Tag: Social

  • Des aménagements en faveur de l’inclusion aux calanques

    Des aménagements en faveur de l’inclusion aux calanques

    « Tu entends ? On est face à la mer. » Marine, 22 ans, est accompagnée d’Ouban, son chien guide. Elle est en situation de déficience visuelle. Depuis 2008, les Parcs nationaux de France et l’Office français de la biodiversité (OFB), en partenariat avec GMF et la Fondation Covéa, mettent en œuvre des aménagements pour rendre les parcs nationaux accessibles aux personnes en situation de handicap. Cet engagement s’inscrit dans le cadre du mécénat « La nature en partage ». « Il y a une réelle volonté d’inclusion. L’objectif est de permettre à toutes les personnes qui n’ont pas l’occasion de venir de pouvoir accéder aux parcs », déclare Laurent Tollié, président de la Fondation Covéa.

    Depuis deux ans, une vingtaine de sorties en joëlette, un fauteuil tout terrain, ont été organisées aux côtés de l’association OCCP Trail La Ciotat (Olympic club des coureurs cyclistes). Frédéric Gaillanne, à l’origine de la Fondation Gaillanne, est venu essayer le dispositif, ce mercredi : « Je suis aveugle, mais ça permet aux personnes à mobilité réduite d’aller dans des lieux auxquels ils ne seraient pas allés d’habitude. » En 2003, il crée sa Fondation, une école de chiens guides destinés aux enfants aveugles et malvoyants. Marine en est une ancienne bénéficiaire. Elle a pu réaliser des balades sonores à la Fontaine de Voire, un autre dispositif proposé par le Parc. « J’ai envie qu’on me décrive le paysage, pas juste de marcher. Alors ça permet d’avoir un vrai accompagnement et de profiter plus de la randonnée », sourit-elle.

    Préserver et sensibiliser

    Autre temps fort de l’après-midi : les participants ont pu, aux côtés de deux écogardes du Parc national, vivre une expérience auditive et sensorielle. En touchant des herbes de posidonie ou en écoutant le chant du goéland, ils ont pu profiter pleinement du paysage des calanques. Présente sur place, la « calanque mobile » permet de déplacer plusieurs activités afin d’informer et sensibiliser la population sur la faune et la flore.

    Le Parc national « est l’un des plus fréquenté, de par son emplacement, situé entre un territoire urbanisé et naturel », souligne Frédérique Figueroa, responsable du service accueil des publics. Chaque année, le Parc national des Calanques accueille environ 4 millions de visiteurs.

  • À Sisteron, une crèche fermée après des arrêts maladie à la chaîne et un licenciement

    À Sisteron, une crèche fermée après des arrêts maladie à la chaîne et un licenciement

    La décision est tombée mardi soir : la crèche Les p’tits Babadins sera fermée pendant au moins trois mois, après que l’ensemble de ses salariés se soit mis en arrêt maladie sur fond de « management toxique ». L’une des salariées a elle été licenciée suite à une grève organisée en avril. 15 familles se retrouvent ainsi du jour au lendemain sans aucun mode de garde pour leurs enfants. « La réponse à la grève a été des sanctions, un licenciement et encore plus de toxicité dans le management », affirment les parents des enfants inscrits. « Les salariées sont encore en dépression, elles ne peuvent plus sortir de leur lit, elles pleurent tous les jours », décrit Audrey Marchal, mère d’un enfant gardé aux p’tits Babadins. Le nouveau directeur, arrivé il y a un mois, est lui aussi en arrêt maladie. « Il ne dort pas la nuit à cause du stress, il travaillait 50 heures par semaine », expliquent les parents. « Même les prestataires de musique ne viennent plus car ils n’étaient plus payés. Les prestations de ménage ont cessé. »

    Interrogée par un parent, la directrice d’exploitation a répondu ne « pas être en mesure de s’engager sur une réouverture à la rentrée ». Les parents ont du mal à trouver une solution pour faire garder leurs enfants, alors que les listes d’attente sont longues et que « les trois crèches municipales sont déjà pleines ». « Je m’arrange avec mon mari qui a pris des congés, mais je crains que l’un de nous perde son travail », témoigne une maman. Certains enfants font des terreurs nocturnes depuis la fermeture de la crèche. « Mon fils m’a dit qu’il pouvait se garder tout seul », rapporte Maëlia Paumard. Contactée, la direction n’a pas répondu à nos sollicitations. Le groupe d’opposition de gauche Demain Sisteron ! alertera de la situation au prochain conseil municipal.

  • La clinique Jeanne d’Arc d’Arles en plein malaise social

    La clinique Jeanne d’Arc d’Arles en plein malaise social

    « Humilier n’est pas diriger ». Ces mots peints sur un drap étendu à l’entrée de la clinique Jeanne d’Arc d’Arles, mercredi, donnent le ton du conflit social en cours.

    « La seule demande que nous avons est le départ de notre directeur », indique Violette Vigne, secrétaire CFDT du CSE. À l’appui, une vingtaine de salariés en grève, plus une trentaine en soutien devant les portes de l’établissement en début d’après-midi. La rencontre avec la hiérarchie territoriale a débouché sur la suspension du mouvement, « le temps de voir si leurs directives sont appliquées » au local, selon la déléguée syndicale CFDT Aurore Desgrippes.

    « Nous sommes en conflit permanent depuis un an », relève l’élue au CSE. À tel point que deux mains courantes ont été déposées par deux salariés, dont une pour agression physique, et qu’un troisième a pris les services d’un avocat.

    « Les membres du CSE, vous êtes pas allés à l’école, la syntaxe s’apprend au lycée ». « Elle, elle comprend pas le français, c’est normal ». Telles sont les citations rapportées par les personnels rencontrés.

    « L’absentéisme a triplé »

    En outre, « plusieurs salariés ont été rétrogradés ou mis au placard car notre directeur n’a simplement pas envie de travailler avec », rapporte Violette Vigne. « On parle du bras droit de la direction interdite de sortir de son bureau et exclue de toutes les prises de décision », précise Aurore Desgrippes, indiquant un « absentéisme qui a triplé en un an ».

    Contacté, le groupe Elsan propriétaire n’a pas répondu à nos sollicitations. « Au moindre débordement, on reprend la grève » prévient la déléguée syndicale.

  • À Digne, une exigence de reconnaissance pour les AESH

    À Digne, une exigence de reconnaissance pour les AESH

    « Elles sont payées toute leur vie sous le seuil de pauvreté, sous le Smic. C’est un métier indispensable qui ne leur permet pas de vivre », a déploré Gweltaz Broudic, cosecrétaire de la FSU 04. « On accompagne de plus en plus d’élèves qui sont de plus en plus en souffrance, pour un salaire dérisoire d’environ 1 000 ou 1 300 euros », a expliqué Valérie, AESH à l’école des Sièyes à Digne. « On se fait insulter, taper dessus », regrettent-elles avec sa collègue Marielle. Une AESH peut accompagner jusqu’à huit élèves, ce qui laisse seulement deux à trois heures par semaine pour chaque enfant, ont-elles expliqué. Une délégation a été reçue par la DSDEN.

  • Les écoles de Peyruis en grève face à des violences répétées

    Les écoles de Peyruis en grève face à des violences répétées

    Lapidation, gifle, mutilation… Parents d’élèves et enseignants ont dénoncé mardi une escalade des violences au sein de l’école primaire de Peyruis. « Cela fait deux ans qu’on est confrontés à des violences entre élèves et envers le corps enseignant », explique Cécile Pinatel, parent d’élève. Elle décrit « des violences verbales, des insultes aux équipes pédagogiques, des jets de pierre, des étranglements ». La semaine dernière, un nouvel incident, une enseignante giflée par un élève, a fait « déborder le vase ». « L’école ne peut rien faire en termes de sanction, à part priver l’élève de sortie ou l’exclure quelques jours », regrette Cécile Pinatel. « Nos enfants sont spectateurs de toute cette violence, de ces mots qui sont banalisés. »

    « L’école est en souffrance depuis plusieurs années », explique Sylvie Noailles, conseillère municipale de Peyruis déléguée aux affaires scolaires, présente au rassemblement devant la DSDEN. « Cela s’est considérablement dégradé depuis deux ans », constate-t-elle, évoquant des enseignants « usés, qui pleurent, découragés, qui veulent faire autre chose ». « On doit prendre en compte le mal-être de nos enfants. Les enfants violents sont aussi des enfants qui sont en souffrance », avance-t-elle, regrettant le manque d’accès aux soins, notamment en matière de santé mentale, dans ce département rural en pénurie de médecins.

    « Une intensification

    des violences »

    « Des moyens, pas des poings », « Peyruis en colère, stop à la violence à l’école », pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants. Les deux écoles de Peyruis ainsi que le périscolaire étaient en grève mardi. Dans un communiqué diffusé lundi, les parents d’élèves décrivent « une situation devenue ingérable » et une « intensification des violences ». Conséquence : certains enfants « font des cauchemars, ont peur d’aller à l’école, se plaignent de maux de ventre ou de terreurs nocturnes ». Les parents d’élèves demandent à l’Éducation nationale « des mesures concrètes, rapides et adaptées : accompagnement renforcé, postes supplémentaires, soutien aux enseignants, sanctions à la hauteur des préjudices, protection des élèves et des personnels ».

    Une délégation composée de la maire DVG de Peyruis Lila Desjardins, de parents d’élèves et d’enseignants a été reçue par la Dasen (directrice académique des services de l’Éducation nationale) mardi après-midi. « On a eu les paroles, maintenant il nous faut des actes concrets », ont expliqué les parents d’élèves, réclamant un soutien psychologique pour les élèves qui ont vu l’enseignante se faire gifler. « L’enseignante agressée exprime une vive colère et estime que les sanctions sont inefficaces face à la multiplication des profils difficiles », a rapporté Lila Desjardins. Un rendez-vous a été pris par la Dasen et la mairie pour évoquer la situation.

  • Découvrir les métiers de l’aide à domicile à La Ciotat

    Découvrir les métiers de l’aide à domicile à La Ciotat

    La Communauté organise une journée portes ouvertes en partenariat avec la Mutuelle familiale, dans leur agence de La Ciotat, mercredi 10 juin, de 9h à 16h. Une stratégie de sensibilisation à un secteur trop souvent mal connu.

    Parmi les temps forts de cette journée, le public pourra tester un simulateur de vieillissement, une expérience sensorielle destinée à faire ressentir concrètement les contraintes du quotidien liées à l’âge. Une ergothérapeute animera des ateliers sur l’adaptation du domicile et la prévention des chutes : tapis, fils qui traînent, chaussures inadaptées ou aménagement de la douche.

    Le pôle Service à la personne Paca-Corse proposera en matinée un atelier de réalité virtuelle pour mieux appréhender les métiers du secteur. La journée comprend également des sessions de recrutements en continu. Le choix du mois de juin n’est pas anodin : « C’est une période où on a des remplacements à pourvoir, parce que nos salariés titulaires posent leurs congés », explique Nicolas Nguyen, chargé qualité et développement de l’association. Mais au-delà de ce besoin de remplacements pour l’été, « en région Paca, le vieillissement de la population s’accélère plus vite que la moyenne nationale », rendant le recrutement pour des postes de plus longue durée, dans ce secteur, plus urgent que jamais.

    2 500 bénéficiaires accompagnés

    Fondée en 1964 par des
    syndicalistes, dont Pierre Moscatelli, ancien Résistant et membre de la CGT, l’association est née d’une volonté de défendre les droits des travailleurs immigrés confrontés à des difficultés, pour faire valoir leur retraite. Soixante ans plus tard, la Communauté accompagne plus de 2 500 bénéficiaires sur le bassin de La Ciotat, d’Aubagne, de Marseille et du pourtour de l’étang de Berre. « Quand on a l’image de l’aide à domicile, on pense surtout au travail de ménage, mais ce n’est pas que ça », rappelle Nicolas Nguyen. Derrière ce cliché, une réalité bien plus large : aide à la préparation des repas, accompagnement des personnes en situation de handicap, aides administratives et lutte contre l’isolement social. « Certains de nos bénéficiaires n’ont plus de famille et l’aide à domicile, c’est parfois la seule visite qu’ils auront dans la journée », raconte Nicolas Nguyen.

  • Une crèche menacée de fermeture, les parents inquiets

    Une crèche menacée de fermeture, les parents inquiets

    La guerre est déclarée entre la communauté de communes et la crèche Hakuna Matata, ouverte en janvier à Saint-Maime : la direction et les parents craignent une fermeture, faute de subventions. Ce sont 37 familles qui risquent de se retrouver sans mode de garde et neuf salariés sans emploi. Cette crèche est « la plus remplie de l’intercommunalité », selon ses gérants. « Elle n’est pas en concurrence avec les autres, mais complémentaire : on ouvre plus tard le soir, si besoin le samedi », avance son président, Guillaume Santacreu. Selon lui, « un groupe de personnes a tout fait pour faire exploser le projet ». « Les personnes concernées font un blocage et nous mettent des bâtons dans les roues », affirme-t-il. Si la situation ne s’arrange pas, lui et sa sœur Victoria, directrice de la crèche, redoutent de devoir fermer à la fin du mois.

    « Comme j’avais peur que la crèche ferme, je me suis renseignée à celle de Saint-Michel-l’Observatoire, et la directrice m’a dit que la communauté de communes leur avait demandé de garder des places au cas où notre crèche fermait », affirme Léa, mère d’un des enfants gardés à la crèche Hakuna Matata. La majorité des enfants qui y sont gardés ont été refusés dans les autres crèches du territoire. Les listes d’attente sont longues pour réussir à décrocher une place. « Son père a dû arrêter de travailler pendant un an parce que la nounou a arrêté de le garder », témoigne Sarah Didierlaurent, mère du petit Sorën gardé à Hakuna Matata. « J’espère ne pas avoir à enlever mes enfants de cette crèche. J’en suis très contente : les horaires sont formidables pour ceux qui travaillent tard à Manosque. C’est pour ça que j’ai mis mes enfants ici », avance Léa.

    Un élan de solidarité

    Un véritable élan de solidarité a été initié par les parents d’enfants gardés à Hakuna Matata. L’une des mamans, qui a réussi à obtenir un rendez-vous avec le président de la communauté de communes, propose « une opération escargot dans son bureau », ou encore « une pétition en ligne à pousser sur tous les canaux possibles et imaginables ».

    Jeudi, les gérants de la crèche ont réussi à obtenir un rendez-vous le 30 juin avec la CAF, le Département et la communauté de communes. Les gérants de la crèche demandent 180 000 euros, puis 150 000 euros par an à l’intercommunalité.

    Contacté, le président de la communauté de communes explique que l’intercommunalité « compte déjà quatre crèches publiques ». « On savait qu’une telle activité était vouée à l’échec. Je refuse toute participation », explique-t-il. Selon lui, il y a assez de places pour accueillir les enfants dans les autres crèches. Le sujet est inscrit à l’ordre du jour du prochain conseil communautaire, qui aura lieu mardi à 14h30.

  • Relever le défi de l’unité du monde du travail

    Relever le défi de l’unité du monde du travail

    Le congrès confédéral de la CGT s’est achevé vendredi dans l’unité et la combativité.

    C’est une bonne nouvelle pour le monde du travail dans sa globalité qui a besoin d’organisations fortes et en ordre de bataille pour défendre ses intérêts.

    À Tours, les débats ont été francs, parfois vifs, mais l’ambiance tranchait avec celle du précédent congrès qui avait eu à gérer la succession complexe de Philippe Martinez.

    Sophie Binet qui avait alors été élue pour trouver un point d’équilibre en dehors des candidats qui s’opposaient pour prendre la tête de la CGT a gagné en légitimité et s’est pleinement installée dans son rôle de dirigeante syndicale à la fois dans les rangs de la CGT mais aussi plus largement dans l’opinion publique.

    Rapprochement avec la FSU

    Sans nier les obstacles que la CGT a pu rencontrer depuis 2023, la centrale syndicale a retrouvé sa dynamique collective et donc sa capacité à en découdre avec le patronat, le gouvernement libéral et l’extrême droite. Un courant politique qui prospère sur la division des travailleurs selon leur origine, leur religion ou leur couleur de peau dont le syndicat combat énergiquement la progression dans les classes populaires.

    La CGT qui sort renforcée de son congrès amorce un rapprochement historique avec la FSU, au sein d’une « maison commune », un cadre de coordination permanent entre les deux organisations, qui permettra de peser plus fort face au pôle de syndicats réformistes emmené par la CFDT.

    De nombreux défis restent devant elle : mutations du travail, IA, précarisation, ubérisation. Pour les relever, la CGT devra décupler ses efforts pour unir le monde du travail et faire progresser la conscience de classe.

  • Six entreprises innovantes et « positives » mises à l’honneur

    Six entreprises innovantes et « positives » mises à l’honneur

    Près de 200 personnes se sont réunies ce jeudi au Stade marseillais université club (Smuc) à Marseille à l’occasion de la 12e édition des trophées des entrepreneurs positifs organisés par la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) des Bouches-du-Rhône. Sur 75 TPE et PME candidates, six entreprises du département ont été récompensées selon 6 catégories pour leur engagement social ou environnemental et représenteront le département lors de la finale régionale en novembre. Parmi les lauréats figurent Benmecheta à Martigues, distinguée pour sa préservation des écosystèmes marins, bAAM! à Marseille pour son engagement pour une nutrition bio, Tiers-Lab des transitions à Marseille pour sa coopération avec des associations locales, VB Tech à Marseille pour son innovation sur les maladies neurologiques, Ma petite fraterie à Tarascon pour son travail sur le bien commun, ou encore Jouga à Aix-en-Provence pour son modèle de réemploi de jouets.

    Un territoire qui regorge de talents

    Cette cérémonie a récompensé des dirigeants qui ont choisi d’entreprendre « autrement », en conciliant performance économique et impact positif. « Être entrepreneur aujourd’hui n’est pas un long fleuve tranquille. Face aux tensions, ils prennent des risques (…) Ces trophées sont la preuve que notre territoire regorge de talents, d’énergie et d’engagement », a souligné Corinne Innesti, présidente de la CPME 13.

  • La CGT rassemblée derrière Sophie Binet

    La CGT rassemblée derrière Sophie Binet

    J’ai une très mauvaise nouvelle pour Patrick Martin et Sébastien Lecornu : nous sommes en pleine forme, nous sommes rassemblés ! ». Tout juste réélue comme secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet a chauffé à blanc les plus de 1 000 militants qui étaient réunis ce vendredi à Tours pour la conclusion du 54e congrès de l’organisation.

    Sous un tonnerre d’applaudissements et devant un parterre de drapeaux rouges, la syndicaliste a renvoyé l’image d’une CGT renforcée à l’issue de 5 jours de débats. « Ensemble nous avons participé à un congrès qui fera date. La CGT est debout, rassemblée, déterminée », martèle-t-elle lors d’un discours de clôture enflammé. Élue en 2023 au terme d’un 53e congrès pour le moins houleux et marqué par de fortes dissensions, Sophie Binet avait un « mandat de rassemblement » et entend bien faire savoir que l’objectif est atteint : « Ce n’était pas un mandat comme les autres mais le travail que nous avons conduit nous a permis de rassembler l’organisation ». Elle cite le vote sur le bilan d’activités, jauge d’appréciation du travail de la direction sortante, qui a été « voté à 82% ». « C’est la première fois qu’on atteint ce niveau de vote depuis 2013 », développe-t-elle en conférence de presse dans la foulée de son discours.

    Forte d’une stratégie pour les années à venir également largement validée par les congressistes (75% de votes favorables), Sophie Binet a envoyé une série de messages à l’égard des ennemis du monde du travail. Elle tacle « tous les rats qui veulent nous museler » et prévient : « Nous avons décidé d’un plan de bataille clair, nous avons adopté des orientations fortes. […] Ce congrès restera historique par ses décisions ».

    Des « enjeux structurels » entérinés

    En effet, les congressistes se sont accordés sur plusieurs « enjeux structurels » pour l’organisation. « On s’est doté d’un outil opérationnel pour lutter contre les déserts syndicaux avec les syndicats professionnels de territoire. Et d’une stratégie vers les ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise (Ictam) pour progresser dans les entreprises du CAC 40 où l’on a un défi d’implantation », rappelle Sophie Binet, citant également « la construction de notre maison commune avec la FSU ». Si elle regrette tout de même des « petits rebondissements » lors du congrès, avec un envahissement de la tribune et des discussions parfois vives, l’essentiel n’est pas là pour la secrétaire générale. Elle loue « un congrès historique car il était profondément politique ». La syndicaliste revient évidemment sur « l’internationale ouvrière contre l’extrême droite » impulsée par la CGT via un meeting rassemblant « 109 syndicalistes venus de 71 pays différents ». Et dans la même veine, les prises de position contre l’extrême droite en France à moins d’un an des élections présidentielles (lire nos articles du 02/06 et 03/06). « On ne gagne pas contre l’extrême droite sans perspectives sociales. La recette du Front Populaire dont on fête les 90 ans c’est unité, mobilisation, alternative sociale. Voilà ce qu’il faut mettre à l’ordre du jour », tempête Sophie Binet. Laquelle entend bien que son organisation « se mêle des présidentielles » : « Nous avons fait de la défense de la sécurité sociale et des services publics une bataille stratégique pour les années qui viennent, notamment dans le cadre du débat présidentiel ». Une bataille peut-être victorieuse grâce à l’envie de « mieux coordonner nos luttes ».

    Autre grande victoire : « L’annexion à nos statuts de notre cadre commun d’action contre les violences sexistes et sexuelles ». Une décision bien plus que symbolique puisqu’elle concrétise « le féminisme de lutte des classes de la CGT » pour Sophie Binet. « Le deuxième message politique de notre congrès est sur l’égalité femmes-hommes », insiste-t-elle. De quoi lui faire hausser le ton : « Ce sont de mauvaises nouvelles pour ceux qui rêvent d’une CGT affaiblie. Nous avons mangé du lion ». Le patronat n’a qu’à bien se tenir.

    « Ce congrès restera historique par ses décisions »