructueuse », a-t-elle ajouté dans un communiqué signé de l’équipe du golf.

    La directrice générale accusait le groupe Adonis, présidé par son ex-compagnon, d’avoir cessé de la soutenir et de l’avoir privée des « moyens nécessaires pour faire face aux besoins indispensables à la poursuite de ses projets », mettant ainsi « en grandes difficultés les exploitations », selon elle.

    « Cette scission intervient dans un contexte de divergence stratégique entre associés : Pascal Bataillé, président du Groupe, a décidé de ne plus suivre Laëtitia Cinquini Bataillé et de réorienter ses investissements vers d’autres projets entrepreneuriaux, mettant ainsi un terme à la stratégie qu’ils avaient initialement construite ensemble », écrivait-elle jeudi dans un communiqué largement relayé sur Facebook. Elle y affirmait « poursuivre seule les efforts nécessaires pour maintenir à flot les entreprises créées conjointement, notamment celle du golf et ainsi préserver l’activité, les emplois et honorer les engagements pris ». Selon elle, « l’absence de soutien financier et opérationnel du groupe a progressivement placé le golf dans une position devenue extrêmement fragile ».

    « Des pertes structurelles »

    Le président du groupe Adonis, son ex-compagnon Pascal Bataillé, lui a répondu par voie de communiqué lundi soir : « Face aux difficultés rencontrées par certains établissements du groupe, une réflexion stratégique a été engagée dès l’automne 2025, visant à recentrer nos investissements sur les activités pérennes et à prendre les décisions nécessaires lorsque certains sites présentent, de manière durable, des pertes structurelles. »

    Les salaires des employés du golf ne seraient plus payés depuis début juin, selon la mairie de Digne, qui est liée à la société gestionnaire du golf par un bail à construction. La mairie « agira avec détermination pour favoriser la recherche de nouveaux investisseurs ou repreneurs, afin d’envisager la sauvegarde du golf, le maintien des emplois et la pratique sportive de façon pérenne », a-t-elle fait savoir dans un communiqué, mardi soir.

  • La gauche arlésienne mobilisée pour l’avenir de Fibre Excellence

    La gauche arlésienne mobilisée pour l’avenir de Fibre Excellence

    La décision du tribunal de commerce de Toulouse, attendue ce mercredi quant à l’avenir de Fibre Excellence, laisse place aux prises de position de la classe politique locale. Les réactions se sont multipliées depuis l’annonce, lundi à la mi-journée, du sursis de 48 heures accordé par le tribunal pour le site de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), en raison de l’émergence d’un potentiel repreneur. Quant à l’usine de pâte à papier de Tarascon, le tribunal a requis la liquidation judiciaire.

    « Une catastrophe sociale pour le territoire »

    Les élus de l’Union pour Arles, au conseil municipal et communautaire Arles-Crau-Camargue-Montagnette (ACCM), dont Tarascon fait partie, ont rapidement réagi en parlant d’une « catastrophe sociale et industrielle pour notre territoire ». « L’État ne peut pas se contenter d’accompagner les conséquences. Il doit agir pour prévenir les fermetures, soutenir les projets industriels crédibles et protéger les filières stratégiques », considère le groupe d’opposition. Ce dernier affirme « rester pleinement mobilisé aux côtés des salariés et de leurs syndicats pour défendre chaque emploi et préserver une activité industrielle sur ce site ».

    Le maire d’Arles et président de l’Agglomération, Patrick de Carolis (Horizons), parle également d’une « perspective d’une gravité exceptionnelle » quand « un site industriel majeur, des centaines d’emplois directs et indirects et une part essentielle de l’avenir économique de Tarascon et du territoire arlésien » pourraient disparaître.

    Le vice-président du Département des Bouches-du-Rhône et ancien maire (DVD) de Tarascon, Lucien Limousin, s’est quant à lui tourné vers la préfecture de région. Dans un message adressé au préfet, l’élu rappelle qu’au-delà des 270 emplois directs concernés, la fermeture représenterait une « perte pour l’intercommunalité d’une recette annuelle de près de 800 000 euros et, selon le directeur de l’usine, de 100 millions d’euros pour les finances publiques ». D’autre part, l’ancien édile pointe le fait que « l’usine consomme plus d’un million de tonnes de bois par an provenant essentiellement de la forêt française » et s’interroge sur le devenir de cette ressource à l’heure où les grands incendies se multiplient.

    De son côté, la section du PCF de Beaucaire, sur l’autre rive du Rhône, dénonce « l’hypocrisie d’un gouvernement qui prône la réindustrialisation du pays, alors qu’il mène une politique opposée à cet objectif ». Elle estime que « le démantèlement de l’usine, la dépollution et l’indemnisation des salariés auront un coût supérieur à celui du sauvetage de ce fleuron de notre indépendance économique ». Au niveau national, le PCF appelle à « une prise de participation publique du site de Tarascon pouvant aller jusqu’à la maîtrise, afin de préserver les emplois, les compétences et les machines et construire une solution industrielle. Il faut sécuriser durablement l’avenir de la filière, notamment par un prix de l’énergie compatible » avec son activité, une décision qui relève de l’État.

    Le RN chasse la CGT et FO de la maison des syndicats

    S’il est possible de trouver des mots de soutien dans son communiqué à l’égard des salariés, le maire (RN) de Tarascon, Alexandre Ducouret, a parallèlement décidé de chasser les syndicats CGT et FO de la maison des syndicats qu’ils occupent depuis 2014. Selon La Provence du 23 juillet, une procédure a été engagée par l’élu d’extrême droite afin de récupérer ce bâtiment. Selon le maire, il s’agit d’une décision budgétaire, visant à « récupérer les bâtiments donnés gratuitement à la CGT », qui « fait de la politique », explique-t-il à La Provence. Peut être n’a-t-il pas apprécié le cordon sanitaire dressé autour de lui lors de la conférence de presse tenue par les salariés, le 18 juin, à laquelle il avait tenté de s’inviter.

    Mais « défendre les emplois, c’est aussi défendre ceux qui les défendent », tance l’opposant arlésien Nicolas Koukas. « Les syndicats sont indispensables, ils sont en première ligne pour défendre l’avenir de Fibre Excellence et des emplois », estime l’élu d’opposition, considérant « préoccupantes » les situations de la Bourse du travail d’Arles et de la maison des syndicats de Tarascon, où les syndicats sont mobilisés pour conserver leurs locaux. « La cohérence, c’est défendre les travailleurs et les outils qui leur permettent de se mobiliser », conclut-il.

  • Les salariés de Fibre excellence interpellent l’État

    Les salariés de Fibre excellence interpellent l’État

    Pour les salariés de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, ce lundi marque une entrée en résistance. Le tribunal de commerce de Toulouse a requis, lundi matin, la liquidation judiciaire de l’usine de pâte à papier occupée (lire ci-contre), depuis jeudi. Près de 270 emplois directs et plus d’une centaine d’intérimaires et de sous-traitants sont directement concernés par cette liquidation. Pour l’ensemble de la filière bois-papier, l’activité représente entre 8 000 et 10 000 emplois induits, du bûcheronnage au bobinage.

    Autant d’enjeux que les salariés du site de Tarascon sont allés porter à la sous-préfecture d’Arles, lundi matin, alors même que le sort de leur usine se décidait à 300 km de là. Après moins d’une heure de rendez-vous, c’est le point mort. « Nous n’avons pas eu de réponse. L’État attend une décision du tribunal, mais comme vous le savez, le tribunal attend une décision de l’État », ironise Florian Berthon, délégué FO de l’usine. L’accueil lui-même est dénoncé par René Sale, de l’Union départementale FO. « Ni la sous-préfète, ni sa secrétaire n’étaient là. Quand il y a le feu à Tarascon, on peut déplacer son agenda », tance-t-il à l’égard des représentants de l’État, auxquels il demande de « nationaliser de manière provisoire » Fibre Excellence, comme « issue immédiate à ce scandale d’État ».

    Jonathan Bastid, du syndicat Filpac-CGT de Tarascon, est revenu sur la possibilité de « prendre un arrêté pour rehausser le prix du mégawattheure d’électricité » produit par l’usine pour ses propres besoins et dont elle réinjecte l’excédent dans le réseau. Une mesure « comme pour la centrale de Gardanne » complète-t-il. « Si c’était fait, cela permettrait à notre usine de repartir. Il suffit de ça ! », martèle le syndicaliste. « Plus de 300 personnes vont se retrouver au Pôle emploi d’Arles sinon. Il faut que l’État prenne ses responsabilités. On était une entreprise indispensable pour sauver la France durant le Covid, mais aujourd’hui, on est abandonnés. »

    Sauver l’usine

    pour sauver des vies

    Sauver Fibre Excellence, c’est littéralement sauver des vies, à écouter les salariés rassemblés. « Des vies se sont construites autour de l’usine, quand on croise nos collègues, on a toujours un petit mot. Moi, j’ai mon surnom. On est des collègues, des amis », illustre Thierry Boldrinei, opérateur sur le parc à bois. « Mon père travaillait dans cette usine. Pour d’autres, c’est même la 4e génération qui y travaille. On connaît tous quelqu’un qui a connu nos pères et nos grands-pères », poursuit-il, les yeux humides.

    Une culture ouvrière marquée par l’attachement à l’outil de travail. « On est habitués à notre usine et à nos salaires, on a galéré pour y rentrer », rappelle Khaled El Hajjouji, « 25 ans de boîte » et opérateur process sur la ligne de fibres. « Des usines qui payent comme ça, il n’y en a plus dans le coin », considère-t-il. Son illustration du drame social qui pèse sur les salariés est singulière : « Quand j’emmène mon fils de 3 ans à la crèche, je suis obligé de passer à côté de l’usine. À chaque fois, il me dit : “ça fume !”. Mais depuis six mois, il me demande pourquoi ça ne fume plus ». Pire, « mes autres enfants me demandent si on va vendre la maison, peuchère. Je leur dis qu’on va redémarrer, je reste fort ».

    « Dès qu’on a su qu’on était en redressement, c’était l’angoisse. On avait toujours des solutions, mais là, c’est le coup de semonce », renchérit son collègue, Thierry Boldrinei. « On est que des salariés. Mais si on part en liquidation, on bloquera tout. On embarquera pas nos outils de production comme ça ! », assure Khaled El Hajjouji.

    L’impact d’une liquidation sur la filière et le territoire peut se mesurer à ce qui a déjà pu être observé par le passé. « C’est mon 2e licenciement en deux ans, après Smurfit Kappa au Pontet », peste Hubert Costa, manifestement en colère. L’ancien salarié de l’entreprise spécialisée dans l’emballage en carton et papier, aujourd’hui affecté au mélange de la pâte à papier, ne s’imagine pas « repartir à zéro avec trois enfants », après « des années d’intérim pour un CDI qui dure deux ans chez Smurfit, et deux ans à Fibre Excellence pour obtenir un nouveau CDI que j’ai signé qu’en janvier ». Une « double peine » qui se profile pour le travailleur. « Le chômage et plus de mutuelle. Comment je vais faire pour mes enfants si je perds l’emploi et le droit à la santé ? », s’inquiète-t-il.

    Cette colère promet d’être le moteur de la lutte sociale à venir. « Pour l’instant, les choses se sont passées calmement », observait René Sale (FO) à la sortie du rendez-vous en sous-préfecture. « Mais la violence de la décision politique du gouvernement de ne pas sauver la filière et les emplois met en danger les populations de Tarascon, Beaucaire et Arles », considère-t-il. La Filpac-CGT du site inscrit son occupation « dans la durée » depuis la « mise en sécurité » des installations, jeudi dernier.