Tag: Retraités

  • Les retraités dénoncent une « vampirisation à tous les étages » dans le Gard et dans l’Hérault

    Les retraités dénoncent une « vampirisation à tous les étages » dans le Gard et dans l’Hérault

    Gel des pensions en 2026 et sous-indexation probablement jusqu’en 2030, suppression de l’abattement de 10% remplacé par un forfait de 2 000 euros, doublement des franchises médicales, gel de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (minimum vieillesse des retraités les plus modestes)… Premiers concernés par les mesures austéritaires en rafale contenues dans le projet de loi de finances 2026 présenté par le gouvernement, les retraités sont descendus dans la rue ce 6 novembre pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme un acharnement.

    Dans le Gard (Nîmes, Alès et Bagnols-sur-Cèze) comme dans l’Hérault (Montpellier, Béziers, Lunel, Clermont-l’Hérault et Bédarieux), ils ont répondu présent à l’appel national lancé par le « groupe des 8 » (CGT, CFTC, CFE CGC, FSU, Solidaires, FGR-FP, LSR, Ensemble et Solidaires). Une colère que n’a pas désamorcé le recul consenti, le 31 octobre, par le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui s’est dit prêt à revenir sur le gel des pensions de retraite et des minima sociaux. « Rien n’est acquis, d’autant qu’on ne sait même pas si le vote du budget ira jusqu’au bout. Si on devait passer par des ordonnances, c’est le budget initial qui serait remis sur la table, lequel prévoit le gel des pensions. À l’heure actuelle, on est dans le flou total, ce n’est pas le moment de se démobiliser », considère Jean-Yves Barbier, de la FSU retraités 34, qui dénonce « une vampirisation à tous les étages ».

    « On est vraiment

    le cœur de cible »

    « L’année blanche coûterait en moyenne 350 euros par an à un ménage dont la personne de référence est un retraité : 320 euros de baisse de pension, 20 euros de hausse d’impôt, 10 euros de baisse de prestations sociales. Un salarié, lui, perdra 105 euros et un chômeur, 180. Ce sont les retraités les plus touchés, on est vraiment le cœur de cible », dénonce assure Michel Andreu, de la CGT retraités 34. « Pour les pensionnés en dessous de la pension médiane (1 600 euros), qui sont souvent des personnes seules et parmi elles une majorité écrasante de femmes, perdre 300 euros par an est dramatique », insiste Jean-Yves Barbier. « La suppression de l’abattement fiscal de 10% au profit d’un abattement forfaitaire de 2 000 euros représente, quant à elle, des ponctions de 300 à 800 euros d’impôts supplémentaires pour les gens qui ont une pension supérieure à 1 600 euros. » Sans oublier, pour tous, le doublement des franchises médicales « qui augmente le reste à charge sur les médicaments, les consultations, les actes paramédicaux, les transports sanitaires ». Là encore, les personnes âgées, qui sont celles qui ont le plus besoin de se soigner, seront les premières pénalisées.

    « On nous fait passer pour des nantis, des inactifs qui coûtent. La solidarité devrait donc passer par des sacrifices de la part des retraités. C’est inadmissible », s’agace Michel Andreu. D’autant que « la plupart des retraités qui ont un peu de moyens aident déjà leurs enfants et parfois leurs petits-enfants. Les jeunes retraités sont aussi régulièrement les aidants de leurs propres parents », souligne Jean-Yves Barbier. « Il y a une accumulation de charges sur le retraité moyen qui est une réalité quotidienne et qui n’est absolument pas prise en compte. Sans oublier tout le bénévolat qui remplace des services publics défaillants. »

  • Précarité et mauvaise santé vont de pair à Avignon

    Précarité et mauvaise santé vont de pair à Avignon

    « Si on ne soutient pas la Sécurité sociale, avec la précarité des hôpitaux sur notre territoire, on va dans le mur », lâche Monique, infirmière retraitée venue de Cavaillon ce jeudi 6 novembre à 10h30 devant la préfecture, à l’appel de huit organisations syndicales, Force ouvrière ne s’étant pas jointe en Vaucluse aux autres membres du groupe de neuf.

    Ils étaient plus de 150 en milieu de matinée, en cité des Papes, pour montrer leur opposition au projet de budget de financement de la Sécurité sociale du gouvernement Lecornu, dont le texte fait toujours l’objet de discussions à l’Assemblée. Et notamment contre « des mesures drastiques contre l’accès à la santé, qui touchent plus durement les personnes âgées et les retraités dont la santé se dégrade avec l’âge », pousse, lors de sa prise de parole au nom de la FSU et de la CGT, Daniel Gressier, représentant les retraités FSU de Vaucluse.

    « Nous ne sommes pas des nantis, c’est complètement faux ! »

    Et de cibler le possible doublement des montants et plafonds des franchises médicales, c’est-à-dire le reste à charge, la remise en cause des affections de longue durée ou encore la nouvelle taxation sur les complémentaires santé, de 2,05% à 2,35%, « qu’elles répercuteront sur les cotisations, alors que les retraités subiront une augmentation exponentielle de leur taux en fonction de l’âge, avec l’application de la Protection sociale complémentaire dont ils et elles sont exclues », lance le représentant syndical.

    « Toutes les mesures projetées par le gouvernement attaquent principalement les retraités. On dit que les retraités sont des nantis, ce qui est complètement faux. On est dans un des départements les plus pauvres de France et beaucoup de retraités se trouvent en dessous du seuil de pauvreté. On attend des réponses. On nous disait que ça allait être mieux que sous Barnier et Bayrou, mais c’est faux », ajoute Thierry Maillet, membre du bureau de la CGT retraités de Vaucluse. Les syndicats annoncent que des échanges avec les parlementaires du département, hors Rassemblement national, ont été sollicités afin de les interpeller sur ces sujets.

  • Des doléances portées en préfecture à Marseille

    Des doléances portées en préfecture à Marseille

    Ils ont bien compris la petite mécanique à l’œuvre ces dernières semaines et ne s’en satisfont évidemment pas. Retraités ou non, ils ont marché main dans la main dans les rues de Marseille, jeudi, pour manifester leur rejet du budget d’austérité 2026 préparé avec les projets de loi de finance de l’État et de la Sécurité sociale.

    « Cela va impacter très fortement les travailleurs, en activité ou à la retraite parce que nous considérons bien que nous sommes des travailleurs puisque la retraite est un droit social », glisse d’emblée Josiane Dragoni. La responsable fédérale des retraités de la FSU se veut à rebours de la « guerre des générations prônée par le Medef et reprise par certains partis et une partie de la presse ». Le sentiment est partagé partout dans le cortège où sont présents de nombreux actifs. « Opposer les gens les uns aux autres ça n’amène qu’au pire », résume Marcel, son autocollant CGT bien posé sur sa veste. « Pointer les retraités, les chômeurs, les immigrés comme le fait Monsieur Macron depuis des années, ça ne fait que faire monter l’extrême droite. »

    « On est très en colère et on l’exprime a contrario de ce que veulent le gouvernement et certains médias qui jouent l’opposition entre actifs et retraités. On fait la preuve à Marseille comme dans tout le pays que nos revendications, même si elles sont spécifiques, nous rassemblent », abonde Claude Mas, la secrétaire générale de l’USR CGT 13.

    Ces revendications sont salariales tout d’abord. « Parce que les retraités ne sont pas riches et la pension moyenne est au niveau du Smic » rappelle-t-elle, eux demandent leur indexation sur l’inflation dès janvier, leur revalorisation selon le salaire moyen, et le maintien de l’abattement fiscal de 10%. Elles sont sociales aussi avec la revalorisation des prestations sociales a minima au niveau de l’inflation, l’abandon du doublement des franchises médicales, ou encore le maintien et le développement des services publics sur tout le territoire.

    « Les services publics,

    c’est pour tout le monde »

    Après avoir marché du Vieux-Port à la préfecture, ce sont ces doléances qu’une délégation de l’intersyndicale a transmis aux représentants de l’État dans le département. « Les services publics, c’est pour tout le monde, jeunes, actifs, retraités, et c’est tout ce qui est nécessaire. Cela se déliterait parce que ce serait des dépenses ? Mais non. Ce sont des investissements », reprend Josiane Dragoni. « Les cibler c’est détruire toute solidarité, cela signifie l’effondrement de notre modèle social, et la fin de nos droits sociaux, nos droits à la retraite, à la santé, à l’éducation. Et pour faire quoi ? Faire place au privé et aux grands groupes financiers. » Et la porte-parole des retraités Solidaires 13 de prendre l’exemple des Ehpad dans les Bouches-du-Rhône où plus des 70% sont aux mains de groupes comme Orpea, Korian ou DomusVi. « Les centres de rééducation fonctionnelle, les cliniques de soins sont aux mains de ces groupes avec des situations comparables », poursuit-elle, déplorant que la Sécurité sociale soit tuée à petit feu avec les 80 milliards d’exonération de cotisations sociales annoncées. « On la prive de ses recettes et le report vers les complémentaires de santé et les assurances privées poussés par les déremboursements vont encore s’accélérer avec ce budget. »

    En parallèle, les parlementaires, sénateurs et députés de tout le pays, hors Rassemblement national, « parce qu’on ne discute pas avec eux » sont interpellés. Face à la crainte d’une application par ordonnance, les organisations syndicales comme la CGT veulent connaître leur position dans le débat et attendent qu’ils défendent eux aussi leurs revendications.

  • À Toulon, on a poussé fort contre l’austérité et le gel des pensions

    À Toulon, on a poussé fort contre l’austérité et le gel des pensions

    « On continue aujourd’hui de ponctionner toujours les mêmes : ceux qui n’ont rien ou ceux qui ont juste un peu, pour un partage de la misère finalement. Maintenant, ça suffit », lance Jean-Luc Trinel (CGT), ancien du chantier naval dont la pension s’élève à 1 200 euros. « Non seulement on se prive, mais on doit aussi aider nos enfants confrontés à des difficultés de travail et de vie », ajoute-t-il, remonté par les nouvelles injustices que les retraités sont sommés d’assumer.

    Pour Annie (CGT), retraitée des Finances publiques et militante, « on est en train de diviser la société, de monter les gens les uns contre les autres : les actifs contre les retraités, les jeunes contre les vieux… » Elle dénonce le gel des pensions et du barème de l’impôt sur le revenu, qui rendra imposables de nouveaux foyers et leur fera perdre certaines aides sociales. Et de conclure : « Résultat, ce sont toujours les mêmes qui vont trinquer. Pendant ce temps, on chasse les pauvres, mais on ne lutte pas contre la fraude fiscale qui, chaque année, fait perdre 80 milliards au budget de l’État. »

    Ce qui amène de l’eau au moulin de Jean-Paul Cotura, figure emblématique des luttes dans le Port du Levant, pour qui les revendications portées ce matin par les camarades de la CGT appellent à « mener le combat aujourd’hui et demain ».

    « On est de tout cœur avec vous ! », lancent deux jeunes dames visiblement pressées, valises à la main. En les suivant, on apprend qu’elles travaillent dans le secteur de la santé, à Paris, et savent ce que signifie devoir se mobiliser.

    Contre la paupérisation

    Avant de prendre la parole pour l’intersyndicale, la secrétaire générale du syndicat CGT des retraités, Brigitte Cheinet, condamne « un budget délétère qui ne peut conduire qu’à la paupérisation de la population ». Et ce d’autant plus qu’elle connaît déjà bien la réalité du terrain, aujourd’hui, avec des retraités qui, pour certains, explique-t-elle, ne se chauffent pas, hésitent à se soigner ou ne peuvent plus sortir leur voiture tant le budget est déjà serré. « Aujourd’hui, le gouvernement a décidé que c’est à la population de payer, et non à ceux qui ont l’argent », tempête-t-elle.

    Dominique Luiggi (CGT) ajoute : « S’il y a de plus en plus de riches, c’est qu’il y a de moins en moins de travailleurs qui luttent. »

    Jean-Pierre Meyer (PCF) poursuit l’analyse en mettant en avant que, pour s’en sortir, « il faut passer par la convergence du politique et du mouvement social ». « J’ai toujours en tête, glisse-t-il, la conclusion du professeur Jacquard au terme d’une conférence à Sanary, il y a bien des années en arrière : “Ou le monde sera communiste, au sens du partage des savoirs et des richesses, où il sera barbare”. » Pour le militant syndical et politique, « c’est là que se situe l’enjeu aujourd’hui ». C’est-à-dire faire comprendre à ceux qui souffrent le plus qu’il est urgent de se mobiliser.

    À la tête du cortège qui s’ébranle vers la préfecture, Gilberte Mandon (FSU) insiste sur la nécessité d’un autre budget : « On en a un peu assez que les retraités soient la vache à lait du gouvernement, alors que 55% d’entre eux touchent moins que le Smic. »

    « Si on laisse faire, ça va être dramatique pour les petites pensions, renchérit Christian Godmet (Solidaires). Est-ce qu’on touche déjà du doigt la paupérisation de certains retraités ?  » Et de conclure : « Il faut pousser fort pour demander des mesures justes et nous le ferons d’autant mieux si la gauche est unie derrière le mouvement social. »

  • La Sécu, ce combat fondamental

    La Sécu, ce combat fondamental

    La santé est la priorité des priorités des Français avec le pouvoir d’achat. Les députés en train de débattre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale doivent mesurer combien laisser en l’état le texte horrifique du gouvernement serait une déclaration de guerre à l’ensemble des travailleurs et à leurs familles. Dans ce débat de société, la « suspension » de la retraite à 64 ans (arrêt provisoire à 62 ans et 9 mois jusqu’en janvier 2028), -qui devrait être examinée au plus tard le 12 novembre à l’Assemblée- ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt des sévères coupes prévues dans les financements de notre système de santé. L’hôpital public notamment, pourtant applaudi pendant la crise Covid, pourrait être encore affaibli par des coups de tronçonneuse sans précédent.

    Éviter le pire

    Pour les fédérations hospitalières, c’est du jamais vu depuis 15 ans. Pas moins de 1,1 milliard en moins, soit l’équivalent de 20 000 postes d’infirmiers. Pour les patients, cela se traduirait par un accès aux soins encore plus difficile alors qu’ils vivent déjà une pénurie de médecins généralistes qui transforme de très nombreuses communes en désert médical. Des patients devront aussi payer de leur poche des franchises médicales augmentées, sans parler des personnes atteintes d’affections de longue durée qui verraient leurs droits reculer. Or, la Sécu n’est pas malade de déficit mais d’une politique qui la prive de recettes, en particulier les exonérations de cotisations qui se chiffrent en dizaines de milliards. Tel est l’enjeu de ce combat fondamental dans lequel le mouvement social doit prendre toute sa place pour éviter le pire.

  • Les foyers seniors partagent la recette contre l’isolement

    Les foyers seniors partagent la recette contre l’isolement

    Attablées autour d’un cassoulet, Graziella, Micheline, Marylou, Odile et Maïté papotent. « On dit du mal de nos enfants, on critique le gouvernement… On se confie les unes aux autres et on ventile quoi ! », glisse la cadette de 70 ans entre deux bouchées, un air espiègle accroché au visage.

    Le petit groupe d’amies s’assoit toujours à la même table. Celle au fond à droite de la grande salle du foyer Maurin. « On a toutes notre chaise attitrée », affirme Micheline. Les habitudes ont la peau dure. Il faut dire que certaines viennent depuis des dizaines d’années, comme Graziella. « J’ai commencé à venir avant mes 70 ans, j’en ai 95 ! », lâche-t-elle. Ce rendez-vous quotidien, à l’heure du déjeuner, leur permet de sortir de l’isolement. « Maintenant qu’on est seules, ça fait du bien de se retrouver », confie Maïté. Chaque jour de la semaine, environ 180 seniors prennent leur repas dans les trois foyers de la ville. Quelque 160 autres bénéficient du portage.

    Une régie municipale

    Le responsable du service seniors de la Ville, Gabriel Perez, explique : « On pratique des tarifs très accessibles pour permettre à nos retraités inscrits au Centre communal d’action sociale d’accéder à des denrées locales de qualité et à des repas équilibrés. » Car, si le prix réel de ces portions se situe entre 11 et 15 euros, ils ne reviennent qu’à 1,20 euro (en foyer) ou 1,50 euro (à domicile) aux bénéficiaires.

    Derrière, c’est la cuisine centrale qui assure la production. La régie, en gestion directe depuis la rentrée dernière, travaille avec une quinzaine de producteurs berrois pour sortir 1 800 repas par jour, destinés aux séniors, mais aussi aux enfants des maternelles et écoles primaires de la commune. « On pratique la politique de la terre à l’assiette », se satisfait le directeur du pôle de restauration, Franck Vivet.

    Habituellement, les employés de la régie préparent les recettes dans leurs locaux. Mais, depuis début octobre, la Ville fait dans l’expérimentation avec des animations type « cuisine spectacle », schématise Franck Vivet : les cuisiniers viennent concocter les repas sur place. « Ça nous permet d’avoir leurs retours directs, d’être au contact, ce qui est rare, et puis ça sort nos bénéficiaires de leur routine », poursuit le directeur de la régie. Un pari réussi, pour Graziella, Micheline, Marylou, Odile et Maïté, qui applaudissent chaudement les restaurateurs à la fin du repas.

  • Retraites : un bloc social qui refuse de plier

    Retraites : un bloc social qui refuse de plier

    La Sécurité sociale n’a pas seulement allongé la vie : elle l’a rendue vivable pour des générations de retraités. « Ce n’est pas une conquête arrachée un jour J, mais un système bâti par étapes et consacré après-guerre », rappelle Jean-Yves Barbier, ancien responsable du Snes-FSU à Montpellier. Des pensions de la fonction publique au régime général, de 1790 à 1945, s’est imposée l’idée simple : à cotisations définies, droits garantis. Une bascule culturelle autant que sociale.

    Huit décennies plus tard, les témoignages disent un autre basculement : inquiétude sur l’accès aux soins, franchises en hausse, statut des affections de longue durée remis en cause, et ces « années blanches » qui grignotent le pouvoir d’achat. « Cinq années de gel en dix ans, c’est presque 20% perdus au total », souffle Jean-Yves Barbier. Dans le même temps, les retraités tiennent la société : bénévolat massif, mairies, associations, coups de pouce financiers aux enfants et petits-enfants. Un rôle d’amortisseur social rarement chiffré, jamais secondaire.

    « Ne pas baisser la garde »

    Sur les retraites, deux lignes s’affrontent. D’un côté, la répartition et ses garanties collectives ; de l’autre, la capitalisation et la retraite par points, « où l’on sait ce que coûte le point, jamais ce qu’il vaudra ». L’exemple du régime additionnel de la fonction publique (RAFP) illustre les risques d’une logique financière exposée aux marchés. Pour Jean-Yves Barbier, l’offensive est globale : sous-indexation des pensions jusqu’en 2030, gel de barèmes, doublement des franchises, fragilisation des cures thermales et pression sur les ALD. À la clé, des renoncements aux soins – quand 700 000 retraités n’ont déjà pas de mutuelle. Face à cela, l’intersyndicale des retraités (CGT, FSU, Solidaires, CFE-CGC, CFTC, FGR-FP, Ensemble & Solidaires, LSR) organise une mobilisation jeudi 6 novembre : pour la dignité, la santé, l’idée même d’une retraite qui protège, et contre le projet de budget de la Sécurité sociale 2026, perçu comme une nouvelle offensive contre leurs droits. Les revendications sont claires : une revalorisation immédiate de 10% de toutes les pensions, des mesures pour les plus modestes, l’indexation des retraites sur les salaires, la défense du droit à la santé et à l’accès aux soins, le retour de la retraite à 60 ans pour tous avec départ anticipé en cas de pénibilité, et le maintien de l’abattement fiscal de 10%.

    Les manifestations du 6 novembre partiront dans le Gard à 10h sur la place des Arènes à Nîmes, à 10h30 devant
    la sous-préfecture d’Alès et à la poste
    de Bagnols-sur-Cèze. Dans l’Hérault,
    les rassemblements débuteront à 10h30 place de la Comédie à Montpellier et devant l’hôpital de Lunel, à 11h30
    devant la sous-préfecture Béziers.

  • Sécu : un budget 2026 de coupes jamais vues

    Sécu : un budget 2026 de coupes jamais vues

    Le projet de budget de la Sécurité sociale a débuté son chemin à l’Assemblée lundi dernier, en commission des Affaires sociales, pour des débats qui s’annoncent explosifs, entre la suspension de la réforme des retraites, et des économies exceptionnellement fortes.

    Les oppositions ont d’ores et déjà supprimé les mentions des objectifs de dépenses et recettes du gouvernement, ou encore les prévisions de dépenses de santé pour cette année, les estimant tantôt « insincères », tantôt insuffisantes face aux besoins, notamment à l’hôpital. Un tour de chauffe qui a permis surtout d’observer les positions de chaque force politique, car les députés repartiront quoi qu’il arrive du texte initial dans l’hémicycle le 4 novembre pour un vote prévu le 12.

    Et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) est sous le feu des critiques des oppositions, en raison des économies massives pour réduire le déficit à 17,5 milliards en 2026 (23 milliards en 2025). « Le débat est ouvert » et la version finale « sera bien différente », ont répété les différents ministres en charge du texte, tout en affirmant la nécessité de maîtriser les dépenses, et « responsabiliser » tous les acteurs. La mesure phare restera quoi qu’il arrive la suspension de la réforme des retraites, promise aux socialistes en échange de leur non-censure. Le projet suspend jusqu’à janvier 2028 la marche en avant vers les 64 ans, tout comme le relèvement du nombre de trimestres à cotiser pour partir à taux plein. Au cours de l’examen, les Républicains proposeront de supprimer cette suspension, tandis que les socialistes chercheront à y intégrer les carrières longues. Si l’Assemblée vote la suspension, le Sénat, contrôlé par la droite et les centristes, rétablira la réforme, a prévenu samedi dernier le président de la chambre haute, Gérard Larcher (LR). Le coût de la suspension est estimé à 100 millions d’euros en 2026 et 1,4 milliard d’euros en 2027. Pour la financer, les options retenues -une mise à contribution des complémentaires santé et des retraités – font controverse. D’autant que le projet de budget est d’une exceptionnelle rigueur financière. L’exécutif y limite la hausse des dépenses d’Assurance maladie à 1,6%, alors qu’elles progressent naturellement chaque année d’environ 4%. Et il table sur sept milliards d’économies en santé, pour beaucoup douloureuses. Plusieurs mesures ciblent les malades : nouvelle hausse des franchises (reste à charge des patients sur les consultations et médicaments), moindre remboursement chez le dentiste, limitation de la durée d’un premier arrêt maladie… Ce projet est « profondément injuste et inefficace », a jugé France Assos Santé, principale fédération d’associations de patients. C’est « la pire cure d’économies depuis les années 2010 », selon les fédérations hospitalières. Autres propositions décriées : une taxation supplémentaire des complémentaires santé, -qui fait débat jusque dans le camp gouvernemental-, une taxation des cotisations patronales sur les tickets-restaurants et œuvres du CSE, ou encore une surcotisation sur les dépassements d’honoraires des médecins. Le gel des pensions et de l’ensemble des prestations sociales (RSA, allocations familiales, APL…) en 2026, pour dégager 3,6 milliards d’euros d’économies, provoquera aussi de vifs débats. L’équation s’annonce particulièrement difficile pour le gouvernement Lecornu. Olivier Faure (PS) agite le spectre si le gouvernement ne cède pas ce vendredi en faveur d’une taxe sur les hauts patrimoines lors de l’examen du budget de l’État.

  • Revaloriser les retraites reste une exigence de la CGT

    Revaloriser les retraites reste une exigence de la CGT

    Cette année, pour 13,8 millions des 17 millions de retraités, il n’y aura aucune évolution de la valeur du point de service de l’Agirc-Arrco. « La faute à la suspension de la réforme », selon le Medef, qui dénonce « un manque de marge de manœuvre ».

    « La bonne santé financière du régime » permet au contraire « la prise en compte de l’inflation et un rattrapage d’au moins 10% pour compenser les sous-indexation des dernières années », revendique l’UCR CGT.

    Vers une journée nationale le 6 novembre

    Le nouveau coup de massue porté au pouvoir d’achat des retraités a amené le groupe des neuf organisations syndicales à se réunir, en urgence, pour construire une riposte à la hauteur de l’attaque. Et parce que la lutte pour des retraites dignes doit aussi devenir celle des actifs, L’UCR, avec L’Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens (Ugict) et la Fédération des travailleurs de la métallurgie (FTM) « s’orientent vers une journée de mobilisation nationale le 6 novembre », indique Josette Biancheri, secrétaire de l’USR CGT 13.

    Le G8, intersyndicale des retraités du département, se réunit ce mardi pour décider des modalités des actions à mener. « Cette décision est hallucinante, réagit la militante syndicale, alors que les retraités s’enfoncent dans la misère, n’arrivent plus à se soigner, 101,7 milliards d’euros de réserve, ce n’est pas encore assez pour le patronat et le gouvernement pour répondre à notre demande ? »

  • La lutte continue pour les retraites

    La lutte continue pour les retraites

    Plus de cotisations, moins de points acquis et un niveau de retraite complémentaire en recul constant », résume Josette Biancheri, secrétaire générale adjointe de l’USR CGT 13. La suspension de la réforme des retraites n’éteint pas la mobilisation contre les attaques du gouvernement. À l’heure où les négociations s’ouvrent sur la valeur du point, retraités et actifs ne lâchent rien sur la défense de leur pouvoir d’achat.

    Place du général-de-Gaulle, devant le rideau tiré du siège du patronat marseillais, les militants CGT, retraités et actifs des secteurs de la métallurgie et de la réparation navale, soutenus par François Canu, un des nouveaux secrétaires de l’Union départementale, étaient rassemblés pour exiger une revalorisation de 10 % du point Agirc-Arrco. « C’est le minimum pour un pouvoir d’achat permettant à tous de vivre dignement, défend Claude Diharçabal, membre du Conseil national des retraités de la métallurgie. l’inconvénient des complémentaires calculées sur le point, c’est qu’il change chaque année et comme il n’est pas à la hauteur de l’inflation, ça fait des années que notre pouvoir d’achat dégringole. Depuis 2020, en moyenne, on a déjà perdu deux mois de pension par an ».

    Des inquiétudes justifiées au regard de l’augmentation des prix des produits de consommation, de l’énergie, des transports, des mutuelles et des assurances. « Sans compter les dépenses en santé avec le doublement du ticket modérateur pour le remboursement des médicaments. Certains de nos camarades renoncent à se soigner », ajoute Josette Biancheri. Concernant la perte cumulée sur leur retraite complémentaire Agirc-Arcco, ils font le calcul qu’en « 30 ans, le rendement a baissé de 40 % impactant chaque génération avec un niveau de retraite en diminution ». Ce sentiment d’injustice sociale s’exprime également parmi les actifs. « Nous sommes tous des futurs retraités, rappelle Vincent Vadrot, secrétaire régional CGT métallurgie. dans tous les secteurs du privé, les actifs vont devoir payer plus pour avoir moins de retraite ».

    Un produit boursier juteux

    Dans une motion que l’USR CGT adresse au Medef, les retraités revendiquent : « Le gel de la valeur d’achat du point afin d’augmenter le nombre de points acquis, l’augmentation de la valeur de service du point de 10 % au nom d’un rattrapage des pertes cumulées depuis 2020 et d’un maintien du pouvoir d’achat pour 2025, la mise en place d’un principe de revalorisation des retraites complémentaires en début d’année indexées sur l’évolution du salaire moyen, la suppression de la sous indexation et l’ouverture d’une négociation d’un avenant à l’ANI de 2023. »

    Des demandes d’autant plus accessibles que les cotisations des travailleurs rapportent à l’Agirc-Arrco un pognon de dingue. Les résultats des comptes de l’exercice 2024 se traduisent, en effet, par un excédent de 4,6 milliards d’euros et les réserves atteignent 101,7 milliards d’euros, selon le rapport de la Cour des comptes. Enfin, souligne Josette Biancheri, « tout cet argent est placé en Bourse : 3 milliards d’euros sont issus des placements financiers ». Un niveau de réserve s’est construit depuis des années au détriment des niveaux de pensions et on voudrait encore les taxer.

    Les voyants étant tous au vert, l’augmentation des retraites et leur revalorisation sont donc une juste exigence sociale. « Ces moyens financiers conséquents doivent servir à répondre aux besoins des retraités et non pas à la spéculation financière comme c’est le cas actuellement. » La CGT demande en conséquence que le Conseil d’administration prenne en compte ses attentes en décidant d’une revalorisation d’au moins 10 %. « Nous serons très attentifs à la décision », conclut-elle.