Tag: Restauration

  • Le lycée Golf-Hôtel d’Hyères investit ses nouveaux locaux

    Le lycée Golf-Hôtel d’Hyères investit ses nouveaux locaux

    Tout vient à point à qui sait attendre. « Et ce n’est pas qu’un plaisir, c’était une impatience ! », s’exclame Christophe Garrione, nouveau proviseur du lycée Golf-Hôtel de Hyères, après avoir inauguré, ce lundi, les locaux du lycée de l’Hôtellerie, des arts et du commerce (LHAC), composante de l’établissement situé dans la ZAC de la Crestade. Après un chantier qui aura duré plus de quatre ans, une inauguration préalablement prévue en 2024, repoussée à 2025 puis à 2026, et décalée de deux semaines lors de cette rentrée pour cause de problèmes techniques, les 600 élèves des filières concernées ont enfin investi leurs nouvelles salles de classe. Un chiffre voué à grimper à terme à 675 avec, entre autres, l’ajout de BTS.

    Ce bâtiment de 14 000 m² vient suppléer l’ancien, construit en 1975 et en proie à des inondations régulières depuis une vingtaine d’années, sur une partie de ses formations et dans 28 divisions différentes. Avec 90 salles de classe, dont plusieurs équipées en ordinateurs, trois restaurants d’application dédiés aux élèves des cursus d’hôtellerie/restauration, ou encore d’une salle d’analyse sensorielle, une innovation qui permettra à ces derniers d’entraîner leur goût et leur odorat, le LHAC est doté de 2,8 millions d’euros de matériel pédagogique, numérique et mobilier financés par la Région. « Tout ce qui est fait est ce qu’on peut faire dans les lycées aujourd’hui », se félicite François de Canson, vice-président de la Région Sud en charge du développement économique. Cela, en concertation avec les enseignants, qui ont pu exprimer leurs besoins spécifiques : « On a écouté, on a pris le temps de concerter, ce qui fait qu’aujourd’hui, chacun rentre dans des salles qui lui conviennent. » De quoi poursuivre dans la lignée d’excellence du lycée, qui forme régulièrement des lauréats des concours des « Meilleurs apprentis de France ».

    De futurs logements pour les travailleurs saisonniers sur le site de l’ancien lycée

    Au-delà de l’aspect purement pédagogique, le site compte par ailleurs un internat de 150 places, un gymnase, ou encore un plateau sportif mis à la disposition des élèves. L’architecture du bâtiment a été pensée pour répondre aux défis de l’époque : outre sa modernité visuelle, il s’inscrit dans une vision durable, avec, entre autres, l’utilisation de bois, de nombreux espaces végétalisés (dont les toits terrasses), 500 m² de panneaux photovoltaïques, ventilation naturelle… Il est, enfin, desservi par des autobus zéro émission.

    Le coût du projet est estimé à 65 millions d’euros, bien loin des 46,5 millions annoncés en 2020 lors de son lancement. Un autre établissement va également être construit au Luc-en-Provence, à horizon 2030, permettant de tourner définitivement la page d’un lieu devenu désuet en accueillant les 400 élèves des formations (mécanique, travaux publics, électricité) qui y sont restés. Quant à ce dernier, il convient encore de savoir ce qu’il en sera fait sur le long terme, mais dans un premier temps, « on fera certainement des logements pour les saisonniers sur une partie », annonce François de Canson. « On gérera avec des associations adaptées à ce genre de gestion. Ces logements pourront aussi servir de logements pour les entreprises quand elles viennent faire des chantiers sur le secteur », ajoute-t-il.

  • Hautes-Alpes : une fréquentation solide cet été mais des dépenses en recul

    Hautes-Alpes : une fréquentation solide cet été mais des dépenses en recul

    Après un été chargé, les restaurants et les boutiques qui s’animent durant la saison estivale peuvent souffler. La saison touche à sa fin et l’Agence de développement des Hautes-Alpes en a dressé le bilan.

    « La fréquentation reste globalement solide, avec près de 2 millions de visiteurs accueillis », note-t-elle. Le taux d’occupation des hébergements touristiques accuse un très léger recul de 1% par rapport 2025, « une première depuis 2015 ». Au total, de juin à septembre, il s’établit à plus de 40%.

    Contraintes climatiques

    « Après un mois de juin en retrait, juillet affiche des niveaux de fréquentation modestes, mais en progression pour les territoires ayant misé sur les grands événements et les clientèles internationales », affirme l’Agence de développement. Le passage du Tour de France, dans le Champsaur et le Gapençais, a très certainement joué un rôle. Sans surprise, le mois d’août a été porté par les traditionnels pics de fréquentation, avec notamment un taux d’occupation de 84% lors de la semaine du 15 août. Quant à l’arrière-saison, elle s’annonce dans la continuité de celle de 2025.

    Malgré ces chiffres, les touristes ont moins consommé. Les professionnels font largement état d’une baisse des dépenses, que ce soit pour les loisirs, l’alimentation, la restauration ou les commerces : « Dans un contexte de pouvoir d’achat contraint, les visiteurs semblent davantage arbitrer leurs dépenses. »

    Les conditions climatiques « parfois difficiles » ont aussi perturbé la saison : canicules, restrictions de baignade à cause des cyanobactéries, coulées
    de boue dans le Grand Briançonnais ou encore incendies dans le Pays des Écrins… « Des événements qui rappellent combien l’activité touristique de montagne reste sensible aux conditions naturelles et climatiques. »

    « Il faut sans doute tempérer la course au “toujours plus”, conclut Yvan Chaix, directeur de l’Agence. Ces dix dernières années, l’offre estivale s’est considérablement étoffée. C’est une richesse, mais cela peut aussi fragiliser la rentabilité de certains acteurs et, à terme, déstabiliser le modèle économique. Il faut savoir trouver un juste équilibre. »

    Agathe Di Lenardo

  • Le président du Département au collège Cousteau, à La Garde

    Le président du Département au collège Cousteau, à La Garde

    Il a également rappelé les investissements réalisés par la collectivité sur les deux collèges du canton, soit près de 4 millions d’euros sur la période 2021-2026. Avec entre autres 92 000 euros utilisés pour le mobilier remplacé du restaurant scolaire de Cousteau et 201 500 euros de travaux, en 2026.

    À noter également les futurs travaux de renaturation de la cour de récréation et le projet d’un futur gymnase estimé à 8 millions d’euros. Et une future piste cyclable reliant le collège à celle du littoral. Le président a annoncé que le 30 septembre, le Département du Var récompensera les collégiens varois ayant obtenu une mention « Très bien » au Brevet des collèges.

  • [Week-end] Malemort-du-Comtat fête le raisin

    [Week-end] Malemort-du-Comtat fête le raisin

    Toute la journée, un marché des producteurs et des artisans, ainsi qu’un vide-grenier, auront lieu avenue du Docteur Tondut. Dans la matinée, il sera possible de visiter le patrimoine de la commune avec un guide, le rendez-vous est donné à l’entrée de la salle des fêtes à 10h.

    Musique et apéro

    Avant le déjeuner, Fruiventoux, une association de défense de l’AOP muscat du Ventoux, offre un apéritif en musique avec des déambulations du groupe Condor jouant du galoubet-tambourin, instruments traditionnels provençaux. Pour l’après-midi, la mairie a prévu une visite du moulin La Colombe, suivie d’une deuxième possibilité de visiter le patrimoine de la commune. La journée se conclut avec un concert gratuit du groupe Condor à 21h.

    Gabrielle Cartellier

    Rendez-vous : parking de la salle des fêtes.

  • À La Ciotat, des restaurants poursuivis refusent de tirer le rideau

    À La Ciotat, des restaurants poursuivis refusent de tirer le rideau

    « La Préfecture reprend la syntaxe de l’enquête, alors qu’elle est pleine d’erreurs. On ne peut pas exiger une fermeture sur la base de soupçons, il faut des certitudes », s’est indigné Maitre Nicolaï Gregory, jeudi, devant le Tribunal administratif de Marseille, dans le cadre d’un plaidoyer pour demander la réouverture des restaurants cassidains Don Camillo et Dolce Vita, dans le viseur de la justice depuis quelques mois. Visés par enquête menée par le parquet de Marseille, la brigade de recherches d’Aubagne et le groupe interministériel de recherche (GIR) de Marseille pendant un an d’après La Provence, les établissements avaient été perquisitionnés en juin pour soupçons de blanchiment et travail dissimulé. Les enquêteurs estimaient alors, toujours selon La Provence, une dissimulation de recettes d’au moins 700 000 euros par an et par établissement. Les propriétaires avaient dans la foulée été placés sous contrôle judiciaire et ont été interdits de gérer leur structure. Mais, alors qu’aucun procès n’a encore eu lieu, la Préfecture des Bouches-du-Rhône a décidé de renforcer ses mesures de précaution en ordonnant leur fermeture administrative pour six mois, sur le fondement de la loi narcotrafic, dans le cadre de soupçons de blanchiment d’argent. De quoi pousser Maitre Nicolaï, avocat des deux structures, devant le Tribunal administratif à demander l’annulation de cet arrêté. « Les anciens responsables ont été écartés et c’est désormais un nouveau gérant qui s’occupe des structures et, malgré le harcèlement que lui imposent les forces de police, aucune infraction n’a été constatée, a-t-il souligné pendant l’audience. Et cette durée de six mois est folle, les restaurants ne pourront pas survivre. »

    La Préfecture entend

    « défendre l’économie »

    La représentante de la Préfecture a, sans surprise, maintenu ses positions, soulignant que les activités de blanchiment, répondant à un « système installé depuis plus de 10 ans d’après l’enquête », constituaient un danger pour l’équilibre de l’économie locale. « Le blanchiment ne se contente pas d’accompagner, il participe à la criminalité organisée, (…) ce qui justifie cette décision », a-t-elle par ailleurs souligné en introduction. À propos du changement de propriétaire, elle assure que la Préfecture ne l’a jamais directement mis en cause, mais insiste sur sa présence dans l’entreprise depuis 2024 et note « une forme de continuité » entre l’ancienne et la nouvelle équipe. Concernant le reste des employés, pour beaucoup venus en soutien lors de l’audience, une démarche interprétée par Maître Nicolaï comme preuve de l’absence de « traite des êtres humains » évoquée dans l’enquête, la Préfecture y voit, elle, une certaine logique. « Nombreux d’entre eux sont là depuis un moment et sont même accusés d’avoir participé aux infractions », a-t-elle asséné.

  • [C’est l’été] Le festival de cuisine italienne bat son plein à La Ciotat

    [C’est l’été] Le festival de cuisine italienne bat son plein à La Ciotat

    L’odeur des risottos, des « fusillo » et des pizzas embaume La Ciotat depuis ce mercredi. C’est la 8e année que la mairie et la Chambre de commerce italienne pour la France s’associent dans l’organisation de cette manifestation. La gastronomie de la Botte et la cuisine provençale vont dialoguer jusqu’au dimanche 30 août, place Evariste Gras.

    Pour cette nouvelle édition, 13 food trucks provençaux et italiens sont au festival. Ces derniers représentent six régions italiennes : le Piémont, l’Emilie-Romagne, la Sicile, la Vénétie, la Campanie et le Latium. Sont aussi proposés des ateliers, des démonstrations et des dégustations.

    L’Association des cuisiniers italiens de France propose, lors de ces ateliers gratuits, de passer derrière les fourneaux pour apprendre à réaliser des « gnocchis verts », des « pizzoccheri » ou, pour les becs sucrés, des « cannoli siciliani ». Des animations accessibles sur inscription sur place, dans la limite de 15 participants par session.

    Michel Balsaldella, chef du Grand Puech a Mimet et Agostino Coppola chef napolitain et président de l’Association des chefs italiens de France animeront des spectacles culinaires tous les matins à 10h30. Ils mélangeront les cuisines italiennes et provençales dans des recettes inédites.

    Les autres animations

    Cette année, le festival a adopté le thème de l’automobile. L’occasion de se lancer quelques défis au simulateur de course. Avec en point d’orgue dimanche, à 17h, la rediffusion du Grand Prix de France 2004 remporté par Ferrari.

    Le festival se décline aussi en cinéma et en musique. Ce jeudi à 17h, Il Vigile, une comédie italienne, réalisée par Luigi Zampa, sera diffusée en plein air. Tous les soirs, le pianiste chanteur Laurent Versini alternera avec le groupe Italian Akustik Trio pour reprendre les grands classiques de la chanson italienne. Samedi et dimanche, place au karaoké et au quiz musical, pour se mettre en appétit avant de savourer à nouveau les délices de la gastronomie italienne.

    Gabrielle Cartellier

  • L’Urssaf Languedoc-Roussillon conciliante en cas de bonne foi

    L’Urssaf Languedoc-Roussillon conciliante en cas de bonne foi

    Des défaillances (570 côté employeurs, 90 chez les indépendants en 2025) et des taux d’impayés de cotisations nettement supérieurs (respectivement 2,37% et 11,51%) à la moyenne du secteur privé (0,85% et 5,3%). Ce n’est pas un scoop : le secteur des hôtels, cafés et restaurants (HCR) n’est pas le plus zélé qui soit en matière sociale.

    L’Urssaf Languedoc-Roussillon affirme pourtant qu’elle peut être compréhensive eu égard aux difficultés récurrentes du secteur. À condition qu’il n’y ait « pas de distorsion de concurrence » et que « les parts salariales soient payées », des délais de paiement peuvent être accordés en cas de problèmes de trésorerie de 3 à 6 mois. En 2025, 3 200 délais de ce type ont été octroyés à 11,9% des entreprises du secteur HCR contre 6,5% des entreprises, tous secteurs confondus.

    En cas d’irrégularités, « le droit à l’erreur peut être demandé » par les entreprises « la première fois », assure le directeur Pierre Ramon-Baldié. Qui tempère : « Il faut être de bonne foi et fournir des éléments de preuve. » Dans ce cas, les sanctions (majorations, pénalités…) peuvent parfois être évitées. Sans quoi, les majorations s’élèvent souvent à environ 5% avec +0,2% par mois de retard.

    Turnover important

    Autre gage de bonne volonté de l’Urssaf vis-à-vis du secteur, son activité de conseil gratuit, notamment la première année de lancement d’une société. « Nous pouvons rendre visite pour conseiller et mener des actions de prévention contre les fraudes », illustre le directeur adjoint Frédéric Azemard, qui conseille aux entrepreneurs d’être plus attentifs. « Une déclaration préalable d’embauche doit être envoyée avant le début du contrat ! »

    Si, en Languedoc-Roussillon, le secteur HCR, qui emploie plus de 51 000 salariés (restauration 40 700 ; hébergement 10 700) est en « demande de sécurisation juridique », c’est qu’il croule sous les difficultés en raison notamment d’une main-d’œuvre volatile. Le turnover y est plus important qu’ailleurs avec 15 à 17% de CDD contre 10% dans le privé. Les horaires décalés et les conditions de travail souvent pénibles sont d’autres facteurs majeurs qui expliquent que les démissions (41%) et les fins de période d’essai (20% à l’initiative de l’employeur, 13% du salarié) sont des motifs de rupture de CDI surreprésentés comparés à l’ensemble du secteur privé.

    Enfin, le faible niveau de rémunération est un autre facteur majeur de la fragilité du secteur qui choisit souvent de s’adapter en recourant aux heures supplémentaires. Dans l’hébergement de la région, le salaire mensuel moyen brut plafonne à 2 220 euros dans l’hébergement et à seulement 1 874 euros dans la restauration. C’est loin du salaire moyen pratiqué dans le secteur privé (2 549 euros) et proche du salaire minimum « en raison de cotisations sociales faibles autour du Smic ».

    Si le secteur HCR de la région paye donc plutôt mal ses travailleurs, il est paradoxalement celui qui en a le plus besoin dans une région touristique. Si l’emploi salarié régresse légèrement (-0,3%) en Languedoc-Roussillon depuis un an, le secteur HCR est, lui, bien plus dynamique (+1,7%). Il n’y a qu’en Corse (9,2%) et en Sud-Paca (8,6%) que les hôtels, cafés et restaurants ont un poids supérieur dans l’emploi salarié (7,7% ici).

  • [Patrimoine] Au Frioul, l’hôpital aux quatre vents de Proust

    [Patrimoine] Au Frioul, l’hôpital aux quatre vents de Proust

    L’hôpital Caroline, complexe sanitaire de soins et de quarantaine trouve son origine dans l’épidémie de fièvre jaune de 1820 qui décima les équipages des ports de Méditerranée. Durant l’été 1821, un navire venant de Cuba avait introduit la fièvre jaune à Barcelone provoquant 20 000 morts. Dans la foulée, un navire infecté venant de Malaga était mis en quarantaine à Pomègues. 12 marins décédaient, mais la cité phocéenne n’était pas touchée, ce qui convainquait l’Intendance sanitaire de demander à Louis XVIII de construire au Frioul un port bastionné pour la quarantaine. Il aura coûté 638 000 francs-or sur des fonds du Trésor public, de la Chambre de commerce et de la Ville. Son nom est un hommage rendu à la duchesse de Berry, Marie-Caroline de Bourbon-Siciles qui séjourna en quarantaine au la zaret d’Arenc.

    Le projet est confié à l’architecte Michel-Robert Penchaud qui édifie en 1828 cet hôpital sur un promontoire battu par les vents de l’île de Ratonneau suivant un système pavillonnaire autour de deux grandes cours et obéissant aux préceptes d’isolement, de surveillance et d’aération maximale. Il est conçu pour accueillir 48 malades et 24 convalescents dans 12 corps de bâtiments sur 3 500 mètres carrés.

    « C’est une ruine »

    En 1847, le secrétaire de l’Intendance Sanitaire décrit un bouge : « Ce que j’ai vu dépasse toute idée de malpropreté que j’avais pu me faire, les quatre pavillons habités par les ouvriers sont dans un état déplorable. Il n’existe pas de cloaque plus sale, plus dégoûtant ; les escaliers intérieurs, les paliers et les planchers sont meublés d’ordure… En fait les quatre pavillons sont dans un état pitoyable… »

    Ce qui n’empêche pas en 1850, d’y transférer les malades du lazaret d’Arenc. Puis l’armée réquisitionne les lieux jusqu’en 1856 pour y soigner plus de 700 soldats atteints parfois du typhus de retour d’Afrique et de Crimée. 308 navires débarquent alors 33 500 marins, 124 200 militaires et 5 090 passagers civils. 709 malades furent traités à l’hôpital parmi lesquels on déplora 165 décès, dont 90 dus au typhus.

    En 1900, 35 malades de la peste y sont hospitalisés. En décembre 1903, un rapport à l’Académie de médecine signale son état déplorable : « Qu’il me soit permis de vous dénoncer l’hôpital Ratonneau destiné aux malades atteints de la peste, de la fièvre jaune ou du choléra. Il vous est impossible de vous représenter un hôpital aussi délabré et aussi abandonné. Il ne renferme ni pharmacie, ni instruments, en un mot il n’y a rien ; ce n’est pas un hôpital, c’est une ruine » écrit le docteur Josias.

    Deux ans plus tard, le docteur Adrien Proust, père de Marcel Proust, vient à Marseille prodiguer ses conseils pour lutter contre l’épidémie de choléra. Son rapport « sur les améliorations à apporter au fonctionnement du service [sanitaire] dans le port de Marseille et au Lazaret du Frioul », fustige le recrutement des auxiliaires du lazaret parmi « les personnes errant sans emploi sur les quais de Marseille et qui n’ont aucune notion du travail auquel on les destine ». En 1923, le nom d’Adrien Proust est brièvement donné à l’hôpital du Frioul.

    Il sert encore d’hôpital en 1941 en raison d’une épidémie de typhus dans les prisons de Marseille puis devient un dépôt de munitions de la Wehrmacht pilonné à la Libération. Racheté par la Ville en 1978, il est inscrit aux monuments historiques en 1980. L’association Caroline s’est battue avec la fédération Remparts pour lancer des travaux de restauration au travers du bénévolat estival puis a bâti un partenariat avec la prison des Baumettes pour des chantiers de réinsertion avec des détenus en fin de peine. Progressivement le pavillon Saint-Roch, l’ancienne infirmerie, le pavillon des morts, les murs d’enceinte, le pavillon des entrées, le pavillon de bains puis le pavillon Chevalier Roze ont été restaurés avec la chapelle centrale de style hellénistique pour rappeler les origines de la cité phocéenne. En 2007, Acta Vista poursuit le chantier pour le pavillon des intendants, la capitainerie.

    Il se visite à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. On peut longer l’enceinte et à travers la grille observer la cour intérieure, la chapelle et les pavillons, tout en jouissant d’une vue exceptionnelle sur la rade phocéenne.

  • Avignon: la lutte des salariés du cloître Saint-Louis est payante

    Avignon: la lutte des salariés du cloître Saint-Louis est payante

    Un mouvement de grève dans le secteur qui va faire date. Deux semaines après l’annonce de la fin de la grève des salariés de l’hôtel de luxe avignonnais, le syndicat CGT fait le point sur ce qu’a apporté la mobilisation et la victoire des travailleurs.

    Pour rappel, après presque un mois de grève, les salariés ont obtenu une prime de 1 100 euros pour 2026, le remboursement de 100 euros en tenue professionnelle par année et par salarié, la montée d’un échelon pour les plongeurs et commis de salle, une semaine de congés en août et l’anticipation de la hausse des salaires prévue initialement en septembre, conforme à la grille salariale du secteur. Soit une hausse globale de 5 %. Les employés se plaignaient également de conditions difficiles, notamment liées à la chaleur dans des locaux inadaptés.

    Reste la question des travaux envisagés dans les prochaines années par la direction. Ceux-ci, assez conséquents, devraient durer plus d’un an. Ils demandent à connaître la date exacte prévue pour le début du chantier et également que leur salaire soit maintenu à 100 % pendant leur durée.

    Secteur difficile

    « Ce n’est certes pas ce que l’on demandait de base, mais c’est une avancée rare dans le secteur. C’est dur de faire se lever les employés, avec beaucoup de saisonniers et de turnover », se réjouit Laurent, qui travaille dans le service du petit-déjeuner et dont le contrat à durée déterminée s’achève dans les prochains mois. C’est en effet là que se situe, pour l’union locale de la CGT, qui soutenait le mouvement, l’essentiel. L’organisation tente de transformer le collectif syndical du secteur en véritable syndicat afin de coordonner les employés de l’hôtellerie et de la restauration. « Il faut mettre en lumière les difficultés dans ce travail. S’ils ne connaissent pas leurs droits, il faut les aider afin d’arrêter d’être exploités », pointe Carlos Acha-Moreton, secrétaire général de l’union locale CGT du pays d’Avignon. Il met en avant la participation des saisonniers dans le mouvement. Ce qui implique de revoir le fonctionnement du syndicat. « On a l’habitude de militer avec des personnes installées dans les entreprises. Là, c’est différent car sans les travailleurs saisonniers, il n’y aurait pas eu de mouvement. Tout comme les hôtels qui ont besoin d’eux pour faire fonctionner les établissements. C’est eux la clé », développe le responsable syndical. « Après la Covid, beaucoup de personnes du secteur ont arrêté. Les bons patrons ont compris qu’il fallait améliorer les conditions et les salaires pour attirer. L’ancienne école n’a elle pas évolué et risque de se manger des mouvements comme celui-ci à nouveau », appuie Laurent. « On va tracter. On espère monter le syndicat pour 2027 », conclut Laetitia Pancuvilier, représentante CGT du cloître Saint-Louis, également au service petit-déjeuner.

  • Le Roucas de Vitrolles, un piton qui nécessite d’être conforté

    Le Roucas de Vitrolles, un piton qui nécessite d’être conforté

    Pour l’atteindre, il faut accepter de gravir pas loin de cent marches taillées dans l’imposant piton rocheux qui domine le vieux village de Vitrolles. À l’arrivée, c’est une double récompense : d’abord cette vue imprenable et contemplative sur l’étang de Berre et jusqu’à la Sainte Victoire. Ensuite deux monuments chargés d’histoire à découvrir : la Tour Sarrasine et la chapelle Notre-Dame-de-Vie.

    « Dès le Ve siècle, la situation privilégiée du Roucas de Vitrolles en fait un lieu de refuge et d’observation afin de se protéger des invasions barbares ou sarrasines. Mais la chapelle Notre Dame de Vie et la Tour Sarrasine n’ont été bâties toutes deux qu’entre le Xe et XIe siècles probablement après le départ des Sarrasins de Provence » décrit la Fondation du Patrimoine qui avec la Mission Patrimoine de Stéphane Bern soutient les travaux de sauvegarde et de restauration portés depuis plusieurs années par la mairie.

    Pour l’heure, la commune programme des travaux de confortement de son rocher pour réduire le risque de chutes de blocs. Le rocher qui culmine à 25 m de hauteur fait jusqu’à 75 m de long et 20 m de large, bénéficie déjà d’ouvrages de protection. Pour autant, de nombreuses instabilités ont été relevées sur les faces du rocher, notamment de gros pans de falaise décomprimés.

    « Un aléa très élevé

    de chute de pierres »

    « La face ouest la plus affectée présente 44 instabilités identifiées dont 15 à aléa élevé à très élevé. 4 des instabilités potentielles identifiées sont des pans de falaises volumineux et problématiques » énonce un rapport d’étude géotechnique qui a conclu en novembre 2025 à « un aléa très élevé de chute de pierres au droit de toutes les falaises. Un aléa variable, au cas par cas, d’écroulement de blocs, chandelles, voire de pans de falaise de volume important ».

    Ces risques exposent à des degrés divers la stabilité de la tour sarrasine, de la chapelle, la route en pied de falaise, quatre habitations, les piétons, le parking. Le rapport prescrivait d’interdire l’accès aux talus, de renforcer les mesures d’information « en insistant bien sur le risque accru pendant les périodes pluvieuses ». Il était demandé une surveillance instrumentée pour s’assurer de l’absence d’évolution d’un pan rocheux représentant une masse de 344 tonnes d’aléa élevé.

    C’est pourquoi la commune a lancé un marché public de réalisation de travaux de « réduction du niveau de risques » afin de conjurer ces risques liés à l’érosion naturelle de la falaise. Il prévoit la réalisation d’études géotechniques, l’exécution de mesures préventives telle que la pose de 5 fissuromètres électroniques connectés à des balises d’alerte au droit des instabilités critiques. Les premiers travaux consisteront en des opérations de débroussaillage, de purges manuelles et mécanisées par des cordistes des éléments les plus instables et les plus déconsolidés. Il est prévu la projection de béton projeté fibré et teinté et l’entretien des ancrages déjà installés. Des nappes de grillages et des barres d’ancrage seront posées. Des filets à haute limite élastique viendront recouvrir les falaises de la face sud et une partie de la face est du rocher de Vitrolles pour stopper les chutes de pierres et de blocs de faible volume et d’être le moins visible.

    Le risque résiduel de chutes de pierres et de blocs de faibles volumes reste encore possible après les travaux. C’est pourquoi sur la base de scénarii trajectographiques de chutes simulées, il est prévu de construire des parois de soutènement en béton cloué, de poser des écrans pare-blocs au pied du talus en face nord.