Tag: revendications

  • Les employés de l’Ehpad Mille Soleils au Muy mobilisés pour les salaires

    Les employés de l’Ehpad Mille Soleils au Muy mobilisés pour les salaires

    Depuis de longues semaines, les négociations annuelles obligatoires (NAO) achoppent entre la direction de l’Ehpad Mille Soleils (établissement du groupe EMERA) et les employés sur la question des salaires. À date, les augmentations proposées – 36 euros brut pour les aides soignants, 7 pour les ASH – demeurent bien loin des revendications : une augmentation significative généralisée à l’ensemble du personnel, et un complément contractuel de 350 euros « afin de garantir l’égalité de traitement », revendique Katherine Zede, déléguée syndicale CGT EMERA.

    En conséquence, un débrayage suivi par l’ensemble des salariés a eu lieu mercredi devant l’établissement, ces derniers quittant leur poste entre midi et 14h, laissant la direction s’occuper des résidents. « D’autres établissements du même groupe, dont un dans le département, un dans les Alpes-Maritimes, ont des salaires plus importants sur les mêmes postes. À travail égal, salaire égal », clame Nathalie Blasco, co-secrétaire de l’Union syndicale départementale Santé et Action sociale de la CGT.

    Un autre Ehpad du groupe mobilisé au Mans

    Une augmentation que les syndicalistes estiment justifiée par les « milliards d’euros d’aides publiques versés à des entreprises comme EMERA, dont certaines réalisent d’importants profits. Cet argent doit servir à une augmentation générale des salaires, et non à enrichir une minorité au détriment de celles et ceux qui font vivre l’entreprise », pointe Katherine Zede, qui dénonce aussi les conditions précaires subies par les soignantes, « contraintes d’effectuer des vacations dans d’autres établissements afin de boucler leurs fins de mois. Cette situation se fait au détriment de leur vie de famille, de leur santé et de leur repos alors même qu’elles exercent un métier essentiel et éprouvant ». « Ils ont augmenté la rémunération des infirmières par rapport à des difficultés de recrutement. Augmenter les salaires permettrait de réduire le turn over et l’absentéisme », affirme Nathalie Blasco.

    Après leur mobilisation – aussi suivie dans un autre établissement du groupe, au Mans -, la totalité des salariés (y compris les cuisiniers et le reste du corps soignant) ont regagné leurs postes, mais annoncent être prêts à poursuivre le mouvement si leurs revendications n’étaient pas écoutées.

  • La prime « CIA » fait des remous chez les territoriaux de Marseille

    La prime « CIA » fait des remous chez les territoriaux de Marseille

    La CGT des agents territoriaux de la Ville de Marseille débute l’année sur les chapeaux de roues. L’organisation syndicale a déposé un « préavis de grève reconductible du 1er au 31 janvier 2026, couvrant l’ensemble des services municipaux ». Et si le préavis reprend, sans surprise, des revendications d’ordre national sur fond de « politique d’austérité depuis le mandat d’Emmanuel Macron », une « nouveauté importante » s’est ajoutée dans les demandes des agents. « Face aux nombreuses situations injustes remontées par les agents ces dernières semaines, la CGT a décidé d’ajouter une nouvelle revendication au préavis : la fin des inégalités dans l’attribution du CIA », explique la CGT Territoriaux Ville de Marseille. Et cette dernière ne parle pas de l’agence de renseignement états-unienne mais du complément indiciaire annuel (CIA). Une sorte de prime, versée pour l’année 2025 en ce mois de décembre, intégrée au régime indemnitaire des fonctionnaires, lequel est une partie de la rémunération de l’agent public. « C’est la première année que le CIA est attribué d’une manière aussi injuste », dénonce Mikael Casanova, secrétaire général de l’organisation. Avant de développer : « Le CIA est en place depuis un moment à la Ville, mais auparavant il dépendait de “raisons exceptionnelles”. Par exemple pour les agents qui ont aidé sur les Jeux olympiques ou les événements de la rue d’Aubagne. » Et c’est là où ça coince pour l’organisation syndicale. Car selon elle, le CIA a été attribué « au soi-disant mérite» pour 2025. « Ce sont les supérieurs hiérarchiques des agents qui l’ont donné de manière subjective. Certains se sont investis et ont eu le niveau 1, donc 0 euro, d’autres beaucoup moins et ont eu le niveau 3, plusieurs centaines d’euros », poursuit le syndicaliste. Il y voit là « un outil opaque, source de divisions entre collègues, générateur d’injustices et de frustrations, sans critères clairs ni équité de traitement ».

    Un réexamen pour FO

    En tout cas, la CGT n’est pas la seule organisation à se pencher sur le sujet. Le 14 décembre dernier, Patrick Rué, figure du syndicat FO de la Ville, s’alarmait sur les réseaux sociaux : « FO a demandé à ce que les agents privés de prime sans critères objectifs puissent demander la révision de cette décision ! ». Deux jours plus tard, son organisation explique avoir obtenu « le réexamen des décisions de niveau 1 » après « une alerte auprès de la direction des ressources humaines ». « Les procédures d’évaluation […] ont été appliquées d’une manière différente d’un manager à l’autre ou d’une direction à l’autre. De nombreux agents s’estiment injustement lésés par la décision d’attribution », développe le syndicat. Avant de se féliciter : « Le maire [Benoît Payan Ndlr] a donné suite favorable à la demande de réexamen. »

  • Des agents de sécurité de Grand Littoral menacés de mutation après une grève

    Des agents de sécurité de Grand Littoral menacés de mutation après une grève

    Pas de trêve de Noël dans l’entreprise Triomphe Sécurité. Ce vendredi 26 décembre, les agents de sécurité de la société, qui officient sur le centre commercial de Grand Littoral à Marseille, dans le 16e arrondissement, se sont mobilisés dès 10h à l’appel de la CGT.

    En cause ? Mustapha et Joseph, deux militants de l’organisation syndicale et travailleurs du site, sont dans le viseur de leur direction. « On avait des revendications et en retour, on n’a pas reçu nos plannings. Ils nous mettent la pression car l’on a revendiqué des primes que d’autres touchent », dénonce Mustapha, devant la porte du centre commercial. Si l’absence de planning pourrait être anodine, il faut avoir en tête qu’elle fait suite à un mouvement de grève, le 5 décembre dernier. Et surtout que leurs collègues « ont bien reçu leurs plannings ». D’où la crainte très concrète d’une mutation : « On risque d’être envoyés à Martigues, Port-de-Bouc ou l’autre bout du département », dénonce Joseph. Un comble alors que les deux « habitent à 5 minutes de Grand Littoral ». Ils en arrivent à la conclusion logique : « C’est de la discrimination syndicale, ce sont des représailles. »

    Au lendemain de Noël, ce traitement a de quoi faire tache. D’autant que les deux salariés auraient des états de service irréprochables selon la CGT. « Ce sont deux salariés irréprochables, investis, respectueux des règles de déontologie, appréciés par leurs collègues comme par les clients », assure Bader Maoudj, secrétaire général de la CGT Prévention Sécurité 13. Mustapha est sur le site depuis un an quand son collègue Joseph est là depuis quatre ans. « Je me suis donné pour ce travail et voilà ce que j’ai comme remerciements ! », tempête Joseph. « On demande simplement d’avoir notre planning et de pouvoir rester ici », martèle Mustapha.

    « Ils m’ont fait le même coup »

    Si rien n’est acté pour l’heure, les deux concernés sont sûrs d’eux : « Ils veulent nous diviser. En plus, on n’a pas reçu de lettres, de convocations ni de coups de fil, c’est quelle manière de faire ? ». Ils prennent l’exemple de Christopher, un ancien agent du site « qui a été envoyé à l’autre bout du département alors qu’il n’avait pas le permis ». Ce dernier, présent au rassemblement confirme : « La direction m’a fait le même coup ! ». Un des collègues de Mustapha et Joseph se désole : « Dans notre métier, les patrons pensent qu’il y aura toujours du monde pour nous remplacer. » Tous font le lien avec leur mobilisation du 5 décembre, qui portait sur des revendications salariales mais aussi sur une « reconnaissance de l’insécurité du site et les risques encourus par les salariés dans leur métier » (lire notre article du 04/12). « Notre grève était paisible, c’était un piquet classique, il n’y a pas eu de débordements ni rien », rappelle Mustapha.

    Contactée, Triomphe Sécurité n’a pas encore répondu à nos sollicitations. Mais la CGT prévient : « On ne lâchera pas Mustapha et Joseph. »

  • Colère agricole : 200 personnes mobilisées à Aubagne

    Colère agricole : 200 personnes mobilisées à Aubagne

    Dès 13h samedi, le parking du Auchan des Paluds à Aubagne s’est fait envahir par un troupeau de 300 brebis et 300 agneaux venus, aux côtés de quelque 200 personnes, protester contre la gestion sanitaire de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Maladie bovine responsable de l’abattage très contesté de 207 bêtes en Ariège, elle est depuis le 11 décembre au cœur d’une vive contestation agricole. Samedi, c’est dans une foule de drapeaux de la Confédération Paysanne, que militants et brebis se sont rendus jusqu’au rond-point de l’avenue des Caniers, où ils ont pendant plusieurs heures tenu un barrage filtrant pour « sensibiliser à la cause ». « Nous sommes ici pour dénoncer les méthodes du gouvernement dans sa gestion de la DNC mais aussi pour nous opposer au Mercosur, qui ne peut qu’aggraver la situation des paysans français, détaille Roger Roux, porte parole de la Confédération paysanne 13 et maraîcher à Peyrolles-en-Provence. L’abattage total n’aboutit pas à grand chose, on demande une vaccination généralisée et une mise à l’écart des bêtes. Abattre des vaches saines…on marche sur la tête ».

    Dans un ambiance plutôt festive, possible notamment grâce à une police coopérante, les manifestants sont parvenus à maintenir leur barrage dans le calme. Sur leurs pancartes, leurs revendications sont claires : « Abattre des troupeau = tuer nos éleveurs, déserter nos campagnes », « Pandémie du libre échange » ou encore « Mercosur, droit dans le mur ». Hélène Poullin, propriétaire des 600 bêtes qui se sont joints à la manifestation, est l’une des militantes les plus déterminées à faire entendre sa colère. « Je suis très préoccupée par cette crise sanitaire depuis qu’elle a commencé, cet été. Cela m’empêche même de dormir, se désole-t-elle. Je sais que si on venait à abattre mon troupeau, je ne me relèverais jamais. Mes brebis sont toute ma vie, elles sont mon moteur. Voir qu’autant d’éleveurs se mobilisaient dans le sud ouest, ça m’a donné envie d’agir ».

    La signature de l’accord UE-Mercosur, à l’origine prévue vendredi, a été repoussée à janvier. Le protocole sanitaire de lutte contre la DNC demeure, selon la réglementation française actuelle, l’abattage total des troupeaux où sont détectés des foyers, y compris les bêtes saines.

  • Les salariés d’Orange de retour à Saint-Mauront

    Les salariés d’Orange de retour à Saint-Mauront

    Des salariés plus gênés par la présence des caméras qu’autre chose… Sur le site d’Orange à Saint-Mauront (3e), c’est la rentrée ce lundi 15 décembre, après quinze jours de fermeture temporaire. La direction de l’entreprise ayant pris cette décision fin novembre après des « événements répétés » qui ont entraîné deux confinements. Les syndicats CGT et CFE-CGC avaient déposé des droits d’alerte pour « danger grave et imminent ». Tandis que la préfète de police déléguée, Corinne Simon, démentait, assurant n’avoir recensé aucun appel au 17, pas plus qu’avoir été alertée par la direction d’Orange.

    À la sortie du métro National, les salariés pressent le pas. « Franchement, on a l’habitude de cette ambiance, disons un peu chaude, les tags sur les murs, et tout le reste… Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Mais je n’ai jamais eu peur », confie l’une d’entre eux. Elle poursuit : « Ce n’est pas quinze jours de fermeture de site qui va régler un problème aussi important. » Même son de cloche chez un de ses collègues, Frédéric, habitant des quartiers Nord. Lui, ce qui « le tue », « c’est qu’on a un commissariat à quelques mètres et des points de deal de partout ». Un peu plus loin, un habitant tient à intervenir : « Y a pas qu’Orange, nous aussi on est là ! »

    La CGT prône

    le vivre-ensemble

    Depuis l’ouverture des portes ce matin-là une voiture de police a pris place sur le trottoir d’en face, une autre un peu plus loin. Le trafiquant de cigarettes est au rendez-vous lui aussi, vendant à l’unité, non sans succès si on en croit la liasse de billets qu’il compte. Les organisations syndicales ont pu rencontrer le responsable d’Orange France. « On est rassuré par le dispositif mis en place, on a aussi demandé une hotline avec des psychologues » indique Jérôme Bissey, délégué syndical CFDT Orange grand Sud Est, précisant que pour le moment 380 sur les 1 200 salariés du site, ceux qui viennent en transports en commun, sont concernés, dans l’attente de travaux sur les parkings.

    Contrairement à la CFE-CGC qui dénonce dans un communiqué un « retour forcé » et demande le « transfert des collaborateurs, tant que l’ordre républicain ne sera pas durablement rétabli dans le quartier », la CFDT réclame l’ouverture d’un deuxième site sur Marseille, Orange ayant vendu une bonne partie de son patrimoine immobilier. « Pour nous, cette réunion a permis de recadrer un peu certains syndicats qui font monter la sauce sur des thèmes politiques, ce qui n’est pas de bon augure dans un quartier comme Saint-Mauront, au lieu de travailler sur le vivre-ensemble, à la part sociale que doit prendre Orange dans le quartier », estime Guillaume Lamourette secrétaire départemental de la Fapt- Telecoms 13. Pour le syndicaliste, la disparition des services publics dans les quartiers est aussi un facteur aggravant. Dans un tract distribué aux salariés, la CGT rappelle ses revendications : remboursement des abonnements RTM, ouverture de plusieurs sites, un parking…

    Après plus d’une heure de réunion, la préfète de police estime que la « crise est passée » mais précise que le dispositif restera « souple et adapté ». Au-delà des rondes et patrouilles, une présence statique est assurée « sur des horaires de rentrée et de sortie des salariés pour leur permettre de travailler en toute sécurité ». Et ce pour au moins quinze jours. La direction d’Orange affirme, elle, « rester pleinement mobilisée pour assurer un environnement de travail sécurisé et serein. »

  • « Femmes solidaires marque un changement »

    « Femmes solidaires marque un changement »

    La Marseillaise : Exposition, repas, que propose Femmes solidaires pour cet anniversaire ?

    Annick Karsenty : D’abord de revenir sur notre histoire depuis la fondation de l’Union des femmes françaises (UFF) en 1945 avec une exposition faite par nos amies de Nîmes, avec de nombreux panneaux explicatifs. Elles ont été chercher les événements, les lois, les bagarres… Il y aura aussi la projection d’un film et une table ronde avec deux anciennes qui l’ont vécu, cette histoire, pour qu’elles nous racontent ce que nous, nous n’avons pas connu.

    Comment mesurez-vous le chemin parcouru en 80 ans ?

    A.K. : On peut dire qu’il y a vraiment eu un changement d’orientation, une évolution dans la décennie 1984-1992, une évolution quand nous avons changé de nom. En 1992, le 17e congrès de l’UFF porte le slogan « femmes solidaires pour défendre nos droits et la paix » et on passe d’une association féminine et familiale qui portait des revendications sur notamment le droit au travail des femmes à un mouvement féministe solidaire. On commence à parler de loi anti-sexiste, de culture du viol. On passe à des questions plus sociétales. On avance aussi un mot d’ordre contre la féminisation de la pauvreté. Après il va y avoir la participation à la conférence mondiale des femmes de Pékin [en septembre 1995 Ndlr]. On intervient également au niveau de l’Afghanistan, où nous allons financer des écoles clandestines pour les petites filles et nous faisons la connaissance de Shoukria Haidar [présidente fondatrice de l’association Negar-Soutien] qui participera à la création du RIFL, notre réseau international féministe et laïc. En 2004, on obtient aussi le statut international spécial à l’ONU dans lequel on siège toujours.

    Et quel chemin reste-t-il selon vous à parcourir ?

    A.K. : Beaucoup de choses restent à faire. En particulier sur les violences dans la famille. Au niveau des féminicides, le chiffre ne descend pas. Avec les suicides forcés, on en est à trois femmes par jour qui décèdent. Il y a aussi le retour des masculinistes qui font que nous retournons en arrière. On le voit bien quand nous intervenons dans les salles de classe. Les garçons portent des propos de recul… Même si les filles se rebiffent et c’est aussi à prendre en compte. La loi de 2016 qui fait que la France est un pays abolitionniste de la prostitution est menacée aussi et il y a tout le combat contre le courant transactiviste qui vise dans tous les domaines à gommer le mot femme…

  • Les agents de sécurité de Grand Littoral se mobilisent

    Les agents de sécurité de Grand Littoral se mobilisent

    « On fait face à des agressions verbales tous les jours et les agressions physiques sont récurrentes. » Kamel Benmohammed, représentant syndical de la section syndicale de la CGT Prévention Sécurité 13 sur le centre commercial Grand Littoral, dans le 16e arrondissement de Marseille, fait part d’une « insécurité présente et indéniable » sur le site. « On a déjà eu des agents agressés à l’arme blanche, d’autres renversés par des voitures », énumère-t-il, en amont d’un mouvement social qui se déroulera ce vendredi. Son organisation a déposé un préavis de grève de 24 heures et prévoit un rassemblement avec un piquet de grève au niveau de la porte 4. Ils œuvrent pour la société Triomphe Sécurité, en charge de la sécurité du site.

    « Ça décourage les agents »

    « Dernier fait en date : une personne avait volé une veste dans un magasin, la police arrive et constate les faits. Elle lui passe les menottes mais l’a finalement laissée partir… Après, certains voleurs reviennent narguer les agents ! Et ça les décourage », développe Kamel Benmohammed. D’où la demande d’une juste reconnaissance « des risques réels » pris par les petites mains de la sécurité dans ce centre commercial majeur de Marseille avec une « prime de risque à hauteur de 150 euros environ ».

    La CGT Prévention Sécurité 13 met aussi sur la table d’autres revendications salariales. « On veut la revalorisation de la prime de Noël qui n’a pas bougé depuis des années. C’est pareil pour la revalorisation des coefficients de salaire… On ne demande pas la lune », poursuit le syndicaliste.

    Contactée, la société Triomphe Sécurité n’a pas encore répondu à nos sollicitations.

  • Des perturbations massives sur le réseau de cars

    Des perturbations massives sur le réseau de cars

    « Le mouvement de grève a bien pris », se réjouit Marc Garcia, délégué syndical de la CGT de l’Établissement Interurbain de la RTM (Régie des transports métropolitains). Et pour cause : ce vendredi, plusieurs dizaines de lignes de bus verront leur service largement perturbé sur le réseau de la Métropole Aix-Marseille-Provence. De Marignane à Martigues en passant par Aix et Aubagne, moult lignes oscillent entre 30 et 60% du niveau d’offre habituel, quand elles ne sont tout simplement pas en service.

    La RTM évoque « de fortes perturbations » et a dressé une liste longue comme le bras des lignes concernées. L’intersyndicale (CGT, SUD et CFTC) à l’origine du mouvement, explique que les dépôts de Gémenos, de Châteauneuf-les-Martigues et d’Aix le suivent particulièrement. Elle a notamment dans le viseur « le maintien des accords » qui étaient de mise lorsque les agents interurbains étaient sous le pavillon de la RDT 13 (Régie départementale des transports), avant qu’elle ne fusionne avec la RTM en janvier 2024. « Cela fait plus de 10 mois qu’on négocie mais rien n’avance. Ils veulent même nous enlever des conquis sociaux », développe Marc Garcia, citant par exemple la prime de participation « qui disparaîtrait ». Autre conséquence concrète de la fusion : « Avant, on changeait les cars tous les 5 ans, maintenant c’est tous les 7 ! On roule avec des problèmes de matériel ! » Reste que « les réseaux urbains d’Aubagne, La Ciotat-Ceyreste et Martigues-Port de Bouc-Saint-Mitre-les-Remparts tout comme le réseau urbain Marseille-Allauch-Plan-de-Cuques fonctionnent normalement », selon la RTM.

  • [Entretien] Claude Mas : « La retraite est un socle intergénérationnel »

    [Entretien] Claude Mas : « La retraite est un socle intergénérationnel »

    La Marseillaise : Pour quelle raison avez-vous décidé d’organiser une journée complète de mobilisation départementale avec votre organisation, ce jeudi
    à Arles
     ?

    Claude Mas : L’année 2025 est marquée par l’anniversaire des 80 ans de la création de la Sécurité sociale. La retraite, qui en fait partie, est notre socle collectif et intergénérationnel. Elle nous permet à tous de bénéficier de la solidarité par la cotisation sociale et d’échapper à la pauvreté. C’est important pour nous, car le gouvernement et le Medef veulent nous la prendre avec une violence jamais égalée, dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. On marque l’événement parce que ce modèle est une grande conquête sociale fragile et menacée. C’est pourquoi l’Union syndicale organise une journée complète en coopération avec notre union départementale. On y trouvera une exposition de l’institut d’histoire sociale de la CGT à la Bourse du travail. On va revenir sur la création de la Sécurité sociale, ses objectifs et comment on se projette pour conquérir le 100% Sécu. Il y a également un journaliste qui va y animer un échange. C’est une initiative de réflexion nécessaire, car tout le monde ne connaît pas forcément ni la Sécu, ni ce projet. Cela permet aussi de signifier la lutte qu’on mène à travers nos revendications de retraités, car sans les travailleurs, les précaires et les chômeurs à nos côtés, on n’arrivera pas à reconquérir cet outil.

    Reconquérir, c’est-à-dire ?

    C.M. : Il y a de l’argent pour financer la Sécu et nous permettre de nous soigner dans une logique de répartition nécessaire au monde du travail. Car il y a beaucoup plus de richesses aujourd’hui qu’en 1945. On continue cette lutte de génération en génération pour garder la Sécu et l’adapter au XXIe siècle. Reconquérir, car il y avait des élections au Conseil d’administration de la Sécurité sociale qui ont été supprimées depuis longtemps. Nous voulons leur retour et à parité. Nous voulons aussi la participation des entreprises aux cotisations, de la même manière que les salariés. Il faut également mettre fin aux exonérations de cotisations des employeurs qui permettraient de faramineux investissements, dans les hôpitaux par exemple.

    Pourquoi à Arles et précisément
    à la Bourse du travail ?

    C.M. : Car ce sont les locaux de l’union locale CGT d’Arles, Un lieu de résistance qui a toujours été attaqué et qui continue de l’être par un maire de droite qui veut nous en chasser.

  • Les négociations annuelles piétinent chez Marie Blachère

    Les négociations annuelles piétinent chez Marie Blachère

    « La nuit, il ne faut pas se réveiller car on va se dire “merde, comment je vais faire pour la journée ?” On a parfois l’impression d’être dans la secte Marie Blachère », confie avec hargne une représentante syndicale, ce lundi 24 novembre, quelques minutes avant l’ouverture des Négociations annuelles obligatoires (NAO) avec la direction de la plus grande chaîne de boulangeries en France, aux Angles (Gard).

    Une réunion qui n’a débouché que sur « une petite avancée sur la prime d’ancienneté », regrette Véronique Marchois, représentante CFDT. Mais rien sur les principales revendications des syndicats, à savoir de « vraies augmentations de salaires pour tous », ainsi que l’amélioration des conditions de travail, la réduction de la pénibilité ou encore le droit à la déconnexion.

    « Cela ne suffit pas », appuie Christine Tonarello, secrétaire CGT du géant de la boulangerie, en précisant que les propositions devraient être mises à nouveau sur la table, ces prochains jours. Si elles ne conviennent toujours pas, un nouveau mouvement est envisagé, cette fois pendant la période des fêtes de Noël.

    Intersyndicale historique

    Après un premier rassemblement organisé par la CGT de Marie Blachère, qui compte 850 boutiques et presque 13 000 employés, c’est aussi la première fois qu’une intersyndicale se forme avec la CFDT, qui s’est jointe au mouvement. « C’est un message fort. Car on n’a pas de vie de famille. On a l’impression que notre vie de famille, c’est Marie Blachère. On dit stop, on en a marre ! Le ras-le-bol est général et on sait que beaucoup de salariés sont d’accord avec nous, mais ne peuvent pas se permettre de perdre une partie du faible salaire qu’ils ont », poursuit Véronique Marchois, à bout. « On s’appuie sur les mêmes revendications toute l’année. Le but, c’est de se faire entendre à travers toute la France », ajoute Nathalie Pascal, déléguée syndicale CGT.

    Un rassemblement était également organisé en amont de la réunion, avec une quarantaine de militants présents aux Angles, à proximité d’une boutique de la firme. Tandis qu’à quelques mètres de là, plusieurs membres de l’équipe de direction se sustentaient avec des produits de la maison, observant d’un air mi-amusé, mi-inquiet la mobilisation qui prenait forme, certains allant jusqu’à photographier les manifestants posant devant la banderole. Aucun d’entre eux n’a souhaité s’exprimer sur la situation.