Tag: Robert Ménard

  • [Dossier extrême droite] À Béziers, les syndicats attaqués par Robert Ménard

    [Dossier extrême droite] À Béziers, les syndicats attaqués par Robert Ménard

    L’extrême droite n’aime pas les syndicats. À Béziers, Robert Ménard l’illustre parfaitement bien. Arrivé aux commandes de la cité de Riquet en 2014, l’édile d’extrême droite tente une première attaque dès 2017. Logés à la Bourse du travail, Robert Ménard tente par tous les moyens de les faire partir. « Il a essayé de nous faire payer les charges concernant le chauffage, l’électricité, le gaz – et l’entretien au motif que cela coûtait cher et que ce n’était pas à la collectivité de payer », décrit Patricia Barbazangue, secrétaire de l’Union locale de la CGT au moment des faits. Ce qui représente la bagatelle de 82 000 euros. « On n’a pas les moyens, nous n’aurions pas pu assumer. » Unie, l’intersyndicale -CGT, FO, CFDT, CFTC, CGC, Unsa, Solidaires- se lance alors dans une longue bataille et Robert Ménard finit par faire machine arrière en 2020.

    Mais c’était sans compter sur la hargne de l’adepte des plateaux télés qui décide de supprimer l’intégralité des subventions de fonctionnement aux syndicats. Soit près de 17 000 euros, selon les données que nous avons récoltées. « C’est une décision politique pas juste une question économique », soutient Patricia Barbazangue. Pour ne rien arranger, Ménard a également mis un terme à différents services. « Il a supprimé le gardiennage à la Bourse du travail. Or, c’était important pour nous car l’employé municipal filtrait les entrées, nous n’avons pas de vision sur les venues. Aussi, il effectuait une surveillance des locaux, détecter les fuites d’eau par exemple. Le ménage a aussi été supprimé. Il a fallu se débrouiller. C’est un coût pour la CGT, notre activité militante n’est pas de nettoyer les locaux, nous avons dû engager des frais pour le ménage », relate l’ancienne responsable syndicale. Contactée, la mairie de Béziers n’a pas donné suite à nos questions.

  • À Béziers, Robert Ménard tente de faire illusion avec un budget serré

    À Béziers, Robert Ménard tente de faire illusion avec un budget serré

    Robert Ménard présidera-t-il à nouveau le conseil municipal de Béziers ? À deux mois des élections, le maire d’extrême droite a dirigé pour la dernière fois de la mandature le conseil le 19 janvier, avant de remettre son fauteuil d’édile en jeu en mars.

    L’occasion de faire voter un dernier budget qui inquiète les oppositions. D’un montant global de 202,894 millions d’euros, celui-ci est en baisse de 21,106 millions par rapport au précédent. Le budget de fonctionnement est en hausse de près de 1,5 million d’euros (142,038 millions au total) tandis que celui des investissements connaît une baisse drastique de 22,544 millions d’euros (60,86 millions).

    « C’est le plus faible budget d’investissement depuis le début de la mandature, puisqu’il était de 67,87 millions au budget primitif (BP) de 2021, de 81,195 millions au BP 2022, de 69,7 millions au BP 2023, de 74,9 millions au BP 2024 et enfin de 83,4 millions au BP 2025 », avance Nicolas Cossange, élu PCF d’opposition. Des investissements qui laissent l’impression que l’édile a juste embelli le centre-ville et les Allées Paul-Riquet, restaurées. « Vous avez dit qu’en embellissant la ville, on réglerait les problèmes de fond comme la pauvreté, l’insécurité, le chômage, qu’on attirerait des investisseurs, etc. Mais c’est un pari perdu. Certes, le centre-ville est plus joli mais sur les autres sujets, c’est un échec. Et on va constater qu’il n’y a aucune proposition pour vraiment traiter en profondeur les difficultés de la vie quotidienne à Béziers », observe Thierry Antoine, élu d’opposition des Écologistes et tête de liste du Printemps de Béziers, liste d’union de la gauche.

    Un maire magicien ?

    Pas d’inquiétude pour Robert Ménard. Il préfère mettre en avant les « 279 millions d’euros investis depuis 2020 [année de sa réélection, Ndlr] » ainsi que le ratio de solvabilité, indicateur donnant le nombre d’années pour désendetter la commune. « Quand je suis arrivé à la tête de la mairie [en 2014, Ndlr], ce ratio était de 9,2 ans. Aujourd’hui, on finit à 4,7 ans », avance l’édile. Sauf qu’à y regarder de plus près, celui-ci était de 4,6 ans en 2022, 4,7 en 2023, 5 en 2024 et 5,3 en 2025… Sur ce dernier ratio, la Ville indique que « ce n’est qu’une précision, des recettes restant encore à comptabiliser ». Mais force est de constater que ces « recettes » ont été comptabilisées par le maire sans être présentées.

    Les élections approchant, Ménard se transformerait-il en magicien, donnant des coups de baguette magique pour verdir les chiffres ? « Il a fait un budget très serré pour limiter la casse apparente. Mais s’il veut investir à nouveau à l’avenir, il va bien devoir aggraver la dette. Et comme l’épargne brute n’a pas vraiment de marge de manœuvre, le ratio fera un mauvais bond en avant sur le prochain budget ou le suivant », s’inquiète Nicolas Cossange.

  • [Parcours] Robert Ménard, du gauchisme à l’extrême droite

    [Parcours] Robert Ménard, du gauchisme à l’extrême droite

    À moins de trois mois du scrutin, il est nécessaire de dresser le portrait du maire d’extrême droite de Béziers alors que la page Ménard pourrait se tourner en 2026 en dépit d’un sondage très controversé. La gauche s’est partiellement rassemblée au sein du Printemps de Béziers (PCF, PS, EELV, Place publique). Sa tête de liste Thierry Antoine (EELV) lance un appel à l’union au premier tour à LFI et Thierry Mathieu, conseiller régional de la majorité de Carole Delga. Si la droite LR apporte son soutien à Ménard, le RN présente une liste conduite par son secrétaire départemental, Julien Gabarron.

    Né à Oran, fils de pieds-noirs installés depuis un siècle, il est rapatrié en 1962 à l’âge de neuf ans pour aboutir dans un village de l’Aveyron avant de gagner le quartier de la Devèze, devenu l’un des plus chauds de Béziers depuis. Sa mère catholique et son père syndicaliste communiste devenu membre de l’OAS l’inscrivent dans un collège religieux. De quoi faire chavirer les esprits les mieux forgés.

    Il envisage un temps de poursuivre ses études au grand séminaire, avant de basculer à vingt ans dans la mouvance trotskiste de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Il y reste six ans avant de rejoindre le Ceres, le courant le plus à gauche du PS, qu’il quitte peu après l’élection de François Mitterrand en 1981. Nanti d’un CES en philosophie décroché à Montpellier, il se rêve journaliste et lance Radio Pomarède en 1978, à une époque où les radios libres sont pourchassées par le pouvoir giscardien. Au cours des poursuites judiciaires qui s’ensuivent, il trouvera un témoin de moralité : François Mitterrand. Embauché à Radio France Hérault en 1983, il quittera la station six ans plus tard.

    Et Rony Brauman découvre un « petit tyran domestique »

    C’est en 1985 que lui vient l’idée de fonder Reporter Sans Frontières avec trois de ses confrères de la presse locale et le soutien de François Mitterrand. S’y joignent Rony Brauman, figure de proue de Médecins sans frontières et Jean-Claude Guillebaud, grand reporter et prix Albert Londres. Ce qui devait être une agence de vente de reportages échoue et se mue en ONG de défense de la liberté des journalistes dans le monde. Ses deux cautions prestigieuses abandonnent quelques années après la fondation. Guillebaud en 1993 juge RSF trop proche de la presse anti-Chavez et aligné sur les États-Unis. Brauman suit en 1995 et s’en explique : « J’ai vu l’autre Ménard, le petit tyran domestique, sortir de sa chrysalide. Il a un ego exagérément enflé qui le pousse à être excessif. » Cinglant.

    Qu’importe pour Ménard, la marque RSF est lancée et son animateur avec elle. Cela lui vaut d’être appelé en 2008 par Cheikha Moza, épouse de l’émir du Qatar, à monter une structure identique à Doha. Dans un pays classé 80e pour la liberté de la presse, mais les trois millions de dollars (2,7 millions d’euros) alloués à l’organisation font oublier toute pudeur. L’aventure dure un an, jusqu’à ce que Ménard se rend compte que le pouvoir de l’émir al-Thani ne se discute pas.

    I-Télé le « remercie »

    Retour en France, il enchaîne les contrats dans les radios et télévisions avec une émission qui lui est dédiée. I-Télé (devenue CNEWS) le remercie en 2012 après avoir invité Bernard Lugan, un historien africaniste d’extrême droite qui ne fait autorité qu’auprès des militaires. En 2012, il trouve refuge auprès de Sud-Radio, moins regardante sur la nature des invités. L’année même où il est mis un terme à l’existence de la revue Médias qu’il dirige avec Emmanuelle Duverger, son épouse et dont RSF est actionnaire avec Stéphane Courbit, producteur de télévision. Tous deux jettent l’éponge après la perte par la revue de 80% de ses annonceurs après l’ouverture de ses colonnes à Jean-Marie et Marine Le Pen, Alain Soral (antisémite proclamé), Renaud Camus (théoricien du « grand remplacement »), entre autres.

    L’année 2012 est riche pour Ménard. Il rejoint le Comité consultatif de Channel 9, fondé par Bidzina Ivanichvili, oligarque géorgien totalement inféodé à Moscou. En parallèle, il lance avec son épouse le site Boulevard Voltaire, où se retrouve une brochette de collaborateurs de droite extrême, voire conspirationniste.

    Ils sont bel et bien plusieurs dans sa tête. Au premier tour de la présidentielle de 2007, il dit avoir voté Bayrou et Sarkozy au second. En 2012, c’est Dupont-Aignan au premier et Sarkozy (« en se bouchant le nez ») en finale. On note une inflexion en 2022, lorsqu’il appelle à faire bloc derrière Emmanuel Macron. Avec le secret espoir d’entrer au gouvernement ?

    Mais « l’apothéose » de sa carrière tient à la conquête de la mairie de Béziers. Une victoire à la Pyrrhus face à une UMP essoufflée et le manque de légitimité de son candidat, une gauche affaiblie qui a maintenu son candidat dans une élection triangulaire.

    Sacré maire, la veine populiste Robert Ménard se déchaîne par voie d’affiches ou de décrets plus ou moins loufoques. Les murs se couvrent d’appels à vilipender le Midi Libre ou Ginette Moulin, propriétaire des Galeries Lafayette, qui a eu l’outrecuidance de fermer son magasin biterrois. La police municipale, armée, est mise à l’honneur par un pistolet semi-automatique légendé « Désormais la police municipale a un nouvel ami ». Inscrit dans une logique droitière, il abaisse les impôts de 2 millions avant de s’en mordre les doigts : « Si c’était à refaire, je baisserais moins les impôts car ça pénalise la Ville. »

    Le fichage des chiens…

    Les arrêtés municipaux se multiplient. Il en est un qui impose le fichage de l’ADN des chiens de manière à remonter la piste des déjections. Un autre interdit de pendre du linge aux fenêtres ou interdit la floraison des paraboles. Vingt ans plus tard, il y a toujours autant de linge aux fenêtres et de paraboles sur les terrasses. Il en est un aussi pour verbaliser les crachats, qui ne fait que reprendre un décret du gouvernement de Vichy du 1942. Moins folklorique, il annonce en décembre 2015 la création d’une « garde biterroise » composée d’anciens gendarmes, militaires ou pompiers, qui a pour mission de signaler les actes suspects. L’existence de cette milice de bénévoles est retoquée par le tribunal administratif, comme le sont la plupart des arrêtés précédents. Autant d’échecs qui ont un coût pour la collectivité. On chiffre à 880 000 euros (dont 320 000 pour des affaires personnelles) les honoraires payés entre 2014 et 2019 aux très droitiers avocats parisiens Gilles-William Goldnadel et Jean-Marc Florand.

    Ramené sur les bancs de l’église par son épouse, il entreprend une croisade contre « l’islamisation de la France » et le « grand remplacement », chers à Renaud Camus et son épigone Éric Zemmour, qui passe par l’interdiction d’ouverture de nouveaux kebabs dans le centre-ville, accusés de contrevenir à la tradition judéo-chrétienne. Une tradition qui vire à l’obsession lorsqu’il installe une crèche dans l’enceinte de la mairie (contraire aux lois de la République et interdite à huit reprises par le tribunal administratif).

    L’inscription de Ménard dans la ligne de son ami Zemmour trouve pourtant ses limites. Lui qui a chiffré à 69,4% le nombre d’enfants musulmans en se fondant sur les prénoms a, lors d’un dîner parisien en sa compagnie, jugé « stupide » sa proposition d’interdire les prénoms musulmans. La rupture a été consommée lorsqu’il a accordé en 2022 sa signature à Marine Le Pen plutôt qu’à Zemmour.

    De Bayrou à Le Pen, en passant par Dupont-Aignan, Sarkozy et Macron, la girouette Ménard n’a pas fini de tourner au gré des vents venus de droite ou d’extrême droite.

  • Bientôt une Giga Factory à Béziers

    Bientôt une Giga Factory à Béziers

    Soutenu avant tout par l’État (à hauteur de 200 millions d’euros dans le cadre de France 2030) et la Région de Carole Delga (via son plan hydrogène doté de 150 millions d’euros), le projet de Genvia se développe. En 2026, le site de la Cameron (groupe SLB, ex-Schlumberger) s’apprête à se moderniser davantage. Sur une parcelle de 49 hectares située au sein d’un technoparc, le chantier de la future Giga Factory s’apprête à débuter. Pionnier de la production d’hydrogène décarboné, Genvia mise sur la technologie des électrolyseurs à haute température. De quoi espérer des créations d’emplois. En novembre 2021, Emmanuel Macron avait visité ce site industriel d’avenir.

  • [Rétro 2025] Refus de marier : Ménard ira en correctionnelle

    [Rétro 2025] Refus de marier : Ménard ira en correctionnelle

    On ne connaît pas encore la date de son procès mais Robert Ménard devra comparaître en correctionnelle pour avoir enfreint la loi.

    En juillet 2023, le maire d’extrême droite de Béziers avait délibérément refuser de célébrer un mariage entre une Française et un Algérien, au motif que ce dernier était alors en situation irrégulière, sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Pour le jeune algérien, les conséquences avaient été terribles. Au delà de l’union non célébrée, il avait été arrêté, placé en centre de rétention puis expulsé vers l’Algérie deux semaines plus tard. Et ce, sans que ses droits n’aient été respectés, fait valoir son avocate.

    Le 18 février, le maire de Béziers était convoqué chez le procureur de la République de Béziers dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance de culpabilité. A l’aise devant les caméras pour se victimiser, Robert Ménard l’était moins face au procureur. Sans dire quelle peine lui avait été proposée, l’édile a refusé celle soumise par le Parquet. Il sera donc jugé prochainement.

  • [Rétro 2025] Gard : abattoir sauvé, halles critiquées

    [Rétro 2025] Gard : abattoir sauvé, halles critiquées

    Fermé mi-janvier suite à la liquidation judiciaire prononcée en décembre 2024 par le tribunal de commerce, l’abattoir d’Alès a pu être sauvé in extremis au prix d’une privatisation de l’outil.

    Après plusieurs mois de procédures et de travaux de remise aux normes, la structure reprise par Olivier Roux, l’ancien directeur de l’abattoir de Tarascon et actuel patron d’Atelier spécialisé viande (ASV), a finalement pu rouvrir ses portes le 11 septembre. A peine 11 salariés y travaillaient à la reprise contre une vingtaine auparavant. Essentielle, l’installation, qui ne tourne qu’à 50%, va devoir faire ses preuves pour durer.

    Les halles de la discorde

    A Nîmes, un projet qui aurait pu sembler consensuel fait jaser. Il s’agit de la rénovation programmée des halles historiques (140 ans). Le flou entretenu par la municipalité de Jean-Paul Fournier est tel qu’en mai, un collectif a fait part de ses craintes, réclamant une véritable concertation. L’absence d’objectif ou même de visuel de ce que sera le lieu en 2029 suscite la méfiance. Combien d’étals demeureront ? Ce lieu de vie peut-il se gentrifier et devenir un lieu de consommation bling bling, comme à Béziers où les halles privatisées par Robert Ménard ont changé d’atmosphère et de clientèle ? A Nîmes ou Béziers, les halles, enjeu des municipales.

  • [Rétro 2025] À Béziers, Ménard s’en prend encore aux quartiers populaires

    [Rétro 2025] À Béziers, Ménard s’en prend encore aux quartiers populaires

    Interdiction de la vente des canettes de bière à l’unité, zèle pour la construction d’un centre de rétention administrative… On ne compte plus les fois où, en 2025, Robert Ménard s’en est à nouveau pris aux populations précaires, quelles que soient leurs nationalités.

    L’une de ses décisions unilatérales les plus commentées fut sans doute le choix d’étendre, durant tout l’été (vacances scolaires incluses), son arrêté municipal instaurant un couvre-feu pour mineurs de moins de 15 ans. Une mesure motivée à l’époque par les émeutes dans les banlieues (suite à la mort du jeune Nahel tué par un policier), qui avait déjà fait réagir en 2024, bien que le Conseil d’État n’ait pas jugé opportun de l’annuler.

    N. Cossange : « Mépris de classe »

    Se sentant pousser des ailes, le shérif de la cité Paul Riquet a donc remis ça en ciblant des quartiers populaires. De 23h à 6h du matin, les mineurs de moins de 15 ans résidant en centre-ville, à la Devèze ou à Irranget-Grangète se sont donc vus confinés chez eux jusqu’au 30 septembre, mais aussi pendant les vacances scolaires et la nuit d’Halloween, le 31 octobre. Le tout sous couvert de lutter contre le trafic de drogue.

    « Robert Ménard réduit la question de la délinquance aux quartiers populaires. Il affiche un mépris de classe qui est aussi un aveu d’impuissance : sa politique de ravalement de façade sans lien avec la nécessité de services publics est un échec », commentait alors l’opposant Nicolas Cossange (PCF).

    Du côté de la LDH 34, Sophie Mazas n’en démord pas. « L’article 34 de la Constitution dit que toute mesure de restriction de liberté doit se faire au niveau du Parlement. Son arrêté est directement contraire à la loi. »

  • À Béziers, la gauche veut tourner la page Ménard

    À Béziers, la gauche veut tourner la page Ménard

    Tourner la page Robert Ménard. À Béziers, à trois mois des élections municipales, beaucoup espèrent ravir le fauteuil de maire à l’édile d’extrême droite après deux mandats ayant fait des dégâts dans la cité de Paul-Riquet. À gauche d’abord. Le Printemps de Béziers, liste composée de neuf partis et menée par l’écologiste Thierry Antoine, fait valoir son rôle de rassembleur. « Nous avons fait le choix de mettre en avant notre diversité, de travailler non pas uniquement autour d’une seule tête de liste mais d’un quatuor [T. Antoine, Évelyne Coulouma de Place publique, Marie Laloma du PS et Nicolas Cossange pour le PCF, Ndlr] pour montrer qu’au-delà de la gestion, c’est aussi une logique que l’on veut différente. Il n’y a pas une mairie qui tourne autour des desiderata d’un seul homme mais d’une équipe dans sa diversité », soutient Nicolas Cossange.

    Cavalier seul côté mélenchonistes

    Et ainsi prioriser « l’emploi, les transports, l’éducation, ces questions font partie de ce que l’on veut démontrer, qu’une autre gestion est possible que celle à l’œuvre depuis 30 ans [et le premier mandat de Courderc, Ndlr] inefficace et responsable de l’état actuel de Béziers et de son statut d’une des villes les plus pauvres de France ».

    Mais le Printemps devra faire sans LFI qui a décidé de faire cavalier seul pour le scrutin. Les Insoumis ont désigné deux têtes de liste, David Ocard, professeur et Wissal El Jarrari, assistante parlementaire de la députée Sylvie Ferrer. Le duo veut incarner une « gauche de rupture » face à Ménard avec un projet s’articulant autour de la justice sociale, la transition écologique, la démocratie locale et la lutte contre les discriminations.

    Ce ne sont pas les deux seules listes à vouloir tirer leur épingle du jeu. Thierry Mathieu, conseiller régional de la majorité -mais pas encore soutenu par la présidente PS Carole Delga- était entré dans l’arène en proposant de remunicipaliser les Halles, privatisées par Ménard. Mais pas que. « À Béziers, les écoles sont extrêmement différenciées, l’indice de position sociale est très faible. Nous voulons remettre des moyens pour les écoles publiques à travers deux packs : un pack scolaire où nous financerons les fournitures et une réussite avec des heures de soutien gratuites. La réussite éducative repasse par le travail », soutient le directeur de la CAF de l’Hérault, qui présentera son programme en 2026, issu « d’un travail de 12 commissions avec les acteurs locaux et de 3 500 formulaires de Biterrois ». Face à une droite déchirée et une extrême droite divisée (le RN aura sa propre liste), la gauche a une carte à jouer.

  • À Béziers, lA LDH en appelle à la nouvelle préfète pour faire respecter la loi de 1905

    À Béziers, lA LDH en appelle à la nouvelle préfète pour faire respecter la loi de 1905

    Mais qui arrêtera le shérif de Béziers ? Voilà maintenant plus de dix ans que l’édile d’extrême droite Robert Ménard impose sa loi dans la cité de Riquet, quitte à déroger au droit français. Dernier exemple en date le 29 novembre, avec une énième violation de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État. Une crèche de la nativité a de nouveau été installée dans l’hôtel de ville. Or la loi interdit tous signes ou emblèmes religieux dans les bâtiments publics. Mais le maire ne compte pas s’arrêter là, puisqu’il a annoncé célébrer la fête juive Hanouka le 15 décembre, toujours dans la mairie. Une instrumentalisation grossière du principe de la laïcité pour servir ses propres intérêts en caressant dans le sens du poil un électorat fantasmant une pseudo-identité judéo-chrétienne de la France.

    Sept condamnations

    La Ligue des droits de l’Homme (LDH) héraultaise, plus regardante que le préfet François-Xavier Lauch quant au respect de ce principe, avait décidé de déposer un référé suspension en urgence le 8 décembre mais le juge l’a rejeté. Une décision faisant suite à un premier rejet d’un autre référé en urgence, porté cette foi par un citoyen biterrois. Si Robert Ménard s’est empressé de fanfaronner sur les réseaux sociaux de la Ville au sujet de ces victoires – « nouvelle défaite pour les anti-crèches, le bon sens existe encore » – il omet de préciser qu’il a été condamné sept fois sur le fond. Le tout payé avec l’argent du contribuable.

    La goutte de trop pour la LDH, qui a décidé de changer de stratégie pour tenter de faire respecter la loi à Béziers. Profitant du départ du préfet François-Xavier Lauch dans le Nord-Pas-de-Calais et de l’arrivée prochaine de Chantal Mauchet, venue le remplacer, l’association a adressé un courrier à la nouvelle représentante de l’État dans l’Hérault. « La gravité de la réitération de la violation par le maire de Béziers du principe de laïcité et de neutralité des services publics, ainsi que des décisions juridictionnelles, m’amènent à vous demander de faire usage du pouvoir que vous confère la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République », insiste Nathalie Tehio, présidente nationale de la LDH. À savoir l’utilisation du « déféré-suspension laïcité » permettant au représentant de l’État à suspendre un acte portant gravement atteinte au principe de laïcité.

    Car comme le note la présidente de la LDH dans son courrier, « les requêtes en référé-suspension [dans l’urgence, Ndlr] connaissent étonnamment une issue aléatoire. Ainsi, le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier a rejeté l’an dernier pour défaut d’urgence la requête en référé introduite contre la décision du maire de Béziers. La même issue défavorable avait été réservée à la requête introduite contre l’installation [de 2023], alors même que le juge des référés de cette même juridiction y avait fait droit en 2022. » Quid de la nouvelle préfète, qui prendra ses fonctions le 22 décembre ? Si ses deux prédécesseurs n’ont pas souhaité faire respecter la loi à Béziers, cela n’avait pas été le cas du sous-préfet Christian Pouget. Ménard bientôt contraint de se plier au droit français ?

  • Occitanie : Robert Ménard, une dernière crèche et puis s’en va ?

    Occitanie : Robert Ménard, une dernière crèche et puis s’en va ?

    Et une atteinte de plus. Comme chaque année, le maire d’extrême droite de Béziers Robert Ménard inaugurera la crèche de la nativité dans l’enceinte de la mairie, le 29 novembre. « Il le fait sciemment, il viole en toute connaissance de cause la loi de 1905 et son article 28. Or, il a été condamné sept fois, ce qui traduit une volonté politique de porter un coup à la laïcité », soupire Christophe Benoît, de la Libre pensée. En effet, cette loi de séparation de l’Église et de l’État interdit tout symbole religieux dans les bâtiments publics. Mais l’édile persiste et signe. La dernière condamnation du multirécidiviste remonte à février 2025, le tribunal administratif de Montpellier ayant annulé un arrêté municipal pris en mai 2023 autorisant ladite installation.

    Pourtant, l’homme semble être dans les petits papiers de l’État. « Il y a un silence du préfet depuis 2019 qui laisse faire Ménard qui a pourtant été condamné trois fois depuis. Nous avons donc saisi le préfet car il est garant de la légalité des actes des collectivités locales. Il pourrait prendre un déféré préfectoral pour annuler la crèche et faire respecter la loi », poursuit Christophe Benoît. Alors, face à l’absence de réactions des pouvoirs publics, 18 organisations – à l’initiative de la LDH, la CGT, la FSU, Solidaires et l’Unsa – appellent à un rassemblement, le 29 novembre, à 16h30, devant la mairie – le même jour de l’inauguration par le maire d’extrême droite.

    « Si Robert Ménard réitère, nous déposerons un recours sur le fond cette année encore car on ne lâche pas. Sur le long terme, on voit que c’est utile puisque la jurisprudence du Conseil d’État [de 2017] permet de condamner les atteintes à l’article 28 de la loi 1905 et de donner une lecture juste de cette loi », insiste Christophe Benoît. Néanmoins, un travail de longue haleine et semé d’embûches pour ces associations. Mais, les municipales approchant et Ménard n’étant pas certain de remporter un troisième mandat, la laïcité sera-t-elle bientôt respectée à Béziers ?