Tag: Santé

  • Montperrin renforce l’inclusion professionnelle

    Montperrin renforce l’inclusion professionnelle

    Au centre hospitalier de Montperrin, une petite centaine de salariés sont intégrés dans divers services de ce lieu de soin psychiatrique. Cela représente 8,21%, soit 2 points de plus que l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés dans les entreprises de plus de 20 salariés (6%).

    L’intégration de ces travailleurs, dont le handicap est dans la plupart des cas invisible, est facilitée par les directives inscrites dans une convention conclue entre le centre hospitalier de Montperrin et le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP).

    Signé pour la première fois en 2021, le contrat pluriannuel a été renouvelé, lundi 24 novembre, dans la Maison des hospitaliers, en présence de la direction du FIPHFP, des équipes du centre hospitalier Montperrin, ainsi que de Marie-Pierre Sicard-Desnuelles et Silvaine Di Caro, élues locales.

    « Nous avons mis en place un certain nombre d’actions, à commencer par un plan de formation pour sensibiliser nos professionnels à l’accueil d’un collègue en situation de handicap, puis une organisation dédiée, puisque deux référents handicaps ont été nommés », liste Gaëlle Dufour, directrice du centre hospitalier.

    Travailler « dignement »

    « Cette nouvelle convention va accentuer cet engagement, avec la mise en œuvre d’un nouveau plan d’action, évalué à 447 000 euros », poursuit-elle. Sont entre autres affichés l’ambition de recruter davantage d’agents en situation de handicap, la poursuite d’aménagements de postes pour favoriser le maintien dans l’emploi, la formation de managers et équipes à l’intégration de personnels handicapés et des travaux visant à l’accessibilité numérique.

    Estelle Bruliard, cadre de santé, a bénéficié de cet accompagnement. « J’ai pu compter sur une équipe de santé réduite, mais qui fonctionnait, qui m’a permis de me poser dans ce moment aigu », rapporte cette salariée de Montperrin. Victime d’un AVC, Jérôme Renaud, témoigne lui aussi de sa « reconstruction » par le biais de ce dispositif. « Les séquelles d’un AVC ne sont pas toujours visibles. Pour travailler dignement, il y a eu un rythme adapté, une réorganisation des tâches, du matériel et des outils régulant la charge cognitive et physique (…) », poursuit cet infirmier.

    « L’enjeu maintenant est plutôt de travailler sur la dimension qualitative de l’accompagnement de ces agents en situation de handicap », précise Marine Neuville, directrice générale du FIPHFP.

  • Les rendez-vous de la semaine pour lutter contre les violences faites aux femmes

    Les rendez-vous de la semaine pour lutter contre les violences faites aux femmes

    MARSEILLE

    Le collectif Nous Toutes Marseille organise, mardi ce 25 novembre, une journée de lutte. Plusieurs étapes sont prévues :

    – Dès 16h, un village féministe est accessible à toutes les mobilités pour les stands associatifs, à l’hôtel de ville (place Bargemon). Le village et le défilé sont exclusivement en extérieur.

    – Des prises de parole des collectifs interprétées en langue des signes française et possibilité d’avoir les textes manuscrits à la demande.

    – Un cortège calme, handicapés, enfants et mobilités réduites est prévu en milieu de cortège (mais sans véhicule support)

    Total du tracé : 1,6 km de l’hôtel de ville vers le métro Joliette. Les points de départ et d’arrivés sont desservis par métro et bus.

    AIX-EN-PROVENCE

    Ce 27 novembre 2025 au CREPS d’Aix-en-Provence : la Mission Interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof) organise une session de formation.

    Cette journée intégrera des acteurs locaux des champs Sport, Jeunesse et le service déconcentré des Droits des Femmes et Égalité (Direction régionale aux droits des femmes et à l’égalité et les DDDFE des six départements de PACA).

    AUBAGNE

    La Ville d’Aubagne a adopté un plan en faveur de l’égalité hommes-femmes. L’action est organisée à travers quatre grandes priorités : l’accès aux soins, l’égalité professionnelle en entreprise, la promotion de la culture de l’égalité et la lutte contre les violences faites aux femmes.

    Le jeudi 27 novembre à 9h30, à l’Espace des Libertés, un colloque sur les violences psychologiques faites aux femmes et intrafamiliales, est organisé en partenariat avec la Maison de la Justice et du Droit. Un événement ouvert à tous et plus particulièrement aux professionnels de santé et paramédicaux, travailleurs sociaux, professionnels scolaires, périscolaires et de loisirs, crèches et partenaires institutionnels susceptibles d’être en relation directe avec des femmes ou des familles victimes de violences.

    Le thème de ce colloque, pour cette 2ᵉ édition, est les violences psychologiques faites aux femmes.

    PORT DE BOUC

    Le rendez-vous est fixé ce 25 novembre à 12 h 00 sur le cours Landrivon, pont Van Gogh. Cette manifestation est organisée par l’association Vie au Féminin

    TOULON

    Ce mardi 25 novembre, journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes :

    ️Départ à 18h du Palais de Justice, pour se diriger vers la gare de Toulon. Tout au long de la marche, des chants et danses féministes sont prévus, puis un femmage à « nos sœurs assassinées cette année, sous forme de die-in ». ️Dress code, violet toujours ! @planningfamilialvarois

    Et aussi, une conférence sur les cyberviolences à 17 heures à la salle de conférence de l’Hôpital Sainte Musse. L’objectif est de sensibiliser les professionnels de santé aux violences au sein du couple et notamment les cyberviolences. La conférence est également ouverte aux partenaires de la Maison des Femmes Santé et à toutes celles et ceux concernés par l’accompagnement des victimes.

    ☎️ Contact et renseignements : Hôpital Sainte Musse à Toulon. Tel 04 94 14 54 93

    FRÉJUS

    Ce mardi 25 novembre à la Maison d’Ailes à Fréjus, à 18h, la sous-préfète de Draguignan participera à la célébration du 1er anniversaire du dispositif « Ici demandez Angela » qui permet à toute personne se sentant suivie, victime d’agression ou en insécurité de trouver de l’aide rapidement dans un établissement ou un commerce.

    POURRIÈRES

    Ce vendredi 28 novembre à la salle des fêtes à 18h30, la sous-préfète de Brignoles et la DDDFE participeront à une soirée cinéma-débat organisée par la commune comprenant la projection du film « Paroles des Femmes » en présence de la réalisatrice Sophie Deloume, suivi d’une table ronde.

    AVIGNON

    Dans le cadre de la Journée de lutte contre les violences faites aux femmes, Avignon Université accueille Le Mouvement du Nid, association engagée dans la prévention et la sensibilisation autour de la prostitution. De 11h30 à 18h05, des temps forts rythment la journée sur le campus Hannah Arendt, qui se clôturera par un moment de convivialité à l’issue de la représentation théâtrale.

    16h-17h : Atelier de sensibilisation – Salle OE14 – « Prostitution et internet : échanges sur les enjeux actuels »

    17h-18h05 : Représentation de la pièce J’aimerais arrêtée, Salle OW33
    Site centre-ville / Hall bâtiment Sud / salles OE14 et OW33

    Et aussi, vernissage de l’exposition « Entrav(er) paroles face à la violence(s) » réalisée par la photographe Marie Marcel à partir de 18h dans le péristyle de l’hôtel de ville en présence de la maire Cécile Helle, de Nathalie Gaillardet, adjointe déléguée à Avignon la Républicaine, au devoir de mémoire et aux anciens combattants et de Françoise Lichière, conseillère municipale déléguée aux droits des femmes et à la lutte contre les discriminations.

  • La CGT hausse le ton pour le budget de la Sécurité sociale

    La CGT hausse le ton pour le budget de la Sécurité sociale

    « Il est hors de question de laisser ces débats lunaires se faire dans le silence ! ». À la Bourse du travail de Marseille, ce jeudi, Greg Fontaine, infirmier à l’hôpital de la Timone et co-secrétaire de la CGT AP-HM (Assistance publique-Hôpitaux de Marseille), tient à « sonner l’alerte » sur le projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) débattu au parlement.

    Le tout, à l’occasion d’une journée de communication nationale de la fédération CGT de la santé et de l’action sociale. Ce budget pour 2026 est jugé comme une « catastrophe » annoncée pour les établissements de santé et notamment les hôpitaux publics. « Ils sont déjà à l’os et une nouvelle réduction de moyens risque de provoquer leur effondrement », dénonce-t-il. La montée au créneau des organisations CGT ne vient pas de nulle part : « Le PLFSS 2026 prévoit une suppression de 7 milliards d’euros pour le budget de la santé, tandis que le budget de l’armée bénéficie d’une hausse sans contreparties », renchérit Ludovic Vergnaud-Rousseau, pour l’USD 13 (Union syndicale départementale de la santé) et aide médico-psychologique à l’association Unapei.

    Si les maux des hôpitaux sont connus, Greg Fontaine tient à les remettre en avant : « Les structures subissent une crise de l’emploi qui met en danger la santé des personnels et des patients. 92% des établissements déclarent des difficultés de recrutement. » L’analyse de la CGT s’appuie sur des données chiffrées : « Pour le seul secteur de la santé, il y a 180 000 postes qui sont à pourvoir selon une étude de la Dares au 1er trimestre 2025. »

    « Manque de matériel

    à tous les niveaux »

    Et l’organisation estime à 74 000 aides-soignants et 43 000 infirmiers et sages-femmes manquants en France. Même constat dans le privé et les structures associatives du reste du secteur : « Des maternités ferment, les Samu sont saturés, les personnes âgées souffrent dans les Ehpad », énumère Ludovic Vergnaud-Rousseau. La faute à « 30 ans de politique libérale et d’une gestion des établissements comme des usines à soins ». Et qui risque de se poursuivre avec ce PLFSS, la CGT ciblant plusieurs mesures qui ne passent pas : « Jour de carence pour les arrêts maladie, gel du point d’indice pour les fonctionnaires et doublement des franchises médicales. »

    Greg Fontaine rappelle les conséquences concrètes de ces mauvais coups dans les services : « Les brancardiers de la Timone se sont mobilisés contre le sous-effectif, les agents de la sécurité incendie également. Et les soignants des Baumettes ont fait grève contre la suppression de jours de repos compensateur ! ». Séverine Jeanroy, aide-soignante à l’hôpital Nord à Marseille et élue CGT confirme que ces exemples ne sont pas des cas isolés : « La situation à [l’hôpital] Nord s’aggrave d’année en année. L’attente pour avoir des rendez-vous est rallongée, les patients sont hébergés dans des services dont ils ne dépendent pas. » Et rappelle « le manque de matériel à tous les niveaux comme les appareils à tension, les couvertures… »

    Alerte à la population

    D’où « l’alerte à la population » lancée par les organisations CGT qui demandent sa participation pour « interpeller les élus ». Notamment en vue d’obtenir un PLFSS en « hausse entre 7 et 10% ». Ou, à défaut, « que les parlementaires s’y opposent » et donc ne votent pas le texte. Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône rappelle que le refus de cette politique passe par la mobilisation le 2 décembre dans la rue avec un appel confédéral à la manifestation et à la grève : « On ne pouvait pas ne pas manifester contre ce budget qui est encore pire que les précédents. »

  • La carrière de Murles dans le brouillard

    La carrière de Murles dans le brouillard

    « Ce n’est pas un refus de principe, c’est un refus raisonné. » S’il se dit toujours « ouvert au dialogue », le président Alain Barbe pour qui « la protection de notre environnement doit rester prioritaire », fait partie de ceux qui ont mis un coup de frein au projet de renouvellement (pour 30 ans, échéance le 1er juin 2026) et d’extension de la carrière de Murles, ainsi que de création d’une Installation de stockage de déchets inertes (ISDI).

    Réunis en urgence en conseil communautaire le 10 novembre pour donner leur avis consultatif avant la fin de l’enquête publique (clôturée 12 novembre), les élus du Grand Pic Saint-Loup ont largement rejeté le seul dossier à l’ordre du jour porté par l’actuel exploitant du site dit du Grand Autas : Languedoc Granulats.

    Par 25 voix contre (17 pour, 5 abstentions), le projet de doublement de la surface exploitée (actuellement 43 hectares) a été retoqué. Quant à l’idée d’ajouter une ISDI, c’est carrément une fin de non recevoir (44 contre, 1 pour, 2 abstentions). Un choix tranché qui doit faire la joie du collectif citoyen d’opposants et qu’Alain Barbe justifie sans peine. « Je dois considérer l’équilibre global du territoire. À cette échelle, les garanties environnementales ne nous semblent pas suffisantes. Notre avis défavorable s’inscrit dans une logique de prudence et de responsabilité », pose celui qui est aussi maire des Matelles.

    Plusieurs avis contraires

    Quatre réserves expliquent la réticence de l’intercommunalité à accorder son blanc-seing. D’abord les dispositifs relatifs à la protection de l’eau lui paraissent « insuffisants ». Des contrôles plus rigoureux sont réclamés et la marge (30 mètres de profondeur) vis-à-vis de la nappe phréatique doit être « renforcée ». Alimentée par la source du Lez qui passe sous la carrière, la Métropole de Montpellier avait d’ailleurs émis un avis défavorable.

    Ensuite, la préservation de la biodiversité est mise en avant. Si l’Agence régionale de santé (ARS) a donné son feu vert, l’Autorité environnementale (MRAe) a émis plusieurs réserves et le Conseil national de protection de la nature (CNPN) a rendu un avis défavorable en présence d’espèces protégées (aigle de Bonelli, lézard ocellé…), estimant qu’il n’y a pas de « raison impérative d’intérêt public majeur ».

    Le manque de clarté et de justification est aussi invoqué par la Communauté de communes concernant la gestion des déchets inertes. Enfin, les élus du Grand Pic Saint-Loup insistent sur le besoin de « réduire les nuisances » pour les riverains (bruit, gaz à effets de serre, poussière due au passage des camions). Un point qui fait écho aux inquiétudes du collectif relatives à la santé publique.

    À l’instar du directeur de la carrière, Eric Riguet, ne cache pas sa déception. Favorable au projet, le maire de Murles est convaincu que les élus ont fait valoir le principe de précaution par manque d’information. « Le dossier de 3 600 pages a été découvert 2 heures avant et le collectif a joué sur les peurs avec sa pétition en ligne qui comportait des erreurs. »

    Selon ce maire, les garanties données par la société privée sont probantes. « Des capteurs ont été identifiés, il n’y a pas de vibration. À aucun moment les seuils de tolérance ne sont atteints. Au sujet de la poussière, les premières maisons sont à plus d’un kilomètre. Si l’ISDI pose problème, la société est prête à l’enlever. » Quant à la nappe phréatique, « dans 30 ans, il restera encore 30 mètres de marge », rassure Eric Riguet.

    Pour l’édile qui avait été élu sur la liste de l’écologiste Clothilde Ollier en 2014, cette mutation est indispensable. « Cela fait 30 ans que la carrière travaille en toute transparence. Ce ne sont pas des voyous, 14 emplois sont en jeu. » Si demain ce site fermait, « il faudrait en ouvrir un autre ailleurs », assure-t-il, tandis que ce territoire compte deux autres carrières à Combaillaux et Viols-le-Fort.

    Consultatif, l’avis défavorable du Grand Pic Saint-Loup ne présage en rien du choix à venir du préfet de l’Hérault. Lequel devra se prononcer après avoir pris connaissance du rapport du commissaire enquêteur qui lui sera remis le 2 décembre.

  • Renoncer aux soins, un véritable fléau de la précarité

    Renoncer aux soins, un véritable fléau de la précarité

    Voilà 33 ans qu’Accueil Santé Béziers est au chevet des plus démunis en assurant des consultations aux personnes n’ayant plus ou pas de droits, à savoir les sans-abri, les migrants, les touristes ou encore les étudiants sans mutuelles. Pas moins de 33 professionnels de santé bénévoles : généralistes, dentistes, infirmiers, psychologues ou encore coordinateurs médicosociaux, se relaient quotidiennement. « Le but de l’association était au départ de permettre aux gens de récupérer leurs droits. Le soin étant juste une roue de la charrette. Dès que les patients ont récupéré leurs droits – CPAM, C2S [Complémentaire santé solidaire, Ndlr], AME – on ne les suit plus et ils repartent dans le domaine libéral », détaille Nicolas Breton, président d’Accueil Santé Béziers.

    Mais avec l’explosion de la précarité ces dernières années, de plus en plus de Bitterois poussent la porte du centre de soins. « Alors que nous suivons entre 2 000 et 2 500 patients chaque année, nous avons eu 200 consultations supplémentaires en 2025 », fait valoir Nicolas Breton. Si les ressortissants étrangers constituent la majeure partie de la patientèle de l’association, le nombre de Français accueillis s’envole aussi. « En 2024, 4% des gens qui ont consulté étaient Français. Cette année, ils représentent 17%. Ce qui montre que la précarité s’accroît », observe Nicolas Breton.

    Plus de social

    Un renoncement aux soins généralisé dû en premier lieu à des raisons financières, l’inflation ayant considérablement réduit le pouvoir d’achat de la majorité de la population. Ce qui impacte notamment les jeunes et les femmes. « Nous nous occupons beaucoup de précarité menstruelle. Nous avons vu 400 femmes de plus cette année. et nous avons distribué 4 000 éléments de protection contre 2 000 en 2024. Les règles coûtent 10 euros par mois et par femme, ce qui représente 120 euros par an. Avec deux, trois filles dans une famille, c’est un budget conséquent », soupire le généraliste.

    Secondes victimes collatérales, nos aînés. « On a aujourd’hui de plus en plus de personnes âgées, notamment les petits artisans qui n’ont pas de complémentaire et n’arrivent plus à se soigner. Ils sont juste au-dessus des plafonds et prendre une mutuelle coûte trop cher quand on est âgé », poursuit Nicolas Breton. À cela s’ajoute la dématérialisation administrative, qui fait des démarches de certains patients un véritable parcours du combattant.

    Ces renoncements aux soins ne sont malheureusement pas sans incidence sur le patient. « C’est catastrophique, ça traîne, les pathologies ont tendance à s’accroître et s’aggraver. Si cette population n’est pas prise en charge, cela va coûter plus cher à la société », insiste Nicolas Breton. Pourtant, des solutions existent. « Tout notre système de santé est à revoir, la Sécu n’en peut plus. Il faut arrêter le paiement à l’acte et rouvrir des dispensaires. Car ils ont l’avantage de permettre aux gens d’avoir accès – comme en Espagne – à des médecins, à des médicaments mais surtout, les médecins s’occupent des problématiques sociales des patients. Dans nos études, le social n’existe pas. Ça ne sert à rien de faire des diagnostics, de prescrire des médicaments si les gens ne peuvent pas les acheter. » Plus de social et aussi moins d’administratif. « On perd du temps, ce qui revient à payer le travail de secrétaire très cher, c’est idiot. Chacun doit faire son boulot », souligne le généraliste biterrois.

  • Dans le quartier de Tassy, à Port-de-Bouc, le compost collectif nourrit le jardin partagé

    Dans le quartier de Tassy, à Port-de-Bouc, le compost collectif nourrit le jardin partagé

    Dans l’air frais du matin, le café chaud fait des volutes de fumée. Le petit groupe habituel qui s’occupe de l’entretien du jardin partagé, créé en 2021, se retrouve devant le centre social Nelson-Mandela et se sert un gobelet du thermos. Ce mercredi 19 novembre, deux agents de la Métropole se joignent à ce rendez-vous pour une matinée dédiée au compostage.

    Dans le quartier de Tassy, cette pratique a été mise en place il y a trois ans. Plusieurs bacs, installés à proximité de la structure municipale, font office de bornes de collecte des déchets alimentaires, « qui représentent 30% des poubelles », précise une fonctionnaire de la Métropole. Les habitants qui souhaitent s’impliquer dans la démarche ont quant à eux des récipients d’apport à domicile, qu’ils remplissent avec leurs épluchures de fruits et de légumes, du marc de café et des coquilles d’œufs. « On les vide ensuite dans le grand bac à déchets humides et on fait un mille feuille de ces épluchures et de matière sèche, comme des broyats de végétaux apportés par les services techniques de la Ville, dans un dernier bac qu’on appelle le bac à maturation », explique encore l’agente.

    Après quelques mois, les habitants récupèrent de l’engrais naturel, un excellent fertilisant pour les sols. Annie, qui participe au compost depuis un an, témoigne : « On s’en sert pour le potager partagé et ça donne des vitamines à nos légumes. Ça les booste, on le voit ! C’est bon pour notre production, mais aussi pour notre santé : ça nous permet de savoir ce qu’on mange. »

  • Marseille : un don de 30 000 euros pour lutter contre le cancer

    Marseille : un don de 30 000 euros pour lutter contre le cancer

    Initié en 2004, le programme LEA est coordonné à l’AP-HM et a pour objectif général d’étudier les facteurs de risque (médicaux, génétiques, socio-économiques, comportementaux et environnementaux) de l’état de santé à long terme de patients
    ayant été traités pour une leucémie ou un lymphome dans l’enfance ou l’adolescence. Les formes de cancer les plus fréquentes chez les jeunes.

  • Comment détecter et prouver la soumission chimique

    Comment détecter et prouver la soumission chimique

    « Âgé de quatre jours à plus de 90 ans ! », déclare Leila Chaouachi lors de ce « Forum Respect pour les Femmes, pour en finir avec la soumission chimique ». L’information est choquante, mais ce sont bien les âges des victimes, majoritairement des individus de sexe féminin et de tout genre.

    Pour cette table ronde sur la détection des signes et le recueil des preuves, 420 personnes emplissent le hall comble. Mais alors, que faire ? « Lorsqu’on suspecte une soumission chimique, trois signes sont à repérer, informe le professeur Leonetti, médecin légiste et doyen de la faculté de médecine de Marseille. La sédation, les troubles de mémoire concernant des moments bien précis, ainsi que la désinhibition ou des attitudes inhabituelles. » Conséquence de tout cela, « l’anxiété », se greffe aussi.

    Le premier réflexe à adopter est de contacter le Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances (CRAFS). Il oriente vers des centres spécialisés, dotés d’experts formés pour interpréter finement les résultats complexes des prélèvements. Il existe certes des kits de dépistage, mais ils sont incapables de détecter les dosages faibles. Or les molécules utilisées pour la soumission chimique peuvent être en quantité infime et s’éliminent très rapidement.

    Recueillir la preuve

    « Il faut recueillir la preuve avant qu’elle ne disparaisse », met en garde Anne-Laure Pelissier, professeur en Toxicologie Médico-légale au Centre hospitalier universitaire de la Timone. Trois types de prélèvements sont réalisables. « Du jour 1 au jour 3, il faut faire des analyses de sang et d’urine, ces dernières étant valides jusqu’au cinquième jour. Dès un mois, les prélèvements de cheveux sont possibles, jusqu’au sixième mois. Au-delà, les traces se raréfient », énonce-t-elle. Entre-temps, les coupes de cheveux, colorations ou décolorations sont à proscrire. « C’est bien plus tard que la victime pourra prendre le recul nécessaire et porter plainte », conclut la spécialiste. « Le vrai parcours pour beaucoup de victimes commence après », admet Leila Chaouachi, la fondatrice du CRAFS.

    CRAFS : 01.40.05.42.70 www.lecrafs.com

  • Un délai pour classer Arcelor comme site amianté

    Un délai pour classer Arcelor comme site amianté

    La CGT crie au scandale sanitaire. Après avoir engagé une procédure pour faire classer l’usine fosséenne d’ArcelorMittal comme site amianté en mars dernier, ce lundi 17 novembre, le syndicat a évité de peu un refus du ministère du Travail et a obtenu un délai pour pouvoir apporter des pièces justificatives supplémentaires.

    Zidane Merabet, responsable syndical CGT au pôle juridique, explique : « On avait 479 salariés bénéficiant d’un suivi médical renforcé en lien avec l’amiante début 2025 sur les 2 300 du site. » Près de 150 travailleurs se seraient rajoutés à cette liste dans le courant de l’année. « Sur ces 600 personnes, le ministère a dit qu’il ne savait pas combien étaient exposées de manière quasi quotidienne aux matériaux amiantés. »

    Dans un courrier envoyé à La Marseillaise le 14 novembre, la direction d’Arcelor détaillait : « Les salariés de l’établissement dont le classement est demandé doivent en effet effectuer une activité significative de calorifugeage [une isolation thermique ou acoustique appliquée aux tubes ou conduits, Ndlr] à l’amiante. Or, les salariés de l’établissement de Fos [n’en] effectuent pas. »

    Un mensonge, selon la CGT, qui accuse l’aciériste de faire de la « rétention d’informations ». Le syndicat affirme avoir des preuves « factuelles et irréfutables » de l’exposition « quasi quotidienne » à l’amiante de 30% de la masse salariale. « Ce sont des documents qui nous ont été présentés par la direction lors de comités sociaux et économiques ou de commissions de santé, sécurité et conditions de travail qui montrent des carences, suite à des alertes de danger grave et imminent et des alertes de droits environnementaux qui émanaient de la CGT », assure Zidane Merabet.

    Au-delà du classement du site, qui permettra aux travailleurs exposés d’obtenir réparation, le syndicat demande une cartographie amiante complète du site et son renseignement dans le document unique d’évaluation des risques professionnels.

  • L’éducation populaire comme rempart à la casse de la Sécurité sociale

    L’éducation populaire comme rempart à la casse de la Sécurité sociale

    « La Sécu c’est pas seulement une institution, c’est nos corps, nos têtes, notre quotidien », lance l’ancien député PCF Pierre Dharréville à l’assistance, dans la salle Gagarine lundi soir. L’ancien membre de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale est invité par le PCF de Port-de-Bouc à animer un débat sur les 80 ans de la Sécurité sociale, avec le secrétaire général de la CGT CPAM des Bouches-du-Rhône, Jean-Marie Angeli.

    En syndicaliste, ce dernier insiste sur « le rapport de force à double face syndicale et politique qui a permis de gagner la Sécu », qui doit aujourd’hui affronter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (PLFSS) prévoyant « 7 milliards d’euros d’économies sur la santé ».

    Jean-Marie Angeli avance qu’« il faut faire revenir ce sujet politique qu’est la Sécu dans les entreprises, alors que la majorité des salariés ne savent pas lire leur fiche de paye ». Une forme d’éducation populaire face au discours austéritaire « quand il y a 80 milliards d’euros d’exonération de cotisations sociales et 250 milliards d’aides patronales sans contrepartie », rappelle le syndicaliste.

    « La Sécu est un instrument de justice »

    Pierre Dharréville, auteur d’une proposition de loi pour constitutionnaliser la Sécurité sociale, analyse le discours « de Gabriel Attal qui dit que le système de retraite par répartition prend l’eau ». « Mais les voies d’eau sont organisées, car lui veut la retraite par capitalisation. C’est une attaque contre la Sécu pour un projet politique inégalitaire qui va alimenter la finance », juge l’ex-député.

    En filigrane, la cotisation sociale. « L’entourloupe du Rassemblement national est de supprimer les cotisations pour gagner du pouvoir d’achat. » En clair, « leur projet de société est de ne pas partager le pot commun au prétexte qu’il y en a qui profitent. Nous, nous voulons partager car il y a besoin de justice dans ce pays et la Sécu en est un instrument », estime Pierre Dharréville.

    Ce dernier indique que « le système est solide et des leviers existent pour le financer. La CSG n’est pas mon amie mais le PLFSS prévoit de l’augmenter sur les revenus du capital ». Jean-Marie Angeli réaffirme que « de l’argent, il y en a. Il faut supprimer les exonérations de cotisations et revoir les impôts quand l’évasion fiscale atteint 100 milliards d’euros », rappelle le syndicaliste.