Tag: Secours Populaire

  • Une collecte de la CGT en faveur du Secours populaire à Toulon

    Une collecte de la CGT en faveur du Secours populaire à Toulon

    Lancée en 2025, l’initiative solidaire de l’UD CGT Var en faveur du Secours populaire du Var, dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée chaque 8 mars, a été reconduite cette année. Le principe : récolter des produits d’hygiène féminine et maternels (protections menstruelles, couches-culottes, lait infantile…) à l’intention des familles monoparentales, et notamment des femmes isolées, « qui représentent un bénéficiaire sur cinq, même s’il n’y a plus de public type », précise Olivier Masini, secrétaire départemental du Secours populaire du Var.

    « La précarité touche de plus en plus de travailleurs », alerte Manon Magagnosc, déléguée syndicale du centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne (CHITS), l’une des porteuses de l’initiative. « L’an dernier, nous avions voulu organiser une collecte, et c’était sur ces produits-là que le Secours populaire avait le plus de besoins car les gens n’y pensent pas, et car c’est très cher. »

    C’est ainsi qu’au mois de mars, les militants CGT de l’ensemble du département ont mis en place une centaine de points de collectes sur leurs lieux de travail respectifs, dans le privé comme dans le public. « Ça permet de donner du sens à la solidarité, des points les plus reculés du département, jusqu’à Toulon, avec des dons n’émanant pas uniquement de personnes syndiquées. Ça montre que la solidarité n’a pas de frontières », salue Olivier Masini.

    Les dons ont été remis ce vendredi 17 avril dans les locaux du Secours populaire du Var, à Toulon. Un « volume important, équivalent à celui de l’année dernière », se réjouit le secrétaire départemental de l’association, trié et partagé dès ce lundi, avant d’être envoyé dans les dix centres de distribution que recense le département.

    Une collecte

    de fournitures scolaires

    Ce partenariat « naturel », tel que le souligne ce dernier, au vu « des valeurs de solidarité, du rôle d’éducation populaire » que partagent les deux organisations, sera renouvelé pour une troisième année consécutive. « Et il va dans les deux sens », assure-t-il, rappelant que « la proximité des valeurs date de la création du Secours populaire, à la fin de la seconde guerre mondiale. Lors des grandes grèves des mineurs de 1946, le Secours populaire était aux côtés des familles de grévistes, et pour porter la solidarité avec la CGT ».

    Et le syndicat compte poursuivre en ce sens, en organisant, en septembre, une deuxième collecte, de fournitures scolaires cette fois-ci, à destination des étudiants, en soutien à une campagne du Secours populaire. « Les mairies s’occupent généralement des fournitures pour les plus jeunes, c’est moins le cas pour les étudiants. On y pense moins, pourtant ça coûte de l’argent », lance Manon Magagnosc.

  • [Entretien] Secours Populaire du Gard : « Ces jeunes peuvent vivre un moment unique »

    [Entretien] Secours Populaire du Gard : « Ces jeunes peuvent vivre un moment unique »

    La Marseillaise : C’est quoi le projet « Famille de Vacances » ?

    Luisa Benbouzid : Le projet Famille de Vacances, c’est un projet de mise en relation de familles ou de particuliers partout en France avec des enfants issus de milieux modestes qui n’ont pas la chance de pouvoir partir en vacances. Ces familles sont issues de tous horizons et parfois ont même déjà des enfants. Par exemple, en 2025, on a eu une famille qui avait déjà 3 enfants qui a accepté de recevoir un enfant du Secours populaire et qui revient encore cette année. En 2025, dans le Gard, nous avons réussi à loger 7 enfants dans 7 familles différentes. Pour 2026, on espère pouvoir en faire autant, voire peut-être même plus. Actuellement, on recherche des familles jusqu’au 8 avril pour finaliser les candidatures et pouvoir entrer en contact avec elles. Cette année, les deux créneaux de dates d’accueil des enfants par les familles sont du 15 au 29 juillet et du 29 juillet au 12 août.

    Qu’est-ce que ça représente ces vacances pour ces enfants ?

    L.B. : L’initiative Famille de Vacances, c’est une réelle échappatoire pour de nombreux jeunes dans le besoin. Une partie de ces enfants n’a jamais vraiment voyagé ou eu l’occasion de partir de chez eux. Pour certains, ils n’ont connu que les barres d’immeubles des grandes villes d’Île-de-France et ne connaissent pas la campagne ou d’autres espaces en France, c’est un dépaysement pour eux. Nous, on le ressent chaque année, à la fin du voyage, on récupère des enfants avec le sourire qui ont pu, grâce à ces familles, avoir un véritable moment de pause dans leur quotidien.

    Ça veut dire quoi devenir une famille d’accueil pour le Secours Populaire ?

    L.B. : Devenir famille d’accueil pour le Secours Populaire, ça veut avant tout dire être ouvert sur les autres. C’est pouvoir partager un moment d’échange unique avec des enfants issus de milieux populaires. Nous, dans le Gard, on reçoit surtout des enfants en provenance d’Île-de-France. Ces jeunes, grâce aux familles accompagnées par le Secours Populaire, peuvent vivre un moment unique et souvent intergénérationnel.

    Propos recueillis par Thomas Bonnel

  • Troisième Festival féministe des Ami.es du Prolé à Nîmes

    Troisième Festival féministe des Ami.es du Prolé à Nîmes

    Les Ami.es du Prolé organisent le festival féministe à Nîmes dans plusieurs lieux de la ville : le bar du Prolé, le Spot, le Sémaphore, le lycée Daudet et dans la rue. Du vendredi 6 au 28 mars, sous le titre « Battement d’elles », le festival, dont La Marseillaise est partenaire, propose des spectacles, des conférences, des expositions, des tables rondes, projection de film et bal.

    Du 6 au 28 mars au Prolé

    Exposition collective avec : Mademoiselle a les nerfs (collages), Paillettes et Mimosa (gravures, masques). Patricia Hamel (photos « tu en touches une, on répond toutes, Nîmes, octobre 2025 »), Sylvie Vanston (photos, « femmes au travail dans le monde »). Entrée libre. 80, rue Jean-Reboul, Nîmes.

    Vendredi 6 mars au Prolé

    17h30, Julie Émile Fabre présente son livre Le procès, des violences intrafamiliales à l’affaire Pelicot. Stand de la librairie L’eau Vive. 19h, vernissage de l’exposition collective avec la chorale « Les Simones » et la « Chorale des luttes ». Restauration assurée par le Secours Populaire. 20h30, Soirée DJset (de table) avec DJ La Frange « Out of the kitchen ». Performance et dance floor.

    Samedi 7 mars au Spot

    18h, spectacle « Elles improvisent », avec huit improvisatrices. Au 8 Rue de l’Enclos Rey, Nîmes. 04.66.36.85.64. Réservations sur helloasso.com et le site du Spot. Tarif 8 euros. Recette au profit de Via Femina Fama.

    Jeudi 12 mars lycée Daudet

    18h30, spectacle Silex. Conférence acrobatique sur la sexualité par la compagnie Sid. Dès 14 ans, Silex est une alternative démystifiante de croyances sexuelles et amoureuses. Réservation obligatoire sur helloasso. Entrée gratuite pour les adhérents 2026 des Ami.es du Prolé et les élèves du lycée Daudet. Autres : 5 euros.

    Samedi 14 mars au Prolé

    18h, contes au féminin par Teddie Allin et Claire Chevalier. Public : famille et à partir de 7 ans. 16h, goûter avec crêpes. Entrée libre. 80, rue Jean-Reboul, Nîmes.

    Mardi 17 mars

    18h15, projection du film Jane Austin a gâché ma vie de Laura Piani. En partenariat avec Les écrans britanniques et irlandais. 25 Rue Porte de France, Nîmes. 04.66.67.83.11.

    Samedi 21 mars au Prolé

    14h30, rencontre avec Violaine de Fillipis-Abate, autrice de La résistance écarlate : les femmes face au nouveau backlash ». 80, rue Reboul, Nîmes. Entrée libre.

  • Neuf tonnes récoltées pour Martigues Solidaire

    Neuf tonnes récoltées pour Martigues Solidaire

    Près de neuf tonnes
    de produits alimentaires et d’hygiène ont été récoltées selon les organisateurs, jusqu’à la dernière minute même samedi dernier avant le concert. « C’est bien parti, avec une super dynamique », relève Valérie Fernandez, du service
    de la vie associative de la Ville.
    Les denrées ont été distribuées
    au Secours populaire, catholique,
    à la Croix Rouge, aux Restos du cœur, à Partage et aux équipes Saint-Vincent.

  • Une grande collecte pour prôner la solidarité et l’intelligence collective à Martigues

    Une grande collecte pour prôner la solidarité et l’intelligence collective à Martigues

    Les piles de cartons prennent de la hauteur. Dans le hall de la Halle de Martigues, les bénévoles s’affairent pour organiser et répartir les denrées alimentaires et les produits d’hygiène récoltés lors de l’opération Martigues solidaire, qui se poursuit jusqu’au concert de Chimène Badi ce vendredi 6 février.

    « Il y a six palettes, pour les six organisations partenaires », pointe Valérie Fernandez-Campazzo, responsable du service de la vie associative : le Secours populaire, la Croix rouge, les Restos du cœur, les « mastodontes », et les Équipes Saint-Vincent, Partage et le Secours catholique. « Cette action, c’est collecter ensemble, mais c’est aussi fonctionner ensemble, et le challenge de la Ville c’est de coordonner tout ça ! »

    La coopération

    L’agente municipale pense que 2026 ne sera pas l’année de tous les records comme 2025, où sept tonnes de dons avaient bénéficié aux associations. Mais pour elle, ce qui compte, c’est aussi la dynamique que l’événement crée. « C’est un énorme collectif de partenariats polymorphes, avec 39 points de collecte répartis entre les grandes, moyennes et petites surfaces de la commune, les lieux associatifs, les collèges, les lycées, les centres sociaux et espaces publics. » Sans compter les entreprises, qui s’y mettent aussi, à l’instar de Petroineos.

    Colette, dite « Coco », des Équipes Saint-Vincent, affirme : « Non seulement les dons récoltés représentent un mois ou deux de fournitures pour accompagner nos 300 familles bénéficiaires, mais en plus ça stimule notre engagement bénévole, notre implication. » Après huit éditions de Martigues solidaire, des amitiés se sont nouées et des coopérations inter-asso se sont engagées. À la fin de chaque opération, les organisations redistribuent les denrées à la hauteur des besoins et des capacités de stockage de chacune. « C’est de l’intelligence collective », glisse Valérie Fernandez-Campazzo.

    Les échanges se poursuivent ensuite tout au long de l’année. « On essaye de se rencontrer pour trouver un consensus et harmoniser nos pratiques de sorte, notamment, à ce que l’été il n’y ait pas de manque pour aider et que les personnes en difficulté ne se retrouvent pas démunies », confie Colette.

  • Femmes solidaires, 80 ans auprès des plus précaires à Avignon

    Femmes solidaires, 80 ans auprès des plus précaires à Avignon

    Dans un communiqué, elle confirme la relance de sa collecte de produits d’hygiène et de protection au profit du Secours populaire et des étudiantes. Jusqu’au mois de mai, le dépôt de produits ou de chèques se fait au local, 6 place Michel-Goutier à Avignon. Mais aussi, à nouveau, des ateliers de lecture les troisièmes mardis du mois, des ateliers d’écriture les vendredis 20 février et 20 mars, ou encore une discussion sur le thème du choc des générations le 7 février prochain. Actualité à suivre sur la page Facebook Femmes Solidaires Avignon.

  • La grande collecte est lancée dans toute la ville de Martigues

    La grande collecte est lancée dans toute la ville de Martigues

    Les bénévoles sont déjà à la sortie des commerces. Depuis le 17 janvier, l’opération Martigues solidaire se déploie dans les quatre coins de la ville, supermarchés, entreprises partenaires, services municipaux, centres sociaux, lycées, collèges, Maison des jeunes et de la culture… L’objectif : collecter un maximum de denrées alimentaires non périssables et de produits d’hygiène au bénéfice des associations Partage, le Secours populaire, la Croix rouge, le Secours catholique, les Équipes Saint-Vincent et les Restos du cœur. Chaque don est échangé contre un ticket solidaire permettant d’assister au concert de Chimène Badi, qui se déroulera le 6 février à la Halle de Martigues.

    Des synergies

    « Avec cet événement, il y a une double solidarité, affirme Valérie Fernandez-Campazzo, responsable du service de la vie associative. D’abord, la générosité des habitants, qui est toujours au rendez-vous. » « Une année, un gamin du collège avait oublié de ramener un don, se remémore Bernard Mercier, président de Partage. Il a mis son goûter dans le caddie à la place ! » L’agente de la Ville reprend : « Et puis, il y a la solidarité entre les associations, qui se partagent le trésor. »

    Mis en place il y a 9 ans, ce rendez-vous annuel est important pour ces structures. L’an dernier, 10 tonnes de dons avaient été collectées. Mais au-delà, cette manifestation orchestrée par la Ville de Martigues a permis aux associations de « créer de véritables liens d’amitié, de confiance, de vrais partenariats tout au long de l’année », glisse Valérie Fernandez-Campazzo. Une énergie commune et des synergies positives pour les bénéficiaires, qui ne s’en voient que mieux accompagnés.

  • Le Secours populaire cultive la solidarité

    Le Secours populaire cultive la solidarité

    Une centaine de personnes se sont réunies ce lundi 19 janvier à la Galerie, située rue de la République, pour la traditionnelle cérémonie des vœux du Secours populaire des Bouches-du-Rhône, dans une ambiance festive. La soirée a débuté par la prise de parole de Farida Benchaa, secrétaire générale de la fédération des Bouches-du-Rhône : « Cette année nous avons un objectif, celui d’agir pour ceux qui en ont le plus besoin », s’exclame-t-elle. Le ton est donné et au regard de l’accroissement des besoins, de fixer la barre plus haut : « Nous irons plus loin », campe Farida Benchaa. Le Secours populaire, c’est remettre l’humain au centre, à travers de nombreuses actions, aussi « nous allons encourager les initiatives et faire ensemble, pour un impact encore plus fort », promet la secrétaire générale. « Aujourd’hui faire de la solidarité, c’est un engagement au quotidien, de tous et de toutes », lance-t-elle.

    Dans l’action et l’éducation populaire

    Farida Benchaa est revenue sur le bilan des actions menées par l’association au cours de l’année 2025, de quoi se féliciter : « Nous avons programmé la journée des oubliés à Paris en août dernier, ce qui a permis à 700 jeunes de l’ensemble du Département, d’assister à un concert », se réjouit-elle. L’action culturelle du Secours populaire revêt différentes formes, de l’accompagnement scolaire en passant par la lutte contre l’illettrisme et le franchissement des portes des institutions culturelles. « Parce que nous sommes une association d’éducation populaire, nous contribuons, à l’occasion de la semaine de la poésie par exemple, à découvrir des œuvres et des artistes et cela permet de découvrir d’autres cultures », rappelle à son tour, Mireille Faure, bénévole au Secours populaire.

    Une soirée placée sous le signe de la solidarité et du partage, à cette occasion et pour la troisième année consécutive, le Secours populaire organise une exposition qui mêle art et solidarité visible jusqu’au 24 janvier.

    De l’art et des artistes

    Ce sont huit artistes qui sont venus exposer et vendre leurs œuvres au profit de l’association, l’objectif est de verser 50% des bénéfices à cette dernière. Pour Christophe Ymer, artiste marseillais, c’est une évidence d’être présent : « C’est une double occasion pour moi, à la fois de proposer une exposition et de la faire au bénéfice du Secours populaire », se réjouit-il. L’année dernière, l’artiste à vendu six de ses œuvres.

    Élise Gabassi expose pour la deuxième fois ses créations. « C’est une cause qui me tient à cœur, et si l’art peut y participer c’est encore mieux », confie-t-elle. Cette exposition c’est aussi l’occasion de revenir sur la quintessence même de l’association : un intérêt pour l’être humain dans sa globalité, dont l’accès à la culture.

    Farida Benchaa rappelle sur la place qu’occupe l’action culturelle au sein de l’association : « Nous sommes dans une démarche culturelle avec un grand C, c’est-à-dire l’accès aux cultures et Marseille en est la preuve. » C’est donc permettre un regard croisé grâce à un ensemble de dispositifs qui permettent de faire foisonner la richesse de cette pluralité. « La culture appartient à tout le monde, l’idée de cette exposition c’est d’avoir un lieu ouvert à tous sans cette barrière de “ce n’est pas pour moi” », décrit la secrétaire générale. Rendre la culture accessible au plus grand nombre donc, la culture c’est « l’affaire de tous ».

    L’année dernière, la vente des œuvres a permis de récolter 1 200 euros au profit du Secours populaire. L’association espère que cette nouvelle exposition permettra de lever davantage de fonds.

  • La Ville d’Aubagne met une dizaine de sans-abri au chaud

    La Ville d’Aubagne met une dizaine de sans-abri au chaud

    « Le soir on va dans des trous, dans des garages qu’on trouve ouverts », lâche Berny. L’homme, âgé de 69 ans, est assis, mercredi, sur un banc de l’Esplanade de Gaulle, grande étendue de bitume à l’ombre, battue par les vents. Son frère Mokhtar, 61 ans, vomit sa bière. La nuit, continue Berny, « il fait super froid, mais on est bien couverts. On a des couvertures et des coussins que nous a donnés Emmaus ». Un hébergement ? « Il y a le 115*, mais on n’aime pas aller dans ces centres d’hébergement, il n’y a que des voleurs », assure Berny. Algériens, ils sont en France depuis une vingtaine d’années. Ils ont tous les deux bossé, en maçonnerie, électricité, mais « au noir ». Donc pas de retraite. « On est quelquefois un peu désespérés. Il y a des gens qui nous chassent de leur garage, et jettent les matelas, les couvertures et tout ce qu’on a… », raconte Berny. À propos des réfractaires au 115, « certains ne sont pas prêts à aller dans du collectif. Ou bien ils ont un confort précaire auquel ils sont attachés. Certains craignent, s’ils sont hébergés par le 115, qu’au retour on leur ait chipé leurs affaires… », commente Eliès Hannai.

    Les assos sur le pont

    L’homme gère l’accueil de jour « La maison du partage » régi par le Centre communal d’action sociale (CCAS) de la Ville d’Aubagne à l’Espace Ambroise Croizat, au 384 boulevard Marcel-Pagnol. « Depuis que les Bouches-du-Rhône ont été placées en vigilance jaune, on a augmenté l’amplitude horaire de l’accueil de jour, de 7h à 11h (d’habitude 10h), et de 14h à 17h30 (d’habitude fermé). Le matin, les personnes à la rue peuvent venir se doucher et prendre un petit-déjeuner. On a aussi des temps de maraude, de 10h à 12h et de 14h à 16h30 », explique-t-il. La maison du partage reçoit environ 40 personnes par jour. Elle est ouverte toute l’année du lundi au vendredi, et un samedi sur 2 du 1er novembre au 31 mars. « Comme les températures ont chuté rapidement, le maire (LR) Gérard Gazay nous a demandé, mardi, de mettre à l’abri les personnes. Les 10 places ont été pourvues », explique Eliès Hannai. C’est suffisant, affirme-t-il, car des sans-abri ont été orientés vers les gymnases ouverts par la Ville de Marseille. À Aubagne, les assos Urgence et solidarité, Croix rouge, Restos du cœur, Secours populaire se relaient pour s’occuper des sans-abri et leur amener des repas chauds. Ce mercredi soir, les bénévoles de la Croix rouge seront sur place, assure Jean-Pierre Turchaini, président de l’union locale d’Aubagne. « On n’est pas fermés à l’idée de récupérer des couvertures en bon état », glisse Eliès Hannai.

    * Numéro à composer pour demander un hébergement d’urgence.

  • [Témoignages] Que représente 36 pour vous ?

    [Témoignages] Que représente 36 pour vous ?

    Anthony Gonçalvès, chef de file des communistes aux municipales à Marseille

    « Une résonance avec le monde actuel »

    Chef de file des communistes pour les municipales à Marseille, Anthony Gonçalvès ne peut s’empêcher de dresser un parallèle entre la période du Front populaire et l’époque actuelle. « Même si c’est très loin de nous aujourd’hui, il y a beaucoup de résonance avec le monde actuel », pointe l’oncologue. Et d’énumérer une crise économique persistante, l’ambiance guerrière en Europe, la montée de régimes fascistes, autoritaires.

    « Mais 1936 représente aussi, pour moi, l’exemple flamboyant de la mobilisation massive, d’abord de la classe ouvrière, et puis de tout le monde du travail, devant laquelle plus rien ne peut résister », poursuit-il. En tête, il a ces photographies de la jeunesse, le poing levé, des occupations d’usines. « Et il y a ce rassemblement très large, dans lequel les communistes jouent un rôle très important, et qui en quelques semaines va faire adopter des lois qui construisent du progrès social. » De quoi en tirer des leçons pour le présent, pour le professeur de médecine. « Quand le rassemblement est aussi large, aussi massif, il n’y a rien qui peut lui résister, appuie-t-il. Et finalement, construire du progrès social comme cela a été fait en 1936, c’est une bonne façon de faire reculer le fascisme : il ne réussira pas à gagner en France jusqu’à la guerre. C’est le souffle du Front populaire et ses conquêtes sociales qui font reculer le fascisme ! »

    Offrir une autre vie

    Parmi ces conquêtes sociales justement, le militant communiste pense particulièrement aux semaines de congés payés, aux personnes qui enfourchent leurs bicyclettes, vont voir la mer pour la première fois. « à l’époque, ça devait paraître complètement fou de partir deux semaines, payées par le patron ! partage-t-il. ça devait paraître impossible aux ouvriers, le patronat devait leur expliquer que ça mettrait leurs usines sur la paille… » Une conquête particulièrement symbolique, « à une période où la plupart des travailleurs passaient leur vie à travailler sans faire autre chose que survivre ». « C’est le moment où l’on découvre que la vie peut être autre chose, une vie qui n’était pas autorisée, explique Anthony Gonçalvès. Cela paraît aujourd’hui quelque chose de tellement essentiel, cette possibilité de se reposer et faire autre chose que le travail, grâce aux richesses produites toute l’année ».

    Y.S.

    Laurence de Villèle, secrétaire générale de l’UD CGT Vaucluse

    « Un repère essentiel et un héritage vivant »

    « Le Front populaire est un repère essentiel : un moment de l’histoire où la mobilisation ouvrière et populaire a forcé le patronat et le gouvernement à concéder des avancées sociales majeures. La CGT a été au cœur de cette histoire », rappelle Laurence de Villèle. La secrétaire générale de l’UD CGT Vaucluse ajoute : « Les conquêtes issues du Front populaire sont un héritage essentiel, une mémoire fondatrice pour le monde du travail : des conquis à défendre, face à un patronat puissant et décomplexé ». Le Front populaire fait aussi écho à nos luttes d’aujourd’hui, selon la responsable syndicale : « Exigence d’augmentation de salaires, défense du droit syndical ou nouvelle réduction du temps de travail à 32 heures. Pour porter nos revendications, notre lutte contre l’extrême droite, et transformer la société, notre organisation syndicale doit continuer à se renforcer. Il nous faut construire un rapport de force massif, par la grève dans les entreprises et services publics. Dans un contexte de crise sociale et démocratique, l’héritage du Front populaire nourrit la conviction qu’une autre répartition des richesses et des pouvoirs est possible, par la mobilisation collective. »

    F.C.

    Frédéric Rosmini, ancien élu socialiste et président de Vacances Léo Lagrange

    « C’est la dignité des travailleurs retrouvée »

    Pour Frédéric Rosmini, vice-président de la coordination nationale Parcours, ensemble d’associations de tourisme social, et ancien élu socialiste de Marseille, le Front populaire représente des jours heureux. « Cette période de l’histoire se résume en deux mots : revendications et fêtes. Car c’étaient des grèves joyeuses pour accompagner le gouvernement à aller plus loin sourit cet ancien ouvrier. C’est la dignité des travailleurs retrouvée ».

    Le militant des vacances pour tous affirme que les avancées sociales apportées par cette période sont également sociétales. « Les congés payés permettent à la société de s’ouvrir. Garçons et filles peuvent pour la première fois partir. Léo Lagrange disait d’ailleurs que les vacances sont un formidable outil pour l’émancipation des travailleurs. » Une période qui a aussi permis le développement de politiques culturelles importantes : « Le gouvernement a dit aux ouvriers que eux aussi avaient le droit au bonheur et les a encouragés à se cultiver. C’est redonner la fierté à toute la classe des ouvriers ».

    Eva Janus

    Olivier Masini, direction de la fédération varoise du Secours Populaire français

    « Un moment d’unité syndicale et politique »

    « Si on est arrivé à gagner des conquis sociaux en 36, c’est qu’on est arrivé à faire l’unité, aussi bien au niveau politique qu’au niveau syndical », commence Olivier Masini, membre de la direction de la fédération varoise du Secours populaire. La prise de conscience de cette absolue nécessité s’est faite, rappelle-t-il, face à la menace fasciste. Et d’insister : « Il faut rappeler le coup de force du 6 février 34 où véritablement, l’extrême droite était décidée à prendre le pouvoir par la force ».

    Le militant associatif revient d’ailleurs sur les grandes manifestations de riposte du monde du travail des 9 et 12 février 1934, à Toulon notamment. « J’ai d’ailleurs une photo que je garde dans mon bureau de cet immense cortège qui défile devant la chambre de commerce, pour répondre à cette menace fasciste », ajoute-t-il. Il poursuit : « C’est pour ça que pour moi 36, même si la mémoire populaire retient essentiellement les congés payés, incarne des valeurs sur lesquelles on ne transige pas. Et avec la montée du fascisme, on ne transige pas. Je pense que ça a été vraiment le message qui a été lancé en 1936 » .

    L’occasion, aussi, pour l’observateur avisé du monde social et politique de mettre en avant la situation à laquelle la population est confrontée aujourd’hui aussi. Avec, pour y répondre, des forces progressistes qui avancent pour l’instant, malheureusement, en ordre dispersé.

    « 1936 c’est aussi l’année où le Secours rouge international devient Secours populaire de France et des colonies », ajoute-t-il. Et où, en cette période marquée par la guerre d’Espagne, « il s’impose comme un acteur majeur de la solidarité internationale, soutenant les combattants et les civils républicains ». « D’ailleurs, de nombreux dirigeants du Secours populaire s’engagent alors dans les brigades internationales », insiste Olivier Masini. De quoi redonner espoir et envie de résister.

    T.T.