Tag: Robert Ménard

  • [Rétro 2025] Gard : abattoir sauvé, halles critiquées

    [Rétro 2025] Gard : abattoir sauvé, halles critiquées

    Fermé mi-janvier suite à la liquidation judiciaire prononcée en décembre 2024 par le tribunal de commerce, l’abattoir d’Alès a pu être sauvé in extremis au prix d’une privatisation de l’outil.

    Après plusieurs mois de procédures et de travaux de remise aux normes, la structure reprise par Olivier Roux, l’ancien directeur de l’abattoir de Tarascon et actuel patron d’Atelier spécialisé viande (ASV), a finalement pu rouvrir ses portes le 11 septembre. A peine 11 salariés y travaillaient à la reprise contre une vingtaine auparavant. Essentielle, l’installation, qui ne tourne qu’à 50%, va devoir faire ses preuves pour durer.

    Les halles de la discorde

    A Nîmes, un projet qui aurait pu sembler consensuel fait jaser. Il s’agit de la rénovation programmée des halles historiques (140 ans). Le flou entretenu par la municipalité de Jean-Paul Fournier est tel qu’en mai, un collectif a fait part de ses craintes, réclamant une véritable concertation. L’absence d’objectif ou même de visuel de ce que sera le lieu en 2029 suscite la méfiance. Combien d’étals demeureront ? Ce lieu de vie peut-il se gentrifier et devenir un lieu de consommation bling bling, comme à Béziers où les halles privatisées par Robert Ménard ont changé d’atmosphère et de clientèle ? A Nîmes ou Béziers, les halles, enjeu des municipales.

  • [Rétro 2025] À Béziers, Ménard s’en prend encore aux quartiers populaires

    [Rétro 2025] À Béziers, Ménard s’en prend encore aux quartiers populaires

    Interdiction de la vente des canettes de bière à l’unité, zèle pour la construction d’un centre de rétention administrative… On ne compte plus les fois où, en 2025, Robert Ménard s’en est à nouveau pris aux populations précaires, quelles que soient leurs nationalités.

    L’une de ses décisions unilatérales les plus commentées fut sans doute le choix d’étendre, durant tout l’été (vacances scolaires incluses), son arrêté municipal instaurant un couvre-feu pour mineurs de moins de 15 ans. Une mesure motivée à l’époque par les émeutes dans les banlieues (suite à la mort du jeune Nahel tué par un policier), qui avait déjà fait réagir en 2024, bien que le Conseil d’État n’ait pas jugé opportun de l’annuler.

    N. Cossange : « Mépris de classe »

    Se sentant pousser des ailes, le shérif de la cité Paul Riquet a donc remis ça en ciblant des quartiers populaires. De 23h à 6h du matin, les mineurs de moins de 15 ans résidant en centre-ville, à la Devèze ou à Irranget-Grangète se sont donc vus confinés chez eux jusqu’au 30 septembre, mais aussi pendant les vacances scolaires et la nuit d’Halloween, le 31 octobre. Le tout sous couvert de lutter contre le trafic de drogue.

    « Robert Ménard réduit la question de la délinquance aux quartiers populaires. Il affiche un mépris de classe qui est aussi un aveu d’impuissance : sa politique de ravalement de façade sans lien avec la nécessité de services publics est un échec », commentait alors l’opposant Nicolas Cossange (PCF).

    Du côté de la LDH 34, Sophie Mazas n’en démord pas. « L’article 34 de la Constitution dit que toute mesure de restriction de liberté doit se faire au niveau du Parlement. Son arrêté est directement contraire à la loi. »

  • À Béziers, la gauche veut tourner la page Ménard

    À Béziers, la gauche veut tourner la page Ménard

    Tourner la page Robert Ménard. À Béziers, à trois mois des élections municipales, beaucoup espèrent ravir le fauteuil de maire à l’édile d’extrême droite après deux mandats ayant fait des dégâts dans la cité de Paul-Riquet. À gauche d’abord. Le Printemps de Béziers, liste composée de neuf partis et menée par l’écologiste Thierry Antoine, fait valoir son rôle de rassembleur. « Nous avons fait le choix de mettre en avant notre diversité, de travailler non pas uniquement autour d’une seule tête de liste mais d’un quatuor [T. Antoine, Évelyne Coulouma de Place publique, Marie Laloma du PS et Nicolas Cossange pour le PCF, Ndlr] pour montrer qu’au-delà de la gestion, c’est aussi une logique que l’on veut différente. Il n’y a pas une mairie qui tourne autour des desiderata d’un seul homme mais d’une équipe dans sa diversité », soutient Nicolas Cossange.

    Cavalier seul côté mélenchonistes

    Et ainsi prioriser « l’emploi, les transports, l’éducation, ces questions font partie de ce que l’on veut démontrer, qu’une autre gestion est possible que celle à l’œuvre depuis 30 ans [et le premier mandat de Courderc, Ndlr] inefficace et responsable de l’état actuel de Béziers et de son statut d’une des villes les plus pauvres de France ».

    Mais le Printemps devra faire sans LFI qui a décidé de faire cavalier seul pour le scrutin. Les Insoumis ont désigné deux têtes de liste, David Ocard, professeur et Wissal El Jarrari, assistante parlementaire de la députée Sylvie Ferrer. Le duo veut incarner une « gauche de rupture » face à Ménard avec un projet s’articulant autour de la justice sociale, la transition écologique, la démocratie locale et la lutte contre les discriminations.

    Ce ne sont pas les deux seules listes à vouloir tirer leur épingle du jeu. Thierry Mathieu, conseiller régional de la majorité -mais pas encore soutenu par la présidente PS Carole Delga- était entré dans l’arène en proposant de remunicipaliser les Halles, privatisées par Ménard. Mais pas que. « À Béziers, les écoles sont extrêmement différenciées, l’indice de position sociale est très faible. Nous voulons remettre des moyens pour les écoles publiques à travers deux packs : un pack scolaire où nous financerons les fournitures et une réussite avec des heures de soutien gratuites. La réussite éducative repasse par le travail », soutient le directeur de la CAF de l’Hérault, qui présentera son programme en 2026, issu « d’un travail de 12 commissions avec les acteurs locaux et de 3 500 formulaires de Biterrois ». Face à une droite déchirée et une extrême droite divisée (le RN aura sa propre liste), la gauche a une carte à jouer.

  • À Béziers, lA LDH en appelle à la nouvelle préfète pour faire respecter la loi de 1905

    À Béziers, lA LDH en appelle à la nouvelle préfète pour faire respecter la loi de 1905

    Mais qui arrêtera le shérif de Béziers ? Voilà maintenant plus de dix ans que l’édile d’extrême droite Robert Ménard impose sa loi dans la cité de Riquet, quitte à déroger au droit français. Dernier exemple en date le 29 novembre, avec une énième violation de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État. Une crèche de la nativité a de nouveau été installée dans l’hôtel de ville. Or la loi interdit tous signes ou emblèmes religieux dans les bâtiments publics. Mais le maire ne compte pas s’arrêter là, puisqu’il a annoncé célébrer la fête juive Hanouka le 15 décembre, toujours dans la mairie. Une instrumentalisation grossière du principe de la laïcité pour servir ses propres intérêts en caressant dans le sens du poil un électorat fantasmant une pseudo-identité judéo-chrétienne de la France.

    Sept condamnations

    La Ligue des droits de l’Homme (LDH) héraultaise, plus regardante que le préfet François-Xavier Lauch quant au respect de ce principe, avait décidé de déposer un référé suspension en urgence le 8 décembre mais le juge l’a rejeté. Une décision faisant suite à un premier rejet d’un autre référé en urgence, porté cette foi par un citoyen biterrois. Si Robert Ménard s’est empressé de fanfaronner sur les réseaux sociaux de la Ville au sujet de ces victoires – « nouvelle défaite pour les anti-crèches, le bon sens existe encore » – il omet de préciser qu’il a été condamné sept fois sur le fond. Le tout payé avec l’argent du contribuable.

    La goutte de trop pour la LDH, qui a décidé de changer de stratégie pour tenter de faire respecter la loi à Béziers. Profitant du départ du préfet François-Xavier Lauch dans le Nord-Pas-de-Calais et de l’arrivée prochaine de Chantal Mauchet, venue le remplacer, l’association a adressé un courrier à la nouvelle représentante de l’État dans l’Hérault. « La gravité de la réitération de la violation par le maire de Béziers du principe de laïcité et de neutralité des services publics, ainsi que des décisions juridictionnelles, m’amènent à vous demander de faire usage du pouvoir que vous confère la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République », insiste Nathalie Tehio, présidente nationale de la LDH. À savoir l’utilisation du « déféré-suspension laïcité » permettant au représentant de l’État à suspendre un acte portant gravement atteinte au principe de laïcité.

    Car comme le note la présidente de la LDH dans son courrier, « les requêtes en référé-suspension [dans l’urgence, Ndlr] connaissent étonnamment une issue aléatoire. Ainsi, le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier a rejeté l’an dernier pour défaut d’urgence la requête en référé introduite contre la décision du maire de Béziers. La même issue défavorable avait été réservée à la requête introduite contre l’installation [de 2023], alors même que le juge des référés de cette même juridiction y avait fait droit en 2022. » Quid de la nouvelle préfète, qui prendra ses fonctions le 22 décembre ? Si ses deux prédécesseurs n’ont pas souhaité faire respecter la loi à Béziers, cela n’avait pas été le cas du sous-préfet Christian Pouget. Ménard bientôt contraint de se plier au droit français ?

  • Occitanie : Robert Ménard, une dernière crèche et puis s’en va ?

    Occitanie : Robert Ménard, une dernière crèche et puis s’en va ?

    Et une atteinte de plus. Comme chaque année, le maire d’extrême droite de Béziers Robert Ménard inaugurera la crèche de la nativité dans l’enceinte de la mairie, le 29 novembre. « Il le fait sciemment, il viole en toute connaissance de cause la loi de 1905 et son article 28. Or, il a été condamné sept fois, ce qui traduit une volonté politique de porter un coup à la laïcité », soupire Christophe Benoît, de la Libre pensée. En effet, cette loi de séparation de l’Église et de l’État interdit tout symbole religieux dans les bâtiments publics. Mais l’édile persiste et signe. La dernière condamnation du multirécidiviste remonte à février 2025, le tribunal administratif de Montpellier ayant annulé un arrêté municipal pris en mai 2023 autorisant ladite installation.

    Pourtant, l’homme semble être dans les petits papiers de l’État. « Il y a un silence du préfet depuis 2019 qui laisse faire Ménard qui a pourtant été condamné trois fois depuis. Nous avons donc saisi le préfet car il est garant de la légalité des actes des collectivités locales. Il pourrait prendre un déféré préfectoral pour annuler la crèche et faire respecter la loi », poursuit Christophe Benoît. Alors, face à l’absence de réactions des pouvoirs publics, 18 organisations – à l’initiative de la LDH, la CGT, la FSU, Solidaires et l’Unsa – appellent à un rassemblement, le 29 novembre, à 16h30, devant la mairie – le même jour de l’inauguration par le maire d’extrême droite.

    « Si Robert Ménard réitère, nous déposerons un recours sur le fond cette année encore car on ne lâche pas. Sur le long terme, on voit que c’est utile puisque la jurisprudence du Conseil d’État [de 2017] permet de condamner les atteintes à l’article 28 de la loi 1905 et de donner une lecture juste de cette loi », insiste Christophe Benoît. Néanmoins, un travail de longue haleine et semé d’embûches pour ces associations. Mais, les municipales approchant et Ménard n’étant pas certain de remporter un troisième mandat, la laïcité sera-t-elle bientôt respectée à Béziers ?

  • L’égalité des droits, priorité cardinale du Printemps de Béziers face à Ménard

    L’égalité des droits, priorité cardinale du Printemps de Béziers face à Ménard

    Ruban blanc à la boutonnière en lien avec la journée internationale contre les violences faites aux femmes, les militants du Printemps de Béziers ont l’intention d’en finir avec l’image archaïque des femmes que la Mairie en place propage depuis 2014. Sur les futures affiches municipales s’ils sont élus, plus de femme attachée sur les rails, dans le Journal du Biterrois plus de poupées fardées façon années 50.

    Que ce soit Lil Margerin (PS), Fabienne Mateu (PCF), ou Chantal Lapuerta (Place Publique), personne sur la liste n’a l’intention d’encourager la culture patriarcale. « Le féminisme n’est pas une option c’est une urgence politique et humaine », dit la première. « Parler égalité à Béziers ce n’est pas symbolique c’est un choix de société », soutient la seconde qui rappelle qu’à Béziers, 52% des enfants vivent dans des familles pauvres. Et Chantal Lapuerta, également présidente de l’association « Les Simone veillent », d’évoquer les 118 femmes tuées par un homme en 2022 – dont les Biterroises Cindy et Claire – et les 142 déjà recensées cette année. Tête de la liste, Thierry Antoine (EELV) ajoute « qu’il n’est pas besoin d’être une femme pour être féministe. Les hommes et les femmes gagneront ensemble ». Cela posé, l’idée est de faire de l’égalité « le fil rouge » des politiques municipales. Un adjoint ou une adjointe dédiée, une action qui impactera toutes les actions de la Ville, un coup de pouce aux associations qui aident les femmes, un rééquilibrage des subventions sportives… Voilà certains des engagements du Printemps de Béziers pour lequel, assurent ses membres, une seule question se posera à chaque « euro dépensé » : « Est-ce que cette action réduit ou aggrave les inégalités ? »

    On pourrait penser que l’égalité est du ressort de l’État. Pour Fabienne Mateu, pas seulement : « Une mairie a un sacré pouvoir », assure-t-elle. La possibilité de mettre un terme par exemple aux primes qui sautent à Béziers pour 5 jours d’absence. Or qui s’absente pour garder les enfants malades en général ?

    Seules 31% des femmes travaillent à Béziers

    Celle d’embaucher, aussi. Évelyne Coulouma (Place publique), qui fut directrice du Centre municipal de santé de Béziers, témoigne : « J’ai participé à beaucoup de commissions d’embauche où l’on se demandait si une telle avait fait son plein d’enfants. » À Béziers, seules 31% des femmes travaillent. Les marchés publics peuvent jouer un rôle si la Ville demande aux entreprises candidates de mettre en place des mesures d’égalité salariale.

    Une mairie peut aussi aider les femmes victimes de violence. Les protéger et les accompagner. L’actuelle Maison des femmes a des horaires de bureau, indique Chantal Lapuerta, qui souhaite un accueil 7 jours/7, 24h/24. Elle évoque aussi les bons de taxi pour l’urgence de la fuite, l’aide au déménagement, le soutien juridique, des espaces de paroles, la formation pour les personnels, plus de crèches… « Ce ne sont pas des dépenses, ce sont des choix politiques et des investissements », note Thierry Antoine.

    Des communes ont des expériences réussies dans ce domaine. Nantes avec un lieu d’accueil ouvert en permanence, Lyon et son budget sensible au genre, Strasbourg avec des plans pluriannuels. « On peut rejoindre ce mouvement », insiste Fabienne Mateu. En sortant de la permanence, Thierry Antoine colle sur la porte une affichette : « Ici demandez Angela. » Comme peuvent le faire les commerces, établissements de nuit ou acteurs culturels signalant ainsi un réseau solidaire pour les femmes agressées ou harcelées dans la rue. « Robert Ménard ne devrait pas attendre les élections pour le mettre en place. »

  • Béziers étudie une usine de dessalement

    Béziers étudie une usine de dessalement

    C’est un des effets du dérèglement climatique : face à la sécheresse, la ressource en eau se raréfie en France. Pire, sur le bassin méditerranéen, les scientifiques s’accordent à dire que les effets du dérèglement sont deux fois plus rapides que dans le reste de l’Hexagone.

    Béziers ne déroge pas à la règle. Surtout que les prévisions ne sont guère reluisantes. « La majorité de la ressource en eau utilisée sur l’Agglo de Béziers provient des nappes souterraines d’accompagnement de l’Orb. Or, selon les prévisions, d’ici une vingtaine d’années, le débit de l’Orb pourrait chuter de 45% », précise Olivier Sarlat, directeur de Veolia Eau en Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur. En ce sens, la multinationale
    – qui a conclu un contrat de gestion du service public d’eau potable avec l’Agglo de Béziers de 138 millions d’euros pour 12 ans à partir de 2027 – planche notamment sur l’étude d’un projet d’usine de dessalement d’eau saumâtre. « On viendrait pomper l’eau dans l’estuaire de l’Orb pour pouvoir alimenter une partie des besoins supplémentaires auxquels la collectivité devra faire face », poursuit Olivier Sarlat. Le dessalement se ferait par traitement membranaire, permettant ainsi de séparer le sel de l’eau.

    Un projet vertueux ?

    Si le projet n’est pas certain d’arriver à terme – l’étude, au stade d’ébauche, s’inscrit dans une stratégie globale de sobriété menée par Veolia aux côtés de la réutilisation d’eaux usées ou encore la lutte contre les fuites dans les réseaux – ses porteurs mettent en avant son caractère novateur. L’usine serait en effet une première en France. « Cette eau pompée dans l’estuaire n’a pas la même concentration en sel que la Méditerranée, qui est de l’ordre de 30 à 35 g de sel/L. Ici, on serait entre 5 et 10 g/L, ce qui fait que les rejets en sel seront moindres que si l’on pompait directement dans la mer. Ce dessalement est vertueux, car moins énergivore et respectueux de l’environnement », détaille le directeur occitan de Veolia.

    Pour autant, certains semblent circonspects quant à l’utilité d’un tel projet. « Encore une fois, on essaye de trouver une solution technique sans changer notre façon de faire. Mais il va falloir s’adapter, on ne peut plus vivre comme avant. On est dans le déni du dérèglement climatique », soupire Thierry Antoine, élu Les Écologistes à Béziers. Et celui qui est aussi candidat du Printemps de Béziers à la mairie de s’inquiéter de la pollution : « Où iront les rejets de saumures, des produits chimiques ? On connaît les conséquences que cela a sur la biodiversité marine. » Sur ce point, Olivier Sarlat se veut rassurant : « l’étude va explorer l’endroit où les rejets auraient le moins d’impact sur l’environnement. Ce ne sera pas dans l’estuaire. Une fois que l’on aura exploré toutes les pistes, l’Agglo de Béziers prendra sa décision. »

    Or, connaissant l’opportunisme du président d’extrême droite de l’Agglo Robert Ménard, il se pourrait que ce dernier surfe sur cette vague (un peu) verte afin de choyer son électorat et de parfaire sa communication. « Ce n’est pas la première fois qu’on nous promet une solution miracle dont on ne voit jamais le début de la queue, où l’on serait la première usine en France, que c’est fantastique, etc. Il y a eu tellement d’effets d’annonce – on a eu le colosse, le cinéma – que je me demande qui peut encore y croire  », s’amuse Thierry Antoine.

  • La droite divisée flirte avec l’extrême droite à Nîmes

    La droite divisée flirte avec l’extrême droite à Nîmes

    La succession de Jean-Paul Fournier, après vingt-cinq ans de règne, vire à la guerre des droites. À cinq mois des municipales de 2026, les prétendants s’entre-déchirent sur fond de soupçons de glissement idéologique. Dernier épisode en date : le déplacement de Julien Plantier à Béziers, ville symbole du virage sécuritaire incarné par Robert Ménard. L’ancien premier adjoint de Jean-Paul Fournier y a rencontré la nouvelle brigade municipale antistupéfiants, saluant « une initiative forte » et affirmant vouloir « s’inspirer de ce qui fonctionne ailleurs ». Une référence qui interroge, tant le maire de Béziers a été condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine et régulièrement critiqué pour sa gestion autoritaire. Plantier, de son côté, a assumé que le thème de la sécurité serait au centre de sa campagne : « Chaque Nîmois doit pouvoir se sentir en sécurité partout, tout le temps. Aujourd’hui, nous avons besoin d’autorité. Le maire doit incarner cette autorité », a-t-il déclaré suite à la rencontre.

    Ce voyage biterrois a fait bondir une partie de la majorité sortante, comme le dévoile Objectif Gard : « Quel signal envoie-t-il ? Ménard, c’est l’extrême droite. S’il pensait récupérer les voix du centre-gauche, il peut désormais se mettre le doigt dans l’œil », aurait taclé un proche de Franck Proust. Avant d’ajouter : « La sécurité, il est coresponsable du bilan de Fournier, il était premier adjoint jusqu’au début de l’année ». Un autre raille une « photo opportuniste » : « Le maire de Béziers ne l’a même pas reçu, il a juste échangé avec un adjoint et un responsable sécurité. C’est ridicule. »

    Un boulevard pour le RN

    Du côté de Franck Proust, une autre polémique enfle après l’arrivée du communicant Olivier Jalaguier dans son entourage. Ancien soutien d’Yvan Lachaud, le publicitaire revendique une « union des droites » jusqu’à Zemmour et Maréchal. Un positionnement jugé inacceptable par Jean-Paul Boré, président de l’association Tous pour Nîmes et son agglomération (TPNA), qui a aussitôt coupé les ponts avec Proust : « Ce serait rédhibitoire à toute possibilité de coopération, totalement incompatible avec notre refus de toute alliance avec des partis qui prônent l’exclusion. » Le candidat a tenté d’éteindre l’incendie, affirmant que Jalaguier n’était « qu’un prestataire de communication », et qu’il restait « fermement opposé à l’union des droites ». Trop tard, peut-être. Pour Boré (ex-PCF), cette confusion « offre un boulevard au Rassemblement national, qui se délecte de la division de la majorité sortante ».

    Dans une droite nîmoise éclatée entre Proust, Plantier, Rouverand et Lachaud, l’union rêvée par Jean-Paul Fournier semble hors d’atteinte. À force de rivalités personnelles et d’ambiguïtés stratégiques, la majorité sortante pourrait bien perdre la main sur la ville pour la première fois depuis un quart de siècle, au profit d’une gauche unie autour de Vincent Bouget.

  • Thierry Antoine : « Béziers mérite mieux que l’extrême droite »

    Thierry Antoine : « Béziers mérite mieux que l’extrême droite »

    Toutes les semaines dans La Marseillaise, nous invitons une personnalité des départements du Gard ou de l’Hérault à répondre à nos questions. Ce vendredi, Thierry Antoine, revient notamment sur la gestion par l’extrême droite de Béziers.

    Quel est votre parcours  ?

    Thierry Antoine : Je suis né dans le nord-est de la France et je suis arrivé à Béziers il y a 25 ans. Je suis bibliothécaire et j’ai toujours été sensible aux questions écologiques, aux questions sociales. La victoire de Robert Ménard a agi comme un électrochoc. C’est là que j’ai commencé à m’engager politiquement. J’ai vu que j’avais bien fait et qu’il fallait continuer parce qu’il faut absolument à Béziers un autre discours que celui de l’extrême droite. Parce que Béziers est une ville super attachante, mais c’est une ville qui est aussi en grande difficulté sociale pour presque la majorité des habitants. Elle mérite mieux qu’une politique d’extrême droite qui ne règle aucun problème.

    Parcours

    Printemps de Béziers

    Au vu du poids de l’extrême droite dans la ville, l’union de la gauche était nécessaire ?

    T.A. : Oui, on a vécu la désunion lors des dernières élections. Il n’est pas interdit d’apprendre dans la vie. On s’est tous rendu compte, je crois, qu’on s’était focalisé en réalité sur les différences qu’on avait entre nous alors qu’elles ne sont pas si nombreuses que ça et surtout on peut largement les mettre de côté quand on regarde ce qui nous rapproche et ce contre quoi on doit lutter ensemble. C’était mon premier mandat de conseiller municipal d’opposition donc ça m’a tout de même permis de gagner en compétence et de travailler avec les autres conseillers municipaux d’opposition, je pense notamment à Nicolas Cossange. On a bien vu au cours de ces années qu’on poussait dans le même sens et on s’est dit qu’il fallait continuer comme ça, c’est la solution.

    Seule LFI manque à l’appel, les tractations continuent ?

    T. A. : Pour l’instant, on les a reçus, on leur a écrit plusieurs fois, on continue à se croiser dans les manifestations, les mobilisations. Je crois que le problème n’est pas forcément local avec LFI. Je ne sais pas qui a les clés pour déverrouiller la situation. Moi, ce que je sais, c’est qu’il y a des gens très bien chez LFI et qu’il y a une capacité de travailler avec eux. Les modalités, on verra bien. C’est à eux qu’il faut poser la question, la balle est dans leur camp. On a réussi à faire l’union avec neuf partis, ce n’est pas facile tous les jours, c’est normal, c’est comme ça. Et ça marche bien même avec des différences, etc. On continue à être ouverts, c’est la démarche de toute façon du Printemps de Béziers et on la garde jusqu’au bout.

    Ménard

    Depuis son arrivée, l’état de Béziers n’a cessé de se dégrader…

    T. A. : Si on excepte les allées et une partie de l’hypercentre, qui a été refait à neuf, le reste continue à se paupériser, à cumuler les difficultés. Il y a des difficultés au sein des familles, le trafic de drogue s’installe, l’habitat se dégrade, on voit bien la spirale dans laquelle certains quartiers sont en train de s’enfoncer. Face à cela, il y a une réponse qui n’est même pas sécuritaire parce que ça ne marche pas, il y a une réponse de communication.

    Vous l’appelez d’ailleurs le maire de BFM car il est plus occupé à soigner sa com’ ?

    T. A. : Je me dis « tiens, j’ai croisé le maire de BFM à Béziers ». On le voit plus souvent sur BFM que sur Béziers. Pour moi, ça rejoint la question de la brigade anti-stups, on est vraiment dans l’illustration parfaite. Une partie de la police municipale va être spécialement dédiée à la lutte contre les dealers, mais ils ne peuvent rien faire, ils n’ont pas le droit d’enquêter, ils vont juste être là pour essayer de les déranger. Ce qui ne sert à rien, tout le monde le reconnaît même les policiers nationaux, le procureur. C’est l’illustration parfaite de l’œuvre politique de Robert Ménard, des mesures qui ne servent à rien, mais qui plaisent à une partie de la population. Je trouve que c’est assez terrible, c’est vraiment une vision particulière du mandat politique. C’est-à-dire que Ménard n’est pas là pour essayer de régler les problèmes, il est là pour servir des mesures qui vont plaire à une partie de la population, notamment ses électeurs. C’est son seul objectif.

    Comment expliquer la dichotomie entre cette demande des citoyens et ces politiques publiques mises en place ?

    T.A. : Malheureusement, ce n’est pas nouveau que les politiques soient en retard sur l’évolution de la société, on l’a vu dans plein de domaines. Sur l’écologie, je pense que c’est pareil, avec une couche supplémentaire, c’est que l’écologie devrait être, et c’est, un outil formidable pour les classes moyennes et populaires. C’est une manière à nouveau de réclamer des droits, de la redistribution, de réclamer tout simplement un partage, pas des richesses produites mais un partage de la qualité de vie. Mais avec un gouvernement macroniste, ce n’est pas forcément ce qui est souhaité. Ce qui me met hors de moi : l’écologie dite « bobo », ce n’est absolument pas vrai. À Béziers, si on isolait les logements et notamment les logements sociaux, c’est un gain direct sur la facture d’énergie pour les gens. C’est un outil vraiment au service des classes moyennes et populaires. Les gens qui se moquent de l’écologie ou qui expliquent que ce n’est pas réaliste sont ceux qui vivent dans des logements isolés et qui mangent bio. Même chose pour la lutte contre le changement climatique. Les gens qui gagnent 5 000 euros par mois, ils sauront se protéger contre la chaleur.

    Écologie

    T.A. : Béziers est une ville moyenne. On a un groupe de militants qui est raisonnable mais pas comparable à ce qu’on trouve à Toulouse ou à Montpellier. Par contre, on a pas mal de militants dans les villages et notamment dans le Piémont-Biterrois. Ce sont parfois des néo-ruraux avec une vision un peu différente de la vie rurale, qui nous apportent beaucoup, on aurait tout intérêt à écouter ces gens-là et à travailler différemment. Je pense que c’est vraiment une des forces et un des axes de développement de l’écologie dans les villages et les petites villes.

  • À Béziers, une brigade « anti-stup » municipale instaurée

    À Béziers, une brigade « anti-stup » municipale instaurée

    À Béziers, Robert Ménard est un as de la communication. Notamment dans le domaine de la sécurité, son cheval de bataille. Multiplication des caméras, hausse des effectifs de police municipale après l’avoir armée, etc. Des annonces tonitruantes mais sans grands résultats. Le 22 septembre dernier, le maire d’extrême droite annonçait la création d’une brigade « anti-stup » composée d’une dizaine de policiers municipaux.

    Ces derniers devront donc patrouiller dans les rues afin de lutter contre les dealers et de dissuader le consommateur. Une mission qui n’est pas du ressort de la municipale à l’origine, seule la police nationale est compétente. En effet, les agents municipaux, placés sous l’autorité du maire, exercent principalement des fonctions de préservation de tranquillité publique, de surveillance du bon ordre et de prévention des troubles à l’ordre public. Et ne sont pas habilités à fouiller ou réaliser des contrôles d’identité. Mais des conventions de coordination des interventions de la police municipale et des forces de sécurité de l’État permettent de définir des missions complémentaires pour les agents municipaux.

    Des agents formés ?

    Ainsi, pour nombre de missions touchant à l’usage de stupéfiants et aux contrôles d’identité, la convention établit que « les agents de police municipale doivent pouvoir joindre à tout moment un officier de police judiciaire [OPJ, Ndlr.] », à savoir un policier national. Ou encore elle autorise le travail de nuit des municipaux. « Les conventions font des mises à disposition. Ce qui veut dire qu’ensuite, les policiers municipaux sont directement sous les ordres des OPJ. Ils rendent aussi compte au maire, mais les OPJ peuvent leur donner des missions. Comme ils les secondent dans les missions de police judiciaire, ça peut être sur des affaires de stupéfiants », détaille Sophie Mazas, membre de la LDH de l’Hérault.

    Un transfert de compétences qui s’explique notamment par le sous-effectif de la police nationale. « Sauf qu’il y a une augmentation des prérogatives mais pas des formations. Et donc si on augmente les prérogatives, si les policiers municipaux sont confrontés à une situation inhabituelle, ils ne sont pas formés pour la gérer. Par exemple, pour des techniques d’immobilisation, qui peuvent être dangereuses », poursuit Sophie Mazas. Les policiers peuvent se retrouver en danger ou des bavures arriver. Ce qui pose la question du recrutement, lequel repose sur des critères locaux laissés à l’appréciation des mairies.

    En somme, une brigade aux pouvoirs limités, mal formée, devant être encadrée par des policiers nationaux pour une efficacité restant à démontrer – la nouvelle escouade ne va pas s’attaquer aux têtes de réseau. Mais Robert Ménard aura fait parler une nouvelle fois de lui.