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  • Var : Cogolin, champion de l’extrême droite

    Var : Cogolin, champion de l’extrême droite

    L’extrême droite est en ordre de bataille dans le Var, avec 32 listes dans 28 communes. En particulier à Cogolin, où quatre listes d’extrême droite se présentent. En plus de Philippe Vallet, investi par le RN, les (ex) proches de Marc-Etienne Lansade se livrent une guerre de succession : la maire par intérim et ex-première adjointe Christiane Lardat (qui a depuis porté plainte contre lui pour harcèlement), ses anciens adjoints aux sports Pascal Cordé (2014-2016) et Francis Laprade (2020-2025, ce dernier partant avec une étiquette DVD), et… sa sœur, Véronique Lansade, novice en politique, dont la candidature de dernière minute – et invisible sur la place publique -, ressemble à une contre-attaque de l’ex-maire, condamné à 3 ans d’inéligibilité en juillet dernier pour abus de faiblesse, et qui semble avoir perdu prise sur ses anciens colistiers.

    Lavalette, Rachline, Boccaletti…

    Mais au premier rang des listes d’extrême droite figure celle conduite à Toulon par Laure Lavalette. La députée RN de la 2e circonscription du Var, également porte-parole du parti, tente de dissimuler son ancrage en se présentant sans étiquette. Une manœuvre qui ne saura faire oublier ses prises de position contre l’IVG, le mouvement LGBT, la PMA, les droits des travailleurs étrangers, ou en faveur de l’OAS.

    Plus sulfureux encore : Frédéric Boccaletti. Le député RN de la 7e circonscription se présente pour la 4e fois à Six-Fours. Ex d’Égalité et Réconciliation, mouvement d’Alain Soral, proche de Jean-Marie Le Pen, admirateur de Charles Mauras, il a détenu une librairie négationniste à Toulon, de 1997 à 1998. Accusé de violences par son épouse en 1999, il fut ensuite condamné, en 2000, à 1 an de prison dont 6 mois fermes pour « violence en réunion avec arme », après avoir poursuivi un groupe d’hommes en compagnie d’autres militants FN, et fourni une arme à l’un d’eux, qui en avait fait usage.

    Enfin, maire de Fréjus depuis 2014, David Rachline va briguer un 3e mandat. Soupçonné de prise illégale d’intérêt, il a été relaxé en janvier mais le parquet a fait appel. Il doit également être jugé en septembre pour favoritisme quant à l’attribution de marchés publics. Deux affaires qui ont poussé le RN à lui retirer son investiture, alors qu’il en était l’une des figures de proue dans le Sud.

  • À Gardanne, un candidat de la liste RN le bras tendu

    À Gardanne, un candidat de la liste RN le bras tendu

    Presque autant que les têtes de liste, les dernières places servent souvent à envoyer un signal fort. C’est le cas à Gardanne pour la liste investie par le Rassemblement national, au détriment peut-être de son candidat et actuel élu d’opposition Bruno Priouret. Celui-ci a fait le choix de placer en 37e et dernière position un militant fidèle, la vingtaine habitué des tractages et collages du RN, Lucas Conill. Mais à l’inverse de certains militants de l’extrême droite échaudés d’être épinglés par la presse pour leurs publications passées, celui-ci n’a pas fait le ménage de ses réseaux sociaux au moment d’entrer en campagne. Ainsi sur son profil Facebook, entre deux commémorations et maraudes, le voit-on rendre hommage à Jean-Marie Le Pen, célébrer la dirigeante italienne Giorgia Meloni, publier ses selfies avec les cadres du Rassemblement national. Ou encore s’afficher, le 15 octobre dernier, devant le Parlement d’Aix-en-Provence à l’occasion d’une manifestation relayée par les milieux identitaires.

    Mais il n’oublie pas aussi de publier ses photos du carnaval de Fuveau, du 16 mars 2024, bonnet de bain sur la tête, avec lunettes de piscine et pince-nez, en peignoir. Et sur une photo postée plus tard, le 11 avril, debout sur le marchepied du tracteur qui tire un char figurant une barque, on le voit en noir et blanc le bras résolument tendu. Un geste qui apparaît immédiatement sur le cliché comme un salut fasciste. Une seconde photo le montre cette fois en couleur, souriant, le bras toujours fermement tendu mais incliné cette fois un peu plus vers le bas.

    Sollicité sur son profil Facebook, ce carnavalier n’a pas donné suite. Finalement, le candidat Bruno Priouret lui aussi contacté répond par téléphone. « J’ai demandé qu’il m’envoie les photos, c’est une photo sortie de son contexte, assure l’élu. C’est un carnaval, il était sur un char, il a un bonnet, un pince-nez. » Et d’assurer rapidement qu’il n’y a rien de fasciste dans ce bras tendu : « Il fait le gars qui nage. » Le ton de la tête de liste se fait même menaçant à l’autre bout du fil : « Je lui conseillerai de déposer recours en diffamation », annonce-t-il, si jamais la moindre ligne est écrite à ce sujet. « C’est un monsieur qui a un handicap, il est suivi, il est sous traitement et il est en 37e position, pas éligible », le défend-il. Expliquant l’avoir mis sur la liste « comme c’est un garçon dévoué, qui distribue des tracts, c’est tout ». Peu importe le cliché équivoque, crawl ou pas.

  • À Marseille, une liste RN de la justice aux outrances

    À Marseille, une liste RN de la justice aux outrances

    À défaut d’avoir été fait dans les rangs, le ménage a bien été fait sur les réseaux sociaux des candidats de la liste RN aux municipales à Marseille. De nombreux colistiers de Franck Allisio présentent désormais des profils fantômes, ou expurgés de pans significatifs de leur passé. C’est le cas pour l’ancien responsable de Reconquête dans la Drôme, aujourd’hui parachuté tête de liste du RN dans les 4-5, Thomas Battesti (17e sur la liste, ou pour l’ex-candidat de la Cocarde étudiante, syndicat étudiant d’extrême droite nationaliste, Hugo Cartallier (11e).

    Mais il y a ceux qui sont connus de la justice. À commencer par le député RN de Marignane lui-même, visé par une enquête suite à un signalement du conseil régional suspecté d’avoir détourné les moyens mis à sa disposition. Il se disait « à disposition de la justice ». Tête de liste dans les 13-14, Sandrine d’Angio (6e) a, elle, bien été condamnée pour favoritisme, pour l’attribution de marchés publics dans la mairie de secteur qu’elle dirigeait alors. Elle a fait appel. Antoine Baudino (23e), qui se demandait en novembre dernier « en quoi l’abolition de la peine de mort est une avancée de la civilisation » a été condamné en 2022 pour violences volontaires contre un militant RN.

    « Le fascisme c’est la fête ! »

    Ancien vice-président du Modem dans les Bouches-du-Rhône désormais rallié à l’extrême droite, Patrick Thevenin (37e) était convoqué en appel, en septembre 2014, après avoir été condamné en première instance à une peine d’emprisonnement de deux mois avec sursis pour « violence suivie d’incapacité n’excédant pas huit jours ». Une situation similaire avait conduit le RN à écarter l’ex-adjoint de secteur Romain Brument.

    Les archives ont conservé les sorties de Caroline Sicard (28e) qui écrivait sur son mur Facebook « le grand remplacement est là », avec la photo d’une fillette blonde barrée des mots : « dites non au génocide des blancs ». Les militants de Reconquête ne sont pas en reste. Jean-Marc Graffeo (21e) estimait que « le danger numéro 1 de notre civilisation, c’est le grand remplacement, et l’islam conquérant », et reprochait au RN d’avoir rompu avec les militants de l’AFD en Allemagne « parce qu’ils prônaient la remigration ». Élu dans les 9-10, Richard Dubreuil (69e), partisan de l’interdiction « tout court » du voile assurait que « ce que les Français combattent, ce n’est pas une génération (leurs enfants) qui remplace l’autre, mais une civilisation qui remplace la leur ».

    Au RN, la députée Monique Grisetti (8e) avait suscité un tollé lors des législatives. Sur son fil Facebook, elle partageait une interview de la figure antivax Christian Perronne ou réclamait que maître Gims « retourne de là où il vient » avec « toute sa tribu » pour qu’il « aille traire la chèvre ». En 2020, rendant hommage à un militant royaliste, le conseiller municipal Bernard Marendat (39e) célébrait : « Le fascisme c’est la fête ! » Après avoir traité en septembre 2022 l’adjointe (PCF) aux solidarités Audrey Garino d’assassin, il mimait à son encontre un égorgement deux ans plus tard. « C’est ce que font les communistes », justifiait-il.

    Et il y a les discrets : Gabrielle Occuly (42e) abonnée aux pages pro-Poutine, Vincent Vendredi (61e) qui se dit « pour la peine de mort ». Et Mireille Casassi, nostalgique de l’Algérie française, qui accuse « le sénateur rat-vier, de l’espèce des surmulots accouillus [sic] » , d’avoir émis un avis favorable pour une mosquée « faute de réponse dans les délais ».

    Sollicité, le porte-parole et directeur de campagne Olivier Rioult n’a pas donné suite.

  • Paradoxe

    Paradoxe

    Alors que l’extrême droite est indéniablement en dynamique dans tout le pays et qu’elle est en mesure de conquérir les trois plus grandes villes de notre région : Marseille, Nice et Toulon, le RN et ses alliés ne parviennent pas à présenter de listes dans une majorité de communes de plus de 3 500 habitants. Sur 243 communes de cette catégorie dans notre région, le RN ou ses alliés n’ont été en mesure de présenter de listes que dans une centaine d’entre elles.

    Un fait statistique qui interroge alors que les dernières législatives ont montré la capacité de l’extrême droite à l’emporter dans une grande majorité de circonscriptions de notre région.

    Dans la proximité, il est peut-être encore difficile de s’afficher comme relais des idées haineuses. Assurément, il est aussi compliqué pour les organisations politiques qui se réclament de cet espace politique de trouver des candidats « présentables ».

    Perte de repères et courte vue

    Comme nous le rappelle ce dossier, de nombreux colistiers du RN dans notre région ont eu affaire avec la justice, ou tenus des propos sulfureux.

    À Gardanne, c’est un candidat qui tend le bras qui se trouve sur la liste du RN.

    Dans une France en pleine perte de repère, où l’antisémitisme, le racisme, la misogynie, l’homophobie sont banalisés, ces profils sont particulièrement inquiétants.

    Ce paradoxe qui consiste à constater que la stratégie nationale de ripolinage de l’extrême droite trouve ses limites lors des municipales, n’en est pas vraiment un. Lorsqu’on zoome, on y voit plus clair.

  • Le RN peine à renforcer son ancrage

    Le RN peine à renforcer son ancrage

    La victoire du candidat RN à Rognac, le 24 novembre 2024, à l’issue d’une improbable quadrangulaire, avait constitué un choc. Pour la première fois depuis 1997 à Vitrolles, le parti lepéniste remportait une commune dans les Bouches-du-Rhône. L’extrême droite a beau réaliser des scores élevés dans la région, elle peine en effet à trouver cet ancrage local, avec dix municipalités sous sa gestion dans la région.

    Et pourtant, le nombre de ses électeurs a bondi. Entre les européennes de 2019 et de 2024, le RN a gagné quelque 230 000 voix dans la région, atteignant 38,6% des votes exprimés. Trente députés de la région siègent désormais à l’extrême droite, soit neuf de plus qu’en 2022. Malgré cela, le président du RN, Jordan Bardella, ne se hasardait pas, lors de ses vœux à la presse le 12 janvier dernier, à donner le moindre « objectif chiffré » de conquête aux municipales. Le regard plutôt rivé vers les sénatoriales et la présidentielle. « Le fait de remporter des municipalités à quelques mois de la présidentielle va évidemment donner du poids à la dynamique et à l’enracinement du RN », expliquait l’héritier désigné.

    Encore faut-il présenter des candidats, un obstacle auquel s’est longtemps heurté le RN. Leur nombre, cependant, augmente de scrutin en scrutin. Dans les communes de plus de 3 500 habitants, pour lesquelles elles doivent attribuer des nuances politiques, les préfectures de la région ont classé, cette année, 115 listes à l’extrême droite, dont 63 ont reçu directement l’investiture du RN. Soit au total 4 523 candidats.

    L’extrême droite assure ainsi sa présence dans 100 municipalités de plus de 3 500 habitants pour ce 1er tour, contre 85 lors du précédent scrutin. Soit quatre communes sur dix dans la région, pour les villes concernées par l’attribution de ces nuances politiques. Un nombre qui reste en deçà de la réalité. Le RN a en effet réussi à présenter des candidats dans certaines municipalités pour lesquelles les préfectures n’attribuent pas de nuance politique. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, il a investi Aurélie Abeille à Peyruis (2 794 habitants), Pascal Gaugue à Gréoux-les-Bains (3 088 habitants). Dans d’autres, malgré les « faisceaux d’indices » évoqués par la circulaire du ministère de l’Intérieur, certains candidats restent classés divers droite. C’est le cas à Bollène (Vaucluse) pour Sophie Lorenzo, pourtant candidate investie en 2020 par Marine Le Pen pour les municipales au Teil (Ardèche). C’est aussi le cas pour éric le Dissès à Marignane, pourtant suppléant du délégué départemental du RN Franck Allisio aux législatives et fondateur avec lui d’un « RPR », créé pour faciliter le passage de la droite à l’extrême droite. Peut-être que le nom de la liste, « Marignane aux Marignanais », allusion transparente au slogan nationaliste « la France aux Français », ne suffisait pas.

    Députés en tête

    Mais cette progression dissimule aussi des reculs. Le RN n’a pas pu présenter cette fois de liste à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) ni à Valréas (Vaucluse). Surtout, il n’a pas réussi à débaucher de maires sortants. En janvier 2025, Franck Allisio avait pourtant lancé son label, « la Provence qu’on aime », comme une investiture sans logo pour les candidats des municipales. Moyennant un soutien aux sénatoriales et une compatibilité sur le programme, ils n’auraient pas de liste RN face à eux. Un procédé qui avait suscité l’ire de la présidente (DVD) du Département. « ça suffit de menacer les personnes, s’indignait Martine Vassal à l’occasion du salon des maires des Bouches-du-Rhône. ça correspond à quoi ? Si tu prends le label, tu n’as pas de candidat face à toi ? » Auprès de France 2, le délégué départemental du RN revendiquait, fin février, 15 adhérents. à Fos-sur-Mer, l’opposant Philippe Maurizot (DVD) a ainsi franchi le pas et fait sauter les digues entre la droite et l’extrême droite. Mais aucun maire sortant n’a franchi le Rubicon.

    Alors, pour assurer son ancrage, l’extrême droite a misé sur ses parlementaires. Ils sont 24 députés sur les listes, dont 13 figurent en tête, à commencer par Franck Allisio à Marseille et Laure Lavalette à Toulon. Des figures locales ont été débauchées aussi, comme le président de la Chambre des métiers et de l’artisanat Daniel Salenc, candidat à La Ciotat. Au risque de créer des dissensions. Ainsi dans douze communes de la région y a-t-il plusieurs listes concurrentes d’extrême droite en lice, jusqu’à quatre différentes à Cogolin (Var). Fait significatif : toutes ont réussi à rassembler assez de colistiers pour se présenter. Preuve que les aspirants candidats se bousculent de plus en plus au portillon de l’extrême droite.

    En chiffres

    115

    listes ont été classées à l’extrême droite par les services de l’état pour ces élections municipales en Provence-Alpes-Côte d’Azur, contre 90 lors du dernier scrutin en 2020.

    100

    communes auront des listes d’extrême droite en lice pour les municipales, contre 85 lors des élections de 2020. Cela représente 4 communes sur 10 pour celles qui ont plus de 3 500 habitants.

    4 523

    candidats figurent sur les listes de l’extrême droite dans la région, pour les municipales, soit 1 200 candidats de plus qu’en 2020, dont 24 députés (13 têtes de liste) et un eurodéputé.

    27%

    Seulement des candidats de l’extrême droite dans la région sont des femmes, soit 31 candidates sur les 115 têtes de liste. à peine mieux que la moyenne régionale, qui s’élève à 23,7%.

  • À Vedène, un candidat PCF agressé par un militant RN

    À Vedène, un candidat PCF agressé par un militant RN

    À chaque campagne, c’est souvent le jeu du chat et de la souris entre militants, à celui qui collera le plus pour son candidat. Ce dimanche à Vedène, ce jeu a pris une tournure bien plus violente. Militant PCF et candidat sur la liste de l’actuelle élue (PCF) d’opposition Fabienne Vera, Thierry Ménard accuse un militant RN de l’avoir menacé de mort. « En début d’après-midi, dans le quartier Orsan, après avoir collé six affiches du parti sur le candidat RN, je vois arriver une voiture grise qui me bloque la route au stop après avoir pris à contresens un rond-point », témoigne Thierry Ménard.

    Là, devant plusieurs passants ou automobilistes également bloqués, le militant RN « s’approche à 5 cm de moi et me menace par trois fois en me disant si tu continues à coller sur nos affiches, tu es mort », s’indigne le colistier, ensuite bousculé au moment de sortir son portable, tombé au sol. Dans la foulée, il ira porter plainte à la gendarmerie de Saint-Saturnin, où est mentionné le type de véhicule et sa plaque d’immatriculation. « Cela prouve la corrélation entre le fond d’un parti politique et son attitude sur le terrain », déplore Thierry Ménard, pas prêt à se laisser intimider.

    « C’est vraiment décevant d’en arriver là, je donne pour consigne de respecter l’affichage libre et de rester diplomate », réagit Fabienne Vera, qui reconnaît ne « pas vouloir laisser l’espace public » saturé par l’extrême droite. Contacté, le candidat RN Geoffrey Fallami a préféré écourter l’appel, promettant « peut-être » de nous rappeler. On attend toujours.

  • Vaucluse : une intersyndicale appelle à faire barrage à l’extrême droite

    Vaucluse : une intersyndicale appelle à faire barrage à l’extrême droite

    Dans une petite salle de l’intra-muros d’Avignon, les représentants vauclusiens de cinq syndicats, à savoir la CGT, la FSU, la CFDT, l’Unsa et Solidaires, étaient presque épaules contre épaules pour « faire barrage aux listes investies ou soutenues par des partis d’extrême droite », dans le cadre des élections municipales, comme le précise Sylvain Bartet, secrétaire départemental de la FSU.

    Dans un communiqué commun publié ce lundi 2 mars, ils rappellent que même si elle « cherche à s’ancrer dans les territoires et à se donner une image de respectabilité », l’extrême droite cache sa « réelle nature autoritariste, xénophobe et ultraconservatrice ».

    Ce à quoi chaque représentant syndical acquiesce. Tandis que Patrick Vaniscote (CGT) évoque un « danger pour la démocratie locale et une atteinte aux libertés », Badr Addi, co-secrétaire général de la CFDT en Vaucluse, assure que « le RN se targue de défendre le pouvoir d’achat, mais refuse les augmentations réelles pour les salariés ».

    Exemples concrets

    D’autant qu’en Vaucluse, plusieurs municipalités sont aux mains de l’extrême droite. Les syndicats rappellent notamment les condamnations de Yann Bompard, maire d’Orange, et de l’ex-maire Jacques Bompard. L’un pour avoir occupé un emploi fictif, l’autre pour prise illégale d’intérêt. Tandis que Pascale Battaglia, trésorière adjointe de l’Unsa, assure que la gestion des écoles s’est dégradée au Pontet depuis l’élection de Joris Hébrard (RN), en évoquant un refus de dédoublement de classes en zone prioritaire. Finalement accepté après des négociations.

    Force ouvrière prône son indépendance

    De son côté, Force ouvrière reste attaché à son « indépendance syndicale ».

    Dans un communiqué, l’union vauclusienne rappelle « qu’elle ne participera pas aux manifestations, réunions, actions des partis politiques, quels qu’ils soient ». Et insiste sur le fait que s’il y a engagement politique de l’un de ses membres en tant que candidat, il ne peut faire état de son appartenance au syndicat. Et doit mettre de côté son mandat syndical.

  • À Manosque, une guerre des droites avant les municipales

    À Manosque, une guerre des droites avant les municipales

    Je suis le même qu’en 2020, le même qu’en 2022… De droite et une droite qui n’a ni vocation à être la béquille de la macronie, ni le suppositoire du RN », a tenu à répondre le maire DVD de Manosque, Camille Galtier, à la députée Sophie Vaginay. Cette dernière, ex-maire de Barcelonnette, est venue dans ses terres, jeudi, pour signifier son soutien au nouveau candidat RN-UDR déclaré en dernière minute, Fabrice Durnerin. La députée en avait profité pour accuser le maire sortant, candidat à sa réélection, de mener une liste « macroniste », « d’extrême-centre ».

    « Non je n’ai pas changé. Toi oui, assurément, en indiquant que c’est une fierté de faire alliance avec le parti de Jean-Marie Le Pen », a encore lancé Camille Galtier sur le réseau X, jeudi soir, alors que l’ancienne maire de Barcelonnette avait été investie par le RN pour les élections législatives anticipées, en 2024. Le maire sortant a qualifié Fabrice Durnerin de « candidat fantôme » et a affirmé : « En 10 ans, j’ai toujours battu le Front national et ses candidats, je compte le faire de nouveau les 15 et 22 mars prochains. »

    Un « candidat fantôme »

    Plus tôt dans la journée, dans un autre post sur X, Camille Galtier s’était adressé directement au candidat RN-UDR : « J’espère que votre mois d’installation sur la ville de Manosque va vous permettre d’appréhender tous nos sujets locaux. » « Après les emplois fictifs de l’Union européenne, le RN nous invente le candidat fantôme dans cette élection municipale venant lui-même du Parlement européen », avait-il encore écrit.

    La liste menée par Fabrice Durnerin, nommée « Manosque d’abord », compte non seulement des membres de l’UDR et du RN, mais aussi des sympathisants du parti d’extrême droite zemmouriste Reconquête et du mouvement Identité Libertés de Marion Maréchal. Les deux députés du département, Sophie Vaginay et Christian Girard, ainsi que la secrétaire départementale du RN, étaient venus soutenir le candidat lors de l’annonce de sa candidature, ce jeudi.

    Camille Galtier, Sophie Vaginay et David Gehant, maire de Forcalquier, avaient quitté au même moment le parti Les Républicains suite à l’élection d’Éric Ciotti à la présidence du parti, en décembre 2022.

    Le maire sortant et Fabrice Durnerin affronteront Patrick Rousset, syndicaliste à la tête d’une liste de rassemblement de gauche « le Regain manosquin », et Sébastien Aubert, menant une autre liste de gauche pour les municipales à Manosque.

  • [Exclusif] La liste de l’extrême droite à Marseille est enfin connue

    [Exclusif] La liste de l’extrême droite à Marseille est enfin connue

    Jusqu’au bout, les équipes de campagne du député RN de Marignane, Franck Allisio, auront repoussé l’annonce de la composition de sa liste pour les municipales à Marseille « dans les jours qui viennent ». C’est finalement avec la publication des listes en lice par la préfecture de région que la presse a pu en prendre connaissance.

    En tête de liste, Franck Allisio est suivi par sa candidate RN dans les 9-10 Eléonore Bez, par le vice-président de l’UDR, le député ciottiste Olivier Fayssat, par la députée RN Gisèle Lelouis, ainsi que par l’ancien vice-président du Crif, l’avocat Samuel Benhamou.

    Les ralliés de la droite sont bien représentés, que ce soit ceux de la première heure comme Olivier Rioult, ancien membre du cabinet de Martine Vassal désormais délégué du RN pour Marseille (7e), ou l’ancien président du groupe majoritaire à la Métropole passé à l’UDR Jean-Baptiste Rivoallan (13e). Dans les éligibles, on trouve aussi la seconde vague des ralliements, Jessy Nakache (19e) ou Gérard Audibert (25e) issu de la majorité des 11-12, ou les plus tardifs comme l’ancien premier adjoint des 9-10 (ex-Hor.) Blaise Rosato (27e). Et également les troupes de Reconquête, comme Jean-Marc Graffeo (21e) et Antoine Baudino (25e).

    Quant aux « brebis galeuses » que le RN promettait d’expurger, on en retrouve toujours, comme la députée RN Monique Grisetti (8e), épinglée pendant les législatives pour des publications racistes et complotistes sur Facebook, le conseiller municipal Bernard Marandat (39e) qui disait en 2020 que « le fascisme c’est la fête », Antoine Baudino reconnu coupable en 2022 de violences volontaires… contre un militant RN. Les signes d’une normalisation encore à la peine.

    La liste complète

    1. ALLISIO Franck

    2. BEZ Eléonore

    3. FAYSSAT Olivier

    4. LELOUIS Gisèle

    5. BEN-HAMOU Samuel

    6. D’ANGIO Sandrine

    7. RIOULT Olivier

    8. GRISETI Monique

    9. DUDIEUZERE Cédric

    10. AGIUS Chantal

    11. CARTALLIER Hugo

    12. ARRIGHI Sophie

    13. RIVOALLAN Jean-Baptiste

    14. BERMEJO Marie

    15. CHARPENTIER Thibaut

    16. SALÉMEH Clara

    17. BATTESTI Thomas

    18. POSTEAU Marie-Laurence

    19. NAKACHE Jessy

    20. GREGORI Anne-Marie

    21. GRAFFEO Jean-Marc

    22. LEVIEUX Céline

    23. BAUDINO Antoine

    24. COLOMBO Flavie

    25. AUDIBERT Gérard

    26. BALLETTI Mireille

    27. ROSATO Blaise

    28. SICARD Caroline

    29. SALFATI Mickael

    30. QUINQUIS Aurélie

    31. KELLER Arnaud

    32. LICCIONI Margie

    33. LAMY Dany

    34. CREST Elisa

    35. COULET René

    36. SAADI Roza

    37. HEVENIN Patrick

    38. PARODI Clémence

    39. MARANDAT Bernard

    40. TRIAIRE Gisèle

    41. ESCAVI Hubert

    42. OCCULY Gabrielle

    43. GENSOLLEN Thomas

    44. SERRA Lucie

    45. VIDAL Vincent

    46. ZOUBIR Linda

    47. COUTURIER Romain

    48. PONZIO Lugdivine

    49. MONTI Didier

    50. LAVARESE Domenica

    51. BOZZI Emmanuel

    52. SAMPOL Jane

    53. EMONDIÈRE Florient

    54. BALTAYAN Anais

    55. FLEISCHMANN Antoine

    56. POVER Aude

    57. DARMAGNAC Jean

    58. FAUCHARD Karine

    59. RAYBAUD Paul

    60. BENICHOU Brigitte

    61. VENDREDI Vincent

    62. VIGIER Jeanne

    63. KESTELLIKIAN Cyril

    64. COSTA Monique

    65. OUTOUZIAN Michel

    66. GAUDIN TOUSSAINT Nicole

    67. BUTAVAND Jean-Bernard

    68. PIAZZA Martine

    69. DUBREUIL Richard

    70. AVOGADRO Sandra

    71. KUBICKI Lukas

    72. RAMOS Nathalie

    73. BEAINI Franck

    74. ALIAS Lugdivine

    75. COUVE Pierre

    76. LE ROY Marie-Claire

    77. GONZALEZ DE GASPARD Laurent

    78. PICHINOTY Nicole

    79. GERVAIS César

    80. MELINE Johanna

    81. LASSERRE Quentin

    82. ROUX Charlotte

    83. DE BENEDETTI Fabien

    84. GANAY Florence

    85. CHACHUAT Axel

    86. DRAYON Yannick

    87. DO ESTANQUE Thierry

    88. DI SILVESTRO Vanessa

    89. BRAHIM Jean-Louis

    90. TIRAMANI Caroline

    91. DEBIANE Rahym

    92. CLAUSTRE Marie-Hélène

    93. ROUXEAU DE L’ECOTAIS Martin

    94. MACHEREY Marie

    95. JACQUET Joris

    96. LADAME Ghislaine

    97. BELLON Régis

    98. BIENFAIT Yane

    99. MANNI Philippe

    100. PARTOUCHE Deborah

    101. COTI Stephan

    102. SYLVI Loane

    103. GUIGUI Albert

    104. LUCHEUX Marina

    105. BONNAND Thomas

    106. CASASSA Mireille

    107. BEAUVAL Yves

    108. SAFFY Christelle

    109. AMODRU Patrick

    110. YACOUB Marie-Jeanne

    111. POLETTI Hervé

  • [Entretien] Radioscopie de la violence d’extrême droite par Nicolas Lebourg

    [Entretien] Radioscopie de la violence d’extrême droite par Nicolas Lebourg

    La Marseillaise : Pourquoi l’administration pénitentiaire vous a commandé ce rapport ?

    Nicolas Lebourg : Il y a eu une première étude sociologique sur les djihadistes et j’avais proposé de faire pareil sur les violences d’ultra droite. Ça intéresse l’administration parce qu’on connaît la quatrième vague de tentation de terrorisme à l’ultra droite depuis 2017. En 2015 et 2024, il y a 3 personnes sous écrou à l’ultra gauche, ça reste stable. Alors qu’à l’ultra droite, on passe de 1 à 64 en juillet 2024. Ils étaient encore 58 sous écrou, en comptant des activistes pour des ratonnades, en octobre 2025. C’est donc une réalité de plus en plus croissante pour l’administration, qui voulait savoir comment les gérer en prison.

    Qu’avez-vous étudié ?

    N.L. : Il s’agissait d’abord de faire un historique pour voir la façon dont on les avait gérés par le passé. Pour les djihadistes, l’administration avait appliqué des processus utilisés pour les Basques et les Corses, sauf que ça ne marchait pas. Ils ont donc inventé de nouveaux processus. L’administration a voulu savoir rapidement comment s’adapter aux détenus liés à l’ultra droite. Pour cela, on a donc étudié 104 personnes, la moitié arrêtée pour des projets terroristes et l’autre écrouée pour de l’activisme. Nous voulions savoir qui ils sont, où ils sont, sur quel type de faits et avec quel type d’idéologies.

    Qu’en ressort-il ?

    N.L. : D’abord, au niveau idéologique, le racisme est très clairement la question centrale. Il y a l’idée d’un complot de grand remplacement de la population française blanche. C’est structurel et c’est ce qui motive l’essentiel des personnes. Du côté des activistes, c’est plutôt des jeunes d’une grande ville, ce qui est classique dans la sociologie de la violence politique. Mais pour les projets terroristes, l’autre moitié, les gens sont beaucoup plus diplômés (j’ai par exemple deux agrégés de mathématiques), beaucoup plus seniors et il y a une inscription profonde dans la ruralité. Il y a aussi 10% de femmes, ce qui est le classique des groupuscules de l’extrême droite radicale, mais elles sont quasiment toutes du côté terrorisme. Au niveau de la géographie, il y a aussi une transformation complète. Jusqu’à fin 2016, elle était stable. En gros, c’est la zone Lyon-Marseille-Nice, la région parisienne, les Flandres françaises, la région nantaise, avec l’essentiel des violences à l’est de l’axe Le Havre-Perpignan. Depuis 2016, cette ligne n’existe plus et la pénétration dans la ruralité est profonde.

    Vous démontrez aussi que ces individus ne sont pas issus de territoires pauvres…

    N.L. : Exactement. Tout le discours sur la radicalisation violente qui vient de territoires où il y a plus de chômage, plus de familles monoparentales etc. Rien ne matche. C’est même l’inverse. Ces auteurs de violence proviennent de territoires qui vont mieux que la moyenne. Sauf qu’eux sont du bas de la classe moyenne et sont dans des territoires plus inégalitaires. Ils sont donc sensibles au discours sur les élites pourries. Pour eux, il y a les parasites d’en haut et les parasites d’en bas, les immigrés accapareurs etc… Ici, l’inégalité ne favorise pas des idées de gauche mais des idées de désir de hiérarchie légitime.

    Comment l’expliquez-vous ?

    N.L. : Ce sont des représentations que l’on retrouve à l’extrême droite au XIXè siècle sauf qu’elles viennent se greffer sur de nouvelles structures sociales. Drumont expliquait déjà qu’on allait augmenter les salaires des ouvriers en récupérant les 100 milliards d’or volés par les juifs. Depuis 2015, il y a deux pics d’augmentation des violences. Le premier après 2015, c’est une violence de revanche après les attentats. Ensuite c’est 2021 avec la campagne présidentielle et les dissolutions des groupes d’ultra droite. Sur un siècle, 29% des dissolutions ont été effectuées sous Emmanuel Macron ce qui a transformé la radicalité de droite. Aujourd’hui, plus personne ne monte des groupes nationaux, il n’y a plus que des groupes communaux. Ça va parfaitement avec la simplification idéologique. Avant, chaque groupe national avait sa spécificité idéologique. Aujourd’hui, ils sont tous ensemble dans un groupe local et ils s’en foutent que l’un soit nazifiant, l’autre royaliste etc… La montée de l’activisme est donc liée à cette politique de dissolution.