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  • [Rue de la République] Benoît Payan : « Une cité des sciences et de la mer, et la philharmonie à la place des Galeries Lafayette »

    [Rue de la République] Benoît Payan : « Une cité des sciences et de la mer, et la philharmonie à la place des Galeries Lafayette »

    L’assassinat du frère d’Amine Kessaci

    Didier Gesualdi : Après l’assassinat du frère du militant écologiste Amine Kessaci, quelle est votre réaction de maire ?

    D’abord j’ai réagi en tant qu’homme et après en tant que maire. Pourquoi ? Parce que je connais personnellement Amine, son combat, que je partage. Je sais l’effroi qui a été le sien. Je l’ai eu au téléphone. Il est, comme vous pouvez l’imaginer, dévasté. C’est le deuxième frère qu’il perd, assassiné sous les balles des narcotrafiquants. On s’est parlé d’homme à homme, de personne à personne. En tant que maire, c’est ma fonction de dire qu’on ne peut pas laisser passer ça. On ne peut pas se taire, on ne se taira jamais. Si les thèses qui sont avancées au moment où on parle étaient confirmées, le procureur de la République semble avancer vers un assassinat d’intimidation, alors on entrerait dans quelque chose qu’on n’a pas connu. La lutte contre le narcotrafic est une lutte de tous les jours, qu’on a mené, que l’État a mené en amenant des moyens supplémentaires qui ont produit des résultats avec, par exemple, une baisse très significative du nombre d’homicides dus au narcotrafic, un nombre d’enquêtes et d’élucidations qui n’a cessé d’augmenter, un nombre de personnes liées aux trafics et aux crimes emprisonnées à l’isolement qui augmente… Ce sont des dangers pour la société, des criminels, pas des victimes. Ce sont des gens qui sèment la mort autour d’eux. Si la thèse d’un assassinat d’intimidation était confirmée, on changerait de dimension. On ne serait pas seulement sur un assassinat pour des parts de marché, parce que ces gens-là, cette mafia, n’ont aucun respect pour la vie humaine.

    Léo Purguette : Ils n’auraient donc plus aucune limite ?

    Ça voudrait dire qu’on a passé un cap et qu’il n’y a plus de limite, que l’on tape pour impressionner et faire taire. Or, ils ne nous feront pas taire. Ils ne nous font pas peur, ils ne m’ont jamais fait peur. Je suis persuadé que les Marseillais, dans leur immense majorité, refusent que des mafieux assassinent pour faire taire. Ce serait d’une gravité sans précédent, c’est presque l’état de droit qui est remis en cause. On a connu ça à Marseille avec l’assassinat du juge Michel en 1981. Évidemment, j’ai eu le ministre de l’Intérieur, l’Élysée, on a un procureur de la République qui, avec son parquet, est un des meilleurs de France sur le narcotrafic…

    Léo Purguette : … Ça intervient à un moment où il obtient des résultats.
    Vous faites le lien
     ?

    Il faut laisser ça au procureur de la République, c’est à lui de dire où en est l’enquête, c’est à lui d’établir les circonstances. Il y a des gens qui font de la récupération, du commentaire. Moi je suis maire de Marseille, je ne me place pas à ce niveau-là. Ce que je considère être ma mission, c’est de tout faire pour protéger les Marseillaises et les Marseillais. On a obtenu 100 policiers supplémentaires par an, il faudra en obtenir plus encore. Nous avons doublé la police municipale, je ne demande pas que la police nationale soit doublée, l’État en serait incapable mais -je sais que le terme peut déplaire- s’ils font la guerre à l’État, alors il faut leur faire la guerre.

    Les caméras

    Didier Gesualdi : Selon la droite, vous avez trop tergiversé sur les caméras de vidéo surveillance, vous mentez sur le doublement de la police municipale…

    J’ai décidé de ne pas répondre aux fake news. Pour moi, l’opposition de droite républicaine devrait s’en tenir à de la dignité. Un chiffre, c’est un chiffre. Un doublement de la police municipale, c’est un doublement de la police municipale. Ils peuvent dire 10 fois une contre-vérité, ça ne deviendra jamais une vérité. Je laisse les fake news aux trumpistes, à l’extrême droite, à ses marchepieds et ses alliés. Le sujet de la sécurité est trop sérieux. Il touche tout le monde, et particulièrement quand on n’a pas les moyens d’habiter les beaux quartiers. On décide de faire de l’îlotage, d’aller voir les petits commerçants comme à Noailles, on s’y est pris avec humanité et fermeté. On s’y est pris de manière intelligente. À Belsunce, c’est la même chose. Quand on met des caméras, ce n’est pas pour se faire plaisir. Je ne peux pas entrer dans le déroulement de l’enquête que nous venons d’évoquer mais les caméras servent quand elles sont au bon endroit. Je ne peux pas accepter de leçons de gens qui ont mis des caméras de complaisance, pour se faire plaisir, pour faire plaisir à leurs amis ou je ne sais quoi. Tout cela doit être fait avec intelligence, parcimonie, humanité et fermeté.

    La police municipale

    Léo Purguette : Ce que vous dites sur l’ampleur du narcotrafic ne rend-il pas vain le débat au niveau municipal sur la police ? On voit bien que ce n’est pas la police municipale qui va pouvoir agir face à la mafia.

    Encore une fois je ne veux pas sortir de mon rôle en donnant des détails de l’enquête en cours. La police municipale a été à l’origine d’éléments essentiels qui permettent aujourd’hui, au moment où je vous parle, à la police de travailler et d’avancer. Quant à ceux qui crient… Vous savez ; les chiens aboient et la caravane passe. Je les laisse raconter ce qu’ils ont envie de raconter. Je crois qu’il ne faut pas mentir aux Marseillais. Expliquer que la Ville doit se substituer à l’État en matière de sécurité, c’est comme expliquer que le bleu est rouge ou que le blanc est noir. Les Marseillais sont intelligents et jouer avec leurs peurs, ça n’est pas être au niveau du débat municipal.

    2026

    Léo Purguette : Un projet d’ampleur comme celui des Galeries Lafayette vous projette dans un second mandat. Est-ce que c’est une forme d’acte de candidature ?

    Pas du tout ! Justement, ma ville je la gère. J’ai le problème qui se pose maintenant. J’ai dit que je m’occuperai de ce sujet et je m’en occupe. Les choses vont intervenir dans les prochaines semaines et de toute façon, comme je l’ai dit, je serai maire jusqu’au bout. Je laisse celles et ceux qui rêvent de devenir maire de Marseille, sauter sur leurs chaises comme des cabris. S’ils ont du temps à perdre, ce n’est pas mon problème. Moi je suis au travail. Et je resterai au travail jusqu’au bout.

    Les Galeries lafayette

    Léo Purguette : Vous avez été beaucoup attaqué sur la fermeture des Galeries Lafayette avec une dévitalisation du centre-ville qui est redoutée, quelles réponses apportez-vous ?

    Encore une fois, sur les attaques, je ne vais pas revenir sur ce qui s’est passé dans cette ville. Vous savez, j’ai été dans l’opposition. Quand je l’étais, j’ai suffisamment dit à Mme Vassal, à ses amis et au maire de Marseille de l’époque que c’était un contre-sens historique que d’ouvrir des centres commerciaux en pleine ville. On sait que depuis la fin des années 1990 toutes les villes du monde ont arrêté de le faire. C’est un non-sens, ils se dévorent entre eux et dévorent les commerces de centre-ville. Mme Vassal et ses amis, soutenus d’ailleurs par le Rassemblement national, ont continué d’implanter des centres commerciaux. Et donc, qu’est-ce qu’il se passe ? Il y a de la concurrence déloyale, plus il y en a, moins ça marche.

    Léo Purguette : Que proposez-vous alors ?

    Je vous le dis en exclusivité : les galeries Lafayette m’ont présenté une offre de reprise. Elle ne me convient pas. Ça n’est pas du tout ce que je veux pour le centre bourse. Je ne veux pas citer la marque mais elle ne me convient pas. Je pense que les Marseillais n’en veulent pas. Ça n’est pas dans mon éthique d’accepter ça donc c’est non. Je vais racheter les galeries Lafayette comme je m’y étais engagé. On va y faire deux choses : une cité des sciences et de la mer et on va y faire aussi une partie de la philharmonie. C’est un projet immense, culturel, scientifique, pédagogique pour faire découvrir le monde de la mer, de la science, pour la musique… Ce sont des milliers et des milliers de mètres carrés qui y seront consacrés dans le centre-ville !

    Léo Purguette : Ça va prendre du temps.

    Oui et en attendant, je ne veux pas de friche et donc je lance dès le rachat des galeries Lafayette un appel à manifestation d’intérêt. Ça veut dire quoi ? Qu’on va en faire un tiers lieu où des gens quels qu’ils soient, entrepreneurs, artistes, associatifs, vont pouvoir avoir des lieux mis à leur disposition pendant deux-trois ans. Il n’y a beaucoup de gens qui cherchent des lieux et qui n’ont pas forcément les moyens parce que vous avez vu l’explosion des loyers, ils vont pouvoir s’installer ici.

    Didier Gesualdi : On va vous dire que l’impact économique ne va pas être équivalent.

    Ce sont des gens qui ne savent pas trop compter qui disent ce genre de choses. Au regard de l’état des finances des collectivités gérées par la droite, je ne prendrai pas de leçons d’économie de ces gens-là. L’attractivité économique, la création d’emplois quand on fait une cité de la science et de la mer ou une philharmonie est bien plus importante que ce que peut faire un commerce. Les gens s’y arrêtent, y restent longtemps, en famille, entre amis…

    La droite

    Léo Purguette : La droite a démarré sa campagne avec une certaine agressivité. Comment l’analysez-vous ?

    L’agressivité, c’est la sœur jumelle de la fébrilité. Je n’ai pas grand-chose à en dire. Je les plains.

    Didier Gesualdi : Renaud Muselier vous trouvait mauvais sur ce plateau.

    Avec son parcours politique, il aurait pu être un sage de la politique. Un peu de sagesse ne lui ferait pas de mal.

    Didier Gesualdi : Est-on condamné aux petites phrases ?

    Notre ville a tout en main pour réussir. Elle mérite un niveau bien meilleur de débat. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent qu’on a le personnel politique qu’on mérite. Je ne suis pas d’accord. C’est à droite et à gauche. Des médiocres, il y en a partout. Je ne m’abaisserai pas à aller dans le caniveau. Que ceux qui sont dans la boue y rest

    Le RN

    Didier Gesualdi : Qui est votre adversaire ? C’est le RN rabiboché avec M. Ravier ?

    J’ai toujours dit que mon adversaire, celui de Marseille et des Marseillais, c’était le Rassemblement national et ses idées, son incapacité à gérer, sa capacité à fracturer…

    Didier Gesualdi : « On ne les a jamais essayés », disent beaucoup de Marseillais.

    Oui, certains le disent. On peut aussi essayer de se jeter dans le feu, on n’a jamais essayé. L’argument « essayons-les », ne fonctionne pas. On ne s’amuse pas avec la vie des gens ni avec une ville fragile qui est en train de se relever. Oui, c’est d’abord Franck Allisio mon adversaire.

    Léo Purguette : Il est donné très haut dans les enquêtes d’opinion. Ça vous inquiète ?

    Bien évidemment. On doit tous prendre conscience que cette ville peut tomber dans l’escarcelle du RN. Ce serait une ville qui se coupe en morceaux, dans laquelle le chaos s’installerait parce que ce sont des gens qui vivent sur la peur de l‘autre et qui fabrique des boucs émissaires : les pauvres, les étrangers, ceux qui n‘ont pas la même religion que nous… Qu’est-ce qu’on construirait ? Des miradors à la place des bibliothèques ? Des centres de rééducation à la place des écoles ?

    La droite

    Léo Purguette : La droite a démarré sa campagne avec une certaine agressivité. Comment l’analysez-vous ?

    L’agressivité, c’est la sœur jumelle de la fébrilité. Je n’ai pas grand-chose à en dire. Je les plains.

    Didier Gesualdi : Renaud Muselier vous trouvait mauvais sur ce plateau.

    Avec son parcours politique, il aurait pu être un sage de la politique. Un peu de sagesse ne lui ferait pas de mal.

    Didier Gesualdi : Est-on condamné aux petites phrases ?

    Notre ville a tout en main pour réussir. Elle mérite un niveau bien meilleur de débat. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent qu’on a le personnel politique qu’on mérite. Je ne suis pas d’accord. C’est à droite et à gauche. Des médiocres, il y en a partout. Je ne m’abaisserai pas à aller dans le caniveau. Que ceux qui sont dans la boue y restent.

    La France insoumise

    Léo Purguette : La France insoumise est dans l’attentisme mais en vous recevant en juin, on avait bien compris que ce ne serait pas avec eux au 1er tour.

    J’ai toujours dit que la France insoumise disait urbi et orbi qu’elle serait candidate donc je prends acte de sa volonté. Il semblerait que la France insoumise déclare une candidature dans les jours qui viennent. C’est son choix. Je ne le commente pas. Je suis au travail, je ferai tout ce que j’ai à faire pour me battre contre le RN. Je ne me trompe pas d’adversaire. Et je le dis à la France insoumise : j’aurais préféré les entendre dans les combats que j’ai menés face à la droite extrême et l’extrême droite plutôt que de taper sans cesse sur l’union de la gauche et des écologistes. Vous avez vu les mineurs isolés à la rue, le nombre de place d’hébergement d’urgence qui diminue, les défaillances de la Métropole, de la Région et du Département ? Qu’est-ce que j’entends de la France insoumise ? Rien.

    La Question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Jean-Michel Petrosi :

    Pourquoi M. Barles qui s’oppose au Printemps marseillais est toujours votre adjoint ?

    L’aventure individuelle de Sébastien Barles, c’est l’aventure individuelle de Sébastien Barles. Il a choisi, pour des raisons qui lui appartiennent, de considérer que son propre bilan était mauvais. J’avoue que c’est un peu particulier. Quand on est adjoint à la transition écologique, dire que le bilan est mauvais sur la transition écologique alors que des millions et des millions ont été dépensés sur le sujet, c’est soit faire preuve d’une lucidité absolument troublante concernant son propre bilan soit chercher une nouvelle famille politique. Je ne commente pas plus.

    Léo Purguette : Peut-il rester votre adjoint ?

    J’imagine que chez lui, il y a des miroirs, des glaces, qu’il doit s’y regarder. Il doit savoir s’il peut rester adjoint. Moi je ne fais pas de rétorsion. Je ne donne pas de coup politique à quelqu’un qui fait un choix politique. J’enlève une délégation ou une adjointure à quelqu’un qui a fait une faute morale ou autre. Il a le droit de dire qu’il a envie d’aller avec la France insoumise. Mais quelle cohérence ? Vous voulez que je vous dise ce que j’aurais fait moi-même à sa place ? Ça fait longtemps que j’aurais démissionné. Au moins pour pouvoir me regarder dans la glace.

  • [Rue de la République] Laurent Belsola : « Pour un commissariat réunissant police municipale et nationale à Port-de-Bouc »

    [Rue de la République] Laurent Belsola : « Pour un commissariat réunissant police municipale et nationale à Port-de-Bouc »

    Les Municipales

    Didier Gesualdi : Pour le moment vous n’êtes pas officiellement candidat à votre succession mais vos soutiens organisent, jeudi, une réunion publique. Repartirez-vous au combat ?
    Je vous invite à venir le jeudi 13 novembre à 18h à la salle de l’hôtel des Aiguades. Je serai présent, avec le comité de soutien. C’est avec toutes les personnes qui seront là, que l’on fera les annonces nécessaires.

    Didier Gesualdi : Les conditions sont donc réunies pour une candidature.
    Les conditions sont là mais le comité de soutien voulait réunir la population, voulait un rassemblement populaire pour une candidature populaire donc on répond à cet appel.

    Didier Gesualdi : C’est aussi une façon de faire à la Port-de-Boucaine, vous aimez les démarches horizontales, consulter la population…
    Oui, on parle avec les élus, avec la population, avec notre parti auquel on remet notre mandat et avec les citoyens. On fait en sorte que la candidature, à chaque fois, émane de la population.

    Léo Purguette : Face à vous, des rapprochements entre droite classique et extrême droite se dessinent. C’est une première ?
    Je pense que oui mais on voit, depuis 2020, au sein du conseil municipal des personnalités qui étaient sur deux listes différentes se rapprocher. Elles se sont ensuite affichées avec un député RN, M. Allisio et pour un autre avec M. Ciotti. On a bien vu que leurs interventions et positions au sein du conseil municipal reprenaient les positions de l’extrême droite. Même s’ils disent qu’ils ne le sont pas tout à fait.

    Léo Purguette : C’est assez éloigné de l’identité de Port-de-Bouc. Ça vous surprend ?
    C’est très éloigné de l’identité de notre ville, de tout ce qui a forgé Port-de-Bouc depuis plus de 100 ans.

    Didier Gesualdi : Qu’est-ce que vous dites à ceux qui sont tentés par le vote d’extrême droite ? Ce sont des gens en colère, non ?
    Tout à fait. La colère qui débouche sur l’extrême droite donne des guerres. La colère qui débouche sur la gauche donne souvent des réalisations. Je leur dis : « regardez le passé, d’où vous venez ». Nous sommes une ville cosmopolite, tout le monde est venu à Port-de-Bouc pour travailler. De Grèce, d’Espagne, d’Italie, de Turquie, d’un peu partout. Le RN, c’est un peu de la magie, ils prétendent défendre le peuple mais quand ils votent au Parlement, c’est bien différent. L’impôt sur la fortune, ils ne l’ont pas voté. Ils sont sur une politique des grands patrons, pas une politique populaire. Beaucoup disent qu’il faut les essayer mais on les a essayés de 1940 à 1944. Plus récemment, on les a essayés à Vitrolles et Marignane, on sait ce que ça donne. On connaît le résultat. Derrière la belle façade, il y a la haine, la discrimination, tous les germes pour que la société civile se dispute et qu’on aille vers de gros problèmes.

    L’attractivité de la ville

    Didier Gesualdi : Que répondez-vous à ceux qui estiment que Port-de-Bouc est sur le déclin, que c’est une carte postale mais sans touriste…
    Port-de-Bouc, c’est du tourisme social. Nous ne sommes pas une ville balnéaire mais industrielle. Nous avons toujours développé d’une part le tourisme social et d’autre part la convivialité avec les sardinades. Je rappelle que les sardinades, sur deux mois, c’est un peu plus de 100 000 personnes qui viennent sur notre ville. Nous animons le port, les quartiers, tout cela est gratuit. Nous avons aussi un projet pour les plages, nous avons fait une promenade tout le long du bord de mer. Les pistes cyclables vont être agrandies….

    Didier Gesualdi : On n’est pas sur le déclin à Port-de-Bouc ?
    Je ne le crois pas. On anime la ville toute l’année. Je voudrais notamment parler du festival d’art de rue que l’on fait au mois de mai et qui attire un monde fou. On est un des 5 festivals les plus importants de France. On rénove aussi la ville, on a l’Agence nationale pour la rénovation urbaine qui finance la démolition de la barre de la Lèque, aux Aigues Douces, à Tassy, Bellevue… Et en même temps, nous avons de nouvelles constructions, de nouveaux bâtiments. C’est une ville en pleine transformation, qui garde son âme, comme une maison léguée par nos grands-parents que l’on rénove, que l’on met au goût du jour.

    Le contournement autoroutier

    Didier Gesualdi : Ça y est, le contournement de Port-de-Bouc va se faire. Enfin !
    C’est une magnifique victoire qui est dédiée à tous les Port-de-Boucains. Je pense aux anciens maires, aux anciens députés depuis M. Rieubon, qui se sont battus pour cela. Notre ville est l’une des dernières à être coupée par une autoroute. On estime que c’est entre 5 et 10 000 personnes entre Martigues et Port-de-Bouc qui vivent à moins de 100 mètres de l’autoroute donc on va pouvoir respirer. On a des écoles, des collèges, des grandes surfaces… si jamais un camion-citerne chavire sur un de ces établissements ce serait une catastrophe. Avoir un contournement autoroutier aux dernières normes, avec le moins de nuisances possibles et beaucoup moins de riverains, c’est une très grande victoire. On va pouvoir recoudre la ville. Enfin, les gens pourront passer d’un côté à l’autre sans avoir le danger d’une autoroute. Nous allons en faire un beau boulevard métropolitain. C’est un grand projet qui va nous occuper le mandat prochain. Il sera refait de Martigues à Port-de-Bouc. Nous y voulons des moyens de transport doux, vélos, à pieds… et une belle avenue où les Port-de-Boucains se retrouveront.

    Les services publics

    Léo Purguette : L’argent public se fait rare. Vous êtes inquiet sur le budget de l’État ?
    Depuis plusieurs années, ce sont les collectivités qui payent l’addition de l’État. Nous sommes en première ligne, nous sommes les paratonnerres de la République. Nous enlever des budgets fera que nous n’arriverons plus à investir pour améliorer le cadre de vie de nos habitants. Ils ont besoin de services publics. Ici, la police s’est rétractée il y a une dizaine d’années, la CAF, il n’y a presque plus de permanences, la Sécu est partie, le Trésor public est parti, la SNCF maintient un guichet, ça devient catastrophique. L’État en France, c’est la présence de services publics. Sans eux, il n’y a plus d’égalité républicaine. Comment dire à une personne âgée qui n’utilise pas le numérique, de payer quelqu’un 50 euros pour être aidé ? C’est inadmissible ! Il y a des milliards disponibles : le rapport du sénateur communiste Gay parle de 211 milliards d’euros donnés aux grandes entreprises sans contrepartie. Et les grandes fortunes doivent contribuer. Être citoyen c’est participer à l’impôt en fonction de ses moyens.

    La sécurité

    Léo Purguette : Vous n’êtes pas de la gauche qui laisse les questions de sécurité au RN. Vous n’avez de cesse de demander des renforts de police à l’État. Où en êtes-vous ?
    C’est une question dont on s’est emparé parce que la sécurité, c’est un tout. On ne peut pas faire de la sécurité comme le préconise le RN, le tout sécuritaire ne marche nulle part, dans aucun pays. Nous, ce que nous voulons, c’est rétablir la sécurité avec une prévention et avec des acteurs de terrain. On a demandé dès le début des forces de l’ordre ici pour lutter contre les narcotrafiquants. Ce n’est pas un problème port-de-boucain, c’est un problème national. Les narcotrafiquants, là où ils arrivent, ils cassent tout alors qu’on fait de la rénovation urbaine, des efforts dans nos villes. On a demandé un commissariat à la préfète de police et à l’ancien ministre de l’Intérieur que je suis allé voir. Ils ont mis le paquet sur les quartiers populaires qui ont droit à la sécurité, eux aussi, pour enrayer ce phénomène. Nous avons eu la CRS 81, les compagnies qui sont toujours là. Dans le même temps, les populations voient la police, la gendarmerie, les pompiers venir à Port-de-Bouc pour faire de la prévention, du sport avec la jeunesse, pour expliquer les métiers de la sécurité… C’est un tout la sécurité, avec la prévention, avec nos centres sociaux, nos associations sportives… Nous ne sommes pas anarchistes, nous sommes communistes. Nous nous mobilisons pour que tout le monde puisse vivre ensemble, tranquillement.

    Léo Purguette : Comment articulez-vous l’action de la police municipale à l’ensemble de ces actions ?
    La police municipale joue son rôle, c’est un complément de la police nationale sur notre territoire. On a mis quand même 80 caméras en tout. Je viens de faire une demande au nouveau ministre de l’Intérieur, M. Nuñez, parce que nous voulons un commissariat mixte dans la commune. C’est-à-dire que dans le commissariat actuel rue Charles-Nédelec qui est vide, nous voulons y mettre la police municipale que nous renforçons et en même temps nous voulons mettre à disposition de la police nationale, une partie de ces locaux pour une présence permanente.

    Léo Purguette : Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF qui partage cette approche sera en meeting dimanche 23 à Marseille, vous y serez ?
    Oui bien sûr ! On y sera, on défend ses idées et on partage ses convictions.

    La thalassothermie

    Léo Purguette : L’arrivée d’une boucle d’eau de mer va bouleverser Port-de-Bouc. Quelles conséquences sur la vie quotidienne des habitants ?
    Nous sommes en pleins travaux dans la ville. Les citoyens ont quelques désagréments mais c’est normal, nous sommes obligés d’en passer par là. C’est un projet retenu en 2015 qui permet de récupérer les calories contenues dans l’eau de mer pour chauffer des logements collectifs et des bâtiments de la mairie. Quand je dis logements collectifs, c’est 30% de logements sociaux et 35-40% de logements privés collectifs, donc des immeubles. Il y a aussi des bâtiments communaux. Le but c’est d’avoir une énergie durable, décarbonée, renouvelable, qui nous permette de rentrer dans le XXIe siècle. Mais aussi de limiter le coût de l’énergie. On voit qu’avec un conflit en Ukraine, au Proche-Orient ou ailleurs, le coût du pétrole, du gaz, de l’électricité peut exploser. Tout cela se répercute sur le budget des ménages. Avec la thalassothermie le but, c’est d’avoir une facture qui ne bouge pas, qui est lissée sur 20 ans.

    Maire de l’année

    Léo Purguette : Vous avez été élu maire de l’année par le Trombinoscope et un jury de journalistes. Quelle est votre réaction et à votre avis pour quelles raisons ?
    J’étais très fier pour la ville de Port-de-Bouc. Ce prix est dédié aux habitants de cette ville ouvrière, c’est elle qui est récompensée. C’est aussi pour l’équipe municipale, pour les projets. On est très fier parce qu’il faut savoir qu’on a eu des émeutes urbaines, on a été menacé de mort aussi. Avec l’équipe municipale, on a fait face. Avec la population, on a dit qu’on avait besoin de police, de présence humaine. Je pense que le jury a tenu compte de cette démarche et aussi des grands projets urbains menés à Port-de-Bouc. Je pense qu’il faut s’engager, être à la pointe du combat.

    La question des lecteurs

    Anne-Marie : Vous pensez quoi du député RN ?
    Déjà je regrette l’ancien député, Pierre Dharréville, qui avait fait un travail remarquable. Le nouveau député, chacun sait que nos familles politiques sont très opposées. Je ne le vois pas beaucoup à Port-de-Bouc. Je ne demande pas non plus à le voir. Je pense qu’il est plus dans les problématiques nationales que locales. Il nous a fait un tract pour dire que le contournement autoroutier, c’était grâce à lui et qu’il avait repoussé un texte de gauche. Ce texte était LFI et portait sur les nouveaux projets autoroutiers, rien à voir avec notre situation ici. À qui peut-il faire croire que le contournement autoroutier lui serait dû ? Ce n’est pas la fée Clochette. C’est une bataille de 50 ans, menée par les élus de ce territoire et la population. D’ailleurs même moi je ne dis pas « le contournement autoroutier, c’est grâce à Laurent Belsola ». Ça n’aurait pas de sens. C’est un combat auquel j’ai pris ma part comme tous les maires de Martigues et Port-de-Bouc et les députés communistes qui se sont succédé. La déclaration d’utilité publique a été prise sous Patricia Pedinielli en 2017, grâce à toutes les études faites depuis une quinzaine d’années.

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    [Rue de la République] Sébastien Barles : « Deux listes à gauche à Marseille, c’est une oxygénation démocratique »

    les Municipales

    Didier Gesualdi : Serez-vous candidat à la mairie de Marseille ?

    Aujourd’hui, nous avons monté avec des militants écologistes qu’ils viennent des Verts ou de l’extérieur, des citoyens actifs pour la transformation de la ville, un collectif qui s’appelle Vaï Marseille. On part du constat que la question écologique est reléguée dans notre ville, mais plus largement au plan national et qu’il faut la remettre au cœur du débat public, avec des propositions que l’on souhaite formuler dans le cadre de la future campagne notamment.

    Didier Gesualdi : En tête de liste ? Derrière ? À côté ? Vous avez pris votre décision ?

    Vaï veut s’impliquer dans la campagne en tout cas, c’est évident. On a une assemblée le 6 novembre pour arrêter la stratégie. On pense qu’au bout de cinq ans d’exercice du pouvoir, si on en tire un bilan, on peut considérer que le chantier de la réparation de Marseille a été entamé. On a pris à bras-le-corps le chantier des écoles, qui étaient la honte de la République. On a assaini l’administration qui aujourd’hui fonctionne. Dieu sait que l’héritage était compliqué.

    Didier Gesualdi : Vous avez un pied hors du Printemps marseillais, mais pas encore les deux ?

    Ce que je veux dire, c’est que le chantier de la réparation de la ville a été pris en compte, mais pas celui de sa transformation. C’est la question de l’écologie, du verdissement de notre ville, de la place de la voiture, de la transformation des activités pour générer des emplois non-délocalisables. On voit bien que ce chantier a été un peu délaissé. Il y a des handicaps, certes, le fait que la Métropole ne soit pas dans nos mains, mais aussi une volonté politique qui n’est peut-être pas suffisamment forte. Ce qu’on veut réaffirmer, via le collectif Vaï, c’est la place de la question écologique.

    Léo Purguette : Cette démarche vous a valu d’être suspendu de votre parti. N’avez-vous pas le sentiment d’avoir franchi une ligne rouge ?

    Personnellement, pas du tout. Je pense que c’est un cadeau que m’a fait la direction des écologistes en me suspendant quand on voit l’état du parti aujourd’hui, enlisé dans les affaires, dans de l’entrisme, dans des guerres intestines… Je suis très content qu’avec des amis, on ait fondé ce collectif Vaï. Il produit des actions de terrain, ce que ne font plus, malheureusement, les écologistes.

    LE PARTI ÉCOLOGISTE

    Léo Purguette : Vous parlez d’entrisme chez les écologistes, de la part de qui ?

    L’entrisme, on sent que c’est téléguidé par une partie des forces du Printemps marseillais, donc c’est une perte de souveraineté pour notre mouvement. Ce ne sont pas des écologistes, ce sont des personnes qui sont des supporters du Printemps marseillais et d’abord du Printemps.

    Didier Gesualdi : Ça vient du Parti socialiste ?

    Ça, je ne peux pas le dire. En revanche, on sait qu’ils viennent pour avoir un parti écologiste le plus faible possible parce qu’on sait que, parfois, les écolos sont des empêcheurs de gérer en rond.

    Léo Purguette : Mais pourtant c’est votre parti, au niveau national, qui vous sanctionne. Il y a de l’entrisme au niveau national ?

    Non, il n’y a pas d’entrisme au niveau national, mais ce sont des jeux un peu boutiquiers. Le fait qu’il faille dealer Marseille contre Lyon ou d’autres villes pour avoir un soutien du Parti socialiste.

    Ce sont des choses que je réprouve. Souvent, notre ville a été traitée comme ça dans son histoire. C’est un rapport colonial que beaucoup de personnes et le pouvoir central ont à la ville. Les Verts qui y vivent sont intéressants parce que ce sont des paquets de cartes pour les congrès, mais s’intéresser réellement à la deuxième ville de France en y faisant exister les écologistes, c’est peut-être secondaire pour la direction nationale. Je le regrette.

    Léo Purguette : Marine Tondelier candidate à la présidentielle, vous en pensez quoi ?

    Elle a joué un rôle majeur dans la séquence du NFP, avec sincérité. Elle se confronte au RN avec courage à Hénin-Beaumont. Maintenant, sa démarche me semble un peu précipitée.

    BENOÎT PAYAN

    Didier Gesualdi : Pourquoi n’êtes-vous pas allé voir le maire, dont vous êtes l’adjoint, pour lui dire que le compte n’y est pas en matière écologique ?

    Sincèrement, pendant cinq ans, on a monté un groupe écologiste et citoyen pour se poser en aiguillon, pour convaincre le maire, la majorité, d’avancer sur ces questions. On a alerté sur des renoncements de la part du Printemps marseillais. Je pense à la réquisition des logements vacants, à la volte-face qu’on a faite sur le tout-sécuritaire et la vidéosurveillance, sur la Sodexo…

    Didier Gesualdi : Vous trouvez qu’il y a trop de sécurité à Marseille ?

    La sécurité, c’est une centrale pour les gens, le problème, c’est que le paradigme qu’on choisi est celui de la fuite en avant sécuritaire avec de la vidéosurveillance, y compris algorithmique. Elle est très dangereuse selon entre quelles mains on la met et demain, on ne sait pas dans quelles mains elle sera, avec du contrôle social potentiel. Des alertes sont émises par des spécialistes du sujet. Sur la tranquillité publique, ce qu’on dit, c’est plus de présence humaine.

    Léo Purguette : Mais le Printemps marseillais a doublé les effectifs de policiers municipaux !

    Le Printemps marseillais dit effectivement avoir doublé les effectifs, il y a de l’îlotage qui revient, mais les moyens mis sur la vidéosurveillance nous empêchent de mettre plus de moyens sur la prévention, sur les associations…

    LFI

    Didier Gesualdi : LFI fait parfois figure d’épouvantail, ça ne vous inquiète pas ?

    Je ne suis pas certain. La France insoumise peut amener des gens et ramène des gens aux urnes. On l’a vu aux européennes, une élection où peu de gens votent. Oui, LFI est dédiabolisée par une partie de la classe politique et médiatique, mais je n’arrive pas à comprendre. Ce qui me rend fou, c’est qu’il n’y a plus de digue entre la droite dite républicaine et le RN.

    Léo Purguette : La stratégie du bruit et de la fureur et la volonté de présenter des listes partout contre des maires de gauche sortants ne va-t-elle pas aboutir à faire gagner la droite et l‘extrême droite ?

    Dans ce que j’entends des responsables de la France insoumise, c’est qu’ils défendent l’arc NFP dans toutes les villes et qu’au second tour, ils choisiraient des alliances avec des forces de gauche, encore faut-il qu’elles acceptent une alliance avec eux. Je n’accepte pas les deux gauches irréconciliables.

    L’ÉCOLOGIE

    Léo Purguette : Un brouillage des repères s’installe. Fabien Perez, qui siège avec vous, organise des événements avec Christophe Madrolle, qui siège avec la droite à la Région. L’électorat écologiste y comprend-il encore quelque chose ?

    Je suis bien d’accord. Je pense que ce qui porte préjudice à ma famille politique, à ce parti qui était censé représenter l’écologie politique, c’est le fait qu’il n’y ait pas eu de clarification. Moi, je défends une écologie sociale, une écologie de la libération, une écologie qui croit en l’émancipation, une écologie de rupture qui ne peut pas cohabiter avec une écologie d’accompagnement. Même si, bien sûr, sur les territoires, on peut se mettre d’accord sur quelques mesures. Sur la Métropole, par exemple, avec Christophe Madrolle peut-être qu’on peut défendre le RER métropolitain, mais on voit bien que dans la conception économique, dans le modèle qu’on défend, ce n’est pas la même chose. Peut-être que certains voudront défendre l’hydrogène vert qui participe à une économie mondialisée et hyper-concentrée alors qu’il faut des modèles plus axés sur les besoins du territoire.

    LES ALLIANCES

    Léo Purguette : Invité sur ce plateau, Renaud Muselier nous disait qu’il vous voyait vous rapprocher de LFI. Est-ce que c’est vrai ?

    Ce qui est certain, c’est qu’on souhaite qu’il y ait un second souffle, un nouveau souffle, dans la future majorité. Très clairement, je défends une majorité qui embrasserait l’arc du NFP, donc l’ensemble des forces de gauche et citoyennes.

    Didier Gesualdi : Il a du plomb dans l’aile le NFP au plan national.

    Oui parce que, malheureusement, les forces de gauche donnent un mauvais spectacle. En revanche, le programme porté répond en partie aux colères sociales, à la justice climatique… Donc ce programme moi, j’y crois encore. Beaucoup de citoyens souhaitent cette unité des forces de gauche.

    Léo Purguette : À Marseille aussi !

    Mais à Marseille, moi je défends cet arc aussi. Après, il faut dédramatiser. On n’est pas dans un contexte national. Sur une législative, il faut s’unir presque dès le premier tour. Il faut faire front par rapport au risque RN, mais il y a deux tours et un seuil de qualification à 10%. S’il y a deux listes à gauche, ce n’est pas très gênant. Aucune ville à gauche n’a été gagnée avec une seule liste au premier tour.

    Didier Gesualdi : Vous aviez tenté l’expérience, en 2020, avec quel résultat ? Il ne vous a pas permis de vous maintenir.

    9% sur la ville. Un résultat qui nous a permis de rentrer dans la majorité. Effectivement, la division des écologistes a produit le résultat que je déplore aujourd’hui, c’est-à-dire que la question écologique a été un peu délaissée…

    Léo Purguette : Deux listes d’extrême droite se profilaient, mais il n’y en aura qu’une seule. Est-ce que cela n’alourdit pas la menace RN ?

    Il y a une vraie menace, j’en suis convaincu. La réforme du mode de scrutin doit nous responsabiliser encore plus. Une liste peut gagner à 37%. On a vu le score extrêmement élevé du RN aux européennes donc il y a une vraie menace dans notre ville. Je crois que se poser en rempart, le front républicain, ça ne marche plus. On l’a éprouvé. Malheureusement, il n’y a pas de changement. Il faut y répondre par un projet plus radical. Il faut qu’on arrive à produire une offre au premier tour, radicale, qui réponde à ceux qui sont en colère ou se trompent de colère. C’est une oxygénation démocratique pour la ville. Il faut que ce second mandat soit celui de la transformation de notre ville. On voit la montée du techno-fascisme partout, il faut que les territoires soient des espaces de résistance, des laboratoires d’autonomie. Notre ville peut être celle du cosmopolitisme.

    LE VOTE RN

    Didier Gesualdi : Qu’est-ce que vous dites aux Marseillais qui votent massivement RN dans des quartiers dans lesquels on ne s’y attend pas forcément, comme les Accates ou la Valentine ? Ils sont loin de vos préoccupations écologiques, non ?

    Je n’en suis pas certain. Je me souviens justement d’avoir manifesté aux Accates pour la préservation des terres naturelles, à la Valentine contre une plateforme logistique et le tout-camion. Il y avait des CIQ, des riverains et peut-être que parmi eux, il y avait des personnes qui votent RN. Je pense que c’est par la proximité, la radicalité, la rupture avec un modèle libéral-productiviste, dont ils ne peuvent plus et qui est géré par des politiques de gauche comme de droite de la même façon. Il faut répondre à ces colères-là.

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Joseph Camilleri :

    Bonjour, pourquoi ne pas imaginer d’envisager que les bateaux de croisière ne puissent accoster aux abords de l’Île du Frioul plutôt que le port, afin d’éviter les tonnes de CO2 ? Merci.

    Il y a une vraie dépossession des Marseillais au niveau du Port. On voit bien qu’il y a un ras-le-bol de ce tourisme de masse des croisiéristes et qu’il faut imaginer un autre modèle. Il faut donc un scénario de sortie du croisiérisme qui ne doit pas être qu’à Marseille, mais sur la Méditerranée. On voit bien que d’autres villes, Venise, Naples, Gênes, Barcelone… ont imaginé une sortie de ces navires de leurs ports. Il faut des alternatives à ce modèle de tourisme insoutenable. Ça passe par une réglementation de la taille des navires et une reconversion. Je pense qu’on peut imaginer des activités autour des énergies marines comme l’énergie houlomotrice, on a des chercheurs à Marseille qui travaillent là-dessus. Ça passe aussi par de l’économie circulaire, en utilisant le foncier du Port et y compris les travailleurs du Port pour plus de circularité. C’est à long terme, mais tout cela se planifie. Ce qui est déplorable c’est que le Port, c’est-à-dire l’État, gère ça comme un notaire, en valorisant au mieux son foncier, en allant sur un projet de croisiérisme de luxe sur le J4. C’est inconcevable que cet espace soit à moitié privatisé avec d’un côté les ultra-riches, qui auraient leur super vue, et de l’autre les Marseillais qui auraient une perspective entravée par des gros navires.

  • Isabelle Épaillard : « Toutes les cités vont être passées en revue pour améliorer le quotidien »

    Isabelle Épaillard : « Toutes les cités vont être passées en revue pour améliorer le quotidien »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h30 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    Le plan Marseille en grand

    Didier Gesualdi : Avec le plan Marseille en grand, l’État investit massivement, produit des résultats mais on entend aussi des critiques, celles de la Chambre régionale des comptes qui trouve que ça ne va pas assez vite, celles de la droite qui trouve que les écoles ne sortent pas assez vite de terre… Pouvez-vous nous faire un point d’étape ?

    Je pense que nous avons bien avancé dans le cadre du plan Marseille en grand. Je voudrais vous parler plus particulièrement du volet logement. Dans le département des Bouches-du-Rhône, on estime qu’on a, à peu près, 100 000 demandes de logement social tous les ans. Évidemment, on n’y répond pas, parce qu’on fait rentrer en moyenne 8 000 personnes dans le parc social. Donc forcément, on a une contrainte forte qui est celle de la construction de logements. Ce n’est pas propre aux Bouches-du-Rhône mais c’est particulièrement vrai dans ce département et donc à Marseille. Il était important, dans le plan Marseille en grand, de poser ce volet du logement. Il se décline de deux manières. D’abord, dans tous les projets de rénovation urbaine que l’on travaille avec la Métropole et la Ville, on avance dans des comités de pilotages coordonnés. À Marseille, la rénovation urbaine, c’est dix projets. On estime qu’on est à 79% d’engagement. Ça veut dire qu’on a posé les jalons de la programmation de ce qu’on veut faire à près de 80%. On est censé avoir tout défini pour le 30 juin 2026…

    Didier Gesualdi : … sinon les crédits repartent ?

    C’est ça. Aujourd’hui Marseille se positionne au même niveau que les autres villes concernées par de la rénovation urbaine. Ensuite, je voudrais parler de la lutte contre l’habitat dégradé et les copropriétés privées dégradées pour lesquelles nous allons accélérer.

    Léo Purguette : C’est important d’engager les crédits mais il faut penser aussi aux gens. Êtes-vous inquiète sur les capacités de relogement des personnes ?

    C’est un point de préoccupation. Si on porte un projet de rénovation urbaine et qu’on s’intéresse à l’habitat dégradé, c’est qu’on s’intéresse avant tout aux personnes qui occupent ces logements. Le logement c’est fondamental, quand vous avez un toit au-dessus de la tête, vous êtes dégagé d’un certain nombre de contraintes et vous pouvez chercher du travail, vous occuper de vos enfants… Le logement reste dans notre pays, un ascenseur social. Aujourd’hui on a une vraie dynamique. On va voir les premières grues l’année prochaine. C’est bien la preuve que ces projets avancent.

    Les logements sociaux

    Léo Purguette : Est-ce qu’on construit assez à Marseille ?Dans le cadre de la rénovation urbaine, un logement démoli doit avoir un logement construit en face. En 2023, on était à 500 logements reconstituant l’offre, l’année dernière c’était 1 000, cette année on vise 1 600-1 700. Pour y arriver, il faut évidemment que les agréments rentrent dans la machine. C’est le travail que font la Métropole et les bailleurs avec l’aide des services de l’État.

    Didier Gesualdi : Des communes assument de ne faire aucun logement social comme Allauch. Peuvent-elles continuer à être hors-la-loi ?

    Le préfet a appliqué et applique ce qui est prévu par la loi.

    Didier Gesualdi : Mais ils préfèrent payer une amende que construire.

    Premier point, on applique la loi. Les communes qui ne réalisent pas 25% de logements sociaux payent une amende. Deuxième point, c’est la persuasion, l’accompagnement des projets. Et, vous avez raison, ils ne peuvent pas concerner que Marseille. Il y a des besoins de logements sociaux pour les habitants de ces communes. Il faut continuer d’investir. C’est pour ça que le préfet a proposé, avec une réaction de la Métropole et de certaines communes dont la Ville de Marseille, le dispositif de l’acquis-amélioré. De quoi s’agit-il ? De s’intéresser au logement dégradé existant comme les fameux trois-fenêtres marseillais. On peut venir accompagner un bailleur social avec un appui financier de l’État pour faire du logement diffus dans ce type de tissu urbain.

    La crise sociale

    Léo Purguette : Nous sommes confrontés à une crise sociale qui s’approfondit, les associations se mobilisent pour l’aide alimentaire mais que fait l’État pour que chacun puisse se nourrir correctement ?

    La précarité alimentaire dans notre département, notamment dans le centre-ville de Marseille ou dans les quartiers Nord, est préoccupante. L’État est présent avec un accompagnement financier entre 2,5 et 3 millions d’euros. On vient appuyer l’action des associations sur l’ensemble du département. Il y a aussi la nécessité de réfléchir dans la situation que l’on connaît, avec une situation sociale qui n’est pas facile vous l’avez souligné, à la coordination des actions. On a un dialogue avec toutes les associations présentes sur le territoire, je les ai réunies en juillet et en septembre. On a posé un diagnostic de ce qui est fait dans le département pour essayer de voir là où on ne va pas assez, là où on a peut-être des redondances, afin de mieux s’organiser ensemble, de se coordonner. Je veux souligner le rôle des bénévoles qui sont engagés sur le terrain et dans le cadre de cette organisation collective, l’État est particulièrement vigilant.

    Les transports

    Didier Gesualdi : Il faut avoir un toit mais aussi pouvoir se mouvoir. Le compte n’y est pas. Qu’est-ce que vous dites à ces habitants qui se sentent relégués, loin des transports ?

    C’est un vrai enjeu. C’est un des volets du plan Marseille en grand. C’est 500 millions d’euros. C’est un projet en grande partie orienté vers les quartiers Nord pour les désenclaver. Ça prend du temps, c’est des tracés qu’il faut construire, des marchés qu’il faut passer. Cela doit se construire de manière coordonnée, articulée avec les projets de rénovation urbaine. Quand il y a 10 projets de rénovation urbaine dans les quartiers Nord, ils doivent s’insérer dans les projets de transports. Tout cela se fait dans le même temps. On avance bien.

    Didier Gesualdi : Quand est-ce que ça va arriver ? On dit toujours aux gens de patienter… Les grues sont bientôt là ?

    C’est l’objectif du plan.

    Les cités éducatives

    Léo Purguette : Vous parlez de donner aux jeunes des quartiers populaires « d’autres perspectives ». Comment concrètement ?

    À Marseille et dans le département, on a 11 cités éducatives. C’est un dispositif mis en place depuis 2019 qui vient faire travailler les équipes pédagogiques des écoles, collèges et lycées avec les associations et les habitants. Nous y croyons parce que c’est un moyen de transmettre l’égalité des chances. Le fait qu’il est possible dans tous les quartiers d’avoir des rêves, de rêver de devenir ingénieur, un métier différent… Pour cela il faut qu’on accompagne ces jeunes. C’est le rôle de ce dispositif. Par exemple, le plan stages de seconde que j’ai commencé à initier cette année et qu’on va élargir à quatre lycées du 3e, du 13e et du 15e arrondissements. Ça vise environ 1 600 élèves pour leur montrer qu’ils peuvent choisir leur stage.

    Léo Purguette : Comment on fait quand on n’a pas de carnet d’adresses chez papa-maman ?

    Justement, je suis allé voir ces jeunes au lycée Diderot il y a 8 jours, avec le recteur, avec les entreprises qui vont proposer des stages. On travaille aussi avec des institutions pour élargir le champ des possibles.

    Les conditions de vie

    Léo Purguette : On avait parlé sur ce plateau avec Juliette Méadel lorsqu’elle était ministre, des conditions de vie dans les quartiers populaires. Elle parlait de faire pression sur les bailleurs pour réparer les ascenseurs, les boîtes aux lettres, garantir la propreté… Où en est-on de ce travail ?

    C’est la première étape. Quand vous rentrez dans votre immeuble et que votre boîte aux lettres ou les portes sont cassées, vous ne vous sentez pas respecté. C’est pour ça que la ministre en avait fait un cheval de bataille auprès des bailleurs sociaux. Dans les Bouches-du-Rhône, nous avons eu une application méthodique de cette volonté. Avec les communes concernées, la Métropole et la communauté d’agglomération Arles Crau Camargue Montagnette, nous avons fait des visites de terrain, pris des photos pour montrer ce qui n’allait pas.

    Léo Purguette : La ministre avait cité trois bailleurs en les menaçant de sanctions. Est-ce que ça va mieux ?

    Ça va mieux. Finalement un des trois bailleurs a été sanctionné donc il perdra son abattement de la taxe foncière.

    Léo Purguette : Lequel ?

    C’est 13 Habitat pour Notre-Dame-des-Marins. Pour l’année prochaine, ils n’auront pas d’abattement sur ces bâtiments-là. Et nous retournerons voir si la programmation de travaux, qui était prévue, est bien mise en place. Ce que je veux vous dire, c’est qu’on avait lancé cette opération dans les quartiers qui connaissaient les situations les plus dégradées, désormais, j’ai demandé qu’on l’étende à tous les bailleurs, toutes les cités, tous les immeubles qui seront passés en revue par les délégués de la préfecture parce qu’il faut qu’on soit dans une démarche continue d’amélioration. On le doit aux locataires. Un locataire qui voit qu’on respecte son environnement le respectera aussi.

    Léo Purguette : Les problèmes constatés ne relèvent pas tous de l’incivilité. Le narcotrafic pose les plus graves problèmes. Que pouvez-vous dire aux habitants qui vivent dans la peur ?

    Que l’État est à leurs côtés, qu’il est vigilant. Ce n’est évidemment pas un problème qu’on peut régler comme ça. Il y a les actions continues de la police qui ne lâche pas les quartiers, qui intervient, mène des enquêtes et des actions contre le narcotrafic. Et puis, pour faciliter la vie, il y a des actions d’accompagnement aussi pour que les habitants aient conscience qu’on est là à leurs côtés. C’est plutôt là que j’interviens via la médiation sociale, les actions aux pieds des immeubles pour donner d’autres perspectives.

    La République c’est quoi ?

    Isabelle Épaillard : « L’article 1er de notre Constitution dit qu’elle est indivisible, laïque et sociale. Et puis aussi, la République c’est notre devise, ces trois mots si beaux : Liberté, Égalité, Fraternité. Notre République est là pour garantir que chacun d’entre nous trouve sa place, arrive à grandir, à s’épanouir. C’est aussi un idéal de vivre ensemble. Je crois modestement, qu’à travers des actions menées dans mon champ d’activité, on contribue à cette République. »

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de
    Jacqueline : Bonjour. Je suis très inquiète par rapport au budget 2026. Si on prive les associations de moyens, la vie va encore plus se dégrader.

    Jacqueline a raison. Il faut que l’on soit vigilant sur le rôle des associations. J’ai été marquée par le rôle qu’elles jouent depuis que j’ai pris mes fonctions il y a un an. Un rôle fondamental de relais auprès des habitants et, pour moi, ce sont des interlocuteurs de tous les jours sur les questions de précarité alimentaire, dans le cadre de la médiation sociale, des activités qu’ils proposent, elles ont un réel dynamisme. Je ne sais pas, aujourd’hui, de combien le budget de la politique de la Ville sera concerné par les restrictions budgétaires qui sont annoncées. Je ne sais pas comment évoluera la discussion de la loi de Finances. Tout ce que je sais, c’est que j’ai une vigilance toute particulière pour les associations et que j’essaye de faire en sorte de les accompagner au mieux. Quand on a des difficultés, je n’hésite pas à monter des comités de financeurs. Je l’ai déjà fait cette année pour deux ou trois associations qui me préoccupaient et qui sont venues me voir. J’ai essayé de mettre autour de la table d’autres financeurs : les collectivités, éventuellement des fondations… Pour qu’on voie comment on peut passer une étape qui est compliquée et maintenir le service rendu et attendu par nos concitoyens.

  • Les commerçants de la rue de la République grevés par leurs loyers

    Les commerçants de la rue de la République grevés par leurs loyers

    Avec quelque 13 500 euros de loyer pour 185 mètres carrés, Alain Bétache, gérant du restaurant Chez Alain, rue de la République (2e), préfère jeter l’éponge : incapable d’assurer un montant qui représente plus de 50% de son chiffre d’affaires, il va accepter l’expulsion. Mais il n’abandonne pas pour autant « le combat » : faire en sorte que les loyers des locaux commerciaux soient encadrés, quand le sien relève « de l’emplacement et pas de la superficie » indique-t-il. Chose légale, assure son avocate, Maître Agathe Roblès, même s’il est possible de contester. « Mais la procédure, au fond, est très longue et les commerçants se font expulser avant par une procédure plus rapide, en référé », explique-t-elle.

    Un des commerçants de la rue dénonce des montants prohibitifs établis par des propriétaires « qui sont des fonds de pension et ont donc un objectif de rentabilité à remplir absolument », assure l’un d’entre eux. Tabac, pan cakes, restaurant, « c’est l’hécatombe », assure-t-il. Et de dénoncer, par la même occasion, des problèmes structurels patents, avec des caves qui prennent l’eau.

    La Ville en soutien

    « La Ville nous a soutenus immédiatement », se félicite Alain Bétache, qui se félicite aussi de la tenue de discussions avec le député marseillais Laurent Lhardit (PS). L’élu a déposé, le 14 octobre, une proposition de loi « visant à soutenir et valoriser les commerces de proximité » en encadrant le loyer des baux commerciaux. Parmi les principales mesures : supprimer la charge de la taxe foncière au locataire pour les baux commerciaux et professionnels, favoriser l’installation de commerces de proximité via la modification du Plan local d’urbanisme et permettre aux maires « d’engager une procédure visant à contraindre les propriétaires et bailleurs à remettre leurs locaux commerciaux sur le marché locatif lorsque le taux de vacance commerciale de la commune dépasse les 20% » au moyen d’une préemption « forcée ».

    Une solution nationale avec des leviers locaux que nos commerçants estiment indispensable pour arrêter l’hémorragie. Rue de Rome, rue Saint-Ferréol… La rue de la République n’est pas la seule concernée par les faillites, insiste Alain Bétache, particulièrement inquiet avec le coup d’arrêt mis aux Galeries Lafayette et un potentiel déménagement du Palais de justice.

    Les députés LFI Sébastien Delogu et Manuel Bompard se sont aussi fendus, le 8 octobre, d’une lettre à l’un des principaux bailleurs et au préfet, réclamant au premier une baisse des loyers, au second une révision et un encadrement. En France, plus de 10 000 commerces de détail et d’artisanat ont été perdus entre 2015 et 2020.

  • Renaud Muselier : « Notre pays dysfonctionne, il faut un fédéralisme à la française »

    Renaud Muselier : « Notre pays dysfonctionne, il faut un fédéralisme à la française »

    Ce week-end, Renaud Muselier, président Renaissance de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    Le Macronisme
    Didier Gesualdi : Quelle triste fin pour le macronisme nous sommes en train de vivre. Qu’en pense le président de Région Renaissance que vous êtes encore ?
    Triste fin… je ne sais pas comment ça va finir en fait. Je ne suis pas pour son départ, je pense que ça ouvre la porte à d’autres problèmes pour l’avenir. On a un Parlement, il faut qu’il trouve des solutions. Le problème, c’est que les parlementaires n’arrivent pas à s’entendre. Le fait qu’on ait voté le non-cumul des mandats fait que les députés sont aux ordres de leurs chefs de parti. Certains demandent le départ du président de la République, on en a eu quelques-uns avant lui. Avec des hauts et des bas. Quand ça va pas, si on fait partir le président de la République, qu’est-ce qui va se passer pour le prochain ?
    Didier Gesualdi : On a l’impression qu’il joue un peu avec les Français non ?
    Léo Purguette : Il y a de la colère dans le pays !
    Ce sont deux choses différentes. La colère est réelle, les incertitudes sont nombreuses, dans toutes les couches sociales. Du patron au salarié tout le monde déteste ce contexte d’instabilité donc il y a une sourde colère mais ce qui me gêne le plus, au-delà de ce sentiment que je partage quelque part, je n’arrive pas à comprendre que les parlementaires ne s’entendent pas. Ça m’énerve ! Leur façon de se comporter, de s’exprimer, de voter… Un jour je suis pour, un jour contre…
    Léo Purguette : C’est particulièrement caractéristique dans votre ancienne famille politique, LR, avec l’exclusion de 6 ministres qui viennent d’être nommés.
    Ils ne sont pas exclus… Je regarde ça avec un peu de sidération aussi. Je regarde la totalité du schéma là-haut qui est assez incroyable. Vous avez le RN, l’extrême droite, qui demande absolument la dissolution non pas pour régler nos problèmes collectifs mais pour voter une loi d’amnistie pour Mme Le Pen. C’est ça son problème à elle. Quant à M. Mélenchon, il veut absolument faire partir le président parce que des socialistes qui arrivent à vivre sans lui, reprennent du poids. Les communistes sont tiraillés là-dedans, je ne les vois pas trop au niveau national. Et vous avez le bloc central, où vous avez des trucs incroyables. M. Bayrou qui dit « c’est moi ou le chaos » en rentrant de vacances. On lui a dit, ben c’est toi. Au revoir et merci…
    Le bloc central

    Léo Purguette : Édouard Philippe d’Horizon qui demande le départ du chef de l’État, c’est assez significatif des dissensions qui règnent dans ce bloc central.

    Ou des stratégies complexes. Il a vu que dans les sondages, il était en train de s’effondrer donc il prend un autre chemin. Moi j’essaye d’être plus raisonnable. D’abord parce que je ne suis pas candidat à la présidence de la République. Quand on veut le devenir, si on peut gagner, on ne déstabilise pas la fonction.

    Léo Purguette : Êtes-vous favorable à la concession faite avec la suspension de la réforme des retraites et en cohérence avec le budget qui continent un certain nombre de reculs sociaux dénoncés par la gauche et les syndicats ?

    C’est deux questions en une. Sur la première, je pense que la réforme des retraites est indispensable. Il y a de moins en moins d’actifs, de plus en plus de retraités. Ce sont les jeunes qui payent pour les vieux et les vieux veulent partir de plus en plus tôt. C’est une inégalité sociale incroyable. Je suis pour la réforme des retraites. Une fois que j’ai dit ça, je ne suis pas pour la dissolution parce que c’est le chaos dans le pays. Donc chacun doit faire des efforts. Il y a une démarche à l’Assemblée nationale, s’il n’y a pas un mouvement sur la réforme des retraites, le gouvernement saute. Ça coûterait encore plus cher que de lever la plume de la réforme. Il faut que chacun fasse un effort. Sur la physionomie du budget, il faut laisser une chance au débat parlementaire. Je souhaite que chacun soit capable de discuter avec son voisin.

    Dissolution

    Didier Gesualdi : Certains ont peur de repasser devant les urnes, pourtant la dissolution pourrait clarifier les choses, non ?

    Moi, je n’ai pas peur des électeurs. J’ai fait 17 campagnes, j’en ai gagné 15. En général, c’est ceux qui ont été candidats une fois ou deux qui ont peur, ou ceux qui se disent « j’ai pas reçu les gens, j’ai traîné tout le temps à Paris parce que j’étais tranquille sans électeurs pour m’ennuyer ». Il n’y a pas à avoir peur du peuple mais quand vous faites une dissolution, tout s’arrête au niveau national. Donc ce qui pose question, c’est que pendant un moment bien particulier, plus rien ne bouge.

    Les municipales

    Léo Purguette : Vous êtes partisan de ce qu’on pourrait appeler un « socle commun » au niveau marseillais. Peut-il tenir localement alors qu’il a volé en éclat au plan national ?

    L’unité c’est toujours difficile. Quand les états-majors sont loin d’être exemplaires, forcément ça a des conséquences au niveau local. Mais ici je pense quand même que chez Renaissance, les LR, chez Horizon, chez les divers droite, les écologistes raisonnables, tous ceux qui composent ma majorité en réalité, il y a des gens qui se respectent, qui fonctionnent assez bien.

    Didier Gesualdi : En face, c’est qui l’ennemi ?

    Tous ceux qui sont candidats contre nous. Le RN s’est uni. LFI veut y aller et déteste le Printemps marseillais et Benoît Payan. Il y a les Verts qui ont décidé de soutenir le Printemps marseillais mais chez les Verts, je connais plutôt M. Barles qui était le chef des Verts depuis longtemps et qui était candidat la dernière fois, même s’ils s’étaient mariés entre deux tours. Aujourd’hui, il est plutôt proche de LFI. Chacun a ses problèmes et son histoire. Moi je trouve que cette mairie est mauvaise. Je disais à l’un de vos confrères de me dire ce que Benoît Payan a réussi. Il m’a répondu les JO ! Mais vous rigolez ou quoi ? ! C’est moi qui suis allé les chercher à l’époque quand il y avait Jean-Claude à la mairie. Et eux, ils votaient toujours contre !

    Léo Purguette : Benoît Payan a décroché le plus grand plan d’aides de l’État de l’histoire de Marseille.

    Vous me reprochez à moi d’être Renaissance et quand le président de la République Renaissance donne à Marseille, vous dites que c’est lui. J’espère que vous rigolez ! Ou alors c’est lui qui ment. Soyons sérieux.

    Léo Purguette : M. Sarkozy, ne vous avait pas beaucoup aidé quand vous étiez aux responsabilités.

    C’est pas parce qu’ils nous ont aidés ou pas beaucoup aidés qu’il faut donner la paternité de la victoire à l’adversaire.

    Léo Purguette : La maire de Marseille a récemment inauguré un parc Jean-Claude Gaudin. Quel regard avez-vous porté sur cela ?

    Je suis un peu mort de rire et triste à la fois. Mort de rire parce que c’est la honte absolue. Quand il y a eu la rue d’Aubagne, c’est lui qui organisait les trucs en criant « Gaudin assassin » et maintenant, c’est lui qui va nous expliquer que Gaudin était un homme merveilleux ? J’ai travaillé avec Gaudin suffisamment longtemps, j’ai eu une proximité avec lui que personne n’a eu dans cette ville, j’ai eu des difficultés avec Jean-Claude que personne n’a eu dans cette ville…

    Didier Gesualdi : …Est-ce que le Printemps marseillais n’a pas fait sortir Marseille de sa torpeur ?

    Non mais ça va bien là ? Pourquoi, il dormait ? On a eu Euroméditerranée, un certain nombre de choses quand même ! Et maintenant ça irait bien ? On connaît pas la même ville alors…

    Léo Purguette : Dans les enquêtes d’opinion, les Marseillais semblent dire que cela va plutôt mieux…

    Le dernier sondage on avait un point d’avance sur le Printemps marseillais, vous l’oubliez ?

    Léo Purguette : Comment analysez-vous le rapprochement Allisio-Ravier ? À moi la mairie, à toi le Sénat ?

    Vous avez M. Ravier qui représente le plus extrême de l’extrême et M. Allisio qui ne voulait pas lui parler. Donc oui, ils lui ont promis le Sénat.

    Didier Gesualdi : La droite va-t-elle courir après le RN dans cette campagne ?

    D’abord, c’est pas la droite, c’est une addition de forces pilotée par des gens comme Romain Simmarano, Mme Blanchard qui sont des jeunes, la génération pour Marseille. C’est la droite et le centre élargi.

    Décentraliser

    Didier Gesualdi : Il faut un geste de décentralisation ?

    Il faut aller beaucoup plus loin que ça. La loi 3DS, c’était des ajustements législatifs et réglementaires des dysfonctionnements français, ce n’est pas ça la décentralisation. Il faut faire ce que propose M. Borloo : un fédéralisme à la française où les territoires ont la capacité de faire et l’État s’occupe du régalien.

    Léo Purguette : Ça veut dire une autonomie fiscale pour les Régions ?

    Oui. Regardez on s’occupe bien des lycées, on les a tous refaits, ils étaient tous pourris, c’est la Région qui l’a fait, pas l’Éducation nationale. Là, c’est la Région qui paye le nouveau Samu qui arrive à Marseille. Est-ce que c’est dans notre mission ? C’est plutôt à l’État non ?

    Léo Purguette : Justement, ça ne vous fait pas craindre qu’avec une nouvelle décentralisation, il y ait une nouvelle déresponsabilisation de l’État ?

    Pourquoi on ne pourrait pas nous faire confiance à nous les élus locaux. On pleure pour avoir 4 euros 50 et quand on les a, on nous prend 1 euro 50…

    Personnalité régionale

    Didier Gesualdi : Vous avez été désigné personnalité régionale de l’année par le Trombinoscope. Il n’y a pas beaucoup de macronistes qui remportent des prix dans la période…

    Oui, ça m’a fait vraiment plaisir. J’ai passé ma vie et je passe ma vie à essayer de développer, de valoriser ce territoire, à trouver des solutions. J’ai amené les Jeux olympiques, je suis allé chercher les fonds européens, je travaille contre la désertification médicale… Là c’est un panel de journalistes qui s’est prononcé et j’ai gagné, moi le Marseillais, le bébé Chirac, un amoureux de la vie qui essaye d’aider son pays. Ou alors peut-être que les autres sont très très mauvais et que c’est pour ça que j’ai gagné.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Nathalie :

    Bonjour. Pourquoi s’obstiner sur la privatisation du rail alors que ça a été une catastrophe partout en Europe ?

    Ça n’a pas été une catastrophe dans toute l’Europe et ça a été très instructif d’arriver les derniers dans l’appel à manifestation d’intérêt, justement parce qu’on a vu là où ça ne marchait pas et là où ça marchait. Ça a été une catastrophe en Angleterre, un semi-succès en Italie, plutôt un échec en Espagne, un semi-succès en Allemagne, d’ailleurs parce que Transdev s’en occupe chez eux. En arrivant les derniers, on a vu ce qu’il ne fallait pas faire. Globalement, c’est plutôt un très gros succès. Sur les trains -à la louche- on perdait 365 millions d’euros par an, un million par jour ! On avait 80% de trains à l’heure. Aujourd’hui on est à l’équilibre et on a 97% de trains à l’heure. On a fait trois lots. Un a été gagné par la SNCF, l’autre par Transdev, ça marche plutôt bien. On vient d’attribuer le troisième, ce vendredi, pour le train des Alpes. C’est la SNCF qui a gagné, loin devant. Donc quand ils veulent, ils peuvent.

    Par ailleurs, on a diminué de 20% le prix des abonnements, parce qu’on a bien réalisé qu’il y a une gare à moins de 10mn de chaque habitation. Comme on ne peut pas faire de routes, d’autoroutes supplémentaires, on refait les gares.

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    Sa candidature

    Didier Gesualdi : Les communistes de Marseille viennent de vous désigner chef de file. C’est un peu tôt alors que le maire n’est toujours pas déclaré ?

    Les communistes sont des gens organisés qui aiment anticiper. Nous avons eu jeudi une assemblée générale des communistes de Marseille. Nous sommes nombreux, motivés et engagés dans cette ville. Nous avons traité plusieurs questions : quelle stratégie ? Quel programme nous souhaitons mettre en débat ? Et quel chef de file ?

    Didier Gesualdi : Benoît Payan a-t-il raison de ne pas se dévoiler alors qu’on sait qu’il sera la tête d’affiche ?

    Vous lui poserez la question. Il est maire de Marseille, il fait du bon travail. Il a encore des choses à faire avant la fin de son mandat. Ça ne nous pose pas de problème dans cette phase de réflexion et de propositions. Nous initions le débat et nous serons heureux quand chacun nous rejoindra dans ce débat.

    Léo Purguette : Vous êtes professeur de médecine, cancérologue réputé, ce n’est pas le profil habituel d’un candidat communiste et pourtant vos camarades vous ont désigné à l’unanimité. Qu’entendez-vous incarner dans cette campagne ?

    C’est vrai. Je suis en effet professeur de médecine, cancérologue, je suis aussi un enfant des milieux populaires, de la classe ouvrière et je n’oublie pas d’où je viens. Enfant, j’ai été marqué par une chanson de Jean Ferrat, l’un des artistes qu’on écoutait beaucoup à la maison, dans laquelle il disait « je rêve d’un monde où on n’est pas toujours du côté du plus fort ». C’est ce qui m’anime. Je suis heureux de participer à l’effort collectif des militants d’un parti qui a toujours été du côté de ceux qui n’ont pas grand-chose et qui cherche à améliorer leur quotidien. C’est dans cet esprit que je me trouve et c’est pour ça que je suis candidat à la demande des communistes. Qu’ils me demandent d’être leur chef de file à l’occasion des élections municipales, c’est un grand honneur qu’ils me font.

    LE MOUVEMENT SOCIAL

    Léo Purguette : Quand vous entendez Sébastien Lecornu parler de rapprocher le salaire net et le salaire brut, que répondez-vous ?

    Je tremble parce que je vois bien que cela signifie saper le financement de la Sécurité sociale. On en fête le 80e anniversaire. C’est une avancée majeure. La plus grande avancée médicale que l’on ait connue car elle met à disposition de chacun les soins dont il a besoin. N’importe quelle innovation thérapeutique n’a aucune valeur si elle n’est pas accessible. Ce que propose le Premier ministre, c’est exonérer les patrons de leur responsabilité dans l’augmentation des salaires et une façon de saper la Sécurité sociale.

    Didier Gesualdi : La rue est en train d’imposer un débat sur la taxation des hauts revenus mais elle a régulièrement perdu ces dernières années. Que faut-il faire ?

    Il ne faut pas se décourager. C’est un combat éternel qui a commencé avec Spartacus, il s’est poursuivi pendant la Révolution française dans notre pays. Je mets en garde les ultra-riches de notre pays qui s’efforcent de ralentir toute tentative de partager un tout petit peu leur richesse. Je leur dis : un jour, il y a eu la nuit du 4 août, et les privilèges de l’ancien régime ont disparu en fumée. Leur attitude est totalement indécente. La taxe Zucman, c’est une taxe très sociale-démocrate, pas une taxe révolutionnaire. Si les communistes étaient au pouvoir, c’est d’autre chose dont on parlerait. Là il s’agit de prendre à 1 800 milliardaires 2% de leur richesse.

    Léo Purguette : Ça vous inquiète le rapprochement RN-socle commun pour se répartir des postes à l’Assemblée nationale ?

    Oui, lorsque le pouvoir de l’argent se sent menacé il est capable du pire. La réponse, c’est la mobilisation populaire pour remettre les questions de classe au cœur du débat.

    LA MÉTHODE

    Léo Purguette : On entend vos propositions, vous êtes là pour les incarner, quelle sera votre méthode pour les faire cheminer dans le rassemblement de la gauche ? Vous allez dialoguer avec le maire de Marseille ?

    D’abord, nous mettons nos propositions en débat avec la population. Elles ne sont pas à prendre ou à laisser. Notre parti politique est un intellectuel collectif. D’où l’intérêt d’avoir des structures organisées qui permettent aux gens de réfléchir ensemble. Ces propositions, les communistes eux-mêmes les ont travaillées collectivement. Nous espérons qu’elles seront discutées, probablement amendées avec la population et avec nos partenaires. Tout fait l’objet de discussion. Nous voulons construire, nous voulons rassembler. Vous savez, la radicalité pour nous, ce n’est pas se positionner dans un coin de la pièce en répétant des mantras qui ne deviendront pas réalité. Nous voulons le rassemblement, c’est pour nous la manière d’accéder à la radicalité.

    Léo Purguette : Vous avez été élu chef de file sans jamais avoir exercé de mandat. Est-ce un signal envoyé en pleine crise de confiance vis-à-vis de ce que d’aucuns appellent la « classe politique » ?

    C’est une observation qu’on peut faire. Je suis professeur de médecine et oncologue médical mais je suis surtout le salarié d’un hôpital. Je travaille, je me lève le matin, je trouve que c’est plutôt pas mal que des gens qui sont engagés dans le combat politique y compris dans un mandat électif puissent être de plain-pied dans les réalités du monde du travail. On parle de moi parce que je suis chef de file mais dans le vivier des candidats communistes, il y aura toutes les composantes du monde du travail représentées.

    LA PAIX

    Léo Purguette : Les communistes prônent la paix mais comment y parvenir ?

    La paix, c’est un marqueur de notre parti. Nous voulons que Marseille joue un rôle majeur dans le combat pour la paix, du fait de son histoire, de son brassage de population, de sa position en Méditerranée…

    Léo Purguette : Vous avez apprécié le jumelage avec Bethléem ?

    Bien sûr, nous avons félicité le maire pour cette initiative qui rapproche les peuples. On est tous dégoûtés par les massacres qui se passent à Gaza, nous demandons le cessez-le-feu immédiat, la libération des otages des terroristes du Hamas, des sanctions contre le gouvernement israélien… Il faut aller plus loin que la reconnaissance d’un État palestinien et rester unis ici. Le racisme et l’antisémitisme sont des poisons qui divisent les peuples. C’est inacceptable. Pendant la Seconde guerre mondiale, nous avons été ceux qui ont organisé la Main-d’œuvre immigrée (MOI) y compris juive qui a lutté contre l’occupant. Des dizaines de héros communistes issus de cette communauté sont tombés. Nous ne laisserons jamais rien passer en matière d’antisémitisme.

    L’EXTRÊME DROITE

    Didier Gesualdi : Le climat de la campagne est-il de nature à mobiliser les électeurs ?

    La politique c’est sérieux. Il ne faut pas montrer des exemples qui ne sont pas toujours les plus attractifs. La quasi-fusion entre le RN et la composante ignoble constituée par Stéphane Ravier est de nature à inquiéter les citoyens de cette ville, les démocrates. Il va falloir réfléchir à construire un grand front démocratique contre la menace du RN.

    Didier Gesualdi : Que dites-vous à ses électeurs ? Vous les considérez comme des nazis ?

    Nous n’avons jamais fait partie de ceux qui considèrent les électeurs du RN comme des nazis. C’est totalement déplacé. Beaucoup de ces électeurs sont issus des classes populaires, nous ne pouvons pas mener la lutte pour la transformation sociale en méconnaissant cette réalité. Comment fait-on ? On parle des questions sociales, on répond aux questions que se posent les gens, on affronte le sujet de la sécurité et on ne renonce jamais sur l’égalité, sur la justice.

    LE PRINTEMPS MARSEILLAIS

    Didier Gesualdi : Vous prônez l’union autour du Printemps marseillais qui a connu un certain nombre de dissensions. Est-ce encore possible un « Printemps marseillais 2026 » ?

    C’est une des questions débattues à l’assemblée générale des communistes de Marseille jeudi soir. Est-ce qu’on doit renouveler la stratégie du Printemps marseillais ? Nous avons répondu massivement oui à cette question avec deux raisons principales. La première, c’est qu’il y a un danger réel à Marseille avec un RN qui est en train de solidifier ses positions et qui avance ses pions petit à petit. Dans cette situation, les communistes ont un rôle à jouer pour alerter du danger et pour organiser la résistance. La deuxième, c’est que nous faisons partie des premiers initiateurs du Printemps marseillais, en 2019 avec ce qu’on appelait le « mouvement sans précédent » et donc c’est un peu notre propriété aussi. Nous avons des droits sur cette construction de partis politiques et de citoyens et nous avons forcément des améliorations à apporter. Il faut tenir compte du bilan que nous jugeons bon et aussi de ce qu’il faut faire pour à nouveau convaincre les Marseillais que nous avons besoin d’un mandat supplémentaire pour continuer de transformer la ville.

    Léo Purguette : Quel bilan tirez-vous de l’action des communistes dans le Printemps marseillais ?

    Les communistes qui ont débattu jeudi, considèrent que le bilan des élus communistes et notamment des adjoints est bon, très bon. Il a contribué à transformer la ville. Je pense à l’action de Jean-Marc Coppola dans le domaine de la culture, à celle d’Audrey Garino, dans le domaine de la Solidarité, à celle d’Aurélie Biancarelli pour l’amélioration des conditions de vie étudiantes. Je pense aussi au rôle fantastique joué par Nathalie Tessier dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, le combat pour l’égalité femme-homme. Je pense enfin à Marie-Josée Cermolacce qui était en charge de l’accueil des nouveaux habitants et qui a pu démontrer au cours des dernières années que la population de la ville augmente. C’est le reflet de nos acquis en matière de politiques publiques si Marseille attire de nouveaux habitants.

    Léo Purguette : Il reste encore beaucoup à faire dans une ville traversée d’inégalités.

    Le bilan n’est jamais la raison pour laquelle on gagne. Ce qui va emporter la décision, c’est ce qu’on propose. Nous les communistes avons un apport original : nous voulons que se trouvent au cœur de la campagne, les intérêts du monde du travail. Dans cette alliance que nous allons construire avec d’autres partis politiques et citoyens, nous voulons incorporer ces aspirations. En matière de santé, nous proposons par exemple de construire avec l’AP-HM des centres de santé répartis partout sur le territoire, dans chaque arrondissement.

    LA SÉCURITÉ

    Didier Gesualdi : On ne vous entend pas parler de sécurité. Ce n’est pas important pour le PCF ?

    Pas du tout. Nous ne sommes pas de ceux qui la mettent de côté. Nous avons lancé, à l’initiative du sénateur Jérémy Bacchi et d’un certain nombre de personnalités marseillaises, ce qui s’est appelé « l’appel de Marseille » pour pointer l’urgence qu’il y avait à mener la lutte contre les narcotrafics de manière implacable. En donnant les moyens à la police, à la justice, à la lutte contre le blanchiment, en allant chercher les trafiquants. Et en même temps en développant la justice sociale, l’égalité républicaine dans les quartiers populaires. Les communistes ont été dans le siècle précédent, avec François Billoux, de grands artisans de la lutte contre le crime organisé. Nous pouvons aujourd’hui prendre la tête d’une grande coalition citoyenne qui se donnera l’objectif de débarrasser les quartiers des mafias.

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Gabriel :

    Bonjour, qu’allez-vous faire pour le logement ? Il faut construire massivement des logements sociaux dans tous les arrondissements comme à Paris.

    Bonjour. Oui je suis d’accord, il faut construire massivement comme à Paris. Dans les priorités que les communistes ont adoptées jeudi, il y a un grand programme de logements publics qui soient accessibles, de haute qualité environnementale et implantés dans un cadre doté en services publics car on ne fait du logement dans un désert. Nous voulons aller jusqu’à 40% de logements publics à l’échelle de la ville. Je parle de logements publics, c’est une autre façon de parler de ce qu’on a appelé le logement social et qui est devenu connoté. Nous, par ce terme de logement public, nous voulons affirmer que le logement public, ce ne doit pas être considéré comme du logement pour personne dans la grande misère. C’est le logement des gens qui travaillent, qui ne peuvent pas passer des milliers d’euros dans leur loyer. C’est le logement des infirmières, des ouvriers, des policiers… C’est aussi une manière de souligner l’effort public qui doit être mis en œuvre pour construire ce type de logements en s’appuyant sur les bailleurs sociaux notamment.

  • Sophie Camard : « Martine Vassal, c’est la candidate du retour en arrière »

    Sophie Camard : « Martine Vassal, c’est la candidate du retour en arrière »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h30 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    La campagne des municipales

    Léo Purguette : Est-on déjà dans la campagne ?

    Pour nos adversaires oui. De notre côté, ce qui compte pour moi, c’est qu’on a fait le démarrage de campagne du Printemps marseillais avant les candidats. Samedi matin dernier, 1 500 personnes à la maison de l’Arménie, c’était un signal positif. On revient aux sources de ce qu’a fait le Printemps marseillais en 2020, dans un autre contexte. C’est-à-dire qu’on remobilise notre base militante et les habitants. On revient au message de base du Printemps marseillais : transformer la ville avec un mouvement citoyen et ce mélange un peu particuliers de partis politiques et de citoyens.

    Didier Gesualdi : 5 ans après votre opposition ne cesse de dire que Benoît Payan a volé l’élection de Michèle Rubirola.

    Pour moi, celle qui a volé l’élection, c’est Martine Vassal puisqu’elle oublie à chaque fois de dire que c’est elle qui a perdu. Elle a perdu la mairie des 6-8, elle a perdu le conseil municipal et elle s’est ensuite présentée à la Métropole par revanche politique. Je rappelle que Benoît Payan a gagné les 2-3, Michèle Rubirola les 4-5, Olivier Fortin les 6-8 et moi les 1-7. Ça me rappelle un peu Trump face à Biden. On est face à une droite tellement traumatisée de perdre le pouvoir en 2020, qu’elle a fait un arrêt sur image. Ils n’ont jamais accepté les résultats et là, ils font un redémarrage de campagne où on a l’impression qu’ils ont réappuyé sur la touche de 2020 et on les voit revenir avec les mêmes candidats que ceux qui ont perdu en 2020. Ils reviennent avec la même communication « Marseille à feu et à sang avec le Printemps marseillais » On est seulement au mois de septembre, on se demande ce que ça sera en mars. Et puis, un climat d’affaires judiciaires, et une annonce de campagne où je me suis demandé si c’était Martine Vassal ou Marine Le Pen qui se lançait.

    Léo Purguette : À ce point ? Oui, faire sa rentrée politique en disant « la cause de tous les problèmes, c’est l’immigration », c’était assez spectaculaire.

    Léo Purguette : Elle a fait ce lien sur un fait divers de votre secteur sur lequel vous avez fait le choix d’assez peu vous exprimer.Ah si ! J’ai fait des déclarations claires et nettes. Lorsque la situation était parfaitement maîtrisée et que tout s’est transformé en bad buzz sur les réseaux sociaux, j’ai vraiment réagi très formellement. On est en République. L’état de droit, c’est juger les individus sur les actes qu’ils commettent, pas sur leurs origines ou leur nationalité. J’ai rappelé que Belsunce était un quartier avec beaucoup de personnes d’origine étrangère qui sont aussi les premières victimes de ce qu’il s’y passe. On pourra en reparler.

    La candidature de Martine Vassal

    Didier Gesualdi : Que pensez-vous de ce démarrage de campagne ?

    Pour moi, Martine Vassal, c’est la candidate du retour en arrière. C’est-à-dire que ses soutiens veulent reprendre là où ils en étaient en 2020. Qui veut revenir en arrière ? Qui veut revenir à la situation de 2020, où il y avait une crise humanitaire due à l’évacuation des personnes délogées et où il n’y avait même pas de direction de lutte contre l’habitat indigne ? Qui veut revenir avant 2020 où on avait une adjointe aux écoles qui ne savaient même pas combien Marseille comptait d’écoles et qui disait que si les écoles étaient dégradées c’était la faute des enfants ? Aujourd’hui on a un plan écoles d’un milliard, on est passé de 20 ans de retard à 10 ans d’avance dans les nouvelles écoles. Qui veut revenir à avant 2020, où les musées, les bibliothèques, les cantines, les crèches étaient en permanence en souffrance et parfois fermés par manque de personnel ? Qui veut revenir avant 2020 où on nous prédisait la tutelle de l’État sur les finances de la Ville ? Ce n’est pas assez signalé mais nous avons non seulement recruté, renforcé les services publics mais aussi diminué la dette de Marseille. Martine Vassal dirige la Métropole – 5 milliards d’euros -, le Département – 3 milliards d’euros – avec des finances qui vont très très mal. On n’a pas de leçon à recevoir.

    Léo Purguette : Quand elle dit sur ce plateau que dans le magazine bilan de la majorité 80% des réalisations sont dues à la Métropole, vous n’êtes pas d’accord ?

    Quand ça va bien, c’est le bilan de Martine Vassal, le reste c’est Benoît Payan ? Il faut rester sérieux 5mn. Je peux confirmer que, quand l’État, la Métropole et la Ville font ensemble, oui ça permet d’avance. Mais dans ce cas-là, pourquoi dit-elle que Marseille va si mal ?

    Les liens avec la métropole

    Didier Gesualdi : Vous travaillez avec la Métropole…

    La Métropole a beaucoup d’argent et beaucoup de pouvoir. Martine Vassal termine son mandat sur ses grandes compétences avec un fiasco total dans les transports. Les déchets, la propreté, ça remonte de partout, ça ne va pas. Encore trop souvent, elle bloque un certain nombre de demandes que nous lui faisons. Elle a même refusé de mettre une maison des projets dans un immeuble de la Métropole pour expliquer aux Marseillais tout ce que nous faisons ensemble avec la rénovation urbaine sur le centre-ville. Comme si ça devait nous bénéficier à nous, alors que c’est juste l’intérêt commun. Il y a un récit qui ne fonctionne pas. Si elle a tant d’argent et de pouvoir, pourquoi elle critique la situation de Marseille ?

    Léo Purguette : Ça, ce sont vos rapports tendus, mais les Marseillais que vous rencontrez comme maire de proximité, vous disent-ils que tout va bien ?

    Ils me disent que Marseille change, qu’ils ne veulent pas revenir en arrière. Ils me disent qu’ils ont conscience qu’il a de grands sujets qui nous dépassent. Accuser Benoît Payan ou Sophie Camard de la drogue ou des coups de couteau, c’est quand même un peu ridicule. Nous avons libéré beaucoup de projets et d’énergie dans cette ville. Ce n’est pas anecdotique d’avoir remis beaucoup de culture dans l’espace public, d’avoir redressé les écoles, les crèches, la police municipale aussi. Les gens m’en parlent. Après, ils ont bien compris qu’il y a un débat politique qui leur échappe et dont ils ne veulent plus entendre parler, c’est cette opposition Métropole-Ville, Vassal-Payan. C’est pourquoi l’élan transformateur du Printemps marseillais devra, demain, s’étendre à tous les secteurs de la Ville et à la Métropole. Nous voulons l’alignement de la chaîne de commandement.

    Le Premier ministre

    Léo Purguette : La situation nationale est très bloquée. On a un Premier ministre sans gouvernement, un mouvement social qui se déploie. Quelle issue possible ?

    Ce qui m’intéresse dans la situation actuelle, c’est que pour une fois, comme on n’a plus de gouvernement, on a un mouvement social qui met des sujets sur l’agenda politique. Habituellement, on fait des manifestations contre ce que le gouvernement cherche à imposer. C’est un moment très particulier, le mouvement social qui fixe les grands sujets : la Palestine, l’injustice fiscale, les privilèges des milliardaires, l’idée d’aller chercher l’argent là où il est…

    Léo Purguette : Cela débouchera-t-il sur une dissolution ?

    Je m’en méfie car derrière, c’est l’extrême droite. Il faut maintenir la mobilisation. La situation doit se résoudre par des mesures fortes que le mouvement social exige.

    La sécurité

    Didier Gesualdi : Parmi les reproches faits à Marseille, il y a les incivilités et l’insécurité. La réponse est du côté de l’État mais pas seulement. N’avez-vous pas mis un peu trop de temps à vous préoccuper de la question ?

    Je rappelle que dès 2020 nous avions inscrit le doublement de la police municipale dans notre programme. C’est un engagement tenu. Quand nous sommes arrivés aux manettes, nous avons constaté qu’il y avait à peine une équipe de nuit de police municipale pour toute la ville, que pour les fameuses caméras dont on parle, il n’y avait pas les ressources humaines pour exploiter les images et le centre de supervision urbain était insuffisamment doté. C’est nous qui avons recruté, rajouté des brigades maritimes et équestres, qui avons ouvert le poste de police de proximité sur la Canebière, qui avons fait refluer les difficultés à Noailles de manière spectaculaire. Je ne trouve pas du tout qu’on a été aux abonnés absents sur le sujet, bien au contraire. Je pense même que cela a surpris et mis en difficultés nos adversaires qui ne s’y attendaient pas.

    Les forces en présence

    Didier Gesualdi : Vous tapez beaucoup sur Martine Vassal mais quid du RN dont on vous entend peu parler ?

    On en parle de manière indirecte parce que, oui, ça nous inquiète cette fusion de discours entre LR et l’extrême droite. Très clairement, il y a une question qui est posée sur des éventuelles fusions de liste au second, au troisième tour ? On n’en sait rien. Il y a un vrai problème de repérage des forces politiques en présence. Qu’est-ce que ça veut dire la droite à Marseille aujourd’hui par rapport à l’extrême droite ? Je me pose vraiment des questions sur le discours. L’extrême droite est très présente sur le terrain. On peut se retrouver avec un duel gauche-extrême droite.

    Didier Gesualdi : Pourquoi les Marseillais votent pour elle selon vous ?

    Je ne pense pas que Marseille soit isolée des grandes tendances mondiales, nationales, de tout ce climat de fachosphère qui règne dans le pays… Je mesure l’utilité des élus de proximité. On est sans cesse au corps à corps sur des fausses rumeurs, des propos qui n’ont pas lieu d’être… Il y a beaucoup d’angoisse qui s’exprime, beaucoup de peur dans la tête des gens.

    Léo Purguette : Parmi les forces en présence, il y a la FI. Vous étiez suppléante de Jean-Luc Mélenchon, en 2020 vous aviez fait partie de ceux qui ont voulu le Printemps marseillais. N’y a-t-il pas ici aussi une touche pause actionnée ? C’est définitif ?

    Du côté de la France insoumise, pour le moment, je ne vois pas trop de son pas trop d’image. Ce ne sont pas juste des déclarations sur les réseaux sociaux qui manifestent une entrée en campagne. Une campagne, c’est un programme, des candidats, des débats… Effectivement, ils ne veulent pas faire de liste avec nous. Nous sommes les élus sortants, le Printemps marseillais, on va mettre un bilan en débat pour aller plus loin. Qui va nous aider ? Nous renforcer ? Je fais un appel aux citoyens. Je me méfie des étiquettes politiques, surtout à Marseille, l’électorat de gauche peut évoluer d’une élection à l’autre. Je fais confiance aux électeurs de gauche pour faire les bons choix aux bons moments.

    Léo Purguette : On ne sait pas si certains vous rejoindront mais d’autres semblent vouloir vous quitter comme l’écologiste Sébastien Barles. C’est définitif ?

    Je rappelle qu’il avait fait une liste autonome en 2020.

    Léo Purguette : Vous n’aviez pas géré 5 ans ensemble…

    Didier Gesualdi : Il veut être calife à la place du calife ?

    Je ne sais pas, il faut lui demander. Il a été adjoint au maire tout le long, chargé de la transition écologique, il a eu un certain nombre de moyens à sa disposition. Il lui appartient de s’exprimer mais au départ, il était déjà sur une liste qui n’était pas celle du Printemps marseillais.

    Nicolas Sarkozy

    Didier Gesualdi : La condamnation de Nicolas Sarkozy n’est pas de nature à rapprocher les électeurs de la politique…

    Ça c’est sûr. En 2007-2008, c’est ce qui m’a fait reprendre un engagement politique. J’étais déjà à Marseille, c’était le grand début de la brutalisation de la vie politique. On dirait que tout le monde réalise maintenant la gravité des faits qui lui ont été reprochés. Il y a depuis des années, une certaine bienveillance à ne pas mesurer le caractère historique de ce qui se passe avec M. Sarkozy. Quand on dit « c’est la première fois qu’il y a une peine de prison ferme », ce n’est pas vrai. Il a été condamné dans l’affaire Bismuth, il a eu le bracelet électronique, puis l’affaire Bygmalion et là, c’est la troisième affaire avec le financement libyen. Il a en fallu du temps !

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de
    Karim Bendjaballah : Bonjour, qu’est-ce que vous faites pour améliorer Noailles ?

    Je suis très fière de ce qu’on a fait à Noailles. J’ai été élue sur les sujets de la rue d’Aubagne. On a eu la chance de pouvoir installer une Société publique d’intérêt national. Énormément de changements se voient à Noailles, il y a des travaux de voirie dans tout le quartier, tous les réseaux électriques ont été refaits. L’équipement de proximité qui sera un lieu ressource sur le lieu de l’effondrement va s’ouvrir au printemps. Le centre social, promis depuis 10 ans est en travaux. Il devrait pouvoir ouvrir en 2027 et en attendant, l’année prochaine on va pouvoir ouvrir un équipement associatif au 44, rue d’Aubagne. Il y a eu les opérations de police de proximité qui ont énormément soulagé et qui tiennent dans le temps. J’ai commencé le mandat en sentant mes adversaires politiques qui se frottaient les mains sur Noailles en se disant « ils ne vont pas y arriver ». Aujourd’hui l’ambiance a changé à Noailles. Karim, si vous habitez Noailles vous pouvez le voir tous les jours dans votre rue. On est en train de changer d’ère. À tel point que les prix remontent. C’est pour ça qu’on avait prévu, sur le foncier public qu’on va réhabiliter, des logements sociaux qui correspondent aux besoins des habitants. On va essayer de tout mettre en œuvre pour qu’il n’y ait pas d’emballement à la spéculation. On va maîtriser cela.

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