Tag: Services publics

  • Un ministre vante les bienfaits du standard des services publics

    Un ministre vante les bienfaits du standard des services publics

    À quelques mètres du hall d’accueil de la CPAM de Vaucluse, derrière deux portes grisâtres, des dizaines d’employés, casques audio sur la tête et micro devant les lèvres, enchaînent les appels de bénéficiaires devant leurs écrans qui affichent des données des heures durant. Cet endroit, c’est la plateforme téléphonique du relais local de l’Assurance maladie, et elle est portée « en exemple » par le ministre de la Fonction publique, David Amiel (Ren.).

    La structure a effectivement mis en place un « plan téléphone » ces deux dernières années. Ce moyen de rentrer en contact avec les services de la CPAM a été de plus en plus utilisé ces dernières années, avec un pic lors de la crise du Covid. Alors qu’en 2019 en France, l’organisation recevait 19 millions d’appels, ce chiffre a doublé en trois ans, avec 38 millions d’appels en 2022. C’est même, d’après la direction de la CPAM, le premier mode de communication utilisé en Vaucluse, avec pas moins de 370 000 appels traités en 2025, contre 235 000 mails et 25 000 accueils physiques par les 128 agents du service.

    Mais cette augmentation a engrangé en premier lieu une baisse des décrochages du téléphone. Il y avait alors un taux de traitement d’environ 60% des appels. Et vu que « quand la plateforme téléphonique s’enrhume, c’est toute la CPAM qui est malade », comme l’a affirmé Sophie de Nicolaï, directrice de la structure, un plan a été lancé pour « lancer la remontada » des réponses, poursuit l’administratrice. Avec la mise en place d’une harmonisation des horaires, du lancement de « plateformes de délestage » qui permettent de remplacer efficacement les absences, et des plans personnalisés, ce pourcentage de réponse est remonté en Vaucluse à 86%.

    Un modèle

    Le ministre a donc, après une séquence d’immersion auprès d’une standardiste qui lui a montré les rouages et les difficultés du métier, loué cette amélioration qu’il érige en « modèle pour l’ensemble des services publics ». « Moi, je ne crois pas au tout-digital, je pense au contraire qu’il est extrêmement important de pouvoir renforcer à la fois la présence humaine, et c’est ce qu’on déploie dans le cadre notamment des maisons France Service. L’ennemi, c’est la musique d’attente ou le répondeur automatique. Quand vous avez une situation difficile, comme c’est le cas pour de nombreuses personnes dans ce département, vous avez besoin d’avoir un visage, une voix », appuie-t-il.

    Il a aussi affirmé qu’un travail était engagé dans la lutte contre les incivilités que subissent les agents des services publics. Celui-ci consisterait à « muscler la réponse » à ces agressions. « Ce serait une vraie reconnaissance, car cela arrive trop souvent », glisse une employée au haut fonctionnaire.

  • Au Rove, Paul Sabatino mise sur l’expérience et la proximité

    Au Rove, Paul Sabatino mise sur l’expérience et la proximité

    Pas de « promesses irréalistes » mais « un discours de sincérité ». Le gymnase du Rove affichait complet pour la présentation de la liste de Paul Sabatino. Dans une salle pleine et ambiancée par Jean-Marc Sichi, habillé en « M. Loyal », le maire sortant a d’abord salué « l’âme du Rove » et rendu hommage à son prédécesseur Georges Rosso, disparu l’an dernier. L’occasion de rappeler le bilan de l’équipe sortante, la requalification de la traversée du village, les parkings, la rénovation des équipements scolaires et sportifs, l’extension de la vidéoprotection, et le futur dojo. Avec ses 5 328 habitants et 87% de terres classés, le Rove demeure « un village à taille humaine ».

    Un cadre qu’il entend préserver avec une équipe rajeunie et diversifiée, faite d’élus expérimentés et de nouveaux visages issus de tous les quartiers, unis dans « la conviction que la commune mérite une équipe soudée, compétente et sincère ». La liste « Continuons ! » s’inscrit dans cette ligne. « Continuer, c’est consolider. Renforcer. Adapter. C’est avancer, s’inscrire dans un sillon profond sans jamais perdre de vue l’essentiel : l’intérêt communal et général », insiste-t-il.

    « Le maire de tous »

    Quinze élus sortants vont poursuivre l’aventure, souligne-t-il, saluant leur fidélité et leur sens du service public. Parmi eux : Michel Bartoli « amené à prendre plus de responsabilités », Marie-Claude Bonnet, Christiane Cadière, ancienne DGS ou Viviane Rosso, très applaudie et « la plus expérimentée » de l’équipe. Les profils des quinze entrants sont variés (actifs, retraités, acteurs associatifs ou professionnels engagés) pour « croiser les regards et préparer l’avenir ». On pense à Ilhem Delmas Zeghadi, chercheuse arrivée il y a peu comme Laurent Rivoire, aux enfants du Rove François Caballero, Chantal Gouiran, Sylvie Raha ou Jean-Marie Giordano, et à ces figures Noël Kouici, « homme de combat et personnalité du port » ou André Secci, enfant de Niolon et mythique dirigeant de l’USPEG. Lisa Voyatzis, parent d’élève, est la benjamine de la liste.

    Dans un contexte financier « sain », avec une dette maîtrisée et des comptes équilibrés, Paul Sabatino s’est engagé à ne pas augmenter la fiscalité communale. La méthode reposera sur la concertation, le renforcement des services publics au service de la jeunesse, du cadre de vie, de la tranquillité publique et du soutien aux associations. « Le 15 mars, le choix sera clair : celui de l’expérience, de la proximité et du vivre-ensemble », conclut Paul Sabatino, prêt à rester « le maire de tous ».

  • À Vitrolles, Loïc Gachon mise sur le service public

    À Vitrolles, Loïc Gachon mise sur le service public

    Énergie, enfance et éducation. Voilà les thèmes abordés lors de la 2e réunion publique de campagne du maire sortant Loïc Gachon (PS). « N’y voyez pas de lien, il n’y en a pas », prévient-il face aux habitants venus en nombre dans la maison de quartier du Roucas. Et en fait si.

    « Les maîtres mots de notre politique, quel que soit le domaine, sont : protéger au présent et projeter dans l’avenir », explique l’édile. Ce mantra se traduit par une municipalité qui consacre « 40% de son budget à sa jeunesse », affirme Didier Saura, adjoint délégué à la communication. « Ce mandat, nous avons construit deux nouveaux groupes scolaires : Anne Sylvestre, et Robert Badinter, qui clôt la rénovation du quartier des pins. (…) Chaque année nous investissons 3 millions d’euros pour rénover et entretenir nos 12 autres écoles. »

    Christian, arrivé à Vitrolles il y a une quinzaine d’années, salue les efforts de la Ville en matière « de qualité de services publics ». « Je sors du conservatoire pour un cours de guitare, ma fille d’un cours de danse, et mon fils est à Névache en classe neige dans le centre municipal qui est un excellent vecteur de lien social et de vivre-ensemble. »

    En matière d’énergie aussi, la majorité de Loïc Gachon tente de mettre au point un service public avec la communauté d’énergie photovoltaïque citoyenne. Lancé au printemps dernier, ce projet concerne particuliers, professionnels et bâtiments communaux. « La commune a signé avec groupement d’entreprises un contrat de concession de trente ans, détaille Isabelle Rovarino, conseillère municipale au numérique. Pour démarrer les panneaux solaires sont placés sur 25 bâtiments municipaux, ce qui représente une production de 8 GW, soit la consommation électrique de 2 000 foyers. » Un projet qui devrait occuper la liste de Loïc Gachon en cas de réélection.

  • « On meurt dans mon Université » : Anne Fraïsse alerte Macron

    « On meurt dans mon Université » : Anne Fraïsse alerte Macron

    Elle ne mâche pas ses mots.  
    « On meurt dans vos Universités. On meurt dans mon Université. D’excès de travail, de stress, d’usure, de désespoir, d’indifférence. » Ainsi débute la lettre ouverte à Emmanuel Macron adressée par la présidente de l’université de lettres et sciences humaines Paul-Valéry de Montpellier, publiée le 26 janvier par le journal Le Monde.

    Ce n’est pas la première fois qu’Anne Fraïsse tire la sonnette d’alarme sur la situation de son université, parmi les moins bien dotées de France. Mais cette fois, alors qu’ont commencé le 8 janvier les Assises du financement des universités, c’est le Président de la République lui-même qu’elle interpelle, dans un geste de colère et de désespoir.

    À l’automne dernier, au moment des débats budgétaires, le ministre de l’Éducation nationale avait voulu relativiser la crise budgétaire des universités lors de son audition devant la commission de la culture et de l’éducation au Sénat (alors que deux tiers des facs françaises ont fini en déficit en 2025, au détriment des étudiants et personnels) : « Ce n’est pas Zola non plus », avait-il estimé, suscitant un tollé dans la communauté universitaire.

    « La situation de mon université, c’est bien du Zola, Monsieur le président  », rétorque Anne Fraïsse dans ce courrier. « En 5 ans, il y a eu 4 suicides de personnels titulaires (le précédent remontait à 25 ans), 3 crises cardiaques au travail, 2 AVC sans compter les arrêts de travail longue maladie pour burn-out. Cette année, dans notre communauté, 3 fonctionnaires en activité sont morts. Certes, ces décès ont des causes multiples mais les statistiques sont là et ce bilan pour une université de 1 003 titulaires pour 23 000 étudiants révèle des conditions de travail insupportables », dénonce la présidente de l’université montpelliéraine.

    « Nous venons de voter notre sixième budget en déficit ; notre université est une des moins dotées et, plus grave, des moins encadrées de France (11 départements à moins de 50%, voire 40% d’encadrement en enseignants titulaires) », assène-t-elle encore. « Depuis plus de 10 ans nous sommes en surchauffe, en travail forcé, en déséquilibre permanent, jamais sûrs d’arriver à remplir nos missions faute de bras. Nous l’avons dit, répété, crié : il est urgent de créer des postes, de revenir à des dotations pour charges de service public à la hauteur du nombre d’étudiants accueillis, de rétablir un modèle d’allocation des moyens qui répare les injustices, qui soit clair et transparent », insiste-t-elle, dénonçant l’opacité du système : « Pour un étudiant de même discipline, une université peut recevoir deux fois moins qu’une autre. Pourquoi ? Personne ne le sait, aucune justification aux plafonds d’emplois, à la dotation de l’État, aux demandes de fermeture de formations ».

    « Savoir et se taire c’est être complice, je ne peux pas taire cette injustice », conclut Anne Fraïsse avant de saluer Emmanuel Macron « comme les gladiateurs saluaient celui qui finançait les jeux et présidait à leur destinée : “Morituri te salutant” ».

    « Depuis plus de 10 ans, nous sommes en surchauffe. »

  • [Entretien] Bernard Clément : « Être maire rural, c’est être disponible 365 jours par an »

    [Entretien] Bernard Clément : « Être maire rural, c’est être disponible 365 jours par an »

    La Marseillaise : Après plus 36 ans de mandat, pourquoi repartir en 2026 ?

    Bernard Clément : J’ai beaucoup réfléchi. J’ai eu un cancer du sein, dont je suis guéri aujourd’hui, mais cette épreuve m’a obligé à me poser les bonnes questions. Et parmi les objectifs que je me suis fixés, il y avait celui-là : continuer à servir. Tant qu’il y a du travail à faire, je considère qu’il faut être là.

    Vous parlez souvent de passion pour définir votre fonction…

    B.C. : Oui, parce que sans passion, on ne peut pas tenir. Être maire d’un village de 800 habitants, c’est être au contact quotidien des gens. On ne fait pas de la politique politicienne, même si chacun a ses idées au sein de l’équipe municipale. On est dans quelque chose de profondément humain : se rendre utile, construire avec les habitants, accompagner leurs difficultés comme leurs projets.

    Être maire, concrètement, ça ressemble à quoi au quotidien ?

    B.C. : C’est être joignable tout le temps. Tout le monde a mon numéro de portable. Je ne fonctionne pas avec des permanences. Si quelqu’un appelle à 22h ou 23h, c’est qu’il a un problème. Être maire rural, c’est être maire 24 heures sur 24, 365 jours par an. Ce n’est pas une contrainte que je subis : c’est un engagement que j’assume.

    Le métier de maire a-t-il changé depuis 1989 ?

    B. C. : Énormément. Ce qui a le plus changé, c’est la disparition progressive des services publics de proximité. À la fin des années 1980, on avait encore des subdivisions locales de la DDE, d’EDF, de France Télécom, des perceptions de la DGFIP, des ingénieurs de l’État qui connaissaient le territoire et accompagnaient concrètement les communes. Quand il fallait refaire une route, réparer un réseau ou monter un dossier, un simple appel suffisait et tout s’enchaînait : diagnostics, devis, marchés, demandes de subventions. Aujourd’hui, tout a été centralisé, externalisé, parfois privatisé. Nous devons faire appel à des bureaux d’études privés, multiplier les procédures, gérer une technicité de plus en plus lourde. Résultat : les petites communes doivent fonctionner comme de grandes collectivités, avec beaucoup moins de moyens humains et financiers, et beaucoup plus de responsabilités sur les épaules des élus.

    Justement, comment un village comme Domessargues parvient-il à investir autant sans s’endetter ?

    B.C. : C’est vrai que la question peut se poser quand on connaît les difficultés économiques des communes rurales, qui se sont creusées au cours des dernières années. Pour nous, c’est simplement parce qu’on a fait le choix d’aller chercher toutes les recettes possibles, notamment les subventions. Chaque projet a été construit sérieusement, avec rigueur. Et surtout, nous avons toujours donné la priorité à ce qui est utile aux habitants : l’enfance, la jeunesse, les équipements, la vie associative.

    Vous revendiquez aussi un rôle politique au-delà de la commune.

    B.C. : Évidemment. Les décisions nationales ont un impact direct sur nos finances locales. La suppression de la taxe d’habitation, la fin de la gestion de l’assainissement, la disparition de la taxe professionnelle et, demain, celle de la CVAE ont profondément modifié l’autonomie financière des communes. Aujourd’hui, il ne reste quasiment plus que la taxe foncière sur les propriétés bâties, qui pèse essentiellement sur les habitants. C’est une évolution que je juge dangereuse, car elle fragilise durablement les collectivités et crée une forme d’injustice. Je demande donc une révision forfaitaire d’environ 20 000 euros par an pour les plus petites communes. Pour l’agglomération, c’est une goutte d’eau. Pour nous, c’est vital.

  • À Sanary, Jean-Pierre Meyer veut rester constructif et favoriser la démocratie

    À Sanary, Jean-Pierre Meyer veut rester constructif et favoriser la démocratie

    Seul élu de gauche au conseil municipal depuis 2020, Jean-Pierre Meyer se veut combatif. La tête de liste de « Renouveau pour Sanary » s’est entouré d’une équipe renouvelée de moitié pour mener son second combat municipal. On y retrouve des militants PCF, PS, et Écologistes, et des citoyens non encartés, avec, en seconde position, Patricia Gonzalez, déjà de l’aventure en 2020. « On a aussi placé de jeunes éléments en début de liste, pour l’avenir, analyse Jean-Pierre Meyer. Mais il est compliqué pour une personne qui travaille de participer à une campagne. Dans notre volonté de mixité sociale, et donc d’équilibre générationnel, c’est un combat à mener. »

    Tel qu’il s’est évertué à le faire durant ses années passées au conseil municipal, le candidat communiste prône le fait d’être « force de propositions, de partager nos projets et d’avancer à visage découvert », car avec « les municipales, il y a l’enjeu des sénatoriales. Il faut être clairs sur qui nous sommes ». Mais aussi « le dialogue respectueux, le refus du conflit permanent. Il y a le temps de l’élection, de la confrontation, puis celui du mandat, où il faut travailler pour la commune. Il ne faut pas s’opposer à tout parce qu’on est dans l’opposition », martèle-t-il. Il rappelle ainsi que « le bon sens l’a emporté » à travers ses propositions liées à la ligne de bus 83 ou à la préservation des oiseaux face aux projets immobiliers, malgré sa minorité au conseil municipal. Une notion qu’il espère faire valoir pour un retour à une gestion communale de l’eau : « Je ne pense pas que le contrat ait été mal négocié, mais mal rapporté, car on n’a retenu qu’une hypothèse, celle de la DSP », affirme-t-il.

    La primauté des élections communautaires

    Jean-Pierre Meyer a ensuite parlé de son programme, que sa liste « défendra, quel que soit le résultat des élections ». Parmi les grandes lignes : logement, mobilité, sécurité/tranquillité, services publics locaux, santé, jeunes et seniors, sport et culture, commerce, tourisme, artisanat et citoyenneté. Sur cette dernière notion, l’élu appelle à l’engagement. « La politique ne vous oublie jamais, que vous votiez ou pas. Quand vous ne le faites pas, les autres choisissent à votre place. Nous voulons multiplier les efforts en ce sens et on devrait commencer dès l’école », clame-t-il.

    Pour le candidat, l’élection la plus importante est celle du conseil communautaire, qui découle des municipales. « Le logement, l’eau, ce sont la communauté d’Agglomération Sud Sainte-Baume. Des élus sanaryens y siègent, dont certains de l’opposition qui disent militer pour la transparence, mais ont discuté de la DSP de l’eau en silence. Alors que le devoir d’un élu est de prévenir la population de l’importance d’un tel sujet », dénonce Jean-Pierre Meyer.

  • À Châteauneuf-les-Martigues, la gauche veut protéger et réparer

    À Châteauneuf-les-Martigues, la gauche veut protéger et réparer

    Châteauneuf-les-Martigues n’avait pas vu une telle union de la gauche depuis « au moins deux mandatures », estime Laurence Jouanaud (PCF). Alors, au moment d’inaugurer le local de campagne ce vendredi 23 janvier, la tête de liste et ses colistiers, représentants des diverses composantes partisanes et citoyennes d’« un Élan pour l’avenir », ont partagé la parole.

    Parmi les priorités du groupe : un nouveau mode de gouvernance « plus à l’écoute de la population afin de développer une intelligence et une solidarité collectives », explique Marie-Thérèse Rochedix, des écologistes. Élodie Thiebaut, représentante d’un mouvement citoyen du centre et conseillère municipale d’opposition, dénonce le « comportement autoritaire et antidémocratique » de l’actuelle majorité. Les forces de gauche entendent donc mettre en place des consultations participatives pour les grands projets, qu’elles souhaitent orienter vers le social.

    Elles proposent notamment de rétablir une maison de la solidarité, de rouvrir un foyer pour seniors à la Mède ou encore de mettre en place un bus administratif afin que les services publics de proximité puissent aller au-devant des publics précaires.

    Sécurité et centres-villes

    Un sujet tient particulièrement à cœur à Élodie Thiebaud, infirmière de profession : la santé. « Les communes peuvent être actrices dans ce domaine », maintient-elle. La liste compte mettre à disposition des locaux et instaurer des aides au financement d’équipements, des bourses et des aides aux internes pour attirer les jeunes soignants.

    Marc Lopez, conseiller municipal d’opposition et colistier PS, insiste quant à lui sur la sécurité, ne voulant pas laisser ce sujet au maire sortant (DVD), Roland Mouren, et au candidat RN, Alain Vaccaluzzo : « Il faudra qu’on embauche rapidement des fonctionnaires municipaux et qu’on renforce les actions de proximité et de prévention, avec des médiateurs devant les écoles. (…) En 1970, il y avait un bureau de police nationale à Châteauneuf. Aujourd’hui, on est trois fois plus et on n’a rien du tout. On mettra tous les moyens nécessaires pour faire revenir les corps d’État. »

    La liste veut aussi redynamiser les centres-villes de la commune de 18 000 habitants « laissés à l’abandon pendant douze ans », selon Marc Lopez. La tête de liste Laurence Jouanaud (PCF) explique : « Tout le monde doit pouvoir s’épanouir dans une ville facile et apaisée, agréable à vivre autour de centres-villes qui proposent des lieux d’échanges et de rencontres. On a l’idée de mettre en place un cyber café municipal. Il faut aussi soutenir l’attractivité pour avoir des commerces attrayants dans des quartiers où les problèmes de circulation seront réglés, avec la mise en commun de transports par exemple. » Tout un programme, qui sera dévoilé dans son entier mi-février.

  • À Port-de-Bouc, la CGT réaffirme son combat pour l’industrie et contre le RN

    À Port-de-Bouc, la CGT réaffirme son combat pour l’industrie et contre le RN

    Nouvelle année, nouveaux locaux pour l’Union locale CGT de Port-de-Bouc. Le syndicat s’installe cours Landrivon, dans un « bâtiment rénové », « le fruit d’une volonté partagée entre la municipalité communiste et l’association de la Bourse du travail », salue Romain Delattre.

    De quoi poursuivre sa mission : « Unir les travailleurs pour lutter contre toutes les logiques de guerre, d’exploitation et de domination ». « Agir pour la paix, c’est aussi agir quotidiennement sur nos lieux de travail, comme l’ont fait les dockers de Fos et du Havre en refusant de charger du matériel militaire destiné à l’armée Israélienne, affirme le membre de la commission exécutive de l’UL. En France, si la guerre n’est pas encore militaire, elle est clairement sociale. Les politiques menées ont un objectif clair : faire payer aux travailleurs cette énième crise du capitalisme ».

    Défendre

    le vivre-ensemble

    Les attaques se multiplient, selon la CGT : contre la sécurité sociale, les services publics, l’industrie, l’hôpital public… « Raison de plus pour continuer la lutte que nous menons localement avec la CGT de l’établissement de Martigues pour un accès aux soins dignes », assène Romain Delattre. Pour rappel, le syndicat réclame la création de 90 emplois statutaires à temps plein et le déblocage de 170 000 euros d’investissements.

    Une autre priorité pour cette année : l’arrivée de la ligne très haute tension devant relier Jonquières-Saint-Vincent (Gard) à Fos-sur-Mer, qui n’est « plus une option mais une nécessité ». Sans elle, « tout notre secteur est condamné à long terme », affirme le syndicaliste alors que les agriculteurs, les associations écologistes et les élus du pays d’Arles s’y opposent et que l’État a acté le report de sa réalisation en décembre, exigeant de nouvelles précisions au gestionnaire public du réseau, RTE.

    En cette année d’élection, la CGT rappelle que le RN, qui soutient le candidat Pascal Spanu (RPR) à Port-de-Bouc, « a voté contre l’augmentation du smic, contre l’indexation des salaires, contre le gel des loyers, contre tout ce qui est bon pour la classe ouvrière et bénéficie au CAC 40 ». « Nous ne pouvons pas laisser Port-de-Bouc être abandonné aux alliés de la bourgeoisie et de la finance, aux amateurs des dérives autoritaires et des décisions liberticides… affirme Romain Delattre. Dans cette période, il est essentiel de démontrer aux travailleurs qu’ici le vivre-ensemble n’est pas l’exception mais bien la norme ! »

  • Des inquiétudes à l’échelle locale pour le cadre de vie et les services publics

    Des inquiétudes à l’échelle locale pour le cadre de vie et les services publics

    Un enjeu peut en cacher un autre. L’installation de nouvelles usines et la décarbonation de celles existantes impliquent de nouveaux emplois, dont les prévisions varient entre 6 000 et 10 000 sur une durée et un statut encore inconnus à ce jour. De nouvelles familles vont s’installer, nécessitant des logements, des médecins, des transports ou des écoles, entre autres.

    Des services publics

    La première des préoccupations des élus face à ces annonces est avant tout celle de « réindustrialiser dans l’intérêt des travailleurs, cela doit permettre le maintien des emplois existants, mais aussi la création de nouveaux emplois, dans les proportions qui ont pu être annoncées », selon le maire de Martigues Gaby Charroux (PCF) invité lors du dernier congrès de l’Union départementale CGT. Les incertitudes qui concernent certaines entreprises du 1er pôle pétrochimique européen de Lavéra, comme Kem One (notre édition du 13/01) conduisent l’édile à vouloir « conforter les emplois industriels de notre territoire. Les meilleurs salaires du territoire martégal se trouvent dans l’industrie et nous voulons les conserver », disait-il lors de sa déclaration de candidature en novembre. Ce pourtour de l’Étang de Berre est « un territoire à la fois stratégique pour l’industrie et pour le développement du service public », rappelle le premier magistrat de Martigues.

    La santé est centrale dans l’approche des élus du golfe. Particulièrement au regard de la situation de l’hôpital de Martigues, construit en 1974 pour soigner la zone et absorber le risque industriel. « Notre hôpital est structurant pour le territoire de tout l’ouest du département, avec tous les sites Seveso », rappelait Gaby Charroux lors de l’annonce du plan immobilier (notre édition du 22/01). Le manque chronique de personnel et de moyens dénoncé par l’ensemble des syndicats CGT de la zone conduit l’élu à batailler depuis 3 ans avec l’État et l’Agence régionale de santé (ARS) pour obtenir les 90 emplois et 170 millions d’euros revendiqués par la CGT.

    Bataille à l’hôpital, et « du lobbying » pour Laurent Belsola, maire (PCF) de Port-de-Bouc en difficulté au plan médical. « Il ne se passe pas une semaine sans qu’on nous demande si des nouveaux médecins vont s’installer », indiquait l’élu lors d’une réunion publique début janvier. « La santé n’est pas une compétence municipale, mais on a besoin de répondre aux besoins de la population. Alors on prend tous les moyens possibles pour faciliter les projets d’implantation publics comme privés », détaillait-il. Du reste, « la Ville de Martigues a décidé de protéger l’environnement foncier immédiat du centre hospitalier de manière à prévoir des extensions possibles », précisait ce vendredi Gaby Charroux.

    Construire du logement

    Il faudra également trouver une solution de logement pour les milliers de demandeurs actuels dans le parc social et les futurs milliers à venir. « On a besoin de continuer à construire », insistait Gaby Charroux en réunion publique à la mi-janvier. Selon l’édile, « il faudrait construire 250 logements par an pour loger les habitants actuels et les futurs salariés de l’industrie dans les projections du plan local d’urbanisme intercommunal » rien que pour Martigues. « L’État doit aller voir les villes qui ne respectent pas les obligations en matière de logement » pointe également l’élu, de même que le besoin pour la Ville de « veiller au peuplement » pour la mixité sociale.

    Le défi posé par l’aménagement du territoire nécessaire à l’accueil de la population pose la question de la gouvernance de cette mutation. La Commission nationale du débat public (CNDP) retient dans son dernier rapport du 13 janvier qu’« un pacte de gouvernance associant l’ensemble des communes du bassin, les industriels et autres parties prenantes est annoncé en 2026 ». Une fois encore, la balle est dans le camp de l’État.

  • Alexis Corbière : « On ne doit pas faire le cadeau de la division »

    Alexis Corbière : « On ne doit pas faire le cadeau de la division »

    La Marseillaise : Laure Lavalette (RN) est désignée comme favorite par les sondages. Quelles sont les solutions pour inverser la tendance ?

    Alexis Corbière : Toulon recense beaucoup de gens issus des milieux populaires. Il faut leur dire que dans le débat budgétaire, le RN a tout fait pour empêcher des recettes nouvelles sollicitant les plus fortunés. Ils ont aussi proposé et voté la suppression de près de 5 milliards d’euros de dotations aux collectivités locales. La gauche, et ici la liste conduite par Magali Brunel, propose des solutions pour vivre mieux, à travers la solidarité, les services publics… L’extrême droite, contrairement à son discours, vise à affaiblir les dépenses publiques, contre l’intérêt des habitants. Ces élections se placent dans le contexte de la grande menace de l’extrême droite pour 2027, et d’une grande menace à l’international. Ce serait un paradoxe de laisser la victoire aux amis de M. Trump. Je suis un unioniste, et on ne doit pas faire le cadeau à nos pires adversaires de la division.

    À ce titre, que pensez-vous du fait que LFI fasse cavalier seul ?

    A.C. : L’union est un combat, et la responsabilité de la division n’est pas seulement portée par LFI, certains au PS refusent aussi toute union. Mais à mes amis insoumis, je dis « comprenez la nouvelle période dans laquelle nous sommes » qui implique une nouvelle stratégie. En 2024, on a mis en place le NFP. Il ne faut pas le saborder et montrer que nous sommes la principale opposition à l’extrême droite et au macronisme. L’exemple récent des législatives partielles dans le Loiret, où la gauche divisée n’a pas pu aller au 2nd tour, montre la conséquence de la désunion, quand droite et extrême droite s’unissent.

    Dans ce contexte, quel rôle peut jouer votre jeune mouvement ?

    A.C. : Nous avons participé à la belle aventure insoumise quand elle était en dynamique et on essaye d’en garder le meilleur, en comprenant que le pays est menacé par l’extrême droite et qu’il faut l’union. C’est pourquoi je souhaite une candidature commune de la gauche et écolos en 2027, on y travaille avec le PS, les écologistes, l’Après, Génération.s et François Ruffin. Nous organiserons une primaire pour y arriver. C’est cette volonté qui nous caractérise, en portant aussi des politiques de rupture avec le macronisme, le partage des richesses, la transition écologique, la rupture avec la Ve République. N’ayons pas peur d’avoir d’un programme de rupture.