Tag: solidaire

  • Toulon : Aux journées de la réparation, on incite à ne plus jeter ou remplacer

    Toulon : Aux journées de la réparation, on incite à ne plus jeter ou remplacer

    Pendant quatre jours, du 16 au 19 octobre, les Journées nationales de la réparation et de la durabilité des produits ont eu lieu partout en France. Un grand rendez-vous pour encourager les Français à réparer plutôt que remplacer leurs équipements, qui a donné lieu à plusieurs événements dans le Var, comme à l’Amarre, à Toulon. Ce samedi s’y tenait une journée dédiée à la réparation de toutes sortes d’objets (petit électroménager, électronique, vêtements…), encadrée par les bénévoles de ce tiers-lieu participatif lancé il y a quatre ans, et qui s’est doté d’un Repair Café, lieu où chacun peut venir réparer ses objets endommagés.

    Et même si l’association n’a pas besoin de ce cadre pour promouvoir l’idée, « c’est bien de participer à ces journées pour fédérer autour de la réparation », explique Marc Hocdé, secrétaire de l’association et responsable du Repair Café. Ce samedi, un atelier a été installé devant le tiers-lieu. Mais pour les bénévoles, l’objectif n’est pas simplement celui de réparer, mais « de réparer ensemble. Nous sommes bricoleurs, les gens viennent avec leurs objets et nous les aidons », précise le bénévole. Car l’intérêt réside aussi dans le fait de « créer du lien. En général les gens sont ravis, même si on ne répare pas à tous les coups », reconnaît-il, avançant une réussite « de 60% ».

    Halte à l’obsolescence programmée

    Pour bénéficier du service, il faut adhérer à l’association (5 euros pour une adhésion à la journée, 30 pour une adhésion annuelle, et à partir de 1 euro en tarif solidaire). Une modique somme qui offre ensuite accès à l’ensemble des activités de l’association. Parmi les nouveaux adhérents, Sandrine, venue réparer un grille-pain et des vêtements : « Je me suis dit que ce serait plus sympa d’apprendre à réparer moi-même que de confier mes objets à quelqu’un qui incite à acheter du neuf. » Car ceci est fréquent chez les fabricants, qui incitent à l’achat, notamment via l’obsolescence programmée : « Ils créent leurs propres vis, ce qui nous oblige à acheter des outils particuliers. Ils collent, ou font des systèmes de clips indémontables », fustige Marc Hocdé, qui pointe ainsi la viabilité du label QualiRepar, octroyé à des réparateurs pour attester de leur compétence, et qui donne droit à un bonus réparation au consommateur : « C’est super, mais quand les fabricants font tout pour rendre la réparation impossible… »

    Malgré cela, le principe de réparation fait des émules, si bien que le Repair Café a signé un partenariat avec le collège la Marquisanne, où a été créé cette année un champ professionnel Segpa sur la réparabilité. « Il faut lutter contre la surconsommation et pour l’écologie, car un objet réparé n’est pas reconstruit ni jeté. Il y a un double bénéfice. Et ce genre de journée permet de sensibiliser autour de ça », conclut Marc Hocdé.

  • À Martigues, le café associatif le Rallumeur d’étoiles souffle ses dix bougies

    À Martigues, le café associatif le Rallumeur d’étoiles souffle ses dix bougies

    Une assiette remplie de mets divers et variés, Sébastien va rejoindre ses amis autour d’une table au soleil, à deux pas du canal Galiffet. Les discussions se mêlent au son des enceintes, qui retransmettent les rythmes créoles et la poésie occitane de Moussu T e lei Jovents, un groupe créé par Tatou et Blu de Massilia Sound System. Posté à l’étage, derrière la friteuse, Nicolas lâche : « On est bien, là, le cadre est idyllique. »

    Ce 19 octobre, c’est le dimanche mensuel du brunch au Rallumeur d’étoiles. « Ça fait deux jours qu’on le prépare, on s’est levés à 8 heures ce matin », confie Enora, la seule salariée du café associatif. Le principe est simple : les bénévoles concoctent le repas, les adhérents et autres curieux viennent le déguster à prix libre tout en profitant de la musique live d’un groupe payé au chapeau. « C’est une volonté de rendre la culture accessible », explique Nicolas, membre du collège solidaire du lieu.

    De l’autre côté, les artistes jouent le jeu. « On a commencé comme ça, dans les bars, c’est là qu’on s’amuse, affirme Tatou. C’est politique aussi, bien sûr ! Et puis si ça peut donner un coup de main à ce genre de lieu c’est tant mieux. »

    De nouveaux publics

    Car si le Rallumeur d’étoiles fête ses dix ans, chaque anniversaire est une victoire. « À chaque fois on est sur la corde raide mais on tient », assure Nicolas. Il faut dire que toutes les activités proposées par le café associatif, qui vont d’une grainothèque à des conférences en passant par des ateliers de conversation en espagnol, en anglais, en provençal, des débats philosophiques, des ateliers d’écriture, de lecture ou encore des concerts, sont gratuites pour les adhérents. L’an dernier, le lieu a organisé près de 200 événements.

    « Les adhésions à prix libre remboursent 20% de notre budget de fonctionnement, poursuit Nicolas. La mairie nous soutient avec une subvention de 10 000 euros et après on fait des levées de fonds pour tenir. » Car l’association doit faire face à l’inflation et à l’augmentation de son loyer, passé de 600 euros il y a 9 ans à 1 200 euros actuellement. À l’avenir, le Rallumeur d’étoiles cherche à attirer de nouveaux publics. Enora détaille : « On aimerait bien avoir plus de jeunes, pour leur montrer qu’ils ont leur place dans la société comme dans le café. Pour ça, on est sur Instagram et on travaille avec des partenaires comme Mistral Show qui est un collectif qui fait de la programmation musicale qui parle plus à ce public. » Nouvelle année, nouveau challenge !

  • Ces structures qui réinsèrent les « très » éloignés de l’emploi à Aix

    Ces structures qui réinsèrent les « très » éloignés de l’emploi à Aix

    Après Encagnane, Corsy, Jas-de-Bouffan et Beisson, c’est au pied du quartier Saint-Eutrope que s’est installée la quatrième édition du forum de l’insertion et de l’emploi. À l’initiative de la municipalité, dans le cadre de sa politique de la ville, une vingtaine de stands, doublés du bus de l’insertion et de l’emploi du Département, se sont installés « au pied des immeubles » du quartier, place Antoine-Maurel.

    « On cible les publics des quartiers prioritaires qui cumulent pas mal d’obstacles (…) sociaux, bas niveaux de qualifications, modes de gardes, mobilité… On a voulu faire un programme avec des offres qui puissent répondre au mieux à ces problématiques », contextualise une agente de la Ville. Sur place, plusieurs structures s’adressent notamment aux publics dits « très » éloignés de l’emploi. Elles sont spécialisées pour accompagner la réinsertion de profils restés un long temps au chômage, sous main de justice, sans domicile fixe… Le centre social et culturel Aix-Nord Beisson (Beisson), via son projet Atlas, s’attelle à accompagner le projet professionnel des 16-30 ans les plus « précaires », issus de l’aide sociale à l’enfance (ASE), sous la direction de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).

    « Lever les freins »

    « L’idée est de réunir tous ces invisibles-là et de les rattacher à ces dispositifs. La plus-value de ce projet, c’est son approche holistique, explique Reda Gannouni, coordinateur du centre. Il y a toujours un fossé entre les entreprises et ces jeunes-là, mais l’idée, c’est de le réduire. Ce n’est la faute de personne, c’est multifactoriel. »

    À quelques pas de là, Yves Millo, chargé du territoire et de la coordination pédagogique pour le dispositif O2R (Offre de repérage et de remobilisation), porté localement par la structure Greta, porte un constat similaire, mais sur l’ensemble des jeunes demandeurs d’emploi. « Les jeunes ont souvent un projet pro, contrairement à ce que l’on peut penser, souligne Yves Millo. Ils ont du mal à entrer en lien avec les entreprises parce qu’ils sont jeunes, qu’ils n’ont pas de réseau. Il y a un vrai sujet sur la mise en relation des jeunes et des entreprises aujourd’hui. »

    BTP emploi, entreprise de travail temporaire d’insertion (Etti), agréée Insertion par l’activité économique (IAE), installé pour la journée, estime de son côté que la mobilité, peut être l’un des principaux obstacles pour les demandeurs d’emploi. « Souvent, en tout cas. C’est le principal frein à l’emploi sur le secteur aixois », estime Richard Ducrz, chef de l’agence aixoise. « Mais ce n’est pas un critère qui répond aux critères d’éligibilité du public que l’on accompagne » ajoute Naissrine Afarnos, chargée de recrutement. À Aix, « le taux de chômage est à 5% (…) les employeurs sont en concurrence sur les postes non qualifiés » selon une conseillère France travail, qui pointe que « le transport reste un problème » pour les emplois type boulangerie ou ménages, et nécessitent de débuter tôt dans la journée, avant la mise en circuit du premier bus. Eva Bonnet-Gonnet

  • Les associations, exsangues, dans la rue

    Les associations, exsangues, dans la rue

    « Vous êtes tous concernés ! » C’est à une véritable prise de conscience que Yannick Gallien, président du mouvement associatif régional, appelle. Pour la première fois, les associations vont manifester, ce samedi 11 octobre*. Parce que « ça ne tient plus ».

    « Nous savons que la situation politique et financière est compliquée, que l’actualité va occulter un peu notre mouvement, mais cela fait plusieurs années maintenant que nous ne sommes pas reconnus », déplore-t-il, « si on abandonne, c’est une sorte de capitulation ». Avec
    – 41% de subventions publiques, 186 000 emplois menacés, 31% d’associations qui ont une trésorerie à moins de trois mois, 70% des associations employeuses déclarant que le montant de leurs fonds propres reste fragile, égrène-t-il, l’heure est grave. Alors que les besoins en matière de solidarité, d’accompagnement, de culture ou de pratique sportive, autant de domaines où intervient le mouvement associatif, sont prégnants.

    « On nous dit que le modèle de la subvention, c’est fini, qu’il faut se tourner vers le mécénat, mais ce dernier a ses limites », estime Yannick Gallien. Or, de l’argent, il y en a « pour faire des ronds-points ou des ombrières », ironise-t-il, demandant à ce que les financements soient « fléchés ». Plus politiquement, il rappelle qu’il s’agit d’un choix de société. Les associations, en permettant une « rencontre entre des gens, des sensibilités, des cultures différentes » apportent une « respiration, un apaisement », considère-t-il.

    Et de demander au moins le maintien des subventions, la création de nouveaux emplois aidés ou encore de transformer la déductibilité des dons en crédits d’impôt.

    « Un manque de vision »

    À ses côtés, Denis Philippe, président de la Chambre régionale des entreprises de l’économie sociale et solidaire (Cress), est venu en soutien.

    « L’économie sociale et solidaire est une économie à part entière, à laquelle les associations participent » pose-t-il, déplorant un « manque de vision » de l’État. Il s’appuie sur un rapport de la Cour des comptes, publié en mai 2021, qui dresse un état des lieux du soutien des pouvoirs publics au monde associatif. Où les magistrats soulignent « en particulier l’absence de stratégie et une coordination fragile » recommandant « un soutien modernisé du secteur ». Et de réaffirmer que le modèle associatif, établit en 1901, reste aussi le dépositaire de valeurs. « En tant qu’élu, on ne peut pas [se contenter de] poser pour la photo à côté d’une association parce qu’on est en campagne », mais « de se poser la question : dans quelle société voulons-nous vivre ? », assène Denis Philippe. Il prend l’exemple du Conseil national de la Résistance, où des choix sociétaux ont été faits. « On ne peut pas considérer que l’ESS et les associations sont quantités négligeables », tance-t-il. Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, on dénombre 140 000 associations pour 1,3 million de bénévoles et 150 000 salariés, soit 10% de l’emploi régional.

    * À 10h sous l’Ombrière du Vieux-Port

  • Le marché solidaire s’installe au cœur du quartier de la Croix des Oiseaux

    Le marché solidaire s’installe au cœur du quartier de la Croix des Oiseaux

    La place du Tambour d’Arcole, dans le quartier de la Croix des Oiseaux d’Avignon, était particulièrement animée, ce lundi 6 octobre au matin, entre étalages de légumes, de produits et même d’un stand de vêtements et un autre de prévention contre le cancer. Et ce, à l’occasion du marché solidaire et bio qui vient de s’y installer pour la première fois.

    En effet, ce marché mensuel existait déjà depuis plus d’un an, mais se tenait dans la cour du centre social du quartier, « ce qui pouvait donner l’impression que c’était réservé à nos adhérents, alors que pas du tout », précise Jean-Michel Pelissier, directeur de l’établissement.

    Les produits frais sont proposés par l’association Semailles, qui les cultive à moins d’un kilomètre de là, dans la ceinture verte d’Avignon. Tandis que les produits secs sont vendus par le projet Gemvrac. Ceux-ci sont notamment proposés à des prix qui varient selon les moyens du foyer. Si les revenus sont de moins de 800 euros par mois, les fruits et légumes sont à moitié prix, moyennant une adhésion d’un euro par an aux structures.

    Lieu convivial

    « C’est vraiment un grand plaisir de voir ça. C’est top d’avoir la possibilité de manger bio. On sent la différence au niveau du goût, c’est très bon pour la santé, et je vais en parler autour de moi », se réjouit ainsi Souheila, habitante du quartier. « L’idée était de rendre cela plus visible pour les habitants et d’en accueillir le plus possible. Car c’est aussi un lieu de convivialité », poursuit de son côté Sophie Santana, chargée de mission en accessibilité alimentaire chez Semailles.

    Car, en parallèle du marché, Sylvie, bénévole de la structure, cuisine un plat à base de produits disponibles sur le marché, devant les habitants du quartier. « On promeut ainsi une alimentation durable dans un quartier politique de la ville. Souvent, l’aide alimentaire peut paraître de mauvaise qualité et on est là pour montrer que ce n’est pas le cas », poursuit la responsable de l’association. « Cela montre qu’il est possible de manger sainement, à bas prix, local. Il faut simplement bien choisir ses circuits de distribution », complète Marielle Martinez, cheffe de projet à Gemvrac.

    Détail des lieux et dates sur esscroixdesoiseaux.org

  • Le sourire des salariés de la Centrale

    Le sourire des salariés de la Centrale

    «Le combat a démarré en 2018 », rappelle Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT Centrale de Gardanne. Ce vendredi, au pied de la centrale thermique de Gardanne, lieu devenu symbolique de la lutte pour l’emploi, les salariés du site célèbrent la victoire après un accord historique entre la Centrale, GazelEnergie, propriétaire du site, et l’état, arraché après de nombreuses années de mobilisation. Sur place, des représentants de l’UD CGT, du Parti communiste (PCF), élus d’oppositions du Collectif Citoyen Gardanne-Biver, les Unions locales du département, mais aussi la CGT des dockers, des portuaires, des cheminots, des territoriaux, corporations avec lesquelles les actions de la mobilisation ont plus d’une fois convergé.

    Pour mémoire, le combat s’est construit autour de deux axes : permettre à 27 des salariés licenciés après la fermeture de la tranche charbon d’être réembaucher en conservant leur statut industrie électrique et gazière (IEG), et le projet de production de biométhane sur le site, travaillé et porté par les licenciés, justement. Une première grève de quatorze mois, un an après l’annonce de l’arrêt de la production d’électricité à base de charbon, a été le début d’une lutte syndicale parfois épuisante.

    Le combat « a été très long, a demandé des sacrifices pour tous les travailleurs », rappelle Jean-Michel Roccasalva. On a cravaché pour que ce projet corresponde à tous nos besoins et qu’il n’y ait pas de possibilité de le dédouaner. Avec le rapport de force, le projet industriel, la convergence entre les fédérations, on a pu signer, le 31 juillet, ce protocole d’accord. Quand on s’organise et qu’on est convaincu, il n’y a aucune raison de ne pas gagner un combat. Cette victoire est belle, mais ce n’est pas la dernière. On a encore du travail. On a des gouvernements qui se succèdent, qui font semblant et n’ont que l’envie de décider comme des monarques et dictateurs. On n’est pas à l’abri d’une remise en cause, mais pour autant, on va rester optimistes. » « La lutte paie, c’est un exemple, il y en a eu plein comme ça. La dernière ligne droite n’est pas toujours sans danger, mais nous n’avons aucun doute que vous saurez tenir le cap », soutient Claude Martin, secrétaire fédéral de la CGT FNME (Fédération nationale des mines et énergie).

    « Solutions alternatives »

    Parmi les salariés, la bonne humeur est de mise sur cette matinée de célébration, bien que tous restent vigilants pour la suite, contexte national oblige. « C’est un soulagement énorme, même s’il nous reste encore quelques étapes dans la construction du projet, témoigne Franck Traversari, l’un des 27 salariés. On a vécu pendant des années avec la peur du lendemain. Mener un conflit, c’est être pointé du doigt au quotidien. Mais aujourd’hui, on a des garanties pour que le projet se réalise. Les premières embauches se font en décembre, c’est un acte fort pour l’avenir. Aujourd’hui, on dit que oui, il y a des solutions alternatives, qu’il ne suffit plus de fermer des postes et licencier. »

    à ceux qui sont dans la rue depuis le 10 septembre, Franck Traversari appelle à tenir le bon bout, même si le choix d’être gréviste pèse sur le quotidien. « Il faut prendre en main son destin et cela passe par la convergence des revendications pour peser sur l’état et l’ensemble des entreprises », estime-t-il.

    Constat partagé par Guillaume, qui reconnaît, lui aussi, le poids de la lutte sur la vie de ceux qui la mènent. « Il y a une satisfaction à ne pas avoir lâché, à avoir cru en notre projet et la solidarité entre les uns et les autres. Ce n’est pas encore fini, on ne sait jamais, il faut encore que l’usine sorte de terre », rapporte ce salarié qui, lui aussi, sera réembauché prochainement. « à ceux qui luttent pour leurs droits, je leur dis d’être un acteur du syndicat, ne pas laisser la direction dicter une vision unique de l’entreprise », ajoute Guillaume, qui conseille aux salariés en lutte, sur le territoire national, de s’organiser. « Il y a eu des hauts, des bas, mais la fin paie. ça n’a pas été des moments faciles, on a eu de la chance que nos familles nous suivent : on ne pouvait pas se laisser faire sans réagir. Pour nous, la lutte ne se terminera jamais, rien n’est acquis, on ne peut compter que sur nous-même tant qu’on ne verra pas le début de la construction de la nouvelle unité de production, intervient de son côté Christophe, qui fera partie des deux salariés réembauchés, mais sur la tranche biomasse. Il n’y a que la lutte qui paie, mais surtout la lutte solidaire, ensemble. »

    La notion de solidarité, elle, a marqué les prises de paroles des différentes fédérations sur place, chacune ayant joué son rôle dans cette première victoire. Et doit se poursuivre. « Dans une période marquée par les conflits, par un génocide à Gaza, profitons de ce moment de fraternité qui, parfois, fait défaut au détriment d’un individualisme qui nous ronge, rappelle Serge Coutouris, secrétaire général adjoint de la Fédération nationale des ports et docks. N’oublions pas l’importance de ces moments, pour que, tous ensemble, nous continuions de croire que nous y arriverons. »

    ET AUSSI

    10 ans de réussite des Scop-Ti

    De la menace d’une fermeture totale d’un site à la reprise de l’activité par une coopérative ouvrière, il n’y a qu’un pas et… 1 336 jours de lutte. Les Scop-Ti, ou Fralib, qui ont victorieusement fait plier Unilever, fêtaient leurs 10 ans, en mai 2024.

    La CPMM plus forte que la SAD

    Autre exemple de lutte victorieuse : celle des salariés de l’ex-SAD, filiale marseillaise de Presstalis, messagerie de presse. Depuis la liquidation de cette dernière, les ouvriers du papier ont repris l’activité et la développent avec plus de salariés, une activité diversifiée…

  • Où manifester jeudi 2 octobre dans le Gard et l’Hérault ?

    Où manifester jeudi 2 octobre dans le Gard et l’Hérault ?

    Pas moins de 12 rassemblements ou manifestations sont au programme de la deuxième journée de grèves et mobilisations dans le Gard et l’Hérault, jeudi 2 octobre.

    A l’appel des 8 formations qui composent l’intersyndicale, 5 cortèges sont prévus dans le Gard. Dès 10h à Alès (sous-préfecture), Bagnols-sur-Cèze (monument aux morts), et Uzès (mairie). La manifestation de Nîmes s’élancera à 14h30 du quai de la Fontaine. Enfin, Le Vigan donne rendez-vous à 18h (sous-préfecture).

    Dans l’Hérault, 7 mobilisations sont prévues. Trois à l’appel de l’intersyndicale à 10h30 à Montpellier (place Albert 1er), Sète (bourse du travail) et Béziers (place de la mairie). Quatre autres rassemblements sont prévus à l’appel de la CGT à 10h30 à Bédarieux (maison des syndicats), à 11h à Lodève (sous-préfecture) et enfin à 11h30 à Ganges (mairie) et Lunel (place de la République).

    Dans l’Hérault, Stéphane Audebeau (FSU 34) appelle à « continuer à mettre la pression au gouvernement pour faire valoir les intérêts du monde du travail : salariés, fonctionnaires, retraités et demandeurs d’emplois ». Lesquels seront, avec les services publics, « les premiers touchés par la politique d’austérité » à venir. « Nous réclamons plus de justice fiscale et sociale », insiste l’enseignant qui déplore le manque de profs et d’AESH.

    A la CGT 34, Sébastien Boudesocque rappelle que 1,1 million de personnes (près de 40 000 dans le Gard et l’Hérault) ont défilé lors du premier round intersyndical le 18 septembre. Face à la « langue de bois » du Premier ministre qui n’a eu que faire de « l’ultimatum », le secrétaire départemental de la CGT 34 rappelle que d’autres choix existent. Le cégétiste souhaite mettre à contribution les grandes fortunes et les grosses entreprises. « La France est championne d’Europe du versement des dividendes et dans le top 5 mondial pour le nombre de milliardaires ». Il rappelle que les 35 heures ont créé 350 000 emplois et le CICE seulement 100 000. « La théorie du ruissellement ne fonctionne pas. L’Espagne a fait d’autres choix en taxant les capitaux des banques », illustre-t-il.

    A la CFE-CGC 34, on alerte sur « la souffrance au travail », les cas de « burn-out » et de « dépression » qui se multiplient chez les cadres. Chez l’Unsa 34, Jean-Robert Biggio déplore « qu’aucune mesure de l’intersyndicale n’ait été retenue » par le Premier ministre et « qu’aucune recette fiscale supplémentaire n’ait été trouvée » alors même que 211 milliards d’euros annuels sont octroyés par l’État aux grandes entreprises « sans aucun contrôle ». Quant à la CFDT 34, Glawdys Klapka insiste sur le pouvoir d’achat et « les fins de mois difficiles à boucler » pour bon nombre de salariés.

    Enfin, du côté de FO 34, Franck Mary-Montlaur déplore que la rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu n’ait absolument « rien donné ». « Les salariés en ont marre d’attendre », s’agace le responsable héraultais. Il est pour l’heure le seul à émettre des réserves sur la stratégie des journées de mobilisation « saute-moutons ». « Elles coûtent trop cher. Soit on y va pour de bon…»

  • Unis, les syndicats mettent le cap sur le 18

    Unis, les syndicats mettent le cap sur le 18

    La journée de blocage du 10 septembre et la manifestation qui a réuni plus de 80 000 personnes à Marseille ont, semble-t-il, donné des ailes aux organisations syndicales, réunies en intersyndicale en vue de la journée de grève et d’actions du 18 septembre prochain. « C’est un très bon premier départ pour une mobilisation sociale d’ampleur. Nous avons su faire la convergence avec les collectifs citoyens et les autres forces mobilisées. Cela dépasse largement nos rangs, et c’est ce qu’il faut développer. », souligne Jessica Jadé, secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône.

    Pour elle, comme pour ses homologues d’autres organisations syndicales, cette journée marque un tournant. « C’est une étape importante dans la construction d’un mouvement de longue haleine », abonde Franck Balliot, co-secrétaire départemental de la FSU 13, qui se félicite de la forte participation dans l’Éducation nationale, avec des taux de grève élevés dans plusieurs établissements. Pour Frédéric Michel, de Solidaires 13, cette journée était « le début d’une offensive sociale » qui n’attend qu’à se concrétiser avec la date du 18. Il insiste notamment la diversité du cortège : jeunes, retraités, chômeurs, non syndiqués : « Il n’y avait pas de défiance, mais une vraie convergence avec les syndicats ».

    Tous appellent, espèrent et vont travailler à une mobilisation aussi réussie pour le 18 septembre. « Il faut construire un rapport de force gagnant, réfléchir ensemble à une autre société. Ce n’est pas une rentrée sociale plan-plan : il y a un souffle, une dynamique », développe Frédéric Michel. « La colère est légitime. Elle est née des passages en force de Macron et de ses politiques antisociales », reprend Jessica Jadé pointant les politiques de « casse sociale » menées par les gouvernements successifs. Et de rappeler les menaces sur les congés payés, la sécurité sociale et le financement des retraites : « Ce n’est pas la nomination de Lecornu comme Premier ministre qui va nous rassurer ».

    Avis partagé même par des représentants de syndicats classés comme réformistes. « Sa nomination ne donne aucun espoir d’amélioration. Le 18 septembre est une étape dans un mouvement plus large pour imposer une autre voie : celle du respect des agents, des salariés et de leurs représentants », assure Rendi Dichri, de l’Unsa. À l’opposé de la logique d’austérité et d’individualisation des droits à l’œuvre depuis des années, son organisation demande urgemment une revalorisation immédiate des salaires, traitements et pensions, le respect des statuts et des droits collectifs, et des moyens suffisants pour les services publics. « Nous serons dans la rue, pas par habitude, mais parce qu’il y a un ras-le-bol général. Ras-le-bol d’être les premiers à payer et les derniers à être respectés », ajoute Guillaume Pascal, pour la CFDT 13. Il évoque notamment « une rupture » déjà actée avec le pouvoir en place du côté des travailleurs : « Respecter les salariés, c’est reconnaître leur engagement, écouter leur voix et partager équitablement les richesses qu’ils créent ».

    René Sale, secrétaire général de l’Union locale de FO d’Aix-en-Provence, dénonce aussi la poursuite de cette politique de destruction sociale et les annonces de Bayrou : « Deux jours fériés supprimés, déremboursements doublés, attaques contre les affections de longue durée… C’est une offensive contre la sécurité sociale et les droits ouvriers ». Sa confédération a déposé un préavis de grève reconductible du 1er septembre au 30 novembre : « On ne pourra pas manifester pendant 6 ou 8 mois. Il faut réfléchir à des actions plus fortes, décidées en assemblées générales ». Un meeting est prévu le 16 septembre à Marseille avec Frédéric Souillot.

    Tous attendent une large mobilisation et se préparent à l’installer dans la durée. A minima 3 manifestations sont au programme dans les Bouches-du-Rhône, 4 pour le Var. Et les militants vauclusiens tablent sur une participation massive pour le rendez-vous à Avignon (lire encadré rendez-vous ci-contre.

    « Nous construisons cette journée comme une étape dans un processus de mobilisation. », insiste Jessica Jadé. Il faudra aussi compter sur le soutien des membres des collectifs citoyens de « Bloquons tout », à l’origine du 10 septembre. Les assemblées générales qui se tenaient à Marseille dans la foulée de la première mobilisation se sont prononcées largement en faveur d’une participation massive à la date posée par l’intersyndicale. « Ce ne sera pas une mobilisation isolée. Le combat contre le budget austéritaire durera jusqu’en décembre » prévient Franck Balliot. « On peut financer la retraite à 60 ans. Ce qui se joue aujourd’hui, c’est la justice sociale. Il faut arrêter le pillage des caisses de l’État et réinvestir dans les services publics » conclut Jessica Jadé.

    « Le combat contre le budget austéritaire durera. »

  • L’engagement solidaire sur le fil du rasoir à Martigues

    L’engagement solidaire sur le fil du rasoir à Martigues

    À l’entrée de la Halle de Martigues, un panneau renseigne le visiteur sur les recherches de bénévoles d’un côté et celles d’associations où donner du temps de l’autre. Le carré des associations de solidarité se présente bien en vue dès la porte de la salle principale franchie.

    À la table de la Croix-Rouge, les biais d’engagement sont divers, entre secourisme, aide humanitaire ou alimentaire. Marc le Coz, membre du bureau de l’unité locale de Martigues, fait part de ses « difficultés à recruter dans la durée ». « Dans la société de consommation, les gens peinent à s’engager plus que sur une seule activité. Sur 100 bénévoles, seuls 10 à 15% sont fidélisés sur l’ensemble des activités et sur la durée », détaille le responsable. Même son de cloche pour la responsable du Secours catholique, Agnès Pau. « Avant le bénévolat était un engagement, maintenant c’est un loisir », juge-t-elle. Au Secours populaire, si ce n’est pas le nombre de bénévoles qui est en cause, c’est « la difficulté à trouver des gens compétents sur des domaines précis, comme la communication ou l’encadrement de groupes de jeunes », explique Marie-Pierre Di Folco, secrétaire générale. Mais la plus grande crainte, ce sont les finances, à la vue du budget Bayrou sabrant dans celui des collectivités.

    « Si demain nous n’avons plus de subventions des villes, on devra tout arrêter », lance Patricia Molins, des Équipes Saint-Vincent. Au Secours populaire, « si on devait payer le loyer pour nos 300 m² de locaux prêtés par la Ville, ça serait fini », stipule Marie-Pierre Di Folco.

    Pire encore, si l’opération Martigues solidaire venait à disparaître. « La Ville déclenche la solidarité, avec 9 tonnes de dons récoltés en échange d’une place de concert. Mais elle paye une grosse communication et un grand concert », précise la secrétaire. « Si ça venait à disparaître, on n’aurait plus d’aide alimentaire », selon Agnès Pau du Secours catholique. Plus que jamais, la solidarité est politique.

  • Cuges-les-Pins : une braderie solidaire spéciale rentrée organisée par le Secours populaire

    Cuges-les-Pins : une braderie solidaire spéciale rentrée organisée par le Secours populaire

    Ce mercredi, les bénévoles du secours populaire sont sur le pont pour proposer « une mini-braderie spéciale rentrée scolaire » dans son magasin solidaire.

    Des bénéfices, moteurs des actions locales

    Ce magasin, actif depuis quatre ans, est ouvert à tous, sans condition de ressources, dans les locaux de l’ancienne école Chouquet, prêtés par la municipalité. Des articles neufs, issus principalement de dons faits par de grandes enseignes de distribution, y sont proposés : vêtements, jouets, livres, le tout à petits prix. « On essaye de diviser le prix par 4 ou 6 », confie Dominique Desalons, secrétaire général du Secours Populaire de Cuges.

    « On ne perçoit aucune subvention, donc l’argent récolté nous permet de financer les actions du Secours populaire de Cuges-les-Pins », affirme Dominique Desalons. Des recettes qui leur permettent de mener à bien les distributions alimentaires du mardi et vendredi, les sorties et activités organisées pour les familles (Ok Corral et Disneyland) ou encore de verser des aides ponctuelles aux étudiants et aux associations.