Tag: Retraités

  • AMP Métropole : la gratuité des transports bientôt sabrée

    AMP Métropole : la gratuité des transports bientôt sabrée

    Cette fois, la gratuité des transports ne devrait pas échapper à la hache des coupes budgétaires. Ce jeudi, c’est depuis son fief salonais que le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard, a annoncé qu’il allait soumettre au vote le 15 octobre la suppression de la gratuité des transports sur l’ensemble du territoire. Pour qu’elle devienne effective « le plus vite possible ».

    « Si nous n’avions pas été pris à la gorge, nous aurions décalé dans le temps cette mise en œuvre », justifie l’édile. Après avoir échoué à une voix près à tailler dans la dotation de solidarité communautaire (DSC) lors du dernier conseil le 10 septembre, le président de l’intercommunalité compte en effet présenter une nouvelle modification du budget à l’hémicycle. « Nous avons obtenu que le préfet ne saisisse pas les magistrats de la chambre régionale des comptes si nous votons un budget à l’équilibre le 15 octobre », explique-t-il. Soit la veille de la date butoir de la saisine. Et d’annoncer que dans cette nouvelle copie, les différents versements aux communes ne seront pas touchés. Il reste donc pour la Métropole à trouver 53 millions d’euros d’ici deux semaines.

    Pour cela, la Métropole va encore sabrer dans son fonctionnement, renégocier des emprunts, repousser des investissements. La présidente (DVG) de la RTM, Samia Ghali, alertait justement mercredi dans La Provence sur les risques qui pèsent sur le tramway de la Belle de Mai si les études ne sont pas lancées d’ici une semaine. « C’est un sujet en discussion qui n’est pas tranché », répond Nicolas Isnard.

    Promesse enterrée

    « Mais à un moment, la Métropole peut enlever tout ce qu’elle veut, on va arriver à l’os, il faut des recettes supplémentaires », défend-il. De quoi motiver l’accélération pour appliquer la nouvelle tarification de la RTM, qui de toute façon devait être votée ce 15 octobre. « Les tarifs de nos transports n’ont pas bougé depuis 2017 », argumente Nicolas Isnard, qui assume « un système plus juste ». Il espère récupérer au moins 3 millions d’euros d’ici la fin de l’année, sans entrer dans les détails des grilles. Tout juste évoque-t-il un tarif minimum « symbolique ». « Il est inacceptable que des populations ne participent pas à un service public qui est rendu », tempête-t-il. De quoi mettre fin à la gratuité étendue par sa prédécesseure Martine Vassal (DVD) en septembre 2025 aux retraités imposables et aux moins de 11 ans. Un coup porté à la promesse de campagne du Printemps marseillais qui promettait des transports gratuits aux moins de 26 ans, qu’assumait Samia Ghali. « Cela va dans le sens de la justice », estime-t-on aussi dans les couloirs de l’hôtel de ville de Marseille, face à cette nouvelle tarification sociale. Mais dans l’entourage du maire, on n’en déplore pas moins « des annonces brutales et inattendues ». « L’avenir d’un service public local ne peut être décidé puis annoncé de cette manière », appuie le groupe de la gauche métropolitaine.

    Le président de la Métropole assume en effet de mettre un coup d’arrêt à dix-sept ans de gratuité des transports pour les 110 000 habitants du pays d’Aubagne et de l’Étoile. « Nous ne pouvions pas avoir dans un même territoire des tarifications différentes », jure-t-il, se défendant de toute sanction politique contre le maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari qui avait voté contre les coupes dans la dotation de solidarité. Il ne l’en a pas moins informé, avec le reste de la gauche métropolitaine, que lors d’une réunion organisée à l’issue de sa conférence de presse. Reste qu’il faudra encore du temps, au moins un an, pour faire payer les Aubagnais : aucune installation de paiement n’est pour l’instant déployée sur le réseau.

  • La fraternité comme terreau de la fête des retraités de la CGT à Fabrégoules

    La fraternité comme terreau de la fête des retraités de la CGT à Fabrégoules

    Dans un contexte politique et économique qui soulève de nombreuses préoccupations, la fête a été conçue comme un compromis pertinent entre convivialité et réflexion militante. On retrouve au programme de la journée des débats, des expositions autour de la CGT et du Front Populaire mais aussi un repas prévu avec tous les militants ainsi que diverses animations dans une ambiance solidaire.

    L’évènement sera aussi l’occasion d’exprimer des revendications politiques. « C’est un moment de lutte sociale autant qu’un moment festif », explique Josette Biancheri, secrétaire générale adjointe de l’USR-CGT 13. Le thème de cette 20e Fête des retraités CGT est en effet « pas de Paix sans Progrès Social, pas de Progrès Social sans la Paix ». « Dans un contexte de conflit, aucun progrès social n’est possible, de l’argent pour le progrès social, pas pour la guerre », développe-t-elle.

    Un évènement militant dans un lieu d’exception

    Fabrégoules, lieu emblématique de la Fête depuis sa première édition, a en effet été choisi pour le symbole de lutte syndicale qu’il représente. Il y a 100 ans, les syndicalistes traminots de la CGT obtiennent le versement par leur employeur d’un supplément de prime dans le but de créer une maison de repos, qui servira finalement à financer l’acquisition de Fabrégoules.

    Etienne Devillard Lacordaire

  • [Prix des carburants] Face à la crise, le service minimum

    [Prix des carburants] Face à la crise, le service minimum

    Face à la presse ce mardi après-midi, le ministre de l’Économie Roland Lescure s’en prend à ceux qui « soufflent sur les braises ». Et promet : « Nous entendons les inquiétudes des Français, qui parfois s’expriment sous la forme d’une colère. Nous devons y répondre, et c’est ce que nous faisons aujourd’hui. » Après une double réunion lundi, le gouvernement a finalement dévoilé ses mesures pour faire face à la flambée des carburants. Sans changer nullement de cap. « Dès le début de la crise, l’État a apporté une réponse immédiate avec des mesures ciblées, adaptées et temporaires, résumait le résident de Bercy. Cette stratégie est inchangée, nous allons l’amplifier et l’élargir. »

    Ne pas taxer Total

    Le dispositif « Grands rouleurs » est ainsi renouvelé et doublé, avec un chèque de 100 euros pour les trois derniers mois de l’année. Surtout, il est étendu à 2,5 millions de personnes supplémentaires, pour viser 5,5 millions des 40% de Français les plus pauvres roulant au moins 15 kilomètres pour aller au travail, avec un versement automatique pour ceux qui en bénéficient déjà. Le plafond de défiscalisation de la prime carburant payé par les employeurs est aussi relevé à 1 000 euros, et le gouvernement promet de maintenir les chèques énergie pour 2027 en les versant au mois de janvier. Quant aux secteurs les plus exposés, les aides sont renouvelées pour les secteurs du BTP, de l’agriculture, des soignants à domicile et surtout de la pêche, pour laquelle elles atteignent le maximum de la réglementation européenne.

    Montant total de l’enveloppe consentie : 450 millions d’euros. Mais malgré l’ampleur de la crise, le gouvernement n’a même pas à revoir ses maquettes budgétaires pour débloquer ces aides. Moins de la moitié des ménages qui pouvaient en bénéficier jusqu’à présent ne les ont pas réclamées. L’effort sur l’année reste fixé à 1,4 milliard d’euros, quand l’Espagne avait annoncé 5 milliards au mois d’avril.

    Malgré les demandes des oppositions, pas question de baisser les taxes sur les carburants. « Ceux qui annonceraient des baisses d’impôts généralisées aujourd’hui seraient ceux qui annonceraient demain des hausses des taxes généralisées », pointe le ministre des Comptes publics David Amiel. Lui refuse de faire jouer la solidarité nationale : toutes les aides sont adossées à des coupes budgétaires. Pas question non plus de souscrire à la taxation des superprofits des groupes pétroliers, réclamée fin août à la Commission européenne par six pays. « Nous ne sommes pas tout à fait égaux par rapport à cette situation, défend Roland Lescure. Nous avons une grande major intégrée, qui participe au fait que nous n’avons pas de problèmes d’approvisionnement et qui plafonne les prix de l’essence dans un certain nombre de stations. » De quoi venir à la rescousse de Total qui annonçait 10 milliards de bénéfices nets au premier semestre. Le ministre préfère une enquête européenne sur les marges des raffineurs, demande déjà refusée par la Commission européenne.

    Yves Souben

    CE QU’ILS PENSENT

    Marc Pietrosino, Secrétaire général UD CGT 13, Marseille

    « Il n’y a pas eu d’annonces sur les salaires. Quand on paie pour aller travailler, la meilleure façon de contrer cela, c’est d’augmenter les salaires. La politique des chèques ne suffit pas. Le gouvernement a aussi beaucoup parlé d’électrification… Heureusement qu’on a mené le combat pour que la centrale de Gardanne tourne ! »

    A.B.

    Hervé Gout-Vernier, Marin-pêcheur, Martigues

    « Le prêt à taux zéro est une connerie : ça ne fait que reculer l’échéance du coup de grâce si la situation ne s’arrange pas. On nous prête de l’argent pour faire tampon avec les aides promises, qui tardent à arriver et pour un gasoil qui continue à monter. Qu’on fixe les prix du gasoil pour tout le monde et ce sera plus simple. »

    An.M.

    Gaëlle Cannat, Infirmière, Éguilles

    « On est partagés. La dernière fois rien ne nous concernait. Il y a eu un élargissement, avec un bonus pour les territoires ruraux, qui concerne visiblement 25 000 infirmières. C’est toujours bien si ça aide des collègues. Mais cela reste des mesures limitées dans le temps, ça ne sécurise pas notre exercice sur le long terme. Je dirai : bien mais peut mieux faire. »

    M.M.

    Jean Pugens, CGT retraité Bouches-du-Rhône, Roquevaire

    « Les mesures concernent les actifs, mais l’aide est loin de répondre à l’ensemble des travailleurs. Par ailleurs, les retraités aussi sont concernés par la flambée des prix : certains réduisent leur déplacement. Pour répondre au problème, nous revendiquons surtout le maintien de la gratuité des transports sur la Métropole. »

    M.M. et A.B.

    Philippe Antoine, Syndiqué CGT 04, Sisteron

    « On est loin du compte. Ça ne répond pas à ce que nous, en tant que syndicalistes, nous posons comme problème. Il faut repenser les choses, que l’ensemble des entreprises payent, qu’elles prennent désormais en compte le lieu de vie de leurs salariés. Les déplacements domicile-travail doivent être couverts par les employeurs. »

    M.M.

    Thierry Gozzerino, Agriculteur membre d’un réseau Amap, Salon-de-Provence

    « Ma comptable m’a déjà dit que j’avais dépassé mon barème en euros de gazole de l’an passé. Cette année entre camions et tracteurs, je vais faire pas loin de 10 000 euros. C’est monstrueux. 15 cts d’euros par litre ? C’est vraiment pas grand-chose. Je m’interroge sur mon orientation. »

    M.-L.T.

    RÉACTIONS

    Fabien Roussel, candidat à la présidentielle et secrétaire national du PCF

    « Le gouvernement n’entend pas la colère qui monte face à la hausse des prix du carburant. Il choisit les petits chèques très ciblés. Alors que les gros profits de Total vont eux exploser. Nous continuerons de nous battre pour la baisse des taxes et la nationalisation de Total. (…) C’est une trahison que d’avoir de telles marges et de faire de l’argent sur le dos de nos compatriotes. »

    Raphaël Glucksmann, fondateur de Place publique et candidat à la primaire sociale-démocrate

    « Si on n’a pas une réaction à la hauteur de l’État, on aura une implosion sociale. À chaque fois qu’il y a une guerre qui déclenche une hausse des prix, les multinationales du pétrole et du gaz font des bénéfices records. »

    Ian Brossat, sénateur et porte-parole du PCF

    « Depuis 10 ans, Macron a condamné les travailleurs à devenir mendiants, à quémander chèques énergie, chèques carburants, prime d’activité. Stop ! La solution : baisse des taxes injustes sur les carburants, augmentation des salaires. »

    Jérôme Guedj, député PS et candidat à la primaire sociale-démocrate

    « La crise des carburants n’est peut-être pas la faute directe de notre gouvernement, l’endiguer, si. Quand la guerre du Golfe éclatait, les socialistes protégeaient les Français en fixant les marges. Aujourd’hui, on surtaxe ceux qui sont les plus vulnérables sans faire contribuer les plus aisés. »

    Mathilde Panot, députée et présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale

    « Il est urgent de décréter l’état d’urgence sociale. Les marges des raffineurs ont été multipliées par 7,5. Total se gave : 11,2 milliards de bénéfices en six mois sur le dos du peuple de France. Il faut bloquer les prix et les marges. »

    David Amiel, ministre des Comptes publics

    « Il n’y a pas eu, il n’y a pas et il n’y aura pas de cagnotte. Ceux qui aujourd’hui viennent annoncer des baisses d’impôt générales annonceront demain des hausses de taxes générales pour pouvoir les compenser. »

    Roland Lescure, ministre de l’Économie et des finances

    « C’est une situation qu’on n’a pas choisie. Il y aura très vraisemblablement des aides supplémentaires à partir du 1er octobre, mais ce qu’il n’y aura pas, c’est une baisse de taxe généralisée. »

    Éric Ciotti, maire (UDR) de Nice

    « Face à l’explosion du prix des carburants, le gouvernement fait le choix de l’usine à gaz et des chèques bureaucratiques au lieu d’avoir le courage de la clarté en baissant la TVA ! Bureaucratie et suradministration ne régleront rien pour le pouvoir d’achat, mais augmenteront la dépense publique ! »

    David Lisnard, maire (NE) de Cannes et président de l’Association des maires de France

    « Multiplier des chèques ciblés à 450 millions d’euros finance la dette par la dette. La seule mesure de bon sens immédiate est la suppression pure et simple des verrous réglementaires comme les certificats d’économie d’énergie. »

  • Crescendo

    Crescendo

    La journée de mobilisation des énergéticiens et gaziers, à laquelle se sont joints les enseignants du supérieur et dans notre région les professionnels de santé, est le premier jalon d’une rentrée sociale qui s’annonce particulièrement combative cette année.

    Le dernier budget de l’ère Macron promet en effet de jeter beaucoup d’huile sur le feu de la colère sociale.

    Après avoir considérablement creusé la dette par leur politique d’injustice sociale, les libéraux qui gouvernent par défaut depuis la dissolution ratée de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, expliquent désormais qu’il faudrait taper les retraités au portefeuille. Des robins des bois à l’envers !

    Retraités « privilégiés »

    Tout en distillant l’idée que les retraités seraient des « privilégiés » par rapport aux actifs, le gouvernement abandonne les travailleurs aux hausses des prix des carburants. Pire, depuis le premier janvier, il a ajouté une taxe aux taxes déjà existantes.

    De quoi ressusciter les Gilets jaunes ? De premiers rassemblements sont déjà annoncés dans les prochains jours, sans attendre le 17 octobre désigné comme une date de mobilisation nationale.

    Avant cela, le 26 septembre, les professionnels de la culture seront dans la rue pour la défense des droits des intermittents notamment. Les agents des services publics et les pompiers ont, quant à eux, prévu de défiler le 29 septembre.

    Pour mettre l’urgence sociale au cœur du débat public, le mouvement social devra créer des convergences et mobiliser crescendo !

  • Le gouvernement maintient le cap de l’austérité

    Le gouvernement maintient le cap de l’austérité

    Comme si le « tous » était égalitaire… Pour le ministre des Comptes publics, « l’urgence dans le cadre du budget 2027, c’est d’éviter une dérive très grave des finances publiques, de continuer à réduire les déficits », a-t-il expliqué. Une raison nécessaire et suffisante, selon lui, pour poursuivre et amplifier la cure d’austérité qui touche aujourd’hui tous les pans de l’action publique et pèse tous les jours d’avantage sur le quotidien des citoyens. Et pour ceux qui espèrent que Bercy aille regarder du côté des milliardaires, le ministre prévient : « Demander des efforts aux plus fortunés, on l’a déjà fait dans les budgets précédents, ceux de 2024, ceux de 2025, c’était la contribution différentielle sur les hauts revenus, par exemple. Cela fera évidemment partie des débats légitimes », a-t-il insisté.

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu a envoyé samedi un courrier aux parlementaires, les mettant en garde contre la tentation d’attendre la présidentielle pour adopter un budget en 2027. Parmi les pistes, figure l’idée d’une moindre revalorisation des pensions de retraite pour les plus aisés : « c’est un débat qui sera évidemment incontournable », a souligné David Amiel.

    Son cabinet précise que « si rien n’est fait, le coût des retraites augmentera d’environ 12 milliards d’euros l’année prochaine, pour moitié en raison de l’indexation, mais aussi à cause du vieillissement de la population ».

    Les retraités dans le viseur

    « Voyons ensemble si on peut demander aux retraités un effort, un effort réel, mais qui consiste à ne pas être augmenté autant que l’inflation », a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure, lundi également, sur BFMTV/RMC.

    « Un retraité qui gagne aujourd’hui 2 000 euros par mois, l’inflation, elle est à 2%, c’est 40 euros en plus. La question, c’est : est-ce qu’on met en place tous ces 40 euros ou moins. Il n’y a pas un salarié en France, à part ceux qui sont au Smic, qui sont automatiquement indexés », a-t-il ajouté.

    La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, a pour sa part souligné sur LCI qu’« aucune contribution supplémentaire des retraités n'[avait] été arbitrée à l’heure où on se parle. Pour autant, c’est un débat qui aura lieu, (…) on ne peut pas demander aux actifs, à ceux qui travaillent, aux salariés de contribuer seuls à l’effort national ».

    « Je promets aux Français que le gouvernement ne proposera aucune hausse d’impôts supplémentaires en 2027 par rapport à 2026. C’est ensuite aux parlementaires, encore une fois, d’en débattre », a-t-elle en outre assuré.

    Par ailleurs, Maud Bregeon a confirmé qu’une prolongation de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises « [faisait] partie des pistes étudiées par le gouvernement », mais « ça n’est pas tranché puisqu’il est trop tôt pour apporter des choix définitifs ». « Si on peut la baisser, on le fera, mais aujourd’hui, ce n’est pas facile », a de son côté concédé Roland Lescure.

    Il a également reconnu que l’objectif d’un déficit public à 5% du PIB l’an prochain, « [n’était] pas gagné » : « on va faire tout ce qu’on peut pour être le plus près possible de 5% ».

    Il a par ailleurs ajouté que la croissance risque d’être pénalisée par « un été difficile. Les canicules, les incendies, ça a un impact sur la production agricole, l’économie ».

    Quant au plafond global des franchises médicales (restes à charge payés par l’assuré) que le gouvernement voulait initialement doubler, il va finalement être porté à 140 euros, soit une hausse de 40%, selon un projet de décret consulté lundi par l’AFP.

  • Didier, retraité et irréductible soutien des grévistes Haribo

    Didier, retraité et irréductible soutien des grévistes Haribo

    « Avec tous les ronds qu’ils prennent, ils peuvent cracher un peu de monnaie ». Jeudi dernier, sur le piquet de grève des salariés d’Haribo, Didier Michel harangue ses anciens collègues au mégaphone.

    S’il est retraité de l’usine d’Haribo à Marseille, Didier est connu comme le loup blanc par les actuels salariés et grévistes du site. Et pour cause : il est présent plus que régulièrement sur leur piquet de grève et a une histoire singulière avec l’usine marseillaise. Avec ses 42 ans d’ancienneté au compteur, Haribo est un peu sa deuxième maison. Il a d’ailleurs eu moult casquettes syndicales puisque délégué syndical de 1996 jusqu’à son départ en janvier 2024. Il a également été élu au comité d’entreprise (instance représentative du personnel devenue le comité social et économique, CSE), mais aussi au CHSCT, puis délégué du personnel ou encore représentant syndical… « J’ai occupé pas mal de postes au syndicat et les dernières années j’étais délégué syndical central pour l’ensemble d’Haribo France », relate-t-il.

    En clair, il a été à la pointe du combat pour les droits des travailleurs du bonbon pendant de nombreuses années. D’où sa présence régulière sur le piquet de grève de ceux qui ont repris le flambeau. « À mon époque, la direction faisait des propositions plus raisonnables et les gens étaient, de fait, moins enclins à partir au conflit », raconte Didier. Avant de développer l’analyse : « On sait que la société n’est pas en faillite : le chiffre d’affaires n’arrête pas de monter. J’ai connu Haribo à 100 millions de chiffre d’affaires par an. Puis c’est passé à 200, 300… Et maintenant 370 millions ! Et les bénéfices, ça monte aussi ».

    « Ils ont du mérite »

    Son expérience lui permet de rappeler à tous, qu’à une époque, le dialogue social était un peu moins complexe. Rappelons que, pour l’heure, la direction renvoie de potentielles négociations au 28 septembre prochain. Et ce, après déjà plusieurs semaines de grève. « Que la direction propose un montant bas au début, que les syndicats demandent haut, c’est normal c’est le jeu des négociations… Mais là, avec l’inflation qu’il y a, l’essence qui flambe… Si on ne te donne que 18 euros d’augmentation, faut comprendre que les gens n’ont pas envie d’être pris pour des débiles ! », tempête-t-il avec vigueur. Il porte un regard bienveillant sur la lutte de ses anciens collègues : « Ils ont du mérite d’être aussi motivés. Durer autant de temps, ce n’est pas simple ». Celui qui travaillait « à la réglisse » avant son départ à la retraite en janvier 2024 note que le mouvement actuel est « historique ». « En 83, j’avais connu un gros mouvement de grève, de plusieurs semaines. Depuis, ils ne duraient que quelques jours », explique-t-il. La réglisse est d’ailleurs une des productions majeures du site marseillais : « J’ai passé une partie de ma carrière à la réglisse souple, avant j’étais à la réglisse fourrée. La souple, c’est les bouts de torsades et les mètres à rouler. J’étais en bout de ligne de production, j’emballais et je conditionnais la réglisse, dans les boîtes et cartons ».

    Son arrivée à Haribo raconte d’ailleurs une autre réalité du monde du travail, celle des années 80 : « Je sortais de l’école, je cherchais du boulot un peu n’importe où… La boîte d’intérim m’a envoyé ici et je ne suis jamais reparti. Je suis arrivé au mois de février et en juillet j’étais embauché ». Un temps où la politique économique était assurément moins libérale : « À l’époque, il y avait beaucoup d’intérimaires, mais c’étaient les premiers mois de Mitterrand et il y avait eu une loi pour limiter les abus du recours à l’intérim… Alors tous les intérimaires de l’atelier où je travaillais ont été embauchés, c’était 60 embauches quand même ». Avant de résumer : « J’étais au bon endroit au bon moment ! »

  • La direction de Haribo reste intraitable, la grève reconduite

    La direction de Haribo reste intraitable, la grève reconduite

    « On lâche rien, on monte dans les bureaux ! » De bon matin devant l’usine Haribo, boulevard Capitaine-Gèze (14e), les salariés sont de nouveau mobilisés, ce lundi 20 juillet. Au cœur de leurs revendications depuis près d’un mois, des augmentations de salaire de 100 euros brut mensuels pour suivre l’inflation dans le cadre des NAO (négociations annuelles obligatoires) et être raccord avec les résultats de l’entreprise. À savoir un chiffre d’affaires établi à 388 millions d’euros, pour un résultat net de 32 millions en 2024.

    Une rencontre prévue ce jour-là avec la direction a motivé les troupes. Le délégué syndical central CGT chez Haribo, Guillaume Brante, a fait le déplacement depuis Uzès dans le Gard, le deuxième site du fabricant de bonbons en France. À l’appel de l’Union départementale CGT 13, des employés CGT de la boulangerie, des retraités de La Poste ou encore des membres de l’Union locale CGT de la Joliette ont fait le déplacement en soutien. « C’est inacceptable ! », s’indignent Martine, Danielle et Corinne, retraitées des services postaux, « les bonbons ça marche à fond, il n’y a pas de raison de ne pas prendre sur les bénéfices pour payer les salaires, d’autant que Haribo a besoin des travailleurs ».

    Encore une réunion

    qui achoppe

    Juliette, vendeuse à Decathlon Bouc-Bel-Air, syndiquée CGT, n’a pas hésité non plus à faire le déplacement avant d’aller travailler. « La question du pouvoir d’achat et des salaires qui ne suivent pas, on sait bien ce que c’est », explique-t-elle. La jeune femme s’était mobilisée, début juin, pour dénoncer une situation identique, avec un employeur qui engrange les bénéfices, reversant près d’un milliard d’euros de dividendes, fin 2024, aux 1 000 membres de la famille Mulliez, propriétaire du groupe. Sa présence ici, c’est aussi « prendre la mesure de notre force collective » dont elle rendra compte à ses collègues dans la foulée.

    Mais après une heure et demie de réunion, c’est la douche froide. « On nous a dit que les NAO étaient terminées, ils sont arrivés sans proposition et nous ont donné rendez-vous le 28 septembre », racontent Marc Mansano, délégué syndical CGT sur le site de Marseille, et Guillaume Brante. « On passe à la phase 3, qu’ils s’expliquent devant les salariés maintenant », exhorte Thierry Cambola, délégué syndical FO. Concrètement, les grévistes ont investi l’administration. La direction organisera finalement une réunion convoquant tous les salariés présents dans l’usine, à la cantine, sans convaincre. « On va adapter notre stratégie », promet le délégué central CGT. La reconduite de la grève sera votée à l’unanimité dans l’après-midi. Il faut dire que le moment est crucial : c’est en juillet et août qu’est lancée la production des bonbons pour Halloween.

    Contactée, la direction d’Haribo n’a pu donner suite à nos sollicitations.

  • Retraite et santé en entreprise, les priorités de la Carsat

    Retraite et santé en entreprise, les priorités de la Carsat

    « Une année 2025 de transformation, de proximité… et de célébration. » Dans son bilan annuel publié ce mardi 16 juin, le directeur général de la Caisses d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) Sud-Est, Vincent Verlhac, rappelle l’importance de cette composante essentielle de la Sécurité sociale, alors que cette dernière a fêté ses 80 ans. Tandis que le Conseil d’orientation des retraites a publié le jeudi 11 juin son treizième rapport annuel remettant sous le feu de l’actualité un conquis social sans cesse attaqué, le patron de la Carsat Sud-Est met en avant son rôle d’accompagnement des pensionnés et son action au sein des entreprises pour prévenir les risques professionnels.

    Avec pas moins de 13,3 milliards euros de prestations d’Assurance vieillesse versés pour l’année contre 12,8 en 2024 et 1 315 703 retraités payés tous les mois en France et à l’étranger, la caisse de notre région reste un des poids lourds nationaux. Ses 1 617 salariés assurent le calcul du montant des pensions et garantit l’exactitude de leurs droits. En 2025, quelque 59 253 carrières ont été rectifiées, dont 20 067 en coproduction et 10 862 dans le cadre de la convention France Travail, « contribuant directement à la fluidité du traitement des futures demandes de retraite » estime la Carsat Sud-Est.

    Plus d’indemnisation amiante

    La caisse prend également en charge l’ensemble des étapes liées au calcul et à la liquidation des pensions. En 2025, l’organisme considère avoir « réalisé un saut de performance » pour « absorber l’augmentation des demandes tout en réduisant les délais ». Le temps de traitement d’un dossier atteignant 63 jours. La Carsat Sud-Est exerçant également un rôle de caisse référente pour les dossiers internationaux, avec 2 982 pensions de réversion pour le Maroc et 14 autres pour Monaco.

    Dans une optique de « simplification des démarches », notamment dans les demandes d’aide d’autonomie, la Carsat Sud-Est a mis en place un plan « Oscar », avec un formulaire unique permettant de recueillir 2 104 demandes en ligne et 16 398 demandes papier en 2025. « La reconnaissance mutuelle des évaluations, actuellement déployée dans 6 départements sur 7, sera généralisée à l’ensemble du territoire en 2027 », promet-elle.

    Un chantier qui risque de prendre de l’ampleur, vue l’évolution démographique de notre région. Une étude de l’Insee, publiée le 2 juin, prévoit 54 400 seniors de plus en perte d’autonomie à l’horizon 2050, soit 31% de plus qu’en 2021. Près de six sur dix d’entre eux, étant âgés de 85 ans ou plus.

    Côté entreprises, l’organisme entend renforcer le suivi des risques psychosociaux avec le ciblage de 40 établissements supplémentaires en 2026 et 2027. Le dispositif amiante progresse assure aussi la Carsat avec 138 nouveaux allocataires. En 2025, 69,2 millions d’euros d’allocations ont été versés à 1 965 travailleurs exposés pour un montant moyen de 2 933,78 euros précise-t-elle.

  • Les défenseurs de la gratuité des transports montent au créneau à Marseille

    Les défenseurs de la gratuité des transports montent au créneau à Marseille

    « Il est hors de question que nous supprimions la gratuité des transports tel que nous l’avons obtenu », scande Josette Biancheri, secrétaire générale adjointe de l’Union syndicale des retraités (USR) des Bouches-du-Rhône. C’est devant la préfecture que l’USR 13 s’est rassemblée, ce mardi à Marseille, pour contester une suppression de la gratuité des transports pour les plus de 65 ans, menacée dans la cadre du déficit de la Métropole.

    De nombreux retraités utilisent désormais cette mesure, qui a fait preuve de son utilité. « Avant, je ne prenais jamais le bus, je faisais tout en moto. Mais maintenant que c’est gratuit, je me déplace quasiment qu’en métro », témoigne Jacques Racanelli, syndiqué à l’USR 13. La gratuité permet également de réaliser des économies, avec des retraites parfois très précaires. « J’économise environ 480 euros à l’année » , souligne Aubert Ananos, lui aussi syndiqué.

    Rendre les transports gratuits, c’est aussi lutter contre la pollution. Nicole Blanquart, retraitée, vit à Aubagne et ne se déplace qu’en transports en commun, gratuits depuis 17 ans dans cette ville. « J’envisage à titre responsable de ne plus avoir de véhicule. Alors, s’il n’y a plus de transport, comment on va bouger ? », demande-t-elle. Un avis partagé par Marie-Claude Mausset, Vitrollaise, syndiquée à l’USR 13 depuis 1969 : « En plus de payer l’essence, on va payer les parkings. Je me sens moins stressée dans un bus. »

    « Un choix de société »

    pour le maire d’Aubagne

    Avec la mise sous tutelle de la Métropole Aix-Marseille, l’avis budgétaire de la chambre régionale des comptes préconisait 91 millions d’euros de coupes. Le préfet a notifié à la collectivité son budget, ce mardi [lire par ailleurs]. « Le coût de la gratuité des transports pour les plus de 65 ans représente 10 millions d’euros. Alors, supprimer la mesure ne réglera pas le trou de la Métropole. C’est une véritable régression sociale et environnementale », pointe Jean Pugens, du bureau de l’USR 13.

    Face aux risques de remise en cause de cet acquis, le maire d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari (DVG), indique avoir saisi officiellement le préfet des Bouches-du-Rhône : « Nous ne laisserons pas démanteler ce qui fait notre cohésion. Nous défendons un choix de société, un investissement politique assumé pour la transition écologique. » Le maire propose une alternative : l’alignement du taux du Versement mobilité des grandes entreprises sur les standards parisiens.

  • À Cucuron, la fermeture précipitée de l’Ehpad interroge FO

    À Cucuron, la fermeture précipitée de l’Ehpad interroge FO

    « On ne manquera pas de s’étonner qu’un orage, phénomène atmosphérique ordinaire, particulièrement dans notre région, puisse faire fermer un EHPAD », regrette le syndicat Force ouvrière des retraités de Vaucluse dans un communiqué ce mardi 9 juin, en écho à la fermeture en urgence de la maison de retraite « L’Âge d’or » à Cucuron suite à un orage fin mai.

    L’endommagement du système de sécurité incendie a poussé l’ARS à décider d’une fermeture anticipée, alors qu’un arrêt était prévu initialement en 2029. « Plusieurs équipements associés à la sécurité incendie ont été impactés, notamment le déclenchement de l’alarme sonore, les portes coupe-feu et le dispositif de désenfumage », précise l’Agence régionale de santé. Les premiers résidents ont déjà pu déménager.

    « Dépérissement organisé »

    L’ARS précise que 22 des 28 résidents disposent d’une solution d’accueil et que « les recherches se poursuivent activement pour les six autres résidents, avec plusieurs visites d’établissements actuellement en cours ».

    Le syndicat estime de son côté que des « explications s’imposent ». Dans son communiqué, FO refait un historique des décisions de ces dernières années, entre travaux d’extension avortés et refus de nouveaux pensionnaires dans l’optique de fermer le site.

    Une partie de l’activité irait vers l’Ehpad de Cadenet, dont les travaux d’agrandissement sont en cours. Et que cette fermeture, « au-delà des explications techniques, s’inscrit dans le virage domiciliaire que l’ARS, au nom du gouvernement, et le Conseil départemental promeuvent », conclut le syndicat.