Tag: Secours Populaire

  • Rentrée offensive et festive avec Terres de résistance

    Rentrée offensive et festive avec Terres de résistance

    C’est la Fête de l’Huma locale. « À notre échelle, avec les moyens du bord et beaucoup d’humilité », précise Jeanine Incorvaia, présidente des Amis de la fête, qui organise Terres de résistance. Cette année, pour sa 24e édition, le festival aura lieu du 3 au 6 septembre au jardin du Prieuré. L’occasion de se rassembler pour une rentrée aussi festive qu’offensive, de « parler des combats en cours ».

    « Il n’y a pas que l’élection présidentielle, il y a aussi pas mal de sujets sur lesquels nous réfléchissons, en tant que communistes, d’autant plus à l’issue du congrès ce week-end et du congrès départemental avant les vacances, affirme Jeanine Incorvaia. Ce qui nous anime, c’est la cavalcade désordonnée et décomplexée du libéralisme mondial qui met les peuples et la planète à genoux. »

    Des débats et des concerts

    Samedi, rendez-vous au village des associations, avec une vingtaine de structures présentes. « Ce village des associations permet de montrer toutes les facettes qui peuvent s’inscrire dans la résistance », souligne Francis Fournier, l’un des organisateurs du festival. La section locale des Arméniens animera un débat, le Secours Populaire organisera des ateliers autour des congés payés tandis que la librairie l’Argonaute, les éditions Alifbata et Yann Madé parleront féminisme. Le lendemain, le grand reporter pour L’Humanité Pierre Barbancey animera un débat sur la situation au Moyen-Orient, avant le traditionnel meeting de la section locale communiste. Jeanine Incorvaia souligne : « Même si on est sérieux dans notre discours, on aime faire la fête ». Et pour ça, des concerts ponctueront les journées, entre Bazil, la fanfare Tahar Tag’l, Duo K’Alamité, un tribute Bob Marley avec Axetone ou encore Massilia Reggae Club.

  • Un enfant sur cinq privé de vacances : le Secours populaire français agit

    Un enfant sur cinq privé de vacances : le Secours populaire français agit

    Un lac, des forêts à perte de vue et surtout un endroit loin de la ville. « Chaque année, plus d’un enfant sur cinq n’a pas ce droit aux vacances », rappelle Gilles Loison, secrétaire fédéral du Secours populaire de l’Hérault. C’est tout l’enjeu de la Journée des oubliés des vacances (JOV), une opération qui permet, chaque année, à des enfants de six à douze ans de s’évader le temps d’une journée. « L’essentiel est qu’ils aient vécu quelque chose dont ils puissent parler. C’est pour cela que ces journées se déroulent souvent à la mer ou à la montagne », explique Gilles Loison. Le site, un espace de loisirs habituellement ouvert au public, sera entièrement réservé aux enfants du Secours populaire pour l’occasion.

    Les vacances, un luxe pour un Français sur trois

    Au programme : activités nautiques, sorties en bateau, accrobranche et de nombreux jeux. « L’objectif est qu’ils passent une journée entièrement consacrée au plaisir et aux loisirs », résume le secrétaire fédéral.

    Selon le Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), environ 35% des Français ne partiront pas en vacances cet été. Parmi les plus modestes, la proportion est bien plus élevée, elle s’élève à 51% des Français.

    « Si l’on revient à l’Histoire, le droit aux vacances date de 1936. Mais avoir un droit ne signifie pas forcément avoir les moyens d’en profiter. À l’époque, partir en vacances coûtait beaucoup moins cher, ajoute Gilles Loison. Aujourd’hui, les vacances représentent une dépense importante et elles ne sont plus accessibles à tout le monde. Pourtant, elles devraient être considérées comme un droit fondamental, car elles participent à l’éveil des enfants et sont essentielles à leur développement », estime-t-il. Pour mener à bien cette journée, la fédération cherche encore de nouveaux bénévoles : une dizaine à une quinzaine de volontaires supplémentaires seraient les bienvenus, tout comme des dons financiers. Ces derniers permettent de financer le transport en bus, les repas, les goûters et une partie des activités proposées aux enfants, pour de prochains événements.

  • Déremboursements, franchises : l’amère pilule

    Déremboursements, franchises : l’amère pilule

    Sans avoir pris connaissance des détails du décret, le président du comité héraultais de la Ligue contre le cancer ne veut pas y croire. « Je ne pense pas que les malades du cancer seront touchés. C’est un effet d’annonce pour faire passer la pilule. Il y aura forcément des dérogations pour les affections de longue durée*. Sans quoi, cela signifie que nous sommes en banqueroute. Ce serait une remise en cause totale de notre système de protection sociale selon lequel la solidarité aide ceux qui en ont le plus besoin », estime le professeur Jean-Bernard Dubois.

    Et pourtant, en l’état actuel des annonces de Stéphanie Rist, il y a de quoi s’alarmer. Le 23 juillet, la ministre de la Santé a annoncé que le plafond des franchises médicales sera relevé de 100 à 200 euros annuels (toujours 1 euro par boîte de médicament et par acte paramédical, 2 euros par consultation médicale, examen radiologique ou analyse, 4 euros par transport sanitaire). Le lendemain, elle enfonçait le clou pour l’Assurance maladie en promettant une baisse des remboursements dentaires, des transports sanitaires et autres médicaments jugés « moins efficaces ». Le tout dans une logique comptable d’économies de bouts de chandelle (1,5 à 1,7 milliard d’euros pour les déremboursements) afin soi-disant de « lutter contre les abus ».

    Inflation des tarifs des complémentaires santé ?

    Une logique inacceptable selon les associations car elle revient à faire payer davantage les malades. « Les patients ne peuvent plus être l’éternelle et unique variable d’ajustement des comptes de l’Assurance-maladie », a tout de suite dénoncé France assos santé. « Il vaudrait mieux lutter contre les fraudeurs plutôt que punir tout le monde », regrette Gilles Loison.

    Si on sait déjà que 18 millions de Français ne seront pas concernés (mineurs, bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S), femmes enceintes), le secrétaire héraultais du Secours populaire s’inquiète des répercussions chez les plus fragiles. « Nous recevons des publics qui ne sont pas en capacité de se payer une mutuelle et qui parfois, faute de moyens, renoncent à des soins dentaires ou sur des lunettes alors qu’ils sont la porte d’entrée de la santé. »

    De son côté, Que choisir Ensemble craint que les complémentaires santé qui ont déjà augmenté leurs tarifs de 25% en 3 ans (selon une étude de cette association de consommateurs), ne répercutent encore la mesure sur ses tarifs. « Ce sera pour elles un prétexte », prévient Claude Gaubert. Selon le responsable communication montpelliérain de l’asso qui fêtera ses 50 ans en septembre, aucun patient n’a à gagner à s’enfermer dans une logique où le privé prend une part de plus en plus importante des soins. « Quand vous donnez 100 euros à la Sécu, il vous en revient 95. Et seulement 80 quand c’est une complémentaire santé qui doit rémunérer ses actionnaires. » Une logique aussi fustigée par Gilles Loison au Secours populaire. « On va vers des soins à deux vitesses avec une sorte de système à l’américaine. Ils veulent la mort du système de Sécu d’après guerre. »

    * Cancers, diabétiques, AVC, maladies psychiatriques, neurodégénératives, insuffisances cardiaques, rénales…

  • Sylvie Vinceneux : « La collecte du PCF aidera les sinistrés »

    Sylvie Vinceneux : « La collecte du PCF aidera les sinistrés »

    La Marseillaise : Comment est organisée cette collecte ?

    Sylvie Vinceneux : La fédération départementale du Parti Communiste Français du Var est le collecteur. Le but de la collecte, c’est d’aider les sinistrés. On prend uniquement des chèques pour faciliter la traçabilité. Chaque section locale sera chargée de les récupérer et l’ordre est à mettre au nom de la fédération du Var du Secours populaire. À la fin de chaque semaine, on enverra les chèques à l’ONG.

    Pourquoi avoir choisi une collecte d’argent plutôt de recueillir des dons en nature ?

    S.V. : Le Secours populaire nous a indiqué que le problème des dons en nature, c’est la logistique. Il faut retrier les dons, pour vérifier que rien ne soit périmé. Avec l’urgence de la situation, cela leur donne une charge de travail supplémentaire, ce qui n’est pas le cas quand ce sont des dons monétaires.

    Pourquoi avoir choisi le Secours populaire ?

    S. V. : Dans le Var, l’association est bien structurée, elle est connectée à l’ensemble du territoire, ce qui lui permet de répondre au mieux aux besoins des Varois.

    À quoi cet argent va-t-il servir ?

    S. V. : L’argent permettra de répondre aux besoins des sinistrés. Il faut penser à leurs besoins immédiats et futurs. Les assureurs mettent du temps à rembourser et ce n’est pas toujours à la hauteur des besoins des particuliers. Quand une personne a une voiture depuis 15 ans et qu’elle a été brûlée, l’assurance ne remboursera pas suffisamment pour l’achat d’une nouvelle voiture. Le Secours populaire pourra utiliser cette collecte pour répondre aux besoins des particuliers dans ces situations.

  • Jo Seghi nous a quittés

    Jo Seghi nous a quittés

    C’est un grand acteur de la solidarité locale qui s’en est allé. Militant au Secours populaire pendant plus de 40 ans, association au sein de laquelle il a présidé l’antenne varoise durant 28 ans (1979-2007), et même occupé des fonctions au bureau national et au comité national, Giuseppe « Jo » Seghi s’est éteint samedi 4 juillet à l’âge de 84 ans.

    « Rendre espoir et dignité, c’est ce que Jo aura fait sa vie durant, à la croisée des chemins des personnes en difficulté qu’il a rencontrées », salue Olivier Masini, le président du Secours populaire du Var, qui rend hommage à un « homme d’engagement et de conviction, qui aura contribué à implanter durablement le Secours populaire dans notre département en portant les luttes contre toutes formes d’injustices et pour l’accès aux droits ». La Marseillaise se joint au Secours populaire pour adresser ses pensées affectueuses à Danielle sa femme, ses fils Olivier et Frédéric, et ses petits-enfants.

  • Les Copains du monde réinventent l’école pendant une matinée

    Les Copains du monde réinventent l’école pendant une matinée

    « Dans l’école idéale, tout le monde est égal, c’est l’école qui s’adapte aux enfants et à leurs difficultés », imagine Mamadou, 16 ans, qui a participé à la onzième édition de l’université d’été du Secours populaire ce lundi 6 juin dans le 14e arrondissement de Marseille. Cette année, le sujet de réflexion principal était l’école, « ECOL’LECTIF : pour que la solidarité devienne une valeur indestructible de l’être ». Même si les délégations libanaise et états-unienne n’arriveront que ce mardi, les Copains du monde marseillais ont pu échanger avec des enfants venus du Maroc et de l’île de la Réunion et partager leur vision d’une école idéale.

    Chaque jeune avait développé durant des ateliers d’écriture encadrés par le Secours populaire et les associations marocaine et réunionnaise présentes (IFLAN et K-pab6T) une idée précise de l’école parfaite, qu’ils ont restituée sous forme de textes ou de saynètes de théâtre. « Les adultes aident les enfants à s’exprimer sans dénaturer leurs propos et leurs pensées » explique Léna, chargée de projet pour Copains du monde au sein du Secours populaire.

    « Je pense que l’école ne devrait pas seulement transmettre des savoirs, mais aussi apprendre à vivre ensemble. Il faudrait mettre en place davantage de projets solidaires à l’école », affirme la Marseillaise Rifae. Dans l’idéal de Khadija, marocaine de 14 ans, « l’école c’est ma seconde maison, mes camarades sont devenus des frères ». La délégation marocaine monte sur scène pour une saynète. Khadija joue la maîtresse devant Mohamed et Ziad, assis sur des chaises et représentant les élèves. Dans un dialogue de quelques minutes, ils racontent une école sanctuaire de la solidarité.

    Cependant, les textes présentés ont surtout permis de prendre conscience du décalage entre cet idéal et la réalité de l’école à laquelle ces jeunes sont confrontés. « Aujourd’hui, c’est les enfants qui doivent s’adapter, il y a de la compétition et ils ne prennent pas en compte les difficultés des élèves » estime Mamadou. Il déplore un manque d’initiative de la part du système éducatif, notamment face au harcèlement et à l’isolement de certains jeunes, « moi je me suis fait harceler plus jeune, généralement il n’y a pas vraiment d’action qui est mise en place », poursuit le jeune homme.

    Décrochage

    Arbabi, 15 ans, vient de la Réunion. Lui aussi alerte sur les conséquences de l’isolement et du décrochage : « les personnes en difficulté baissent les bras et les profs n’essaient même pas de les relancer. Quand ils décrochent ils finissent dans des histoires de vente de drogues, de meurtres, ou de braquages. C’est ce que je vois tous les jours dans mon quartier ». Arbabi insiste sur le rôle fédérateur et inclusif que doit jouer l’école pour tous les jeunes : « chez nous, quand un élève est en décrochage, il est critiqué, il perd confiance en lui. Il se sent plus accepté dans la rue qu’à l’école, alors il arrête l’école », détaille-t-il. Khadija, 14 ans, regrette un lien de confiance altéré entre les enfants et les professeurs, « ils vont beaucoup se disputer, ça peut être très conflictuel ».

    Dans l’assemblée réunie pour cette matinée de débat, les témoignages des enfants font réagir. « Je suis plutôt triste après tous ces textes, ça me fait mal au cœur », lâche Danielle, bénévole au Secours populaire. Elle ajoute : « les accompagner, les aider à grandir, c’est un peu ce que devrait faire l’Éducation Nationale ».

    Gaëlle Salado, organisatrice des universités d’été répond qu’à la suite des ateliers d’écriture, une lettre à destination du ministre de l’Éducation a été rédigée et envoyée par les enfants. « Une bouteille à la mer » ironise Philippe, autre bénévole, qui n’est pas étonné que la lettre n’ait reçu aucune réponse.

    Les enfants Copains du monde interpréteront leurs textes au théâtre de la Rotonde pour le festival d’Avignon ce mercredi.

    TÉMOIGNAGES

    Ziad, 13 ans, membre de la délégation marocaine accompagné par l’association IFLAN.

    « L’école ne doit pas seulement être un endroit pour apprendre à lire et à écrire mais un endroit pour s’épanouir. C’est un endroit pour se construire, un endroit pour construire des relations et des valeurs ».

    Dounia, 15 ans, Marseillaise et membre des Copains du monde depuis 3 ans.

    « C’est la troisième année où je participe aux ateliers d’écriture et à l’université d’été du Secours populaire. C’est des ateliers où tu es libre de t’exprimer, c’est important d’avoir ce temps et cet espace tous les mercredis pour faire ça ».

    Daris, 13 ans, Marseillais et membre du mouvement Copains du monde depuis 3 ans.

    « Les divisions dans le monde et dans la société alimentent les discriminations et l’isolement au sein de l’école. Ce n’est pas souvent défini comme du harcèlement, il y a des enfants isolés mais ce n’est pas pointé du doigt et nommé comme du harcèlement. C’est pas juste ».

    Recueillis par S.M.

  • [Entretien] Gaëlle Salado : « Faire de chaque membre du Secours populaire un relais de solidarité actif »

    [Entretien] Gaëlle Salado : « Faire de chaque membre du Secours populaire un relais de solidarité actif »

    La Fédération du Secours populaire des Bouches-du-Rhône organise, ce lundi 6 juillet de 9h30 à 12h30, sa onzième université d’été sur le thème « Ecol’lectif – Pour que la solidarité devienne une valeur indestructible de l’être ». La matinée s’articulera autour d’un débat sur l’école, le collectif et la solidarité comme point d’appui pour la jeunesse, avec la participation des Copains du Monde, mouvement qui accompagne et réunis enfants et adolescents de différents pays. L’événement, gratuit, se tient au 169 Chemin de Gibbes, à Marseille (14e).

    La Marseillaise : Avant d’aborder cette 11e édition, pouvez-vous nous en dire plus sur les universités d’été et leur objectif ?

    Gaëlle Salado : L’université d’été, c’est un travail qui a été lancé il y a une dizaine d’années avec le sociologue Jacques Broda et qui permet de faire le lien entre le travail de terrain du Secours populaire et des concepts philosophiques, sociologiques et psychanalytiques. Ça permet de conceptualiser ce que l’on vit et la société dans laquelle on évolue. Les universités d’été sont animées par le désir de vouloir donner plus de puissance à notre action en la reliant avec des concepts plus théoriques et de montrer la place centrale qu’occupe la solidarité. On a amené une dimension internationale, ces dernières années, en impliquant nos partenaires étrangers au travers des villages Copains du Monde, avec les enfants des pays partenaires. Ce sont les enfants Copains du Monde, avec qui on travaille toute l’année sur différents concepts, qui choisissent le thème de l’université d’été. Le but est de se poser les mêmes questions, tout en sachant que l’on n’a pas grandi dans les mêmes endroits, que l’on n’a pas forcément la même culture.

    Cette année, le thème de l’université d’été est « Ecol’lectif – Pour que la solidarité devienne une valeur indestructible de l’être ». Pourquoi ce thème ? Pourquoi avoir choisi de mettre l’école au centre ?

    G.S. : C’était une demande des jeunes, car c’est un espace où ils passent énormément de temps et dans lequel ils ne sont parfois pas bien. C’est l’un des premiers espaces de socialisation pour les plus jeunes, un lieu où l’on éprouve le collectif avec des contraintes. Le collectif, c’est important, par rapport à tout ce qu’il se passe aujourd’hui dans le monde : les violences, le harcèlement… Le collectif, c’est quelque chose qui reste et qui existe. Les Copains du Monde sont un moyen de protéger les enfants et les adolescents, en leur donnant des outils.

    Le sujet porte sur les jeunes. Sont-ils les seuls à qui s’adresse l’événement ?

    G.S. : Non, l’université d’été ne s’adresse pas qu’aux jeunes. Elle est ouverte à toutes les personnes qui s’intéressent à ce sujet : les parents, les professeurs, les familles qu’on accompagne toute l’année ou encore les personnes extérieures au Secours populaire qui pourraient être curieuses.

    La matinée du 6 juillet s’articulera autour d’un débat. Comment l’avez-vous conçu et organisé ? Qui seront les intervenants ?

    G.S. : Cette année, on accueille l’île de La Réunion, le Maroc, le Liban et les États-Unis. On travaille avec des associations partenaires locales : un orphelinat au Liban, une association qui travaille pour l’accès à l’éducation des enfants en situation d’exclusion aux États-Unis… Et on va discuter de projets communs. Les jeunes des Copains du Monde ont préparé l’introduction depuis le mois de janvier. Dans des ateliers d’écriture, ils ont rédigé des textes qui ont été mis en scène par un bénévole qui fait du théâtre. Après cela, on lancera le débat sur l’école idéale. On déroulera jusqu’à la question de l’adolescence, de comment on peut accompagner les adolescents pour qu’ils maintiennent leur engagement autour de la solidarité. On veut offrir l’association à la jeunesse, questionner la place qu’on lui donne au sein du Secours populaire.

    Pouvez-vous revenir sur le village Copains du Monde et détailler son programme ?

    G.S. : Le village Copains du Monde se déroulera du 10 au 16 juillet. C’est un projet qu’on met en place aussi depuis 10 ans, au Secours populaire des Bouches-du-Rhône, qui nous permet d’accueillir des enfants et adolescents des pays partenaires. Ça permet aux jeunes de se mélanger avec d’autres cultures, langues et codes, de dépasser ces différences et de pouvoir se dire qu’ensemble, on est capables de créer quelque chose de différent.

    Une collecte financière est également prévue ?

    G.S. : Oui, les jeunes participent aussi à une collecte financière. Le jour du marché du Prado, on aura un stand du Secours populaire avec nos objets promotionnels et de l’artisanat des pays pour financer les actions. Cette collecte fait partie de leur formation en tant que bénévoles, qui sont très importants pour nous et sont appelés « animateurs, collecteurs, bénévoles ». Et tout au long de la semaine, les jeunes découvriront des activités et des jeux proposés par les autres pays. L’idée principale est vraiment le partage. Les enfants sont contents, les retours sont généralement : « On a l’impression d’être en famille même si on ne se connaissait pas au départ. » Quand ils ressortent de là, ils sont d’autant plus engagés. Ce qui est fondamental car le but est aussi de faire de chaque membre du Secours populaire un relais de solidarité actif.

  • [Entretien] Delphine Tisseyre, Secours populaire : « Derrière les chiffres, une réelle détresse humaine »

    [Entretien] Delphine Tisseyre, Secours populaire : « Derrière les chiffres, une réelle détresse humaine »

    La Marseillaise : La Banque alimentaire faisait état de 63 500 bénéficiaires en 2025. Quel constat faites-vous sur le terrain ?

    Delphine Tisseyre : Les chiffres sont une chose mais derrière il y a une réelle détresse humaine, un malaise qui est créé. On détecte dans nos familles, chez nos ados, de plus en plus de troubles psychiques et maintenant on n’arrive plus à les nourrir correctement. Aujourd’hui, on distribue des produits de l’Union européenne, des pâtes, du riz. Mais sans beurre ni légumes, ni fruits, c’est insuffisant. Pour les produits frais, il faut toute une logistique, surtout l’été. Peu d’associations en ont les moyens. Et le pendant de l’entrée dans l’ère de l’anti-gaspi, c’est qu’on nous fait payer, le recyclage des vêtements par exemple, et c’est un poids en plus sur le dos des bénévoles. Les associations sont la soupape de sécurité de notre société et on compte beaucoup sur elles, mais on a l’impression d’être abandonné des priorités de l’État.

    Où en est le Projet alimentaire départemental (PAD) mis en place en 2019 et destiné à promouvoir les produits locaux dans la lutte contre la précarité alimentaire ?

    D.T. : Mieux manger pour tous est une bonne chose et on est reconnaissant de l’aide au financement. Mais c’est insuffisant par rapport aux besoins. Le quotidien va vite. Et face au développement des discounters, nous ne sommes pas armés pour le rachat en gros volumes donc ce qui pouvait être donné l’est moins. Il y a aussi cette difficulté de coller à un cahier des charges des producteurs locaux. Les œufs par exemple, la quantité est un problème. Or nous ne sommes pas en mesure de garantir la commande si l’éleveur agrandit ses poulaillers car on ne sait pas à l’avance de quel budget on disposera l’année suivante. Ce système a tendance à se mordre la queue.

    L’été est-il plus cruel que l’hiver pour les personnes en grande précarité ?

    D.T. : L’hiver, on se couvre, on arrive à distribuer des vêtements chauds et des couvertures. L’été, on cherche des lieux climatisés, des points d’eau fraîche, c’est plus compliqué. Pour nos maraudes, il faut des équipements pour réfrigérer. Et du fait que de nombreux lieux ferment durant les vacances, les associatifs sont aussi moins nombreux sur le terrain durant cette période et le sentiment d’isolement des personnes démunies est plus important.

    Quelles demandes feriez-vous ?

    D.T. : On n’en est plus aux préconisations, mais à répondre à une véritable urgence sociale. Il y a l’inflation, mais pas seulement. Certaines mesures administratives créent des situations de pauvreté ou les aggravent. C’est bien de renforcer les contrôles contre les fraudes en tout genre, mais ceux-ci sont parfois faits sans aucune analyse fine. On s’est retrouvé avec une vague de coupures de RSA. Il a fallu démêler bien des erreurs. Et quelques mois sans revenus, ça plonge vite les gens dans la misère absolue. Souvent les mesures d’accompagnement pour le retour à l’emploi ou pour l’aide à la garde d’enfants ne suivent pas ou sont mises en place beaucoup trop lentement. On perd plus rapidement et facilement ses droits qu’on y accède.

    Les publics rencontrés sont-ils
    de plus en plus divers ?

    D.T. : Oui et on a aussi des situations de détresse qui ne sont pas toujours visibles. Des couples qui font la priorité du loyer et qui ne mangent pas à leur faim alors qu’ils travaillent. Une personne traitée pour un cancer à qui on ne peut pas donner n’importe quel aliment. Certains font le tour des associations pour trouver ce dont ils ont besoin et c’est douloureux d’avoir l’air de quémander mais heureusement qu’ils le font.

  • Lancement de la campagne d’été du Secours populaire

    Lancement de la campagne d’été du Secours populaire

    « Les vacances, ce n’est pas du luxe », un slogan pour lequel le Secours populaire français (SPF) continue de se battre chaque année. Selon un sondage de l’Ipsos, parmi les foyers qui ne partiront pas cet été, 43% citent le budget comme principal frein, malgré une légère amélioration par rapport à 2025, et c’est pour cette raison que la fédération héraultaise du SPF se mobilise une année de plus.

    Le samedi 6 juin à Mèze, le lancement officiel de la campagne est prévu de 15h30 à 23h et pour l’occasion, une grande guinguette est organisée dans un esprit « festif et populaire ». « Dès 15h30, les familles sont accueillies », annonce le SPF, « pour que tout le monde y trouve son bonheur et le sens de la fête ».

    Avec des activités tous publics : stands de maquillage, tournoi de pétanque, mini-foot, présentation de témoignages de bénéficiaires, exposition Vacances pour tous, concerts… Cette journée gratuite, ouverte à tous, est imaginée comme un avant-goût de vacances.

    Colonies de vacances, villages Copain du Monde, la journée des Oubliés des vacances qui réunit chaque année plusieurs centaines de bénéficiaires, des séjours en famille, l’accueil chez des familles de vacances bénévoles, des vacances pour les seniors ou les personnes en situation de handicap… Le SPF propose des séjours variés qui s’adaptent aux envies, aux situations et aux possibilités de chacun et tente ainsi de pallier cette précarité qui empêche un enfant sur trois de partir en vacances. L’an dernier, ce sont 208 000 personnes qui ont été aidées pour partir en vacances.

    Pour fêter l’anniversaire des congés payés.

    Avant 1936, les vacances étaient un privilège réservé aux classes aisées, tandis que la majorité des ouvriers et employés travaillaient sans interruption. Les congés payés, instaurés par le Front populaire, accordent pour la première fois deux semaines de vacances payées à tous les salariés.

    « En 1936, les congés payés ont représenté une conquête sociale majeure. Quatre-vingt-dix ans plus tard, ce droit reste hors de portée pour trop de familles », rappelle la fédération du Secours populaire de l’Hérault. « Les demandes d’aide au départ n’ont jamais été aussi nombreuses. » Une crise qui « frappe de nouveaux publics », selon l’organisme qui a choisi de mettre les bouchées doubles à l’occasion de cet anniversaire.

    L’antenne héraultaise du Secours populaire français annonce déjà un planning bien rempli avec notamment, du 20 au 27 juin, un séjour à Vic-sur-Cère proposé aux personnes âgées accompagnées par la fédération ainsi que la Journée des oubliés des vacances qui réunira, le 20 août, 300 enfants de 6 à 12 ans venus de toute la fédération pour une journée au bord de l’eau.

    Programme complet sur SPF34.fr

  • Solimut ouvre ses portes aux associations de solidarité

    Solimut ouvre ses portes aux associations de solidarité

    « Ce tiers-lieu a rempli sa mission avant même son ouverture », affirme Nadia Nasri, présidente du comité d’animation mutualiste de Solimut Marignane. La mutuelle inaugurait, mardi soir, un nouveau tiers-lieu installé au deuxième étage de l’agence sise place du 11 novembre, à Marignane.

    Le but d’une telle initiative ? « Permettre aux associations et acteurs locaux du domaine social et de la santé de bénéficier d’un espace », selon Nadia Nasri, lors de la visite du lieu. Trois bureaux, une cuisine et une salle de réunion sont ainsi mis à disposition gratuitement par la mutuelle. Et les partenaires de Solimut n’ont pas attendu l’inauguration.

    Le projet a vu le jour il y a 5 ans avec les ateliers créatifs du Secours populaire. « Nous nous réunissons tous les lundis après-midi, entre femmes, à 10 ou 15 personnes à chaque fois », indique Myriam Garrassin, responsable du secteur santé du Secours populaire français des Bouches-du-Rhône. « C’est à la sortie du Covid qu’on voulait travailler la prévention à la santé. On a proposé de façonner des objets créatifs pour faciliter la parole, les personnes étant souvent malades ou seniors », développe la militante.

    « Porter un projet

    de société à plusieurs »

    Le lieu a quelque chose de symbolique. « C’est ici que je venais quand j’étais petite pour me faire charcuter les dents », plaisante Zaira Ghalmi, de l’Association des initiatives renouveau, lors de la visite. « J’étais dans une famille de 11 enfants. On venait ici car ce n’était pas cher contrairement au privé, et ils prenaient la mutuelle de mon papa », raconte-t-elle.

    Le centre dentaire a aujourd’hui laissé place à une autre initiative solidaire. « Chacun peut recevoir ses adhérents et développer des services à la population. La rénovation du local avec l’Addap13 a permis d’ouvrir deux chantiers d’insertion. Cela reflète les valeurs de notre mutuelle », selon Nadia Nasri.

    Des valeurs chevillées au corps. « Nous sommes une mutuelle engagée et solidaire, avant tout actrice de la santé », souligne Hélène Gaufichon, secrétaire générale de Solimut, estimant qu’« ouvrir notre agence sous forme de tiers-lieu permet d’avoir accès aux conseillers et à d’autres services » dans le même temps. « Nous souhaitons l’émancipation individuelle et collective, sans discrimination. Cet espace est une belle illustration de nos actions pour le vivre-ensemble », développe-t-elle.

    C’est aussi un carrefour d’engagement. « Quand on porte un projet de santé et de société, le mieux est de le faire à plusieurs », insiste la militante mutualiste. Plus de dix ans après sa création, l’ambition reste la même d’après Hélène Gaufichon : « Agir pour la transformation de la société avec tous les acteurs du mouvement social », dans la continuité de l’œuvre des mutuelles ouvrières à la racine de Solimut.