Tag: Tennis

  • Arthur Gea vaincu en Australie par Wawrinka, après un match dantesque

    Arthur Gea vaincu en Australie par Wawrinka, après un match dantesque

    Aucun doute qu’Arthur Gea a joué, ce jeudi, à Melbourne, le plus grand match de sa carrière. La rencontre phare de la journée en Australie a opposé le Vauclusien au Suisse Stan Wawrinka, 40 ans et triple vainqueur en Grand Chelem. Un thriller de 4h33 qui a tourné en faveur du joueur le plus expérimenté (4-6 6-3 3-6 7-5 7-6). Il a fallu attendre le super tie-break, au bout du 5e et dernier set, pour connaître le vainqueur de ce 2e tour. Gea a concédé sa première défaite en 2026 après avoir remporté le Challenger calédonien de Nouméa puis en sortant des qualifications du premier grand tournoi de l’année.

    Jamais il n’avait autant joué sur un seul match durant sa jeune carrière. Une grande performance, mais même face à un quadragénaire, le joueur français a fini par faiblir physiquement. L’envie était là, les jambes à la limite. « J’étais prêt à finir en chaise roulante, ce n’était pas loin d’ailleurs… J’ai l’impression que c’était très suivi en France. Ça peut m’ouvrir des portes », a-t-il lâché en conférence de presse. Bien parti lors du premier set (6-4), le natif de Carpentras a vu son adversaire égaliser. En menant 2 manches à 1, Arthur Gea s’est offert un matelas mais l’Helvète a sorti un splendide passing de coup droit pour empocher le 4e set (5-7).

    Cette fin de partie a été haletante avec plusieurs balles de break sauvées par le Tricolore. Wawrinka montrait qu’il était en mission, doigt sur la tempe pour montrer au public et à son adversaire que tout se jouait dans la tête à ce stade du match. Le tie-break a été à sens unique (10-3), mais le Français a appris. Prochain rendez-vous pour lui, l’ATP 250 de Montpellier, début février, où il sera invité.

  • Les Français ont vécu un mardi catastrophique à l’Open d’Australie

    Les Français ont vécu un mardi catastrophique à l’Open d’Australie

    Heureusement que Gracheva a été naturalisée française en 2020, sinon il n’y aurait pas eu la moindre victoire tricolore mardi à l’Open d’Australie. Varvara Gracheva, bien connue des Phocéens pour être la double tenante du titre à l’Open féminin du TC Marseille, a passé le 1er tour du Grand Chelem australien en s’imposant face à la Suisse Viktorija Golubic (6-1, 2-6, 6-1). Elle affrontera au deuxième tour la Kazakhe Elena Rybakina, tête de série n°5. Sa victoire a permis de rattraper la journée cataclysmique de ses compatriotes. Aucun tennisman français a trouvé le chemin de la victoire. Mené lourdement dans les deux premiers sets, Hugo Gaston a été contraint de déclarer forfait contre l’Italien Jannik Sinner, n°2 mondial. Au même moment, Valentin Royer s’est frotté à l’Américain Taylor Fritz, tête de série n°9. Le Francilien a lutté dans les deux premières manches, en remportant d’ailleurs le deuxième set, avant de craquer face à la solidité de l’ex-numéro 4 au classement ATP.

    Défait par l’Australien Dane Sweeny, le Mousquetaire Gaël Monfils a disputé son dernier match à l’Open d’Australie. Ugo Humbert et Giovanni Mpetshi-Perricard, tombés respectivement face à l’Américain Ben Shelton et l’Argentin Sebastian Baez, ont également été écartés du tableau principal.

  • Arthur Gea réalise un exploit et file au deuxième tour de l’Open d’Australie

    Arthur Gea réalise un exploit et file au deuxième tour de l’Open d’Australie

    Toujours invaincu en 2026, Arthur Gea (198e mondial), originaire de Carpentras dans le Vaucluse, a réalisé l’exploit de s’imposer (7-5, 7-6 [7-1], 7-5), lundi matin, face au Tchèque Jiri Lehecka (19e), lors du 1er tour du tableau principal de l’Open d’Australie. « L’objectif, c’était d’aller chercher la victoire donc forcément il y a eu un peu de tension à la fin des sets. Mais c’est un match de tennis, comme un autre, même si l’événement est plus prestigieux. Mais dans l’idée, ça ne change pas de d’habitude », a-t-il lancé à l’issue de son succès.

    Cette première victoire en carrière sur le circuit principal lui permet de rejoindre le deuxième tour du premier Grand Chelem de l’année, où il sera opposé au Suisse Stanislas Wawrinka, vainqueur du Serbe Laslo Djere en quatre sets (5-7, 6-3, 6-4, 7-6 [7-3]) et grand ami d’un autre Vauclusien, Benoît Paire. « C’est une légende donc ça ne va pas être facile. Mais ça va être sur un gros court, donc, ça c’est parfait. Et je vais essayer de le faire courir. A mon avis, à 40 ans, ça doit être compliqué de faire bouger les jambes. Donc, je vais essayer de le fatiguer », lance-t-il sans sourcilier, quelques jours après avoir été titré au Challenger de Nouméa, puis n’avoir pas encaissé le moindre set lors des qualifications.

     C’est dans la continuité de ce que je propose depuis le début de la saison. Donc, il n’y a pas vraiment de surprise. La surprise, c’est de gagner face à un aussi bon adversaire mais le jeu est le même », a résumé le protégé de l’Autrichien Gerald Melzer, ex-68e mondial en novembre 2016.

  • Bonzi convoqué avec les Bleus pour la Coupe Davis

    Bonzi convoqué avec les Bleus pour la Coupe Davis

    C’est la récompense d’une saison 2025 performante, avec des victoires mémorables sur des tops joueurs mondiaux comme Stéfanos Tsitsipás, Lorenzo Musetti ou Daniil Medvedev par deux fois. Benjamin Bonzi (99e mondial), double vainqueur du regretté Open 13 de Marseille, a été convoqué par Paul-Henri Mathieu pour représenter l’équipe de France, en compagnie d’Ugo Humbert, Arthur Rinderknech et Pierre-Hughes Herbert, lors du premier tour qualificatif de la Coupe Davis 2026, les 7 et 8 février au Portel, face à la Slovaquie.

    Grand favori sur le papier

    « C’est toujours un moment un peu particulier et forcément une compétition à part. Je suis à chaque fois content de la même manière d’y retourner », souligne le Nîmois aux six rencontres internationales. « Je pense qu’on est un très bon groupe de joueurs et qu’on peut se rapprocher de la victoire finale », ajoute-t-il, conscient que la dernière campagne, stoppée aux portes des demi-finales par la Belgique, a tourné au fiasco. Les Bleus auront donc à cœur de se relancer d’entrée avec la réception de la Slovaquie au Portel. « Sur le papier, c’est une rencontre où on est vraiment en favoris, en plus à la maison. Après, ça reste la Coupe Davis. Il faudra faire une rencontre sérieuse, se préparer au mieux et essayer de se mettre à l’abri assez rapidement d’une mauvaise sortie », souligne Benjamin Bonzi, qui espère de son côté être plus épargné par les blessures en 2026. Sur le plan personnel, sa nouvelle saison a déjà débuté à Brisbane, en Australie, aux côtés de son nouvel entraîneur Nicolas Mahut, et se poursuivra sur les tournois d’Adélaïde et Melbourne.

  • Richard Gasquet, le dernier bal

    Richard Gasquet, le dernier bal

    Sa première vie a pris fin le 29 mai sur le court de Roland-Garros. Sa vie de tennisman de haut niveau s’est achevée à 39 ans sur la terre de Paris devant le numéro 1 mondial : l’Italien Jannik Sinner. Plus de 1 000 matchs sur le circuit ATP, plus de vingt ans d’une carrière au très long cours à défier les plus grands joueurs de la planète.

    Tout est fini, tout est presque derrière lui. Richard Gasquet n’est pas là pour exhumer aujourd’hui son parcours, pour remonter le temps et corriger la trajectoire d’une carrière à courir après l’attente née de sa précocité et de son « génie ». Mardi 16 décembre, au stade Raoul-Barrière de Béziers, le Sérignanais (39 ans), veut partager sur les terres de son enfance et ce lieu de l’épopée de l’ASB une dernière balle avec ses amis de la génération post-Noah, avec d’autres retraités du haut niveau et le Variétés Club de France, qui rassemble d’anciens sportifs, la plupart footballeurs, sous la mainmise du journaliste Jacques Vendroux.

    Richard Gasquet vient peut-être humer les embruns de l’ex-stade de la Méditerranée en quête des sensations d’une enfance volée ou pour le moins très vite envolée. « Je voulais faire quelque chose à Béziers, parce que c’est là où je suis né. J’allais voir des matches de rugby quand j’étais tout jeune. Le stade de la Méditerranée, c’est un endroit que je connais depuis toujours. J’ai des souvenirs de rugby depuis tout petit, déjà parce que Richard Astre est un ami de mon père. J’ai vu des dizaines et des dizaines de matches au stade, c’est un lieu important pour moi » racontait-il récemment à nos confrères de Midi Libre. Richard Gasquet tombe quelque peu le masque d’un homme introverti, longtemps écrasé par sa réputation de petit génie et les promesses de ses premiers succès au tournoi des As à Tarbes devant Rafael Nadal ou de Monte-Carlo en quart de finale face à Roger Federer. Comme des jeunes footballeurs (Bravo, Ferreri…) ont été étouffés par la succession de Michel Platini, il a fait face à l’après Yannick Noah, dernier vainqueur français d’un tournoi du Grand Chelem (Roland-Garros en 1983), au charisme insolent. « Quand un magazine titre le champion que la France attend, quand tout le monde se retourne sur lui, on imagine tout le poids que ça peut engendrer chez un enfant », explique Julien Gillet, ancien sparring-partner de Richard Gasquet.

    « Une très belle carrière »

    Très tôt dans la région, très vite en France, tout le monde veut imiter le revers à une main d’un joueur, au talent rare. Très tôt, très vite, il est confronté à la médiatisation, au star-system d’un tennis, peut-être trop envahissant pour lui. Très tôt, très vite, au lieu de s’enthousiasmer pour la fulgurance de sa carrière naissante, tout le monde pointe ses échecs répétés en Grand chelem. Lui comme Tsonga, Monfils, Simon… croisent au début du siècle les trois monstres : Federer, Nadal et Djokovic.

    « Il y avait une attente en France, parce que depuis Noah, il n’y a pas eu de vainqueur de grands Chelem. En France, on a une densité de joueurs de haut niveau, mais on n’a pas l’égal des Espagnols, avec des joueurs comme Nadal ou Alcaraz capables de gagner les grands tournois. On lui a dit, mais pourquoi tu n’as pas réussi à en gagner alors que tu étais très fort jeune ? Ce ne doit pas être facile à gérer », relève le coach héraultais, qui se souvient de son style particulier. « Il jouait un tennis peut-être un peu moins puissant que n’est le tennis moderne. C’est du beau tennis, mais c’est vrai que c’est un tennis qui est aujourd’hui un peu moins joué. Il était très très régulier quand même dans ses performances, parce qu’il était très solide, il maîtrisait bien ce qu’il faisait. Pour être encore plus fort, il lui a manqué de servir mieux et de prendre la balle un peu plus tôt du fond de cours », décrypte Julien Gillet, entraîneur de Valentin Royer (58e mondial). Dans ce tennis, et ce sport de haut niveau musclé, Richard Gasquet oppose un jeu, empreint d’esthétique. Pas vraiment dans l’air du temps. Longtemps, peut-être s’est-il réfugié derrière ce jeu léché comme une carapace. « Il a fait tout de même une très, très belle carrière », rappelle l’ancien coach du Montpelliérain Arthur Cazaux. Ancien numéro 7 mondial, vainqueur de 16 tournois, notamment à l’Open Sud de France, présent à trois demi-finales de Grand chelem, deux à Wimbledon, une à l’US Open. « Sur la fin, il était plus démonstratif, plus accrocheur. Au début, c’était un peu moins le cas. On avait l’impression qu’il avait du talent, mais qu’il ne forçait pas son talent plus que ça. Alors qu’en fin de carrière, j’ai vraiment l’impression qu’il était vraiment dans la bagarre », pointe Julien Gillet comme on décèle une énigme.

    Cette vie est désormais derrière lui. Une autre peut commencer. Comme membre de la cellule « expert » de la fédération française. Pour aider peut-être des talents innés à mieux grandir.

  • Arthur Gea grimpe vers les sommets de sa discipline

    Arthur Gea grimpe vers les sommets de sa discipline

    On peut venir du petit village vauclusien de Velleron, à peine plus de 3 000 habitants, et figurer parmi les 250 meilleurs joueurs du monde. Le tennisman Arthur Gea, seulement 20 ans, est présent depuis plusieurs années sur le circuit mondial. Monastir, Bali, Guangzhou, Saint-Marin, Minorque, le jeune joueur a été vu un peu partout sur la planète dans sa quête de points pour grimper au classement. Nous l’avons rencontré à l’occasion des interclubs, qu’il dispute avec son club du TC Marignane. Gea est venu s’exprimer à propos de la meilleure saison de sa carrière. « C’était une superbe saison, j’ai fait beaucoup de progrès », dira-t-il simplement.

    Un déclic est arrivé en seconde partie d’année. Le Vauclusien a choisi de changer d’entraîneur et a directement vu des changements positifs dans ses résultats et son tennis. « J’ai embauché Gerald Melzer, qui est un ancien joueur. On a commencé à travailler ensemble il y a peu, mais je vois déjà les progrès. » L’Autrichien possède un nom bien connu sur le tour. Ancien 68e mondial, l’homme de 35 ans a pris sa retraite l’année passée. Il est le petit frère de Jürgen Melzer, ex-8e à l’ATP, demi-finaliste à Roland-Garros en 2010.

    « Grâce à lui, j’ai réussi à me qualifier pour l’Australian. Je me languis de partir là-bas », raconte le jeune Français. « L’Australian », c’est l’Open d’Australie, premier des quatre Grand Chelem de la saison. Pour la première fois, Arthur Gea va participer aux qualifications d’un majeur grâce à son classement. En terminant 2025 à la 229e place mondiale, il a assuré son ticket pour Melbourne, ville hôte du tournoi. Une évolution positive dans sa jeune carrière, pour celui qui avait été invité par la Fédération française de tennis lors de la semaine de qualifs à Roland-Garros. Il avait battu un Belge de la génération 2005, comme lui, Alexander Blockx, avant de tomber au 2e tour.

    S’améliorer encore pour se rapprocher du top 100

    Mais ce classement, il ne veut pas y rester. Le Français vise plus haut. « Cette place ne me satisfait pas, ce n’est qu’une étape. Mais je suis content d’y être car j’ai maintenant accès aux Grand Chelem », rappelle l’élève de Melzer. Ses objectifs en 2026, se rapprocher du top 100 et se montrer plus régulier en Challenger, le circuit secondaire du tennis mondial. Avec trois titres cette année au troisième niveau, une première marche a été franchie. Le développement de son jeu est en cours et les progrès affichés sont prometteurs. « J’aimerais muscler mon jeu dans tous les compartiments, parce que je commence à avoir une base solide. Je veux m’améliorer partout mais peut-être plus spécialement sur l’agressivité et mes prises de balles », concède le joueur du TC Marignane.

    À 20 ans, la marge de progression d’Arthur Gea est encore conséquente. L’année 2026 sera charnière, pour savoir s’il peut atteindre ce fameux top 100, tant convoité par les joueurs professionnels du monde entier.

  • Tennis : au crépuscule de la saison, les joueurs en mode interclubs

    Tennis : au crépuscule de la saison, les joueurs en mode interclubs

    Le circuit ATP est mis sous papier bulle pour quelques semaines. La saison s’est achevée il y a seulement cinq jours, à Turin, et la prochaine arrive vite, dès le 1er janvier 2026. Pendant ce temps, beaucoup de joueurs sont en vacances avant de débuter une sérieuse préparation foncière. Beaucoup, mais pas tous. Loin de la lumière des grands courts internationaux, dans certains pays européens, comme en France, les interclubs sont un moment marquant de la fin d’année.

    Dans les Bouches-du-Rhône, le Tennis Club Marignanais dispute la Pro A, la première division nationale. Une période majeure pour ce club, mais aussi pour ses joueurs. Clément Chidekh est 249e mondial, un classement qu’il a stabilisé par rapport à 2024. L’Arlésien apprécie ces moments de partage, où il se sent moins seul que lors des 30 semaines par an qu’il passe à voyager. « Ce sont des moments de plaisir. On profite ensemble, c’est un rafraîchissement après une longue saison. À Marignane, nous sommes presque tous de la région, on se connaît depuis longtemps. C’est aussi ce qui fait notre force. »

    « Important de jouer pour le club de ma région »

    D’après lui, les interclubs sont « une vitrine, une locomotive pour chaque club ». Ces quelques semaines représentent un laps de temps où les clubs sont mis en avant, pour le plus grand bonheur des adhérents, jeunes ou moins jeunes. « Pour nos licenciés, c’est l’occasion de voir de grands joueurs à la maison. C’est une fête pour l’ensemble du club », décrit Laurence Bonnaure, présidente des Marignanais.

    Harold Mayot représente Thionville, club que le TCM recevait mercredi au complexe sportif du Bolmon (victoire 4 matches à 2 des locaux). Accessoirement, le natif de Metz, 23 ans, est classé 162 à l’ATP. Il n’oublie pas que c’est une période où garder la forme est essentiel. « Nous sommes aussi en pleine préparation foncière pour la saison à venir. Les interclubs, c’est un écosystème qui fonctionne bien, pendant une période plus creuse. C’est important pour moi de jouer pour le club de ma région, j’y suis attaché. » Cette vie de groupe, façon Coupe Davis, semble être appréciée par les principaux intéressés. Clément Chidekh l’a dit, avoir une compagnie après des mois à parcourir le monde plutôt seul, est réellement appréciable.

    Club familial aux petits moyens, Marignane est en train de réaliser une prouesse après deux journées d’interclubs. Deux succès contre le Blanc-Mesnil et Thionville mettent le club dans une position favorable. Le premier de cette poule B affrontera celui du groupe A lors d’une finale nationale. Exploit en marche.

  • Le tennis, nouvel invité au pied des tours de la cité des Rosiers

    Le tennis, nouvel invité au pied des tours de la cité des Rosiers

    La cité des Rosiers a aussi le droit à ses cour(t)s de tennis hebdomadaires. Au pied des tours du quartier situé dans le 14e arrondissement, Guy Pinna, président de l’AS Time, a ouvert aux jeunes la possibilité de pratiquer le tennis. Dimanche 9 novembre, une première séance s’est tenue avec quelques habitants des environs et d’autres plus habitués à tâter la petite balle jaune.

    « Aux Rosiers, les gens n’ont pas de clubs de tennis autour. Les premiers sont à Saint-Jérôme ou à la Rose, mais ils sont chers. S’installer ici, c’était la priorité », décrit celui qui donne des cours dans les quartiers depuis la fin des années 1980. Frédéric Picarelli, adjoint à la maire des 13-14, était également présent pour afficher son soutien aux initiatives de Guy Pinna. « Je l’ai rencontré, un peu par hasard, il y a 3 ou 4 ans, et je me suis pris d’affection pour la personne. C’est formidable de donner un accès à ce type de sports dans des quartiers dits défavorisés. Il a tout notre soutien, ça fait plaisir de voir ce genre de projets. »

    De l’amusement

    à un prix inégalable

    Plusieurs familles ont répondu à l’appel, dont celle d’Adem Bakas, venue de la Viste. Ce jeune de 14 ans, maillot orange de l’OM sur les épaules, pratique le tennis depuis bientôt deux ans et va participer à l’Euro des quartiers, à Sarrebruck (Allemagne). Le départ pour la région de la Sarre est prévu le 4 décembre au soir. Cette petite délégation va traverser une bonne partie de la France en car pour participer à cet événement, organisé minutieusement par Guy Pinna et ses homologues d’outre-Rhin. Après ces 10 heures de trajet, place au jeu pour ces enfants ayant appris le tennis sur le tas. « Il a joué dans plusieurs clubs grâce à Guy, notamment à Gallia. Dans les quartiers, il y a du foot, du foot, du foot… C’est bien de voir autre chose », explique la mère d’Adem.

    Les installations des Rosiers sont sommaires. Les filets sont installés sur le city-stade placé derrière l’une des imposantes barres d’immeuble de la zone. L’un de ces filets est vieux, troué à de multiples endroits. Le second paraît sortir tout juste de l’usine. Il ressemble à l’un de ces modèles que l’on peut trouver chez une célèbre enseigne française d’équipements sportifs. Les terrains, eux, ne sont pas réellement délimités, l’objectif est déjà d’apprendre les bases aux enfants présents. Guy Pinna tente de montrer à une fillette de 9 ans comment taper dans la balle : « Fait rebondir la balle par terre et frappe devant toi », lui dit-il. Des échanges difficiles à lancer pour ces jeunes, mais de l’amusement et des sourires sur leurs visages poupons. Du 6e étage de la tour située au-dessus du court, une femme demande si son fils peut descendre jouer. Guy crie que « ce n’est que deux euros, qu’il vienne ! »

    Ces cours sont proposés à un prix défiant toute concurrence : 2 euros par séance pour les moins de 8 ans et 3 euros jusqu’à 16 ans. Une bouchée de pain par rapport aux tarifs pratiqués par un club de tennis plus traditionnel. Une habitante des Rosiers a, par exemple, inscrit son fils pour huit séances dominicales pour un total de 24 euros. Sans oublier que les balles et les raquettes sont prêtées. « Le Smuc m’a donné 200 balles. C’est vraiment énorme », souffle Guy Pinna.

    Entre les jeunes venus jouer au foot dans les cages jouxtant les filets et ceux raquettes en mains, ils étaient une dizaine présents pour cette première ensoleillée. Pas une ombre au bilan pour le coach de ces tennis (wo)men en herbe, qui espère voir les inscriptions grimper. « J’ai placardé des affiches un peu partout dans le quartier et je vais continuer à le faire près des écoles notamment. Puis, avec le bouche à oreille, d’autres parents vont bien venir me voir », espère l’entraîneur, casquette de la République tchèque vissée sur la tête. La prochaine évolution serait d’obtenir un court permanent. Guy Pinna n’a pas manqué de le signaler devant l’adjoint, Frédéric Picarelli.

    « Dans les quartiers, il y a du foot, du foot, du foot… C’est bien de voir autre chose »

  • Fête le mur célèbre le tennis à Istres

    Fête le mur célèbre le tennis à Istres

    Le tennis comme outil pour briser certaines frontières. À l’initiative de l’association Fête le mur, créée en 1996 par Yannick Noah, 25 jeunes venant d’Istres, Salon-de-Provence, Arles et Aix-en-Provence se sont réunis, ce lundi, à Istres, pour une journée découverte. Au programme, des matchs de tennis adaptés aux niveaux de chacun, de la découverture culturelle et des moments de rencontre entre jeunes. “Sur un même court, on ne voit plus les différences : on se parle, on joue, on rit. Ce sont des moments qui marquent les enfants et qui ouvrent des portes bien au-delà du sport” raconte Aymen, responsable de l’antenne istréenne.

    Ces journées “Matchs, culture et mixité” sont soutenues par BNP Paribas et la Fondation Engie et se veulent être “un tremplin pour l’inclusion et l’égalité des chances”. En effet, le tennis peut souvent être jugé peu accessible et réserver à une certaine élite. Un sport où les dépenses en matériel, voyage et entraînements peuvent devenir mirobolantes après seulement quelques années de pratique.

    Le but est aussi d’emmener ces enfants hors de leur quartier et tisser de nouveaux liens, en dehors de leur cercle habituel. Tous ont pu découvrir ce sport qu’est le tennis, sur la terre battue intérieure du club local, à Istres. Divers jeux étaient organisés pour qu’ils s’habituent à la discipline et puissent apprendre de manière ludique. Un moment qui est amené à se répéter pour permettre à un plus grand nombre d’enfants de participer à cet événement.

    Un sujet faisant écho à celui réalisé par notre journal le 2 septembre 2025, sur l’initiative de Guy Pinna. Cet homme a créé un circuit des quartiers, à Marseille, pour permettre à des jeunes défavorisés de jouer au tennis.

  • Pierre De Garam prêt pour les Deaflympics

    Pierre De Garam prêt pour les Deaflympics

    Marseille sera représentée aux Deaflympics d’été, à Tokyo (15-26 novembre). Pierre De Garam, seulement 18 ans, fait partie de l’équipe de France de tennis qui se rendra au Japon pour cette compétition regroupant les sportifs sourds et malentendants du monde entier. Mis en retrait du mouvement paralympique, ces athlètes ont aussi le droit à leur rendez-vous international tous les quatre ans. Après Caixas do Sul (Brésil), le Japon est l’hôte cette saison.

    Alice, la mère de Pierre, a accepté de nous répondre, puisque son fils est actuellement en stage. « Pierre est sourd profond, il porte un appareil auditif, mais parle presque comme vous et moi. » L’histoire de Pierre De Garam avec le tennis a débuté, par hasard, lorsqu’il avait 8 ans. « Par hasard, parce qu’il y avait des courts de tennis où nous nous sommes installés et il y est rapidement allé avec son frère jumeau », raconte Alice. Jusqu’à ne jamais quitter le sport ces dix dernières années.

    Le Japon, un rêve qui va devenir réalité

    Champion du monde juniors en double mixte et champion d’Europe en double, le jeune tennisman est désormais en seniors. Il doit s’habituer à jouer contre des joueurs avec un niveau plus élevé, mais se classe actuellement au 17e rang mondial en simple. L’envie de participer à cet événement japonais était immense et il s’en est donné les moyens. L’athlète, licencié à Luminy, s’est notamment mis au crossfit l’année dernière, pour s’entretenir physiquement. « Tokyo, c’était vraiment son rêve. On a attendu la réponse durant un mois cet été. C’est génial pour lui, ça lui fait vivre des choses exceptionnelles », développe Alice.

    Le rêve serait aussi de revenir en France avec une médaille autour du cou. En simple, le défi sera immense, en double, son statut de top 10 pourrait lui permettre de se rapprocher d’un podium. Pierre De Garam, classé 15e aux tableaux de la FFT, sera donc en lice dès le 16 novembre et espère être présent jusqu’aux finales, le jour de la clôture des Deaflympics 2025.