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  • [Rue de la République] Martine Vassal : « Je veux que Marseille devienne la capitale de la réussite »

    [Rue de la République] Martine Vassal : « Je veux que Marseille devienne la capitale de la réussite »

    Sa déclaration de candidature

    Didier Gesualdi : C’est la désormais candidate officielle à la mairie de Marseille que nous recevons. Pourtant, vous nous aviez dit ici que vous aviez été très marquée par la défaite de 2020.
    Oui, 2020 m’a marquée. J’en ai tiré les leçons. Je n’ai eu de cesse d’essayer de faire mieux que précédemment. Et puis, il y avait beaucoup d’incertitudes. D’abord savoir ce que Renaud Muselier voulait faire. Ensuite, savoir si la loi PLM allait passer. Jusqu’à début août, on n’avait pas de mode de scrutin, pas de date non plus. On sait que ça sera les 15 et les 22 mars. Enfin, quand je vois ma ville, la façon dont elle est et dont elle décline, eh bien je m’engage. On ne peut pas continuer comme ça. Quand j’entends des tas de gens dire qu’ils veulent la quitter parce que ça ne va pas du tout sur l’espace public, la sécurité, l’attractivité, je me dis, « j’y vais, je fonce ». J’ai l’honneur et la chance d’être présidente d’institutions, de faire beaucoup de choses, d’accomplir nos engagements de campagne. Je vois bien que ça ne va pas.

    Didier Gesualdi : Votre première motivation, ça serait l’échec du Printemps marseillais ?
    C’est surtout que je constate depuis ces 6 années que la gauche, le Printemps marseillais, a fait de Marseille un laboratoire de l’idéologie. Moi, je veux en faire une capitale de la réussite. Nous avons tellement d’atouts.

    Léo Purguette : La majorité sortante communique autour de « Marseille réussit », vous n’êtes pas d’accord ?
    Oui, grâce à la Métropole. Quand on voit ce qu’il y a dans le magazine, 80% de ce qui a été fait l’ont été par la Métropole, et c’est une fierté.

    Didier Gesualdi : On vous a longtemps présenté comme un bébé Gaudin. C’est fini, cette page est tournée ?
    En réalité, je suis l’héritière d’un papa Mazarguais et d’une maman fille d’immigré. C’est le seul héritage que je reconnais. Je n’ai pas l’habitude de regarder derrière. J’avance. Je fais. Le Printemps marseillais a été 6 ans en responsabilité, on voit tout ce qui s’est mal passé. Je suis depuis 10 ans à la tête du Département, de la Métropole, on a fait des bilans de mi-mandats, on a tenu nos engagements. Aujourd’hui, ce qui est important, c’est d’expliquer à la population marseillaise ce que l’on veut faire, où on veut aller. Je n’ai pas les yeux derrière la tête, je les ai devant.

    La droite et le centre

    Léo Purguette : Une des leçons que vous aviez tirées de 2020, c’était les dangers de la division de votre camp. Est-ce que ça va tenir entre une Sabrina Agresti-Roubache et une Valérie Boyer ? Est-ce que Frédéric Collart sera votre Bruno Gilles 2026 ?
    Oui j’ai tiré des leçons. Je n’ai eu de cesse de travailler à cette union. Vous savez, c’est comme un mariage, il faut l’entretenir. Si vous n’entretenez pas le lien entre toutes ces personnes qui étaient là samedi dernier pour ma déclaration de candidature, eh bien ça se casse. Donc une union, c’est toujours fragile. Rien n’est acquis, mais il y a un fil qui nous relie, c’est qu’on aime Marseille.

    Léo Purguette : Au moment où on se parle, vous êtes confiante sur le fait d’être la seule candidate de droite et du centre ?
    Au moment où on se parle, j’arrive à avoir les investitures des différents partis de cet espace politique de la droite, du centre, des écologistes raisonnables. On a un éventail très large. Après, chacun est libre d’avoir des aventures personnelles. J’ajoute que l’on a ces gens qui viennent de la société civile, de la jeunesse, qui nous disent « on veut s’engager, on veut aller de l’avant dans cette ville », parce qu’elle compte des talents et des potentialités.

    Léo Purguette : Vous parlez de « méthode Vassal », qu’est-ce que ça veut dire ?
    C’est « je fais ce que je dis et je dis ce que je fais ». Sur les principes, c’est très clair, je n’ai pas de temps à perdre. C’est la façon dont je fonctionne : je prévois des actions et après je les réalise. Et si je ne peux pas, je dis pourquoi. Je suis claire, j’avance. Ce territoire, on l’a transformé. C’est une fierté.

    Les secteurs, le RN

    Léo Purguette : La réforme PLM est assez défavorable à votre camp, qui compte des notables implantés dans les secteurs. Comment allez-vous vous y prendre tactiquement ?
    Ce que je trouve dommage, c’est qu’on éloigne les habitants. Je ne parle pas de Paris ou de Lyon, je ne connais pas assez bien. Mais Marseille, c’est huit secteurs dont chacun représente l’équivalent d’une ville d’Aix. Comment voulez-vous arriver à gérer la proximité ? Il faut des maires de secteur. Si j’ai l’honneur d’être choisie par les Marseillaises et les Marseillais, je travaillerai avec tous les maires de secteur. Il y aura une liste mairie centrale et des listes pour chaque secteur avec deux urnes.

    Léo Purguette : Vous serez candidate dans quel secteur ?
    Moi je conduirai la liste sur Marseille.

    Léo Purguette : Dans les 6-8, vous ne serez pas tête de liste ?
    Je ne suis pas candidate d’un secteur, je veux représenter tous les Marseillais.

    Léo Purguette : Ce scrutin moins ancré dans la proximité donne une prime à l’extrême droite. Est-ce que ça vous fait peur ? Est-ce que cela explique votre prise de position vigoureusement contre l’immigration après le fait divers de Belsunce ?
    Non, non et non. En vérité, ce n’est pas d’aujourd’hui que je m’occupe de sécurité. Je vais vous rappeler ce que j’ai fait au Département : le 100% sécurité dans les collèges, l’aide que nous apportons à la police nationale, les gendarmeries que nous refaisons, les pompiers… Je finance 80% de la vidéoprotection des communes qui le souhaitent. Par rapport au RN, c’est un peu notre faute la situation dans laquelle on est. Pendant trop d’années, on a laissé la bien-pensance imposer qu’il ne fallait pas parler de sécurité, rien dire sur l’immigration. Le RN a pris cet espace.

    Le climat politique

    Léo Purguette : Vous avez dit « Marseille je t’aime ». Est-ce que ça suffit ? On n’arrive pas à accrocher le débat de fond avec des invectives sur les réseaux sociaux. Regrettez-vous ce climat ?
    Oui je le regrette…

    Léo Purguette : Est-ce que ça ne va pas mettre du vent dans les voiles à l’extrême droite et à l’abstention ?
    Ce que je vais faire, c’est regarder devant.

    Didier Gesualdi : Mais quand on dit « Benoît Payan a perdu mon numéro », ça sert à convaincre qui ? Les militants ?
    Non… J’ai voulu faire un trait d’humour. Mais, franchement, ce qui m’intéresse, c’est de faire. Le bilan que j’ai depuis 10 ans à la tête des institutions que j’ai l’honneur de présider le prouve. Regardez les transports, c’est une révolution ! Les gens en ont ras le bol d’entendre « c’est pas moi c’est l’autre ». Moi je suis dans l’action.

    Les axes de propositions

    Léo Purguette : Vous dites qu’à Marseille, ça ne va pas. Quelles sont vos propositions structurantes pour la Ville ?
    D’abord, on va rentrer dans le détail dans les semaines à venir, puisqu’on a fait des ateliers, que les différentes composantes ont travaillés. Je suis pour être simple : avoir un programme efficace et qui soit réalisable. Je veux avancer sur la sécurité, sur le bon sens et sur l’action. La sécurité, c’est quoi ? Mettre des policiers municipaux dans tous les quartiers…

    Léo Purguette : … Il y en a quand même eu beaucoup plus avec l’actuelle majorité.

    Didier Gesualdi : Ils ont doublé selon le Printemps marseillais.
    Il suffit d’ouvrir les yeux sur l’espace public. Où sont les policiers dans le 12e ? Dans le 15e ? Dans le 11e ? Il y a peut-être une ligne pour mettre une intention de postes et après, il y a la réalité dans l’espace public. Il faut plus que doubler les effectifs de police et surtout faire de la vidéoprotection, avec des gens derrière, pour gérer l’espace public. Là, il y a une chose que je reconnais au Printemps marseillais, c’est d’avoir tenu ses promesses : suppression de la vidéoprotection…

    Léo Purguette : … il a nettement évolué sur cette question avec Marseille en grand.

    Didier Gesualdi : Le Printemps marseillais dit que durant l’époque Gaudin, la moitié des caméras étaient débranchées.
    Oui c’est ça ! C’est pour ça qu’il y a nettement moins d’insécurité dans les rues maintenant… Je continue sur le bon sens. Enfin… On ne peut pas laisser l’espace public comme il est maintenant. Oui, la Métropole est responsable de la collecte et du nettoyage dont la Ville n’a pas voulu entre parenthèses. Le matin, on nettoie et eux, ils permettent de salir. C’est acceptable ça ?

    Didier Gesualdi : C’est si schématique que ça ? Ils permettent de salir ?
    Oui parce que quand vous avez des gens, des restaurateurs qui traînent la poubelle en laissant des traces d’huile partout… parce qu’on ne les contrôle pas, on ne leur explique pas. Le laisser faire tout et n’importe quoi, ça suffit, les enseignes qui ne sont pas conformes… La liste est très longue. Le bon sens, c’est de mettre l’espace public en ordre. La dernière chose, c’est l’action. Attirer ici des belles enseignes, des entrepreneurs. Ils les ont fait partir ! Les galeries Lafayette ferment, la villa Valmer à grands coups de procès, on abouti à ce qui était prévu au départ avec quatre ans de retard… J’aime cette ville, j’y ai grandi, fait mes études, élever mes enfants. Je veux que ce soit la capitale de la réussite.

    La justice
    Didier Gesualdi : Une procédure judiciaire est lancée par un de vos anciens collaborateurs qui dénonce un « système Vassal », que répondez-vous ?

    D’abord, je suis l’objet d’un maître chanteur. Un directeur que nous n’avons pas gardé. Et lorsque nous avons voulu mettre fin à son contrat, il nous a menacés de révéler un tas de choses qu’il a énuméré. Je n’ai pas l’habitude de céder au chantage, ce n’est pas maintenant que ça va commencer. J’ai porté plainte. Je ne suis pas assez bonne en communication, mon tort, c’est au mois de novembre quand j’ai porté plainte de ne pas avoir crié que j’étais victime d’un chantage. À la fin de son contrat, il a porté plainte également donc c’est une plainte conjointe et il faut savoir qu’après mon dépôt de plainte, une enquête a été ouverte qui ne me concerne pas et que j’ai déclenchée. Je veux bien tout, mais lancer des fausses rumeurs… Je m’excuse de vous dire qu’en 2015, j’ai mis fin à un système. Nous étions bien seuls avec Renaud Muselier à le décrier. Donc le système Vassal… J’aimerais plutôt parler de la méthode Vassal.
    La situation nationale

    Léo Purguette : Souhaitez-vous que le socle commun reste ensemble ? Ce n’est pas si simple. Et qu’avez-vous à dire aux gens qui descendent dans la rue et qui sont en colère par rapport à la situation sociale ?
    Je les comprends. Il n’y a rien qui avance. On a l’impression de reculer. La moitié des Français sont à découvert le 15 du mois. Quand un retraité à travaillé toute sa vie et n’a droit à rien. Ce n’est pas acceptable.

    Léo Purguette : Donc, il faut que M. Lecornu lâche sur la justice fiscale ?
    Il faut qu’il lâche sur la justice sociale, sur la justice fiscale. Un chef d’entreprise, vous ne croyez pas que ça lui ferait plus plaisir de donner à son salarié plutôt que de donner à l’État ?

    Didier Gesualdi : Ça sert aux services publics, ce n’est pas rien.
    Il faut de l’exigence sociale, que la solidarité aille à ceux qui en ont vraiment besoin. Il faut tout remettre à plat. Je crois au courage et à la décentralisation. Je crois qu’on va pouvoir sauver la France par les territoires.

    Léo Purguette : Encore faut-il qu’ils aient des moyens.
    Bien sûr, c’est pour ça qu’il faut attirer des richesses.

    La question des lecteurs

    Miseviciute : Quelle est la position de Marseille vers l’international ?
    Mon projet pour Marseille prend en compte la dimension internationale, je pense que la position de Marseille est essentielle. Marseille doit être la capitale de la Méditerranée, la capitale de l’ouverture vers le continent africain, qui connecte au reste de l’Europe. C’est un niveau essentiel. Il faut continuer à tisser des relations avec l’ensemble des villes qui le souhaitent pour continuer à en améliorer la qualité. Et avoir des échanges avec d’autres, les faire venir sur notre territoire, permettre à nos entrepreneurs d’aller chez eux. Dans ce domaine, Marseille à un rôle central à jouer.

  • Pour un salaire à la hauteur du travail à Avignon

    Pour un salaire à la hauteur du travail à Avignon

    « Plus que jamais, le partage des valeurs et des richesses, la revalorisation des salaires et l’égalité entre les femmes et les hommes sont indispensables », lance au nom de l’intersyndicale Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT Vaucluse, devant plus de 5 000 manifestants rassemblés sur la place du Petit Palais ce jeudi 18 septembre, après un cortège sans incident depuis le cours Jean-Jaurès.

    Cette question des rémunérations des salariés est ressortie maintes fois dans les discussions des manifestants, particulièrement nombreux à déambuler dans la rue de la République en fin de matinée. « Augmenter les salaires d’1% fait rentrer 4 milliards d’euros dans les caisses de la Sécurité sociale. Imaginons si on décidait d’augmenter davantage les salaires, car 1%, ça ne suffit pas aujourd’hui pour permettre aux gens d’avoir un reste à vivre suffisant à la fin du mois. Le salaire, c’est aussi du financement pour les hôpitaux, par exemple. Mais pour cela, il faut que Macron parle au patronat. Il y a plein de boîtes qui sont entrées en négociations annuelles obligatoires et c’est compliqué. Ils ne peuvent pas, d’un côté, bénéficier d’exonérations sociales à hauteur de 80 milliards d’euros et, de l’autre, ne pas augmenter les salaires », expliquait la responsable syndicale en amont de sa prise de parole.

    « Il faut que ceux qui sont en difficulté le fassent savoir et viennent avec nous dans la rue », insiste de son côté Mario Chauvet, élu syndical suppléant FO au réseau de transport Tecelys. « De notre côté, on s’en sort bien, car il y a plus de 240 chauffeurs syndiqués chez nous sur 280. On a du poids au sein de l’entreprise et on fait valoir nos revendications avec le rapport de force. Nos salaires sont augmentés quasiment tous les ans et suivent l’inflation. Mais j’ai des proches qui ne s’en sortent pas, ou très difficilement, mais ne font rien. Il faut se révolter et se rassembler, car si on ne fait pas ça, les patrons pensent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Il faut être dix fois plus nombreux pour avoir le rapport de force », poursuit-il au sein du cortège, pendant que les enceintes hurlent depuis le camion de son syndicat.

    La dette aux patrons

    Mais du côté des services publics, la revalorisation salariale est un sujet bien plus épineux. « Cela fait des années que nos salaires sont gelés et que les prix augmentent. Les travailleurs ne font que s’appauvrir », regrette ainsi Mélanie Saïsse, co-secrétaire CGT Éduc’action 84. « Ce n’est pas à nous de payer la dette, c’est au patronat. Car ce sont toujours les mêmes qui s’enrichissent grâce à l’argent public et les mêmes qui s’appauvrissent », ajoute-t-elle avant de dénoncer les « contrôles de police abusifs » sur des lycéens, le matin même, alors que ceux-ci manifestaient devant le lycée Mistral, à quelques centaines de mètres de là.

    Une jeunesse qui était présente massivement ce jeudi, avec plus de 300 étudiants et lycéens de la Cité des Papes, pour lesquels la question du salaire joue sur le choix de l’orientation, comme pour Mio, en terminale au lycée Mistral. « Mon rêve, c’est de faire du théâtre. Mais l’État abandonne le secteur culturel, ainsi que le social et la santé. Tout est sous-payé et j’ai peur de ne pas pouvoir en vivre avec la vie qui devient de plus en plus chère », confie-t-il.

    « Ce n’est pas
    à nous de payer la dette, c’est au patronat »

  • [Rue de la République] Robin Renucci : « Le désordre social est le témoin de mal-être et de malaises individuels et collectifs »

    [Rue de la République] Robin Renucci : « Le désordre social est le témoin de mal-être et de malaises individuels et collectifs »

    Programmation

    Didier Gesualdi : Donnez-nous envie de venir à La Criée cette saison. Il y a des créations, des résidences, des spectacles hors les murs ?

    C’est une maison du peuple et de la langue. Le Centre dramatique national est une maison de création théâtrale où on construit des spectacles, et on s’attelle à la rencontre de ces œuvres avec le public, en les appelant à venir à La Criée, ce beau théâtre au 30 quai de Rive Neuve à Marseille, mais aussi en allant à la rencontre des publics dans les quartiers plus lointains, à l’Astronef (15e), dans les maisons de quartier, dans les centres culturels, les centres sociaux…

    Christophe Casanova : Qu’est-ce qu’on va y trouver ?

    Beaucoup de rencontres, avec des spectacles, des créations. La première ce sera La Leçon que je mets en scène. C’est une œuvre d’Eugène Ionesco, une pièce qui a beaucoup de drôlerie et qui est très riche politiquement puisqu’elle parle de la domination, de la toute-puissance, notamment masculine. Le thème de la saison est autour des dérives autoritaires, de la jeunesse, de la transmission.

    Didier Gesualdi : Comment travaille-t-on pour répondre aux attentes d’une ville que vous commencez à connaître ?

    Marseille est riche dans son nombre d’habitants et sa diversité, et ça nécessite que ces publics soient représentés sur les plateaux. Donc, de parler de notre quotidien. Par exemple, 65 rue d’Aubagne est une création qui racontera une partie de l’histoire d’un point de vue très singulier des personnages mais portera aussi l’attention de toutes celles et ceux qui ont travaillé à la reconnaissance de ce drame et au devoir de mémoire.

    Christophe Casanova : Que signifie « communes paroles », le thème de la saison ?

    C’est mettre en commun les langages, le langage théâtral, et notre parole. Il y a beaucoup de débats comme le 6 octobre sur la question des services publics et la nécessité du soutien à ce service public de la culture, mais pas seulement. On parlera beaucoup de l’hôpital. On entrecroise à la fois cette expérience esthétique, voir des spectacles et aller à la rencontre des publics, et cet aspect discursif où on vient parler, raconter ce que l’on vit autour de sujets comme la rue d’Aubagne qui nécessitera des échanges après le spectacle.

    Publics
    Didier Gesualdi : Tout est bon pour ouvrir les portes, rencontrer les publics, être dans Marseille ?
    Notre première mission est de créer des œuvres et de faire en sorte qu’elles soient vues par toutes et tous, d’élargir la base sociale. Ce sont très souvent les mêmes personnes qui ont le désir de venir, c’est ce qu’il faut travailler dans une éducation artistique et culturelle depuis l’enfance, en allant là où ils vivent, dans leurs difficultés de vie, apporter cet élément de respiration à des publics qui pensent qu’ils n’en ont pas le besoin, ni le désir.
    Didier Gesualdi : Comment vous réduisez cette difficulté et faites venir ces publics à La Criée ?
    Par le choix des sujets : parler de la rue d’Aubagne par exemple, c’est parler de nos vies. Par un grand travail de tout un service de relations avec les publics, et puis par la tarification. Les places sont l’objet d’un service public, un peu comme l’hôpital, au fond. C’est ce qu’il faut maintenir, ce coût le plus bas possible, aux alentours d’une dizaine d’euros et parfois des places gratuites.
    Christophe Casanova : Et ça marche ?
    Avec 95% de fréquentations, c’est un des théâtres les plus fréquentés dans les centres dramatiques nationaux. Nous avons cette attitude attentive et généreuse pour que les publics se sentent chez eux. Le hall va devenir un lieu de vie, par exemple, où on va pouvoir se rencontrer, se parler. Toute la journée, c’est 1 000m2 qui sont offerts pour qu’on puisse échanger, venir faire ses devoirs, jouer aux cartes. C’est une autre façon de raconter le théâtre.
    Moyens

    Didier Gesualdi : On parle d’austérité et en général, c’est la culture qui est en première ligne ? Avez-vous des craintes ?

    C’est souvent la variable d’ajustement. Des régions ont supprimé la culture parfois pour des raisons budgétaires mais aussi idéologiques. On sait que la culture est émancipatrice. Voir un spectacle, change quelque chose dans votre vie, surtout si l’angle proposé est un angle de réflexion, de distance avec les choses. Donc ça fait peur aussi de ce point de vue. Quand on rentre dans des périodes autoritaires, où l’on sait qu’il vaut mieux manipuler les masses que de créer de l’échange individuel qui offre à chacun un plus grand discernement, dans un monde où on rabaisse beaucoup le cerveau, notamment de la jeunesse, on peut dire qu’idéologiquement, la culture est en danger.

    Christophe Casanova : Cette idéologie autoritaire qui traverse La Leçon d’Eugène Ionesco est aujourd’hui, la question principale ?

    Oui. Les dérives autoritaristes, on le voit aux États-Unis, dans cette toute-puissance d’un pouvoir écrasant, le masculinisme, revendiqué pleinement par certains chefs d’État, dans cette capacité à réduire par le pouvoir la personne et à la mobiliser de manière moutonnière… C’est parti aussi de toutes les industries de programme, de la publicité, les réseaux sociaux. Donc il y a à lutter pour avoir plus d’esprit critique, notamment chez la jeunesse.

    Social

    Didier Gesualdi : Avec le mouvement Bloquons tout où des gens qui n’ont pas souvent la parole l’ont prise. Quel regard l’artiste porte sur ça ?

    Le désordre social est le témoin de mal-être et de malaises individuels et collectifs. Parfois certains ne peuvent pas mettre de mots dessus, c’est pourquoi le théâtre est très utile. Quand on vient au théâtre et qu’on discute autour d’une pièce, ça fait parler de justice, d’autorité… Ce travail de soin, un peu comme le champ de l’hôpital, est essentiel. Même si on est parfois des ambulances qui arrivent un peu tardivement parce que les corps et les cerveaux sont abîmés.

    Christophe Casanova : Si c’est un peu trop tard, en quoi est-ce utile, alors ?

    C’est plus qu’utile, c’est nécessaire. On ne sait plus vivre bien ensemble, on cherche les raisons de nos mal-être, on pense que le mal-être c’est l’autre, celui qui est différent. Alors que la différence est une possibilité de se transformer soi-même. Les communautarismes sont néfastes avec derrière cette confusion du pouvoir et d’une autorité qu’on ne sait même plus reconnaître, fait qu’on n’a plus confiance en nos leaders politiques. Il faut retrouver ce sens par tous les outils.

    Marseille

    Didier Gesuadi : Vous êtes à la tête de La Criée depuis 2022, vous êtes un vrai Marseillais maintenant. En quoi cette ville vous marque ? Est-ce qu’elle vous agace quelquefois ?

    Elle me marque beaucoup par sa clarté, sa lumière. J’ai la possibilité d’habiter pas trop loin du Vieux-Port, de voir cette beauté lumineuse, tous les matins, autour de moi, et des gens que je trouve extrêmement épanouis, au fond. Je ne vis pas dans des endroits qui sont sans doute extrêmement complexes et difficiles, et où le droit est difficile pour soi et pour les autres à mettre en place. Mais c’est une ville qui est enthousiasmante par sa richesse d’histoire, ses capacités justement ethniques, par le millefeuille qu’elle représente. Et aujourd’hui, dans le cadre politique dans lequel on est, elle représente beaucoup, parce qu’on y vit bien, à Marseille, globalement. Je déplore les médias de sensation qui vont chercher toujours l’endroit où, le drame, et il y en a absolument dans toutes les villes de France. Mais dans la ville de Marseille, il y a aussi beaucoup de gaieté, de vie, nous sommes enviés, en fait.

    Didier Gesualdi : Vous n’êtes pas agacé quelques fois quand même ?

    Parfois, ce n’est pas lié ni à la propreté jamais, ni à l’éducation des gens. Moi, je trouve que je n’ai jamais eu de soucis, ni sensation de gens qui étaient mal éduqués… Ce qui m’agace sur Marseille, c’est la vision qu’on en a. Je suis Corse en partie, et j’ai vécu pendant des années le fait que la Corse était stigmatisée comme étant problématique, comme étant toujours un mouton noir de la République, et Marseille a un peu cette coloration de temps en temps. ça, ça m’agace beaucoup sur ce qu’on dit de Marseille.

    Christophe Casanova : Pourquoi de l’extérieur porte-t-on ce regard sur cette ville ?

    Parce qu’elle cristallise toutes les tensions aujourd’hui qui sont celles de l’immigration, par exemple. Puisque certains font leur miel de cette question du « problème » de l’immigration. Alors que l’immigration c’est une solution à trouver à chaque fois, comment on vit ensemble bien. Et Marseille, sur ces millénaires nous raconte comment l’immigration s’est toujours très bien résolue, puisqu’à chaque fois la mixité, la créolisation et le métissage ont fait que cette ville a vécu des transformations dans laquelle, puisque je parle de beauté, elle est aujourd’hui. On le voit dans les regards des enfants qui sont liés à ce métissage culturel, ethnique. Donc, voilà, c’est là qu’elle est stigmatisée, principalement, parce qu’elle fait peur, aux portes de l’Europe, la ville la plus basse d’Europe, la plus haute pour l’Afrique… et ceux qui ont peur, qui théorisent sur la peur en général, ont un bel objet autour de Marseille, alors que pour moi c’est une grande liberté.

    Jeunesse

    Didier Gesuladi : Vous allez à la rencontre des scolaires, vous allez même dans les crèches… ça paraît incroyable ?

    Le spectacle Oka, par exemple, va à la rencontre des tout jeunes publics. De même qu’à La Criée, il y a des garderies pendant les spectacles où l’enfant, même en très bas âge, a un moment de partage autour du spectacle qui permettra de discuter ensuite de la soirée. Il est très important d’aborder tous les publics, dans les crèches, les centres sociaux, à l’hôpital, ou les centres pénitentiaires… Dans le Hall de La Criée, à tout moment, vous verrez la diversité des publics. Il y a quand même 175 levers de rideaux, c’est une offre très importante qui crée une demande, ça fait 49 œuvres qui sont travaillées, près de 70 000 spectateurs, notre travail se porte sur cette question : élargir cette base sociale et pouvoir voir que la couleur des publics change.

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Jeanne Franchi :

    Est-ce que la programmation de votre théâtre n’est pas un peu trop politique ?

    Ce qui me touche et que je trouve important dans cette question, merci de l’avoir posée Jeanne, c’est le mot « trop ». La programmation de notre théâtre est politique, oui, parce que le théâtre en soi est politique. C’est un art qui consiste à rassembler, à unir autant qu’on le peut, et surtout à éclairer, à émanciper, à donner de l’esprit critique, du discernement. Cette programmation est cependant aussi joyeuse car c’est un théâtre qui donne de la joie, on y voit des spectacles qui permettent de réfléchir collectivement mais toujours positivement. En revanche, elle n’est jamais politicienne, c’est-à-dire qu’elle n’est pas conçue pour créer des scissions ou apporter des choses qui favoriseraient certains partis ou une certaine pensée qu’elle soit de droite, de gauche ou autre… Non, cette programmation est politique en étant humaniste, en parlant de notre commune humanité, de notre commune socialité, de notre commune naturalité. C’est donc parler d’écologie, parler de l’humain, car il n’y a qu’une seule humanité ou bien du fait qu’on ne peut vivre bien qu’ensemble parce qu’on fait des choses ensemble. Donc, tous ces spectacles racontent le droit de chacun à mieux vivre ensemble. Elle est politique dans la chose commune, c’est-à-dire tout ce qu’on met en commun pour cela. Je dirais qu’elle est très ouverte et qu’elle est plutôt grecque en ce sens…

  • [Rue de la République] Laurent Lhardit : « Nous voulons gouverner avec nos partenaires naturels à gauche »

    [Rue de la République] Laurent Lhardit : « Nous voulons gouverner avec nos partenaires naturels à gauche »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie du territoire.

    Ce week-end, Laurent Lhardit, député PS de la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône.

    Le vote de confiance

    Didier Gesualdi : François Bayrou pose ce lundi la question de confiance pour son gouvernement. Allez-vous lui accorder la vôtre ?

    Non. Cette confiance, on ne peut pas lui accorder pour deux raisons essentielles. D’abord, la méthode qu’il a employée en annonçant des mesures budgétaires de 44 milliards d’économies d’euros sans jamais consulter personne. Ensuite parce qu’il a trahi les engagements qu’il a pris devant le Parlement. On ne peut faire confiance à quelqu’un qui ne respecte pas sa parole. Je pense que la décision de François Bayrou était prise depuis le début de l’été. C’est une manière pour lui de sortir du jeu de sa propre initiative.

    Léo Purguette : Et après ? Est-ce que cela va relancer le jour sans fin macroniste avec la nomination d’un nouveau Premier ministre issu du camp présidentiel ?

    Évidemment que je ne le souhaite pas. La problématique centrale, c’est de ne pas reproduire les erreurs qui ont été faites par le président de la République l’année dernière. Des secteurs entiers de l’économie ont souffert de cette attente. C’est au président de la République qu’il appartient de nommer un nouveau Premier ministre, rapidement.

    Didier Gesualdi : Ou alors on dissout pour redonner la parole au peuple.

    La dissolution, je n’y suis pas favorable et je ne pense pas que ce soit le scénario privilégié. Ce n’est que si on échoue dans le processus qui va s’engager à partir du vote de lundi, qu’il faudra retourner aux urnes.

    Léo Purguette : Olivier Faure propose que le prochain Premier ministre soit socialiste. Mais pour gouverner avec qui ?

    Avec les partenaires naturels que nous trouvons à gauche. On a déjà une réponse qui est négative de LFI donc on va mettre le cas de LFI de côté…

    Léo Purguette : … Ça réduit singulièrement l’assise d’un potentiel Premier ministre.

    Même avec LFI, il n’y a pas de majorité. Personne n’a de majorité et d’ailleurs en cas de nouvelle dissolution il est possible qu’on retrouve le même schéma. Donc les futures majorités ne peuvent être que des majorités de projets, sur des textes, c’est là qu’on arrive sur la méthode. La proposition que fait le PS, c’est de gouverner sans 49.3. Nous allons proposer une voie, un chemin.

    Les alliances de gauche

    Léo Purguette : On voit bien que la gauche est extrêmement divisée. Des invectives sont échangées entre socialistes et insoumis. Que répondez-vous à vos électeurs qui ne comprennent pas comment vous avez pu être unis il y a un an et pas capables de proposer un projet de gouvernement aujourd’hui ?

    Premièrement, je ne suis pas responsable de la décision de LFI de dire a priori « nous ne participerons pas à une expérience gouvernementale ». Et la deuxième chose, c’est que les invectives viennent d’abord et toujours de LFI. Au lendemain des élections législatives, LFI a en fait trahi le pacte et le programme du Nouveau front populaire dont le 4e paragraphe, parle de mettre fin à la brutalisation du débat public, aux invectives et à la diffusion de fausses informations. Or cela a démarré dans les jours qui ont suivi. Cela a été adressé à tout le champ politique et aussi aux socialistes, aux communistes, aux Verts, autant à la gauche qu’à la droite… Donc je crois qu’il faut remettre les choses en place, savoir qui est responsable d’un champ de discussion à gauche qui est pollué. J’espère que nous allons faire la preuve dans les jours qui viennent, à gauche, qu’il y a un certain nombre de personnes qui sont prêtes à discuter – peut-être durement – sur des sujets importants mais ensuite à se rassembler.

    La loi PLM

    Léo Purguette : Une réforme modifie le mode de scrutin à Marseille. Vous y êtes favorable, pourquoi ?

    Je rappelle que selon une enquête d’opinion faite en janvier 88% des Marseillais étaient favorables à cette évolution. On va pouvoir élire directement les 111 conseillers municipaux qui vont élire le maire, donc une élection beaucoup plus directe. On se rapproche du système qui fonctionne partout en France donc pour moi c’est un progrès démocratique.

    Léo Purguette : Les socialistes parisiens ne sont pas d’accord !

    Je sais mais attendez : je suis solidaire de l’ensemble des actions que nous menons au sein du parti socialiste mais je suis aussi un député de Marseille, je défends la démocratie à Marseille et je me suis opposé à mes collègues qui étaient beaucoup sous influence d’Anne Hidalgo qui ne voulait absolument pas de cette réforme. Je crois qu’à présent la gauche parisienne sera bien heureuse de travailler dans ce cadre.

    Les municipales

    Didier Gesualdi : On a vu fuser cette semaine des déclarations chocs de Martine Vassal et Benoît Payan. Ça annonce une campagne violente ?

    J’ai été surpris par les attaques de la droite sur le drame qui s’est déroulé à Belsunce. On est dans le discours du RN puisqu’on met en cause très directement à la fois la municipalité et les étrangers. Il faut avoir une explication de situation. La réalité, c’est qu’à Marseille, la droite est dans une situation désespérée. Je l’ai vu aux législatives dans un secteur où elle était extrêmement implantée, elle réalise des scores plus que réduits. C’était quand même le secteur de référence de Jean-Claude Gaudin, la circonscription bâtie pour la droite. On parlait de la « varisation » de la gauche, c’est-à-dire le phénomène de disparition de la gauche à l’image de ce qui s’est passé dans le Var. Et bien, je crois qu’à Marseille, c’est ce qui guette la droite. La réaction de la droite est d’autant plus violente qu’elle a du mal à se positionner vis-à-vis de notre bilan. Y compris sur les questions de sécurité, c’est nous qui doublons les effectifs de police municipale. La coopération entre police municipale et nationale est un modèle ici. C’est ce que me disait M. Darmanin, alors ministre de l’Intérieur après la réussite des JO.

    Didier Gesualdi : Selon votre opposition vous ne donnez pas les bons chiffres, vous n’installez pas les caméras de vidéosurveillance…

    C’est ce que racontent M. Muselier et ses porte-messages ou Mme Vassal qui a au moins le courage de se mettre en première ligne. Il y a des caméras dans la ville. Quand on arrive, la moitié ne fonctionne pas ou sont mal dirigées, fixes sur des points sans intérêt. Donc la coopération entre forces de police dont je parle doit aussi concerner ces caméras pour plus d’efficacité.

    Didier Gesualdi : À gauche, localement, la division existe aussi. Peut-elle vous faire perdre la Ville ?

    Vous aurez remarqué qu’on est exactement dans la même situation qu’au plan national. Il n’y a eu aucune discussion et c’est LFI qui a affirmé sa volonté nationale de présenter des candidats partout où il y a des maires de gauche.

    Didier Gesualdi : M. Delogu sera candidat.

    Tant mieux pour lui, c’est le jeu démocratique. Chacun a le droit de se présenter. La logique du Printemps marseillais, dans laquelle il s’est inscrit depuis 2020, c’est d’être le rassemblement le plus large, le plus complet de la gauche à Marseille.

    Les écologistes

    Léo Purguette : Vous parlez d’un rassemblement large pour les municipales de Marseille, écologistes compris ?

    Oui bien sûr. En 2020, les écologistes étaient en partie divisés puisque Sébastien Barles était parti de son côté avec ses propres listes et il nous avait rejoint au second tour.

    Léo Purguette : Il semble vous quitter à nouveau. Il a été suspendu de son parti de ce fait mais il est toujours adjoint au maire. N’y a-t-il pas d’incohérence ?

    Non. Je ne le vois pas critiquer ouvertement le bilan de la majorité municipale auquel il a contribué au cours des cinq dernières années.

    Les questions des lecteurs

    Bonjour j’ai vu que vous parlez sur le problème des ascenseurs. C’est des pannes sans arrêt dans mon bâtiment. Comment faire concrètement ?

    Aujourd’hui, il y a 4 à 5 boîtes européennes qui maîtrisent l’essentiel du marché. Là où ils sont malins, c’est que toutes les pièces détachées, c’est eux aussi, au travers de filiales dans lesquelles ils ont des participations croisées. Le marché est donc tenu par une poignée d’acteurs que personne n’était venu questionné depuis 25 ans. Lorsqu’un problème d’ascenseur dure six mois, c’est parce qu’il n’y a pas de pièce détachée disponible ou qu’elle coûte très cher et qu’on préfère attendre d’avoir 5 problèmes pour faire une commande groupée en Chine. Le premier objectif de la loi que nous avons porté avec Philippe Brun, c’est de dire que si l’ascensoriste est de bonne foi et n’arrive pas à obtenir une pièce détachée, il peut se retourner contre ceux qui tiennent le marché. Cette loi a été votée à l’Assemblée nationale dans le cadre d’une niche parlementaire. Elle est aujourd’hui sur le bureau du Sénat pour être votée complètement. On va être sur la responsabilisation d’un secteur professionnel en visant les responsables. J’ajoute que l’évolution technologique des ascenseurs fait que dans de nombreux lieux la réponse à un problème, c’est « on ne fabrique plus ce type de mécanisme ». Ça n’est pas acceptable. La dernière nouvelle, c’est qu’à la suite du débat que nous avons ouvert, la ministre de la Ville, Juliette Méadel, a lancé un plan sur le sujet.