Tag: Restauration

  • Avignon, victoire et fin de la grève au cloître Saint-Louis

    Avignon, victoire et fin de la grève au cloître Saint-Louis

    Victoire au cloître Saint-Louis », affiche fièrement l’Union locale CGT d’Avignon sur ses réseaux sociaux. Après quatre semaines de mobilisation, les salariés ont mis fin à leur grève après avoir obtenu plusieurs avancées.

    À l’issue des négociations avec leur direction, la trentaine d’employés du complexe hôtelier, situé en plein centre de la Cité des papes, va ainsi bénéficier d’une prime de saison de 1 100 euros, de congés en août, de l’anticipation de l’augmentation de la grille conventionnelle, d’une augmentation d’échelon pour les plongeurs et les commis de salle, ainsi que du remboursement des frais liés à la tenue professionnelle.

    « Pionnier »

    Des « avancées inédites, se réjouit l’UL CGT d’Avignon, dans un secteur de l’hôtellerie-restauration avignonnaise où le patronat est bien trop habitué à régner en maître sur des travailleuses et travailleurs atomisés ». L’organisation syndicale a en effet mis en place, depuis plusieurs mois, un collectif réunissant des employés de l’hôtellerie et de la restauration. Cette nouvelle structure vise à limiter les abus et à améliorer les conditions de travail du personnel. « Avec leur mouvement exemplaire, ils démontrent que l’organisation des travailleurs et travailleuses dans l’hôtellerie-restauration n’est pas seulement possible, mais nécessaire pour des salariés précarisés, exsangues, saison après saison », poursuit l’UL CGT.

    Un mouvement « pionnier » à Avignon qui pourrait donc en inspirer d’autres sur le territoire. D’autant qu’il a largement fait parler de lui ces dernières semaines, notamment avec la venue de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, le 16 juillet. D’après nos informations, ce mouvement fait aussi hérisser les poils à plusieurs patrons de commerces locaux. Un autre objectif atteint pour la CGT.

  • [Patrimoine] L’Hôtel de Pesciolini et ses atlantes baroques

    [Patrimoine] L’Hôtel de Pesciolini et ses atlantes baroques

    L’hôtel de Pesciolini est classé au titre des monuments historiques depuis l’an dernier en tant que « rare témoignage de l’urbanisme, de l’architecture et de la sculpture baroques à Marseille, placé dans la scénographie urbaine exceptionnelle du Cours Belsunce issue de l’agrandissement urbain du dernier tiers du XVIIe siècle ». Sa porte a d’abord été inscrite au titre des monuments historiques en 1929. L’immeuble a subi il y a deux ans un incendie qui a heureusement vite été circonscrit.

    L’historien Georges Reynaud a retracé l’identité de cette demeure de la noblesse marchande qu’il qualifie de « pièce maîtresse du baroque marseillais ». En avril 1672, Amant de Venerosi-Pesciolini, issu d’une lignée de banquiers et de négociants toscans ayant fait souche à Marseille, achète à son beau-père un terrain à bâtir d’environ 180m2 près du couvent des Récollets qui alors fait face au cours à l’angle de la rue de Dauphine, actuel rue National. Ce beau-père, c’est Barthélemy Cousinéry, un conseiller du commerce élu second échevin de Marseille en 1668.

    Amant engage les entrepreneurs César Portal et Alexandre Casteau pour construire son hôtel particulier avec des boutiques au rez-de-chaussée au prix convenu de 10 200 livres. La pierre vient des carrières de la Couronne. Initialement, il demande aux bâtisseurs de prendre exemple sur les atlantes sculptés par Pierre Puget pour l’hôtel de ville de Toulon en 1657. En cours de projet, le commanditaire se ravise et veut des atlantes semblables au luxueux hôtel d’Espagnet bâti en 1651 au 38, cours Mirabeau à Aix-en-Provence. Les atlantes de l’hôtel de Pesciolini avaient leur pendant de l’autre côté de la rue d’Aix avec deux cariatides portant le balcon d’un hôtel disparu. Leur symétrie composait un fond de scène à l’extrémité montante de ce cours royal.

    On ne sait pas si Pesciolini y a vécu. Jean-Paul de Foresta, juge de paix, louait la demeure en 1692. L’hôtel est vendu en 1708 à Joseph Villet, un courtier royal qui le revend en 1714 à Gantel-Guitton, futur seigneur de Mazargues. Durant la Révolution, son fils qui fut maire de Marseille de 1779 à 1782, s’enfuit à Lyon après l’incendie de son château de Mazargues. L’hôtel particulier est alors vendu en 1794 aux enchères à Barthélémy Girard, un ancien charcutier, puis en 1806 à Jean-Sylvestre Reynard, raffineur de sucres et négociant en denrées coloniales. Endetté jusqu’au cou, il le revend quinze ans plus tard à Jean-Joseph Martin, le savonnier le plus riche de Marseille. L’historien Georges Reynaud identifie trois commerces en 1848 dont des bains publics coté rue d’Aix et un débit de tabac à l’angle. Une salle de billard est sans doute installée selon lui dans l’entresol.

    À présent, son propriétaire, l’important professionnel de l’immobilier Auguste Lafon, a prévu de restaurer l’édifice pour établir un commerce et un restaurant en pied d’immeuble, un local de stockage au premier étage, des bureaux associatifs au second, et des logements du 3e au 5e étage. Une autorisation de travaux a été délivrée par la conservation régionale des monuments historiques. Le permis prévoit de restituer les chapiteaux ioniques. Les pierres de parement et les modénatures seront restaurées en pierre de la Couronne. Les seuils des portes et commerces, et les soubassements, le seront en pierre de Cassis. Un protocole de restauration des sculptures doit être élaboré. Le Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine sera associé aux protocoles de nettoyage des parties sculptées. Les menuiseries de fenêtres anciennes XVIIe et XVIIIe en façade et les impostes seront restaurés. Les vantaux de la porte d’entrée seront remplacés sur modèle du XVIIe. Un ferronnier d’art bichonnera le garde-corps de ce somptueux balcon.

  • En Occitanie, la chaleur rebat les cartes du recrutement

    En Occitanie, la chaleur rebat les cartes du recrutement

    Sur le littoral gardois, les établissements peinent moins à attirer des candidats qu’à répondre à leurs nouvelles attentes. « Depuis le Covid, il y a eu un gros changement sur le monde du travail. Il a fallu que nous, restaurateurs, nous nous réadaptions par rapport aux personnes qui venaient sur le marché du travail », précise Nathalie Lallouette, déléguée des restaurants à l’Umih 30.

    La professionnelle souligne néanmoins une amélioration grâce au forum de l’emploi saisonnier organisé par les acteurs économiques des communautés de communes. « Depuis deux ans, on arrive quand même à recruter. Cette année, sur le forum de l’emploi saisonnier, il y a eu plus de 600 offres, avec une cinquantaine de recruteurs. » Mais un obstacle demeure : « La grosse difficulté qu’on a, c’est le logement saisonnier. Recruter des gens, oui, mais il faut les loger. »

    Les fortes chaleurs pèsent aussi sur certains métiers. En cuisine, les conditions de travail deviennent particulièrement éprouvantes en période estivale. « Sur la question de la chaleur, c’est vrai que, on va dire, peut-être le point un peu plus difficile, ça va être sur les postes de cuisine à trouver », observe Nathalie Lallouette, déléguée des restaurants à l’Umih 30.

    Des travailleurs plus exigeants

    Au-delà du logement, les fortes chaleurs pèsent désormais dans les choix des travailleurs. « Personnellement je travaille en cuisine, donc il fait chaud tout le temps, mais c’est vrai que maintenant je suis plus regardant sur le restaurant où je vais aller travailler : un restaurant de plage oui, il y a de la fraîcheur et de l’eau pas loin donc j’irais. Mais travailler dans un mas en pleine canicule, je ne le ferais plus », indique Arthur, cuisinier saisonnier.

    « Moi je suis serveuse et c’est vrai que cette année par exemple je ne ferais que des extras. Je voulais aller travailler en montagne comme pour ma saison d’hiver mais je n’ai pas trouvé de poste et par chance, j’ai suffisamment travaillé cet hiver pour ne pas avoir à travailler 50h par semaine cet été », constate Léonie, jeune serveuse de 27 ans. « Je fais mes saisons en station, ou du moins en montagne, et beaucoup de mes collègues sont restés en montagne pour la saison d’été, je pense qu’ils avaient déjà prévu que ce serait plus agréable de rester dans les Alpes que de venir dans le sud où il fait une chaleur étouffante », poursuit la jeune femme.

    Pour Nathalie Lallouette, ces témoignages illustrent une évolution plus profonde. « Maintenant les gens vont regarder dans quel établissement ils vont travailler et quelle saison ils vont travailler. Ils vont regarder s’il y a une culture d’entreprise, l’image du restaurant, s’il y a une éthique. Les gens sont très regardants sur ça, c’est une chose qu’on n’avait pas avant le Covid », affirme-t-elle.

    Pour de nombreux saisonniers, la rémunération ne suffit plus à faire la différence. Les conditions de travail, l’exposition aux fortes chaleurs, l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle ou encore le cadre de vie deviennent des critères déterminants. La question du logement reste également une pièce déterminante dans le choix de l’entreprise.

    Certains privilégient désormais des postes en altitude ou près du littoral, quand d’autres limitent volontairement leur activité estivale afin d’éviter les périodes les plus éprouvantes. Une évolution qui oblige progressivement les employeurs à repenser l’attractivité de leurs établissements au-delà du seul salaire.

  • La Ville de Marseille dégaine l’astreinte contre un kiosque en tôle

    La Ville de Marseille dégaine l’astreinte contre un kiosque en tôle

    Un kiosque alimentaire installé sur la nouvelle place Castellane rénovée n’est pas conforme à la déclaration préalable autorisée en 2024. L’installation commandée par le commerçant Michel Sultan est de style radicalement moderne, de la tôle métallique jugée sans allure aux yeux de certains.

    Il y a plus d’un an, un procès-verbal avait dressé un constat d’infraction. « Le kiosque mis en place ne s’harmonise pas avec les kiosques de style haussmannien présents sur la place Castellane reconnue comme un lieu emblématique par le Site patrimonial remarquable et dont la fontaine est inscrite au titre des Monuments historiques », énonce l’arrêté municipal de mise en demeure du 25 juin 2026, qui exige sa remise en conformité dans un délai de six mois sous astreinte de 200 euros par jour de retard. Un montant lourd qui doit suffire à convaincre de s’exécuter. Le respect du Site patrimonial remarquable est en réalité une problématique forte à Marseille, en particulier sur les places publiques à fort enjeu patrimonial.

    « Je me suis fait avoir », explique à La Marseillaise Michel Sultan, le gérant, qui assure de sa bonne foi. Plutôt que de louer un kiosque à la Métropole pour environ 400 euros par mois, il a préféré être propriétaire du sien. « Pour faire simple, j’ai pris un ferronnier marseillais, mais il ne m’a pas fait la frise et le dôme haussmanniens. Ça m’a coûté 56 000 euros quand même. En vrai, il n’y a qu’un seul ferronnier d’art, dans le nord de la France, qui fait le kiosque haussmannien. Il faut dire qu’il a déposé le brevet », nous dit-il.

    Depuis quelques jours les mesures ont été prises et la commande passée. Le commerçant nous assure de sa volonté de se mettre en règle. Il dit aussi comprendre les autorités : « C’est logique, ils veulent faire un bel endroit vu l’argent qu’ils ont mis pour rénover la place ».

    « Tendance bobo végé »

    Pour l’heure, la Ville a édité une autorisation provisoire d’occupation du domaine public pour le kiosque. L’emplacement n’est pas donné. Il dit s’acquitter de 3 800 euros tous les six mois de redevance d’occupation à la Métropole pour poser ses tables et ses chaises. « Avant, j’étais de l’autre côté de la place. Quand je me suis déplacé ici, je voulais faire quelque chose dans la tendance bobo végé et en harmonie avec la place. Pas un kebab quoi. Je m’attendais à ce que ça marche mieux, mais ça va prendre, j’en suis sûr. »

    La requalification de la place Castellane a magnifié l’espace public piétonnisé. La fontaine Cantini a été remise en eau et inscrite, en novembre 2023, au titre des Monuments historiques. L’espace entre le bassin et les grilles a été végétalisé et l’ensemble est mis en lumière. Actuellement, la fontaine est cerclée d’une clôture girondine en bois, les grilles et les vases étant partis à la restauration. Les groupes sculpturaux réalisés par les meilleurs artistes marseillais de l’époque sont en triste état. Rien n’est programmé pour eux.

  • [C’est l’été] Fête du Thor à Sisteron

    [C’est l’été] Fête du Thor à Sisteron

    Au programme : de nombreuses animations, des attractions foraines, une offre de restauration sur place et, bien sûr, le traditionnel feu d’artifice du dimanche soir.

  • La calade de Fontville restaurée à l’ancienne

    La calade de Fontville restaurée à l’ancienne

    La voie n’est pas répertoriée sur le GPS, mais elle est bien connue des habitants de Miramas-le-Vieux. Au départ du bas du village, à proximité du cimetière, la calade du chemin de la Fontville permet de rejoindre le parc de la Poudrerie Royale. Les enfants l’empruntent quotidiennement pour prendre le bus qui les amène à l’école. Du moins en période scolaire. À l’époque, les anciens y descendaient pour aller au lavoir. La légende raconte même que Catherine de Médicis l’aurait arpentée alors qu’elle était en visite à Salon-de-Provence.

    Aujourd’hui, à force de passages, ce sentier médiéval est abîmé. Après avoir été interpellée par le Conseil de quartier des 4 chemins, la Ville de Miramas a fléché 12 000 euros pour sa restauration. Depuis le 20 juillet et jusqu’à la fin du mois, une dizaine de bénévoles de l’association Opus s’affairent sur la voie historique en s’appliquant à respecter les techniques traditionnelles : un revêtement en pierres sèches plantées à la verticale, en contact les unes avec les autres, sur un lit de mortier de chaux à sec. Luc Alain, animateur technique du chantier, explique : « Ça permet au sol de respirer tout en canalisant les eaux de pluie. »

    Une aventure humaine

    avant tout

    Pour cet artisan muralier d’Aix-en-Provence, encadrer des bénévoles via une association est une première : « C’est intéressant, ça permet d’être dans la transmission du savoir-faire et de les intéresser au patrimoine. Ce que je leur ai dit, c’est qu’ils travaillent sur un ouvrage qui est là depuis probablement plus de 500 ans, et que les pierres qu’ils manipulent ont déjà été manipulées il y a des centaines d’années par d’autres personnes. »

    Le message semble être passé. Accroupis sur le chemin, les jeunes, âgés de 18 à 22 ans, sont concentrés. Leurs journées bien chargées. Le réveil sonne à 6h, pour débuter les travaux une heure plus tard. Ils et elles passent la matinée à enlever les pierres des zones cabossées ou bétonnées, remettre de la chaux et replacer le revêtement. À 13h, retour au Parc de la Poudrerie, où ils sont logés. L’après-midi, place aux activités et à la découverte de la région.

    Amandine et Ilda, qui travaillent en binôme sur la calade, ont d’abord été attirées par « l’aventure humaine » que propose Opus. « C’est l’idée de partager deux semaines avec des gens qu’on ne connaît pas, de découvrir de nouvelles personnes, de nouvelles cultures, parce que c’est un chantier international », détaille la première, étudiante en kinésithérapie à Lille. Leur meilleur souvenir ? La soirée passée la veille, lors de laquelle elles ont découvert des chants turcs de leurs camarades originaires du pays d’Asie.

    Dans quelques semaines, d’autres bénévoles d’Opus viendront restaurer le canal du Parc de la Poudrerie. Le partenariat de la Ville avec l’association, qui dure depuis près de vingt ans, a notamment permis à de nombreux éléments du patrimoine de cet ancien domaine industriel d’avoir une seconde vie, à l’instar du lavoir, des moulins à poudre, ou encore de la chapelle.

  • Juliette, 24 ans, a repris le dernier relais routier des Alpes-de-Haute-Provence

    Juliette, 24 ans, a repris le dernier relais routier des Alpes-de-Haute-Provence

    « Je me dis tous les jours “heureusement que je l’ai repris”, parce que beaucoup de routiers me remercient car ils avaient peur que le dernier relais routier du département disparaisse » : à seulement 24 ans, Juliette Corcione a repris le dernier relais routier des Alpes-de-Haute-Provence, situé à Villeneuve, sur la route des Alpes. « La route des Alpes est encore très fréquentée par les routiers. Les entreprises de pommes, d’amandes, de lavande ont besoin de transporteurs », explique-t-elle. En reprenant le relais, Juliette a également redonné vie au village de Villeneuve, vidé de ses commerces. « Il n’y a plus grand-chose, tout a fermé », regrette-t-elle.

    Une équipe 100% féminine

    Dans un milieu très masculin, l’équipe composée par Juliette est 100% féminine : deux serveuses, une cuisinière, une plongeuse et sa mère, co-gérante. « Le monde des routiers et celui de la restauration sont très masculins. J’ai déjà travaillé dans des restaurants où j’étais la seule femme. En cuisine, c’est rude. C’est la première fois que j’ai une équipe 100% féminine », se réjouit l’ancienne cuisinière, tout en chantonnant un air de Barbie Girl avec l’une de ses serveuses.

    « Quand on m’a proposé de racheter, je n’avais pas conscience de l’ampleur que cela prendrait de reprendre ce restaurant, confie la nouvelle gérante. Avant de le reprendre, je ne savais pas que c’était le dernier relais routier du département. Ceux de Montfort, Mallemoisson, Sisteron ont tous fermé car il y a moins de routiers, ils ont moins de pouvoir d’achat pour manger au restaurant, certains partent à la retraite et ne sont pas remplacés, et l’autoroute fait énormément de mal. »

    C’est pour cette raison que Juliette a été « obligée de développer autre chose à côté » : elle a pour projet d’ouvrir prochainement une guinguette à côté du relais pour diversifier son public, les routiers se faisant de plus en plus rares. « On est en train d’aplatir le terrain du parc à côté. Dans l’esprit routier, on va récupérer une remorque de camion pour créer une cuisine toute équipée à l’intérieur pour faire guinguette, tapas, burger, salade, avec une identité propre, totalement différente du relais, pour amener une autre clientèle », détaille Juliette.

    « C’est un des métiers les plus difficiles physiquement et mentalement. Les gens se croient tout permis, certains parlent mal aux serveuses et veulent nous apprendre le métier parce que nous sommes des femmes », déplore la jeune gérante. En plus du sexisme, la jeune femme a également parfois subi des remarques dues à son âge, 24 ans. « Quand j’étais encore en cuisine, un routier a demandé à mon patron si je n’allais pas l’intoxiquer parce que j’étais jeune », se rappelle Juliette.

    Les routiers arrivent généralement entre 17h et 20h, peuvent prendre une douche et dormir sur le parking dans leur camion. Le relais peut accueillir une vingtaine de remorques.

    3 100 RN 96, 04180 Villeneuve. Ouvert de 6h à 15h, puis de 18h
    à 22h.

  • [C’est l’été] Lecture : «Souvenirs culinaires», d’Auguste Escoffier

    [C’est l’été] Lecture : «Souvenirs culinaires», d’Auguste Escoffier

    Les lecteurs seront donc comblés en dégustant les deux cent trente-six pages de ses souvenirs, où le récit de sa vie se mêle aux conseils donnés aux professionnels de la restauration, et aux recettes, grâce auxquelles « le sculpteur de saveurs » s’est forgé une renommée internationale. Un régal, dans tous les sens du terme. Conseil d’amie : à la fin du repas, prenez un bon digestif.

    Éditions Mercure de France, 10 euros

  • L’ancien palais de justice de Brignoles mis sous protection

    L’ancien palais de justice de Brignoles mis sous protection

    Le ministère de la Culture a ouvert une instance de classement au titre des monuments historiques de l’ancien palais de justice de Brignoles (Var), édifié entre 1839 et 1842. Cette décision ministérielle rare, signée le 20 mai 2026 et qui vient d’être publiée, répond à une demande de l’association Sites & monuments qui avait interpellé en urgence l’État pour sauver l’édifice de 1 000 m2.

    « Le dépôt le 14 août 2025 d’un permis de démolir partiel fait peser une menace directe de transformations irréversibles, d’altérations architecturales substantielles et de perte de lisibilité des volumes et des dispositions d’origine sur cet ensemble d’intérêt patrimonial majeur », a écrit en février Sandrine Rolengo, la déléguée régionale Paca de l’association de défense du patrimoine. Son courrier à Rachida Dati soulignait l’extrême urgence à intervenir. « Dans un contexte de pression foncière et de renouvellement urbain, ces risques appellent une réponse immédiate des pouvoirs publics. »

    « Un ensemble architectural complet »

    Après le départ du tribunal du centre-ville, le bâtiment historique est resté vacant et s’est dégradé jusqu’à l’effondrement partiel de la toiture et de zones de plancher. « La préservation en l’état étant devenue impossible, notamment en raison du coût nécessaire, il a été décidé la démolition partielle du bâtiment, en ne conservant que la façade principale », énonçait, en juin 2025, la mairie de Brignoles dans l’appel d’offres pour sa déconstruction. L’instance de classement garantit désormais la sauvegarde de cet ensemble « dans l’attente de l’instruction d’une mesure de protection pérenne ». « Tous les effets du classement au titre des monuments historiques s’appliqueront de plein droit à cet immeuble pendant une durée d’un an », énonce la décision.

    L’ancien palais de justice est l’œuvre de l’architecte Esprit Lantoin (1787-1856), qui l’a conçu dans un style néoclassique comme « élément central d’un ensemble architectural complet d’édifices construits pour les institutions judiciaires et pénitentiaires sous la monarchie de Juillet ». C’est en réalité tout le pôle judiciaire du XIXe qui mérite d’être sauvé. C’est pourquoi Sites & monuments a demandé que soient également protégées l’ancienne prison, l’ancienne gendarmerie, la place et sa fontaine. « Bien que situés dans le Site patrimonial remarquable de la ville, ces édifices méritent une protection individuelle afin d’assurer leur conservation, leur restauration et leur transmission aux générations futures », vient d’écrire l’association reconnue d’utilité publique au maire de Brignoles, Didier Brémond (LR), pour demander une reconversion de l’îlot plus respectueuse du patrimoine.

  • Le répit de Notre-Dame, un lieu de restauration inclusif et solidaire

    Le répit de Notre-Dame, un lieu de restauration inclusif et solidaire

    « Le lieu est magnifique, ça fait plaisir de travailler là », s’enthousiasme Théo, 24 ans, en situation de handicap sensoriel et employé du répit de Notre-Dame (7e). Cette entreprise adaptée accueille, au sein de son équipe de 9 personnes, 6 employés en situation de handicap. Dans les pentes de Notre-Dame de la Garde et face à la mer Méditerranée, le répit de Notre-Dame fait partie d’un projet plus vaste de tiers-lieu inclusif, porté par l’association IRSAM.

    Née il y a 165 ans à Marseille, la structure œuvre en faveur de l’inclusion des personnes en situation de handicap sensoriel. « La mission principale est l’accompagnement de ces personnes, faire en sorte qu’elles soient, à terme, autonomes », explique Marion De Bovis, chargée de communication pour l’association. Depuis, son champ d’action s’est élargi et s’est développé vers de nouveaux territoires et de nouveaux handicaps. Avec plus d’une quarantaine d’établissements d’accueil, l’ouverture de ce tiers-lieu marque une nouvelle étape pour l’IRSAM.

    Au-delà de l’entreprise adaptée qui se développe autour de trois activités (café-restaurant, privatisation du lieu pour séminaires et associations et épicerie locale et solidaire), le lieu accueille aussi un espace d’habitat inclusif, la Villa Saint-Louis. « Tous s’engagent à faire vivre ce projet de vie partagée et inclusive » ajoute Marion De Bovis : une charte en cours de rédaction va être signée par les 13 locataires des logements du bâtiment, dont 4 sont en situation de handicap sensoriel.

    Un lieu tourné

    vers le handicap

    Le répit de Notre-Dame est une entreprise destinée aussi bien aux touristes qu’aux Marseillais du quartier, mais c’est avant tout un lieu tourné vers le handicap sensoriel, pensé au service de l’association et des personnes en situation de handicap et non l’inverse.
    « Venir ici, c’est contribuer à l’inclusion de ces personnes au sein de la vie sociale, contribuer à rendre visible et à changer le regard sur le handicap », fait valoir Julie Giraud, qui pilote le projet. En 2019, la congrégation des Sœurs de Marie Immaculée a légué le bâtiment à la structure, Julie Giraud construit le projet du tiers-lieu dans la démarche de mettre en avant le bâtiment et l’association : « On avait envie de créer un lieu ouvert sur l’extérieur, un lieu qui soit beau, où l’on peut se rencontrer et qui montre que les personnes en situation de handicap sont en capacité de travailler ».

    Ouvert au public depuis le 26 juin, le lieu se fait connaître et conquiert le cœur des clients. « On a eu que des retours positifs, tant sur la cuisine que sur le lieu et le fond du projet », se félicite Edouard Brame, responsable du lieu. Ouvert du mardi au samedi, de 10h à 20h, le répit propose des offres petit-déjeuner, déjeuner, goûter et apéro tapas, accueillant les consommateurs tout au long de la journée. Il propose une cuisine simple, avec des produits locaux et des pâtisseries faites maison. L’épicerie locale et solidaire propose elle aussi des produits du terroir, majoritairement issus d’ESAT (établissement et service d’accompagnement par le travail).

    Dans un cadre idéal, avec une vue prenante sur Marseille et le chant des cigales, Pierre-Laurent, autre employé en situation de handicap, accoste même les passants : « Viens dans la clim ! », invite-t-il à se rafraîchir. L’atmosphère du lieu est chaleureuse : « Il y a une très bonne ambiance dans l’équipe. Edouard est très sympa, les collègues de travail aussi », applaudit Théo.

    Une inauguration officielle aura lieu le 22 septembre, et l’association ouvrira les portes de ses bâtiments pour les journées du patrimoine le samedi 18 septembre.