Tag: Trafic de stupéfiants

  • Une année encore riche pour la douane régionale

    Une année encore riche pour la douane régionale

    « L’année 2025 a été chargée, 2026 le sera tout autant », a promis, ce jeudi 26 mars, Michael Lachaux, directeur régional des douanes de Marseille, à l’occasion du bilan de ses services. Si ses 402 agents n’ont pas chômé, c’est d’abord parce que le département est un vaste hub économique, explique-t-il, avec une activité soutenue dans les Bouches-du-Rhône, 18 milliards d’euros d’exportations et 36 milliards d’importations. Pas moins de 979 312 déclarations ont été effectuées en 2025, soit -3,4% par rapport à 2024. Pas une baisse, mais une « régulation technique », précise Michael Lachaux.

    Tandis que les crises « s’additionnent », constate-t-il, entre guerre en Ukraine, conflit au Moyen-Orient et hausse des droits de douane américains quand les États-Unis sont la première destination hors-UE pour les entreprises locales, la douane « les accompagne pour utiliser au mieux la réglementation et en faire une arme », explique-t-il.

    Dédouaner en 5 mn chrono

    Faciliter et contrôler étant ses deux principales missions, le délai d’immobilisation des marchandises ne dépasse pas les 126 secondes et 96,6% d’entre elles sont dédouanées en moins de 5 minutes. Pour ceux qui ne jouent pas le jeu, 6 millions d’euros de droits et taxes ont été redressés en 2025, directement dans l’escarcelle de l’État.

    Autre mission, la protection du consommateur. Étalé ce jour-là dans les locaux du Port center, un aperçu des saisies : un mur de paquets de cigarettes, des jouets, des maillots de l’OM, de faux sacs et parfums, du viagra qui n’en a que le nom et autres miels aphrodisiaques.

    De la figue pleine de champignon cancérigène au four à pizza qui prend feu, en passant par les poussettes pour bébés qui tranchent les doigts, quelque 936 tonnes de produits alimentaires dangereux ont été refusés à l’import. Au total, 3 292 000 articles non conformes (+328%) ont été interceptés avant leur arrivée sur le marché européen et français.

    Côté stupéfiant, « on dépasse la tonne, c’est une année record, une augmentation de plus de 30% », se félicite Michael Lachaux. Dont 189 kg de cocaïne (+37% par rapport à 2024), 808 kg de cannabis (+194%) et 19 kg de drogue de synthèse. « C’est tous les ans plus », s’inquiète-t-il, pointant un « développement extrêmement rapide et inquiétant » de ces dernières, « notamment les amphétamines et l’ecstasy, que nous retrouvons de plus en plus dans les flux postaux ou dans les vecteurs routiers ».

    Sur le trafic de tabac, une des priorités des douanes, avec 10,5 tonnes saisies en 2025, « les Bouches-du-Rhône restent sur la même tendance haussière », ajoute le directeur régional. En coordination avec la préfecture de police, deux fois plus de contrôles d’épiceries, bars à chicha et autres ont été menés, aboutissant à 48 fermetures administratives.

    Un camion scan tout neuf

    « Nous sommes la première brigade de France à l’avoir. » Une cellule de 13 agents utilise au quotidien ce nouvel outil sur le port : un scanner embarqué à bord d’un petit camion, qui permet de lire à travers les parois des conteneurs que viendra admirer, ce vendredi, David Amiel, ministre des Comptes publics.

    L’équivalent d’une « radio chez le médecin » à rayons X, que les douaniers ont appris à décrypter, précise une agente, de quoi « fluidifier significativement les contrôles ».

  • La lutte contre le narcotrafic reste la priorité numéro 1

    La lutte contre le narcotrafic reste la priorité numéro 1

    La lutte contre le narcotrafic, qui a marqué le Vaucluse en 2025 avec plusieurs fusillades mortelles notamment à Avignon, restera en 2026, comme en 2025, « la priorité numéro 1 », assure le préfet Thierry Suquet, lors d’une conférence de presse pour faire le bilan de l’activité des services de sécurité publique au cours de l’exercice.

    Entouré des représentants des forces de police, de gendarmerie et des parquets d’Avignon et de Carpentras, le préfet chiffre cette lutte sur 2025 et entend la poursuivre. La préfecture affirme que 11 points de deal ont été fermés en un an. Il en resterait 19 sur le territoire, contre 30 en 2024 et 66 en 2022. Mais aussi 364 armes saisies, soit 11,7 % de plus qu’en 2024. Dans le même temps, 4 653 infractions à la législation sur les stupéfiants ont été constatées en zone police et gendarmerie. Une progression liée notamment à la loi contre le narcotrafic de juin 2025. Celle-ci a notamment permis 4 fermetures administratives de commerces dont le lien avec des activités illégales avait été constaté. « Quand c’est lié à la délinquance, ces fermetures sont très importantes car cela permet de taper dans le porte-monnaie. Les saisies, cela fait parfois plus mal aux délinquants que d’aller en prison », glisse le colonel de gendarmerie William Mialon.

    Du côté de la procureure d’Avignon, Stéphanie Aouine, qui affirme que le Vaucluse « s’est approprié très rapidement les nouveaux dispositifs », on se réjouit également d’une collaboration plus poussée entre les services dans ce combat. « C’est une stratégie qui paye. Il n’y a pas un jour où on ne travaille pas un dossier en lien avec le narcotrafic. Il faut être cohérent et coordonné sur ce sujet », ajoute-t-elle. « Les trafics et la délinquance s’adaptent. Ces dossiers nécessitent plus de technicité », ajoute Hélène Mourges, procureure de Carpentras, qui assure que sa juridiction a deux fois plus de dossiers liés au trafic de stupéfiants que d’autres de taille similaire. D’autant que le nombre de tentatives d’homicide a également augmenté de 28 % avec 45 faits en 2025. Et que « bon nombre de ces faits ont un lien, direct ou indirect, avec des réseaux criminels impliqués dans le narcotrafic », assure la préfecture.

    Violences familiales

    « Les stupéfiants, et les addictions en général, y compris à l’alcool, sont aussi présents dans énormément de dossiers de violences par exemple, notamment intrafamiliales », poursuit Hélène Mourges.

    La lutte contre les violences intrafamiliales est d’ailleurs pointée comme la deuxième priorité des forces de sécurité. Car celles-ci ont nettement augmenté sur le département avec une hausse de 32,5 % des interventions de la police et de la gendarmerie, avec 1 946 actes. Mais surtout quatre homicides en contexte familial.

    Mais aussi la lutte contre les violences faites aux femmes, dans un territoire qui a été le théâtre du procès des viols de Mazan. En 2025, il y a eu 3 842 plaintes de femmes majeures enregistrées, soit une augmentation de 7,2%. Et souligne qu’en 2025, il y a eu moitié plus de peines d’emprisonnement dans des affaires liées à ces violences. Tout en restant vigilants sur d’autres facteurs comme la sécurité routière ou encore les atteintes aux biens.

  • Des gérants violaient leur fermeture administrative

    Des gérants violaient leur fermeture administrative

    Deux établissements restés ouverts en violation d’un arrêté préfectoral de fermeture administrative ont été condamnés, mardi, en correctionnelle. Deux procédures parfaitement distinctes, mais dont les gérants, absents à l’audience, jouaient du même argument : faire croire qu’ils n’ouvraient qu’à leurs amis.

    D’abord un bar à chicha, « The Moo », au 89 avenue de Toulon (5e). Le caboulot obscur est en infraction à deux arrêtés préfectoraux successifs ordonnant sa fermeture pour deux mois. Le premier oukase préfectoral date d’octobre 2025 et était justifié par la découverte de 1,2 kg de tabac de contrebande de narguilé à l’intérieur. Malgré l’injonction du préfet, des riverains se plaignent des allées et venues sonores des clients quittant l’établissement à l’aube. Pour l’ambiance, l’établissement est tenu depuis 2024 par un jeune de 23 ans, condamné à deux reprises pour trafic de stupéfiants.

    Après avoir d’abord verbalisé tous les véhicules garés en vrac aux abords, les policiers poussent la porte de l’établissement dont la vitrine est drapée d’un rideau noir occultant. Ils trouvent dans une salle passablement enfumée 18 individus sur des canapés autour de narguilés, fumant, buvant, jouant aux cartes. En sous-sol, il décompte 25 autres clients fumant aussi la chicha. « C’est une soirée entre amis » a tenté Islam Ben Ahmed Daho, un cogérant.

    Bis repetita le 26 janvier 2026. Alors qu’il est sous le coup d’un second arrêté de fermeture de 2 mois pour troubles à la tranquillité publique, les policiers en planque voient soudain le patron s’enfuir en courant du bar. Ils vont l’interpeller le lendemain. Il accuse alors les policiers d’avoir menacé ses amis. Si on ne peut plus regarder tranquillement un match à la télé ! « Il est incapable de donner le nom de ses amis. Ça ne tient pas debout le coup de la soirée privée. Il ne veut absolument pas respecter les arrêtés et il n’est pas là aujourd’hui pour s’expliquer », expose la procureure, Isabelle Candau, qui rappelle ses deux condamnations pour trafic de stupéfiants, dont la dernière en 2022 à 15 mois de prison ferme. Le tribunal lui inflige 2 mois de prison ferme, 2 000 euros d’amende et un an d’interdiction d’exploitation d’un débit de boissons.

    À noter que le préfet a fait fermer le 16 janvier pour deux mois le « Green Lounge » 61, avenue de Stalingrad à Arles, les Douanes y ayant trouvé 3 kg de tabac à chicha d’origine étrangère.

    Situé dans un virage de la route des Goudes, adossé à un bunker, le restaurant de la Calanque blanche est resté ouvert malgré l’arrêté préfectoral du 22 août 2025 ordonnant sa fermeture pour 8 jours, pour cause de « stationnement anarchique » et de « tapage nocturne ». On est dans le Parc national des Calanques. Avisée par la police municipale qu’il s’en fichait, la police nationale se rend sur place le 10 septembre 2025 et constate que des camions déchargent de la marchandise et qu’ensuite une centaine de personnes sont attablées. « L’accès est fermé au public, c’est une soirée privée », proteste Benjamin Aguad, 36 ans, qui tenait alors aussi la Cabane des Amis sur les plages du Prado. Auditionné, il nie, affirme avoir invité une centaine de collaborateurs à profiter de l’établissement pour éviter de tout jeter à la poubelle.

    « On attend encore la liste des soi-disant collaborateurs et le registre des personnels qu’il s’était engagé à communiquer. Ça ne tient pas », oppose la procureure qui écarte l’argument antigaspillage au vu du camion qui déchargeait des victuailles. Le restaurateur aux 16 sociétés, déjà condamné pour travail dissimulé, mais aussi installation sans autorisation de caméra de vidéosurveillance, écope cette fois de 3 000 euros d’amende dont 1 000 avec sursis. Même peine pour sa société.

  • Narcotrafic : Erilia veut expulser « pour l’exemple » à Marseille

    Narcotrafic : Erilia veut expulser « pour l’exemple » à Marseille

    Sur injonction du préfet, le bailleur social Erilia a plaidé, vendredi, devant le tribunal de proximité de Marseille, pour la résiliation du bail de deux familles de la cité de la Castellane (16e) en invoquant la condamnation d’un des enfants pour trafic de stupéfiants. Erilia est le premier bailleur social, à Marseille, à activer ce nouveau modèle d’expulsion, instauré par la loi contre le narcotrafic du 13 juin 2025 et laissé à la discrétion des préfets.

    Plusieurs conditions doivent être réunies : des « agissements » en lien avec le trafic de stupéfiants qui troublent l’ordre public de « manière grave ou répétée » et perturbent la jouissance paisible « aux abords du logement ou dans le même ensemble immobilier », ou des « comportements » qui portent « atteinte aux équipements collectifs utilisés par les résidents, à la sécurité des personnes ou à leur liberté d’aller et venir ».

    Partenaires d’expulsions en « circuit court »

    En dialogue avec la préfète de police déléguée, le tribunal judiciaire de Marseille a instauré un « circuit court » pour prioriser et accélérer ces expulsions déjà dérogatoires au droit commun. Erilia demande ainsi l’expulsion d’une mère et de ses enfants de 17 ans, 23 ans et 25 ans pour les agissements de Chamsedine, 21 ans. Le bailleur invoque une décision qu’il ne produit pas, selon laquelle il a été condamné, il y a six mois, à 18 mois de prison dont 9 avec sursis pour trafic de stupéfiants.

    Présent à l’audience, le bailleur social est au garde-à-vous. « Erilia a répondu positivement au préfet car elle est soucieuse de participer activement à la politique publique de la lutte contre les trafics. Cette loi a un côté moralisateur, c’est vrai, mais le législateur l’a voulu ainsi », plaide son avocat, Me Janis Leclanche. Elle rappelle « la violence extrême du narcotrafic avec 85 morts en 2023 dont 49 à Marseille », « le climat insoutenable qu’il fait peser sur les habitants ». Erilia affirme sur la foi d’un compte rendu d’enquête que le jeune a été arrêté avec deux individus déjà condamnés dans un véhicule quittant la cité avec 1,2 kg de résine de cannabis et 630 gr de cocaïne à bord. Que Chamsedine s’était proposé d’aller « travailler en bas » comme « ravitailleur » du réseau pour « rembourser une dette ». Pour Erilia, « le titulaire du bail est responsable des troubles des occupants habituels de son logement ». « Peut-être est-ce sévère, mais il faut des exemples. Peut-être s’agit-il d’une petite main, mais s’il n’y avait pas de petites mains, il n’y aurait plus de trafic. »

    « Vous, magistrats, gardez votre pouvoir d’appréciation ! » insiste Me Marilou Poisot pour la famille menacée qui n’a tiré aucun profit du trafic. Leur logement n’est pas en cause. Ce n’est pas un appartement nourrice. Le fils majeur vit désormais chez un oncle. Il serait disproportionné d’expulser une mère et ses trois enfants scolarisés, dont une mineure, et qui a toujours payé ses loyers. « Cette loi a un caractère moralisateur qui revient à dire qu’elle a mal éduqué son enfant. Cela heurte les principes du droit au logement, du droit au respect de la vie privée, de l’intérêt supérieur des enfants. C’est la porte ouverte à l’expulsion de familles entières. » Assise dans la salle, la maman pleure. Sa santé s’est dégradée. Toute la famille vit dans le stress de se retrouver sans toit.

    Le second dossier, toujours de la cité de la Castellane, vise un couple avec quatre enfants, dont deux mineurs. Erilia invoque, sans en rapporter la preuve, l’existence de trois
    condamnations en 2025 pour trafic de stupéfiants de Mouhamadi, le fils de 22 ans, à une peine de travail d’intérêt général, et pour sa dernière en septembre à deux ans de prison, dont un avec sursis et à l’interdiction de paraître à la Castellane. « Il y a de grandes chances qu’il récidive s’il reste chez ses parents et il semble bien être un acteur à part entière de ce trafic », suppute le bailleur.

    « Erilia est sous la coupe d’un préfet sous pression, dénonce Me Sofien Dridi. Leur fils ne vit plus chez eux depuis octobre 2024 et on vous demande avec une célérité exceptionnelle l’expulsion de gens qui n’ont rien commis, aucun trouble de voisinage, qui ont toujours payé leur loyer. C’est mettre à la rue une famille qui ne vit qu’avec les 1 600 euros du travail du père. » Dénonçant une procédure abusive, il réclame d’Erilia 1 000 euros pour chacun des membres de la famille et autant en préjudice moral.

    Délibéré le 19 mai.

  • [Tribune] Lutter contre le trafic de drogue impose des ruptures politiques

    [Tribune] Lutter contre le trafic de drogue impose des ruptures politiques

    Les violences, assassinats et overdoses liés au narcotrafic ne sont pas des faits divers mais le produit d’un capitalisme mafieux qui prospère sur la misère sociale, la dérégulation financière et l’abandon des quartiers populaires. Il détruit des vies, gangrène les institutions et mine la cohésion sociale. Le combattre ne relève pas de l’affichage sécuritaire, mais de ruptures politiques profondes.

    Le trafic de drogue se développe là où l’État et les services publics reculent, où les politiques d’austérité fabriquent précarité et désespoir. Pointer du doigt une jeunesse prétendument attirée par « l’argent facile » est une hypocrisie commode. Ce sont les inégalités sociales, l’isolement, l’absence de perspectives et la faillite des politiques de protection qui livrent les jeunes les plus fragiles aux réseaux criminels, lesquels exploitent leurs vulnérabilités pour accroître leur emprise.

    Dénoncer la consommation festive des bobos permet d’éviter de parler des addictions liées à la précarité, à la souffrance psychique et aux conditions de travail dégradées. Quant à la surenchère répressive, elle est un échec patent : malgré des lois parmi les plus dures d’Europe, la consommation de drogues reste élevée. Refuser d’ouvrir le débat sur la dépénalisation/légalisation est une erreur politique. Ce débat doit intégrer la prévention, la réduction des risques et des modèles qui rompent avec la logique purement capitaliste.

    Les politiques de la ville, combinant dispositifs dérogatoires, austérité budgétaire et absence de concertation, ont failli. Le discours dominant, relayé par une partie de la classe politique et des médias, criminalise les jeunes des quartiers populaires et justifie leur relégation. Cette stigmatisation alimente la colère, le sentiment d’abandon et, in fine, le terreau du narcotrafic.

    Rompre avec cette logique impose un investissement massif et assumé dans les services publics et les conditions matérielles de l’émancipation. Cela implique le désenclavement réel des quartiers populaires, des transports accessibles et gratuits pour les jeunes et les plus précaires, une politique ambitieuse de logements sociaux répartis sur l’ensemble du territoire et une régulation ferme du marché immobilier.

    La question de l’école est centrale. Le tri social, l’assignation des jeunes des classes populaires à des trajectoires subalternes marque le renoncement à toute ambition émancipatrice. Cette relégation sociale et géographique est aggravée par les réformes récentes, notamment celle de l’enseignement professionnel. Il faut plus et mieux d’école et donc investir massivement dans l’éducation, réduire les effectifs par classe, former et recruter les personnels, garantir l’accès de tous aux formations choisies. L’accès à la culture, au sport et aux loisirs n’est pas un supplément d’âme, mais une condition de l’émancipation.

    Les politiques sociales et de protection de l’enfance sont sinistrées. La saturation des dispositifs, le manque de moyens et la défaillance des collectivités livrent des enfants et des adolescents aux réseaux criminels et prostitutionnels. Vouloir donner encore plus de compétences sociales aux conseils départementaux déjà incapables de les assumer est une hérésie. Renforcer la protection judiciaire de la jeunesse, les services sociaux et la santé de proximité, donner les moyens aux associations de quartier et d’éducation populaire est une urgence absolue. La prise en charge des addictions doit être développée notamment à travers des dispositifs de réduction des risques dont l’efficacité est démontrée.

    Tant que des jeunes seront contrôlés au faciès, discriminés à l’embauche et assignés à résidence sociale, les discours sécuritaires resteront vides. Il faut donc combattre toutes les discriminations qui frappent les classes populaires.

    Les opérations de communication et de chasse aux petites mains occultent le cœur du problème qui est financier et politique : blanchiment d’argent, corruption, complaisances économiques et diplomatiques. S’attaquer réellement aux réseaux impose de renforcer massivement les moyens de la justice, de la police et des douanes, de rétablir une police de proximité digne de ce nom, et de rompre avec toute tolérance à l’égard des paradis fiscaux et des États complices.

    La lutte contre le trafic de drogue est indissociable d’un combat pour la justice sociale, l’égalité réelle, la dignité et l’émancipation.

  • La préfète de police lance des assises de la prévention

    La préfète de police lance des assises de la prévention

    « La lutte contre les stupéfiants ne fonctionne que si on a deux jambes, le répressif et la prévention » pose la préfète de police déléguée, Corinne Simon, à la veille du lancement d’assises sur le sujet. « Il se passe plein de choses mais chacun fait ça dans son silo », poursuit-elle. L’idée : « mettre en place un plan départemental de lutte contre l’entrée des jeunes dans la délinquance et le trafic de stupéfiants » en favorisant « l’échange d’informations avec les acteurs qui se trouvent autour de l’enfant, pour anticiper et agir ».

    « On a besoin d’avoir des signaux faibles » détaille la préfète, « un jeune qui a un taux d’absentéisme à l’école, ne va plus à son club de sport, change de copains, en rupture avec ses parents… Tout ça mis bout à bout, ce sont des alertes ». Pas de « grand raout » mais du « pratico-pratique », promet-elle avec une première réunion pour faire « un état des lieux ». Les objectifs seront définis « ensemble ».

    Autour de la table ce vendredi 6 février, 25 coordinateurs des CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance), obligatoire pour toutes les villes de plus de 5 000 habitants, soit 51 dans le département, des représentants de l’Éducation nationale, de la PJJ, de la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), les trois procureurs de la zone, le responsable du centre loisirs jeunes de la police nationale 13 (CLJ), des délégués du préfet pour la politique de la Ville. Dans le cadre d’un appel à projets de la Mildeca, « Limits », deux communes des Bouches-du-Rhône sur les 30 retenues en France, viendront aussi partager leur expérience. Pas d’élus pour cause de municipales, ni d’associations, en période de subventions.

    Une cellule d’appui

    Quand on objecte que ces assises arrivent bien tard, au regard des appels à l’aide des acteurs de terrain, la réponse tombe. « On n’a pas attendu pour faire des actions » balance Jean-Christophe Roux, chef du bureau de la prévention de la délinquance, à la manœuvre avec Pierre Gilardeau, directeur de cabinet adjoint de la préfète. « Chaque année, au Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, je présente ce que l’on fait avec le CLJ. On est passé de modules de lutte contre l’addiction à un module basé sur la notion de dette [qui fait que] le jeune ne peut plus sortir du réseau, basé aussi sur l’expérience des jeunes ciblés sur des collèges », précise-t-il.

    En « lien avec la Mildeca », précise Pierre Gilardeau, la préfète et son équipe réfléchissent aussi à la création d’une cellule administrative départementale « qui pourrait apporter un appui au travail fait par les communes qui a peut-être ses limites » explique Jean-Christophe Roux, à l’image de la Cepraf, cellule de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles. Prochaine étape avec une seconde réunion à l’été.

  • [Grand entretien] Amine Kessaci : « Faire de Marseille, la vitrine de la lutte anti-narcotrafic »

    [Grand entretien] Amine Kessaci : « Faire de Marseille, la vitrine de la lutte anti-narcotrafic »

    La Marseillaise : Votre déclaration de candidature intervient après l’onde de choc créé par l’assassinat de votre frère Mehdi, le deuxième après Brahim, est-ce que cette décision a été longue à prendre ?

    Amine Kessaci : D’abord je suis un militant politique de longue date, depuis 2019. J’ai fait partie des jeunes avec le Printemps marseillais en 2020. J’ai fondé une association, Conscience. J’ai été candidat en 2024, aux européennes, puis aux législatives avec le Nouveau front populaire. Cet engagement ne sort pas de nulle part. Il y a une construction derrière, un engagement dans une famille politique, celle de la gauche, que je porte depuis un moment. Tout cela avant le 13 novembre. Il s’est passé ce que vous savez. Quelque chose qui m’a meurtri, qui m’a endeuillé une deuxième fois. Je ne veux pas me lamenter mais ça a rappelé la barbarie dont font preuve les narcotrafiquants. Je me suis levé à cette marche blanche avec une seule chose en tête : je ne me tairai pas. J’ai répété plusieurs fois « debout ! debout ! » Je ne peux pas me permettre après ça de rester assis. Il y a un enjeu à agir contre le narcotrafic concrètement, je suis fier et heureux que ma parole ait été entendue sur le fond. Jusque dans le programme. La décision d’être candidat n’a pas été simple. Je pensais d’un côté « je suis fatigué, je suis épuisé, je suis endeuillé » et puis j’ai vu les sondages, la campagne menée, j’ai consulté beaucoup d’acteurs de terrain. Et puis je me suis dit que je ne me voyais pas rester en retrait. Pour moi c’était évident.

    Pourquoi était-ce évident avec Benoît Payan ? Plusieurs de ses adversaires l’accusent de récupération ou d’instrumentalisation.

    A.K. : À ces personnes je dis : « attention vous êtes en train de m’insulter ». J’ai un cerveau, j’ai fait des études, je viens de publier un ouvrage. Je suis engagé depuis longtemps. J’ai une relation particulière avec le maire de Marseille, qui dépasse la politique. À ceux-là je dis : « merci de ne pas insulter l’intelligence de la jeunesse ». Bien sûr que beaucoup m’ont parlé, m’ont fait des propositions… comme si la lutte contre le narcotrafic était devenue « tendance ». Moi je porte une réponse globale, je pense qu’il faut s’unir sur cette question.

    Vous avez parlé d’une association des Villes contre le narcotrafic. En quoi, concrètement, cela consisterait ? Avez-vous déjà des réponses positives émanant d’autres villes que Marseille ?

    A.K. : Bien sûr. Et de tous bords politiques. J’ai porté la semaine dernière au Parlement européen, une résolution sur la réponse de l’Europe au narcotrafic. Elle a été signée par François-Xavier Bellamy qui est LR pour le groupe Parti populaire européen, Nora Mebarek, PS, pour le groupe des sociaux-démocrates, Grégory Allione, pour Renew-Renaissance, Marina Mesure pour LFI-The Left et je l’ai colporté avec Marie Toussaint pour les écolos. Ça montre bien que j’ai réussi à rassembler largement. Moi, c’est ce champ-là que je vois pour l’association des maires contre le narcotrafic. J’ai été candidat face au Front national dans les 13e et 14e arrondissements de Marseille lors des dernières législatives. J’ai été battu de très peu, à moins de 15 voix par bureau de vote. Donc oui, mon combat contre l’extrême droite est clair et elle n’a rien à faire dans ce projet. Concrètement à quoi servira cette association ? D’abord il ne faut pas mentir aux gens : on ne peut pas demander à des mairies de mener seules le combat contre la drogue. C’est un sujet national qui nécessite une réponse de l’État. L’Europe aussi doit jouer son rôle. Ce que je propose c’est une réponse coordonnée des maires sur l’enjeu du narcotrafic. Par exemple, comment on accompagne les jeunes vers l’emploi, comment on accompagne les familles après – malheureusement – un décès… Que fait-on de tous ces jeunes qui veulent sortir des réseaux ? Dans cette association nationale des maires, on va créer du lien pour permettre à un maire d’une petite commune du Rhône, d’interpeller celui de Bordeaux qui va lui confier un jeune qui veut sortir du trafic. Ce sera un moyen de créer des ponts, des liens, pour extraire les jeunes et les dépayser comme on dit. On souhaite systématiser des dispositifs, travailler au statut de repenti, comme en Italie. Je pense qu’on a beaucoup à reprendre des dispositifs italiens contre le crime organisé. Ils sont très en avance. J’ai eu l’occasion d’échanger à ce sujet avec Leoluca Orlando, ancien maire de Palerme ou l’écrivain et journaliste Roberto Saviano. Nous allons dans un premier temps structurer une association des maires à l’échelle nationale et mon souhait c’est qu’elle grandisse à l’échelle européenne en allant voir les Italiens, les Espagnols, les Belges… La DZ a des liens en Belgique, sème la terreur dans les rues de Bruxelles. On a besoin de cette réponse européenne.

    À l’intérieur de cette association, quel serait votre rôle ? Serez-vous le représentant de Marseille ?

    A.K. : Je n’ai pas cette ambition. Ce sera une association de maires, pour Marseille, c’est une évidence, ce sera notre maire qui nous représentera. Mon rôle, c’est de l’impulser, de la lancer, je présiderai le comité d’organisation pour mener à bien cette initiative.

    On vous connaissait homme de terrain, vous nous recevez dans un sous-sol, protégé par sept policiers. Comment allez-vous mener campagne ? Dans ces conditions aller à la rencontre des Marseillais ?

    A.K. : C’est plus compliqué qu’avant. Ça rappelle les conditions de création de La Marseillaise. C’est une forme de résistance. Depuis 2023, je n’ai raté aucune réunion d’association, de CIQ de mon secteur. J’ai sillonné tout le 13-14, on m’a vu à Château-Gombert, à Saint-Jérôme, aux Oliviers, à Frais-Vallon… Aujourd’hui, je veux dire merci à ces femmes et ces hommes qui assure ma protection, c’est important de le dire. Je ne suis pas dans une optique de vengeance ou de provocation. Je ne vais pas aller en plein deal à la Castellane et dire « venez on va se mettre en danger ». J’irai là où c’est possible, avec leur aval. L’idée est aussi de faire venir les gens à moi. J’échange beaucoup avec les responsables associatifs par téléphone, les mêmes que j’ai consulté avant de prendre ma décision sur ma candidature : des bénévoles de Conscience, des mamans de victimes, non pas pour leur demander leur aval mais leur avis sur cette forme d’engagement. J’ai été ravi des réponses que j’ai reçues. Depuis le 13 novembre, plusieurs autres jeunes ont été retrouvés morts, calcinés. La barbarie est arrivée à son paroxysme. Il y a toujours des menaces qui pèsent sur moi et j’en tiens compte mais… De quoi voulez-vous que j’aie peur ? On vient de m’arracher Mehdi, 20 ans, mort pour rien, parce qu’il était mon petit frère, on a brûlé mon grand frère Brahim quand j’avais 17 ans. Sérieusement de quoi je devrais avoir peur ?

    On vous a senti sonné lors de la marche blanche en hommage à Mehdi. Rétrospectivement comment qualifieriez-vous la réaction des Marseillais qui étaient là ?

    A.K. : De digne. Tout le monde était debout non pas pour crier, pleurer, s’apitoyer, mais pour dire : « Amine, tiens debout, on tient debout ». Pour moi, tout était flou, trouble, je me rappelle d’avoir vu ma mère, Benoît Payan, des responsables institutionnels. En revoyant les images, ces femmes, ces hommes, ces personnes âgées qui étaient là, debout, ça m’a beaucoup touché. Voir qu’il y avait des marches dans beaucoup d’autres villes de France, c’était pour moi une vague de lumière. Je voyais tout flou, tout sombre, ça m’a redonné de l’espoir.

    Qu’est-ce que ça dit de Marseille selon vous ?

    A.K. : Marseille, dans son histoire, a toujours qu’elle savait renaître de ses cendres, tenir debout face à l’impossible, aux dangers… C’est une ville qui fait naître l’espoir.

    Votre candidature n’est pas qu’un témoignage, elle s’accompagne de propositions. Quelles sont-elles concrètement ?

    A.K. : Sur les 10 mesures que nous portons contre le narcotrafic, 5 sont les miennes. Beaucoup disent de moi que je suis le Roberto Saviano français. Non, pas du tout. Moi je suis Amine Kessaci, je suis le frère de Brahim, de Mehdi, je suis responsable politique. Je viens pour apporter mes idées, au-delà des quotas et des questions partisanes. Je ne suis pas un commentateur, pas quelqu’un qui s’en tient à interpeller l’opinion dans la presse. Je l’ai toujours dit : en politique si l’on fait pour nous, sans nous, on fait contre nous. On va travailler de façon collective au sein du Printemps marseillais pour créer un dispositif d’accompagnement de familles des victimes en signant la charte du relogement. Qu’est-ce que ça dit de notre pays quand on vient retirer un logement à une maman parce que son fils est délinquant ou qu’il est tombé dans la drogue ? C’est terrible pour notre humanité, notre solidarité. Quand la République n’a pas été capable de protéger ses enfants, on va venir punir les mères ? Dans le livre que j’ai publié en septembre*, j’ai écrit une lettre à mon frère Brahim que j’ai intitulé « punir les mères pour tenir les fils ». Ça ne marche pas ! Il faut que les mamans puissent faire leur deuil, loin de là où leur enfant a été assassiné. On va me dire que les bailleurs sociaux le font déjà, si c’est le cas, alors actons-le, systématisons-le. Il faut que les bailleurs signent cette charte. On va s’y engager. De même, on s’engage avec le Printemps marseillais à doubler le nombre de policiers municipaux, avec 800 recrutements. C’est une manière de renouer avec la police de proximité que Nicolas Sarkozy a détruite. On va ouvrir dans chaque arrondissement, un commissariat de police municipale. On va se battre pour un nouveau contrat de sécurité avec l’État pour avoir plus de policiers nationaux. On va demander le retour d’une préfecture de police de plein exercice. Il y a besoin de moyens, de caméras de vidéosurveillance. Il faudra aussi faire un plaidoyer sur les moyens que la justice doit avoir. Mais j’insiste : la réponse face au narcotrafic n’est pas que sécuritaire.

    Quelles autres mesures estimez-vous nécessaire ?

    A.K. : La préoccupation en tête de la feuille de route du prochain mandat pour moi, c’est le logement. Il faut redonner de la dignité dans les quartiers populaires. Il ne fait plus de bennes à ordures que l’on traîne. On sait à quoi elles servent : à faire des barrages aux dealers. Il faut emmener l’écologie dans les quartiers en installant des poubelles fixes de tri que les dealers ne pourront plus bouger. S’ils utilisent d’autres choses pour faire des barrages, il faudra aller les arrêter. La République n’a pas à fournir le matériel aux trafiquants pour empêcher les gens de vivre. Les transports, les écoles sont des sujets fondamentaux. Nelson Mandela disait que l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. Il faut poursuivre le plan écoles, continuer cette ambition de donner le meilleur à chaque petit marseillais et petite marseillaise. Pendant un temps, je me suis trompé. Ça arrive. Je disais qu’il fallait permettre à chaque jeune de Marseille issu des quartiers, d’aller au lycée Thiers, pour avoir le meilleur niveau d’instruction. Mais en fait, il faut que tous les lycées de Marseille deviennent des lycées Thiers. On va créer les mêmes conventions avec Sciences Po. dans les différents établissements de la ville.

    Enfin, on va se positionner sur la question de la saisie des biens liés au narcotrafic. Il existe une réglementation qui permet aux collectivités de le faire. Nous le ferons. C’est cette approche globale qui permettra de faire de Marseille, la vitrine de la lutte anti-narcotrafic. On va y arriver avec de la sécurité mais aussi des stylos, des livres, des fêtes de quartiers l’été, des occupations de terrain, des jardins comme celui de la Busserine.

    Que diriez-vous à des jeunes de votre âge qui se disent « il a beaucoup de courage mais moi je ne peux rien faire » ?

    A.K. : Pas possible ! Je le dis : le simple fait de lire La Marseillaise, c’est un acte politique et d’engagement. Le fait de s’intéresser à l’actualité, de débattre sur les réseaux sociaux, ce n’est pas rien. Pour moi, la jeunesse est très politisée. Mais, c’est vrai elle n’est pas intéressée par les logiques partisanes. Ça tombe bien : le Printemps marseillais n’est pas un parti politique, c’est un espace d’engagement créé autour des partis politiques. Lors des dernières législatives qui a pris d’assaut les sièges des partis politiques pendant le Nouveau front populaire ? Qui a manifesté pour la Palestine toutes les semaines ? Les jeunes ! Il faut qu’ils s’inscrivent sur les listes électorales, c’est encore possible jusqu’au 4 février sur internet et jusqu’au 6, physiquement. Ils doivent se mobiliser les 15 et 22 mars, ils peuvent venir militer, s’impliquer. Il n’y a pas de fatalité. Rien n’est impossible, c’est à eux de décider.

    Le RN se présente comme la force qui apporte une solution à l’insécurité, au narcotrafic. Ses représentants se sont faufilés jusque dans la marche blanche en hommage à votre frère et vous, vous continuez à le combattre frontalement. Pour quelle raison ?

    A.K. : Moi, mon ennemi c’est le narcotrafic mais une chose est sûre, elle a été dite par Christiane Taubira : « pour être un parti républicain, il ne suffit pas de se présenter aux élections ». C’est ça que je pense du Rassemblement national.

  • Le narcotrafic au cœur des municipales : à Port-de-Bouc, des résultats « à force d’abnégation »

    Le narcotrafic au cœur des municipales : à Port-de-Bouc, des résultats « à force d’abnégation »

    Son opiniâtreté lui a valu des menaces de mort et des émeutes, en mars 2023. Depuis le début de son mandat, Laurent Belsola (PCF) n’a « jamais cessé de frapper aux portes des différents ministères de l’Intérieur pour lutter contre le fléau du narcotrafic », rappelait-il, le 22 janvier, lors d’un atelier de campagne.

    À Port-de-Bouc, certains quartiers, comme les Comtes ou les Amarantes, sont touchés par cette problématique. « C’est un enfer pour la population. Les parents n’osent plus se balader avec leurs enfants, les soignants ne peuvent pas entrer dans les bâtiments… concède le maire. Ça brûle tout. » Mais la régularité des opérations menées par les forces de l’ordre ont eu raison de nombreux points de deal. « On en avait six en 2020, il n’y en a plus qu’un qui disparaît puis réapparaît de temps en temps », révèle-t-il.

    Des résultats obtenus « à force d’abnégation ». L’édile, candidat à sa succession, avait d’abord demandé la réouverture du commissariat de police nationale puis l’adhésion au dispositif de Quartier de reconquête républicaine pour avoir des renforts, en vain. « On a obtenu que les forces de police soient présentes de manière pérenne, grâce à l’aide de CRS et de compagnies départementales. Les résultats sont là. Quand le travail de longue haleine est fait, ça paye. Mais il ne faut rien lâcher, ça reste fragile. »

    Désormais, Laurent Belsola demande la création d’un commissariat mixte pour avoir, sous un même toit, les services de police municipale et de police nationale. « Il ne manque que l’accord du ministère de l’Intérieur, confie-t-il. On a les locaux, qu’on veut réhabiliter. »

    « Il faut des moyens et il faut travailler sur du long terme, assène le maire. Au niveau régalien, on est preneur de n’importe quel dispositif. Au niveau de la Ville, on met le paquet sur la prévention. On a nos centres sociaux, nos écoles, le théâtre, la médiathèque, des commerces, la présence d’employés municipaux… On est dans nos quartiers. On a créé une Régie pour sortir les jeunes en difficulté avec le monde du travail, pour les accompagner dans la réinsertion avec des missions en bas de chez eux. La sécurité, c’est un tout. La police et la prévention font partie de ce tout. »

  • Drogue : pour Macron, la répression en totem

    Drogue : pour Macron, la répression en totem

    Mettre un fléau systémique sur le dos des individus. C’est du libéralisme pur sucre. Et sans surprise, c’est l’essentiel du message du président de la République délivrée mardi à Marseille pour répondre au narcotrafic. En opposant les habitants des quartiers qui subissent de plein fouet la guerre de la drogue et ceux qui achètent ces produits, sous-entendus les « petits-bourgeois » des beaux quartiers, Emmanuel Macron ne fait pas avancer d’un iota le débat. Croit-il sérieusement que le passage de 200 à 500 euros de l’amende pour consommation va stopper l’usage de la drogue ? C’est faire fi de la dimension addictive et du problème de santé publique liée à la consommation de stupéfiants en France. Elle touche toutes les catégories sociales. Les trafiquants le savent.

    Marché de la mort

    Certes le président de la République a aussi parlé démantèlement des réseaux, de têtes aux manettes de ce marché de la mort à faire tomber. Mais les mots doivent être suivis d’actes courageux, concrets. L’État va-t-il prendre langue avec les dirigeants des pays producteurs à l’instar du Maroc ? Va-t-il enfin doter le port de Marseille de détecteurs efficaces pour ausculter les containers ? Va-t-il, cet État si répressif, donner tous les moyens à la justice – autre que des places de prison – pour lutter contre la corruption, mener des enquêtes, remonter les réseaux ? Va-t-il rétablir la police judiciaire démantelée ? Va-t-il protéger ceux qui osent parler, dénoncer ? La réponse à la pieuvre doit être multiforme et ne peut se payer de formules. L’État doit y mettre tous les moyens.

  • « Taper au portefeuille ceux qui consomment » : Emmanuel Macron veut augmenter l’amende de 200 à 500 €

    « Taper au portefeuille ceux qui consomment » : Emmanuel Macron veut augmenter l’amende de 200 à 500 €

    Défendre le bilan du plan Marseille en grand. C’était l’objectif de la venue d’Emmanuel Macron, ce mardi 16 décembre, dans la cité phocéenne. Mais un mois après l’assassinat de Mehdi Kessaci, la lutte contre le narcotrafic était au centre des préoccupations.

    Alors que des annonces d’ampleur étaient attendues, ce sont les consommateurs de drogue que le chef de l’État a, pour l’heure, choisi de cibler, en passant l’amende forfaitaire de 200 à 500 €. « Rien de tout ça n’arriverait si des gens n’achetaient pas de la drogue. On a mis en place une amende forfaitaire délictuelle et on va la passer à 500 €, il faut taper au portefeuille ceux qui consomment, comme il faut que toute personne qui consomme se dise qu’elle alimente le narcotrafic », assure Emmanuel Macron.

    « On a tous une pensée pour la famille de Mehdi Kessaci après le drame qui s’est passé. Je sais l’engagement que j’ai pris vis-à-vis de cette famille et je vais tenir les engagements que j’ai pris », affirme le chef de l’État.