Tag: riverains

  • Nouvelle mise en demeure pour le chantier naval de Marseille

    Nouvelle mise en demeure pour le chantier naval de Marseille

    C’est une nouvelle étape dans le bras de fer qui oppose une partie des riverains de l’Estaque (16e) aux portuaires du Chantier naval de Marseille (CNM), en conflit depuis le retour, en 2017, de l’exploitation de la forme 10. Un îlot artificiel construit pour réparer et entretenir les navires de grandes tailles. La préfecture des Bouches-du-Rhône a publié mardi, sur son site officiel, un arrêté faisant état d’une « mise en demeure à l’encontre de la société CNM pour l’exploitation de la forme 10 ». La société est sommée, « dans un délai de trois mois », à compter du 10 février, de respecter les limites d’émissions sonores fixées par l’article 8 de l’arrêté ministériel du 12 mai 2020. Un manquement à ces obligations pourrait entraîner, en plus des « sanctions pénales » envisageables, la mise en place de sanctions prévues par le Code de l’environnement, d’après le document publié par la préfecture.

    Une installation primordiale

    Cet arrêté intervient après une série de mesures déjà prises à l’encontre du Chantier naval et répondant aux sollicitations de nombreux riverains et élus locaux, mobilisés pour dénoncer les nuisances sonores induites par l’exploitation de la forme 10. Le 31 juillet 2024 déjà, le préfet des Bouches-du-Rhône signait, « au terme d’une période de concertation de plusieurs semaines », selon le communiqué de l’époque, un arrêté pour encadrer les « activités particulièrement bruyantes ». De quoi « consolider, dans la durée et en soutien aux entreprises utilisatrices, les atouts offerts par cette installation industrielle majeure en termes d’emplois et de rayonnement du savoir-faire industriel marseillais en matière de réparation navale » (voir notre édition du 01/08/2024). Car l’exploitation de la forme 10, plus grande cale sèche de la Méditerranée, est un outil industriel phare pour le Grand Port maritime de Marseille. Fermée pendant 17 ans avant sa réouverture en 2017, son retour est rendu possible par un long combat mené par les salariés de la réparation navale et leur syndicat CGT, déterminés à consolider l’avenir du site passé par des phases difficiles.

    « Nous sommes contents de la publication de cet arrêté, assure Jean-Pierre Lapébie de Cap au nord, association de défense du cadre de vie des 15e et 16e arrondissements de Marseille. Ça va dans le sens des nombreuses mises en demeure récentes que le chantier naval ne respecte pas, au sujet du bruit mais aussi de la pollution de l’eau et de la séparation des stockages des produits dangereux. On n’est pas là pour mettre des emplois en danger, mais pour que la législation (…) et la santé des populations et des travailleurs soient respectées. »

    Dans une série d’arrêtés pris le 22 juillet dernier, la préfecture des Bouches-du-Rhône avait en effet infligé des astreintes administratives journalières au Chantier naval de Marseille, faute de système de séparation et de traitement des eaux usées pour les formes 8, 9 et 10 de réparation navale (voir notre édition du 06/08/2025).

    Contactés à propos de l’arrêté publié mardi, le Grand Port maritime de Marseille, comme la CGT, n’ont pas souhaité réagir à ce stade. Le Chantier naval de Marseille n’a pas donné suite à nos sollicitations.

  • Le Saint-Siège dissout et vend la Grande compassion à Marseille

    Le Saint-Siège dissout et vend la Grande compassion à Marseille

    Leur départ était prévisible. Installée depuis 1845 sur les hauts de la Blancarde, la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Compassion n’existera bientôt plus. Avec son majestueux portail, se refermera fin juin un grand livre d’histoire. L’annonce émeut et inquiète les riverains de la longue allée de la Compassion. Ce territoire bastidaire suspendu au-dessus de la ville, constitue un havre de verdure et de quiétude hors du commun.

    Après la fermeture et la vente l’an dernier du foyer pour étudiants de la rue Saint-Savournin (1er) que la Ville a pu préempter, et la cession en cours du couvent de la Petite Compassion avec son domaine fermier d’un hectare, rue du Docteur Cauvin (12e), la fermeture de la Grande compassion et de son domaine unique de trois hectares, scelle le dernier acte et la dissolution d’une congrégation dont les religieuses s’éteignaient les unes après les autres.

    Le vaste domaine bastidaire des Blancard

    Les familles des dix derniers seniors de cette résidence autonomie qui en avait compté jusqu’à trente, doivent leur trouver une nouvelle destination. Les deux dernières religieuses vont s’en aller comme les huit personnels de ce domaine qui vivait aussi de la location des chambres de deux hôtelleries aménagées dans des corps de ferme. Ce serait d’ailleurs une piste de développement idéal pour un futur acquéreur.

    Cet enclos religieux est le fleuron d’un territoire unique et confidentiel qui compte plusieurs bastides et maisons de maître protégées, un étang. La Grande compassion, c’est une suite de quatre bâtiments reliés avec la chapelle de 1848 à la bastide Blancard posée sur un promontoire avec vue imprenable sur la Bonne mère. Elle possède même un petit musée. Orienté sud-ouest, son jardin à la française est organisé autour d’un bassin rond, des bosquets de buis et des pins centenaires remarquables. Les Blancard étaient une riche famille qui possédait au XVIIe les terres agricoles et des vignes le long de la vallée du Jarret. Le bâti le plus ancien est en réalité antérieur à la bastide. Sa cave exceptionnelle et remarquablement conservée sur double voûte en berceau brisé est de la fin du XVe siècle.

    La congrégation a été fondée en 1843 par Jean-François Régis Barthès (1790-1861) un père jésuite qui repose dans une petite chapelle du parc aux côtés de nonnes. Sa vocation initiale était de s’occuper des enfants. C’est en 1907 qu’elle se transforme en maison de repos pour dames âgées. Plus tard en 1930, elle est reconnue de droit pontifical, ce qui explique que la décision de fermeture a été prise directement au Vatican par le Dicastère des Instituts de Vie Consacrée. Contactée, la Prieure générale de la Congrégation, Marisa Adami, n’a pas répondu à notre demande d’entretien.

    « Que la beauté du lieu soit préservée »

    Une période d’incertitude s’ouvre pour ce site exceptionnel à forte valeur patrimoniale et historique, convoité par les promoteurs et marchands de biens. La reprise idéale par un Ehpad exigerait de lourds investissements. « On nous a dit que la décision a été prise au Vatican et que la résidence devait fermer fin juin », confie une des propriétaires croisée dans l’allée. « On accueille cette nouvelle avec beaucoup de tristesse et de préoccupation aussi, car c’est un pan de l’histoire de notre allée qui s’en va. Ce n’était pas une maison de retraite comme une autre. Il y a une sérénité, une ambiance très particulière. On est éminemment triste et dans l’incertitude de ce que cela va devenir. Nous voulons que la beauté du lieu soit préservée, que ce ne soit pas rasé et loti » nous dit-elle, ne nous cachant pas qu’à ses yeux, « il y a péril en la demeure ».

    « On se méfie des promoteurs » claque un autre propriétaire qui tient à souligner que lui et ses voisins ont toujours eu à cœur de laisser l’allée ouverte aux promeneurs. « On n’a pas voulu garder jalousement l’allée pour nous en installant un portail à digicode comme on le voit dans tant d’endroits à Marseille. C’est un joyau patrimonial dans la ville qui doit le rester et on aimerait que cette maison protégée reste telle qu’elle est. »

    Le domaine constitue un ensemble paysager exceptionnel qui jouit de protections au PLUi : les bois centenaires de haute tige sont classés en EBC et les bâtiments reconnus comme des éléments bâtis remarquables (EBR) du patrimoine bastidaire. La protection s’étend au portail du couvent orné d’une pietà avec l’inscription en latin « Monstra Te Esse Matrem » (montre que tu es mère) mais aussi aux piliers monumentaux près de l’avenue de Saint-Barnabé, vestiges du grand domaine agricole originel. En cas d’urgence, une instance de classement aux monuments historiques préserverait l’intégrité du site.

  • La Ville de Martigues suspend la pose d’antennes de Free Mobile

    La Ville de Martigues suspend la pose d’antennes de Free Mobile

    La police municipale est allée jusqu’à stopper le début des travaux. Dans un communiqué daté du 15 décembre, la Ville fait état d’installations d’antennes par Free Mobile « sans réelle concertation préalable » et « au mépris des demandes de la collectivité pour préserver les paysages, l’environnement et la qualité de vie des riverains ». En l’occurrence, il s’agit de trois antennes, une de 30 mètres située en zone humide bordant la route de Lavéra, d’une de 42 mètres sur le secteur des Laurons et d’une antenne en zone agricole à Plan Fossan.

    Dernier événement en date, l’intervention de la police municipale et de la direction de l’urbanisme sur un chantier de Free mobile début décembre, « malgré la demande de suspension des opérations » de la Ville, alors que « la société ne disposait ni de l’autorisation préfectorale obligatoire, ni au titre du droit des sols », d’après la collectivité.

    L’opérateur se défend

    Sollicité par La Marseillaise, l’opérateur affirme que ses projets de déploiement « ont fait l’objet de démarches transparentes et conformes au cadre légal et à nos obligations de couverture », mais que « toutes les solutions proposées ont été refusées par la commune ces trois dernières années, sans alternatives ».

    Free Mobile invoque « l’intérêt vital des réseaux mobiles très haut débit pour l’attractivité économique des territoires et le fonctionnement des services publics », assure « rester ouvert au dialogue » et souhaite « la mise en place d’un dialogue constructif avec la Ville de Martigues ».

    La Ville, à ce titre, affirme « ne pas s’opposer aux antennes mais à l’absence de dialogue de la part d’un seul opérateur », sur les quatre existants.

  • L’église Saint-Martin d’Arenc : un scénario à l’horizon 2033

    L’église Saint-Martin d’Arenc : un scénario à l’horizon 2033

    « C’est encore lent et encore long mais de l’argent public est mis sur la table pour que ce quartier un peu endormi vive. C’est vrai qu’il faudra encore trouver un porteur de projet » a reconnu la conseillère métropolitaine Solange Biaggi (LR), vendredi, lors de la réunion publique présentant les jalons d’une renaissance de l’église Saint-Martin d’Arenc en péril rachetée en 2018 au diocèse.

    « Le Département a pris l’engagement de réhabiliter ce bâtiment, de conforter sa structure et ses fondations avec des micropieux. En parallèle des marchés de travaux, on lancera un appel à manifestation d’intérêt avec un cahier des charges qui aura été écrit en fonction de ce que vous, riverains, CIQ, élus, Euromed et le Département, souhaitez pour ce bâtiment et son jardin » a ajouté la conseillère départementale déléguée à l’aménagement du territoire, aux équipements structurants, Laure-Agnès Caradec (LR) qui évalue à 10 millions d’euros la seule phase de confortement.

    Les études des besoins pilotées par PR’Optim, l’agence de programmation architecturale et urbaine, convergent pour un aménagement de l’église en 4 unités fonctionnelles, une visibilité de la nef jusqu’au chœur. La concertation est unanime « pour conserver ce patrimoine, en faire un lieu fédérateur, une forme de cœur de village avec une mixité d’usages ». Une fois l’édifice consolidé, ce ne sera pas un équipement public. Il s’agit après validation de créer un lieu ouvert 7 jours sur 7, sur le quartier valorisant le jardin, confié à un gestionnaire privé avec plusieurs exploitants.

    Le calendrier prévisionnel livre les jalons d’une opération de longue haleine : lancement en 2026 d’un marché de maîtrise d’œuvre pour des travaux de confortement et sur le clos et couvert en 2028 et 2029, une longue phase d’observations de la stabilité de l’ouvrage et de son clocher avant le choix, en 2030, d’un porteur privé. Un marché de restauration finale serait alors lancé en 2031 pour une livraison en 2033. On l’a compris, l’impatience n’est pas permise.

  • Autour de Baumettes 3, des voisins inquiets

    Autour de Baumettes 3, des voisins inquiets

    Très attendue par l’administration pénitentiaire, la sortie de terre de Baumettes 3 (B3) ne fait pas que des heureux. Alors que les détenus sont en cours de transfert pour désengorger des cellules remplies à 208%, les riverains du nouvel établissement s’inquiètent des conséquences sur leur vie quotidienne. « On a été échaudé par l’ouverture de Baumettes 2, il y a eu tellement de problèmes que cette fois-ci l’Apij [Agence publique pour l’immobilier de la justice, Ndlr] a fait les choses correctement, il y a eu des préconisations et certaines ont été respectées. Mais sur d’autres j’ai des interrogations », alerte Éliane Gastaud, coordinatrice du collectif des voisins des Baumettes.

    D’abord, la vue. « On a obtenu l’installation d’un pare-vue qui part des garages puis quand on arrive au bâtiment des prisons, plus rien du tout », décrit-elle. Une trentaine de riverains « ont une vue imparable sur les bâtiments de détention », selon cette dernière. Et de craindre que les visiteurs ne grimpent sur les clôtures des maisons pour des parloirs sauvages.

    Des brouilleurs

    trop efficaces ?

    Côté cellules, des fenêtres équipées « d’oreilles », des espèces « de coques remplies de matériel isolant », permettent d’isoler les détenus au niveau visuel et auditif. En théorie. « On ne sait pas encore quelle va être leur efficacité », nuance Éliane Gastaud, qui rappelle que les bâtiments de Baumettes 3 sont disposés face à face, « à très peu de distance », de quoi encourager, selon elle, les conversations.

    Autre source de nuisances, la lumière. Avec un éclairage jour et nuit, une lumière « extrêmement puissante », confirme Éliane Gastaud, pour assurer la sécurité des agents pénitentiaires qui entrent dans la prison. Résultat : « À Beauvallon, la nuit, on voit comme en plein jour dans le salon », explique-t-elle. Et trouver une solution ne va pas être chose aisée. Même si les contacts sont « très bons avec le directeur actuel des Baumettes », reconnaît-elle, « il y a des préconisations avec des normes édictées par le ministère de la Justice ».

    Qui dit 740 places supplémentaires, dit aussi plus de visiteurs. « Et il n’y a déjà pas beaucoup de places de stationnements », rappelle Éliane Gastaud, et côté transports en commun « une seule ligne de bus ». Quant à la mobilité douce, « les pistes cyclables se sont transformées en parking ». Vient enfin la question ardue des brouilleurs pour empêcher les communications depuis les cellules et les livraisons illicites par drones. Un marché à 24 millions d’euros hors taxe, dont 8 millions dévolus à l’équipement de B3, a été passé en juin, demandant au prestataire d’éviter les « perturbations ou débordements à l’extérieur » des zones concernées. Le chantier serait finalisé en mars. Mais depuis la mise en place du système en 2021 à Baumettes 2, les habitants des maisons autour sont déjà obligés de recourir au Wifi pour téléphoner. « Pour B3, c’est tout le centre de Beauvallon situé à 100 m qui est concerné », s’inquiète Éliane Gastaud. Et de promettre de remettre l’ouvrage sur le métier au cours des réunions régulières organisées par l’Apij.

  • Des centaines d’arbres replantés avec Écosia

    Des centaines d’arbres replantés avec Écosia

    Qui a dit qu’il n’était pas possible de planter des arbres grâce à quelques clics sur internet ? À l’entrée du sentier du grand Valat, dans la partie ouest de Sausset-les-Pins, une cinquantaine de bénévoles viennent prouver que c’est faisable.

    L’association Replanter notre forêt provençale est à l’initiative ce dimanche matin, soutenue par l’entreprise Écosia qui héberge le moteur de recherche du même nom. Les services de la Ville, de leur côté, ont préalablement creusé les trous qui accueillent les arbres.

    Dans une palette à disposition des bénévoles, plusieurs essences d’arbrisseaux en pot sont à disposition. Le président de l’association, Julien Altero, pompier professionnel, indique qu’« il y a une centaine d’arbres pour aujourd’hui, avec 80% d’oliviers, des chênes kermès, des arbousiers et quelques amandiers ». Des espèces résistantes au feu. « Même s’il y a un feu, les arbres repoussent », affirme Julien Altero.

    « Il faut un suivi »

    Pour cette opération, Julien Altero indique qu’« Écosia finance à 100% le projet à hauteur de 10 000 euros ». Dès lors, « il faut faire le suivi de ce qu’on a planté. La zone est sèche l’été, particulièrement avec la canicule, mais on a très peu de pertes d’oliviers après plantation », se satisfait le président.

    Pelles en main, parents et enfants se prêtent au jeu. Il a été prévu un arbre par famille. Valentine, Saussetoise de 12 ans, est l’une des premières à avoir commencé. Elle s’affaire consciencieusement depuis le début de l’opération avec son olivier. « C’est bien pour la nature de faire ça, parce que ça fait de la peine de voir qu’il y a plus d’arbres », considère l’écolière.

    Elle n’a pas de souvenir de l’incendie de 2020. « Le feu, c’est impressionnant. Je l’ai pas vu celui de 2020 mais je sais qu’il s’est arrêté juste à côté de Sausset », se rappelle-t-elle, d’où son avis qu’il est « important de refaire la végétation ». Son père, à ses côtés, indique qu’il a « vu le rendez-vous sur les réseaux sociaux ». « Ce terrain fait partie de notre balade dominicale, on pourra voir s’il pousse bien », projette-t-il.

    La Ville étant co-organisatrice, le maire écologiste Maxime Marchand présent sur place estime qu’il faut « redonner à cette forêt ce qu’elle nous a donné ». Pour l’édile, « tous ces enfants qui plantent créent un attachement à la forêt. Ils n’ont pas besoin de nous pour prendre conscience de l’importance qu’elle a, cette génération qui aime la nature et la chérie au quotidien procure un vrai bonheur. »

    Au-delà des seuls enfants, les riverains ne sont « pas là par hasard », selon Maxime Marchand, « car ce moment crée un sentiment d’appartenance entre ceux qui habitent à proximité de la forêt, il faut qu’ils en soient des acteurs de la gestion quotidienne ». In fine, cette matinée a presque « une visée thérapeutique pour se réapproprier le lieu », dans l’œil du maire de Sausset-les-Pins.

    Avec plus de 1 000 hectares ravagés en 2020 et le dernier incendie de Martigues en juillet, le rapport à la forêt et à sa préciosité évolue manifestement.

  • La réouverture d’une rue des Chutes-Lavie en débat

    La réouverture d’une rue des Chutes-Lavie en débat

    Pour soutenir leur revendication d’une réouverture d’un accès piétons de la rue qui traverse la cité des Chutes-Lavie, les riverains se sont constitués en collectif. Ils se donnent rendez-vous mercredi 5 novembre à 11h devant les locaux de la Métropole, 25 avenue de Frais-Vallon, où ils seront reçus par Solange Biaggi.

    Un grand portail verrouille l’accès à la rue de la Pépinière. Ce geste, décidé par l’assemblée des copropriétaires qui revendiquent une voie privée et invoquent des raisons « de sécurité », a soulevé un tollé dans tout un quartier. Une mobilisation du collectif des Chutes-Lavie, le 15 octobre, a mis au jour les difficultés rencontrées par les riverains obligés à de longs détours pour rejoindre les commerces et écoles de l’autre côté de la cité. Par ailleurs une crèche, un centre d’animation et un jardin municipaux se trouvent dans l’enceinte de la cité.

    PML (ex-HMP) a progressivement vendu des logements sociaux de la cité jardin mais reste majoritaire au conseil d’administration. Déjà, l’ancienne école maternelle avait été « fermée du fait de l’accessibilité piétonne dégradée », rappelle Didier Jau, maire (EELV) du secteur, qui a écrit une lettre à Solange Biaggi, nouvellement élue à la tête de PML, lui enjoignant de « rouvrir sans délai le passage piétonnier litigieux, au moins à titre provisoire ». Il souhaitait voir « aligner la position d’HMP sur l’intérêt général de la mobilité de proximité ». Par ailleurs, souligne Hervé Street, militant marseillais qui soutient leur combat, « cette fermeture pose un problème d’enlèvement des ordures et est en contradiction avec le règlement du bailleur ». La présidente a finalement accepté de rencontrer les riverains ce mercredi. Elle recevra une délégation du collectif pour étudier la demande.

  • À Bouc-Bel-Air, l’inquiétude des riverains

    À Bouc-Bel-Air, l’inquiétude des riverains

    Un an après le lancement d’une pétition par les riverains du projet qui plafonne autour de 1900 signatures (notre édition du 19/06), le futur centre de données MRS6 de Digital Realty est, depuis le 6 octobre dernier et pour neuf jours encore, soumis à enquête publique. Un projet titanesque. Quelque 700 millions d’euros sont prévus pour transformer l’ancien entrepôt Decathlon de Plan-de-Campagne et en faire le plus gros data center du département, sur 26 000m² au milieu d’une parcelle de 10 hectares avec cinq salles de serveurs au rez-de-chaussée, deux autres au premier étage. L’installation nécessitera notamment de tirer une nouvelle ligne haute tension souterraine depuis le poste voisin du Realtor, à Cabriès, avec une sous-station à créer par le gestionnaire du réseau RTE, tandis que les 30 générateurs de secours doivent pouvoir apporter une puissance totale de 217 mégawatt, soit la moitié d’une centrale à gaz…

    De quoi alarmer une nouvelle fois les riverains, qui ont transmis au commissaire enquêteur des avis identiques pointant des effets cumulés avec la déchetterie voisine qui a ouvert en 2022. « Nous craignons que cette nouvelle infrastructure, malgré son caractère non industriel, ne crée un îlot de chaleur et des nuisances supplémentaires », écrivent-ils ainsi, réclamant que « les effets combinés soient évalués et compensés ». Le porteur de projet, de son côté, espère le faire sortir de terre début 2028.

  • Neuf maires demandent un couvre-feu pour l’aéroport

    Neuf maires demandent un couvre-feu pour l’aéroport

    « Vous n’ignorez pas que les nuisances sonores générées par le trafic aérien nocturne constituent, aujourd’hui, un problème majeur de santé publique. En tant que maires des communes riveraines, nous sommes garants des mesures prises
     et à prendre – pour les limiter, voire les éliminer. » Tels sont les termes de la lettre commune de neuf maires des Bouches-du-Rhône et proches de l’aéroport de Marseille-Provence à Marignane, à l’adresse du préfet de Région, Georges-François Leclerc. Envoyé lundi 27 octobre, le courrier pose une revendication des élus : « L’instauration d’un couvre-feu total entre 23 heures et 6 heures du matin. »

    Une proposition qu’ils jugent comme « seule garantie d’une véritable protection des populations riveraines contre des atteintes à la santé désormais inacceptables ». « Nous demandons qu’une réforme courageuse soit engagée sans délai, visant à instaurer un couvre-feu nocturne effectif et contrôlé, assorti de sanctions exemplaires en cas d’infraction », développent-ils, rappelant que la problématique concerne plus de 100 000 habitants.

    Un « impératif de santé publique »

    Notons que le courrier est unitaire, quelles que soient les étiquettes politiques. Il est signé tant par Benoît Payan, maire de Marseille, qu’André Molino, maire de Septèmes, Paul Sabatino, maire du Rove, Mario Martinet, maire de Berre-l’Étang, Claude Piccirillo, maire de Saint-Victoret, Loïc Gachon, maire de Vitrolles, Éric Le Dissès, maire de Marignane, ou encore Amapola Ventron, maire de Cabriès.

    Ils dénoncent « le sommeil interrompu, les troubles physiologiques et psychologiques liés au bruit, ainsi que la dégradation durable de la qualité de vie ». Avant d’expliquer : « Il ne s’agit pas seulement d’une question de confort, mais bien d’un impératif de santé publique, de justice sociale et environnementale. Les habitants des zones survolées ne peuvent plus être les victimes silencieuses d’une activité économique qui, pour préserver sa rentabilité, n’hésite pas à étendre toujours davantage ses créneaux horaires au détriment de la santé. » Les élus appuient leur demande sur les analyses de l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (Acnusa), qui « a rappelé à plusieurs reprises la nécessité de réguler strictement les vols de nuit ».

  • Quel avenir pour l’écoplateforme de la centrale de Gardanne ?

    Quel avenir pour l’écoplateforme de la centrale de Gardanne ?

    Se dirige-t-on vers une transformation d’ampleur du site de la centrale thermique de Gardanne ? Après un mois de consultations des riverains et autres acteurs du territoire de Gardanne et Meyreuil, l’enquête publique sur le développement d’une « écoplateforme industrielle » s’est conclue, ce jeudi 23 octobre.

    L’objectif affiché est de réindustrialiser le site via l’exploitation des parcelles inutilisées, ou presque, de l’immense terrain ancienne centrale à charbon. « Il s’agit de dépolluer, déconstruire et viabiliser une dizaine de parcelles représentant environ 30 hectares sur l’ensemble des 73 hectares du site. Ces parcelles sont destinées à accueillir des industriels qui loueront leurs emplacements via des baux de longue durée », expose la note technique de l’enquête publique. « C’est une enquête publique sur le réaménagement du foncier, la réhabilitation du terrain. On allotit le site en faisant des parcelles dans une logique de zéro artificialisation des sols », précise Camille Jaffrelo, porte-parole de GazelEnergie. Dans le détail, la consultation du projet portait sur trois phases distinctes de travaux, avec un découpage en 18 parcelles à terme.

    La première phase se concentre sur « les travaux de viabilisation des parcelles » et la préparation des terrains avec raccordements des réseaux d’eau, télécoms… La deuxième porte sur « la démolition de la TAR (Tour Aero-Réfrigérée), un bâtiment de 65m de hauteur et 100m de diamètre, pour un coût estimé à environ 3 millions d’euros », toujours selon les documents de l’enquête publique. Même principe pour la troisième phase, avec le démantèlement de la Tranche 5, l’ancienne unité de production au charbon et de sa cheminée, estimée à plus de 30 millions d’euros. En bref, une « remise en valeur du site en vue de sa réindustrialisation et la création d’emplois », selon Camille Jaffrelo, qui table sur plus de 500 emplois directs créés à terme.

    Riverains et écolos mécontents ?

    Reste que les intentions affichées par l’industriel ne sont pas entendues de cette oreille par différents collectifs de riverains et associations de défense de l’environnement. À l’image de l’Association de lutte contre les nuisances et la pollution (ALNP, membre de FNE13) qui compte plus de 80 adhérents, dont les CIQ Ouest et Est de la cité, mais aussi le comité d’intérêt de quartier de Langarié, de Fuveau Ouest… « On craint qu’on installe une industrie et qu’une fois qu’elle est là, qu’on nous montre ce qu’elle génère, contents ou pas contents. Vous ne nous dites pas quelles industries vous mettrez, vous ne nous parlez pas des effets cumulés ? Moi, je dis non », martèle Olivier Beuret, président de l’ALNP, à l’adresse de GazelEnergie. Même ressenti du côté de Jean-Luc Le Mouel, co-président du CIQ Gardanne Est : « Si on remet 18 grosses usines par-dessus, on se tire, on s’en va ! » Et une pétition lancée en ligne contre le projet a récolté près de 1 240 signatures.

    Des inquiétudes pas légitimes aux yeux GazelEnergie : « Les critiques sur le manque de communication ne sont pas entendables… Rien n’a été fait en catimini, l’enquête publique s’est tenue normalement, avec du débat. » Et surtout, sur le fond, l’entreprise explique que le découpage en 18 parcelles n’implique pas l’arrivée de 18 projets industriels. Et encore moins l’installation de « 18 industries lourdes », selon Camille Jaffrelo. Qui insiste : « Chacun des projets qui pourrait venir s’implanter aura son propre dossier d’instruction avec les études d’impacts, de danger et effets cumulés. Mais d’abord nous devons commencer par le début : réhabiliter le terrain. » Elle évoque plus globalement des « arguments fallacieux » : « Certains expliquent que le projet de pyrogazéification porté par les salariés et l’ATCG [Association des travailleurs de la centrale de Gardanne, Ndlr.] serait un incinérateur, qu’il y aurait une scierie géante, ce sont des fake-news et ce n’est pas le sujet de l’enquête publique. »

    La CGT favorable,

    mais nuancé

    En parlant du projet des salariés, Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site, est très clair sur la position du syndicat : « On est favorable au développement industriel du site et à la création d’emplois qui ont pour vocation la production d’énergie, tant qu’ils intègrent la prise en compte de l’environnement, de la réponse aux besoins et créateurs d’emplois statutaires. » Un avis nuancé donc, d’autant que le projet porté par les salariés, Bio-Méthane Provence, aboutira « que l’écoplateforme se fasse ou non ». « Nous ne rentrons pas dans le cadre de l’enquête publique actuelle, rien ne ralentira la faisabilité de notre projet », insiste le syndicaliste.

    GazelEnergie dit plancher sur l’installation potentielle de site en lien avec « des batteries électriques, datacenter et, en parallèle, la pose d’ombrières solaires sur les parkings actuels ». Si « rien n’est acté pour l’heure », l’entreprise vise des projets industriels « légers ».