Tag: solidarité

  • Le Secours populaire expose 80 ans d’actions

    Le Secours populaire expose 80 ans d’actions

    Dans l’une des deux salles consacrées à l’exposition des 80 ans du Secours populaire français (SPF), Olivier Masini, membre de la direction de la fédération varoise et bénévole depuis plus de 20 ans, rappelle avec passion le parcours de cette association nationale d’utilité publique.

    Il rappelle sa création officielle le 15 novembre 1945, mais aussi les événements qui ont précédé cette date : « Il faut revenir à 1936, l’année du Front populaire et des congés payés. L’ancêtre du SPF s’appelait alors le Secours populaire de France et des colonies. » Et de préciser : « Il œuvrait déjà pour la solidarité, notamment en 1937 à la frontière espagnole, pour venir en aide aux Républicains fuyant le régime fasciste de Franco. » Dissoute en 1939, l’organisation voit ses responsables entrer en résistance. « Ça a été aussi le cas de notre président du secours populaire, Julien Loprêtre, qui s’était retrouvé – et il ne le savait pas au départ car il ne connaissait pas cette personne-là – dans la même cellule que Missak Manoukian, qui a été panthéonisé l’année dernière. »

    Une riche histoire sur laquelle le SPF continue de s’appuyer « pour faire tomber les barrières de l’enfermement social, de l’indifférence aussi, et lutter contre le rejet de l’autre ». « Avec les actes de racisme et de xénophobie auxquels on assiste aujourd’hui, il est important pour nous de rappeler les valeurs que nous véhiculons », tient à réaffirmer Olivier Masini.

    Parmi les dates importantes mises en avant dans cette exposition, parce qu’elle est fédératrice pour le Secours populaire, 1959 avec la rupture dramatique du barrage de Malpasset, à Fréjus. C’est en effet la première action du Secours populaire français sur le terrain pour porter assistance à des victimes d’une catastrophe naturelle, alors même que la fédération varoise n’était pas encore constituée. Elle le sera en 1968.

    Aujourd’hui, l’association continue de se battre sur tous les fronts et à faire face à l’urgence sociale. Le nombre de personnes accueillies dans ses permanences a presque doublé en quinze ans.

    Une structure engagée sur tous les fronts

    Présent à ce vernissage, l’adjoint à la culture, Yann Tanguy, a évoqué « un acteur incontournable de toute l’aide apportée aux gens qui sont dans le besoin, quelles que soient leurs difficultés. Ça fait partie de l’histoire française et de l’histoire du Var ! ».

    Et de poursuivre : « Par ces temps où les associations sont parfois un peu menacées par les problèmes budgétaires globaux, il est important de les soutenir. Et puis 80 ans, c’est un bel anniversaire ! »

    Plus loin, Magali Brunel, conseillère municipale et tête de liste pour 2026 de Toulon en Commun, souligne l’importance de ce moment de reconnaissance des problématiques sociales qui, loin de se résoudre, s’aggravent. « Nous avons de plus en plus besoin d’avoir des associations comme ça, engagées au service des plus fragiles et impliquées sur des problématiques qui nous touchent aussi territorialement : logement, alimentation et droit de vivre dignement. » Elle déplore toutefois leur mise en péril croissante, liée au désengagement de l’État.

    En somme, une exposition qui revisite dans le temps et dans l’espace les 80 ans mouvementés d’une solidarité plus que jamais essentielle et inspirante.

  • Le restaurant Le République doit déposer le bilan

    Le restaurant Le République doit déposer le bilan

    « C’est avec le cœur gros et une énorme émotion que j’ai pris la décision de déposer le bilan de l’association La petite Lili, qui porte le restaurant à Marseille. Je suis chef d’entreprise, j’ai des obligations », lâche Sébastien Richard, chef cuisinier et président de l’association La petite Lili. Il poursuit : « Je dois payer les salariés et honorer mes engagements. » Le restaurant emploie 18 personnes, dont 7 en parcours d’insertion.

    Solidaire et social

    Il y a cinq ans, Sébastien Richard lançait l’association La petite Lili avec un défi : réunir dans un lieu au même moment des clients traditionnels et des bénéficiaires d’aide alimentaire, attablés côte à côte. « Aller au restaurant, c’est une démarche, il ne s’agit pas uniquement de se nourrir », expliquait-il. Car, manger au restaurant Le République, c’est alors aider à créer des emplois et permettre à tout le monde de profiter d’un vrai moment à table, avec une alimentation saine et sourcée.

    Ce restaurant unique en France, grâce à son association, permet de faire manger des bénéficiaires de minima sociaux pour 1 euro. Il finance aussi des formations via l’École marseillaise de l’alimentation et l’hôtellerie par inclusion (Emahi). Actuellement, les formations continuent et sont dispensées ici, au restaurant. « Mais d’autres solutions sont possibles, toutes les histoires ne s’arrêtent pas, et heureusement », rassure Sébastien Richard. Avant de rappeler : « Le restaurant reste ouvert. Et si le tribunal demain me dit “on continue”, alors je continuerai. »

  • Les travailleurs sociaux des Flamants reçus en préfecture

    Les travailleurs sociaux des Flamants reçus en préfecture

    « On veut continuer à travailler dans les quartiers Nord, ce n’est pas normal de se retrouver devant la préfecture », confient les travailleurs de la Maison des solidarités des Flamants (14e), en grève, et reçus en délégation jeudi matin, en préfecture puis au Département. Après 1h30 d’entretien avec la commissaire divisionnaire affectée à la lutte contre le trafic de stupéfiants dans les quartiers Nord, Sarah Tournemire, les représentants font état d’un échange globalement positif, quoiqu’insuffisant. « Ils ne peuvent pas mettre des équipes à demeure. La géographie des Flamants est difficile à sécuriser », relate Valérie Marque, secrétaire générale CGT au Département. Elle poursuit : « Ils annoncent, à la rentrée des vacances, des réunions sur tout le territoire. » Pour l’heure, la CGT envisage aussi son AG.

  • Le République doit déposer le bilan

    Le République doit déposer le bilan

    « C’est avec le cœur gros et une énorme émotion que j’ai pris la décision de déposer le bilan de l’association La petite Lili, qui porte le restaurant à Marseille. Je suis chef d’entreprise, j’ai des obligations », lâche Sébastien Richard, chef cuisinier et président de l’association La petite Lili. Il poursuit : « Je dois payer les salariés et honorer mes engagements. » Le restaurant emploie 18 personnes, dont 7 en parcours d’insertion.

    Solidaire et social

    Il y a cinq ans, Sébastien Richard lançait l’association La petite Lili avec un défi : réunir dans un lieu au même moment des clients traditionnels et des bénéficiaires d’aide alimentaire, attablés côte à côte. « Aller au restaurant, c’est une démarche, il ne s’agit pas uniquement de se nourrir », expliquait-il. Car, manger au restaurant Le République, c’est alors aider à créer des emplois et permettre à tout le monde de profiter d’un vrai moment à table, avec une alimentation saine et sourcée.

    Ce restaurant unique en France, grâce à son association, permet de faire manger des bénéficiaires de minima sociaux pour 1 euro. Il finance aussi des formations via l’École marseillaise de l’alimentation et l’hôtellerie par inclusion (Emahi). Actuellement, les formations continuent et sont dispensées ici, au restaurant. « Mais d’autres solutions sont possibles, toutes les histoires ne s’arrêtent pas, et heureusement », rassure Sébastien Richard. Avant de rappeler : « Le restaurant reste ouvert. Et si le tribunal demain me dit “on continue”, alors je continuerai. »

  • La Nuit de la solidarité est de retour à Aix

    La Nuit de la solidarité est de retour à Aix

    Cette opération nationale, coordonnée par la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal) et par la Ville d’Aix-en-Provence vise à dénombrer les personnes sans-abri et mieux connaître leur situation avant l’hiver. Douze équipes de bénévoles ont sillonné la ville pour rencontrer et échanger avec les personnes contraintes de vivre à la rue. Munis d’un questionnaire anonyme, ils ont recueilli des données essentielles pour adapter les politiques locales d’aide et d’hébergement. L’initiative se veut aussi un temps fort de sensibilisation à la précarité et à l’isolement, soutenu par de nombreux partenaires associatifs et institutionnels. Un recensement sera ensuite effectué et communiqué après cette opération.

  • Les travailleurs sociaux des Flamants en appellent à l’État

    Les travailleurs sociaux des Flamants en appellent à l’État

    Cette fois-ci la Maison départementale de la solidarité (MDS) des Flamants est restée fermée… Le groupe de salariées « volantes » qui assurait la veille les urgences s’est à son tour mis en grève ce mardi 14 octobre. Dans le même temps, devant l’hôtel du Département, venus de Marseille mais aussi d’Aubagne, d’Aix ou La Ciotat, plus d’une centaine de personnels des MDS, Protection maternelle et infantile ou autres pôles enfance se sont rassemblés en soutien, à l’appel de la CGT, pour dénoncer des conditions de travail devenues très compliquées sous la pression du narcotrafic.

    « Nous sommes dans un quartier toujours en grande difficulté, en proie à un réseau qui s’est organisé, développé. Nous ne voulons pas lâcher les habitants, nous avons un devoir envers la population, mais on ne peut pas continuer comme ça, rester en danger » estime Valérie Marque, secrétaire générale du syndicat au conseil départemental. La CGT réclame une entrevue avec le préfet au plus vite, car « c’est l’État le garant de notre sécurité » et se dit prête à organiser un rassemblement devant la préfecture dès jeudi matin si nécessaire.

    Récupérer sa voiture après sa journée de travail au parking est une gageure, croiser un dealer aussi… « J’ai reçu des menaces de mort », raconte cette sage-femme qui est tout de même retournée au travail moyennant six mois de psychothérapie.

    « Les enfants ont peur »

    Dans l’idée, « être au cœur de la cité c’est super mais là, ce n’est plus tenable », raconte une autre salariée. Elle ajoute : « Les enfants que nous suivons ne veulent plus venir, ils ont peur. Et on reçoit des habitants qui se sont fait chasser de leur domicile par les dealers, ils arrivent avec juste les vêtements qu’ils ont sur le dos. » L’organisation des visites à domicile aussi a dû être revue « pour éviter d’être confrontés au réseau », assure une troisième.

    Sur site, ce mardi matin, les camions de CRS et de police en place la veille « ne sont plus là » assure une assistante sociale alors que la préfète de police a assuré mettre les moyens avec « une présence renforcée afin de lutter contre la délinquance, les trafics ainsi que leurs conséquences pour ceux qui y vivent et y travaillent ».

    « On se suradapte au quotidien, on tolère des choses intolérables et on est mis à l’amende, comme les habitants », témoigne une salariée des Flamants. Dans l’urgence, une partie des grévistes réclame un encadrement policier accru, au quotidien, ou un déménagement en attendant. Du temporaire, en attendant que soit définitivement démantelé le réseau, espèrent-ils, bien conscients que ce n’est pas « une mince affaire ».

    Parmi les manifestants, on retrouve également Gérard Frau, président du groupe communiste au conseil départemental des Bouches-du-Rhône et adjoint au maire de Martigues. « Les travailleurs du social en général ont déjà tellement de difficultés à assurer leur mission, il n’est pas imaginable qu’ils puissent subir la pression du narcotrafic » s’indigne l’élu, pour qui « il faut créer de bonnes conditions d’exercice de leur métier » car « les parents, les familles ont besoin de ces structures ». Une lettre des élus PCF du Département va être envoyée pour appuyer la demande de rendez-vous auprès du préfet ajoute-t-il.

    En attendant, une caisse de grève a été ouverte.

    Contactée, la préfecture de région n’a pas donné suite à nos sollicitations.

  • Aux Flamants, le service public sous la pression du narcotrafic

    Aux Flamants, le service public sous la pression du narcotrafic

    Drones, chiens, menaces, check-points pour récupérer sa voiture dans le parking le soir… Excédés et inquiets de la présence d’un réseau de narcotrafic, les agents de la Maison départementale de la solidarité des Flamants (14e) se sont mis en grève à l’appel de la CGT, ce lundi 13 octobre. « Il y avait déjà eu des problèmes il y a trois ans avec une intrusion », rappelle une syndiquée.

    Cette fois, c’est une assistante du service social qui a été menacée de mort le 3 octobre, après avoir eu des mots avec un dealer. « Nous sommes le seul service public qu’il reste et nous ne pouvons plus l’assurer », déplore notre syndiquée. La CGT a bien « demandé des solutions alternatives », quitte à déménager. « on nous répond que les recherches sont en cours pour un lieu, mais que cela prendra quelques années… », indique-t-elle dans un communiqué. Le syndicat organise un rassemblement devant le Département, ce mardi 14 octobre entre midi et deux.

    Sur site, des « volantes » sont venues remplacer les grévistes pour « assurer les urgences ». Elles témoignent de la « très grande précarité » d’habitants sous la coupe du réseau, « ils supportent. ».

    Forte présence policière

    De fait, peu de monde accepte d’évoquer le sujet. « Ma mère habite là, oui, le réseau c’est un problème effectivement », nous confie du bout des lèvres un visiteur. La forte présence des cars de CRS et de la police nationale a visiblement découragé les dealers ce lundi. Même si, entre les immeubles réhabilités, les traces des feux allumés par les choufs pour se réchauffer ou encore un fauteuil sur le trottoir restent bien visibles.

    La préfète de police déléguée, Corinne Simon, a donné des instructions. « La cité des Flamants fait l’objet d’une présence policière renforcée afin de lutter contre la délinquance, les trafics, ainsi que leurs conséquences pour ceux qui y vivent et y travaillent » indique-t-elle, avec « des effectifs locaux qui interviennent nuit et jour ». Et d’évoquer l’interpellation d’un trafiquant, il y a quelques semaines, avec la saisie de près d’1,5 kg de cannabis, 500 euros et deux armes et ce dimanche soir, après un refus d’obtempérer, l’interpellation de sept personnes. Et la préfète d’asséner : « là-bas, comme ailleurs, force restera à la loi. »

    Du côté du Département, on précise que « le directeur général des services délégué et le directeur de la sécurité sont immédiatement allés à la rencontre des agents » et « plusieurs actions correctives » ont été engagées. Comme le renforcement de la police donc et « un agent de sécurité mobile supplémentaire affecté sur les périodes d’affluence. » Il assure aussi « l’ensemble des personnels de [son] soutien. » « Tout doit être mis en œuvre pour les protéger », ces « piliers de la solidarité » et « leur offrir des conditions de travail dignes de leur engagement au quotidien », estime-t-on à la direction de la collectivité.

  • Les associations, exsangues, dans la rue

    Les associations, exsangues, dans la rue

    « Vous êtes tous concernés ! » C’est à une véritable prise de conscience que Yannick Gallien, président du mouvement associatif régional, appelle. Pour la première fois, les associations vont manifester, ce samedi 11 octobre*. Parce que « ça ne tient plus ».

    « Nous savons que la situation politique et financière est compliquée, que l’actualité va occulter un peu notre mouvement, mais cela fait plusieurs années maintenant que nous ne sommes pas reconnus », déplore-t-il, « si on abandonne, c’est une sorte de capitulation ». Avec
    – 41% de subventions publiques, 186 000 emplois menacés, 31% d’associations qui ont une trésorerie à moins de trois mois, 70% des associations employeuses déclarant que le montant de leurs fonds propres reste fragile, égrène-t-il, l’heure est grave. Alors que les besoins en matière de solidarité, d’accompagnement, de culture ou de pratique sportive, autant de domaines où intervient le mouvement associatif, sont prégnants.

    « On nous dit que le modèle de la subvention, c’est fini, qu’il faut se tourner vers le mécénat, mais ce dernier a ses limites », estime Yannick Gallien. Or, de l’argent, il y en a « pour faire des ronds-points ou des ombrières », ironise-t-il, demandant à ce que les financements soient « fléchés ». Plus politiquement, il rappelle qu’il s’agit d’un choix de société. Les associations, en permettant une « rencontre entre des gens, des sensibilités, des cultures différentes » apportent une « respiration, un apaisement », considère-t-il.

    Et de demander au moins le maintien des subventions, la création de nouveaux emplois aidés ou encore de transformer la déductibilité des dons en crédits d’impôt.

    « Un manque de vision »

    À ses côtés, Denis Philippe, président de la Chambre régionale des entreprises de l’économie sociale et solidaire (Cress), est venu en soutien.

    « L’économie sociale et solidaire est une économie à part entière, à laquelle les associations participent » pose-t-il, déplorant un « manque de vision » de l’État. Il s’appuie sur un rapport de la Cour des comptes, publié en mai 2021, qui dresse un état des lieux du soutien des pouvoirs publics au monde associatif. Où les magistrats soulignent « en particulier l’absence de stratégie et une coordination fragile » recommandant « un soutien modernisé du secteur ». Et de réaffirmer que le modèle associatif, établit en 1901, reste aussi le dépositaire de valeurs. « En tant qu’élu, on ne peut pas [se contenter de] poser pour la photo à côté d’une association parce qu’on est en campagne », mais « de se poser la question : dans quelle société voulons-nous vivre ? », assène Denis Philippe. Il prend l’exemple du Conseil national de la Résistance, où des choix sociétaux ont été faits. « On ne peut pas considérer que l’ESS et les associations sont quantités négligeables », tance-t-il. Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, on dénombre 140 000 associations pour 1,3 million de bénévoles et 150 000 salariés, soit 10% de l’emploi régional.

    * À 10h sous l’Ombrière du Vieux-Port

  • La crise du logement, un défi ici et partout en Europe

    La crise du logement, un défi ici et partout en Europe

    « On retrouve à Marseille et partout ailleurs en Europe les mêmes freins liés au foncier, au financement et à l’acceptabilité de la mixité », pose Patrick Amico (GRS), l’adjoint au maire de Marseille en charge du logement et de la lutte contre l’habitat indigne. Il rappelle le besoin annuel non satisfait de 4 000 nouveaux logements, dont 2 300 abordables. « On ne peut pas compter sur la bonne volonté du marché. Une politique de production de logements abordables est encore plus nécessaire », exhorte-t-il. S’agissant des 12 937 meublés touristiques recensés fin 2024, dont 6 000 sauvages, une « régulation » s’impose, car ils font « perdre des logements familiaux ».

    Sur l’habitat dégradé qui affecte 40 000 logements à Marseille, « le travail a été pris à bras-le-corps avec des situations d’urgence absolue », déclare Patrick Amico. Beaucoup d’immeubles sortent de péril, mais 1 300 arrêtés de mise en sécurité sont encore actifs. « La problématique de sécurité diminue, mais celle de l’indécence et de l’insalubrité augmente », reconnaît-il.

    « La reconquête de logements vacants et l’investissement dans l’ancien ne suffisent pas », expose David Ytier (LR), le vice-président en charge du logement à la Métropole, conscient que « la crise du logement touche l’intégralité du territoire intercommunal ». « Il faut convaincre nos concitoyens que la production de logements est une nécessité d’intérêt général pour que chaque citoyen ait un toit. » Sur les grandes copropriétés privées dégradées « longtemps dans l’angle mort des politiques publiques », 4 des 28 les plus préoccupantes à Marseille vont faire l’objet d’une opération Orcod-IN*, « cela fait 30 ans qu’on enchaîne les plans de sauvegarde. Il est temps qu’on se donne une méthode pour être efficace quand des habitants sont pris au piège de situations inhumaines, atroces et inimaginables », lance David Ytier.

    « Ce n’est plus une crise mais une tendance »

    Pour l’État qu’il incarne, Patrick Vauterin, directeur départemental des territoires et de la mer (DDTM), rappelle qu’« on ne résoudra pas les questions marseillaises sans la solidarité territoriale quand on est face aux défis du logement, de la lutte contre l’habitat indigne, de la rénovation urbaine ». De redire que « l’état est là » avec l’Anah qui, depuis 2018, a mis plus de 40 millions d’euros sur ce territoire et 25 millions d’euros supplémentaires en 2025 et 650 millions d’euros de l’Anru sur Marseille. Il rappelait l’impact de la crise du Covid où « la production s’est écroulée de 30% quand les demandes de logements sociaux augmentaient de 30% ».

    Pour Francis Vernède, de la Fondation pour le logement des défavorisés, « avec 2,8 millions de demandeurs d’un logement social en France, dont 110 000 dans les Bouches-du-Rhône, la question devrait être le cœur de cible des pouvoirs publics. Ce n’est plus une crise, mais une tendance car on a fait du logement social un produit financier ».

    * opération de requalification de copropriétés dégradées d’intérêt national

  • Le Cria met à l’honneur des parcours d’exilés avec une réussite à la clé

    Le Cria met à l’honneur des parcours d’exilés avec une réussite à la clé

    Jalonnés d’embûches, les parcours migratoires peuvent aussi déboucher sur de beaux projets de vie. « On parle beaucoup des difficultés, mais une fois surmontées, elles révèlent des trésors d’initiatives. Nous avons voulu aborder cette semaine nationale sous un angle positif », explique Marion Crôle, présidente du Cria Paca.

    C’est une entrée à plusieurs portes dans l’univers du déracinement que proposait le Cria à ses partenaires, lors de cette journée dédiée à l’intégration. Une exposition photographique pour retracer différents parcours de ceux que la vie, la guerre, la crise économique ou politique a poussés à s’expatrier, des podcasts à écouter dans un combiné téléphonique, des vidéos et des témoignages sensibles.

    Une médecin afghane qui poursuit les démarches pour faire reconnaître son diplôme, tout en s’engageant bénévolement comme assistante sociale auprès de Médecins du Monde et comme secouriste à la Croix-Rouge, une psychologue ukrainienne qui poursuit ses études pour reconstruire sa vie à Marseille, une Marocaine qui a puisé dans son savoir-faire culinaire de quoi monter un restaurant aussi généreux en sourire qu’en saveurs, un jeune guinéen ayant bravé la Méditerranée devenu président d’une association culturelle œuvrant pour l’alphabétisation et l’accompagnement administratif…

    En puisant dans leurs ressources personnelles et en combinant leur héritage culturel aux apprentissages du pays d’accueil, les exilés ne se contentent pas de trouver leur place dans la société : ils l’enrichissent.