Tag: Secrétaire général

  • Une mobilisation calme, mais des revendications fermes

    Une mobilisation calme, mais des revendications fermes

    Sur ce paquet de pâtes, il y a marqué “origine UE et non UE” sans précisions. Il y a de grandes chances que ce soit du blé canadien traité au Roundup », tonne haut et fort Sylvain Bernard, secrétaire général de la FDSEA 84, paquet de pâtes dans les mains, dans les rayons du Lidl situé route de Montfavet, à Avignon, ce vendredi 26 septembre.

    Une prise de parole qui résume bien la matinée passée par une trentaine de militants de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs. De 8h à midi, ils ont inspecté les rayons, notamment ceux des fruits et légumes, de l’Auchan Avignon Nord, du Grand Frais, puis du Lidl, situé à quelques centaines de mètres. Ils ont scrupuleusement balisé chaque produit non issu de l’agriculture française, ou vendu à un prix jugé trop bas pour permettre une rémunération correcte des producteurs, notamment pour le vin.

    Les militants ont également distribué aux passants, panier ou caddie en main, un « menu déséquilibré », composé de produits d’origine étrangère cultivés dans des conditions interdites en France et en Europe, mais pourtant importés. « On entend beaucoup parler du Mercosur. Mais il y a d’autres accords, comme celui avec le Maroc, qui nous touchent beaucoup, surtout en Vaucluse, avec les cerises, les tomates ou le melon », poursuit le responsable syndical.

    Dans chaque magasin, les producteurs se sont aussi attardés devant les rayons d’amandes et de noix. « On essaie de relancer ces filières, mais il n’y a quasiment aucun produit français. On trouve beaucoup de produits des États-Unis et on sait dans quelles conditions ils sont produits là-bas », poursuit Julien Latour, viticulteur à Violès et secrétaire général adjoint de la FDSEA. Tandis qu’au rayon des vins de Lidl, c’est aussi le prix qui est dénoncé, avec des bouteilles à parfois moins de 2 euros. « À moins de 3 euros, n’achetez pas, car cela ne nous rémunère pas », lance un militant aux clients.

    Et maintenant ?

    À l’issue des quelques heures de mobilisation, les agriculteurs mobilisés se sont réunis autour de leur secrétaire général pour faire le point et envisager la suite. « Il faut passer un cap. Il faut se coordonner dans toute la France pour s’attaquer au portefeuille, sinon, on n’arrivera à rien », lance un des producteurs. « Si ça continue, on risque de se radicaliser, car on est à bout », avance un autre. « Ils doivent s’attendre à ce que ce soit plus dur qu’avant. Mais on ne peut pas faire n’importe quoi, car on peut finir devant des tribunaux », tempère Sylvain Bernard. Ce dernier souhaite « mettre la pression en permanence » tout en proposant d’aller à la rencontre des patrons de la grande distribution, « qui sortent d’écoles de commerce et ne connaissent même pas la saisonnalité des produit ».

  • Les conducteurs de train en grève pour leur salaire

    Les conducteurs de train en grève pour leur salaire

    Les conducteurs débrayent à l’appel de la fédération CGT des cheminots ce mercredi 24 septembre. Une date « qu’on ne sort pas du chapeau », affirme Rémi Hours. C’est le jour où doit se tenir la deuxième table ronde sur la prime de travail des agents de conduite de la SNCF. « Ça fait des années qu’on discute avec la direction sur ces sujets-là sans que ça aboutisse, poursuit le secrétaire général CGT des cheminots de Marseille. On demande à ce que cette prime de traction soit pérenne, avec une base garantie pour l’ensemble des personnels et une part variable. »

    Actuellement, « les conducteurs ont un traitement de base assez faible compte tenu de leurs qualifications, et en fonction de ce qu’ils produisent (le nombre de kilomètres, de trains différents, leurs particularités), ils obtiennent une prime de traction ». Un mode de calcul « imaginé il y a trente ans » qui concerne plus de 15 000 salariés et qui mérite d’être réajusté vu la mutation du système ferroviaire, selon le syndicaliste.

    « C’est un vrai sujet pour la SNCF parce qu’on est un des métiers de l’entreprise en tension, affirme Rémi Hours. Le poste est de moins en moins attractif : il n’y a plus de statut pour les personnes embauchées depuis 2021, elles relèvent du privé, ont la retraite à 64 ans et ne sont jamais chez elles. »

    Après les journées de mobilisation du 10 et du 18 septembre, la CGT n’attend pas un mouvement massif, même si des perturbations sont à craindre. « On a relancé l’appel vendredi pour demain, donc le délai est serré, explique le secrétaire général. Ça ne veut pas dire que les conducteurs sont pas sensibilisés et qu’ils ne sont pas prêts, si besoin est, d’aller sur une grève longue et dure. »

  • Mobilisés pour les familles d’accueil en psychiatrie

    Mobilisés pour les familles d’accueil en psychiatrie

    Ils sont une cinquantaine à s’être rassemblés dans le hall de l’administration de l’hôpital Édouard-Toulouse, ce mardi midi, pour demander le maintien du service d’accueil familial thérapeutique (AFT). à l’appel de la CGT et FO, familles d’accueil, patients et personnels soignants ont fait irruption lors du comité social et économique (CSE) pour témoigner de l’utilité de ce service.

    Créé dans les années 90, ce dispositif permet à des patients atteints de troubles psychiatriques stables d’être hébergés en famille. L’un des membres doit être agréé par l’hôpital et devient donc salarié de la structure. Un service qui permet à quinze patients, accueillis dans huit familles, d’éviter l’hospitalisation.

    En juin dernier, lors d’un CSE, le directeur de l’hôpital, Thomas Acquier, avait annoncé vouloir utiliser les 750 000 euros de ce service pour financer l’unité de remédiation cognitive et évaluation. Une décision qui laisserait donc sur la touche les huit personnes en CDI, et les quinze patients accueillis. « La plupart des patients sont âgés et il n’y a pas de service géronto-psychiatrique. Beaucoup vont donc aller dans des Ehpad qui ne sont pas adaptés. Ils risquent de faire des décompensations psychotiques et donc revenir après à l’hôpital, alors qu’ils étaient stables », craint Pierre-Edouard Thiebaud, représentant CGT de l’hôpital.

    Quatre familles et deux patients ont témoigné ce mardi, devant le directeur, pour insister sur la nécessité d’un tel service, alors que sa fermeture était à l’ordre du jour. FO, qui a demandé que le sujet soit retiré de l’ordre du jour pour gagner du temps, a refusé de siéger au CSE. La CGT et SUD ont voté contre la fermeture du service, mais le directeur ne s’est pas démonté. « Il se cache derrière le choix des médecins, affirme Olivier Boyer, secrétaire général FO d’Edouard-Toulouse. Mais on sait qu’il n’y a pas eu de vote. Notre prochaine action sera d’interpeller les médecins », affirme-t-il.

    Une pétition pour le maintien des AFT a déjà rassemblé 250 signatures.

  • « Cette politique de l’offre ne marche pas »

    « Cette politique de l’offre ne marche pas »

    La Marseillaise : Quel est votre regard sur la mobilisation « Bloquons tout » du 10 septembre de laquelle Force ouvrière s’est tenue à distance ?

    Frédéric Souillot : On n’oppose pas les mobilisations. « Bloquons tout » était une mobilisation citoyenne, j’y ai d’ailleurs vu peu de revendications syndicales mais nous avions décidé que notre mobilisation serait le 18, et j’y ai appelé, sans m’opposer à ceux qui souhaitaient manifester le 10. Ce serait schizophrène pour un responsable syndical.

    Le succès du 10 septembre donne une dynamique à l’intersyndicale dans le cadre de cet appel au 18 septembre ?

    F. S. : Oui mais des mobilisations, il y en a tous les jours. Je pourrais parler de celle des salariés de Biscuits International en grève le 11 et qui ont obtenu ce qu’ils revendiquaient. Ce mardi, il y a une marche en Loire-Atlantique, en direction des ARS contre les courriers d’économie sur l’hôpital public. FO a déposé un préavis de grève du 1er septembre au 30 novembre parce que les mobilisations construisent celles du 18 à laquelle ne manque aucune organisation.

    Cette intersyndicale vous rappelle celle de 2023 contre les retraites ? Vous sentez la même dynamique ?

    F. S. : Il est écrit sur la feuille de route que m’ont donnée les syndicats au congrès qui m’a mis en place en 2022 : l’unité la plus large possible. Et bien là, en termes d’organisation syndicale elle ne peut pas l’être plus. Et pour Force ouvrière, j’ai appelé à la grève reconductible à partir du 18. Donc il va y avoir des AG le soir, il y en a déjà qui se déroulent avant la mobilisation, pour savoir ce que l’on fait après.

    Vous appelez à la grève reconductible, qu’est-ce qui justifie une telle intensité dans la mobilisation ?

    F. S. : Pour éviter le concours Lépine des mauvaises idées, et qu’à chaque fois on présente juste la facture aux travailleurs. Que dit le communiqué intersyndical ? On veut plus de justice fiscale, plus de justice sociale et la fin des budgets d’austérité.

    Et ça nécessite quelque chose de fort ?

    F. S. : Oui, il faut montrer à ceux qui réfléchissent au budget qu’on n’est pas d’accord avec ces budgets d’austérité.

    Pourquoi n’avoir pas rencontré Sébastien Lecornu avant le 18 ?

    F. S. : Parce que je ne souhaitais pas que ça brouille les ondes vis-à-vis de ceux que nous appelons à se mobiliser, notamment par la grève et par la grève reconductible. Et puis on ne me demande pas mon avis, quand on choisit un Premier ministre. Je rencontrerai Sébastien Lecornu après, je vous l’annonce, ce sera le 22 septembre.

    Avec quelles revendications, sans déflorer ce que vous allez lui dire ?

    F. S. : Plus de justice fiscale, plus de justice sociale et l’abandon du projet de budget d’austérité de François Bayrou.

    La réforme des retraites et le retour aux 62 ans, est aussi une condition obligatoire pour discuter ?

    F. S. : La revendication de FO, reste l’abrogation de cette réforme, aujourd’hui encore plus qu’hier. Nous avions 49,7% de ceux qui liquidaient leurs retraites qui n’étaient plus en emploi, on est passé à 50,3%. Comme quoi, cette réforme ne répond à rien. Nous ne sommes pas assez nombreux à travailler : on a le plus bas taux d’emploi des 15-25 ans et des 55-64, selon la norme OCDE. Il faut trouver des solutions pour contribuer à la cohésion sociale de la République.

    Vous parlez d’un « budget de la violence sociale ». Qu’est-ce qui incarne cette brutalité ?

    F. S. : Elle vient du fait que la facture est juste présentée aux travailleurs. Les deux jours fériés n’étaient qu’un chiffon rouge, car dans le même temps sur l’assurance chômage, on nous demande de réduire encore les droits des demandeurs d’emploi, de responsabiliser les travailleurs en affection longue durée, de multiplier par deux les jours de carence… ça s’appelle de la violence sociale. Les aides publiques aux entreprises, on n’est pas contre mais on veut juste que la première condition ce soit l’emploi. Quand le patron de Total dit « j’ai touché par an 4 milliards de CICE, je n’en avais pas besoin, je peux les rendre », allons-y. Quand on verse des dividendes aux actionnaires, je ne parle pas de bénéfices, on n’a pas besoin d’aides publiques. L’allègement général de cotisation jusqu’à 1,6 Smic va continuer de paupériser les salariés. Cette violence sociale est toujours là.

    Sur les salaires et le pouvoir d’achat, quelles mesures vous défendriez ?

    F. S. : La consommation des ménages, c’est 56% de notre produit intérieur brut et quand ils ont de l’argent, ils consomment. Donc augmenter les salaires avec le dégel du point d’indice pour les fonctionnaires qui représentent 20% de l’effectif salarié en France, et un coup de pouce au Smic.

    Réduire les avantages des Premiers ministres, ce n’est pas un peu une mesure cosmétique ?

    F. S. : Économiquement, c’est cosmétique. Mais c’est juste montrer l’exemple par le haut. C’est la même chose sur la justice fiscale et la remise en place de l’impôt progressif pour que les plus grosses fortunes et patrimoines soient amenés à contribuer. C’est 1 800 familles en France et tous les ans, on atteint un nouveau plafond record. C’est la multiplication des dividendes aux actionnaires… La politique de l’offre ne marche pas.

    Vous êtes en meeting à Marseille, ce 16 septembre pour leur dire quoi ?

    F. S. : Depuis 2022, je fais ma rentrée dans la plus grande Union départementale de Force ouvrière. Je vais dire tout cela, appeler à la mobilisation, expliquer les choses, rappeler qu’en 2017 notre Sécurité sociale était à l’équilibre et que c’est cette politique de l’offre qui a démonté nos systèmes de protection sociale collective.

    Un mot sur le contexte marseillais avec cette scission chez les territoriaux de FO. Quelle est votre position ?

    F. S. : Certains pensent représenter le syndicat mais le culte de la personnalité n’a jamais rien apporté à personne et surtout pas aux travailleurs qu’il représente.