Tag: revendications

  • À Avignon, l’école inclusive ne se fait pas sans les AESH

    À Avignon, l’école inclusive ne se fait pas sans les AESH

    Alors qu’une délégation syndicale était reçue par la direction académique de Vaucluse ce mardi 9 juin pour évoquer la situation des AESH sur le département, une centaine de personnes se sont rassemblées devant le bâtiment pour que ces travailleurs puissent « vivre de leur métier ».

    « On nous parle d’école inclusive avec de belles intentions. Mais c’est tellement perfectible », regrette Stéphanie Ayme, AESH autour d’Avignon. Comme beaucoup d’autres de ses collègues, en grande partie des femmes, elle ne gagne même pas 1 000 euros par mois de ces activités. « Je me sens précaire. J’ai un second boulot et j’ai aussi des aides sociales alors que j’aimerais vivre de mon métier », confie-t-elle. « On arrive à 8h dans un collège puis on nous appelle à 8h15 pour qu’on aille dans une école maternelle et ce n’est pas normal. Nous ne sommes pas des moutons. Et si on a un problème de voiture, eh bien on doit se débrouiller. Mais qui peut se permettre de réparer sa voiture, ou tout simplement vivre, avec un salaire aussi bas ? », s’insurge Claude, également AESH, une pancarte « un salaire pour vivre pas survivre » dans les mains.

    Une intersyndicale large, avec FO en plus de ceux de l’appel national, à savoir la CGT, Solidaires, l’Unsa et la FSU, était ainsi réunie pour porter diverses revendications pour les 1 300 AESH qui travaillent sur le territoire vauclusien. Dont notamment un besoin de reconnaissance de leur fonction. « Il leur est souvent demandé des missions qui ne sont pas les leurs, telles que de la surveillance d’examen. Alors que de nombreux élèves restent sans l’accompagnement qui est pourtant nécessaire », pointe Mélanie Saïsse, cosecrétaire générale de la CGT Educ’Action Vaucluse.

    Alors qu’un groupe de travail sera ouvert avec le ministère la semaine prochaine afin d’évoquer la question du statut de fonctionnaire du métier. Mais seulement entre 10 et 20% des AESH seraient concernées. « C’est absurde, il faut que tous intègrent la fonction publique. C’est un plan insupportable qui n’a aucun sens », ajoute Sylvain Bartet, secrétaire départemental de la FSU. Ce dernier estime que « les AESH doivent avoir un statut à la hauteur de leur importance dans une école inclusive, car cette notion n’existe pas sans eux ». « La hausse de la quantité de travail pour certains ne compense même pas les frais de déplacement avec la hausse du prix du carburant. Les dernières réformes ou propositions ne résolvent pas les problématiques en Vaucluse », pointe de son côté le syndicat FO.

  • La CGT fait bloc contre la discrimination syndicale

    La CGT fait bloc contre la discrimination syndicale

    « Pressions », « menaces » ou « procédures disciplinaires » à l’intention de délégués CGT ou de salariés syndiqués… L’Union locale (UL) de la CGT Timone-Capelette a dénoncé, mardi, les pratiques de plusieurs structures qu’elle soupçonne de recourir à une forme de « discrimination syndicale ».

    « Depuis plusieurs mois, les organisations composant notre Union locale constatent une multiplication de situations préoccupantes visant des militants, élus et syndiqués CGT engagés dans la défense des salariés et l’amélioration de leurs conditions de travail, note François Batista, secrétaire général de l’UL. Nous nous réunissons aujourd’hui pour rendre visibles ces éléments, mais aussi pour envisager des initiatives qui puissent nous permettre d’inverser la situation. » Parmi les structures pointées du doigt : l’Amicial, association d’aide à domicile. L’une de ses salariés, déléguée syndicale et élue au CSE, serait, d’après l’UL, actuellement en arrêt de travail des suites d’une « agression verbale » de la part de sa direction. Elle serait également « l’une des seules employées toujours sous-classée au regard de son ancienneté et de ses diplômes ». L’UL insiste sur la multiplicité des cas identifiés qui « interrogent sur des pratiques patronales qui tendent à fragiliser l’exercice des libertés syndicales ». Ces revendications seront portées lors de la mobilisation prévue le 25 juin, à l’appel de la CGT Santé et action sociale, pour défendre les salaires et les conditions de travail.

  • Les logisticiens de Decathlon prennent le relais de la grève

    Les logisticiens de Decathlon prennent le relais de la grève

    « La direction de Decathlon ne veut rien nous donner alors que tous les chiffres sont au vert. » Abdallah Draoui, délégué syndical CFDT de l’entrepôt des Aiguilles à Ensuès-la-Redonne, résume l’amertume des salariés en ce jour de grève de lundi. Après un premier round côté commercial samedi (notre édition du 8/06), les logisticiens de l’enseigne sportive prennent le relais de l’appel intersyndical à la mobilisation, notamment à la grève et au débrayage.

    Le piquet de ce lundi matin rassemble une trentaine de grévistes, avant que les syndicalistes n’aient fait le tour de l’entrepôt. Les poids lourds sont arrêtés au portail, pendant une quinzaine de minutes. Une action symbolique pour une cause bien réelle : celle des salaires. « La direction a refusé de répercuter l’augmentation du Smic », selon Abdallah Draoui, ce qui était pourtant auparavant de mise proportionnellement sur la grille des salaires. « Déjà qu’on n’a rien eu aux négociations annuelles obligatoires [NAO, Ndlr], en plus on nous prive de la hausse du Smic et on n’a même pas un euro de ticket restau », abonde Laurent Curti, délégué syndical CGT du site.

    Une exception est à noter : « On a eu un jour de congé payé et un dispositif mobilité verte, mais on n’a pas de voiture électrique et on ne covoiture pas », pointe le syndicaliste, railleur. Son confrère de la CFDT rapporte qu’en face « la direction est en avance de 80 millions d’euros sur sa trajectoire et que bientôt les actionnaires vont se virer encore 900 millions d’euros ». Laurent Curti rappelle les autres chiffres : 1,4 milliard d’euros, 412 millions ou encore 605 millions sur les dernières années.

    « On n’y arrive pas »

    Le pouvoir d’achat face à l’inflation n’est pas la seule bataille. « Le Smic a été la goutte d’eau, mais les conditions de travail sont également déplorables », tance Angélique Geraci, de la CFTC du site des Aiguilles. La syndicaliste parle « de plus en plus de charge de travail pour des objectifs qui sont inatteignables. On ouvre déjà 24 heures sur 24 pour livrer 70 magasins et on n’y arrive pas quand on nous demande de traiter une commande de l’un d’eux en 24 heures » au lieu de 48. Les primes, liées au chiffre d’affaires, en pâtissent : « On n’y arrive juste pas, et les primes trimestrielles ont le même calcul. »

    Mais cette marche forcée est censée être justifiée par l’assistance de la technologie. « Ils ont investi 20 millions d’euros dans la mécanisation », remarque Abdallah Draoui. « Mais ce n’est pas encore au point pour marcher comme ils l’espéraient », complète Laurent Curti. Un matériel qui nécessite une astreinte de techniciens de maintenance du prestataire.

    Mais la logique du « travailler plus pour gagner plus » rapportée par Abdallah Draoui trouve ses limites. « Seule la suractivité paye à 150% du salaire. Mais la direction planifie à l’avance et on n’a plus que quelques heures ici et là », pointe Laurent Curti, quand Frédéric Pellier de FO rappelle qu’« il n’y a pas de majoration le dimanche ».

    Contactée, la direction de Decathlon assure du « maintien d’un dialogue social régulier, constructif et continu. L’entreprise reste à l’écoute de l’ensemble de ses collaborateurs au quotidien. »

    En face, 80 revendications restent non satisfaites.

  • Des salariés en colère devant Decathlon à Bouc-Bel-Air

    Des salariés en colère devant Decathlon à Bouc-Bel-Air

    Ils veulent leur « part du gâteau ». Alors qu’en avril, Decathlon a annoncé avoir dégagé un bénéfice net en hausse de 16% en 2025, à 910 millions d’euros, et réalisé un chiffre d’affaires de 16,8 milliards, en progression de 4%, les salariés des magasins des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse se sont réunis en intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-CFE-CGC-Unsa, ce samedi 6 juin, devant le village Decathlon de Bouc-Bel-Air, le siège régional, pour réclamer des hausses de salaires.

    « Si le Smic augmente, nos salaires ne progressent plus, les fins de mois sont de plus en plus difficiles et Decathlon ne suit plus, alors que les bénéfices sont énormes », explique Luca Antonellini, délégué syndical Unsa, tandis que ces collègues distribuent des tracts aux clients venus faire leurs emplettes.

    Avec une grille des salaires très ramassée, du Smic brut à moins de 3000 euros brut pour les cadres, les rémunérations ne sont pas au niveau, estiment les syndicats. « Quelqu’un qui a dix ans d’expérience se retrouve payé peu ou prou comme un nouveau qui entre », résume Laurent Curti, délégué syndical CGT à l’entrepôt d’Ensuès-la-Redonne, qui alimente les 14 magasins de la zone mais aussi de Rhône-Alpes. «On tourne 7 jours sur 7, on nous en demande toujours plus avec en contrepartie de moins en moins ».

    Les demandes de négociations sont restées pour le moment lettre morte, ajoute Matthieu Wolle, représentant CFDT : « Dans un courriel, la direction nous a opposé une fin de non recevoir au nom de l’équilibre financier, technologique de l’entreprise et pour continuer à investir dans les magasins. » Et de déplorer un dialogue social « difficile depuis 5 ou 6 ans. »

    Des débrayages ont également eu lieu partout en France, un entrepôt de logistique ayant même fermé ses portes, à Caen, ont affirmé les grévistes. Decathlon compte environ 750 salariés dans les deux départements, 230 000 dans le pays.

    Contactée, la direction a assuré que « le dialogue social chez Decathlon se déroule de manière continue », s’appuyant « sur des rendez-vous réguliers avec les partenaires sociaux pour mener l’ensemble des négociations de l’année.» Et précise que « depuis ce [samedi] matin, 99% de nos 324 magasins en France sont bien disponibles pour [les] clients. »

    À noter que des cadres et des CDD avaient été mobilisés pour assurer la vente…

  • Appel à la grève à l’hôpital de Toulon-La Seyne le 18 juin

    Appel à la grève à l’hôpital de Toulon-La Seyne le 18 juin

    L’hôpital public est en souffrance, et le centre hospitalier de Toulon-La Seyne (CHITS) ne déroge pas à ce triste constat. Alors que la mobilisation, menée depuis de longs mois, reste importante au sein du pôle psychiatrie face à la perspective imminente d’une perte de moyens (notamment celle de trois de ses quatre médecins), c’est cette fois l’ensemble de l’établissement qui est appelé à se mobiliser pour défendre son droit à exercer dans des conditions dignes.

    Soumis à une « activité qui ne cesse de croître » et « des conditions de travail qui s’effondrent », l’ensemble des personnels sont appelés à faire grève, le 18 juin. Un mouvement initié par Force ouvrière, syndicat majoritaire de l’établissement, pour qui « le point de non-retour a été atteint ». L’organisation dénonce ainsi « une réalité de terrain devenue insoutenable : difficultés d’accès aux remplacements et aux heures supplémentaires, manque criant de matériel, lits fermés par manque d’effectifs, services d’urgences saturés, sous-effectif, épuisement des équipes et perte de sens au travail ». En particulier dans certains services, marqués par la « fermeture d’unités cruciales faute de médecins : les soins palliatifs, l’hôpital de jour pour enfants en pédopsychiatrie et des services sous contrainte en psychiatrie adulte ».

    Le projet social « instrumentalisé »

    Malgré cette situation, « l’information aux agents est réduite au minimum et l’accompagnement fait cruellement défaut, plongeant les personnels dans une profonde insécurité professionnelle », appuie le syndicat, qui déplore le choix de la direction « de passer en force, multipliant les décisions unilatérales et ne prenant pas en compte systématiquement les revendications ». À cet égard, FO pointe notamment le nouveau « plan de formation et les nouvelles modalités d’accès au financement des études promotionnelles », « l’instauration de quotas arbitraires sur l’évaluation de la valeur professionnelle des agents », « un dispositif de mobilité des agents mis en place sans aucune évaluation » et, plus généralement, « un déni des instances démocratiques ».

    Autant de constats qui mettent en branle « le projet social de l’hôpital », établi à l’horizon 2027, censé « sécuriser les organisations pour améliorer l’équilibre vie privée-vie professionnelle avec la mise en place des cycles de travail ».

    Un « accord local garant de l’équilibre social de l’établissement, seul levier d’attractivité et de fidélisation pour des agents hospitaliers touchés de plein fouet par une smicardisation rampante », sans avantages sociaux. Mais que « la direction instrumentalise pour déconstruire le référentiel du temps de travail en place depuis 25 ans », estime le syndicat, qui appelle, en conséquence, à se réunir devant l’hôpital Sainte-Musse, le 18 juin, à 12h.

  • Les travailleurs hospitaliers de Digne-les-Bains mobilisés contre l’austérité

    Les travailleurs hospitaliers de Digne-les-Bains mobilisés contre l’austérité

    On dégrade complètement l’offre de soins et l’hôpital public pour nous faire payer la dette qu’ils ont causée eux-mêmes » : plusieurs dizaines d’agents hospitaliers se sont retrouvées vendredi pour rassembler leurs revendications et les envoyer à la direction de l’hôpital lundi. « Ce n’est pas aux agents de l’hôpital et aux patients de le payer. Ce n’est pas parce qu’on est une zone rurale qu’on doit être laissés à l’abandon », revendique Kevin Martin, secrétaire général de FO santé 04.

    « On angoisse beaucoup pour cet été qui arrive sous la menace de suppression de postes, de nous enlever encore des moyens », regrette Julien Pignol, infirmier aux urgences de Digne. « Cela fait maintenant deux étés que les urgences de Digne sont les seules à rester ouvertes 24 heures sur 24 dans le département. On angoisse de passer à nouveau un été compliqué avec l’affluence touristique », explique-t-il. « Nos urgences ne sont pas dimensionnées pour répondre à l’urgence, notamment nocturne, de tout le département. »

    Selon les travailleurs mobilisés avec FO, un véhicule de secours SMUR a été en panne, à l’arrêt pendant un mois car la direction n’avait pas payé les pièces nécessaires et « n’honore plus ses factures ». « L’effectif n’y est plus, on a eu un départ en retraite et un congé maternité non remplacés », affirme Julien Pignol. « Cet été, si l’un de nous tombe malade ou se blesse, on sera en sous-effectif. »

    « Médecine au rabais »

    « Est-ce que le 04 mérite d’être le seul département mal soigné de France ? », a interrogé Guillaume Carré, ambulancier. « Un patient du 04 ne vaut pas moins qu’un patient du 83 ou du 13 », a-t-il lancé. Les urgences de Digne doivent combler les fermetures de celles d’autres hôpitaux du département, comme celles de Manosque. « Les autres hôpitaux annoncent des ouvertures de deux nuits par mois », selon Guillaume Carré.

    « On a peur pour la population, nos collègues et nos équipes. Un jour, vous arriverez aux urgences et il n’y aura pas de médecin ni d’infirmier », s’inquiète Julien Pignol. » Est-ce qu’on veut de cette médecine au rabais ? Est-ce qu’on veut continuer de faire plus avec moins ? », a-t-il demandé aux agents hospitaliers présents autour de lui. « Au premier arrêt maladie, blessure ou burn-out, le service va plonger alors qu’on est les seuls ouverts. »

    « Il faut arrêter de bricoler pour pallier un manque de moyens fabriqué », a conclu Julien Pignol.

    « Il y a eu des efforts qui ont été faits du côté de Manosque pour ouvrir les urgences la nuit davantage, évidemment pas 24 heures sur 24 comme Digne, mais on espère que ça permettra de soulager les équipes par rapport à l’année dernière », répond la direction. « Les fermetures de lits en psychiatrie ont été pensées avec les médecins et l’encadrement depuis plusieurs semaines », affirme-t-elle.

  • Le collectif du lycée Nelson Mandela reçu en mairie

    Le collectif du lycée Nelson Mandela reçu en mairie

    « On demande au maire de Marseille de faire en sorte que ça ne soit pas une saignée pour les lycées de la ville. » Ce mercredi, devant la mairie de Marseille, les représentants du collectif qui rassemble une myriade d’organisations syndicales d’enseignants (CGT, FO, Sud et Snes-FSU) et d’associations de parents d’élèves (FCPE, PEEP et PER) du lycée Nelson Mandela sortent satisfaits de l’Hôtel de ville.

    Et pour cause, ils ont été reçus par un conseiller de l’adjointe en charge de l’éducation, Pascaline Lecorché (Place Publique), dans le cadre de leur combat au long cours contre la baisse d’heures à venir pour leur établissement. « On s’est adressés à la mairie de Marseille car ce sont les lycées marseillais qui sont ciblés. Dans le cadre des suppressions de moyens décidées au niveau national, l’académie perd 900 heures et sur celles-ci, 740 sont perdues dans les lycées marseillais », explique Alexis Avril, professeur de philosophie au lycée Nelson Mandela, qui s’exprime en tant que militant de Sud Éducation.

    Concrètement, dans le cadre d’une baisse des dotations horaires qui touchent les lycées pour la prochaine rentrée scolaire, leur établissement perdrait « 80 heures ». « 80 heures en moins, ça peut paraître abstrait mais concrètement c’est la fin des cours en demi-groupes pour les cours de français en 1ère, de philosophie en terminale et pour l’anglais en 1ère et terminale… Ce sont des années où il y a le bac, où ces heures comptent pour ce dernier. Ça veut dire faire des cours d’anglais à 30 cette année-là », poursuit Alexis Avril. Sébastien, professeur de philosophie et syndiqué au Snes-FSU abonde : « On a besoin de ces heures, c’est un moment de travail approfondi : elles servent à faire de la méthodologie, à aider les élèves en difficulté… »

    Un soutien de la mairie

    D’où la demande de soutien auprès de la mairie : « On les a sentis impliqués, à l’écoute. Et normalement, un courrier de la mairie devrait être envoyé en ce sens-là au rectorat », relate Nassima Cuvillier, pour la FCPE 13. Et justement, ils espèrent « que ça bouge » du côté du rectorat : « On devrait recevoir, début juin, une visite de personnels du rectorat pour une rencontre sur nos revendications. » Selon le collectif, la « décision définitive » à propos de la réduction d’heures serait prise le 19 juin prochain. Il reste donc du temps, et de l’espoir, pour faire infléchir la décision. « On a même écrit à Brigitte Macron qui nous a répondu ! », se félicite Vanessa Dorival, pour la PEEP (Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public). Avant d’exhiber la réponse imprimée du directeur de cabinet de l’épouse d’Emmanuel Macron. De quoi faire revenir le rectorat à la raison ?

  • Contre la répression syndicale, la CGT relève le front en région Paca

    Contre la répression syndicale, la CGT relève le front en région Paca

    « La seule limite à l’oppression, c’est la résistance à celle-ci ! ». Ce vendredi dans les locaux du Sporting club du Grand Port maritime de Marseille, Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional de la CGT Paca, tape du poing sur la table. Entouré par les représentants des Unions départementales CGT de la région, il vient délivrer un message fort : « On vit un moment de bascule, avec une remise en cause profonde de la démocratie sociale. La CGT est confrontée à grand nombre de situations qui nous préoccupent très fortement. »

    Forcément, le lieu n’est pas choisi au hasard et illustre la « répression syndicale » que dénonce l’organisation : au cœur du Port, alors que le secrétaire général de la CGT du GPMM, Pascal Galéoté, est confronté à une procédure judiciaire dans l’affaire de la gestion du CSE (comité social et économique, lire nos articles du 27/04 et du 29/04). « On a choisi ce lieu car il symbolise ce que vit le monde du travail en matière de durcissement des rapports sociaux », résume Patrice Kantarjian. Avant de s’exprimer concrètement sur le fond du dossier où la justice reproche aux représentants de la CGT GPMM un « abus de confiance ». « On a plus que l’impression que c’est l’activité de la CGT, ultra-majoritaire sur le port, qui est visée. Les trois quarts des salariés du port ont voté pour la CGT aux dernières élections », rappelle le secrétaire. Et de développer : « En remettant en cause les fonctionnements des CSE, on remet en cause la démocratie sociale. Sous prétexte que des organisations minoritaires seraient lésées dans les moyens à disposition, ça remet en cause le vote des salariés du GPMM. » Un appel à la mobilisation, pour le 1er juin, date du rendu de la décision de justice autour des comptes du CSE du GPMM est lancé. « Chacun doit mesurer le poids de la décision qui sera prise. Nous serons tous très attentifs à ce qui sera décidé », prévient Patrice Kantarjian.

    Un message commun et une attention partagée

    À cela s’ajoutent deux autres dossiers locaux, bien différents mais qui démontrent les mêmes attaques auxquelles fait face la CGT. « Une dizaine de camions de la gendarmerie ont été envoyés hier par le préfet pour déloger les salariés d’Eurenco du piquet ! Plutôt que de répondre aux sollicitations récurrentes de la CGT pour une médiation avec la direction, le préfet a une oreille bien plus attentive du côté de cette dernière », dénonce-t-il. Autre sujet d’inquiétude : la situation de la Bourse du travail d’Arles où la CGT est menacée d’expulsion par le maire. « Ce sont ses locaux historiques, que la CGT occupe depuis 126 ans. À Arles comme ailleurs, il est hors de question que la CGT se laisse déposséder des maisons des travailleurs. » D’où la revendication nouvelle « d’une loi pour sanctuariser les Bourses du travail » portée par le comité régional avec la confédération. Laquelle était représentée par Nathalie Bazire, secrétaire confédérale qui analyse cette accumulation d’attaques à l’encontre de l’organisation : « Les employeurs sont au service de l’extrême droite, car le syndicalisme est le dernier rempart contre celle-ci. Ce n’est pas nouveau, on l’a vécu avant la Seconde Guerre mondiale. » De quoi faire écho aux propos de Richard Roméo-Giberti, secrétaire général de l’UD CGT Var : « On n’a pas connu d’attaques aussi massives et coordonnées du capital servi par l’extrême droite depuis bien longtemps. » Et Sylvain Moretti, son homologue du 04, résume le phénomène : « Pour remettre en cause les garanties collectives, la meilleure solution pour le patronat et l’extrême droite, c’est de s’attaquer aux dirigeants syndicaux qui portent des revendications d’un haut niveau. » Avant que Patrice Kantarjian ne tonne : « Sur tous les cas évoqués, la CGT ne sera pas spectatrice. »

  • Les salariés de Biogroup Côte d’Azur en grève

    Les salariés de Biogroup Côte d’Azur en grève

    Après une réunion avec leur direction lundi, qui n’a finalement rien donné, 150 des 770 salariés de Biogroup Côte d’Azur, dont 90 dans le Var (40 à La Valette, 50 au Muy) étaient en grève jeudi. Raison principale : une prime d’intéressement qui a fondu comme neige au soleil depuis la reprise de l’ancien établissement (Bio Esterel) par Biogroup en 2018 : « Nous sommes passés d’un 13e mois qui équivalait au Smic avant le C, à à peine de quoi faire un plein d’essence », pointe Baptiste Absalon, représentant CSE Biogroup Côte d’Azur et délégué syndical FO.

    Une situation que ce dernier juge inacceptable eu égard à l’activité du groupe et aux efforts fournis par les salariés : « On sait que les charges augmentent pour les entreprises. La Cnam impose une tarification à l’acte, qui a baissé de 20% en 3 ans. Mais le chiffre d’affaires n’a baissé que de deux points l’an dernier, compensé par l’augmentation du volume. On nous presse comme des citrons, et dans des conditions délétères, alors qu’on est parmi les meilleurs chiffres d’affaires du groupe, avec un profit important. »

    La grève se poursuit vendredi

    Des conditions qui, selon le syndicaliste, conduisent à une hausse de l’absentéisme et des arrêts maladie, alors que l’entité Côte d’Azur – une des 28 de Biogroup en France – revendiquait un des taux les plus bas en la matière avant le Covid. « Désormais, on a un des plus hauts. Il y a une perte de motivation », affirme Baptiste Absalon. Et cela devrait alerter la direction, qui peine, qui plus est, à recruter : « Une quarantaine de postes à 1 500 euros par mois ne sont pas pourvus, pendant qu’on subit l’inflation avec des salaires bloqués », dénonce-t-il.

    Autre point de mécontentement : les mobilités accrues pour les salariés, baladés entre les 110 sites de Biogroup Côte d’Azur : « Ça ne se faisait pas avant. Cela conduit à une perte de sens », poursuit Baptiste Absalon. Autant de causes qui produisent, en conséquence, plusieurs revendications : « L’amélioration des conditions de travail et la reconnaissance du labeur du salarié avec une prime de participation digne de ce nom, des négociations annuelles, le lundi de Pentecôte offert, la prise en charge intégrale de la mutuelle, une prime urgence remplacement au pied levé, et la prise en charge de tout ou partie des jours de grève. » Pour arriver à leurs fins, les salariés reconduisent le mouvement ce vendredi à La Valette et à Mouans-Sartoux, dans les Alpes-Maritimes.

  • Les 78 ans de la Nakba, dans les mémoires et le présent

    Les 78 ans de la Nakba, dans les mémoires et le présent

    Devant la Cité administrative d’Avignon, sur le cours Jean-Jaurès, une douzaine de drapeaux palestiniens flottaient, portés par un mistral frais de début de soirée, ce vendredi 15 mai, soit exactement 78 ans après la Nakba. Le mot, qui signifie « la catastrophe » en arabe, renvoie à l’expulsion massive des Palestiniens de leurs terres par les forces israéliennes en 1948.

    Organisé par l’association Stop génocide 84, environ une centaine de personnes se sont rassemblées pour l’occasion. Et pour Carol Alarcon, l’une des membres de l’organisation qui a pris la parole, « la Nakba n’est pas juste la suite historique de la guerre qui accompagne la création de l’État d’Israël à la suite de la colonisation britannique » et « désigne plus que le processus qui a produit et accompagné les déplacements de populations sous la contrainte, les dépossessions massives, les occupations illégales qui s’en sont suivies ».

    Plusieurs revendications sont portées par le collectif. À savoir le « respect des droits humains et du droit international en Palestine », la fin de « la colonisation, de l’apartheid » et « le droit au retour des réfugiés », ce à quoi correspond la résolution 194 de l’ONU, prise quelques mois après la Nakba, en décembre 1948.

    Et les militants pointent également la responsabilité des pays européens dans la poursuite de la guerre. « Des entreprises privées ou bien les États-Unis, la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni participent, par des soutiens militaires et politiques, ce qui affaiblit profondément l’application du droit international », poursuit Carol Alarcon, qui réclame la suspension de l’accord entre l’UE et Israël ainsi que les échanges d’armes et de composants militaires.