Tag: TER

  • Coup de frais dans les rames des trains régionaux

    Coup de frais dans les rames des trains régionaux

    Ce jeudi matin, certains voyageurs vauclusiens des trains express régionaux (TER) pourraient sentir l’odeur du neuf en montant à bord à Avignon, Carpentras ou à la gare TGV. Une des deux rames neuves Regiolis, réceptionnée par la Région, va transporter ses premiers passagers. Ce mercredi après-midi, la Région a fait la présentation, au sein du technicentre d’Avignon, lieu de maintenance et nettoyage de TER. Si l’œil profane ne remarquera pas de révolution sur les deux rames, « des aménagements vélos, un meilleur accès aux personnes à mobilité réduite et des prises entre chaque siège », font partie des nouveautés, expose Jean-Pierre Serrus, vice-président (Ren) de la Région en charge des transports.

    Quelque 230 passagers et jusqu’à 300 debout pourront être transportés. La seconde rame, qui vient d’être réceptionnée, sera mise en service d’ici à décembre et rejoindra les quelque 150 TER de la région, effectuant 700 trajets quotidiens. Un investissement de 21,8 millions d’euros pour les deux rames.

    En outre, sur une voie presque mitoyenne, une rame quasi neuve est aussi mise en avant. En réalité, elle a déjà une quinzaine d’années de service, mais sort de 4 mois d’une grande révision à Périgueux (Dordogne). « Tout est démonté, il ne reste que l’ossature, les sièges sont changés, on met de la lumière LED, d’autres caméras, le moteur et les roues sont aussi inspectés », précise François Milhet, en charge du dépannage des rames pour la SNCF. Une opération dite à mi-vie, permettant aux rames de repartir pour 20 ans. Un total de 29 rames sera ainsi réhabilité d’ici à 4 ans, pour un montant de 123 millions d’euros.

  • La Région poursuit sa « révolution du ferroviaire »

    La Région poursuit sa « révolution du ferroviaire »

    « On garde le cap et on assure la stabilité. » À la veille de la plénière du conseil régional, le président de la Région Sud, Renaud Muselier (Ren.), ne semble pas perturbé par l’instabilité politique nationale et internationale. Au contraire, il y oppose « son fil conducteur : la COP d’avance, la préparation des JO d’Hiver et une politique financée et finançable, opérationnelle avec un calendrier rigoureux ».

    Le tout, symbolisé par la poursuite de sa « révolution ferroviaire », alias l’ouverture à la concurrence des lignes TER dans la région. Après l’attribution de deux premiers lots en 2021, les lignes de l’étoile niçoise à une filiale de la SNCF (Sud Azur) et Marseille-Toulon-Nice à l’opérateur privé Transdev, il annonce la mise au vote de l’attribution d’un nouveau lot lors de la séance plénière du conseil régional, ce vendredi. « Pour le 3e lot, on va avoir 30% de trains en plus et 30% moins cher », promet-il. « Dans cet appel à manifestation d’intérêt, le vainqueur est la SNCF, face à Transdev. La SNCF arrive en tête dans 4 critères sur 5, et ex æquo pour le 5e. » Sans surprise, il se dit « satisfait » des résultats de l’opérateur privé pour le Marseille-Nice, mais il note tout de même que « la SNCF, quand ils accélèrent, ça marche ».

    Des investissements massifs en lien avec les JO

    Comme quoi le service public a bon dos. « Dans la compétition qui a été engagée grâce à l’appel à projet, on se retrouve avec une SNCF qui est imbattable pour ce 3e lot », développe-t-il. Concrètement, ce lot concerne cinq lignes d’importance, dont la fameuse ligne des Alpes, qui est au cœur de la desserte des prochains JO d’hiver et qui va bénéficier de centaines de millions d’euros d’investissements, en vue de l’événement. Dans le détail, les lignes concernées sont donc celles de Marseille-Aubagne-Toulon-Hyères, de Marseille-Toulon-Les Arcs, de Marseille-Aix-Pertuis, de Marseille-Gap-Briançon et enfin celle de Briançon-Gap-Valence.

    Côté chiffres, Renaud Muselier annonce un coût de « 2,5 milliards d’euros ». Lesquels se décomposent en 1,8 milliard pour l’exploitation, 328 millions pour l’achat de 25 rames neuves, mais aussi « 48 millions pour la rénovation des centres de maintenance de Marseille-Blancarde et Briançon », toujours selon le président de Région. Il prévoit 4 ans de préparation jusqu’en décembre 2029, pour 10 ans d’exploitation. Reste à connaître la réaction des cheminots et de leurs organisations syndicales, bien peu friands de la filialisation de la SNCF, qui va de pair avec l’ouverture à la concurrence.

    De quoi faire le lien avec les Jeux d’Hiver 2030, chers au président de région, et d’autres mesures qu’il va mettre au vote ce vendredi : « Je suis content car j’ai le plan trains qui arrive avec, ça me permet de justifier la baisse du versement mobilité des entreprises. »

  • Bientôt un téléphérique pour prendre l’avion

    Bientôt un téléphérique pour prendre l’avion

    Recherche maîtrise d’ouvrage pour la réalisation d’un téléphérique entre la gare de Vitrolles et l’aéroport à Marignane… La métropole Aix-Marseille Provence a lancé, ce 1er octobre, un marché pour trouver un prestataire capable de réaliser des études, les travaux, mais aussi la mise en service de ce moyen de transport aérien prévue pour 2030.

    Une ligne d’un petit kilomètre pour trois stations, une positionnée à la gare ferroviaire, une deuxième à proximité d’Airbus Helicopters, au Nord, et une dernière à proximité du terminal 1 de l’aéroport qui « survole la voie express D20, des installations industrielles, la future ZAC de l’aéroport et les parkings », indique le cahier des charges. Car si la gare accueille 73 trains par jour pour 44 destinations en direction de Marseille, Salon, Avignon, Arles ou Montpellier, « elle reste néanmoins trop confidentielle », estime la Métropole. Un problème quand 700 000 voyageurs y transitent, au cœur d’un bassin estimé à 34 000 emplois.

    Une étude de faisabilité réalisée par DCSA Ingénieur Conseil en 2018, également jointe au dossier et que le prestataire devra actualiser, indique par ailleurs que les « transports collectifs connaissent un déficit d’utilisation et d’image », à l’exception de la ligne de bus qui relie Marseille à l’aéroport. Il s’agit donc de connecter le futur téléphérique au réseau de TER, mais aussi au futur Pôle d’échanges multimodal Cap Horizon. Une gare routière de neuf quais de bus avec une ligne à haut niveau de service (Zenibus) prochainement étendue jusqu’à Plan de Campagne et dont les essais ont déjà démarré.

    Parmi les contraintes dont le prestataire devra tenir compte, on trouve aussi la météo avec une forte exposition du site au vent pouvant dépasser les 110 km/h plusieurs fois par an, l’implantation des pylônes, mais aussi leur hauteur pour survoler la voirie.

    Un trajet estimé

    de six minutes

    L’interaction avec les nombreux projets de la zone est également pointée comme un enjeu majeur. Le téléphérique va devoir composer avec un forage pour le réseau de géothermie profonde Marseille-Berre, la valorisation du parking P7 de l’aéroport, la liaison par ascenseur incliné entre la gare et Cap Horizons ou encore l’extension prévue sur le site d’Airbus. Dans son étude, DCSA avait opté pour un système dit « de monocâble en va-et-vient », où les deux véhicules se déplacent à la même vitesse, mais en sens contraire pour atteindre les deux terminus en même temps, à l’image du téléphérique urbain brestois, pour assurer ce trajet de 6 minutes, d’une capacité estimée à quelque 1 000 personnes par heure et par sens, pour un coût d’exploitation de 1,1 million d’euros par an, hors taxe.

    Le coût total du projet est estimé à 43 millions d’euros hors taxe par la Métropole. Cette dernière finançant à hauteur de 22 millions d’euros, la Région Sud, 4 millions, Airbus Helicopters et l’aéroport Marseille Provence, 3 millions chacun. L’État, lui, assure 10,7 millions d’euros. Lors de son deuxième déplacement à Marseille en juillet, le ministre des transports de l’époque, François Rebsamen, avait signé un avenant à la convention cadre du volet mobilité du plan « Marseille en Grand », intégrant cette desserte par câble et doublé la subvention, portant le financement à 500 millions d’euros.

    Le marché s’étend sur 78 mois, les candidats ayant jusqu’au 12 novembre pour se faire connaître.

  • TER à 1€ : bénéfices et limites du dispositif

    TER à 1€ : bénéfices et limites du dispositif

    Quelles sont les forces et les faiblesses du TER à un euro ? Depuis que feu Christian Bourquin a concrétisé cette promesse de Georges Frêche, par la suite étendue à l’Occitanie par Carole Delga, c’est la première fois qu’un regard indépendant se pose sur cette mesure phare de la Région.

    Dans le cadre d’un audit flash (4 mois seulement), la Chambre régionale des comptes (CRC) a passé au crible ce choix politique fort et unique en France. « Seuls les Hauts-de-France ont une offre restreinte pour les 4-12 ans », renseigne Valérie Renet. Et la présidente de la CRC de préciser aussitôt : « Le but n’était pas d’évaluer la politique ferroviaire de la Région mais de poser des constats. »

    De quoi parle-t-on ? L’offre dite du TER à un euro est composée de 4 dispositifs. D’abord 5 lignes historiques proposent des billets à ce prix. Ensuite un million de billets à l’euro symbolique sont contingentés chaque année. S’ajoutent des promotions tous les premiers week-ends du mois ainsi qu’une remise estivale (14 juillet-15 août) pour les moins de 25 ans.

    Toutes mesures confondues, le TER à 1 euro représente 2,7 millions de billets annuels vendus (dont la moitié sur les dispositifs week-ends et jeunes), soit environ 13% du total des voyages des trains régionaux d’Occitanie. L’impact n’est donc pas négligeable pour un coût chiffré à 9 millions d’euros annuels, ce qui représente 2% montant total dédié à l’exploitation des TER (environ 3,4 euros par billet). « L’usager ne paye jamais la totalité du service. Ici 23% et 77% pour les contribuables », calcule Valérie Renet.

    +68% de fréquentation

    Quoi qu’il en soit, une statistique plaide en faveur du succès des politiques régionales. Entre 2019 et 2024, la fréquentation globale du réseau ferroviaire d’Occitanie a bondi de 68%. Et un quart de cette croissance provient des deux principaux dispositifs du TER à un euro. La Région comptait l’an passé 80 000 voyageurs et en vise 100 000 d’ici 2032. Autre indicateur favorable : le taux de remplissage des TER d’Occitanie, s’il peut paraître faible (39%), est nettement meilleur que la moyenne nationale (32%).

    L’idée de Carole Delga est à la fois de soulager le portefeuille des ménages et de favoriser le report modal vers le ferroviaire. Sur ce point, le bilan est plus contrasté, selon la CRC. Avec un ratio de 248 km voyageurs par habitant, notre région se classe toujours en avant-dernière position. Une étude de 2022 évaluait la part du report modal de l’ensemble des voyageurs vers le train à seulement 12% grâce au TER à 1 euro. Selon Valérie Renet, le prix du billet n’est pas le seul facteur de décision. « Les taux de fiabilité et de ponctualité des TER sont plus faibles en Occitanie (80-85%) », avance la présidente.

    Magistrat à la CRC, Fabrice Ribet précise que « dans les régions du Sud, il y a une habitude à davantage utiliser la voiture ». Il ajoute que « la situation dégradée de certaines infrastructures n’incite pas certains voyageurs à choisir le TER ». Lequel est parfois concurrencé par la route, par exemple sur la ligne de l’Aubrac (Béziers-Neussargues) qui longe l’A75. « Son taux de remplissage (10-12%) est le plus faible et la ligne nécessite 375 millions d’euros d’investissement d’ici 2027  ». Valérie Renet ne va « pas jusqu’à dire que des lignes historiques devraient être fermées » mais souligne que « leur impact environnemental est parfois limité lorsqu’elles ne sont pas électrifiées ». « Il y a besoin d’une étude comparative en fonction des besoins en investissements. » On peut aussi miser sur l’incitation au changement des comportements à long terme et se dire que le service public n’a pas pour vocation première d’être rentable.

    « Une habitude à davantage utiliser la voiture »

  • Des services publics à reprendre au privé

    Des services publics à reprendre au privé

    Les services publics seront l’un des grands chevaux de bataille du futur projet municipal de gauche à Cuers selon le PCF local. « Il faut réétudier les délégations de service public (DSP) en cours pour faire revenir en régie les services essentiels et redonner du pouvoir d’achat. Je pense à l’eau. Quand on regarde les investissements de la mairie pour remettre en état le réseau, et que Veolia se gave de l’autre côté, quelque chose ne va pas bien », dénonce Alain Bolla. Cela permettrait « de gagner en compétences sur certains domaines. C’est une perspective à 10 ou 15 ans. »

    Une perspective qui concerne aussi La Poste, dont les services « sont éclatés entre plusieurs structures privées telles que des supermarchés, alors qu’elle est censée être vecteur de lien social » affirme le militant. Ou encore la gare, « qui doit rester une gare avec du personnel et un développement du TER, pas un centre commercial », soutient Amaryllis Cimbron. Mais également la santé pour ne plus dépendre, entièrement, de la maison de santé de Solliès-Pont : « Contrairement à la maison de santé, le centre public de santé interdirait les dépassements d’honoraires » et qui « travaille de la prévention jusqu’au soin. C’est un appui à l’hôpital public », conclut Alain Bolla.

    Ad.B.