Tag: Société

  • Laëtitia « traumatisée » et l’accusé « sadique », selon les experts psy

    Laëtitia « traumatisée » et l’accusé « sadique », selon les experts psy

    Les experts ont décrit, mercredi, pour le troisième jour du procès, une plaignante « anxieuse », « traumatisée », et un accusé « sadique » et « narcissique ». Le fait d’apprendre tardivement ne pas être le fils biologique de son père aurait provoqué chez lui une peur de l’abandon et un besoin de reconnaissance. « C’est un homme très amoureux dans le sens possessif du terme, du fait de son manque affectif », a déclaré son frère à l’enquêtrice de personnalité.

    L’accusé aurait par ailleurs connu un « désenchantement » dans son poste de directeur d’agence bancaire, souhaitant « se réorienter dans l’associatif, l’écologie et l’économie durable pour redonner un sens à sa vie ». à la grande surprise de la cour, il a même exprimé la volonté de créer une association contre les violences faites aux femmes « pour lutter contre les fondements de cette société patriarcale », mais a reconnu dire ce que l’on attendait de lui, questionné par l’avocat de Laëtitia. « C’était maladroit. Évidemment que je n’ai aucune crédibilité à dire ça », a admis Guillaume B. L’enquête a également démontré une « normalisation de la violence » chez l’accusé, qui a grandi à Toulon, fils d’un ancien militaire affecté à la marine nationale.

    Une docteure en psychologie a décrit une « intolérance à la frustration », une « sexualité pour s’imposer et pallier son sentiment d’infériorité » et une « vision très sexualisée et objectale » de la femme. « Si on devait retenir les faits qui lui sont reprochés, est-ce que le fait d’avoir réduit sa compagne à un statut d’objet au service de ses pulsions, un être à sa disposition qui répond à ses ordres, pourrait être une façon de se valoriser de façon inavouable ? », a questionné la présidente, ce que l’experte a confirmé. Cela lui « permet de se renarcissiser, de réparer son soi par ce sentiment de toute-puissance », a-t-elle expliqué.

    Le psychiatre qui a examiné Laëtitia a évoqué une enfance traumatisante, bercée par les violences sexuelles subies par toutes les femmes de la famille : la mère, la grand-mère et la plaignante, qui dit avoir été violée par son beau-père dans son enfance. Elle a fait plusieurs tentatives de suicide, dès ses 17 ans. Il est ressorti qu’elle avait peur de subir le même sort que sa grand-mère, brûlée au visage par son grand-père lorsqu’elle voulait le quitter, et restée « un an aux grands brûlés, les yeux cousus ».

    L’expert a dit qu’il n’était pas sûr que la plaignante finisse par aller mieux et que c’était parfois même « pire avec les souvenirs qui reviennent ». « Les soins seront longs, le pronostic incertain et les séquelles irréversibles », a-t-il conclu. « Si je n’avais pas d’enfants, j’aurais mis fin à mes jours », lui a-t-elle déclaré. Laëtitia est « rongée par la culpabilité d’avoir incarcéré le père de sa cadette », a souligné une autre experte psychologue. Elle « présente le tableau clinique d’un état de stress post-traumatique chronique », a-t-elle ajouté.

    « Du sadisme pur »

    « Je disais que j’aimais ça parce que, quand il savait que j’aimais, il ne le faisait plus puisqu’il préférait m’imposer des choses que je n’aimais pas », a expliqué Laëtitia à l’expert. « Je pense qu’il tire du plaisir de la souffrance de l’autre et que c’est du sadisme pur », a avancé le psychiatre, qui a également examiné l’accusé. Laëtitia s’est rappelée avoir eu parfois « 14 clients en 24h ». « Je ne veux pas qu’une fille vive le quart de ce que j’ai vécu. J’étais son punching-ball, sa poupée gonflable, sa femme de ménage », a-t-elle déclaré. « Il m’a fait un lavage de crâne, tous les jours, il me disait que j’étais qu’une merde, une allumeuse, une nympho. Je me remettais en question sur tout, il mettait même mon rôle de mère en cause », a expliqué Laëtitia à la barre. Elle a également détaillé les privations de sommeil : « Il me laissait une nuit tous les dix jours ». « Moi qui travaille aux Baumettes, c’est une détention ce qu’elle a vécu », a réagi l’experte psychologue.

    Interrogée par la défense concernant un message dans lequel elle dit aimer se prostituer, Laëtitia a répondu : « Si je n’étais pas allée dans son sens, aujourd’hui, vous auriez un procès sans victime. Il fallait que je reste en vie, que je survive. »

    De vives tensions sont apparues entre les avocats de la défense et la présidente, à la fin de l’audience. Le public a réagi bruyamment à certaines questions de la défense et Laëtitia a éclaté en sanglots. « C’est contre-productif, cela n’apporte rien au débat, les jurés n’en peuvent plus. Cela prend des proportions qui ne sont pas normales », a estimé la présidente.

    Le public était encore plus nombreux que les deux journées précédentes, avec certains élus, notamment de la liste de gauche Demain Sisteron, sur les bancs de la salle d’audience. Laëtitia est apparue encore plus affaiblie que les jours précédents, semblant souffrir de douleurs importantes et ayant du mal à marcher. Elle doit régulièrement sortir de la salle et est accompagnée par ses enfants, présents pour la soutenir.

    Le père et le frère de l’accusé ont également été entendus, mercredi, et ont vanté les mérites d’un homme « extraordinaire », surnommé « le couillon du village ».

  • [Laëtitia R.] Une famille brisée face à un homme décrit comme violent

    [Laëtitia R.] Une famille brisée face à un homme décrit comme violent

    « Depuis qu’il est incarcéré, j’ai avancé dans ma vie, j’ai des projets, j’attends juste qu’il soit condamné. Je me suis rendu compte que j’allais beaucoup mieux depuis qu’il n’était plus là », a témoigné à la barre le fils de Guillaume B., désormais âgé de 17 ans, au deuxième jour du procès. « C’est quelqu’un de violent et d’impulsif, il avait une emprise sur nous, on pouvait rien dire, rien faire. Dire non face à cet homme, c’est impossible », a-t-il témoigné. « J’entendais des cris, des bruits sourds, des pleurs. Ils faisaient en sorte de pas nous alerter parce qu’ils savaient qu’on pouvait parler. On voyait souvent des marques sur le corps de Laëtitia, des bleus. Au fur et à mesure, ça se dégradait, il était de plus en plus dans le contrôle », a précisé l’adolescent.

    Consciente des accès de violence de celui qui était alors son partenaire, Laëtitia R. refusait de le laisser seul avec ses enfants et tentait de les protéger. Même après avoir eu le courage de prendre son propre appartement pour vivre loin de lui, elle revenait le week-end pour veiller sur eux. « Elle était tellement inquiète qu’elle préférait être présente pour nous protéger, même si pour elle, c’était très compliqué de revenir », a expliqué le fils de Guillaume B. L’accusé avait perdu la garde de ses enfants suite à une enquête sociale, lancée suite à plusieurs signalements, dont l’un en raison de la volonté de son fils de « mourir » dès ses 7 ans. Il refusait les soins à ses enfants, dont l’un polyhandicapé, selon l’enquête sociale, ainsi que selon son ex-femme et mère de deux de ses enfants. Cette dernière a décrit à la barre les chantages au suicide, les menaces au fusil de chasse et au couteau qu’elle a subies même enceinte. Elle a expliqué que leur rupture était notamment due au fait qu’il avait voulu « l’offrir à d’autres hommes ».

    Jonathan, ami de Guillaume B., a raconté la manière dont ce dernier avait insisté pour lui faire une « surprise » lors d’une soirée arrosée et avait forcé Laëtitia R. à lui faire une fellation. « Il était très insistant. J’ai honte. J’étais très gêné. Ni elle, ni moi n’en avaient envie », a-t-il avoué. « Je savais qu’il aimait les filles soumises. Il me montrait des vidéos en live où il demandait à une fille de marquer joyeux anniversaire sur son pubis  », a-t-il témoigné. Également voisin du couple, il a dit avoir augmenté le son de sa télévision lorsqu’il entendait les cris de douleurs de Laëtitia R. « Quand on entend des cris de femme de douleur, on augmente la télé, c’est normal ça ? », l’a questionné la présidente. « Beaucoup de personnes n’ont rien dit et on aurait dû le faire, j’ai honte de ça aussi », a regretté l’homme.

    « Si on peut tirer une leçon de cette affaire, c’est qu’on a tous collectivement tendance à fermer les yeux, à se dire, comme ça a été dit par certains témoins : “ça ne me regarde pas”. Peut-être que ça devrait nous alerter et qu’on se dise tous, la prochaine fois, que ça ne coûte pas grand-chose de passer un petit coup de fil à la police pour être sûr et que ces histoires nous regardent tous parce que, si on ne fait rien, on laisse faire des choses qui sont absolument terribles », a réagi l’avocat de Laëtitia R., à la sortie de l’audience. « Tous les gens qui ont eu le malheur d’être à son contact racontent la même histoire : un homme tyrannique, violent, impulsif, et chacun est venu dire à son tour comment il avait, à un moment ou à un autre, vécu une situation d’emprise dans laquelle il a été enfermé par la violence et les menaces de cet homme », a-t-il conclu.

    Des lésions traumatiques

    Une experte gastro-entérologue saisie par le juge d’instruction a ensuite détaillé les lésions subies par Laëtitia R. « Les anomalies sont marquées pour une femme de son âge. Elle a une incontinence sévère quasi complète », a-t-elle expliqué. Les échographies « éliminent l’impact des accouchements de Laëtitia sur ces lésions » et confirment leur origine traumatique, a avancé la médecin. Répondant aux questions de l’avocat de Laëtitia, l’experte a reconnu des « mutilations » et une « infirmité permanente ».

    La défense a tenu à commander et à lire un rapport établi par un autre médecin gynécologue retraité, n’ayant jamais rencontré Laëtitia, et « contestant formellement » les conclusions de l’experte. Selon lui, il est impossible de faire le lien entre les lésions subies par Laëtitia et un potentiel traumatisme ou des violences sexuelles. « Les causes possibles sont multiples », affirme-t-il dans son rapport lu par la présidente, accusant l’experte de « surinterpréter les symptômes » et de « s’orienter vers la validation du récit de la victime sans recherche d’autre cause ». Cette dernière a maintenu sa version, lançant que « les lésions de l’anus sont exceptionnelles dans la sexualité consentie » et que « cette lésion ne peut pas être d’autre origine que traumatique ».

  • Le récit glaçant et insoutenable de Laëtitia

    Le récit glaçant et insoutenable de Laëtitia

    «Il venait tous les lundis pour me frapper, m’humilier et prendre l’argent », a déclaré à la barre Laëtitia R, lundi. Aux côtés de plusieurs de ses proches, elle a détaillé les viols, violences et sévices qu’elle affirme avoir subis, ainsi que la relation de domination et de soumission imposée par Guillaume B., jugé jusqu’à vendredi. pour viols, torture, barbarie et proxénétisme.

    Selon les témoignages, cette mère de quatre enfants devait lui demander l’autorisation pour chacun de ses gestes : aller aux toilettes, utiliser son téléphone, manger, boire, fumer ou encore s’habiller.

    L’homme de 51 ans, originaire de Lille, divorcé et directeur d’une agence bancaire, à Manosque, aurait par ailleurs forcé son ex-conjointe à se prostituer et l’aurait livrée à de nombreux hommes qui la violaient et la violentaient, selon les déclarations de la partie civile. Pendant ces rapports sexuels tarifés, Guillaume B. était présent ou devait tout écouter par téléphone.

    Un épisode survenu au lac des Vannades, à Manosque, pendant lequel Guillaume B. aurait surpris Laëtitia avec un inconnu, avec qui il l’aurait forcée à avoir un rapport sexuel à travers la portière d’une voiture, a été évoqué à plusieurs reprises pendant l’audience. L’homme aurait par ailleurs contraint Laëtitia à se faire tatouer l’inscription dégradante « garage à bites » au niveau du pubis.

    L’enquête a été ouverte le 31 mai 2022 par un signalement d’une amie de Laëtitia R., Ophélie, à qui elle s’était confiée et qui craignait pour sa vie. La voisine de Guillaume B., chez qui Laëtitia R. a vécu pendant plusieurs années, a témoigné à la barre des cris qu’elle entendait régulièrement : « Elle le suppliait d’arrêter. Je devais monter le son de la télé pour que mes enfants n’entendent pas. »

    « Si tu refais ça, je te tue »

    Laëtitia R. aurait accepté de se prostituer, au début, pour subvenir aux besoins de ses enfants, pour lesquels elle se fournissait dans des banques alimentaires. Guillaume B. partageait initialement la moitié des revenus avec elle, puis en conservait la totalité par la suite.

    « Si tu refais ça, je te tue », a écrit l’accusé à Laëtitia après qu’elle a refusé une sodomie avec un autre homme en raison de douleurs. « Tu n’es qu’un trou, un vide couilles à mon service », « message du maître à son esclave : je veux que tu suces une queue avant ce soir », lui écrivait-il également. L’homme imposait par ailleurs à Laëtitia « de se pénétrer tous les jours avec un gode michet », ce qui lui a causé une incontinence anale et « une rupture complète du sphincter anal », a expliqué la présidente du tribunal.

    Au début de leur relation, Guillaume B. la forçait aussi à boire son urine « tous les matins ». « J’étais juste là à son service, je lui servais de défouloir, j’attendais de mourir, il m’a détruite », a déclaré Laëtitia. Pendant sa grossesse, elle aurait même eu des relations sexuelles avec trois chiens et un cheval, selon les éléments du dossier.

    Lors des perquisitions, les enquêteurs ont retrouvé deux carabines et deux fusils à canon apposés contre le lit conjugal, ainsi que des vidéos zoophiles et sadomasochistes où figurent Laëtitia.

    « J’ai imposé mes règles en tant que maître, elle les a toujours acceptées », a tenté d’expliquer Guillaume B. L’accusé a reconnu avoir dit à la partie civile qu’elle « méritait » d’avoir été violée par son beau-père, à l’âge de 8 ans. « Elle n’avait pas le droit de dire stop, car cela faisait partie du dressage », a-t-il déclaré.

    Les avocats de l’accusé ont demandé le huis clos, voulant « protéger l’intérêt » de la fille de 7 ans que le couple a eu ensemble. L’avocat de Laëtitia a rétorqué que Guillaume B. essayait « encore une fois de reprendre le contrôle en instrumentalisant cette enfant qui se constitue partie civile contre lui dans ce dossier ».

    Le maire (DVD) de Manosque, Camille Galtier, a exprimé son soutien à la victime et a annoncé nommer « d’ici l’été une chargée de mission dédiée à la prévention et à la lutte contre les discriminations ».

    «Il venait tous les lundis pour me frapper, m’humilier et prendre l’argent », a déclaré à la barre Laëtitia R, lundi. Aux côtés de plusieurs de ses proches, elle a détaillé les viols, violences et sévices qu’elle affirme avoir subis, ainsi que la relation de domination et de soumission imposée par Guillaume B., jugé jusqu’à vendredi. pour viols, torture, barbarie et proxénétisme.

    Selon les témoignages, cette mère de quatre enfants devait lui demander l’autorisation pour chacun de ses gestes : aller aux toilettes, utiliser son téléphone, manger, boire, fumer ou encore s’habiller.

    L’homme de 51 ans, originaire de Lille, divorcé et directeur d’une agence bancaire, à Manosque, aurait par ailleurs forcé son ex-conjointe à se prostituer et l’aurait livrée à de nombreux hommes qui la violaient et la violentaient, selon les déclarations de la partie civile. Pendant ces rapports sexuels tarifés, Guillaume B. était présent ou devait tout écouter par téléphone.

    Un épisode survenu au lac des Vannades, à Manosque, pendant lequel Guillaume B. aurait surpris Laëtitia avec un inconnu, avec qui il l’aurait forcée à avoir un rapport sexuel à travers la portière d’une voiture, a été évoqué à plusieurs reprises pendant l’audience. L’homme aurait par ailleurs contraint Laëtitia à se faire tatouer l’inscription dégradante « garage à bites » au niveau du pubis.

    L’enquête a été ouverte le 31 mai 2022 par un signalement d’une amie de Laëtitia R., Ophélie, à qui elle s’était confiée et qui craignait pour sa vie. La voisine de Guillaume B., chez qui Laëtitia R. a vécu pendant plusieurs années, a témoigné à la barre des cris qu’elle entendait régulièrement : « Elle le suppliait d’arrêter. Je devais monter le son de la télé pour que mes enfants n’entendent pas. »

    « Si tu refais ça, je te tue »

    Laëtitia R. aurait accepté de se prostituer, au début, pour subvenir aux besoins de ses enfants, pour lesquels elle se fournissait dans des banques alimentaires. Guillaume B. partageait initialement la moitié des revenus avec elle, puis en conservait la totalité par la suite.

    « Si tu refais ça, je te tue », a écrit l’accusé à Laëtitia après qu’elle a refusé une sodomie avec un autre homme en raison de douleurs. « Tu n’es qu’un trou, un vide couilles à mon service », « message du maître à son esclave : je veux que tu suces une queue avant ce soir », lui écrivait-il également. L’homme imposait par ailleurs à Laëtitia « de se pénétrer tous les jours avec un gode michet », ce qui lui a causé une incontinence anale et « une rupture complète du sphincter anal », a expliqué la présidente du tribunal.

    Au début de leur relation, Guillaume B. la forçait aussi à boire son urine « tous les matins ». « J’étais juste là à son service, je lui servais de défouloir, j’attendais de mourir, il m’a détruite », a déclaré Laëtitia. Pendant sa grossesse, elle aurait même eu des relations sexuelles avec trois chiens et un cheval, selon les éléments du dossier.

    Lors des perquisitions, les enquêteurs ont retrouvé deux carabines et deux fusils à canon apposés contre le lit conjugal, ainsi que des vidéos zoophiles et sadomasochistes où figurent Laëtitia.

    « J’ai imposé mes règles en tant que maître, elle les a toujours acceptées », a tenté d’expliquer Guillaume B. L’accusé a reconnu avoir dit à la partie civile qu’elle « méritait » d’avoir été violée par son beau-père, à l’âge de 8 ans. « Elle n’avait pas le droit de dire stop, car cela faisait partie du dressage », a-t-il déclaré.

    Les avocats de l’accusé ont demandé le huis clos, voulant « protéger l’intérêt » de la fille de 7 ans que le couple a eu ensemble. L’avocat de Laëtitia a rétorqué que Guillaume B. essayait « encore une fois de reprendre le contrôle en instrumentalisant cette enfant qui se constitue partie civile contre lui dans ce dossier ».

    Le maire (DVD) de Manosque, Camille Galtier, a exprimé son soutien à la victime et a annoncé nommer « d’ici l’été une chargée de mission dédiée à la prévention et à la lutte contre les discriminations ».

    DES MANIFESTANTES SOUTIENNENT LAËTITIA

    Carmen Buelga, membre du CIDFF

    Les violences faites aux femmes et aux enfants sont l’objet même du CIDFF (Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles). C’est une réalité très malheureuse qui occupe nos pensées, c’est une réalité dans notre pays et dans le monde entier. C’est important de soutenir cette femme qui a subi pendant des années. Ce procès va être compliqué, il faut qu’elle sache qu’on est derrière elles. Il y a une double peine pour les victimes à qui on reproche souvent plein de choses. On est solidaires. »

    Léa, membre du collectif féministe départemental

    « C’est important d’être là parce qu’on salue la démarche de Laëtitia qui a demandé la levée du huis clos. C’est aussi important dans nos territoires ruraux : les statistiques montrent qu’il y a plus de féminicides en ruralité, les mouvements féministes sont plus présents en ville. Les femmes ont plus de mal à se faire entendre en ruralité. Les structures qui prennent en charge les femmes victimes de violences sont beaucoup plus rares en ruralité. »

    Marie-Claire Bataille, membre du collectif « 8 mars toute l’année »

    « Il nous a semblé totalement normal et plus que légitime d’être là pour Laëtitia, d’être présentes pour la soutenir.

    On est sur de la barbarie, au-delà du patriarcat et de la puissance masculine. On est essentiellement là pour la soutenir. On la croit, on reconnaît ce qui lui est arrivé et on la soutient. »

  • L’ex de Laëtitia jugé pour viols et proxénétisme dès ce lundi à Digne

    L’ex de Laëtitia jugé pour viols et proxénétisme dès ce lundi à Digne

    Ce lundi s’ouvre devant les assises à Digne le procès de Guillaume B., directeur d’une agence bancaire manosquine accusé d’avoir torturé, violé et livré à la prostitution à « des centaines d’hommes » son ex-compagne Laëtitia. Ils se sont rencontrés en 2015. Laëtitia, alors préparatrice en pharmacie, était âgée de 32 ans, et Guillaume B. de 42 ans. Dans Sept à Huit, elle se confie sur les violences physiques et psychologiques qu’elle a subies dès le début de la relation : « Il me demandait de lui envoyer des photos pour voir comment j’étais habillée, il me demandait où j’étais. » « Très vite », les menaces de mort arrivent. Guillaume B. « menaçait de me faire perdre mes enfants, de diffuser à ma famille des choses de ma vie intime ».

    Parmi les violences subies, « au début, des gifles jusqu’à ce que je perde une dent », puis « des coups de ceinture, des fessées à me faire des marques pendant deux semaines, des coups de planche à découper, de câbles électriques. Il m’a déjà étranglée plusieurs fois jusqu’à ce que je perde conscience, il me mettait des sacs-poubelles sur la tête jusqu’à ce que je perde conscience », témoigne-t-elle. Ces violences avaient lieu « la nuit, le jour quand mes enfants étaient à l’école, à la maison, sur des parkings, des aires d’autoroute ». Elle dit « avoir dissocié par moments » et ne pas se rappeler de certaines violences en raison du traumatisme subi. Chasseur, il conservait quatre armes à leur domicile. « Il y avait une carabine tout le temps chargée dans le salon. »

    Guillaume B. l’inscrit ensuite sur « des sites d’escortes, de prostitution » pour la livrer à « des centaines d’hommes », raconte-t-elle. Elle n’a pas subi de soumission chimique car « il disait qu’il fallait que je me rende compte de ce qu’il m’arrivait ».

    Forcée à se prostituer, même enceinte

    Certains payent « très cher » pour avoir des rapports sexuels avec elle et lui faire subir des violences physiques, « chez eux ou dans des hôtels », témoigne-t-elle. Elle subit des violences « même enceinte, avec des contractions, à six mois de grossesse. J’ai même été hospitalisée ». Elle essaye de s’opposer, mais « plus je m’oppose, plus il est frustré et devient dangereux. Mon corps s’en souvient », explique-t-elle. Pendant ses rendez-vous médicaux, elle doit l’appeler pour qu’il écoute toute la conversation.

    Au bout d’un moment, « je me suis dit, c’est soit je pars, soit je meurs ». Un jour, « une amie dont je n’avais pas de nouvelles depuis cinq ans m’envoie un message. J’étais alors aidée par une association et une psychiatre. On s’est appelées et je lui ai tout raconté ». Son amie prévient alors les forces de l’ordre, et c’est là que l’instruction commence.

    Encore aujourd’hui, elle porte des séquelles, est « incontinente », a « des douleurs dans tout le corps », dort « deux ou trois heures par nuit » et prend de la morphine et des anxiolytiques. Elle est reconnue adulte handicapée. Elle est mère de quatre enfants âgés de 8 à 23 ans, dont la dernière est de lui. « Pour elle, c’est pas son père. Elle l’a rayé complètement. Elle a vécu la peur. Pendant sept ans, avec les enfants, on était séquestrés. Les seules sorties autorisées pour eux, c’était l’école et chez leur père », se rappelle Laëtitia. Les expertises psychiatriques décrivent Guillaume B. comme « sadique, pervers, dangereux », selon Sept à Huit.

    Laëtitia a refusé le huis clos. « Il m’a tenue avec la peur, avec la honte. C’est lui qui devrait avoir honte, moi j’ai subi », déclare-t-elle, espérant pouvoir aider d’autres femmes à parler.

    Le procès commencera ce lundi à 14h, avec l’examen des faits qui durera jusqu’à ce mardi. Les personnalités de Guillaume B. et de Laëtitia seront ensuite étudiées mercredi, à l’aide notamment d’expertises. Les parties civiles seront entendues jeudi matin, puis les avocats plaideront et le procureur énoncera ses réquisitions l’après-midi. L’accusé prendra la parole et le délibéré sera rendu vendredi. Guillaume B. encourt la perpétuité.

  • Des colliers à ultrasons pour protéger ses bêtes du loup sans lui tirer dessus

    Des colliers à ultrasons pour protéger ses bêtes du loup sans lui tirer dessus

    Après avoir subi plusieurs attaques et retrouvé de nombreuses de ses bêtes tuées par le loup, l’éleveur Romain Constans a trouvé une solution innovante pour se protéger du prédateur : des colliers qui détectent les mouvements de ses animaux, s’activent quand ils courent et émettent des ultrasons et des lumières clignotantes pour éloigner le loup.
    « Avant, je ne pouvais pas approcher mes vaches, elles étaient agressives, elles me faisaient sortir de leur enclos, elles pouvaient charger les promeneurs », stressées par le loup, témoigne-t-il. Elles s’étaient même déjà retrouvées dans le village voisin, effrayées et pourchassées par le prédateur. Depuis qu’il les a équipées de ces colliers, l’éleveur peut approcher, câliner et s’occuper de ses bêtes sans qu’elles ne bronchent.

    Cette solution reste « moins efficace que la carabine », lance l’éleveur, mais elle permet une cohabitation tout en préservant l’espèce, alors que cinq loups ont déjà été tués par les lieutenants de louveterie depuis le début de l’année, selon la préfecture. Les éleveurs de 40 troupeaux disposent d’une autorisation de tir. « On essaye de vivre avec », explique Romain Constans.

    232 animaux tués par le loup cette année

    Nombre de ses veaux, de ses brebis et de ses béliers ont été tués par le loup avant qu’il ne s’équipe de ces colliers. Au 13 mai 2026, 72 attaques de loup avaient été signalées sur 52 troupeaux dans le département, pour un total de 232 victimes recensées. Ces chiffres sont en baisse par rapport à l’année dernière, selon la préfecture. Une attaque a causé plus de 20 victimes cette année, contre trois l’année dernière. « Depuis que j’ai les colliers, je n’ai eu aucune attaque, aucun veau de perdu », se réjouit Romain Constans, alors qu’il en perdait auparavant « un ou deux par an ». « Comme c’est en pente, dès qu’il y a une attaque, c’est dévastateur. Il y a des pattes cassées. Pour une brebis tuée, il faut parfois en euthanasier 10 ou 15 », déplore l’éleveur. Il a même déjà retrouvé le loup avec son teckel dans la bouche.

    « Le risque zéro n’existe pas, mais ça dissuade. Même pour nous, éleveurs, cela nous apporte de la tranquillité », avance-t-il. « Ce qui freine, c’est le prix » : environ 240 euros hors taxes par collier, selon le gérant de la société qui les produit, Cyril Gautreau. Il faut compter environ un collier pour cinq vaches et un pour huit moutons. Romain Constans n’a pas pu acquérir assez de colliers pour ses 450 brebis. « Il faudrait 100 colliers pour bien équiper le troupeau ! », regrette-t-il. Il en utilise alors un pour ses vaches et deux pour ses béliers.

    En plus des colliers, l’éleveur fait appel à des éco-volontaires de l’association de défense du loup Ferus pour veiller sur ses bêtes pendant la nuit l’été. Ces bénévoles font des rondes, installent des tentes et dorment avec les animaux pour éviter les attaques en montagne.

    Romain Constans a également fait l’acquisition de chiens de protection, mais trouve les colliers plus efficaces. « Les chiens de protection, c’est ingérable l’été, avec les promeneurs, ils peuvent mordre quelqu’un », craint-il. De nombreux accidents ont été recensés dans le département. De plus, les loups sont si nombreux dans le département que, « quand un chien chasse un loup, un autre attaque ». « Les colliers, ça ne dérange personne, ça n’embête pas les randonneurs, et ça dissuade le loup », avance-t-il.

    Sa crainte reste que le prédateur s’habitue aux ultrasons et aux lumières du collier sur le long terme, « comme il s’est habitué au foxlight », ce flash lumineux conçu lui aussi pour repousser le prédateur. « Le remède miracle n’existe pas », conclut l’éleveur. Mais, « depuis que j’ai le collier, je n’ai plus de problèmes ». Son créateur, Cyril Gautreau, se félicite d’une efficacité « de 80% pour les moutons et de 95% pour les bovins ». « Il y a une explosion des ventes cette année et une possible rupture de stock », affirme-t-il.

  • Les élèves des écoles d’art imaginent les Alpes en 2126

    Les élèves des écoles d’art imaginent les Alpes en 2126

    Une centaine d’élèves des écoles d’art de Digne, Forcalquier, Gréoux-les-Bains et Barcelonnette ont inauguré et présenté mercredi soir leur exposition imaginant le département dans 100 ans. Jules, 11 ans, élève à l’école d’art IDBL à Digne, a ainsi imaginé avec quatorze de ses camarades un monde où « on a voulu réparer le réchauffement climatique, mais on a tout foiré ». « C’était un projet très amusant à faire, et chacun a pu apporter ses idées pour imaginer le futur », a renchéri son camarade Gabriel. « Nous avons aimé inventer notre vision du monde de demain, parce que nous sommes aussi les adultes du futur », a lancé Jules. Dans leur monde imaginaire, « le 04 est devenu un monde fragmenté qui flotte dans les airs. Le monde est bloqué dans un hiver éternel », explique le petit garçon. « Les humains habitent dans des bulles et l’atmosphère est irrespirable. »

    « Nous, on s’est dit qu’en 2126, ce serait quand même bien que ce soit quelque chose de meilleur qu’aujourd’hui, sinon c’est anxiogène pour les enfants », a défendu Catherine Hall, professeure d’arts plastique à l’école intercommunale de Forcalquier. « Avec le réchauffement climatique, on en a conclu qu’il y aurait des ananas, des bananes, des oranges dans les arbres, et que le coq pondrait des œufs », a-t-elle décrit. Sur l’un des leurs kakémono (œuvre d’art suspendue), on peut distinguer la citadelle de Forcalquier sous l’eau.

    « Ce que vous découvrez ce soir est une illustration de ce qu’ensemble nous pouvons accueillir lorsque nous mettons l’art et la créativité au cœur de nos politiques publiques, à savoir faire des arts un levier de développement humain et de cohésion pour l’ensemble de notre territoire », a défendu Alain Deslaux, conseiller départemental délégué notamment à la culture.

    Une première rencontre

    « C’est la première fois que les quatre écoles du département travaillent ensemble », se réjouit Isabelle Laban-Dal Canto, conservatrice du patrimoine au département. « La présidence nous a demandé d’organiser des expositions dans cette salle de l’hôtel du département, donc on a fait plusieurs propositions, dont deux ont été retenues : l’artothèque et celle-ci. »

    « C’est compliqué de travailler comme ça avec plein de gens à distance qui ne se croisent pas forcément », a témoigné la directrice de l’école d’art dignoise IDBL, Émeline Eudes. Les quatre écoles qui ont participé, entre Gréoux-les-Bains et Barcelonnette, sont très éloignées, d’un bout à l’autre du département. « Je me mets à la place des jeunes d’aujourd’hui, c’est déjà hyper anxiogène pour nous, entre les guerres, le climat », a ajouté la directrice de l’école. « Sur les kakémonos de l’Ubaye, je trouve qu’il y a un truc intéressant, parce qu’ils parlent du ski, des remontées mécaniques… C’est un vrai sujet aujourd’hui pour toutes les petites stations de ski qui sont en train d’essayer de se transformer. »

    Ce projet s’inscrit dans le schéma départemental, qui assure un maillage territorial « qui permette à toutes les populations disséminées sur le territoire d’avoir une offre accessible financièrement et géographiquement », explique Emeline Eudes. « C’est une obligation légale pour la musique, la danse et le théâtre. Les arts plastiques ne sont pas dedans. Le ministère de la culture oublie systématique l’existence des arts plastiques quand il parle d’enseignement artistique », regrette-t-elle. Heureusement, le département a décidé de les inclure.

    Ce schéma « n’oblige pas le Département à donner des subventions, mais on le fait », avance Anne Rinjonneau, directrice adjointe aux stratégies culturelles. « Souvent, il y a plus de temps de déplacement que d’heures de cours », déplore-t-elle. Le Département a profité de l’occasion pour remettre un chèque de 400 euros à chacune des écoles « pour leur permettre d’acheter du matériel », a annoncé Alain Deslaux.

  • D’un mouvement de résistance aux grands « Soulèvements »

    D’un mouvement de résistance aux grands « Soulèvements »

    Nous retrouvons mardi matin les militants du Comptoir des idées devant le panneau d’expression libre de l’avenue Tessé, en pleine séance de collage et de distribution de tracts. L’objectif étant d’informer la population toulonnaise d’une nouvelle séance de réflexion et de débat à l’occasion de la ciné-rencontre du jeudi 21 mai à 20h30 au cinéma le Royal autour de Soulèvements, le film de Thomas Lacoste qui sera présent dans la salle.

    « Ce qui nous intéresse, c’est que ça touche autant à la protection de la planète que les droits humains », explique Guy Cochennec (Climat Zéro Fossile). Le militant associatif rappelle pour commencer la genèse : « L’idée est née au sein de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes après 2013, au moment où la police et l’armée se sont retirées. » La très riche vie communautaire qui y prospère alors va en être le ferment. Des voix s’élevant pour dire qu’il n’était pas possible de se séparer sans créer un mouvement pour continuer la lutte partout où ce serait nécessaire.

    Pour continuer le combat

    « Une fois mis en place, ils vont réagir très très vite à tout ce qui se passe », souligne-t-il. On va en effet les retrouver présent sur la A69, mais aussi sur les projets des méga-bassines et même à plus de 3 000 mètres au cœur du glacier de la Girose, sur le chantier de construction d’un téléphérique, « avec l’installation de tentes sur le seul endroit où les hélicoptères pouvaient se poser pour amener le matériel ».

    Le Comptoir des idées souhaite mettre en perspective tous ces combats et la réponse disproportionnée de l’État – pour rester dans l’euphémisme. Notamment sur la manifestation organisée à Sainte-Soline en 2023 et « la réaction d’un gouvernement pour casser le mouvement ».

    « L’année d’avant déjà, Darmanin avait mis en avant l’écoterrorisme pour permettre d’appliquer les lois d’exception à des activistes et préparer l’opinion publique », dénonce Guy Cochennec. 3 000 agents des forces de l’ordre vont être déployés face à 30 000 manifestants avec « la volonté de faire un exemple, de faire peur et mal avec des tirs tendus de lance-grenade ». Et de préciser : « Sur des images, on voit des gendarmes qui comme dans un jeu vidéo se congratulent lorsqu’ils font mouche sur un manifestant. » Résultat : plus de 200 blessés très graves.

    Et pendant qu’on parle d’écoterrorismes, on ne parle plus des crimes écologiques réels ceux-là qui sont commis sur l’ensemble de la planète.

    Tout cela devrait donner matière à débat dans la salle et inspirer, pourquoi pas, d’autres manières de mener le combat au travers des 16 portraits réalisés dans ce film. On retrouve notamment deux paysans : le père est à la Confédération paysanne, et son fils beaucoup plus radical… Le militant du Comptoir des idées conclut : « Il y a une solidarité, de l’émotion qui passe, il y a tout ce qu’on aimerait voir partout dans la société. »

  • Une fête de la nature pour mieux la protéger

    Une fête de la nature pour mieux la protéger

    Mieux connaître la biodiversité pour mieux la protéger : tel est l’objectif de la Fête de la nature, organisée à Digne du 20 au 23 mai. Des ateliers de peinture végétale, des sorties en pleine nature à la découverte d’espèces animales et végétales, des animations sur la géologie, à la recherche du castor, ou encore des ateliers cyanotype y seront proposés gratuitement au grand public et aux élèves des écoles de la ville préfecture du département.

    « On ne protège efficacement que ce qu’on connaît bien. Si on connaît bien ce qui nous entoure, on a envie de le protéger », avance Richard Bonnet, conseiller municipal délégué à l’environnement. « La Ville de Digne a tenu à faire participer les écoles le mieux possible, puisqu’on y construit les citoyens de demain », ajoute-t-il.

    La Ville organise cette fête en partenariat avec l’Office français de la biodiversité (OFB), la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), l’association la Cistude, la médiathèque ou encore le musée Promenade.

    « Un film animaliste suivant une famille de renards pendant toute une année » sera également projeté au centre culturel René-Char, s’est réjoui l’élu. Flora Berger, conteuse et autrice d’un livre sur la vie des abeilles, interviendra auprès des écoliers avec une apicultrice des Mées et une ruche pédagogique.

    « La charte fondatrice de la Fête de la nature impose que la fête fasse progresser la connaissance, qu’elle soit en contact direct avec la nature, qu’elle fasse preuve de protection de la biodiversité, qu’elle favorise l’évolution des comportements, et que tout ce qui est proposé soit gratuit », explique Richard Bonnet.

    Programme dignelesbains.fr/2026/05/fete-de-la-nature-du-20-au-25-mai/

  • Un voyage solidaire et agricole en Palestine

    Un voyage solidaire et agricole en Palestine

    Nicolas* et Juliette* ont raconté, jeudi soir, leur voyage en Cisjordanie, pendant lequel ils ont aidé des Palestiniens à produire sur leurs fermes. Ils ont évoqué leurs histoires et projeté leurs portraits, avec l’objectif de documenter l’avancée de la colonisation israélienne. Vivant tous deux dans une communauté agricole autogérée, ils ont pu échanger leurs savoirs avec les Palestiniens.

    Parmi eux, Bayan, une Palestinienne, professeure à l’université, qui « ne sait jamais combien de temps elle va mettre pour aller à l’université avec tous les checkpoints », et « qui a peur d’être tuée à chaque checkpoint », rapporte Juliette. « Dès qu’elle a une voiture israélienne derrière elle, elle est en panique. » Dans leurs fermes, les Palestiniens « ne peuvent pas utiliser de grosses machines, sinon, le bruit attirerait les colons, a-t-elle expliqué. Ils cultivent pour être autonomes de l’occupation et pouvoir manger leur propre production. »

    Nicolas a également relaté son voyage dans le village encerclé de colonies israéliennes, Al Mughayyir, où il s’est rendu avec ISM (International solidarity movement) pour faire de la « présence solidaire ». Il y a par exemple effectué des rondes pour éviter les attaques de colons pendant la nuit. « C’est l’un des endroits où la colonisation est la plus avancée en Cisjordanie », explique-t-il. « La colonisation prend plein de formes différentes, comme faire pâturer des moutons dans des vergers d’oliviers appartenant à des Palestiniens pour ruiner la récolte », relate-t-il. Il a également décrit les « jeunes des collines », ces enfants israéliens « qui ont des problèmes à l’école et qu’on envoie coloniser la Palestine ».

    *Les prénoms ont été changés

  • De nombreux nids inquiètent dans les Alpes

    De nombreux nids inquiètent dans les Alpes

    « Rien que chez moi, aux Mées, j’ai recensé 17 nids actifs », alerte Alexandre Voutat, gérant de l’entreprise Alpes Guêpes Frelons, qui s’occupe notamment de détruire les nids de frelons asiatiques dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes. Ces insectes « commencent à se répandre dangereusement » dans les Alpes du Sud, constate-t-il. Son entreprise intervient par exemple pour détruire des nids à Annot, à Savines-le-Lac (Hautes-Alpes), à Sisteron ou encore à Malijai. « Ici, les gens ne sont pas très sensibles parce qu’il n’y a pas eu de gros problèmes, d’accidents, comme dans d’autres régions. C’est dommage », explique-t-il.

    « Je viens, je traite le nid, et je repasse 24, 48 ou 72 heures après pour enlever la coque. Après, c’est détruit dans un centre de déchets », détaille Alexandre Voutat. « Les frelons peuvent se nicher de partout : dans des niches de chien, dans des barbecues qui ne sont pas utilisés, dans des toitures… », explique-t-il. « Pour le moment, je pense que ce n’est pas pris au sérieux comme ça devrait l’être. C’est vraiment un fléau. Il y a un danger. Je vois des frelons partout, cachés dans le sol, dans des endroits très surprenants. J’ai traité des nids de 60 cm de diamètre à hauteur des genoux », alerte-t-il. À l’automne, il avait recensé « une quinzaine de nids visibles », sur l’autoroute entre les Mées et Aix-en-Provence.

    Le Vaucluse en vigilance

    Les pièges à frelons sont en train d’être retirés dans les communes vauclusiennes. Les reines des colonies pondent actuellement et ces dispositifs risquent désormais de piéger d’autres insectes, attirés par le sucre utilisé dans les installations. Pour l’heure, contrairement aux départements du Var, des Bouches-du-Rhône et des Alpes-Maritimes, aucun frelon oriental, reconnaissable à sa couleur rouge brun, n’a été détecté en Vaucluse, d’après le syndicat local des apiculteurs. La vigilance reste de mise.

    Mack Salman