Tag: Retraités

  • Cinq syndicats de retraités de Paca dans la rue pour la santé

    Cinq syndicats de retraités de Paca dans la rue pour la santé

    Le gouvernement Lecornu continue de serrer la vis sur la protection sociale dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Alors qu’une demande d’audience auprès du Premier ministre a été déposée au niveau national, les organisations syndicales de retraités – Solidaires, CGT, FSU, la FGR/FP et LSR – se rassemblent pour une manifestation qui prendra son départ au pied des escaliers de la gare Saint-Charles. Ils défendent les trois piliers de leurs revendications : « Retraites – santé et protection sociale – services publics. »

    Bien vieillir, en bonne santé avec des retraites dignes. Les syndicats de retraités n’ont de cesse de ferrailler pour exiger de l’état le droit à la protection sociale à laquelle ils ont contribué durant des décennies de travail. Sébastien Lecornu s’était engagé, devant l’Assemblée nationale, à ne pas augmenter les franchises médicales. Il a décidé, par décret, d’augmenter au 1er mars 2026, le forfait hospitalier de 15% et le forfait patient urgence de 33%.

    Asphyxie des hôpitaux

    « Six milliards en moins pour la santé, c’est plus de fermetures de lits, moins d’accès aux soins. Ce budget confirme l’asphyxie financière des hôpitaux, le milliard de ponction sur les mutuelles et le maintien des exonérations patronales », dénonce l’USR CGT des Hautes-Alpes, qui pointe les politiques de droite et d’extrême droite qui « fragilisent la solidarité, attaquent les associations, réduisent les moyens des services publics ».

    Dans ses recherches d’économies budgétaires, l’Ondam, (Objectif national de dépenses d’Assurance maladie), qui fixe toutes les dépenses de santé et de protection sociale, est augmenté d’à peine 3,3%. « Il ne tient pas compte de l’inflation, ni des nouveaux besoins, maladies chroniques, perte d’autonomie… », précise Rolselyne Garcia. La secrétaire générale de l’Unirs Solidaires 13 estime qu’il « faudrait au minimum 5% pour maintenir ce qui existe ».

    Les retraités en ont assez d’être désignés comme les responsables du déficit national. Leur réalité est toute autre : 60% d’entre eux ont une pension inférieure au Smic, 27% touchent moins de 1 000 euros de retraite, et parmi eux, 74% sont des femmes. Ils battront le pavé, ce jeudi, dans le cadre d’un mouvement national décliné en régions, pour exiger la revalorisation des pensions, un accès aux soins pour tous, des services publics sur tout le territoire et un financement de la Sécurité sociale basé sur les cotisations sociales.

  • Un après-midi musical et intergénérationnel au Rove

    Un après-midi musical et intergénérationnel au Rove

    Les trois comédiennes et le comédien-musicien de la compagnie « Après la pluie » ont offert un spectacle à la fois émouvant et joyeux, mêlant chansons, jeux de scène et instants de complicité avec le public. Un moment suspendu qui a su toucher les résidents, ravis de cette parenthèse artistique.

    Les textes chantés, au cœur de la représentation, s’inscrivent dans la démarche profondément humaine portée par la compagnie. Depuis 2009, celle-ci intervient auprès des enfants et adolescents du service d’hémato-oncologie de la Timone, à Marseille, en les invitant à créer leurs propres textes, reflets de leurs personnalités et de leurs talents.

    De ces ateliers naissent des paroles sensibles et authentiques, véritables fragments de vie. Cette année encore, les artistes ont parcouru, semaine après semaine, les chemins parfois secrets de la Timone – et d’ailleurs – pour recueillir ces mots précieux. Le spectacle présenté au Rove s’est ainsi nourri de ces récits intimes, comme un carnet de souvenirs, d’expériences et de rêves partagés avec le public.

    Ce bel après-midi a également été marqué par la participation des élèves de la classe de Florence Scotto. Engagés dans un projet scolaire autour du lien intergénérationnel, les enfants ont pleinement contribué à la réussite de cette rencontre, apportant fraîcheur, énergie et sourires.

    Parents, élus et acteurs du monde éducatif et médico-social étaient également présents pour partager ce moment convivial, parmi lesquels Michel Bartoli, premier adjoint, Francis Montalban, adjoint, Elodie Tassitro, directrice de l’établissement, Sylviane Medina, directrice de l’école, ainsi que l’ensemble du personnel aidant et soignant de l’établissement.

  • Mobilisés pour le maintien d’Orange à Saint-Mauront

    Mobilisés pour le maintien d’Orange à Saint-Mauront

    Ils y travaillent, y ont travaillé et ne veulent pas entendre parler de la disparition d’Orange à Saint-Mauront (3e). Métro national, devant les grilles du site, une centaine de personnes se sont rassemblées, ce mardi 3 mars, à l’appel de la CGT pour le maintien de l’entreprise, installée là depuis 1974. Des techniciens sont aussi venus en soutien depuis le Vaucluse ou les Hautes-Alpes. Après une première fermeture en novembre suite à une rixe à proximité, la direction Sud-Est de l’opérateur avait décidé de fermer de nouveau, le 8 janvier, après des impacts de tirs sur la façade. Même si la préfète de police avait indiqué que « tout [laissait] à penser que ces faits [s’étaient] produits en dehors des heures ouvrables ».

    Ce qui fait dire à Olivier Neri, secrétaire général de la CGT Télécoms 13, que tout cela n’est que prétexte. « On ne sait pas encore quelle est la vraie raison de cette décision, cela n’est pas possible qu’un opérateur historique, pour un problème de sécurité, ferme », estime le syndicaliste, rappelant que 35 millions d’euros ont été investis à Saint-Mauront en « même pas deux ans ». Sans remettre en cause le « sentiment d’insécurité », il l’affirme : « En 8 ans, on recense deux agressions. » Il dénonce les effets d’un discours d’extrême droite de la part de « certains syndicats ». En clair, la CFE-CGC dont le président, Sébastien Crozier, comparaît la situation « au même phénomène il y a 15 ans, dans une réserve d’Indiens qui s’appelle la Seine-Saint-Denis ».

    Depuis janvier, les salariés travaillent de chez eux toute la semaine ou s’inscrivent sur des sites de coworking loués par Orange. « Un retour des activités tertiaires (…) n’est pas envisagé. Le site est néanmoins pérenne car il va continuer à abriter les activités techniques », nous indique la direction, précisant avancer « en parallèle dans la recherche d’un ou deux sites complémentaires, à Marseille, pour l’ensemble des équipes tertiaires ». Après en avoir fermé ou vendu une bonne partie, rappelle la CGT.

    Manque de lien social

    Terminal des câbles sous-marins, le site de Saint-Mauront reste stratégique. Et a aussi toute sa place dans le quartier. Des habitants soutiennent les manifestants ce matin-là. « Ils ont bien raison. Et nous alors, on y vit bien ici », commente une riveraine. Jean-Paul et Monique, anciens de ce qui était alors France Télécoms, acquiescent. « Vous vous rendez compte, 1 000 salariés, c’est une perte immense pour le quartier », s’inquiètent-ils. Olivier Neri se souvient, lorsqu’il jouait « au foot avec des équipes de Félix-Pyat », que les directeurs aidaient les clubs en donnant des équipements. « Cela ne se fait plus depuis 10 ans et on est en train de le payer », pense-t-il, pointant le « manque de lien social entre Orange et le quartier ».

    Pour Jérémy Bacchi, sénateur PCF des Bouches-du-Rhône, « une fois de plus, on fait le choix de reculer face au narcotrafic plutôt que de résoudre le problème ». Et de déplorer qu’on déménage des locaux « en laissant le quartier sans réponse ». Pour lui, la disparition d’Orange s’inscrit aussi dans la fuite des services publics, s’indignant qu’il puisse y avoir « des ghettos dans notre ville ».

    Sur la même longueur d’onde, Jean-Marie Angeli (PCF), adjoint au maire de secteur, s’inquiète du « mauvais signal envoyé » et fait le parallèle avec la fermeture du bureau de poste derrière la mairie centrale. « Autant d’emplois de proximité en moins, qui font pourtant vivre le quartier », dénonce l’élu, précisant que la direction d’Orange et le préfet vont être interpellés. Alladine Abdallah Salim, tête de liste LFI aux municipales dans le secteur, se dit lui aussi inquiet, mais estime qu’il est encore possible d’en sortir « par le dialogue et la concertation ». En attendant, la CGT Télécoms prévoit d’autres rassemblements.

    « Ils ont bien raison. Et nous alors, on y vit bien ici »

  • Debout face au péril RN : à Marseille, les retraités CGT réclament du progrès social

    Debout face au péril RN : à Marseille, les retraités CGT réclament du progrès social

    « Les retraités sont porteurs d’une mémoire des luttes sociales. Ils connaissent le recul des libertés que pourrait amener la montée de l’extrême droite au pouvoir. » Sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Marseille, Jean Pugens, membre du bureau de l’Union syndicale des retraités CGT des Bouches-du-Rhône (USR CGT 13), martèle que « les prochaines échéances électorales doivent s’inscrire dans le progrès social ». Et pour cela, l’organisation, « forte de ses 4 600 syndiqués retraités dans le département », mène une opération coordonnée avec des points presse dans toute la région. « Nous tenons à informer la population sur ce que vote l’extrême droite en France. Elle semble vouloir faire le bonheur du peuple, on sait que c’est faux », développe le syndicaliste retraité. Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional CGT Paca, appuie la démarche : « L’extrême droite cible la région pour se développer, avec cette action coordonnée de l’USR, cela montre que la CGT intervient dans le débat public. »

    En clair, le syndicat espère « convaincre le maximum de retraités de ne pas basculer à l’extrême droite », comme le résume Claude Mas, secrétaire générale de l’USR CGT 13. « Les retraités prennent leurs responsabilités comme citoyens, au-delà d’appeler à voter pour les forces progressistes, on a aussi des retraités qui s’engagent dans des listes », développe-t-elle. De quoi faire le lien avec la position de l’Union départementale CGT 13 (UD CGT13) rappelée par le secrétaire de l’organisation, François Canu : « La CGT est indépendante des partis politiques, mais n’est pas neutre, elle a toujours pris ses responsabilités. »

    La marina d’Allisio ne passe pas

    Les syndicalistes prennent des exemples concrets de « l’imposture sociale du RN ». « L’extrême droite vote contre la hausse du Smic à l’Assemblée, elle vote la réduction de 4,9 milliards les dotations pour les collectivités », explique François Canu. Et de prendre un exemple local : « Quand Franck Allisio [candidat RN à la mairie de Marseille, Ndlr.] propose de faire une marina sur le port de Marseille, alors que l’industrie dans le département est déjà en difficulté. C’est la preuve qu’ils ne sont pas dans le camp des travailleurs. » L’UD CGT 13 a justement développé cette position dans un communiqué de presse dans la journée et dénonce : « La transformation des Bassins portuaires de Marseille en marina de la Joliette à la tour CMA révèle une vision fondée sur la spéculation immobilière et des marinas de prestige. » Et pointe une « menace directe sur l’équilibre industrialo-portuaire de la ville et les 17 000 familles qui vivent de cette activité ». Claude Mas conclut : « ça aura un impact négatif sur l’emploi industriel et donc sur les pensions de retraite. L’économie du tout-tourisme ne fait pas vivre. »

  • L’État veut faciliter l’accès au logement pour ses agents

    L’État veut faciliter l’accès au logement pour ses agents

    Difficulté pour se loger, manque d’attractivité, service public menacé… Pour le ministre de la Fonction publique, David Amiel, il s’agit de revoir l’équation dans des territoires où la pression foncière et le manque de logements sociaux pèsent lourds dans le budget des fonctionnaires. À la cité des douanes, au cœur de la Belle-de-Mai (3e), il a pu découvrir a contrario que la vie était plutôt agréable pour les agents. Au sein de cet ensemble de 11 bâtiments en pleine rénovation, qui abrite les douaniers depuis 1904, « on vit bien », résume Franck Testanière, directeur interrégional des douanes qui fait office de guide, même si, depuis le Covid, le quartier est « passé de populaire à difficile » nuance un des habitants.

    Le taux d’occupation des 200 logements habitables sur 240, du T2 au T4 avec des loyers accessibles, de 300 à 500 euros par mois, est de 100% poursuit le directeur, pour moitié des douaniers actifs et retraités, le reste étant dévolu aux autres fonctionnaires de Bercy. Deux bâtiments abritent des étudiants du Crous. Un « modèle innovant » se félicite le ministre… Rendu possible quand l’État n’a pas vendu les bijoux de famille, comme dans les Alpes ou le Vaucluse glissera au passage le directeur interrégional.

    Diagnostics territoriaux

    Mais « il y a une mobilisation générale du gouvernement pour le logement des agents publics, dont beaucoup sont des travailleurs en première ligne, ceux que l’on avait applaudis pendant la crise sanitaire et qui ne parviennent plus à se loger à une distance raisonnable de leur travail », assure David Amiel. Et de mettre en avant une proposition de loi portée par le groupe Renaissance pour leur faciliter l’accès au logement. « En parallèle, il y a la mobilisation des préfets pour trouver des solutions », complète-t-il, en permettant les réservations de logements sociaux, en faisant du logement intermédiaire ou temporaire.

    Dans une circulaire, le ministre va leur demander des « diagnostics territoriaux précis par métiers, par fonction publique ». Sur notre territoire, le travail a déjà été réalisé au niveau régional, avec l’Insee. Les besoins sont « criants à Marseille ou dans les Alpes-de-Haute Provence où il y a peu de biens à louer », indique le ministre. Des indications qui demandent à être « affinées au niveau départemental », précise Isabelle Épaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances. Convenant que la tension est forte sur le logement social, elle souligne aussi « des signaux favorables » avec « une reprise du nombre d’agréments en 2025 », elle compte sur la loi, les gros projets de rénovation urbaine et de réhabilitation des co-propriétés dégradées à venir. Les préfets doivent rendre leur copie d’ici fin avril pour l’état des lieux, fin juin pour des actions ciblées.

  • La solidarité comme fil rouge du Printemps marseillais

    La solidarité comme fil rouge du Printemps marseillais

    La solidarité n’est pas une compétence obligatoire pour une municipalité mais elle traduit « le premier engagement du Printemps marseillais pour une ville plus juste » et constitue un « fil rouge » qui irriguera l’ensemble du programme. Lundi, Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire de Marseille en charge des affaires sociales, inaugurait la séquence programmatique de la campagne de la majorité sortante, en présentant son premier volet consacré à la lutte contre l’exclusion et la pauvreté.

    Un domaine dans lequel la municipalité s’est montrée en première ligne ces six années écoulées avec les signatures avec l’État du premier Plan pauvreté municipal et du contrat territorial d’accueil de France, la création de 525 places d’hébergement d’urgence, la hausse de 50% du budget dédié à la solidarité, la création de douches municipales, ou la mise sur orbite d’un Ehpad municipal.

    Plus étoffé qu’en 2020, l’axe solidarité du nouveau programme s’articule autour de vingt mesures ciblées pour lutter contre toutes les formes de précarité. « Avec une méthode, la concertation ; un outil, le service public ; et une constante, l’accès aux droits et aux besoins fondamentaux », explique Audrey Garino, accompagnée de Cécile Suffren, directrice générale d’Habitat alternatif social.

    Régie publique de l’eau

    En la matière, le printemps marseillais ambitionne d’étendre le dispositif Territoire zéro non-recours, déjà expérimenté, à l’ensemble de la ville, et de créer un baromètre local du non-recours aux droits, ainsi qu’un « Pass solidarité » pour ramasser l’offre municipale et faciliter l’accès aux équipements et services publics.

    Pour accompagner les seniors, la municipalité de gauche propose la création d’un service public local d’aide au maintien à domicile et une 5e résidence autonomie sur le site de l’Entraide au Roy d’Espagne. Face au sans-abrisme, elle entend créer 1 000 nouvelles places d’hébergement d’urgence, doubler les fontaines d’eau et toilettes publiques, et pousser la mise en place d’un plan national de résorption des squats et bidonvilles.

    Parmi les grands chantiers figure le retour en régie publique de la gestion de l’eau, dont la délégation de service public confiée à la Société des Eaux de Marseille arrive à échéance en 2029. Objectif ? Garantir la gratuité des premiers mètres cubes. Autre gros dossier, la création d’une Mutuelle municipale visant à lever les freins dans l’accès aux soins. Dans le viseur, les étudiants, retraités, chômeurs, travailleurs indépendants et précaires.

    Le pouvoir d’achat fait aussi l’objet de mesures fortes avec des tarifs sociaux renforcés et une cantine gratuite étendue à 15 000 enfants, la hausse du kit de rentrée scolaire à 150 euros et le doublement du nombre de repas gratuits pour les étudiants. Le programme prévoit aussi des actions spécifiques pour les jeunes mineurs non-accompagnés en recours, ainsi « qu’une solidarité inconditionnelle » envers les migrants et « un soutien renforcé à SOS Méditerranée » conclut, offensive, Audrey Garino.

  • « Les familles sont de plus en plus en difficulté »

    « Les familles sont de plus en plus en difficulté »

    La Marseillaise : Comment les fêtes de fin d’année sont-elles appréhendées ?

    Muriel Dueñas : La surconsommation est toujours mise en avant lors de la période de Noël. Sauf qu’aujourd’hui, les familles sont de plus en plus en difficulté pour répondre aux besoins des enfants et de la famille. Certains pensent à faire des prêts à la consommation pour pouvoir assumer leurs dépenses de fin d’année, parce qu’ils n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Les dossiers de surendettement sont en augmentation à cause notamment des salaires qui stagnent, des fermetures d’entreprises et des pertes d’emplois.

    Qu’est-ce qui a le plus augmenté dans le panier des Français ?

    M.D. : La viande a particulièrement augmenté, mais les fruits et les légumes aussi ou encore les bûches glacés. Il y aura beaucoup de remplacements de produits sur la table du réveillon ou bien des produits de moins bonne qualité. Car quand on est une grande famille, c’est vraiment compliqué de faire un repas à petit budget. Je pense que certains feront les fêtes moins nombreux ou resteront chez eux pour limiter leurs dépenses.

    Quelles solutions existent pour redonner du pouvoir d’achat pour les fêtes ?

    M.D. : La première chose c’est l’augmentation des salaires et des pensions des retraités. Car les revenus des classes populaires n’évoluent pas alors que les prix augmentent. Et puis il y a aussi toujours trop de marge par la grande distribution alors que les agriculteurs ne sont pas assez payés. Il faudrait un prix juste pour les éleveurs et pour les consommateurs. Ce sont toujours les classes populaires qui trinquent. On le voit bien avec les associations d’aide alimentaire comme les restos du cœur ou le Secours populaire. Chaque année, les demandes augmentent. Et les périodes de fêtes sont de plus en plus prenantes sur le budget des ménages. On voit bien que pour pouvoir passer les fêtes bien tranquillement et faire des cadeaux aux enfants, de nombreuses personnes ont échelonné les coûts sur plusieurs mois.

  • Les retraités mobilisés à Toulon pour transformer la colère en action

    Les retraités mobilisés à Toulon pour transformer la colère en action

    « L’objectif de notre conférence de presse c’est de continuer l’action qu’on a enclenchée depuis un certain temps, notamment le 6 novembre », commence Gilberte Mandon (FSU). Elle annonce d’ailleurs la reprise vendredi matin en bas du marché, à Toulon, de la distribution de tracts. Il s’agit, poursuit-elle, d’informer la population sur les conséquences pour les retraités de ce qui est en train de se décider au Parlement, que ce soit « la suppression de l’abattement de 10%, le gel de l’Allocation de solidarité aux personnes âgées versée aux plus modestes ou encore le doublement des franchises médicales ».

    Et ce que rencontrent sur le terrain les militants, ajoute la syndicaliste, c’est « une vraie colère ». À ses côtés Brigitte Cheinet (CGT) prend le relais : « Le problème c’est que pour l’instant cette colère ne se traduit pas aujourd’hui suffisamment en acte, trop peu participent aux manifestations alors qu’il faudrait qu’on soit en masse dans la rue. » Les militants syndicaux et associatifs du groupe des 9 vont donc à leur rencontre pour leur expliquer « qu’il y a d’autres manières de trouver l’argent, entre autres en récupérant les 211 milliards versés aux grandes entreprises sans contrepartie ».

    « Ce n’est plus possible ! »

    « Aujourd’hui, on est sur une situation de lutte des classes », reprend Brigitte Cheinet (CGT), avec « d’un côté, ceux qui gouvernent avec ceux qui détiennent l’argent, et de l’autre, le reste de la population ».

    Et de poursuivre : « Quand tu as quelqu’un qui a une toute petite retraite, qui t’explique qu’il a 100 euros de dépassement pour les médicaments, et qu’il fait un choix entre se soigner et manger. Un mois, il prend les médicaments, et le mois d’après, il achète à manger. Ce n’est plus possible ! » Christian Godmet (Solidaires) est revenu, lui, sur le financement de la Sécurité sociale : « On demande qu’il soit assuré par les seules cotisations afin d’éviter le hold-up d’un pouvoir aux abois », lance-t-il.

    Françoise Denis (FGR) a également mis en avant la déclaration liminaire du groupe devant le conseil départemental de la citoyenneté et de l’autonomie (CDCA) qui s’est réuni la semaine dernière.

    L’occasion de mettre en garde, là encore, sur « les conséquences que risquent de faire peser certaines annonces sur la situation des retraités ». Mais aussi plus largement sur les finances des collectivités et dans les domaines de la protection sociale et de la santé. La mobilisation va donc continuer.

    * Le groupe des 9 regroupe lq CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FCR, LSR, et Ensemble & Solidaires-UNRPA

  • Une nouvelle manifestation dans l’Hérault et le Gard pour dire non à l’austérité

    Une nouvelle manifestation dans l’Hérault et le Gard pour dire non à l’austérité

    Alors que les discussions autour du budget s’éternisent chez les parlementaires, les syndicats – la CGT, la FSU, Solidaires – entendent peser sur le débat en appelant à manifester dans tout l’Hérault et le Gard* le 2 décembre prochain. Et remettre ainsi les revendications sociales à l’ordre du jour. Notamment une hausse des salaires ainsi que leur indexation sur l’inflation, dans un contexte « d’effondrement du pouvoir d’achat pour les fonctionnaires, les salariés et les retraités », soupire Stéphane Audebeau, co-secrétaire de la FSU héraultaise. La retraite sera également au centre des revendications. « Nous demandons l’abrogation de la réforme des retraites, il a été réalisé un premier petit pas avec son décalage de trois mois mais il faut aller plus loin », poursuit Stéphane Audebeau.

    Surtout, les syndicats mobilisés dénoncent la copie austéritaire du budget préparée par le gouvernement Lecornu. « Les mobilisations de la rentrée ont permis de mettre au cœur des débats une volonté de justice sociale et fiscale. Mais depuis le début de l’examen du budget au Parlement, tout a été fait pour éviter ces questions. Par exemple, le rapport sénatorial faisant état de 211 milliards d’aides publiques versées chaque année sans contrepartie est complètement mis de côté, c’est un sujet tabou, on n’y touche pas », soupire Ludovic Sigal, de la CGT 34. Une preuve selon lui que l’argent est bel et bien là. Un meilleur conditionnement de ces aides permettrait de remplir les caisses de l’État.

    Supercherie de déficit

    Pourtant, la majorité présidentielle et la droite érigent le sacro-saint déficit comme l’unique boussole justifiant de réduire drastiquement les dépenses, impactant de facto les plus précaires, au risque de creuser un peu plus le fossé des inégalités. « Le déficit, qui est utilisé pour faire la guerre aux travailleuses et aux travailleurs, est une construction politique. C’est une arme utilisée pour détruire les acquis sociaux. Le déficit est construit par les baisses d’impôt des plus riches et la hausse des subventions aux entreprises, qui ne sont jamais évaluées », fait valoir Christine Saint-Joanis, de la FSU 34. En effet, d’autres mécanismes existent réduire ce déficit : une augmentation des cotisations via une hausse des salaires et des pensions, l’égalité salariale entre les femmes et les hommes ou encore une taxation des plus hauts patrimoines.

    Mais force est de constater que rien de tout cela n’est retenu par le gouvernement. À l’inverse, « on subit une contre-offensive : il faut faire attention au trou de la Sécu qui va atteindre 24 milliards, notre système de retraite est à bout de souffle et il faut produire de la capitalisation. C’est inadmissible. Le 2 décembre, il y a nécessité et urgence de redonner la parole à la rue et qu’elle reprenne la main », insiste Ludovic Sigal. Une contre-offensive qui s’en prend également aux fonctionnaires. « La fonction publique va servir de variable d’ajustement budgétaire. Mais ce n’est pas un coût, c’est une richesse. Ce n’est pas à ses agents de payer les choix budgétaires qui préfèrent faire des cadeaux fiscaux aux plus aisés plutôt que de consolider les recettes », souligne Patrick Schevin, de Solidaires 34.

    Les syndicats espèrent donc que ce mécontentement se traduise en nombre mardi 2 décembre prochain, car bien que le budget final ne soit pas encore connu l’ébauche esquissée laisse craindre le pire. « Il est clair qu’une fois qu’on sera fixé, il va y avoir des réactions du monde du travail. Le 2 décembre doit être un marche-pied », espère Ludovic Sigat.

    *Bédarieux départ à 10h30 à la maison des syndicats ; Béziers départ à 10h30 à la Bourse du travail ; Clermont-l’Hérault départ 11h sur les Allées Salengro ; Montpellier départ à 10h30 à la CPAM ; Sète départ à 12h sur la place de la mairie ; Nîmes départ 14h30 à la Maison Carrée ; Alès départ 10h de la sous-préfecture.

  • [Entretien] Claude Mas : « La retraite est un socle intergénérationnel »

    [Entretien] Claude Mas : « La retraite est un socle intergénérationnel »

    La Marseillaise : Pour quelle raison avez-vous décidé d’organiser une journée complète de mobilisation départementale avec votre organisation, ce jeudi
    à Arles
     ?

    Claude Mas : L’année 2025 est marquée par l’anniversaire des 80 ans de la création de la Sécurité sociale. La retraite, qui en fait partie, est notre socle collectif et intergénérationnel. Elle nous permet à tous de bénéficier de la solidarité par la cotisation sociale et d’échapper à la pauvreté. C’est important pour nous, car le gouvernement et le Medef veulent nous la prendre avec une violence jamais égalée, dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. On marque l’événement parce que ce modèle est une grande conquête sociale fragile et menacée. C’est pourquoi l’Union syndicale organise une journée complète en coopération avec notre union départementale. On y trouvera une exposition de l’institut d’histoire sociale de la CGT à la Bourse du travail. On va revenir sur la création de la Sécurité sociale, ses objectifs et comment on se projette pour conquérir le 100% Sécu. Il y a également un journaliste qui va y animer un échange. C’est une initiative de réflexion nécessaire, car tout le monde ne connaît pas forcément ni la Sécu, ni ce projet. Cela permet aussi de signifier la lutte qu’on mène à travers nos revendications de retraités, car sans les travailleurs, les précaires et les chômeurs à nos côtés, on n’arrivera pas à reconquérir cet outil.

    Reconquérir, c’est-à-dire ?

    C.M. : Il y a de l’argent pour financer la Sécu et nous permettre de nous soigner dans une logique de répartition nécessaire au monde du travail. Car il y a beaucoup plus de richesses aujourd’hui qu’en 1945. On continue cette lutte de génération en génération pour garder la Sécu et l’adapter au XXIe siècle. Reconquérir, car il y avait des élections au Conseil d’administration de la Sécurité sociale qui ont été supprimées depuis longtemps. Nous voulons leur retour et à parité. Nous voulons aussi la participation des entreprises aux cotisations, de la même manière que les salariés. Il faut également mettre fin aux exonérations de cotisations des employeurs qui permettraient de faramineux investissements, dans les hôpitaux par exemple.

    Pourquoi à Arles et précisément
    à la Bourse du travail ?

    C.M. : Car ce sont les locaux de l’union locale CGT d’Arles, Un lieu de résistance qui a toujours été attaqué et qui continue de l’être par un maire de droite qui veut nous en chasser.