Tag: riverains

  • Les associations veulent des garanties sur Legré Mante

    Les associations veulent des garanties sur Legré Mante

    Une réunion pour faire un point de situation. C’est ce que proposent, ce lundi 8 juin, Union Calanque littoral, l’association Santé Littoral Sud, Fare Sud au centre social Mer et Colline, engagées depuis des années pour réduire l’exposition des habitants et des visiteurs du littoral Sud aux polluants.

    Leur recours a permis de contraindre l’État, par une décision de justice en décembre 2024, de mener à bien un vaste chantier de dépollution entre le Mont Rose et Callelongue d’ici juin 2038. Si les associations se félicitent de « l’engagement de la préfecture » et « du professionnalisme des équipes de l’Ademe (Agence pour la transition écologique) qui ont appliqué les normes en vigueur », lors des travaux menés du 1er septembre au 31 mars, elles posent la question de l’avenir de l’usine Le gré Mante.

    Un véritable serpent de mer. Fermée en 2009, l’usine de production d’acide tartrique, précédée par une activité de traitement du plomb et de soude, a laissé près de 8,5 hectares de sol pollué au plomb, à l’arsenic, au zinc ou au cadmium, avec des « seuils inacceptables dépassés », pointe dans une étude l’Institut national de veille sanitaire.

    Une lettre au préfet

    Ce qui n’a pas empêché les promoteurs de proposer de nombreux projets immobiliers, au grand dam des riverains, qui ont soulevé les conséquences de l’arrivée massive de nouveaux habitants, sans moyens de transport supplémentaires, ni équipements publics. Le dernier, déposé en août 2025, porté par le fonds d’investissement Ginkgo propriétaire du site, et le promoteur Constructa, prévoit environ 130 logements, et reste pour le moment suspendu. Ginkgo a également été condamné par la justice à dépolluer et mis en demeure par la préfecture de sécuriser le site.

    Inquiètes, les associations relèvent elles que « ces travaux de dépollution (…) n’appliquent pas les mêmes standards que sur les calanques » et de s’interroger : « La dépollution sera-t-elle conforme à la réglementation des sites et sols pollués, la seule pouvant garantir la sécurité des futurs habitants et des riverains ? » Dans une lettre adressée au préfet le 13 mai, l’association santé littoral Sud rappelle que les trois parcelles du site « qualifiées de zones concentrées » en termes de pollution « au sens de la réglementation actuelle » nécessitent des « mesures de gestion adaptées au niveau de la pollution ». Elle s’inquiète d’un plan qui prévoit « un simple recouvrement de terre de 50 cm », alerte sur les jours d’épisodes orageux méditerranéens qui peuvent faire subir au terrain « en déclivité », un « fort lessivage » entraînant des « déchets en contrebas jusqu’au village de la Madrague ». Elle se demande également comment concilier « l’extrême sensibilité d’un secteur résidentiel où vivront des familles avec une utilisation limitée des espaces communs des résidences… »

    À 18h au 16 bd de la Verrerie (8e)

  • [La région face à l’IA] Les Pennes à la peine face à son data center

    [La région face à l’IA] Les Pennes à la peine face à son data center

    « Il est hors de question que le projet se fasse en l’état », maintient le maire (DVD) des Pennes-Mirabeau, Romain Amaro. Annoncé en grande pompe lors du sommet Choose France en 2024, avec un investissement annoncé de 2 milliards d’euros du groupe japonais Telehouse, le projet du data center Cézanne fait toujours des vagues dans la commune. Les deux cabinets d’avocats mandatés par la nouvelle municipalité tirent les mêmes conclusions : « Si la commune s’engageait dans le retrait d’un permis de construire qu’elle a elle-même instruit, il y aurait des pénalités de plusieurs centaines de milliers d’euros », relate l’édile. Encore candidat, celui-ci avait négocié avec le porteur du projet. Mais les recours déposés par le CIQ, puis par la commune voisine de Saint-Victoret, ont coupé net tous les échanges. Alors que l’État pourrait accélérer les procédures et réduire la durée de ces recours, il espère relancer une nouvelle concertation. Sur la base des premières avancées obtenues : la récupération de la chaleur fatale, l’enterrement des lignes électriques, la construction d’infrastructures pour les riverains qui pourraient aussi bénéficier de l’énergie solaire produite. De quoi faire passer la pilule.

  • [La région face à l’IA] La préfecture donne son feu vert pour le centre de données à Saint-André

    [La région face à l’IA] La préfecture donne son feu vert pour le centre de données à Saint-André

    La trêve des municipales passées, les chantiers reprennent. À travers un arrêté préfectoral signé le 20 mai et publié vendredi dernier, la préfecture a accordé une double autorisation d’exploitation au groupe Segro pour son projet de data center couplé à une plateforme logistique, sur la zone Actisud, dans le quartier de Saint-André (16e arrondissement de Marseille).

    Sur cette parcelle de 5 hectares, le géant du foncier logistique prévoit de construire, à l’horizon 2025, un entrepôt sur trois étages pouvant accueillir quelque 20 000 tonnes de marchandises, avec 45 quais de livraison jouxtant un parking silo à proximité immédiate de l’A55. Le centre de données, de son côté, doit s’élever sur cinq étages, avec une emprise au sol de 18 000 m², pour une consommation électrique annuelle de 220 GWh. Soit plus que ce que consomment les habitants d’Arles. Face à la saturation des installations électriques à Marseille, notamment avec le branchement à quai des navires, une nouvelle ligne souterraine doit donc être tirée par le gestionnaire du réseau RTE sur plus de 9 km pour être raccordée au poste de Septèmes-les-Vallons. De quoi repousser la mise en service au moins en 2030.

    Crainte d’îlot de chaleur

    Situé à proximité immédiate d’habitations, ce projet d’ampleur avait suscité une fronde de riverains. À diverses reprises, ils avaient manifesté contre son implantation, la dernière fois à la veille du Coderst (Conseil de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques) qui se tenait le 29 avril. « Ce n’est pas neutre un data center au milieu des habitations et nous avons la double peine avec l’entrepôt logistique », s’inquiète le président du CIQ de l’Estaque, Patrick Robert. « Face aux canicules, le data center va rejeter de la chaleur. Et avec l’entrepôt, plus de 300 camions supplémentaires vont débarquer chez nous ! » Les études de circulation réclamées par les riverains n’ont jamais été transmises, tandis que le gestionnaire du réseau électrique a déjà été autorisé à pénétrer dans les propriétés privées pour réaliser les études nécessaires au raccordement. Malgré ces inquiétudes, après les avis favorables rendus par le commissaire enquêteur le 28 mars 2025, la préfecture juge que « les consultations effectuées n’ont pas mis en évidence la nécessité de faire évoluer le projet initial et les mesures imposées à l’exploitant sont de nature à prévenir les nuisances et les risques présentés par les installations ».

    Les associations contestataires, après s’être réunies lundi, ont déjà contacté des juristes et pensent à attaquer cette décision. « Mais, en dernier recours, c’est la mairie qui décide », pointe Patrick Robert, appelant la municipalité à refuser le permis de construire. « Le permis est déposé et en cours d’instruction », confirme l’adjointe (PS) à l’urbanisme Audrey Gatian, indiquant que la municipalité, pour l’heure, ne s’exprimait pas sur l’opportunité du projet. Lors de la concertation, la maire adjointe (DVG), Samia Ghali, avait dit son opposition au projet « dans les conditions actuellement proposées ». Sollicitée, la société Segro n’a pas donné suite.

  • Marseille a accueilli 2,6 millions de croisiéristes en 2025

    Marseille a accueilli 2,6 millions de croisiéristes en 2025

    Quelque 2,6 millions de passagers et 660 escales, soit une hausse de 8% par rapport à 2024. Dans un communiqué, Marseille Provence Croisière, se félicite d’un bilan 2025 positif qui s’explique par « une augmentation du nombre d’escales, des navires très bien remplis et une activité qui s’étale sur une grande partie de l’année ». Près de 30% de ces passagers sont des « têtes de ligne », poursuit l’association, « c’est-à-dire qu’ils commencent ou terminent leur croisière à Marseille ».

    De quoi générer « des retombées différentes de celles des passagers en escale, plus tournés vers les excursions », assure-t-elle. La somme dépensée par personne et par jour dans la ville s’élève à 57 euros avance à chaque occasion Jacques Hardelay, président de l’association. Marseille restant un pôle de départ « majeur » avec 452 bateaux qui appareillent en 2025, soit +3% par rapport à 2024.

    Pour Marseille Provence Croisière, l’activité contribue également à l’ouverture internationale de la cité phocéenne, « en combinant attractivité touristique et impact économique direct ». Parmi eux les Français restent un socle avec 497 361 passagers en 2025 (+0,91%), mais les clientèles internationales « progressent nettement », avec +21% d’Américains, les plus nombreux avec 13 117 passagers, suivi des Chinois, +16% 11 724 passagers ou des Canadiens, +41% 7 620 passagers. À noter également la progression des Kazakhs, +74% avec 7 348 passagers.

    Des prévisions à la hausse

    Autant d’éléments qui permettent pour l’association de tracer une perspective de 2,8 millions et 750 escales. Des prévisions qui pourraient faire bondir les riverains de ces géants des mers qui, à quai, émettent l’équivalent d’environ 20 000 voitures en polluants atmosphériques, quand 38% de la population régionale « est aujourd’hui exposée à un dépassement des normes 2030 de la qualité de l’air, avec des pics plus importants dans les villes-ports », note l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud. Un dépassement « plus significatif sur l’aire marseillaise », ajoute-t-elle.

    Mais la donne a changé assure Marseille Provence Croisière. Jacques Hardelay l’a bien compris : « Aujourd’hui, la performance de la croisière ne peut pas être dissociée de son impact environnemental et de son acceptabilité locale. » Marseille Provence Croisière mise sur la « transition » avec « 28% des escales réalisées par des navires propulsés au GNL, une part en progression de +9% » mais aussi et surtout le branchement électrique à quai.

    Une giga prise permettant de connecter trois navires en simultané, inauguré par le ministre des Transports le 11 avril dernier, qui réduirait de 70% les émissions de d’oxyde d’azote (NOx), dont le transport maritime représente le second émetteur à Marseille (37%) derrière le transport routier (45%) toujours selon AtmoSud. Le premier pas vers une décarbonation devenue le fil conducteur d’une « dynamique industrielle qui s’opère sur la zone de Fos » estimait Hervé Martel, président du directoire du Grand Port maritime de Marseille lors de l’inauguration.

    Associations et habitants espèrent eux que le Port aille plus loin en la matière. De son côté, la Ville de Marseille a d’ores et déjà prévenu que ce développement accru ne se ferait pas sans elle. « Cette croissance ne peut se poursuivre durablement que si elle devient respectueuse du choix démocratique et souverain de la ville et de ses habitants » avait indiqué le Marseillais Laurent Lhardit (PS) député des Bouches-du-Rhône, lors de l’inauguration.

  • Un bar continue d’exploiter un rooftop illégal à Malmousque

    Un bar continue d’exploiter un rooftop illégal à Malmousque

    Le bar Pigment au 237, corniche Kennedy (7e) persiste depuis septembre dernier à ouvrir un rooftop non autorisé mais très médiatisé sur les réseaux sociaux à l’approche de la saison estivale. Une dizaine de copropriétaires et riverains ont saisi la justice et les élus sur la persistance de cette exploitation illicite.

    Les plaintes s’amoncellent auprès des élus et des services et jusqu’au procureur de la République. « La clientèle et le personnel empruntent les parties communes, couloir et les escaliers de la copropriété. On a vu des clients pénétrer dans nos cours et jardins. Un week-end, plus de 40 personnes occupaient simultanément le rooftop », dénonce le collectif. Au-delà des nuisances engendrées, les enjeux de sécurité publique sont prégnants : quid de la résistance d’un toit non conçu pour supporter les charges d’un public important, l’absence d’issues de secours signalées, de dispositifs anti-incendie et ce « service de douches » proposé à la clientèle ?

    « On a toutes les autorisations nécessaires de la Ville et de la Préfecture sinon vous vous doutez bien qu’on n’ouvrirait pas », répond crânement Benjamin Honnorat, le gérant joint vendredi. « Je montre tous les documents à la police municipale quand elle est appelée chaque semaine par les voisins et ça se passe très bien. Il n’y a aucun sujet », coupe-t-il.

    « L’accueil de public est strictement interdit »

    L’exploitant, locataire du bar au rez-de-chaussée, n’a en réalité demandé aucune autorisation d’urbanisme pour démolir deux cabanons sur le toit, retirer deux puits de lumière, poser des garde-corps et procéder à un changement d’usage privatif en exploitation commerciale. Dès l’ouverture en septembre, le service de l’urbanisme a dressé un PV d’infraction et saisi le Parquet. Le bar « Pigment » n’a pas davantage d’autorisation de la commission communale de sécurité pour utiliser ce toit en extension du bar. Il a été mis en demeure par la Ville dès le 25 septembre 2025 qui lui a signifié « l’interdiction d’accueillir du public sur le toit-terrasse ». Après un avis défavorable le 9 décembre à sa demande de mise en conformité « en raison d’un défaut d’accessibilité », le bar a déposé une nouvelle demande qui est à l’instruction. « L’accueil de public sur le toit-terrasse est strictement interdit », lui a signifié en caractère gras et souligné la conseillère municipale déléguée à la commission communale de sécurité et des périls, Laure Rovera, dans un courrier du 5 mai notifié par la police municipale cette semaine. Il fait suite à une nouvelle alerte de la maire de secteur Sophie Camard inquiète d’un « effet d’entraînement » sur d’autres exploitants. « L’exploitant engage sa responsabilité pénale en cas d’ouverture au public » a nous a précisé hier la Ville.

    « C’est une terrasse privée d’appartement ouverte au grand public sans autorisation. L’accès se fait par les parties communes d’un immeuble d’habitation bourgeoise. Le règlement de copropriété n’autorise pas d’activités commerciales ou professionnelles dans les étages », résume l’avocate du syndicat des copropriétaires, Me Hinde Kalai qui affute une assignation en référé.

  • Les calanques marseillaises lentement dépolluées

    Les calanques marseillaises lentement dépolluées

    Titanesque, le chantier de dépollution des calanques, entre le Mont Rose et Callelongue, a connu sa première phase, du 1er septembre au 31 mars dernier. Pour mémoire, l’État avait été contraint par une décision de justice, en décembre 2024, de le mener à bien d’ici juin 2038, suite au recours de trois associations, celle de Santé littoral sud (ASLS), Union calanques littoral et la Fédération d’action régionale pour l’environnement Sud. Avant que ne démarre la seconde phase, les principaux acteurs de l’opération ont tiré un premier bilan sur les sites de l’Escalette et de Samena, ce mercredi 6 mai.

    Le but : traiter les rejets industriels déposés par l’industrie au fil des XIXe et XXe siècles. Des scories contenant des taux élevés de cadmium, de mercure, d’arsenic ou de plomb, comme le relevait en 2005 une étude de l’Institut de veille sanitaire. « Sept dépôts sur vingt devaient être traités, trois n’ont pas été terminés », indique Louise Walther, directrice de l’environnement à la préfecture. En cause : la mauvaise météo, des contraintes réglementaires avec la nécessité d’employer des corps de métiers très spécialisés pour des finitions « léchées » en plein site classé, explique-t-elle. Se sont ajoutés d’autres paramètres : respecter des espèces protégées, prendre en compte les habitants et la fréquentation touristique. Bref, « un chantier très atypique dans un site très contraint », résume-t-elle.

    Des surprises au menu

    Les maîtres d’ouvrage ont également eu quelques surprises, notamment sur les tonnages, « 44% de plus » que prévu, précise Louise Walther. Soit 3 500 tonnes au lieu des 2 500 prévues initialement.

    Concrètement, à Samena, des restanques ont été créées, « il a fallu creuser le calcaire », explique Mélody Gros, cheffe de projet sites pollués à l’Ademe. Seuls deux des trois dépôts ont été traités. L’année prochaine, il faudra « retirer la membrane qui ne supporte pas les UV » pour faire du définitif avec l’habillage paysager, ajoute-t-elle.

    Le port de l’Escalette n’est pas achevé non plus. Reste, là encore, la végétalisation, des parements de pierre à réaliser, mais les scories sont confinées, assure Melody Gros. À la calanque des Trous, un mur et un enrochement ont vu le jour, mais « on s’est arrêté là, car l’insertion paysagère demande de prendre beaucoup de temps », complète-t-elle.

    Financièrement, ces couacs n’ont rien ajouté aux 14,9 millions d’euros de budget. « On avait prévu des marges », assure la responsable de l’Ademe.

    Pour la seconde phase, prévue du 1er septembre au 31 mars, il reste à traiter seize dépôts. Soit 6 000 tonnes de scories à enlever sur neuf zones géographiques distinctes. Le gros morceau sera le belvédère de Callelongue, qui « va demander du temps, 7 mois de travaux à lui seul », prévient Mélody Gros, avec à la clé, pour les riverains, de « grosses perturbations de circulation et de stationnement ».

    Un mal pour un bien. « On s’est bagarrés pendant plusieurs années pour ces travaux, on ne va pas se priver du plaisir de voir que ça se fait », commente Rolland Dadena, président d’ASLS, qui souligne aussi « le dialogue » instauré avec la mise en place d’un comité de suivi en 2024. Mais, pour lui, il faudrait aller plus loin en dépolluant aussi le site de Legré-Mante.

    En termes de santé, s’il n’y a « pas eu d’alerte particulière », les services de l’État restent vigilants. Il y a deux voies d’exposition rappelle Cécile Morciano, responsable du service santé environnement à la délégation des Bouches-du-Rhône de l’ARS : « L’ingestion de la terre et de sable contaminés par les enfants et la consommation d’oursins et de moules. » Après un historique mené sur 10 ans, « aucun signal sanitaire sur ce secteur ne nous a été remonté », insiste-t-elle. Si le confinement des scories supprime le risque, la qualité de l’air restera sous surveillance durant le chantier et 7 mois après. Mais la pêche aux moules n’est pas pour demain, « les sédiments côtiers restent », reconnaît Cécile Morciano.

  • À Nîmes, un projet contesté de parking-silo stoppé net

    À Nîmes, un projet contesté de parking-silo stoppé net

    C’est un premier signal politique envoyé depuis l’hôtel de ville. À peine installée, la nouvelle majorité municipale de Vincent Bouget a décidé de suspendre le projet de parking-silo prévu rue de l’Hôtel-Dieu, dans le quartier de la Placette à Nîmes. Porté par la Holding Tissot et GGL, ce programme devait faire sortir de terre un bâtiment de quatre niveaux, pour environ 318 places de stationnement, à l’emplacement de l’ancien Vaisseau 3008. Un projet validé dans les derniers jours de l’ancienne municipalité.

    « Comme nous nous y sommes engagés, la voix des Nîmoises et des Nîmois sera écoutée et guidera nos décisions. […] Je ne souhaite aucun passage en force », a tranché Vincent Bouget. Le maire de Nîmes a estimé que ce parking « entraînerait des nuisances insolubles pour les habitants » et demande désormais à son adjoint à l’urbanisme, Pierre Jaumain, de retravailler le dossier avec les riverains et le promoteur. La formule marque une rupture assumée avec la séquence précédente, accusée d’avoir imposé le projet sans écoute suffisante.

    Car à la Placette, la mobilisation ne date pas d’hier. Le comité de quartier, accompagné d’un syndicat d’immeuble et de requérants individuels, avait déposé en mars un recours contentieux puis un recours gracieux. En cause : un parking jugé « surdimensionné », susceptible d’entraîner « bruit, pollution, encombrement » et risques accrus autour de la sécurité de l’école. « Par son ampleur, ce projet dédié essentiellement au stationnement est défavorable au respect du cadre de vie des résidents », alertait le comité.

    Un premier test pour

    la méthode Bouget

    Pour le comité de quartier, le changement de ton est déjà notable. Après plusieurs mois d’alerte, ses représentants estiment désormais être davantage entendus par la nouvelle municipalité que par l’ancienne équipe. La mairie, elle, marche sur une ligne de crête. Pierre Jaumain affirme vouloir éviter l’affrontement juridique. « Nous ne sommes pas dans un esprit de contentieux. Je suis pour le respect de la parole des porteurs de projet ainsi que des habitants du quartier. » L’adjoint reconnaît aussi qu’il faudra composer avec un terrain privé et avec certains besoins de stationnement dans ce secteur proche du centre des congrès H2 et des hôtels haut de gamme. « Tout est question de proportion », souligne-t-il.

    Côté promoteur, la prudence domine. Propriétaire du terrain, Romain Tissot rappelle que l’opération relève d’un projet immobilier privé, autorisé après instruction par les services compétents. Sans détailler d’éventuelles évolutions, il se dit disposé à poursuivre les échanges avec la Ville pour chercher une solution équilibrée dans ce quartier en pleine mutation. Une réunion avec la municipalité doit permettre d’ouvrir cette nouvelle séquence. Après des années d’urbanisme mené au nom de l’attractivité, la nouvelle majorité affiche avec cette décision une autre boussole : l’écoute et le dialogue.

  • Dans le Gard, la Conf’ paysanne alerte sur l’extension d’un abattoir à volailles

    Dans le Gard, la Conf’ paysanne alerte sur l’extension d’un abattoir à volailles

    À Saint-Bauzély, l’abattoir de volailles Duc ne fait plus seulement débat dans le village. Si l’abattoir fait vivre la commune de 700 habitants depuis 40 ans, le projet d’extension du site, qui prévoit une montée en puissance considérable de l’activité, suscite désormais l’opposition frontale de la Confédération paysanne du Gard. Dans un communiqué publié le 22 avril, le syndicat dénonce une opération qui incarnerait, selon lui, « une fuite en avant industrielle, incompatible avec les enjeux sociaux, environnementaux et paysans actuels ».

    Le dossier prévoit de faire passer la capacité actuelle d’environ 75 tonnes de volailles par jour à près de 200 tonnes à l’issue du programme d’investissement, selon les éléments présentés lors de l’enquête publique. La Confédération paysanne évoque, elle, une perspective de 250 tonnes : cela représenterait environ 250 000 volailles abattues chaque semaine. Une échelle qui, pour le syndicat, dit tout du modèle défendu : celui d’un élevage intensif, tourné vers les volumes. « Derrière ces outils industriels se cachent des cadences élevées, une pénibilité accrue et une déshumanisation du travail », insiste le syndicat.

    Un village face aux risques

    Les inquiétudes traversent déjà une partie du village situé entre Nîmes et Alès : odeurs, bruit, circulation de poids lourds, risques d’incendie ou pollution des eaux nourrissent la contestation. Le collectif Non aux plumes et au goudron dénonçait le 19 janvier un « dossier incomplet et peu clair » et relève de « nombreuses zones d’ombre ». Il s’alarmait aussi de l’ancien abattoir incendié, toujours pas sécurisé, dont la démolition ne figurait pas dans le dossier malgré la présence d’amiante. S’ajoute un avis du Sdis 30, cité par la Mission régionale d’autorité environnementale, estimant qu’« un feu généralisé est probable » et que les secours pourraient être confrontés à une « impossibilité opérationnelle » pour en limiter la propagation, alors que l’usine se situe à 80 mètres des premières habitations et à 150 mètres d’une école.

    La question de l’eau concentre aussi les critiques. La Confédération paysanne dénonce une consommation qui passerait de 403 à 800 m³ par jour, avec des pointes pouvant atteindre 900 m³. Dans un département déjà régulièrement frappé par les sécheresses et les restrictions, le syndicat y voit « un non-sens écologique ». Plus de production, martèle-t-il, c’est « plus de pollution, des rejets d’eaux usées, une consommation d’eau exorbitante, une circulation de poids lourds incessante. À l’heure de l’urgence climatique et de la relocalisation alimentaire, ce projet fait exactement l’inverse ! ».

    Un refus du chantage

    à l’emploi

    Le débat local n’est pas nouveau. Lors de la réunion publique de janvier, la direction de Duc avait mis en avant la nécessité de répondre à une demande croissante de volaille en France et de lutter contre les importations étrangères, présentées comme moins-disantes sur les normes. Des créations d’emplois ont également été avancées : jusqu’à 100 salariés supplémentaires. Là encore, Reporterre soulignait les écarts entre les annonces publiques et le dossier déposé en préfecture, qui mentionnerait 26 créations de postes directs. D’autant que ces emplois risquent surtout d’être des postes pénibles et précaires.

    Mais pour le syndicat, la promesse d’emplois ne peut pas servir de blanc-seing à l’agro-industrie : « Soutenir ce projet revient à tourner le dos à une agriculture paysanne, locale et durable au mépris des populations environnantes », affirme-t-il. Face à ce modèle, la Conf’ met en avant d’autres choix : développement des circuits courts, abattoirs de proximité à taille humaine, soutien à l’installation paysanne. Le syndicat demande donc aux pouvoirs publics de refuser le projet, aux élus locaux de « prendre leurs responsabilités » et aux citoyens de se mobiliser. Son exigence est claire : « l’abandon du projet d’extension », « l’arrêt du soutien public à l’agro-industrie » et des « investissements massifs dans l’agriculture paysanne et les circuits courts ». La décision finale appartient désormais au préfet du Gard.

  • Comment en vingt ans, ce kiosque s’est fait sa place à Marseille

    Comment en vingt ans, ce kiosque s’est fait sa place à Marseille

    Des commerces enfreignent, à Marseille, ouvertement les règles d’urbanisme et d’occupation du domaine public, envahissant l’espace de terrasses fermées, poussant toujours plus loin tables, chaises, parasols et jardinières. Les compétences étant partagées entre la Ville et la Métropole, leur autorité peine à s’affirmer se bornant à dresser des PV d’infraction qui échouent au parquet.

    Au bas de la rue Paradis, un « kiosque à fleurs » offre un exemple de cette dérive. À l’origine, en octobre 2005, une autorisation d’occupation temporaire (AOT), précaire et révocable du domaine public, est délivrée pour un kiosque de 8m², bien public. L’AOT a été reconduite tous les 5 ans, sans mise en concurrence, pour de la « vente de plantes et de fleurs, toutes autres activités sont interdites sur cet emplacement ».

    Vingt ans plus tard, une construction couverte en aluminium et bois envahit la place Émile-Sicard (8e). La véranda bâtie en 2018/2019 a englouti le kiosque et emprisonne trois arbres de voirie. En septembre 2008, Martine Vassal, alors adjointe aux emplacements publics, avait signé un arrêté autorisant le fleuriste à installer devant le kiosque un « étalage de fleurs et plantes » de 10m² et un « dépôt de marchandises » de 10m². Aujourd’hui c’est un magasin de déco de 120m².

    Le 11 avril 2025, la police municipale s’est déplacée pour constater un « débordement des métrages et installation d’une structure non autorisée ». Le PV de contravention que nous avons consulté a échoué au parquet. En attendant Godot, le commerçant est taxé d’office, la Ville nous disant percevoir « autour de 7 000 euros annuels pour 70m² d’étalage et 20m² de tente métallique projetée au sol ». La Métropole, qui ne veut pas révéler la redevance perçue, nous a renvoyé à son Guide des droits de voirie, ce qui ferait une part fixe de 38,51 euros par mois et par mètre carré, plus une part variable
    de 0,5% du chiffre d’affaires.

    « Ça fait 30 ans qu’on est là. C’est la Ville qui m’a demandé d’occuper l’espace après avoir refait la place et je paye en conséquence », assure le commerçant Gilles Levy-Guedj qui dit « avoir les autorisations ». « J’ai des milliers de riverains qui sont contents, ça fleurit le quartier, ça empêche les voitures de se garer et les trafiquants de drogue d’être là. On rend les Marseillais heureux mais il y a quelques personnes mal intentionnées. » Selon lui, si la Métropole n’a pas remis en concurrence son kiosque, « c’est qu’ils avaient d’autres chats à fouetter ».

    Toujours pas de mise

    en concurrence

    La mairie dit ne pouvoir poursuivre au pénal. La construction illicite serait prescrite plus de 6 ans après l’achèvement des travaux. C’est vite oublié que le domaine public est inaliénable et imprescriptible. La commune pourrait pourtant faire cesser à tout moment l’occupation illégale, y compris par la démolition des ouvrages. Mais aucune action en restitution du domaine public n’a à ce jour était diligentée. « Cela dépendra de l’analyse qui va être établie par le service juridique », dit-on en mairie. Mais le kiosquier a obtenu l’an dernier de la Métropole une nouvelle prolongation exceptionnelle de l’AOT « le temps d’initier une procédure de mise en concurrence ». Une prolongation des plus bienveillantes justifiée par le fait que « le bénéficiaire a respecté les conditions énoncées dans l’AOT initiale »…

    Interrogée, la Métropole nous dit avoir reçu le commerçant le 17 décembre 2024 en vue de prolonger son AOT abrogée en juin 2019. « Cet entretien a permis de s’assurer du maintien de l’activité de fleuriste (fleurs, plantes, sapins). (…) Au regard des premiers contrôles opérés sur l’acquittement des redevances dues, son AOT a donc été prorogée jusqu’en septembre 2026. Un constat d’huissier est d’ores et déjà diligenté. En cas de non-conformité aux obligations réglementaires, la procédure engagée pourra conduire à la résiliation définitive de son AOT. »

    Ajoutons au tableau que le commerçant a lancé en fin d’année une opération « déstockage avant fermeture » qu’il n’a pas déclarée en mairie. « La fermeture a été repoussée », nous dit le commerçant avant d’admettre qu’« on ne devait pas fermer ». La zone de chalandise ne doit pas être si mauvaise.

  • Des riverains qui voudraient voir le port aller plus loin

    Des riverains qui voudraient voir le port aller plus loin

    Du progrès mais peut mieux faire… Pour les riverains du port, que représente en partie l’association Cap au Nord, si le branchement des navires à quai est « une bonne nouvelle », le chemin vers le durable reste encore long.

    « C’est bien, on ne peut pas dire le contraire. Mais à quai pour combien de bateaux ? Aujourd’hui, on dit trois. On a entendu toutes ces années une douce musique qui nous disant quatre » rappelle sa vice-présidente, Marie Prost-Coletta, affirmant qu’il y a eu « un jour où il y avait huit bateaux dans le port ».

    Un temps réduit

    Le temps de branchement est aussi réduit estime-t-elle. « On nous dit neuf heures, mais il faut trois quarts d’heure pour remettre en route les moteurs. Et une heure pour brancher correctement. On se retrouve avec sept heures. Et lorsque les bateaux recommencent à chauffer, qu’ils arrivent et qu’ils sortent du port, on est à nouveau sous les fumées », déplore-t-elle. Pas question pour autant de dire « stop aux croisières », mais « nous ne voulons pas de fuite en avant » et que soit géré « correctement le nombre de bateaux qui arrivent ici », pose Marie Prost-Coletta. Sur l’engagement de la Ville de Marseille pour la régulation de ce genre de tourisme, elle attend « le passage à l’acte ». « Quel poids a le maire de Marseille dans une institution qui occupe une place aussi importante dans la ville ? Qu’est-ce que l’État est prêt à accepter comme restriction ? » se demande-t-elle, promettant que Cap au Nord « va continuer à suivre, à dire qu’il y a des choses qui avancent, mais qu’on en veut plus ». Notamment sur la forme 10 qui aurait dû « être la première à être branchée » considère la responsable associative.