Tag: solidarité

  • À Montpellier, une maison de l’alimentation solidaire

    À Montpellier, une maison de l’alimentation solidaire

    En 2024, 16% des Français restreignaient leur alimentation, faute de moyens financiers, selon une enquête du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie). Une précarité encore plus prégnante à Montpellier, où 28% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Face à ce constat, la Ville de Montpellier s’est lancée dans une politique alimentaire ambitieuse. Avec notamment la constitution d’un réseau de « maisons de l’alimentation solidaires » (MAS) dont la première devrait ouvrir le 7 février prochain, dans le quartier de Celleneuve.

    Cuisiner ensemble

    Un nouveau lieu de vie, cogéré par trois associations membres du réseau Territoires à VivreS, à savoir l’Esperlutette, Vrac & Cocinas et la Caisse alimentaire commune (CAC), qui permettra aux personnes précaires d’avoir accès à une alimentation de qualité et locale. D’une surface de 350m² – à laquelle il faut ajouter 80m² de terrasse – cette MAS comportera notamment une épicerie solidaire et un café-restaurant à un tarif accessible. Aussi, est prévu une cuisine partagée. « Il y aura un aspect cuisine assez fort, avec des ateliers, des cours. Mais c’est aussi un lieu pour cuisiner ensemble, qui permet à ceux n’ayant pas de matériel de venir cuisiner et ils pourront repartir avec des plats, etc. Il y a une volonté de créer du lien, d’avoir une mixité sociale et du lien intergénérationnel », soutient Maire Massart, adjointe au maire de Montpellier déléguée à la politique alimentaire. Une aubaine également pour les agriculteurs locaux qui fourniront la MAS.

    La maison de Celleneuve sera la première d’un vaste réseau. « Cinq autres sont dans les tuyaux. Nous avons également deux autres projets en cours, afin d’expérimenter d’autres modèles pour savoir lequel fonctionne le mieux », précise Marie Massart.

  • La direction de l’hôtel reste sur ses positions

    La direction de l’hôtel reste sur ses positions

    Suite à l’annonce d’un licenciement économique de six salariés et non plus sept comme prévu initialement de l’hôtel Marseille Saint-Charles, une grève a débuté lundi. C’est dans ce contexte que la directrice des ressources humaines (DRH) du groupe Alboran, qui possède l’établissement, a rencontré quatre de leurs représentants, ce vendredi. La direction n’est pas revenue, lors de ce rendez-vous, sur ces six licenciements, qu’elle qualifie d’économique, d’après les syndicats. La grève est donc reconduite ce samedi, devant l’hôtel.

    Depuis lundi, les casseroles et les sifflets se font entendre dès que l’on s’approche de l’ex-hôtel Holiday Inn, face à la gare Saint-Charles, à Marseille. Accompagnés par leur syndicat, CNT-SO, les six salariés, qui ont appris leur licenciement le lendemain de Noël, réclament l’annulation de cette procédure. Karima Malagouen, coordinatrice de petit-déjeuner depuis 15 ans au sein de l’hôtel, a été la première à être au courant. C’est l’incompréhension pour la syndiquée à la CNT SO : « On nous jette sans prendre en compte notre ancienneté, sans nous proposer de solutions dans d’autres hôtels du groupe, ou des formations. » Pour le moment, seule elle et son collègue équipier Toufik Ghodbane, délégué syndical à la CNT SO, ont été officiellement informés de leur licenciement.

    Alors que la direction affirme qu’il s’agit de licenciement économique, les concernés refusent d’y croire et réclament l’accès aux dossiers comptables, qui justifierait ces licenciements. Malgré la réunion avec la DRH, aucun document comptable ne leur a été transmis. « Ils disent qu’il n’y a plus d’argent, mais ils font des travaux dans l’hôtel pour 5 millions d’euros », affirme Toufik Ghodbane, délégué syndical et équipier. Le 8 janvier doivent commencer ce chantier de plusieurs mois pour permettre à l’hôtel, propriété du groupe Alboran depuis janvier 2023, de devenir un quatre étoiles.

    Pour Karima Malagouen, c’est d’autant plus incompréhensible que l’hôtel est souvent complet. « Je participe aux réunions toutes les semaines. On est souvent complet, et les clients sont très satisfaits de notre travail ! » Danila Gomes, femme de chambre depuis 2019, ne comprend pas non plus cette décision : « Je ne vois pas comment ils vont faire pour nettoyer toutes les chambres sans nous, alors que l’on fait plein de choses : les chambres, mais parfois, on est équipier ou gouvernante. »

    Pour la coordinatrice de petit-déjeuner, c’est un moyen pour l’hôtel de baisser les salaires. « Ils me licencient car je coute cher, et ils réembaucheront quelqu’un a un salaire beaucoup plus bas », suppose-t-elle. La grève est donc reconduite ce samedi. « On n’arrêtera pas la grève, parce que c’est le seul outil qu’on a », affirme Toufik Ghodbane, délégué syndical.

    Contacté, le groupe n’a pas donné suite à nos sollicitations.

    Caisse de grève : we-solidaire.com (solidarité grévistes hôtel Marseille centre gare Saint-Charles)

  • Face au froid, maraudes et solidarité se réactivent

    Face au froid, maraudes et solidarité se réactivent

    Depuis le 1er novembre, la préfecture a déclenché plan de vigilance hivernale, qui vise à renforcer la protection des personnes sans-abri en mobilisant l’ensemble des acteurs de la solidarité. Pour l’heure, seul l’épisode du coup de froid, entre le 20 et 25 novembre, a conduit à compléter le dispositif d’hébergement d’urgence de 6 726 places du Département par l’ouverture de 90 places de mises à l’abri dans le gymnase municipal Vallier, à Marseille. Pour autant, « c’est tout l’hiver qu’on se gèle dehors », rappelle Daniel Jacquin, le président de l’association éponyme OSGD.

    Pas encore de grand froid en Provence, mais des températures en nette baisse depuis plusieurs jours. Ce plan hiver comprend trois niveaux de vigilance, en fonction des températures. Jaune quand le mercure indique entre zéro et moins 5°C, orange jusqu’à moins 18°C et rouge quand il vire à l’extrême et s’installe dans la durée. La marge est large et le bouton d’alarme loin d’être pressé dans le département, mais face à un 115 régulièrement saturé, ce dispositif reste insuffisant selon les associations qui interviennent sur le terrain.

    Un manque de places structurel

    « Pour nous, la solidarité, c’est 365 jours par an », explique Daniel Jacquin, qui note : « Heureusement, ces périodes de fêtes sont propices aux élans de solidarité. » Des particuliers appellent « de l’Estaque aux Goudes pour proposer des vêtements, des couvertures, des chaussures… » Et les bénévoles ne sont pas de trop pour aller récupérer ces dons aux quatre coins de la ville. Installée dans ses nouveaux locaux de la rue de Lyon, dans le 15e arrondissement, l’association a aussi bénéficié d’une participation extérieure notable pour organiser deux grands repas solidaires à destination des sans-abri. Le restaurateur Fonfon du vallon des Auffes a concocté de belles marmites pour un déjeuner partagé à l’abri de la paroisse Saint Rose Lima, dans le 13e arrondissement. De même que le jeudi 18 décembre, les associations Entourage et la Cloche ont organisé un grand réveillon solidaire au restaurant le Plan de A à Z, sur la Canebière. « Les associations essaient de mailler au mieux le territoire », souligne Daniel Jacquin, qui regrette cependant qu’une trop grande part de l’aide aux plus démunis « repose ainsi sur la charité, les dons de privés. Ce sont les bénévoles qui pallient les carences de l’état. »

    Un déploiement de solidarité qui ne doit en effet pas masquer une réalité : au regard des besoins, Marseille, où 30% de la population vit sous le seuil de pauvreté, souffre d’un « nombre de places d’hébergement d’urgence structurellement déficitaire, confirme Audrey Garino. Nous continuons de demander à l’état d’augmenter le nombre de prises en charge, notamment en période hivernale », précise l’adjointe (PCF) au maire déléguée à la solidarité.

    Le Samu social est passé d’un véhicule sous l’ère Gaudin à une quinzaine aujourd’hui. à leur bord, les 52 agents des équipes de maraudes se relaient de 7 heures du matin à plus de minuit avec 70 paniers repas chacune, de l’eau, des couvertures, des duvets, des vêtements ou encore des chaussures à distribuer. « Nous continuons à développer de nouvelles solutions, telles que l’ouverture d’un accueil de jour, de douches municipales et d’une halte de nuit dans les prochaines semaines », annonce l’élue.

    En Vaucluse, le plan grand froid actif

    Après un premier épisode entre le 21 et 25 novembre, la préfecture a réactivé son plan grand froid depuis le 26 décembre. Avec des températures tout juste au-dessus de zéro, mais un ressenti bien négatif en raison du mistral, les services de l’État ont « prolongé les mesures d’accueil d’urgence, ainsi que les dispositifs de veille sociale » (maraudes renforcées et plages horaires élargies).Ainsi, un centre d’hébergement exceptionnel de 11 places est mis en place à Avignon, rue Mérindol, ouvert de 18h à 9h. Dans le département, une capacité d’accueil est portée à 333 places pour les pics de grand froid. F.C.

  • Voile : le nouveau challenge de Gavino Puggioni

    Voile : le nouveau challenge de Gavino Puggioni

    Vendredi 2 janvier. Pour Gavino Puggioni, ce sera le jour du grand départ.

    Sur l’Alcyon, un 6.50 avec lequel il prépare la mini – Transat 2027, le Marseillais va relier Ajaccio au Pirée, 4 jours, en solitaire. « Ce sera pour moi un test, en vue de la grande course qui m’attend avec trois semaines en solitaire », avoue-t-il.

    Si ce marin autodidacte se lance dans la course au large, c’est par passion. Mais aussi pour relayer les voix de centaines de personnes qu’il a sauvées d’une mort certaine, lorsqu’il était logisticien à bord de l’Ocean Viking.

    Ses interventions à bord du navire de SOS Méditerranée lui ont appris à maîtriser plusieurs aspects de l’intervention en mer. « La priorité, c’est maîtriser la panique qui peut amener à la catastrophe, gérer le stress d’un sauvetage imminent qui peut mal tourner si la peur prend le dessus », détaille t-il.

    Pour Gavino, la course au large « est un bon vecteur pour transmettre des valeurs et faire comprendre que tout le monde peut se retrouver, un jour, dans la situation d’un migrant ».

    Pour tous ceux qu’il a sauvé des eaux. Pour tous ceux qui, chaque jour, mettent leur vie en danger en défiant la mer pour fuir la guerre et la faim, il a donc décidé de se lancer dans la mini – Transat. « Sur deux ans, je vais multiplier les sorties pour me qualifier. Et mon 6.50, qui reprend le slogan “Tous sur le même bateau” sur sa grand voile, sera un lieu de partage et de sensibilisation au sauvetage en mer. Le but étant de susciter des discussions et des échanges. »
    Les dons sont les bienvenus.

    www.tousdanslememebateau.org ou @gavino.minitransat
    @gavino_minitransat

  • [Rétro 2025] Drapeau palestinien hissé : Revol et André menacés

    [Rétro 2025] Drapeau palestinien hissé : Revol et André menacés

    Fin septembre, les gestes de soutien de plusieurs maires envers le peuple palestinien massacré ont suscité un déferlement de haine.

    A l’instar du maire LFI de Grabels, René Revol, ou de son homologue communiste de Cendras, Sylvain André, le drapeau palestinien a été hissé sur le fronton des mairies le 22 septembre, jour de la reconnaissance par la France de la Palestine.

    Un geste de solidarité aussitôt amalgamé par certains au Hamas et au terrorisme. Certes, de manière incompréhensible, les préfets de l’Hérault et du Gard avaient au préalable interdit cette symbolique. « On avait déjà mis le drapeau ukrainien et la banderole Ensemble pour la paix quand la guerre en Ukraine a commencé », s’étonnait Sylvain André.

    La seule provocation sera celle d’Alexandre Allegret-Pilot. Le député UDR s’est octroyé le pouvoir d’aller dans la nuit retirer le drapeau de la mairie de Cendras. Il n’a pas été inquiété depuis.

  • Du cœur à l’ouvrage

    Du cœur à l’ouvrage

    Un jeune homme de 35 ans est mort de froid, à Reims, la nuit de Noël, « dans son coin où il avait l’habitude d’aller », précise l’équipe de maraude qui le connaissait bien à notre confrère de l’Union. Il s’appelait Morgan. Deux autres sans-abri sont morts en l’espace de quelques jours à Nantes, durant les fêtes, un autre encore a trouvé la mort dans l’incendie d’un box de parking ce samedi à Paris… L’an passé, plus de 900 sans domicile fixe sont décédés en 2024, selon le collectif Les morts de la rue. La mort rôde, la nuit, le jour dans les rues de nos villes, avec pour alliés le froid, la malnutrition, les pathologies diverses et variées dont souffrent les SDF, les addictions « pour tenir le coup », et cette indifférence quotidienne aussi.

    Bienveillance anonyme

    Pourtant, de petites mains, par centaines, par milliers, ont décidé de se regrouper et de se battre, pour redonner courage, offrir des repas, des couvertures, de la chaleur humaine, une oreille attentionnée, dépourvue de jugement. Pour considérer l’autre pour ce qu’il est, un être humain en difficulté. Cette grande bienveillance, discrète, anonyme, sans couronne de lauriers, mérite tout notre respect. Et un soutien inconditionnel. Mais la volonté ne peut pas tout. Les coupes budgétaires qui se succèdent et encore annoncées pour l’année à venir toucheront immanquablement les services de l’État dédiés les collectivités et l’ensemble des trop frêles dispositifs d’aide mis en place par ou avec les associations et les bénévoles œuvrant chaque jour sur le terrain. Dire « stop » à ce macabre décompte est aussi un choix politique à l’échelle nationale.

  • La solidarité à pied d’œuvre pendant les fêtes

    La solidarité à pied d’œuvre pendant les fêtes

    Ces « petites mains » de la solidarité apportent des repas chauds à la tombée de la nuit, serrent des mains frigorifiées, et tendent une oreille aux récits des uns et des autres, écoutent, parlent. Et par toutes ces petites attentions, rendent à l’autre son humanité qui se perd, souvent, dans le silence et l’anonymat des grandes villes.

    Ces volontaires de la solidarité ont choisi, en conscience d’aider, d’apporter du réconfort au sein de structures telles que les Restos du cœur, le Secours populaire, la Banque alimentaire, Un peu de toit, Partage ou encore les Petits frères des pauvres. Ils ont choisi d’intégrer une structure, une équipe reconnaissable aux chasubles de différentes couleurs, parce qu’à l’heure d’un individualisme exacerbé, œuvrer collectivement, se donner un but commun et l’atteindre malgré le manque criant de moyens, fait aussi sens.

    Hassen, bénévole au Secours populaire 13

    « On apporte du réconfort »

    Quelques jours après avoir joué le rôle du Père Noël vert (lire notre édition du 17 décembre 2025), Hassen n’a pas quitté le terrain. Bénévole au sein du Secours populaire des Bouches-du-Rhône depuis deux ans, il est particulièrement mobilisé durant cette période de fêtes. « On ne peut pas laisser les gens dans l’abandon. Il faut leur montrer qu’on pense à eux et qu’on est avec eux », martèle-t-il.

    En plus des actions solidaires menées en cette fin d’année, de la distribution surprise de cadeaux dans les quartiers les plus défavorisés au réveillon solidaire, l’association est présente tous les jours jusqu’au 31 décembre sur la Canebière où elle distribue du café et de la nourriture, sans compter les maraudes du soir. Des missions qui visent principalement les personnes sans-abri et/ou sans-papiers. « On apporte du réconfort et ils oublient un peu la misère. Ça nous fait chaud au cœur. La misère à Marseille est grave, on la voit partout, surtout dans les quartiers Nord », déplore-t-il.

    La misère qu’il dénonce, il l’a vécue à son arrivée en France depuis la Tunisie dix ans auparavant. « Les premières années c’était difficile. Quelqu’un est venu me donner un coup de main. Le Secours populaire m’a beaucoup aidé. Une fois que je me suis bien installé et que j’ai trouvé un travail j’ai décidé de leur donner moi aussi du temps », raconte Hassen. Boulanger dans le quartier de Saint-Louis (15e), il laisse chaque matin son tablier pour son gilet bleu siglé avec la main ailée. Direction la centrale de la fédération départementale située chemin de Gibbes : « Dès que j’ai fini, à 7h du matin, je prends ma douche et je pars direct au siège pour donner un coup de main. Je le fais de bon cœur ! », sourit-il.

    L.Pi.

    Irène, responsable des maraudes à la Croix-Rouge Marseille

    « Les gens nous attendent, ils sont contents de nous voir »

    C’est dans la rue, auprès de ceux qui en ont le plus besoin, qu’Irène, responsable des maraudes à la Croix Rouge Marseille, passera le réveillon du Nouvel An. « On est sur le terrain toute l’année de façon générale et pendant les fêtes ça ne déroge pas ! », s’exclame-t-elle. Ainsi, elle retrouvera, comme les années précédentes, son groupe de volontaires. « Les équipes de bénévoles se constituent d’elles-mêmes, on n’impose pas d’équipe, ni de jour. C’est en fonction des plannings personnels. C’est du bénévolat, il ne faut pas que ce soit une contrainte sinon on ne fait pas bien les choses », tient-elle à souligner. Ces soirs de fête, « c’est un peu plus de chaleur que d’habitude », glisse-t-elle. « Les gens nous attendent, ils sont contents de nous voir, on passe de bons moments avec eux », relate la dame au grand sourire et aux cheveux grisonnants.

    À 68 ans, Irène continue à faire une à deux maraudes par mois, le temps moyen demandé aux membres, en fonction des disponibilités de chacun. Bénévole depuis 22 ans au sein de l’association, elle affectionne ces instants passés à créer du lien social, la mission première de la Croix Rouge. « Ce dont les gens ont le plus besoin c’est de discuter. En tant qu’association, on les écoute, on n’est pas indiscrets. Ils nous racontent ce qu’ils veulent. Parfois, ça n’a rien à voir avec leurs conditions. C’est sympa aussi », sourit-elle.

    À son arrivée, Irène s’occupait d’un vestiaire social puis elle est devenue responsable des maraudes, un rôle qu’elle combine avec sa casquette de trésorière de l’unité locale : « Je me suis fait embrigader par une gentille dame qui m’a parlé des activités qui se faisaient à l’époque. J’y suis rentrée et je suis restée. » L’an dernier, elle a été honorée de la Médaille d’or des mains du président national de la Croix Rouge française, pour son engagement dévoué.

    L.Pi.

    Laëtitia, coordinatrice Petits frères des pauvres, Marseille

    « Tous méritent de fêter Noël »

    Travailleuse sociale de formation, Laëtitia a la solidarité chevillée au corps. « C’est un métier où l’on a l’âme d’aider, où c’est normal d’être présent dans des moments importants », confie-t-elle dans le jardin partagé de la Maison Les Héros, un « habitat inclusif », dans le 1er arrondissement de Marseille. Ce lieu, où vivent des bénéficiaires de l’association des Petits frères des pauvres, a accueilli un repas de Noël, ce 25 décembre. C’est le deuxième qu’assure Laëtitia : « C’est un moment festif mais notre présence ce jour du 25 est importante pour le reste de l’année. Le fait qu’on soit là ce jour-là, aide à faire en sorte que les personnes se sentent pleinement considérées ». Elle est salariée depuis plus d’un an et demi des Petits frères des pauvres, et a débuté avec le dispositif AVL (accompagnement vers le logement) « qui a pour but de s’occuper de personnes âgées qui sont en hébergement précaire ». « Ensuite j’ai basculé sur l’habitat inclusif qui a ouvert ses portes en novembre 2024 », explique-t-elle. Inclusif notamment car ouvert sur le quartier.

    D’où la double importance d’être près des bénéficiaires en ce jour de fête : « Avec notre présence, ils se disent qu’ils ne sont pas que des usagers d’un dispositif mais bien des personnes à part entière, qu’ils méritent de fêter Noël. » D’autant que ces derniers « ont des parcours de vie difficiles avec beaucoup de précarité ». Et Laëtitia espère qu’avec l’accompagnement des bénévoles et le travail des salariés « ils ont l’impression de redevenir des êtres humains ».

    A.B.

    André, bénévole à l’association Partage, Martigues

    « L’humain passe au-dessus »

    Au rez-de-chaussée du temple protestant de Martigues, l’association Partage invite les plus démunis à venir prendre un repas chaud. Parmi les bénévoles présents, André, cadre retraité de France télécoms, est affairé à la réchauffe et découpe du pain, entre autres. Le lieu ne le dérange pas : « Je suis athée. Mais pour moi, l’humain passe au-dessus de la religion. »

    « C’est une période particulière » au moment des fêtes, estime-t-il. « Nos pensionnaires ont besoin d’un lieu pour se sentir bien, quand certains vivent en extérieur ou en voiture », considère le bénévole. « Certains sont parfois isolés, ou n’ont pas de famille. C’est une manière de se retrouver et de créer du lien social, échanger discuter autour d’un repas chaud. Car il y a parfois aussi des situations de grande solitude », renchérit le retraité.

    L’association Partage fonctionne les lundis, mardis, jeudis et vendredis midi, de novembre à mars inclus. André, lui, est un habitué du vendredi, toujours en équipe de 4 à 5 bénévoles pour préparer et servir le repas. André Pinon est venu à cet engagement par une connaissance qui s’occupait du mardi. Le partage d’expérience a suscité l’engagement. « J’ai cherché du temps au milieu mes activités de retraité, car l’idée c’est de s’occuper des autres aussi. » C’est parfois un peu plus compliqué pendant les fêtes. « On a chacun notre famille, il y a fallu que je m’organise pour me libérer cette journée et la semaine prochaine » pour le Nouvel An.

    An. M.

    Eric, vice-président de la Banque alimentaire, Vaucluse

    « J’ai débuté en donnant un coup de main »

    Au sein de la Banque alimentaire de Vaucluse, Eric prône « la polyvalence de chacun », mais c’est aujourd’hui en tant que vice-président de la partie Ressources humaines qu’il évoque son engagement associatif.

    Qui a commencé il y a « environ 7 ans », confie-t-il sans s’en rappeler avec exactitude. Alors en fin de carrière dans la Police nationale, c’est un collègue qui l’invite à donner un coup de main pour la collecte nationale qui se tient chaque année lors du troisième week-end de novembre. S’ensuit une aide ponctuelle, travail oblige. « Puis j’ai appris qu’il y avait une pénurie de chauffeurs, donc je suis venu donner un coup de main. Et, une chose en appelant une autre, j’ai pris quelques responsabilités », poursuit-il. Depuis, il est sur site cinq fois par semaine pour assurer le bon fonctionnement des récoltes et des distributions.

    Un temps qu’il consacre « à une bonne cause », car c’est quelque chose qui est dans sa « mentalité ». D’autant que « comme dans de nombreuses assos, on manque de bénévoles », glisse l’ancien policier. La structure cherche à recruter pour répondre à la demande croissante. En 2025, 55 000 personnes ont reçu une aide passée par la Banque alimentaire de Vaucluse.

    Mack Salman

    Cathy, présidente de l’association Un peu de Toit, Var

    « Être à la rue en cette période, c’est tellement triste »

    À 73 ans, Cathy, retraitée des chantiers navals de La Ciotat, met son énergie au service des plus démunis depuis 2017, date à laquelle elle a rejoint l’association Un peu de Toit, créée en 2010, avant d’en prendre la présidence en 2020. « Je me suis engagée car les personnes sans-abri sont les reflets visibles et évidents des laissés-pour-compte. C’est important pour moi de les aider. Mais une présidente seule ne sert à rien, ce qui compte c’est l’ensemble des bénévoles qui œuvrent tous dans le même sens », soutient-elle.

    Chaque semaine et durant toute l’année, l’association et ses 40 bénévoles organisent une maraude dans les rues de Toulon, pour distribuer plus de 5 000 repas par an à une centaine de personnes. « On leur apporte du réconfort, on n’est pas juste des distributeurs de repas, on essaie de faire plus que ça », précise-t-elle. Les dons de nourriture proviennent en majorité de collectes dans les supermarchés et des aides de partenaires, comme l’association le Lien 83, dont l’aide « est très précieuse », remercie la bénévole. Dans le cadre des fêtes, Un peu de Toit donne une teinte particulière à ses maraudes, « plus festive que d’habitude, avec un très bon plat chaud, beaucoup de chocolats. Le 16 décembre, une petite fille est venue en distribuer, avec des dessins réalisés en classe. Être à la rue en cette période, c’est tellement triste. Mais les gens nous reçoivent avec le sourire, que ce soit ou non en période de Noël. On n’a jamais reçu autant de remerciements que cette année », salue Cathy, avant la dernière maraude de 2025, qui se tiendra le 30 décembre.

    Adam Benhammouda

  • Près de 200 agriculteurs mobilisés samedi à Aubagne

    Près de 200 agriculteurs mobilisés samedi à Aubagne

    D’inhabituels personnages se sont samedi joints aux clients du Auchan des Paluds à Aubagne : 600 brebis et agneaux ont à partir de 13h envahi le parking de l’enseigne, venus, avec leur maîtresse et de nombreux autres agriculteurs et éleveurs, protester contre l’abattage systématique et le Mercosur.

    C’est Hélène Poullin, la propriétaire de ce cheptel de brebis, qui a, mardi, appelé collègues et soutiens à manifester contre l’actuelle gestion gouvernementale de la crise sanitaire bovine, liée à l’apparition de cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Rapidement soutenu par la Confédération paysanne des Bouches-du-Rhône, l’appel de la jeune femme rassemble finalement quelque 200 personnes samedi. « Je suis très préoccupée par cette crise sanitaire depuis qu’elle a commencé, cet été. Cela m’empêche même de dormir, se désole la bergère. Je sais que si on venait à abattre mon troupeau, je ne me relèverais jamais. Mes brebis sont toute ma vie, elles sont mon moteur. Voir qu’autant d’éleveurs se mobilisaient dans le Sud-Ouest, ça m’a donné envie d’agir. » Car si les premiers cas de DNC, cette maladie qui ne touche que les bovins, sont apparus cet été en Savoie, c’est en Ariège, le 11 décembre, qu’ont eu lieu les premières contestations agricoles. Militants de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne s’étaient alors mobilisés en masse pour s’opposer à l’abattage de 207 bovins, décidé par l’État à la suite de la détection d’un cas dans le troupeau. Aujourd’hui, la réglementation française veut qu’en cas de détection d’un foyer dans un cheptel, l’intégralité des bêtes soit abattue, y compris les saines. Postés sur le rond-point de l’avenue des Caniers, après une courte marche depuis le parking du Auchan, les paysans d’Aubagne et de ses environs, ont établi un barrage filtrant à la sortie de l’autoroute, pour « dénoncer cet abattage systématique ».

    « Nous sommes ici pour dénoncer les méthodes du gouvernement dans sa gestion de la DNC mais aussi pour nous opposer au Mercosur, qui ne peut qu’aggraver la situation des paysans français, détaille Roger Roux, porte-parole de la Confédération paysanne 13 et maraîcher à Peyrolles-en-Provence. L’abattage total n’aboutit pas à grand-chose, on demande une vaccination généralisée et une mise à l’écart des bêtes. Abattre des vaches saines… on marche sur la tête. »

    Solidarité paysanne

    Dans une ambiance plutôt festive, possible notamment grâce à une police coopérante, les manifestants sont parvenus à maintenir leur barrage dans le calme. Dans les rangs des militants, ils sont très peu à être directement concernés par la crise sanitaire, pour beaucoup maraîchers, apiculteurs ou éleveurs non bovins et donc non inquiétés par la DNC. Présents en soutien donc, mais aussi pour dénoncer la « casse agricole ». « La violence de l’abattage est à l’image de son non-sens sanitaire. Le gouvernement détruit progressivement notre souveraineté alimentaire pour faire de la place au Mercosur », s’indigne Marcel, agriculteur à Meyrargues. En Paca, les premiers menacés par la DNC sont les éleveurs de taureaux en Camargue.

  • [Rétro 2025] À Alès, l’année où la rue a dit non à la haine

    [Rétro 2025] À Alès, l’année où la rue a dit non à la haine

    L’année 2025 restera marquée, à Alès et plus largement dans le Gard, par une succession de mobilisations citoyennes face aux violences d’extrême droite et à la banalisation des discours racistes.

    Déclencheur : l’attaque du Prolé d’Alès, dans la nuit du 30 au 31 mai, en pleine feria. Une douzaine d’activistes néofascistes ont fait irruption dans ce lieu emblématique de la vie militante et festive alésienne, faisant une vingtaine de blessés. Très vite, l’émotion a laissé place à la colère et à la réaction. Dès le lundi suivant, plus de 1 500 personnes se sont rassemblées devant la sous-préfecture d’Alès à l’appel du Parti communiste français et de nombreuses organisations syndicales, associatives et politiques. Une foule dense, plurielle, déterminée à dire non à la violence politique. À la tribune, élus locaux, responsables syndicaux et militants ont dénoncé une attaque « préméditée » et exigé que les auteurs soient identifiés et jugés. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a fait le déplacement pour apporter son soutien aux victimes et alerter sur une « montée des violences d’extrême droite qui n’a plus rien de marginal ».

    Cette mobilisation ne s’est pas éteinte avec les jours. Tout au long de l’année, le Prolé est resté un point de ralliement. En septembre, une soirée de solidarité, mêlant concerts et prises de parole, a permis de collecter des fonds pour les victimes, alors que l’enquête judiciaire tardait à avancer. En novembre, les avocats des parties civiles ont publiquement dénoncé l’inertie de la procédure, relançant la mobilisation politique et médiatique.

    La peur doit

    changer de camp

    Comme une prémonition, Alès avait déjà pris toute sa part aux manifestations nationales contre le racisme et l’extrême droite, notamment le 22 mars, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Près de 300 personnes avaient battu le pavé dans le centre-ville cévenol, tandis que près de 90 000 manifestants défilaient partout en France. Syndicats, associations, collectifs et partis de gauche ont dénoncé une parole raciste « désinhibée » et appelé à l’unité face à ce qu’ils décrivent comme une menace démocratique majeure.

    De l’attaque du Prolé aux marches antiracistes, 2025 aura ainsi dessiné une ligne claire  : celle d’une riposte citoyenne qui refuse la peur, revendique la fraternité et rappelle que la rue reste un espace central de résistance démocratique.

  • La CGT exige plus de moyens pour le pôle solidarité

    La CGT exige plus de moyens pour le pôle solidarité

    Seulement une dizaine de personnes ont manifesté pour dénoncer « un manque de moyens », « des effectifs insuffisants » ou encore « une charge de travail intenable » devant le pôle solidarité du conseil départemental de Vaucluse, ce jeudi 18 décembre, à Avignon. Mais, chez ces quelques manifestants, le malaise est palpable.

    « Ces conditions endurcissent nos missions. On en perd le sens et c’est un danger à la fois pour les usagers et les agents », témoigne Amandine Laugier, secrétaire CGT au Département. Les quelques manifestants questionnent les investissements de la collectivité, en citant par exemple les centres de santé financés par le Département.

    Flou sur le RSA

    « C’est évidemment une bonne chose de lutter contre les déserts médicaux. Mais ce n’est pas censé être une priorité pour le Département. C’est l’État qui devrait le prendre en charge. On a l’impression que l’argent est investi là où il se voit », poursuit-elle.

    La mise en place de l’expérimentation du RSA sous conditions est aussi pointée du doigt. « On a de plus en plus de refus. Des gens reviennent cinq fois et ne l’ont toujours pas, et on ne nous donne aucune explication », confie, dépitée, Cécile Testenière, référente CGT au Service départemental d’action sociale (Sdas) de Vaucluse. « L’essence première de notre métier, c’est l’écoute. Et les gens finissent par craquer et je les comprends. Car, parfois, ils n’ont aucuns revenu pendant plusieurs mois », assure-t-elle.

    Du côté du Département, pas de réaction au mouvement de la CGT. Mais en séance, ce vendredi 12 décembre, le budget de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) a été augmenté de 3 128 661 euros, s’élevant à 77 532 447 euros en 2026.