Tag: tourisme

  • Hautes-Alpes : un nouveau schéma pour une décennie de tourisme

    Hautes-Alpes : un nouveau schéma pour une décennie de tourisme

    « Notre activité touristique a progressé de manière remarquable ces dernières années, que ce soit en termes de fréquentation, de nuitées, de visiteurs accueillis ou de retombées économiques », a annoncé Patrick Ricoux, vice-président chargé de l’attractivité du territoire, en préambule de l’adoption du nouveau schéma de développement du tourisme. Or, si « l’activité touristique s’est métamorphosée », comme il le rappelle, « le but de ce nouveau plan n’est pas de reproduire ce qui a été fait ces dix dernières années, au vu des évolutions des pratiques, mais de l’enrichir ».

    Développer et préserver

    Le tourisme apparaît en effet comme le moteur économique majeur du département. Entre 2015 et 2025, le chiffre d’affaires du secteur a progressé de 28% avec 919 millions d’euros générés pour l’année 2025. Il représente 25% du PIB des Hautes-Alpes, 5 millions de visiteurs par an et 15 000 emplois directement en lien avec le tourisme. Après cette décennie fructueuse pour les Hautes-Alpes, ce nouveau schéma a pour but d’établir de nouveaux objectifs. Très vite un point de tension est apparu : comment concilier l’attractivité touristique et préserver le cadre naturel, en bref continuer d’attirer sans créer de surfréquentation.

    « L’attractivité de notre département repose avant tout sur ce qui fait son identité : des paysages préservés, des espaces naturels remarquables, des villages authentiques. C’est parce que nous avons su préserver ces paysages que nous arrivons à attirer des visiteurs. Alors je souhaite poser une question simple, jusqu’où devons-nous développer notre tourisme sans dénaturer ce qui fait précisément sa force ? », a questionné Gérard Ténoux, vice-président en charge de l’habitat. De son côté, Yvain Chaix, président de l’agence de développement des Hautes-Alpes, a assuré qu’« un grand objectif du schéma c’est de garantir le développement du tourisme haut-alpin tout en veillant sur nos milieux et nos hôtes ». Toutefois, l’heure n’est pas à l’écologie radicale : « On souhaite s’engager dans une voie de développement, bon nombre de nos contemporains prônent la décroissance, ce n’est pas le sujet de ce schéma, il s’inscrit dans une dynamique de croissance car on sait comme c’est important pour fixer les populations et créer des emplois. »

    Faire adhérer

    la population

    Le schéma a aussi pour ambition affichée de s’assurer de l’adhésion des populations locales. « On voit bien qu’il y a un sujet central sur l’acceptation du développement touristique », a rappelé Yvan Chaix. Toutefois, une adhésion totale s’apparente à « un vœu pieux », pour Jean-Baptiste Allaud, conseiller départemental : « On voit bien au sujet de l’organisation des JOP 2030, qu’il y a toujours des gens qui dénonceront les actions que nous portons (…). Il y a des gens qui se sont installés dans notre département dans l’idée que dès leur installation, il faudrait que rien n’évolue. Même s’il faut intégrer certains points de vue on ne peut pas aller dans la démarche d’arrêter de développer notre département du point de vue touristique », a-t-il affirmé.

  • Ancelle veut prendre le virage « quatre-saisons »

    Ancelle veut prendre le virage « quatre-saisons »

    En 1969, quand a ouvert ce camping, il y avait deux cents caravaneiges pour l’hiver, les gens montaient tous les week-ends faire du ski. Petit à petit, la tendance s’est essoufflée, c’est l’été qui a pris le dessus sur l’hiver. » Pour Laure Pellissier, gérante du camping des Auches à Ancelle, c’est clair, l’avenir du tourisme dans les Hautes-Alpes, c’est la saison l’été.

    D’après les données départementales, les Hautes-Alpes accueillent trois millions de visiteurs de plus l’été que l’hiver, un écart qui se creuse chaque année. Laure Pélissier explique cela par deux raisons : « D’abord, le portefeuille, la semaine de ski dans les grandes stations, plus grand monde ne peut se la payer. Ensuite, il y a une vraie demande d’activités de pleine nature. Il y a vingt ans, la montagne faisait peur, maintenant il y a des randonnées accessibles aux enfants de cinq ans. » Elle rapporte que la tendance aujourd’hui est clairement aux activités de pleine nature : rando, accrobranche, via ferrata, canyoning… « La saison d’été est bien plus diversifiée en activités », rappelle-t-elle. Contrainte économique, dérèglement climatique et diminution de la neige en montagne… De plus en plus, pour les stations de neige, le ski n’a plus le monopole.

    À Ancelle, village-station de 1 000 habitants, à 1 300 mètres d’altitude, l’objectif est de diversifier les activités tout au long de l’année. Depuis 2023, la commune ouvre les remontées mécaniques sept jours sur sept en été. Elle a également créé des cartes d’activités d’été et des sentiers ludiques dédiés à la faune, à la flore dès le plus jeune âge. « On n’est pas les seuls mais il y a toujours eu beaucoup d’activités en hiver comme en été ici, avance Vincent Bouchet, directeur des remontées mécaniques d’Ancelle. Par contre, on n’a peut-être pas su les mettre en avant. Aujourd’hui, on travaille avec l’État et la Région pour structurer notre offre, la diversifier et la mettre en lumière. »

    Pour autant, il n’est pas question de remplacer les activités de neige par celles de l’été, les deux ne se pratiquent pas sur la même durée. « Il y a eu un vrai boom des activités vélo post-Covid. Mais pour autant, on ne vient pas faire du vélo toute une semaine comme on vient au ski, tempère Guillaume Boinet, cogérant de La maison du vélo, boutique de vente et location de cycles à Ancelle depuis 2021. C’est plus inscrit dans les mœurs de prendre un cours de ski pour son enfant que de bicyclette. Le vélo va plus être l’une des activités d’un séjour, à côté du canyoning, de la rando, etc. »

    Face au déclin du ski, diversifier les activités

    « Le ski n’est pas fini, ça reste en quelque sorte la base, le tronc de notre activité, sur lequel peuvent se développer et se diversifier les branches, c’est-à-dire toutes les autres activités », détaille Antoine Ceccaldi du service animation d’Ancelle. Le village-station souhaite aussi ne pas se concentrer seulement sur la clientèle d’hiver. Pour cela, la commune a notamment fait rénover il y a deux ans sa base de loisirs. « On veut aussi attirer nos administrés et une clientèle locale tout au long de l’année, insiste Antoine Ceccaldi. Notre clientèle gapençaise est très importante, on est à vingt minutes en voiture de Gap. Des bases natures gratuites aux alentours, il n’y en a pas tant que ça. » Une diversification qui atténuera peut être le choc du dérèglement climatique, périlleux pour un territoire encore très axé sur le tourisme de neige.

    Les projections de MétéoFrance anticipent une perte d’environ cinquante jours d’enneigement en moins d’ici à 2050 pour les massifs autour de 1 800 mètres d’altitude.

  • Les réservations pour les calanques ouvertes

    Les réservations pour les calanques ouvertes

    Pour protéger les lieux, le nombre de visiteurs est limité les 20 et 21 juin, tous les jours du 27 juin au 30 août, les 5 et 6 septembre, les 12 et 13 septembre.

    Le principe est reconduit jusqu’en 2027. Un suivi scientifique a été mis en place. Il est possible de réserver dès maintenant pour ce week-end des 20 et 21 juin sur calanques-parcnational.fr.

  • Troisième destination de la région, le Gard veut garder le cap

    Troisième destination de la région, le Gard veut garder le cap

    Dans le Gard, le tourisme tient bon. Il serpente entre les arches du Pont du Gard, descend vers les arènes de Nîmes, file jusqu’aux plages du Grau-du-Roi, remonte dans les Cévennes et s’attarde dans les villages de garrigue. En 2025, le département a enregistré 27,6 millions de nuitées, confirmant sa place de troisième destination touristique d’Occitanie, derrière l’Hérault et les Pyrénées-Orientales. Un chiffre qui pèse lourd : 2,1 milliards d’euros de retombées économiques estimées et 9 400 emplois directs. Dans un territoire souvent rappelé à ses fragilités sociales, le tourisme reste un moteur : « C’est le second secteur économique du département, derrière l’industrie et avant l’agriculture », rappelle Pascale Fortunat-Deschamps, présidente de Gard Tourisme.

    Mais le moteur tourne différemment. Gard Tourisme, qui dressait son bilan 2025 et présentait ses perspectives 2026, ne cache pas les mutations en cours. « Les Français ne renoncent pas aux vacances mais ils changent leur comportement », résume Pascale Fortunat-Deschamps. Séjours plus courts, réservations de dernière minute, budgets surveillés : le vacancier regarde désormais la facture avant le paysage. Une enquête menée auprès des professionnels d’Occitanie indique que 45% constatent une baisse du panier moyen.

    Voyager moins loin,

    mais partir encore

    Le Gard résiste pourtant. En 2025, 4,9 millions de visiteurs ont été comptabilisés, contre 4,7 millions l’année précédente. Les grands sites continuent de jouer les locomotives : 1,2 million de visiteurs au Pont du Gard, près de 420 000 au Seaquarium du Grau-du-Roi, 370 000 aux arènes de Nîmes, plus de 250 000 à la Bambouseraie en Cévennes. La clientèle française reste majoritaire, portée par la proximité : Gard, Hérault, Bouches-du-Rhône, Rhône ou région parisienne. Mais l’international conserve une place forte, avec 39% des nuitées réalisées par des visiteurs étrangers, surtout européens.

    Pour 2026, les signaux sont prudents mais encourageants. Après un mois d’avril en baisse de 5% sur les nuitées, les locations saisonnières affichent, à date, des perspectives en hausse de 13% en juillet et de 3% en août. Rien n’est acquis, tant les réservations se confirment tardivement. Le secteur avance donc à vue, entre espoir d’été et incertitude économique.

    Attirer sans subir

    Face à cette nouvelle donne, Gard Tourisme veut mieux connaître ceux qui viennent, et ceux qui vivent ici. Environ 4 200 enquêtes ont été recueillies dans le département, dans le cadre d’une étude régionale plus large. Les résultats, attendus à la rentrée, doivent permettre d’adapter l’offre, les tarifs et les stratégies d’accueil. La réponse esquissée tient en un mot : durable. Non pas comme un slogan plaqué sur une brochure, mais comme une nécessité. « Les Gardois ne doivent pas subir le tourisme de masse », insiste Pascale Fortunat-Deschamps. Mobilités douces, meilleure répartition des flux, valorisation de l’arrière-pays, nature et patrimoine : le Gard veut faire de ses fragilités une force. Le nouveau magazine Escampettes, la topocarte et l’application Latitude Gard, qui remplace Rando Gard, doivent accompagner cette itinérance plus douce.

    « Le Gard a énormément d’atouts et nous ne le disions pas de façon claire », ajoute Claire Pradel, de Gard Tourisme. « Nous sommes le seul département à avoir trois réserves biosphères et de vraies typicités. Il nous faut le montrer, cela existe ! » Reste à tenir l’équilibre. Faire venir sans saturer. Faire découvrir sans abîmer. Faire vivre l’économie sans transformer les habitants en décor. Dans ce Gard aux trois réserves de biosphère, entre pierres romaines, bambous cévenols et horizons camarguais, l’enjeu n’est plus seulement d’attirer. Il est d’accueillir mieux, pour que le tourisme profite au territoire sans lui faire perdre son âme.

  • [Entretien] Gaëlle Rodeville : « Renforcer la vie du centre-ville d’Aubagne »

    [Entretien] Gaëlle Rodeville : « Renforcer la vie du centre-ville d’Aubagne »

    La Marseillaise : Quel est l’objectif principal de la braderie prévue à la fin du mois ?

    Gaëlle Rodeville : Il y a plusieurs buts. Le premier, c’est de revitaliser le centre-ville et de trouver un événement qui permet aux Aubagnais et aux Aubagnaises de se réapproprier à la fois les commerces, leurs rues et le centre-ville, déserté depuis plusieurs années par les habitants. Le deuxième objectif, c’est de faire de cette braderie un moment de fête et de convivialité, puisqu’il y aura notamment des animations culturelles comme de la danse, du théâtre et du chant. Tout sera fait pour que les gens aient plaisir à rester à la braderie et y passer la journée.

    Quelles sont les raisons qui expliquent la désertion progressive du centre-ville par ses habitants ?

    G.R. : Aujourd’hui, on a une ville qui est nue, si je puis dire. Il n’y a plus d’animation ou d’événement qui permettent à la population de se retrouver dans le centre-ville. En fait, la ville d’Aubagne n’a pas la chance d’avoir ni la mer, ni une activité particulière. Elle a donc besoin d’activités culturelles ou commerciales de façon à ce que les gens se réapproprient le centre-ville. Aujourd’hui, on a un centre-ville qui est finalement un peu dénué d’espaces agréables. Il n’y a pas de zone ombragée, par exemple.

    Souhaitez-vous inscrire la braderie dans la durée et en faire un rendez-vous pérenne ?

    G.R. : Oui, absolument, c’est plus qu’un objectif. Nous souhaitons effectivement inscrire l’événement dans la durée et le renouveler de façon consécutive, au moins trois ou quatre fois dans l’année. Au fur et à mesure, nous aimerions pouvoir le déployer sur plusieurs jours. La braderie sera une manière de renouveler la qualité de vie, mais aussi de renforcer l’activité culturelle de la ville. À long terme, l’idée est qu’elle amène aussi des touristes ou des gens venus d’autres communes qui ont envie de participer à cette journée-là.

    Constatez-vous un engouement de la population autour de cette future braderie ?

    G.R. : Oui, le signe positif, c’est qu’il y a énormément de participants. Nous avons pu constater l’enthousiasme des habitants, mais aussi celui des associations et des commerçants. Il y a une envie commune de renforcer la vie du centre-ville.

    La redynamisation du centre-ville constitue-t-elle une priorité de votre action ?

    G.R. : La problématique et le regard sont complètement différents je pense. C’est-à-dire que le vivre ensemble et le croisement des publics sont une priorité. Nous souhaitons que toutes les propositions, qu’elles soient culturelles, commerciales ou sociales, soient pour toutes et tous, pour garantir l’accessibilité. Nous voyons bien, aujourd’hui, l’état de notre centre-ville et nous déplorons qu’un tas de choses aient été retirées, comme les porches qui permettaient d’avoir de l’ombre sur la place principale. Cela dénature la ville et c’est ce qui explique aussi qu’il y a eu finalement très peu d’activités, ces dernières années. Il y a tout un programme à revoir en tenant compte de ce que souhaitent aussi les Aubagnais.

    Grande braderie d’Aubagne, le 28 juin 2026, de 8h à 18h.

  • Une plateforme face au manque de saisonniers dans le Gard

    Une plateforme face au manque de saisonniers dans le Gard

    Chaque été, le Gard remet les clés de son économie touristique entre les mains de milliers de saisonniers. Dans les cuisines, les hôtels, les campings, les bars du littoral ou les restaurants de Nîmes et de Camargue, ce sont eux qui tiennent la baraque quand la fréquentation grimpe avec le thermomètre. Mais depuis plusieurs années, les bras manquent, les professionnels du secteur peinent à boucler leurs équipes.

    Face à cette tension devenue structurelle, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) du Gard a annoncé qu’elle prolonge sa collaboration avec la plateforme Ohmyseason, spécialisée dans le recrutement saisonnier. Après une première expérimentation menée en 2025, l’Umih 30 veut désormais ancrer cette solution dans le paysage local. L’objectif est clair : aider les établissements à trouver plus vite des profils adaptés, tout en améliorant la présentation des offres.

    Repenser l’emploi saisonnier

    Car la crise du recrutement ne se résume pas à une simple question d’annonces. Elle dit aussi quelque chose de l’attractivité des métiers, des salaires, de la mobilité ou encore du logement, souvent casse-tête majeur pour les saisonniers. Ohmyseason mise justement sur une approche plus transparente : offres détaillées, mise en avant du cadre de vie et des solutions d’hébergement, mais surtout une communauté de plus de 250 000 saisonniers.

    Reste que l’outil numérique ne réglera pas tout. Dans un territoire où près de 200 000 postes saisonniers sont nécessaires chaque été à l’échelle de l’Occitanie, l’enjeu dépasse l’algorithme. Pour Pierre Porcher, cofondateur d’Ohmyseason, « l’an dernier a montré qu’il y avait une vraie attente des professionnels pour des solutions plus adaptées à la réalité du terrain ». Pour convaincre durablement, il faudra aussi rendre ces métiers plus vivables.

  • Camping, base nautique et restaurant labellisés

    Camping, base nautique et restaurant labellisés

    Le label Destination d’Excellence est une reconnaissance officielle créée en 2024 pour remplacer la marque Qualité Tourisme et pour valoriser les professionnels du tourisme engagés dans une démarche de qualité et de développement durable.

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, trois entreprises ont été labellisées ; les premières de la Région Sud-Paca. Elles ont bénéficié du dispositif de transition spécialement conçue pour les entreprises labellisées Qualité Tourisme qui souhaitaient se diriger vers le nouveau label Destination d’Excellence en étant auditées sur le pilier Ecoresponsable. Il s’agit de la Perle du Verdon à Esparron-de-Verdon, dirigée par Rémy Reffet spécialisée dans la location de bateaux électriques, de pédalos et de canoës sur le lac d’Esparron. Une entreprise familiale depuis 1998, qui gère la base nautique. Deuxième entreprise labellisée, le camping le Rioclar à Méolans-Revel. Un 4 étoiles avec piscine chauffée, restaurant et épicerie, dirigé par Benoit Clayette. Bordé par la rivière Ubaye, ce camping dispose d’emplacements nus et de locatifs diversifiés (chalets, mobil-homes, tentes lodges, tentes perchées) situés au cœur d’un parc naturel de 8 hectares avec un accès direct à la rivière pour les sports d’eau vive.

    Le Cheval Blanc, restaurant historique

    Le doyen des primés est le Cheval Blanc à Barcelonnette. Cet hôtel familial depuis 1911 est géré depuis quatre générations et situé au cœur de la cité alpine. Dirigé par Christophe Barneaud, le restaurant propose une cuisine du terroir, fait maison à base de produits frais de saison. Labellisé Qualité Tourisme depuis près de 10 ans, l’hôtel a reçu le nouvel label Destination d’Excellence . Les remises officielles des plaques ont été faites par des représentants de la chambre de commerce et d’industrie des Alpes-de-Haute-Provence, du Crédit agricole, et des mairies concernées.

  • Vers une zone à défendre contre la ligne à très haute tension ?

    Vers une zone à défendre contre la ligne à très haute tension ?

    Une zone à défendre (ZAD) va-t-elle voir le jour dans le sud du Gard ? C’est en tout cas la promesse de dizaines d’opposants au projet de ligne THT si une solution alternative n’est pas trouvée. Depuis l’annonce de cette ligne, la grande majorité des acteurs du territoire gardois a en effet fait part de son opposition à un projet qui doit pourtant permettre la décarbonation de l’industrie de Fos en créant une ligne électrique dite à très haute tension (THT) aérienne pour transporter l’électricité produite dans la vallée du Rhône. Cette ligne doit ainsi relier Jonquières-Saint-Vincent, près de Nîmes, à Fos-sur-Mer et traverser ainsi la Camargue.

    Sauf que ni les agriculteurs soucieux de préserver leur terre, ni les écologistes souhaitant protéger la faune très présente en Camargue, ni les acteurs touristiques voulant défendre la beauté des paysages n’acceptent l’installation de dizaines de pylônes de plus de 50 mètres. « La profession agricole réaffirme ici son opposition farouche à ce projet de ligne THT aérienne de 400 000 volts qui viendrait défigurer ce territoire unique. Cela condamnerait l’agritourisme, réduirait à nouveau la surface agricole française et imposerait de nouvelles contraintes aux agriculteurs », ont ainsi écrit une douzaine de syndicats agricoles gardois début juin dans un communiqué. En fin d’année dernière, la Dreal Occitanie avait pourtant estimé que le tracé ferait peser une menace directe sur cinq espèces d’oiseaux, mettant ainsi du plomb dans l’aile au projet. Les opposants s’imaginaient alors avoir remporté une bataille décisive. Mais c’était sans compter sur l’État qui compte bien avancer sur ce dossier avant la prochaine élection présidentielle. L’État a ainsi lancé le 13 mai l’instruction de la Déclaration d’utilité publique et les propos d’Emmanuel Macron fin mai sur ce projet jugé « nécessaire » inquiètent les opposants, qui y voient une volonté de passer en force.

    Un courrier aux agriculteurs met le feu aux poudres

    « Il y a une très forte pression des industriels », précise Luc Perrin, qui gère l’Association de sauvegarde de la Terre d’Argence (Asta). « On s’est donc rencontré avec les Camarguais et il y a la volonté de passer à la vitesse supérieure. Ce qui a aussi mis le feu aux poudres, c’est l’envoi par RTE d’un courrier aux agriculteurs pour les avertir qu’il y aurait des visites sur leur terrain avec des prélèvements et des analyses de sol. Il y a un arrêté préfectoral de 2023 qui impose à tout le monde de laisser entrer les agents de RTE chez soi sous peine de sanctions. » Face à cette situation, les agriculteurs travaillent à des parades comme le traitement de leur terrain dont l’accès serait ensuite interdit. Ils travaillent même avec des écologistes pour trouver des tortues cistudes. Car si la présence de cette espèce est détectée, les prélèvements dans un rayon de 500 mètres sont interdits.

    Samedi 6 juin, ils ont mené ensemble une action à Arles pour informer la population. Mais les opposants savent que cette mobilisation a peu de chance d’être suffisante. Beaucoup évoquent désormais la possibilité de créer une Zone à défendre (ZAD) dans le sud du département. Des contacts ont d’ailleurs déjà été noués avec des associations comme Générations Futures qui ont organisé la mobilisation à Notre-Dame-des-Landes pour s’appuyer sur leur expérience et s’inspirer de leur méthode. « S’ils veulent passer en force, ils auront Notre-Dame de Camargue. Il y a des gens qui sont prêts parce que la colère monte face au manque d’écoute de la population locale », confirme Luc Perrin.

  • Un potentiel d’un million de m3 d’eau réutilisée pour la Camargue

    Un potentiel d’un million de m3 d’eau réutilisée pour la Camargue

    Pour l’heure, l’étude, dont les premiers résultats ont été présentés début février 2026, n’est pas encore rendue publique et reste dans les tiroirs des élus de la communauté de communes de Terre de Camargue. Lancée sous la présidence de Robert Crauste, elle doit désormais être analysée par les nouveaux élus de la communauté de communes.

    Car avec la défaite de Robert Crauste (DVC) battu par Charly Crespe (DVD) aux dernières élections municipales au Grau-du-Roi, l’intercommunalité, composée également d’Aigues-Mortes et de Saint-Laurent-d’Aigouze, a vu son conseil renouvelé. C’est le maire de cette dernière, Thierry Féline (DVD), jusqu’ici en charge du développement économique, qui a récupéré la présidence et devra prochainement se prononcer sur les investissements à réaliser pour une gestion durable de l’eau.

    Comme un peu partout en Occitanie, la ressource en eau se raréfie en Terre de Camargue sous l’effet du dérèglement climatique. Au-delà des questions agricoles et de la préservation des milieux naturels, ce sont les enjeux d’approvisionnement en eau liés à l’afflux touristique qui sont étudiés. En effet, la population du Grau-du-Roi est multipliée par 14 durant la période estivale, passant de 8 500 habitants l’hiver à 120 000 l’été. Pour répondre à ces besoins, la collectivité assure l’ensemble du cycle de l’eau : alimentation en eau potable, assainissement collectif et non collectif, collecte des eaux pluviales et protection des milieux aquatiques.

    C’est donc dans ce contexte que la communauté de communes a lancé une étude pilotée par le bureau d’études Ecofilae associé à BRL Ingénierie afin de mener un projet de réutilisation des eaux usées traitées (REUT). Ce projet n’est d’ailleurs pas nouveau : les communes du territoire réfléchissent à la manière de réutiliser les eaux usées depuis 2007.

    Résultats encourageants

    Cette étude s’appuie donc sur la station d’épuration
    intercommunale du Grau-du-Roi, capable de traiter l’équivalent de 100 000 habitants. Aujourd’hui, elle rejette ses eaux traitées vers des lagunes avant leur arrivée en milieu naturel. Si l’étude dresse un bilan des usages actuels, domestiques et agricoles, elle identifie aussi des scénarios possibles de réutilisation des eaux usées traitées en sortie de station.

    Les résultats, jugés comme un « potentiel intéressant », dessinent un scénario où il serait possible de réutiliser 200 000 m³ d’eau par an pour l’irrigation agricole. Jusqu’à un million de m³ est même envisagé pour des usages plus larges, dont potentiellement des usages liés à l’eau potable. Cela représente ainsi près de 30% de la consommation en eau du territoire. « Ce serait alors une première en France si ce scénario était poursuivi », souligne l’étude. La station graulenne pourrait ainsi réutiliser jusqu’à 40% de l’eau qu’elle traite (2,5 millions de m³). Une prouesse d’autant plus prometteuse que l’un des facteurs locaux à prendre en compte reste la salinité de l’eau, qui demande un traitement différent.

    Si les coûts d’un tel projet n’ont pas encore été dévoilés – ce qui devrait être déterminant dans la décision pour engager des investissements -l’intercommunalité confirme que cette étude « permet de juger des opportunités, des contraintes techniques, des coûts et des bénéfices d’une telle stratégie » afin « d’anticiper et de préparer des solutions robustes face à des tensions sur la ressource, tout en respectant les équilibres environnementaux et les usages locaux ».

  • La saison d’été démarre au refuge du Clôt des vaches

    La saison d’été démarre au refuge du Clôt des vaches

    « Nous, c’est ça, notre bureau », lance Cédric Bertano, accompagnateur de montagne, en désignant les pics du Massif des Cerces baignant dans un soleil quasi estival. à ses côtés, des guides de montagne, des secouristes, des membres d’associations de randonneurs, du Club alpin, ainsi que des agents du Parc national des Écrins…

    Comme lui, une quarantaine de professionnels de la montagne sont venus, ce vendredi matin à 8h, pour une randonnée de deux heures, du Pont des Alpes jusqu’au refuge du Clôt des Vaches, à 2 250 m d’altitude, sur la commune du Monêtier-les-Bains (Hautes-Alpes). « C’est un événement que l’on fait à cette période depuis une dizaine d’années, pour rester en lien, se rencontrer et lancer la saison d’été », explique Cédric Bertano.

    Cette année, les organisateurs de l’événement ont choisi de mettre à l’honneur le récent refuge du Clôt des vaches, inauguré en janvier 2025. Un chalet de bois d’une capacité de 30 personnes, dont la construction, financée par l’État, la Région, le Département et la municipalité, a coûté 2 millions d’euros. Construit avec du bois local, de la forêt communale du Monêtier, et autosuffisant en énergie grâce à des panneaux solaires, le refuge a été pensé pour être respectueux de son environnement. « C’est le dernier né de nos refuges, savoure Jean-Marie Rey, maire du Monêtier-les-Bains, lorsque la délégation arrive au chalet. L’ouvrir en pleine saison hivernale, dans un espace protégé, ça a été un sacré challenge, mais la fréquentation est là. On est vraiment satisfaits du résultat. »

    La délégation est accueillie et servie par les deux gardiens du refuge, Estelle et Dimitri. « Nous, ça fait un an et demi qu’on a l’exploitation des refuges, on a fait deux hivers et on va faire un deuxième été. La fréquentation est en augmentation, le démarrage d’un refuge passe par sa notoriété, le bouche à oreille. L’aventure ne fait que commencer », se réjouit Estelle.

    Si l’hiver 2026 a vu les stations de neige des Hautes-Alpes enregistrer un recul de 3,5 points de fréquentation par rapport à l’année précédente, Yvan Chaix, directeur de l’agence de développement des Hautes-Alpes, met en avant les atouts du tourisme pour le département. « En 10 ans, le PIB des Hautes-Alpes a augmenté de 50%, et le tourisme représente 25% du PIB. C’est un moteur, le principal, mais pas le seul », analyse-t-il. Il rappelle également que l’offre touristique évolue, les stations étant de plus en plus dans la nécessité d’amorcer une transition vers les activités en dehors des sports de neige, en raison du dérèglement climatique.

    Conserver un refuge

    de montagne authentique

    Ce dynamisme des activités de montagne s’appuie notamment sur le réseau de 45 refuges du département, mis à l’honneur lors de cette journée de lancement de la saison d’été. Toutefois, si la fréquentation est un motif de satisfaction, l’objectif n’est pas de privilégier la quantité au détriment d’une certaine authenticité du lieu. « Notre volonté n’est pas d’en faire un outil promotionnel, mais de remettre le refuge dans son usage d’origine, avec de la sobriété. On ne propose pas de douche pour les randonneurs par exemple, on ne veut pas en faire un restaurant d’altitude ni un outil promotionnel », explique Elsa Loury, représentante de la Fédération française des Clubs alpins dans les Hautes-Alpes. Elle ajoute : « Et ça permet aussi de mélanger les publics. Dans une soirée en refuge, contrairement à un restaurant, on n’a pas de réseau de téléphone, on est obligés de s’ouvrir, de parler à son voisin. Et ça, on veut le conserver. »