Tag: science

  • Un festival dédié à la santé et la science à Marseille

    Un festival dédié à la santé et la science à Marseille

    La manifestation porte l’ambition de faire découvrir, de manière ludique et accessible, de nombreux sujets de recherche afin d’éveiller un intérêt, la réflexion et l’échange, et discuter de leur impact au quotidien. « L’idée est de mettre en lumière le travail des chercheurs et chercheuses sous plusieurs formats et que cela aboutisse à des rencontres avec les Marseillais et les Marseillaises », explique une des coordinatrices de l’événement. Explore accueille des chercheurs d’Aix-Marseille université (AMU), du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), de l’Institut national de la recherche et de la santé médicale (Inserm), l’École centrale Méditerranée et l’AP-HM (Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille).

    Parmi les activités proposées, le festival propose des « speed-searching ». Et aux organisateurs de souligner : « Les speed-searching s’appuient sur le principe du speed-dating. Ce sont des conversations flash avec l’idée de discuter pendant 10 minutes avec un chercheur », détaillent-ils.

    La 6e édition du festival InScience

    Porté par l’Inserm, le festival InScience, se déploie dans toute la France, ce samedi 30 mai. À Marseille et en collaboration avec le festival Explore, des stands en plein air animeront la Canebière de 14h à 18h. C’est à travers cinq ateliers que le public aura l’occasion de découvrir les grands thèmes de recherche à l’Inserm : les neurosciences, la génétique, l’alimentation, la cancérologie et les fake news. Au total, onze équipes d’une quinzaine de chercheurs mobiliseront des manipulations et des expérimentations pour permettre aux visiteurs de comprendre un concept ou de découvrir un domaine de recherche. « Côté Explore, ce sont des chercheurs qui travaillent sur les pathologies, les neurosciences, l’océanographie et la physique… », concluent les organisateurs.

  • Avec la Destinus AI Regatta, l’intelligence artificielle s’invite aux Toulon Provence Regatta

    Avec la Destinus AI Regatta, l’intelligence artificielle s’invite aux Toulon Provence Regatta

    Pour leur 3e année d’existence, les Toulon Provence Regatta ont de nouveau offert une démonstration de l’étendue de l’histoire maritime. Des dizaines de bateaux, des vaisseaux historiques aux engins plus contemporains, étaient présents dans la rade pendant quatre jours pour des régates, défilés et visites à bord, qui ont su ravir amateurs de voile comme novices. Une édition marquée par les 400 ans de la Marine nationale, mise en valeur pour l’occasion.

    Les entreprises à l’affût

    Mais la tradition a su laisser une place à la modernité, avec l’organisation de la première Destinus AI Regatta, samedi, dans l’anse du Lido, au Mourillon. Une compétition novatrice, première mondiale du genre, diffusée en direct streaming, qui a mis aux prises plus de 25 bateaux miniatures automatisés, contrôlés par IA, et développés par des étudiants et élèves de cinq écoles d’ingénieurs et de robotique. Le tout, avec trois formats de compétitions : deux courses classiques et un « battleboat », où (presque) tous les coups étaient permis pour franchir la ligne en premier.

    Parmi ces écoles, les benjamins de la compétition étaient les élèves de l’École des Robots de Toulon, qui forme des jeunes de 7 à 18 ans. « Dès 12 ans, on propose un cursus drones nautiques. L’objectif était de créer un robot sur un élément spécial qu’est l’eau », explique son président, Jean-Michel Moreira, qui a aussi enseigné à ses élèves des éléments pragmatiques. « Paradoxalement, peu d’enfants connaissaient bien la mer. Donc on leur apprend les nœuds marins, la signalisation, l’histoire maritime… » L’enseignant voit dans la compétition « un double-objectif pédagogique : concourir face aux écoles d’ingénieurs en tant que seule école composée de mineurs. Pendant un an, les enfants se sont entraînés, avec chaque semaine des objectifs et apprentissages. Ils créent, programment, testent. Si ça ne marche pas, comprendre pourquoi, réajuster, retester. C’est le cercle vertueux de la science ».

    Pour le sponsor Destinus, spécialiste des solutions aérospatiales et de défense, leader des drones de combats européens, c’est l’occasion « de se faire connaître auprès de la DGA, des autorités marines et d’échanger avec d’autres entreprises », note Anne-Pascale Guedon, directrice générale France. Elle y voit aussi un intérêt technique : « En Ukraine, il n’y a pas de points GPS en permanence, donc l’aspect GPS automatisé est intéressant », au même titre que « voir comment se comportent ces drones sur l’eau ». « Ça développe l’intelligence collective et la connaissance », ajoute Didier Goguenheim, directeur général de l’association Toulon Var Technologies (TVT), qui accompagne des entreprises innovantes. « Les drones auront beaucoup d’applications dans le futur. Il est important de solliciter des talents et de pouvoir les rencontrer. »

  • [Entretien] « Les météorites ont pu influencer comment la vie est apparue sur Terre »

    [Entretien] « Les météorites ont pu influencer comment la vie est apparue sur Terre »

    La Marseillaise : Vous montrez qu’il y a des sucres d’origine extraterrestre dans la météorite Orgueil. Pourquoi avez-vous choisi cette météorite ?

    Cornelia Meinert : Car ce qui nous intéresse in fine sont les échantillons ramenés sur Terre des astéroïdes Bénou et Ryugu. Nous souhaitions développer un moyen d’extraire, identifier, et quantifier les sucres dans ces échantillons, et déterminer leur chiralité – c’est-à-dire s’ils sont plus présents sous leur forme droite ou gauche. Or, la météorite Orgueil a une composition minéralogique proche de celle de ces astéroïdes.

    Avez-vous commencé ?

    C.M. : Nous venons de recevoir l’accord pour avoir des échantillons de Bénou. Nous aurons 300 milligrammes (mg). C’est énorme. Pour Ryugu, nous n’aurons que 17 mg car moins de matière a été ramenée sur Terre.

    Des sucres ont déjà été observés sur Bénou en 2025. Qu’allez-vous chercher ?

    C.M. : Ce qui nous intéresse est la chiralité de ces sucres. Sont-ils présents sous leur forme droite ? Gauche ? Les deux ? Dans quelles proportions ? Cela n’a jamais été étudié et pourrait nous aider à comprendre pourquoi la vie sur Terre n’utilise que la forme droite des sucres. C’est un grand mystère. Les acides aminés ont aussi une chiralité et seule leur forme gauche est utilisée pour faire des protéines. Or, nous observons un léger excès de formes gauche dans les météorites et les astéroïdes. Peut-être est-ce la même chose, du côté droit, pour les sucres. Dans ce cas, peut-être les météorites ont-elles influencé la manière avec laquelle la vie est apparue.

  • [Sciences] Les sucres nécessaires à la vie ont bien pu venir de l’espace

    [Sciences] Les sucres nécessaires à la vie ont bien pu venir de l’espace

    C’était en 2016. Chercheuse CNRS à l’Institut de chimie de Nice, Cornelia Meinert montre en laboratoire que des sucres peuvent se former dans les glaces interstellaires. Ces briques élémentaires de la vie, à la base des molécules d’ARN et d’ADN, peuvent donc exister dans l’espace. Mais est-ce le cas ? À l’époque, les preuves manquent : jamais des sucres n’ont été observés dans aucune météorite. « Ils sont difficiles à extraire car très réactifs et instables », souligne la chercheuse qui se lance alors dans le développement d’une méthode spécifique, à base d’ultrasons, pour y parvenir. Dix ans plus tard, le résultat est là, publié dans Nature Communications : cinq sucres sont découverts dans la météorite Orgueil –du nom de la commune du Tarn-et-Garonne où elle est tombée en 1864. « C’est un pas de plus en faveur de l’hypothèse qui veut qu’au moins une partie des briques élémentaires du vivant ont pu venir de l’espace », indique la chercheuse. Via des météorites tombées sur Terre il y a environ 4 milliards d’années.

    Ce résultat renforce ceux d’autres études d’une équipe japonaise, parues depuis 2016, qui montrent que des sucres sont bien présents dans l’espace : l’une en 2019 sur des fragments de météorites, l’autre fin 2025 sur des fragments de l’astéroïde Bénou, ramenés sur Terre en 2023. Seulement, avec Orgueil, Cornelia Meinert va plus loin : « Notre méthode révèle les quantités présentes de chaque sucre et leur chiralité », insiste-t-elle. C’est-à-dire leur forme gauche ou droite. Car les molécules de sucre peuvent exister selon deux formes opposées, comme nos deux mains.

    Contamination ?

    C’est d’ailleurs cette chiralité qui permet d’affirmer que les sucres sont bien d’origine extraterrestre et non le fruit d’une contamination une fois la météorite tombée sur Terre. Car si Orgueil est aujourd’hui bien conservée au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) de Paris, elle est sur Terre depuis plus de 150 ans. « Une contamination biologique a forcément eu lieu », admet Cornelia Meinert. Mais la biologie terrestre a une particularité : ses molécules n’utilisent que des sucres de forme droite. Si ceux observés sur Orgueil étaient d’origine biologique, un excès de formes droite serait attendu. « Or pour certains sucres, nous observons autant de formes gauche que de formes droite, explique la chercheuse. Cela confirme l’origine extraterrestre. »

    Par rapport à la méthode employée par les Japonais en 2019 pour déterminer l’origine extraterrestre des sucres, celle développée à Nice a l’avantage de pouvoir être exploitée sur des petits échantillons : 178 milligrammes ont suffi, quand les Japonais ont eu besoin de 2 grammes de matière. « Nous voulions développer une méthode utilisable sur des échantillons d’astéroïdes pour lesquels la matière à disposition est limitée », glisse Cornelia Meinert. Comme un clin d’œil à ce qui vient.

    REPÈRES

    Orgueil

    Cette météorite tombée à proximité du village d’Orgueil (Tarn-et-Garonne) en 1864 fait partie des chondrites CI : des météorites « carbonée de type Ivuna », du nom de la météorite tombée en Tanzanie en 1938 et qui sert de référence. Leur composition minéralogique est proche de celle des astéroïdes Bénou et Ryugu.

    Chiralité

    Un objet est dit « chiral » s’il n’est pas superposable à son image dans un miroir. C’est le cas de nos mains droite et gauche. Même chose pour les sucres et les acides aminés : ils peuvent exister sous une forme droite ou gauche.

    5

    C’est le nombre de sucres découverts dans la météorite Orgueil : l’arabinose, le xylose, le ribose, le lyxose et le ribulose. Les trois derniers sont présents dans des proportions « racémiques », c’est-à-dire avec autant de formes gauche que droite, suggérant une origine extraterrestre.

  • [Entretien] « La nature de l’énergie noire reste une grande question de la cosmologie »

    [Entretien] « La nature de l’énergie noire reste une grande question de la cosmologie »

    La Marseillaise : Vous travaillez sur les données fournies par le télescope Euclid, mis en orbite en 2023. En quoi cela consiste-t-il ?

    Pauline Vielzeuf : Nous travaillons sur les données récoltées pendant la première année d’observation. Nous avons un catalogue de galaxies, avec leur position en trois dimensions et nous identifions les endroits où il y en a très peu : les vides cosmiques. Quand nous aurons des catalogues de vides, nous pourrons faire de l’analyse cosmologique et tenter de comprendre ce qu’est l’énergie noire.

    Qu’essaye-t-on de comprendre à son sujet ?

    P.V. : Sa nature. Cela reste une des grandes questions de la cosmologie. Pour l’instant, son existence est supposée pour expliquer l’expansion accélérée de l’Univers mais nous ne savons pas d’où elle vient. Il y a plusieurs hypothèses. Cela pourrait être une constante -c’est comme ça et nous ne savons pas l’expliquer-, ou être causé par un fluide que nous n’arrivons pas à détecter. Cela pourrait aussi être un problème avec la théorie de la relativité générale qui devrait être corrigée à certaines échelles.

    L’an dernier, la collaboration Desi a publié des premiers résultats semblant montrer que l’énergie noire ne serait pas une constante…

    P.V. : Effectivement. Si c’était confirmé, cela remettrait en question ce que l’on considère depuis des décennies. Mais si nous considérions que l’énergie noire était une constante, c’est parce que nos mesures n’étaient pas assez précises. C’est en train de changer. Et avec Euclid, nous essayerons de préciser cette variation.

  • Expansion de l’Univers : si la réponse se cachait dans le vide ?

    Expansion de l’Univers : si la réponse se cachait dans le vide ?

    Les vides cosmiques sont des régions du ciel qu’on ne regardait même pas. Et pour cause : il n’y a rien à voir, ou presque. « Ce sont des régions sous-denses », insiste Alice Pisani, chercheuse CNRS en cosmologie au Centre de physique des particules de Marseille (CPPM). C’est-à-dire qu’il y a très peu de galaxies. Sur les cartes du ciel, ces vides apparaissent comme de vastes espaces sombres entre les structures brillantes que forment les galaxies. Mais depuis quelques années, l’intérêt grandit autour de ces espaces auparavant négligés : « Il y a finalement beaucoup d’information à en tirer, souligne Alice Pisani, qui publie un article compilant ce qui est connu sur ces objets dans The Astronomy and Astrophysics Review. De nouveaux outils permettent d’en observer de plus en plus et nous font entrer dans un âge d’or des vides cosmiques. »

    Les cosmologistes les voient comme des objets pouvant leur apporter des réponses au sujet de l’« énergie noire ». Cette énergie qui leur échappe, dont ils ne comprennent ni la nature ni l’origine, mais dont ils sont bien obligés de constater l’existence. « Elle a été introduite pour expliquer l’expansion accélérée de l’Univers », rappelle Alice Pisani. Car notre Univers s’agrandit. À grande échelle, les galaxies s’éloignent les unes des autres. Et de plus en plus vite. Pourtant, la force de gravitation –qui fait que des objets massifs s’attirent– devrait les rapprocher. C’est donc qu’il existe une composante mystérieuse qui les repousse. « Ses effets sont plus visibles dans les vides cosmiques, où il y a peu de matière », explique la chercheuse.

    Cartes de vides

    Alors on observe la forme des vides, leur taille et leur évolution dans le temps. « Cela permet d’estimer la quantité d’énergie noire, indique Alice Pisani. S’il y en a plus qu’estimé, les vides cosmiques seraient plus déformés qu’attendu. »

    Depuis quelques années, de nouveaux télescopes (Euclid, Desi) cartographient le ciel
    –ou sont sur le point de commencer avec l’Observatoire Vera C. Rubin– et observent de plus en plus de vides. « Ce n’est pas évident car ce sont des régions vastes, souligne Alice Pisani. En 2014, nous n’en avions observé que quelques centaines. Aujourd’hui, nous en avons des dizaines de milliers et nous en aurons encore plus demain. » De quoi faire des statistiques de plus en plus précises. « Nous avons également progressé sur la théorie et les modèles pour étudier ces objets », ajoute-t-elle.

    À Marseille, les chercheurs et chercheuses du CPPM ont accès aux données de ces trois nouveaux télescopes. « C’est une force de notre laboratoire », se félicite Alice Pisani. Et la dizaine de spécialistes s’activent pour cartographier les nouveaux vides. « Nous avons déjà des premiers catalogues qui devraient être publiés dans les prochaines années », glisse-t-elle. Pour enfin comprendre cette mystérieuse énergie noire ?

  • L’association Surfrider a ramassé des kilos de déchets

    L’association Surfrider a ramassé des kilos de déchets

    Quand on aime la nature, plus que quiconque, on tient à la préserver. Surfrider, association fondée en 1990 par des surfeurs amoureux de l’océan, en a fait son credo. Engagée dans la lutte contre la pollution par les déchets (particulièrement plastiques), la préservation des écosystèmes aquatiques, et la gestion des risques côtiers face au changement climatique, elle s’emploie à travers différents moyens d’action (science participative, lobbying, art, éducation, etc.), mais aussi la participation citoyenne.

    Projet Retrace ! : une collecte à but scientifique

    C’est à ce titre que Surfrider a lancé le projet « Retrace ! », qui vise à fédérer des acteurs locaux (associations, structures éducatives, citoyens, etc.) autour de campagnes de ramassage de déchets. Derrière l’objectif de dépollution d’espaces naturels, celui de retracer la provenance des déchets, analysés et catégorisés puis intégrés dans une base de données, les transformant ainsi en informations stratégiques pour comprendre les mécanismes des pollutions et les localiser. Cela, pour pouvoir « alimenter nos plaidoyers politiques et exiger des actions concrètes pour préserver nos océans », soutient l’association.

    Samedi, environ 120 personnes ont ainsi participé à deux collectes organisées au mont Faron (en partenariat avec l’association des Chercheurs en herbe) et à la plage de la Gorguette à Sanary. Des dizaines de kilos de déchets ont été ramassés. Certains (mégots, canettes, bouchons) seront par ailleurs recyclés et revalorisés par des associations partenaires. De nouvelles actions se tiendront bientôt dans le département, notamment le 2 mai à la Seyne et le 30 mai près de l’Eygoutier, dans le quartier de la Rode à Toulon.

  • À Toulon, un système d’alarme conçu pour aider les urgences

    À Toulon, un système d’alarme conçu pour aider les urgences

    Aider à la prise de décision en établissement des priorités de prise en charge.

    C’est l’objectif du projet « Guardian » que présente le Docteur Quentin, anesthésiste-réanimateur, à l’Hôpital national d’instruction des armées à Sainte-Anne de Toulon. Sous forme de capteurs, cet outil permet d’avertir les médecins des urgences graves. L’IA intervient pour identifier les urgences sous forme de tableau. Les médecins connaîtront ensuite les patients prioritaires.

    Ces progrès scientifiques et informatiques révèlent un point. L’intelligence artificielle est une vraie révolution dans le secteur médical. « Elle pourrait avoir un réel impact dans la prise en charge », déclare le Dr Quentin, lors de son allocution. Dans des contextes de haute intensité où la communication est difficile, l’apport de l’IA est un véritable « plus ». L’intervention va bien au-delà de la gestion des urgences pour intervenir en dans des scénarios de crise sanitaire aiguë. Le gardian Opex a d’ailleurs été présenté par l’équipe de l’hôpital militaire lors du dernier Forum innovation défense, car il est tout indiqué pour « le triage des blessés » dans une zone de conflit.

    Situation de saturation

    Lors de ce débat, Marc Fournier, coordinateur médical du Samu 83, en charge de l’accès aux soins considère qu’« avoir un outil comme cette IA pour maintenir nos compétences, c’est assez important, c’est une chose qui est même excellente », assure-t-il. « On a monté le projet Guardian pour optimiser la prise en charge de patients graves, multiples et évolutifs dans un contexte de saturation », conclut le médecin militaire.

  • [Entretien] Harrison Agrusa : « La mission MMX est la première dédiée à observer les lunes de Mars »

    [Entretien] Harrison Agrusa : « La mission MMX est la première dédiée à observer les lunes de Mars »

    La Marseillaise : Vous participez à la mission Martian Moons Exploration (MMX) qui devrait partir cette année. Quel est l’objectif ?

    Harrison Agrusa : Le but principal est d’étudier comment se sont formées les deux lunes de Mars : Phobos et Déimos. Elles restent très peu explorées. Certaines missions martiennes sont passées à proximité et ont offert de belles images. Mais c’est tout ce que nous avons. Aucune mission n’a jamais été lancée spécialement pour les étudier. MMX est la première.

    Comment se seraient-elles formées ?

    H.A. : Il pourrait s’agir d’astéroïdes « capturés » par Mars : alors qu’ils passaient à proximité, la planète les aurait attirés suffisamment pour les faire entrer en orbite autour d’elle. Je n’y crois pas. Il est peu probable que deux astéroïdes capturés au hasard aient des orbites circulaires et dans le même plan comme Phobos et Déimos. Il est plus probable qu’elles se soient formées à partir d’un disque de débris rocheux issus d’un impact avec Mars.

    La dislocation de Phobos simulée dans votre étude pourrait générer un nouveau disque de débris
    à partir duquel elle pourrait se reformer…

    H.A. : Tout à fait. Il pourrait s’agir d’un phénomène cyclique. Phobos serait alors une énième génération de lune. Mais chaque génération serait plus petite que la précédente en raison d’une perte de matière à chaque fois. Il arriverait un moment où la lune serait si petite que les forces de marée exercées par Mars deviendraient trop faibles, la réduction de l’orbite trop lente et les dislocations successives s’arrêteraient.

  • Un test sanguin à l’étude pour détecter plus facilement le cancer colorectal

    Un test sanguin à l’étude pour détecter plus facilement le cancer colorectal

    Et si une simple prise de sang suffisait pour détecter le cancer colorectal, l’un des cancers les plus fréquents et le second plus meurtrier en France (près de 17 000 décès chaque année) ?

    C’est le projet sur lequel planche Julie Pannequin, directrice de recherche au CNRS, à l’Institut de génomique fonctionnelle de Montpellier. « Dans mon équipe, j’ai un gastro-entérologue de l’hôpital de Nîmes et une oncologue digestive de l’Institut du cancer de Montpellier. On développe des recherches à partir de leurs problématiques cliniques et une de ces problématiques est de trouver une façon simple de détecter le plus précocement possible la présence de cancer du colon, en particulier la présence de polypes, qui sont les pré-cancers », explique la chercheuse.

    La grande majorité des cancers colorectaux étant diagnostiqués après 50 ans, un test qui repose sur la détection, dans les selles, de sang non visible à l’œil nu est proposé à partir de cet âge et jusqu’à 74 ans, dans le cadre d’un programme de dépistage organisé (pris en charge à 100%). Hélas, « moins de 30% des personnes concernées font le test qui leur est envoyé. Si on arrivait à atteindre au moins 50%, on pourrait sauver pas moins de 6 000 vies chaque année », illustre Julie Pannequin. Car quand il est détecté tôt, le cancer colorectal se soigne dans 9 cas sur 10. Lever les freins au dépistage est donc un véritable enjeu de santé publique. « C’est une chance que ce cancer puisse être dépisté à un stade précoce. Beaucoup d’autres, en particulier ceux du pancréas ou du cerveau (glioblastome), sont dépistés bien trop tard car il faut qu’il y ait des symptômes », souligne Julie Pannequin.

    Des premiers résultats

    « très encourageants »

    Le manque d’engouement suscité par le dépistage du cancer colorectal peut s’expliquer en partie par les lourdeurs de la procédure. « Il faut réaliser chez soi un prélèvement de selles et l’envoyer pour examen à un laboratoire de biologie. Certaines personnes refusent de le faire. Si le test est positif, il faut ensuite faire une coloscopie, avec anesthésie générale. Tout ça est un peu contraignant. Sachant en plus que quand le test est positif, il y a seulement une chance sur deux d’avoir effectivement un polype, car il y a beaucoup de faux positifs », explique la chercheuse. « Notre objectif est donc de simplifier le diagnostic pour mieux détecter ». Et cela pourrait donc passer par une prise de sang. En effet, « on a identifié un facteur qui circule dans le sang et qui est pratiquement absent chez les individus sains. Dès les premiers stades de polype, la concentration de ce facteur circulant devient plus importante. Donc tout comme on va faire une prise de sang pour contrôler la glycémie, le cholestérol, etc., on pourrait regarder la présence ou l’absence de ce facteur. Cela minimiserait les contraintes mais aussi le nombre de coloscopies réalisées, qui engendrent des désagréments pour les gens mais ont aussi un coût non négligeable pour la société », poursuit la chercheuse.

    Le projet, qui doit durer trois ans, est entamé depuis environ un an. « On a travaillé sur une centaine de patients. À la fin, on en aura 1000. Une fois qu’on aura un résultat vraiment statistique et s’il est concluant, il faudra se tourner vers la création d’une start up ou proposer à une industrie pharmaceutique de développer ce test.  » Pour l’heure, les premiers résultats sont « très encourageants. La différence entre patients sains et patients avec un polype est drastique. Mais on doit vraiment tester un grand nombre de patients avant d’être confiants. On est donc encouragés mais on reste prudents  », insiste Julie Pannequin.