Tag: solidaire

  • Les jeunes ont rendez-vous avec le sport

    Les jeunes ont rendez-vous avec le sport

    Le Stade de Fontainieu accueillera les 150 jeunes des 14e et 15e arrondissements pour une journée de découvertes sportives, le 18 mars prochain. La nageuse multi-médaillée Marie Wattel, fondatrice de l’association Sport & partage, est sensible à la cause : « J’ai à cœur de partager ma passion pour le sport et rendre la pratique plus accessible aux jeunes », confie-t-elle. Dès 10h, des ateliers pluridisciplinaires – mêlant sport, culture et écoresponsabilité -sont proposés pour « faire découvrir différents sports aux enfants issus des quartiers prioritaires », résume l’athlète de l’équipe de France.

    Au programme : activités sportives, ateliers citoyens, animations pédagogiques et réalisation d’une fresque créative géante sur le thème du sport et du partage. Pour reprendre des forces, un pique-nique « Zéro Déchet » est prévu. Consciente que la pratique du sport est onéreuse, l’association prévoit « d’offrir du matériel sportif », selon son communiqué. Ainsi, chaque enfant aura l’occasion de repartir avec un kit sportif pour continuer de s’entraîner au quotidien.

    L’événement solidaire se veut « local, concret et accessible à tous », selon l’organisation. Le sport, un moteur que la nageuse Marie Wattel, qui a évolué au sein du Cercle des nageurs de Marseille (CNM), souhaite partager : « Le sport m’a énormément apporté. Aujourd’hui, je veux qu’il soit un levier d’opportunités pour les jeunes Marseillais. »

    Cérémonie d’ouverture à 9h30

    Stade de Fontainieu (13014)

  • [Var] Saint-Cyr, Sanary, La Seyne, Ollioules, Six-Fours… la gauche pour porter les valeurs humanistes

    [Var] Saint-Cyr, Sanary, La Seyne, Ollioules, Six-Fours… la gauche pour porter les valeurs humanistes

    Jean-Pierre Meyer est pragmatique. Le candidat (PCF) de Renouveau pour Sanary sait qu’il lui sera difficile de l’emporter dans une commune acquise à la cause de la droite depuis 1971. Mais celui qui se considère comme « conseiller municipal de la minorité, pas de l’opposition », compte « défendre (son) programme, quel que soit le résultat des élections ». Mais aussi agir en responsabilité, et poursuivre, comme depuis 6 ans, « le dialogue respectueux, le refus du conflit permanent. Il y a le temps de l’élection, de la confrontation, puis celui du mandat, où il faut travailler pour la commune », milite-t-il.

    Car sa voix, en tant qu’unique conseiller municipal de gauche, aura compté. « Le bon sens l’a emporté », affirme-t-il, notamment à travers ses propositions liées à la nouvelle ligne de bus 83 entre la gare d’Ollioules/Sanary et Six-Fours. Et Renouveau pour Sanary espère davantage peser lors de la prochaine mandature, en envoyant un (ou des) candidat(s) supplémentaire(s) au conseil municipal, et en atteignant la barre des 15% pour obtenir un siège au conseil communautaire Sud-Sainte-Baume, « là où se prennent les décisions ».

    Mais il s’agira, aussi et surtout, dans nombre d’autres communes, de porter une voix humaniste et singulière au sein des conseils municipaux. Un ensemble de valeurs qui transparaît dans les programmes des candidats. Par exemple, sur la question du logement, priorité de Sylvie Vinceneux à Saint-Cyr-sur-Mer. Une évidence pour la responsable de la commission nationale logement du PCF, tête de liste de Saint-Cyr à Gauche, dans une ville qui compte 45% de résidences secondaires. La candidate veut offrir « un logement digne et accessible à tous », en écho à l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Et même sans fauteuil de maire, elle se battra pour que la commune respecte les 25% de logements sociaux exigés par la loi SRU, et contre l’idée que ces derniers sont l’apanage de la délinquance, alors que plus de 70% des Varois y sont éligibles.

    Un combat primordial contre l’extrême droite

    À La Seyne, trois listes de gauche – qui avancent, malheureusement, chacune de leur côté – mènent le combat progressiste. Parmi elles, celle de Stéphane Sacco (GRS), qui mène la liste de rassemblement Uni.e.s à gauche pour La Seyne, et évidemment, le combat contre l’extrême droite, dont la menace pèse plus que jamais dans la deuxième ville du Var : « On parle d’ordre, mais on oublie la justice. On parle d’identité, mais on oublie la fraternité. On parle de protection, mais on se contente de désigner des boucs émissaires. Ceux qui divisent une ville ne la gouvernent pas, ils l’affaiblissent. Ceux qui attisent les peurs ne construisent pas l’avenir, ils le ferment. Nous ne laisserons pas notre ville devenir le laboratoire du repli », clame Stéphane Sacco.

    Même maux, même remède à Six-Fours, où Pascal Cabras et Six-Fours à Gauche veulent contrer « l’entente bilatérale entre droite extrême et extrême droite », dans une commune où 70% des votes au conseil municipal sont communs à la majorité LR et au RN. « Nous sommes la seule opposition, depuis 2020, qui lutte pour une ville juste solidaire et durable, avec une orientation écologiste et sociale » affirme Pascal Cabras.

    L’écologie, valeur cardinale d’Ollioules Autrement, liste de rassemblement menée par Claudie Cartereau (LE). « Face aux crises qui pèsent sur nos vies, nous choisissons de rompre avec la politique actuelle et d’agir autrement », martèle celle qui veut faire d’Ollioules « un territoire qui prend soin des personnes, du vivant et des ressources ». Énergie solaire, îlots de fraîcheur, et sobriété énergétique, autant d’idée qu’elle veillera à infuser dans le débat public. Tout en prônant, comme les autres listes progressistes, la démocratie participative.

  • La liste progressiste Auriol en commun veut façonner une commune « sociale et solidaire »

    La liste progressiste Auriol en commun veut façonner une commune « sociale et solidaire »

    On propose aux Auriolais une alternative, une autre vision de la politique que celle de la municipalité actuelle : par et pour les Auriolais », synthétise André-Pierre Dufresne. Auriolais d’adoption, cadre en recherche et développement dans le médical, l’homme de 35 ans, qui est aussi délégué syndical CGT, est la tête de liste de Auriol en commun. Cette dernière, composée à 85% de citoyens, a été déposée mardi en préfecture. En deuxième position sur la liste, Pascale Frechet-Fabre, retraitée de l’enseignement professionnel, souligne : « On a construit notre programme en écoutant les gens. » Dans cette ville de près de 14 000 habitants, dont la maire est Véronique Miquelly (DVD), candidate à sa réélection, et où le RN a également un candidat, Kévin Rahou ; Auriol en commun veut faire d’Auriol « une commune sociale et solidaire », énonce Pascale Fréchet-Fabre.

    « Urbanisme maîtrisé »

    Dans une commune où « le social a été négligé, nous voulons redonner une place centrale au Centre communal d’action sociale, pour aider les personnes les plus fragiles. Nous porterons une tarification sociale pour la cantine, les activités sportives et culturelles », développe la numéro 2 de la liste. Alors que l’eau dans la commune fait l’objet d’une délégation de service public (DSP) à la société privée Saur, qui se termine à la fin de l’année ; Auriol en commun veut instaurer une gestion publique de l’eau. « Avec les 30 premiers mètres cubes presque gratuits. C’est un acte social envers les gens », défend la tête de liste. En matière de logement, Auriol en commun « s’engage à agir » alors qu’une quarantaine de maisons « sont classées en péril à Auriol. Il y a beaucoup de logements vétustes. Nous voulons créer un centre d’hébergement d’urgence pour que lorsque les gens sont évacués d’un logement en péril, ils aient un lieu. Nous créerons aussi un lieu pour mettre à l’abri les femmes victimes de violences intrafamiliales », évoquent les colistiers. Auriol en commun souhaite « mettre fin à la bétonisation » à tout va de l’équipe en place, pour aller vers « un urbanisme maîtrisé ». Auriol en commun entend utiliser des outils de démocratie participative, tels qu’un « conseil citoyen, un référendum municipal », illustre Guy Barbaroux, retraité et élu d’opposition sortant.

  • Une nouvelle directrice pour l’économie sociale en Paca

    Une nouvelle directrice pour l’économie sociale en Paca

    « Notre ambition, c’est de continuer le passage à l’échelle de l’économie sociale et solidaire. » Mathilde L’Hôte, qui a récemment pris les rênes de la Cress Paca en tant que nouvelle directrice, affiche sa volonté de mettre les bouchées doubles pour le développement de la chambre et des entreprises du secteur, ce mercredi, lors d’un point presse à Marseille. « On est une économie qui fonctionne, qui emploie et qui répond à des besoins concrets des populations et des territoires », entame-t-elle. Avant de rappeler que l’économie sociale et solidaire est un modèle sur lequel il faut plus que jamais compter : « C’est 11 139 entreprises de divers statuts dans la Région, ça représente plus de 181 000 salariés, c’est 12,8% de l’emploi privé ! »

    Elle vise donc un développement du secteur, tout en restant fidèle « aux principes fondateurs » de l’ESS, qui rassemble sociétés coopératives, entreprises mutualistes, associations ou encore les fondations : « Utilité sociale, gouvernance démocratique et la lucrativité limitée. » Un rappel pas anodin dans un contexte plus que difficile pour l’ESS : « On est dans une contraction budgétaire, avec une incertitude sur une baisse, voire disparition, des financements publics. » Concrètement, elle plaide pour « un renouvellement des enveloppes budgétaires » pour la Cress alors même que le budget alloué au développement de l’ESS pourrait être largement réduit par l’État. D’où l’importance d’un autre chantier auquel elle entend s’attaquer : « Consolider les modèles économiques de nos structures. » « On doit renforcer notre capacité d’accompagnement des acteurs. Il y a un besoin de croissance et de diversification des ressources pour les entreprises de l’ESS », développe-t-elle.

    Poursuite du combat pour la consularité

    Et cela passe par une autre de ses priorités : « Notre plaidoyer en direction des pouvoirs publics doit être accentué. (…) Nous avons pour mission de visibiliser ces acteurs. » D’un point de vue plus politique, elle se place dans les pas du président de la Cress Paca, Denis Philippe, notamment à propos de la question de la consularité des chambres de l’ESS.

    Pour rappel, si la Cress a des « missions régaliennes » à l’instar de la Chambre de commerce et d’industrie, elle n’est pas reconnue comme une chambre consulaire à l’inverse de cette dernière. « Je soutiens totalement son positionnement. On représente la totalité des entreprises de l’ESS, pour autant on ne bénéficie pas des moyens des chambres de commerce », martèle-t-elle.

  • À Marseille, le repas de Noël solidaire des Petits frères des pauvres

    À Marseille, le repas de Noël solidaire des Petits frères des pauvres

    « Rompre l’isolement, c’est notre plus grande mission. » En ce jour de Noël, Laetitia Lesaux, coordinatrice Habitat partagé à Marseille, pour les Petits frères des pauvres ne chôme pas.

    D’un côté, il faut servir des assiettes de saumon, de l’autre quelques verres de Crémant, mais surtout être aux petits soins des 24 bénéficiaires, et quelques invités, de l’association présents pour le festin du jour. « On n’a jamais été aussi nombreux. Il va falloir pousser les murs l’année prochaine », glisse Murielle Gloux, responsable de la pension de famille Labadié (1er). Avant de rappeler l’objectif du jour pour l’équipe de l’association : « Offrir un vrai Noël à des personnes âgées et particulièrement isolées. » Autour de la table, on retrouve Laidia, Ahmed, Alain, Nouria, Jean ou Marie-Christine… Tous ont eu des parcours de vie pour le moins difficiles, entre vie à la rue, centres d’hébergement d’urgence ou hôtels pendant des années. Certains viennent de l’autre bout de l’Europe ou ont traversé la Méditerranée… « La plupart n’évoquent pas leur passé et presque tous étaient en habitat précaire », confie Marie-Jo Huyghe, bénévole depuis 5 ans.

    Des résidents aux anges

    Il faut dire que l’essentiel n’est pas là pour ce jour de fête. Ce repas de Noël se déroule au sein de la salle commune de la Maison Les Héros, à deux pas de la gare Saint-Charles. Et c’est comme un grand repas de famille : il y a des éclats de rire, des dizaines de cadeaux sous un magnifique sapin, des amuse-bouches qui disparaissent en quelques instants. Il y a des retardataires, comme Michel, ancien travailleur du BTP, qui taquine Laidia : « T’es toujours amoureuse de ton infirmier ? ». Et d’autres ponctuels, comme Bella, d’origine hongroise qui arrive avec des boîtes de chocolats comme cadeau pour les bénévoles. L’ambiance est chaleureuse, fraternelle. Et pour cause : c’est l’aboutissement « d’un gros travail en amont » qui a débuté bien plus tôt dans la matinée. Le repas a été « commandé chez un traiteur », la table est dressée avec une décoration de Noël achetée par l’équipe des Petits frères des pauvres. Et les bénéficiaires sont parties prenantes de ce moment convivial. « On laisse le choix à nos résidents pour le menu », explique Laetitia Lesaux.

    Au programme : foie gras ou saumon puis civet ou chapon, plateau de fromage… « Cela fait plusieurs semaines qu’on le prépare, on a fait des cadeaux personnalisés… », abonde la salariée de l’association. Et les résidents ont l’air ravi. Marie-Christine, résidente depuis 5 ans et demi au sein des résidences des Petits frères acquiesce avec le sourire : « Qui n’aime pas recevoir des cadeaux, partager un moment, participer à une ambiance certaine ? ». Elle confie qu’elle « admire le travail de Laetitia et des bénévoles ». Derrière elle, un résident joue quelques notes de piano. Vincent bientôt 88 ans, doyen des bénéficiaires, discute avec Alain, 27 ans de Petits frères des pauvres au compteur. Ce dernier profite aussi de ce repas : « Ça fait plaisir de voir du monde, sinon je suis seul. » De quoi mettre en valeur le travail réalisé toute l’année par les Petits frères des pauvres à Marseille. Car ce repas de Noël rassemble des habitants de la pension de famille Labadié mais aussi des résidents de la Maison Les Héros, un habitat inclusif avec des logements à caractère social. « Pour la pension de famille, les résidents sont autonomes mais ils ont un besoin d’accompagnement social et médical. Pour les résidents de l’habitat inclusif, ce sont des personnes qui font le choix de vivre dans un bâtiment avec d’autres personnes qui leur ressemblent, pour ne pas être seules », conclut Laetitia Lesaux.

  • Une boutique solidaire au collège Jean-Moulin, à Marseille

    Une boutique solidaire au collège Jean-Moulin, à Marseille

    Bijoux dorés fantaisies, chouchous cousus à la main, vaisselle, ameublement, jeux pour enfants, vêtements ou sacs à main… La toute nouvelle boutique solidaire du collège Jean-Moulin (15e) n’a rien à envier aux vitrines de la rue Saint-Férreol. Entièrement imaginée et construite par les élèves de sections d’enseignement adapté de 4e et 3e, elle était inaugurée lundi dans l’atelier habitat de l’établissement, aménagé pour l’occasion. Devant professeurs, principale du collège, parents d’élèves, élus et presse locale, 5 des 56 élèves impliqués ont résumé l’ambition de leur projet, pensé pour « s’entraider » et « protéger la planète ». « Nous sommes fiers d’être allés jusqu’au bout de notre projet avec peu de moyens, mais avec toute la générosité des élèves et des adultes de l’établissement », se sont-ils timidement enorgueillis. Du sol au plafond, les jeunes ont repensé les lieux : accompagnés de leurs professeurs, ils ont imaginé et conçu la décoration, fabriqués une partie des meubles, étals et produits, mais aussi nettoyé et étiqueté tous les vêtements et objets récoltés grâce à un appel aux dons lancé dans le collège. De quoi créer un lieu « élégant », des mots de la principale, basé sur le concept de troc : chaque don permet d’accéder à un certain nombre de points servant de monnaie dans la boutique.

    « Donner c’est recevoir »

    Partie d’un triste constat des professeurs, notant chaque année les difficultés que rencontraient certains élèves pour se vêtir, l’idée d’une boutique solidaire a émergé en septembre, au sein d’une équipe pédagogique déterminée à transmettre les valeurs de l’esprit d’équipe et de la solidarité. « On avait constaté que les élèves n’étaient pas à l’aise pour récupérer des affaires lorsqu’on organisait des distributions spontanées, détaille Dorra Bourraoui, professeure d’Hygiène Alimentation et service, depuis deux ans enseignante des Segpa à Jean-Moulin. Ce système est beaucoup moins stigmatisant, d’abord parce que la boutique est très belle, mais aussi parce qu’il implique tout le collège. » Et l’intérêt du projet est aussi pédagogique. « On a allié nos forces (…) pour travailler sur un tas de compétences, avec la possibilité de réfléchir sur la citoyenneté, la fraternité, la surconsommation… », a détaillé Anne-Sophie Di Pascuale, professeure spécialisée Segpa, pétillante d’enthousiasme. « L’objectif c’est que nos enfants, enfin nos élèves et que leurs familles en profitent. On espère que le projet se pérennisera », a-t-elle poursuivi.

    Ouverte pour deux jours seulement, la boutique, pour l’instant éphémère, recevra les élèves donateurs mais aussi quelques profils ciblés par les assistants sociaux de l’établissement. Le magasin leur sera réservé pour 15 minutes, de façon qu’ils puissent librement choisir leurs articles. Au gré des débats organisés avec les élèves autour du projet et des concepts de solidarité, d’entraide et de fraternité, est né le slogan de l’opération : « Donner c’est recevoir ».

    « Nous avons donné de nous-même et nous avons reçu, avant tout, satisfaction et fierté », ont conclu les jeunes.

  • [Entretien] Olivier Masini : Dans le Var, « tout le monde peut être Père Noël vert »

    [Entretien] Olivier Masini : Dans le Var, « tout le monde peut être Père Noël vert »

    La Marseillaise : En novembre, vous avez lancé, comme chaque année, la campagne « Père Noël Vert » : expliquez-nous en quoi cela consiste.

    Olivier Masini : Le Père Noël vert, dont on va bientôt fêter les 50 ans, a été mis en place en 1976. Il a pour objectif de donner la main là où le Père Noël rouge ne peut pas passer. Il est vert, car c’est la couleur de l’espoir. La campagne a débuté mi-novembre et se poursuit jusqu’à fin décembre. C’est un moment important, où on a beaucoup d’initiatives réalisées par des partenaires. Des personnes, notamment des salariés d’entreprises, organisent, en lien avec leur direction, des collectes de jouets. Pour certains, c’est la première fois, d’autres le font depuis des années car en général, quand on l’est une fois, on le reste. Tout le monde peut être Père Noël vert. L’important est de porter la solidarité.

    Comment cela s’inscrit-il dans
    le cadre de l’action globale du Secours populaire
     ?

    O.M. : Nous sommes une association généraliste de la solidarité, qui apporte une aide inconditionnelle. Nous voulons permettre à chaque personne en difficulté de remettre le pied à l’étrier, et parfois de retrouver la dignité. A travers nos campagnes, on fait en sorte que les personnes accueillies deviennent aussi actrices de la solidarité. Quand quelqu’un rentre dans un accueil du Secours populaire, personne ne peut dire si les personnes sont des bénévoles ou des personnes accueillies. On crée aussi les conditions pour faire se rencontrer les personnes. On veut montrer que la solidarité est une richesse, d’autant plus dans le contexte d’aujourd’hui.

    Qui sont les partenaires qui vous épaulent sur cette campagne ?

    O.M. : On a des partenariats historiques avec des CSE d’entreprises. J’y suis attaché car cela signifie que le personnel s’attache à l’action solidaire. A ce titre on a, entre autres, des liens de longue date avec le CASI des cheminots du Var et la CMCAS EDF. Ils ont fait leurs arbres de Noël. Grâce à cela, une vingtaine d’enfants ont participé avec les autres enfants du personnel. Ils nous aident aussi sur les autres campagnes de l’année. Mais on a besoin de davantage de CSE, et il suffit d’en parler aux salariés, qui adhèrent en général. On a aussi le monde du sport, avec un partenariat avec le RC Toulon, qui organise un lancé de peluches pour son dernier match de l’année, comme c’était le cas ce dimanche. On a aussi un partenariat avec le Hyères Toulon Var Basket. Vendredi, des enfants du Secours Populaire vont assister au match et rentrer sur le terrain avec les joueurs. C’est bien, car on a l’image d’un fournisseur d’aide alimentaire et vestimentaire. Mais ce qui compte pour nous, c’est l’accès au droit, au sport, à la culture, au loisir, des choses auxquelles on ne pense pas forcément quand on est en grande difficulté. On est aussi soutenu par des associations comme « les Rockeurs ont du cœur ». Les dons sont par ailleurs tracés, car il est normal de rendre compte des actions.

    Combien de personnes vont-elles pouvoir en profiter et que vont-elles recevoir ?

    O.M. : On fait attention, à travers nos partenariats, à s’approvisionner en circuit court, pour avoir des produits de qualité. Il y aura un peu de tout : des colis alimentaires avec du poisson, des friandises, des desserts… Pour les jouets, c’est selon ce qu’on reçoit, en essayant de classer par sexe et âge. On insiste sur les livres, mais les parents peuvent choisir. On ne sait pas encore exactement le nombre de bénéficiaires, mais cela augmente chaque année. Rien qu’à Toulon, au moment de Noël, 500 familles sont suivies. Dans le département, on sera certainement entre 9 500 et 10 000 personnes accueillies. La semaine dernière, ils ont accueilli plus de 100 personnes sur une journée à Toulon, c’est énorme. C’est une réalité sérieuse, il n’y a plus de profil type, et on reçoit autant de jeunes étudiants, bien plus que les autres années, que de retraités.

    Que peut on vous souhaiter pour 2026 ?

    O.M. : Que cette solidarité ne baisse pas. Quelles que soient les difficultés, quand on organise des initiatives et qu’on le fait très largement avec des bénévoles, des personnes accueillies, on se rend compte de l’efficacité de ces projets-là. Il faut qu’ils perdurent et se multiplient. On veut montrer qu’il y a d’autres choix possibles, qu’il n’y a pas de fatalité dans la vie, et qu’on n’est pas isolé quand on vient faire des actions solidaires. La force du collectif permet de faire de grandes choses. Et cela est essentiel dans un contexte où les personnes se renferment sur elles même face aux difficultés. Particulièrement pour les enfants. Notre rôle à ce sujet est important car nous sommes une association d’éducation populaire. On intervient d’ailleurs dans des écoles pour enseigner la solidarité dans le cadre de l’instruction civique. Si on commence à avoir cette vision dés le plus jeune âge, on ne l’oublie pas adulte. Et cette petite lumière vient se rallumer à certains moments de la vie.

  • « Femmes solidaires marque un changement »

    « Femmes solidaires marque un changement »

    La Marseillaise : Exposition, repas, que propose Femmes solidaires pour cet anniversaire ?

    Annick Karsenty : D’abord de revenir sur notre histoire depuis la fondation de l’Union des femmes françaises (UFF) en 1945 avec une exposition faite par nos amies de Nîmes, avec de nombreux panneaux explicatifs. Elles ont été chercher les événements, les lois, les bagarres… Il y aura aussi la projection d’un film et une table ronde avec deux anciennes qui l’ont vécu, cette histoire, pour qu’elles nous racontent ce que nous, nous n’avons pas connu.

    Comment mesurez-vous le chemin parcouru en 80 ans ?

    A.K. : On peut dire qu’il y a vraiment eu un changement d’orientation, une évolution dans la décennie 1984-1992, une évolution quand nous avons changé de nom. En 1992, le 17e congrès de l’UFF porte le slogan « femmes solidaires pour défendre nos droits et la paix » et on passe d’une association féminine et familiale qui portait des revendications sur notamment le droit au travail des femmes à un mouvement féministe solidaire. On commence à parler de loi anti-sexiste, de culture du viol. On passe à des questions plus sociétales. On avance aussi un mot d’ordre contre la féminisation de la pauvreté. Après il va y avoir la participation à la conférence mondiale des femmes de Pékin [en septembre 1995 Ndlr]. On intervient également au niveau de l’Afghanistan, où nous allons financer des écoles clandestines pour les petites filles et nous faisons la connaissance de Shoukria Haidar [présidente fondatrice de l’association Negar-Soutien] qui participera à la création du RIFL, notre réseau international féministe et laïc. En 2004, on obtient aussi le statut international spécial à l’ONU dans lequel on siège toujours.

    Et quel chemin reste-t-il selon vous à parcourir ?

    A.K. : Beaucoup de choses restent à faire. En particulier sur les violences dans la famille. Au niveau des féminicides, le chiffre ne descend pas. Avec les suicides forcés, on en est à trois femmes par jour qui décèdent. Il y a aussi le retour des masculinistes qui font que nous retournons en arrière. On le voit bien quand nous intervenons dans les salles de classe. Les garçons portent des propos de recul… Même si les filles se rebiffent et c’est aussi à prendre en compte. La loi de 2016 qui fait que la France est un pays abolitionniste de la prostitution est menacée aussi et il y a tout le combat contre le courant transactiviste qui vise dans tous les domaines à gommer le mot femme…

  • Une soirée dédiée à la lutte des femmes iraniennes à Martigues

    Une soirée dédiée à la lutte des femmes iraniennes à Martigues

    « Tout ce qui arrive aux femmes est de leur faute. » Sara, installée en France depuis 2018, fait partie de ces Iraniennes à avoir refusé de se soumettre aux hommes et au régime des Mollah. Ce vendredi soir, elle vient partager son expérience de la lutte des femmes iraniennes à l’invitation du collectif féministe du PCF de Martigues.

    « Au départ, je pensais que c’était moi qui étais bizarre. On me disait que j’étais rebelle, car je ne voulais pas être leur poupée », raconte la trentenaire. « Car on ne peut rien dire contre les hommes. Sinon on se fait insulter avec des mots très durs. Cette sensation de ne rien pouvoir dire est étouffante », poursuit-elle. « Tout ce qui arrive aux femmes est de leur faute », affirme Sara, prenant comme exemple « si l’homme trompe sa femme, c’est de sa faute car c’est son rôle de satisfaire son homme ».

    Sororité contre patriarcat

    Dans la lutte des femmes iraniennes, Sara pense qu’« il faut d’abord se rendre compte que c’est le gouvernement qui permet tous ces problèmes que connaissent les femmes, en imposant la religion et l’éducation qui les contrôlent et les fait taire ». Elle est solidaire de « ces filles qui ne portent plus le hijab même si elles se font frapper par la police des mœurs ».

    Aujourd’hui, Sara a « espoir contre ce gouvernement qui vit ses dernières minutes », et trouve « rassurant que des hommes soient avec nous au lieu de se protéger entre eux ».

    Le témoignage de Sara est à retrouver au complet ce vendredi soir au 1 bd Gérard-Philipe à Martigues, à partir de 18h. Une initiative du collectif féministe du PCF dont fait partie Marianne Bocca, qui l’inscrit « dans le cadre de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre » et pour « dénoncer le patriarcat » dans tous les pays.

    Entrée libre, repas à prix libre.

  • À Fréjus, la gauche unie veut riposter face à l’extrême droite

    À Fréjus, la gauche unie veut riposter face à l’extrême droite

    Dénonçant « une gestion du budget calamiteuse » et estimant que « l’argent public doit être au service de la population et non de l’enrichissement de quelques-uns », les progressistes et les partis de gauche (PCF, Les Écologistes, PS, LFI, L’Après) de Fréjus se réunissent sous la bannière « Fréjus Riposte ». Ce collectif se présente comme un rassemblement « de citoyens, pour certains engagés, des militants associatifs, des syndicalistes, ainsi que les membres des partis de gauche et écologistes », en vue des élections municipales. La tête de liste sera élue par les colistiers. Le collectif lance « un appel au rassemblement sur un programme progressiste, coconstruit et partagé » avec « la population », détaille Cathie Klink, l’une de ses membres.

    Un défi de taille car, à Fréjus, comme dans de nombreuses villes varoises, les valeurs progressistes ont du mal à se faire une place au soleil, se trouvant dans l’ombre d’un conservatisme patent et solidement arrimé. Le dernier parti de gauche à avoir dirigé la troisième ville du Var était la SFIO… d’août 1944 à mars 1959. Depuis, la droite puis l’extrême droite se partagent le pouvoir, le RN ayant réussi à prendre la mairie, en 2014, avec David Rachline.

    Depuis, la situation économique de la Ville, déjà fragile, est devenue critique : de 135 millions d’euros en 2014, la dette avait chuté à 127,5 millions en 2018, avant d’exploser et d’avoisiner les 153 millions, en 2024. En conséquence, dans son rapport 2025, la Chambre régionale des comptes (CRC) met en avant des « points de faiblesse » sur la gestion financière municipale, soulignant des dépenses de 22,93 millions d’euros « qui ne sont rattachables à aucun numéro de marché », c’est-à-dire sans mise en concurrence. Ces faits ont conduit au procès du maire pour prise illégale d’intérêt le 30 septembre (la décision sera rendue le 27 janvier, une amende de 10 000 euros a été requise), et à une perquisition de la mairie, en mars, dans le cadre d’une enquête pour corruption de marchés publics.

    « Justice fiscale et sociale »

    Le collectif de gauche « Fréjus Riposte » veut ainsi « chasser l’extrême droite et barrer la route à la droite. Il faut rompre avec les politiques de la spéculation, des affaires, empêcher les promoteurs de dicter l’avenir de notre ville. Réhabiliter les services publics, affaiblis par des années de politique libérale au détriment de la qualité de vie de tous, au niveau de la santé, de la sécurité, du transport collectif, des services de l’eau et des déchets. » Le collectif pointe aussi le tourisme, « un atout économique qui se développe malheureusement trop souvent au détriment des Fréjussiens », dont « 18% vivent dans la pauvreté ».

    Parmi les projets évoqués, la création de « pôles universitaires et professionnels » pour accompagner le développement de la ville, des solutions de logement pour les plus précaires, l’arrêt de « la bétonisation au mépris de l’urgence écologique », et de futures propositions centrées autour d’une idée : faire de Fréjus la ville de « la justice fiscale et sociale, de la solidarité, du service public de qualité et de la démocratie participative. La ville où le vivre ensemble, l’humain d’abord, se conjuguent avec l’intérêt général ».