Tag: réseaux sociaux

  • Le candidat RN de Carpentras désinvesti pour des tweets racistes

    Le candidat RN de Carpentras désinvesti pour des tweets racistes

    Des tweets à caractère raciste et sexiste qui auraient été postés par Christian Richaud-Simoni, candidat désigné par le RN et l’UDR, ont été exhumés par le journal Libération et lui coûtent son investiture.

    Dans son article publié ce mardi 4 février, le quotidien rapporte des dizaines de posts problématiques sur le réseau social X. Ceux-ci ont depuis été supprimés. Ce compte était celui que le compte officiel du Rassemblement national de Vaucluse utilisait pour identifier ce candidat sur ce même réseau.

    Sont visées dans ses attaques des personnalités politiques telles que la députée LFI de la 17e circonscription de Paris, Danièle Obono. « Que cette Obono retourne avec les bonobos (sic) de son pays : honte à elle et à tous ceux qui l’ont élue », aurait-il écrit en 2017 en réponse à un post du blog d’extrême droite Boulevard Voltaire qui expliquait que Jean-Luc Mélenchon s’opposait « à la fermeture des mosquées extrémistes ». Dans le même mois, il s’adressait à nouveau à l’élue insoumise ainsi qu’à son collègue d’alors, Adrien Quatennens, en affirmant que « le Front de gauche rassemble l’ensemble des anti-humains : ce ne sont que des aberrations de la terre, des êtres maléfiques ». Il s’en prend aussi à l’acteur Omar Sy en écrivant à son propos que « quand on a la bouche plus grande que la tête, on raconte forcément du vent » et « qu’il s’occupe de ses chèvres ».

    Islam et Outre-mer

    L’ancien juge du tribunal de commerce de Carpentras et ancien directeur d’un magasin de bricolage local s’en serait aussi pris à la religion musulmane. Tels que : « M. Valls, nous ne gagnerons pas la guerre contre l’islam avec nos lois et nos insoumis de gauche » ou encore « en fait, l’islam n’est pas incompatible avec… rien ». Ou encore que « les lieux de culte musulmans du 93 devraient être transformés en prisons ». Ainsi qu’une publication sur les territoires d’Outre-mer français. En réponse à un article du blog d’extrême droite Fdesouche.com sur X, qui évoque l’accueil de demandeurs d’asile « africains » par le sous-préfet de Mayotte, on peut lire : « Mayotte et la Guyane sont les deux furoncles de la France. Ils sont soignés par nos politiques bien-pensants. »

    Suspendu

    Des propos qui seraient en fin de compte bien les siens. Dans un communiqué de presse signé par le délégué départemental du Rassemblement national de Vaucluse, Thierry d’Aigremont, il est affirmé que le parti « a découvert par voie de presse, avec stupéfaction, de vieilles publications datant de 2017 mises en ligne sur les réseaux sociaux par M. Christian Richaud-Simoni ». Poursuivant qu’« il désapprouve et condamne sans réserve » ces écrits « qui ne sont pas compatibles et en totale contradiction avec les valeurs et le projet », la commission nationale d’investiture a décidé de désinvestir ce candidat immédiatement. Christian Richaud-Simoni est également suspendu de son parti « dans l’attente d’être convoqué devant ses instances disciplinaires ». Une nouvelle tête de liste pour ces élections dans la capitale du Comtat Venaissin sera « désignée très prochainement ».

    Ce coup de théâtre devrait profiter aux candidats restants, à savoir le maire sortant Serge Andrieu (DVG), l’ex-maire Francis Adolphe (ex-PS), à nouveau candidat après avoir purgé son inéligibilité, et Bertrand de La Chesnais, ancien directeur de campagne d’Éric Zemmour.

  • Benoît Payan veut prendre en main la propreté

    Benoît Payan veut prendre en main la propreté

    Marseille est « pourrie » et c’est la faute de la Métropole, entendre sa présidente et candidate de la droite et du centre à la Ville, Martine Vassal, a martelé Benoît Payan, maire DVG sortant et candidat du Printemps marseillais. La propreté, « c’est une question sur laquelle nous sommes interpellés tous les jours, il y a une confusion très grande sur les compétences et les Marseillais attendent des résultats » dans une ville « abandonnée sciemment, consciencieusement » pose-t-il. C’est bien pour lui « la Métropole qui a fait le choix de ne pas recruter, de bouleverser les tournées, de ne pas implanter les poubelles et centres de tri » en nombre suffisant. Alors que les Marseillais paient une taxe d’enlèvement des ordures ménagères, « la plus importante de la métropole et de France » assène Benoît Payan.

    Son idée : reprendre la main, tout en laissant les compétences à la Métropole, le nouveau mode de scrutin lui permettant de peser dans l’hémicycle du Pharo s’il venait à remporter les municipales. Une méthode différente de celle tentée en 2022, dans le cadre de la loi dite 3DS qui permettait le transfert de compétences de proximité de la métropole vers les communes. « J’avais poussé une gueulante et proposé de nous mettre autour d’une table pour récupérer la compétence » raconte-t-il, mais « patatras plus rien n’était possible, la Ville se serait retrouvée dans une situation où elle n’aurait eu que les difficultés, sans les moyens nécessaires pour appliquer sa politique », résume Benoît Payan. Quand Martine Vassal lors de ses vœux fin janvier évoquait, elle, un travail de trois mois « pour trouver un terrain d’entente » avorté, le maire de Marseille estimant que c’était « trop compliqué ».

    La donne a changé : « Pour la première fois, si nous gagnons la ville, nous avons la possibilité de prendre en main la propreté » estime le candidat du Printemps marseillais qui se donne trois ans pour « mettre les choses au carré », les maires de secteur reprenant la gouvernance pour le reste du mandat.

    Deux fois plus de poubelles

    Concrètement, sur la collecte, ce temps lui permettrait de faire un point sur les actions du public et du privé qui se sont vus répartir les différents secteurs de la ville et notamment sur les « avenants aux contrats à plusieurs millions d’euros », sans pour autant un retour total en régie. Sur le nettoyage des rues, il veut revoir le nombre de cantonniers, en le multipliant par deux, même s’il en convient, il ne le connaît pas, faute de réponse là encore, de la métropole. Il se fait plus précis sur les poubelles, qu’il veut passer de 7 000 à 15 000.

    Benoît Payan souhaite aussi sensibiliser les Marseillais avec de la pédagogie et également de la répression par le biais d’une police de la propreté qui dépendrait directement de la police municipale. Il s’agit aussi de mieux trier. « Réduire le contenu de la poubelle noire » rappelle Sophie Camard, maire GRS des 1-7 et tête de liste du Printemps dans son secteur, expliquant qu’en centre-ville, ce qui fait déborder les bacs, « c’est le mélange des déchets des particuliers et des professionnels ». Pour Anthony Krehmeier (PS), maire des 2-3 et lui aussi tête de liste de son secteur, « il n’y a pas de fatalité ». Considérant que « ramasser des poubelles n’est pas en soi insurmontable », il entend associer « commerçants, habitants et agents ».

    Au sein de l’équipe de Martine Vassal, la réaction n’a pas tardé. « La panique fait sacrément mentir le trouillard » a lancé son porte-parole, Romain Simmarrano, sur les réseaux sociaux, estimant que le maire allumait « un contrefeu de plus pour tenter de faire oublier l’enquête qui le concerne ».

  • Baumettes : l’ex-directrice témoigne de son calvaire

    Baumettes : l’ex-directrice témoigne de son calvaire

    Elle est arrivée à l’audience de la 7e chambre de Marseille escortée par ses gardes du corps, visages masqués comme elle. Figure longiligne compressée dans son uniforme de l’Administration pénitentiaire, coiffée du tricorne, elle a retiré son épais gilet pare-balles pour s’entretenir avec ses trois avocats.

    Depuis que l’organisation criminelle DZ Mafia a mis un contrat pour l’assassiner, l’ancienne directrice du centre pénitentiaire des Baumettes est sous protection. La Marseillaise avait révélé, le 3 décembre 2024, sa suspension et son exfiltration après la diffusion, sur des réseaux sociaux, de sa mise à prix. « Marseille. 120 000 euros pour la tête de la directrice des Baumettes. » Le post sur TikTok affichait la marque DZ Mafia avec la mention « On vous parle gentiment, vous ne voulez pas comprendre. » Des menaces d’autant prises au sérieux qu’étaient interpellés, la veille, deux jeunes armés et cagoulés à proximité du domicile d’un de ses adjoints. Tout serait orchestré par un des chefs de la DZ Mafia écroué aux Baumettes après un différend sur ses conditions de détention.

    Ce mardi, la fonctionnaire aux 30 ans d’ancienneté a pris la parole au procès de deux détenus accusés d’« apologie de crime » et d’« acte d’intimidation envers un dépositaire de l’autorité publique ». Ils ont relayé en mars 2015, sur leur compte Snapchat, l’appel à l’éliminer. « Ce que vous avez publié a bouleversé ma vie », a-t-elle lancé à Othmane, 30 ans, en visioconférence depuis la prison de Nantes. « Ma vie a complètement changé. C’est un appel à l’assassinat réel avec pour moi un risque majeur de mourir », ajoute la quinquagénaire. « Depuis un an, je suis protégée. Je prends énormément de risques à être là. Je suis partie précipitamment pour un poste que je n’ai pas choisi. Je suis partie seule pour sauver ma vie. Un an que je suis à l’isolement. Vous avez brisé ma vie. » Son avenir professionnel ? « L’Administration pénitentiaire, je l’ai aimée, mais je vais la quitter. J’avais travaillé trois ans sur le projet des Baumettes 3. J’ai été arrachée en plein vol à six mois de l’ouverture. »

    « Je suis désolé d’avoir relayé cette info. J’ai fait le con », se repent Othmane, 11 mentions au casier, dont le viol d’une prostituée, et libérable en 2033. Il jure n’avoir rien à voir avec la DZ Mafia. « J’ai repris ça sur TikTok. J’ai vu que c’était problématique, mais j’ai tellement rien à voir avec tout ça. Je ne connais pas Marseille, je n’ai jamais été aux Baumettes. » Pour le confondre, les Renseignements pénitentiaires, dont les informations sont couvertes par le secret-défense, ont produit des captures d’écran de son compte « Cellule frappe » orné d’un émoji de Kalachnikov. « Vous participez indirectement au recrutement d’un tueur et ça banalise l’offre d’emploi pour venir tuer un représentant de l’état », lui lance la présidente.

    Sabrina, 30 ans, détenue à Rennes, a refusé de comparaître. Avec 17 mentions au casier pour de nombreux vols, la délinquante marseillaise, un temps sous surveillance pour radicalisation, a dit en garde à vue avoir « fait circuler cette story à titre informatif » sur son compte « LibérezmoiDZ », se disant « effarée à tel point qu’on était des fous à Marseille ».

    Pour le parquet, « cette affaire s’inscrit dans un contexte de déstabilisation de l’Administration pénitentiaire par le crime organisé », précédée « d’attaques concertées révélatrices d’une volonté d’intimider l’administration et la République française pour imposer sa loi ». à ses yeux, « ils sont prêts à monter dans le train du crime organisé avec l’objectif de faire une administration faible et permissive ». De requérir 2 ans dont 6 mois avec sursis probatoire pendant 2 ans, indemnisation de la partie civile, 5 ans d’interdiction de séjour à Marseille et de port d’armes.

    « C’est un compte privé, il n’y a pas d’apologie, pas d’intimidation », oppose Me Flore Nanchino, qui plaide la relaxe. « C’est stupide, immoral, débile, mais pas pénal. » Délibéré le 28 janvier.

  • [Le coin du polar] Quand c’est la forêt qui cache l’arbre

    [Le coin du polar] Quand c’est la forêt qui cache l’arbre

    A priori, Ultima se présente comme un thriller. Tireur d’élite à l’anti-gang, Rémi est appelé la veille de Noël pour protéger un magnat des médias, Richard Schönberg qui, en dépit de menaces diverses, a maintenu une fête fastueuse au Musée des arts forains. La soirée tourne au drame. Si Schönberg est indemne, c’est un député européen qui est abattu par un tireur invisible. Mis en cause par son chef qui le déteste, Rémi met tout en œuvre pour laver son honneur avec l’aide tacite de collègues de la Crim et de Maya, la légiste. S’ensuit un suspense haletant rendu crédible par une documentation exigeante et le refus des invraisemblances inhérentes au genre.

    Il faut tuer les livres !

    Au-delà de l’enquête, qui écarte assez vite, malgré des revendications de fanatiques islamistes ou radicaux, pareilles pistes et se concentre sur des idéalistes entre résistance et rébellion, il apparaît que ce sont la corruption du monde de la finance et l’impérialisme de la Big tech qui sont ciblés par une nouvelle sorte de justiciers, de jeunes geeks aux pseudonymes grecs décidés à passer de la dénonciation pacifique et légale à des moyens plus violents. Et, lorsque Rémi accepte la proposition de Schönberg de lui servir de garde du corps personnel, avec l’aval de sa hiérarchie, Ultima devient alors un autre livre, avec la confrontation de deux individus et de deux conceptions de l’homme et de la vie. Car si Rémi est attaché à des valeurs humaines intangibles, Schönberg illustre parfaitement la volonté du grand capital d’écraser toute velléité de résistance. À commencer par le livre et la langue française. Détruire les « tarifs privilégiés qui favorisent le rayonnement de la langue française » en faisant passer de 1,74€ à 37,30€ l’envoi de livres par la poste, et pulvériser les langues nationales au profit de l’anglais en « créant une novlangue, comme les nazis l’avaient fait avec succès ». Et, naturellement, en faisant des réseaux sociaux et de l’IA, l’outil le plus perfectionné pour cette tâche, le fer de lance des menaces fondamentales contre les libertés. On pourrait citer des passages entiers du programme d’un Schönberg, qui aurait pu s’appeler Bolloré ou Stérin, qui font d’Ultima tout autre chose qu’un divertissement de plus, un roman d’une lucidité impitoyable, capital, magnifiquement écrit,
    qui plus est.

    « Ultima », Ingrid Astier, Série noire, 440 p. 21€

  • La gauche en soutien de Zaïd, premier bébé de l’année à Avignon

    La gauche en soutien de Zaïd, premier bébé de l’année à Avignon

    Après le déferlement de haine, c’est une vague de soutiens qui arrive à Zaïd, premier bébé de l’année à Avignon, victime de nombreux messages racistes sous une publication d’un article de La Provence sur ses réseaux sociaux.

    À commencer par la première édile de la Cité des papes, Cécile Helle. Interrogée par La Marseillaise, elle confie avoir été « horrifiée en apprenant ça, c’est terrible, immonde. Ça montre aussi tout ce à quoi les réseaux sociaux peuvent donner lieu en termes de déviance, c’est comme si ça allait chercher le côté le plus obscur de l’humanité », déplore la maire, qui n’a pas cherché à entrer en contact avec la famille de Zaïd.

    Ces dernières heures, de nombreux autres messages de soutien de personnalités et de partis politiques de gauche ont fleuri. Tel celui de la fédération de Vaucluse du PCF, qui dénonce dans un communiqué « des propos ignobles » qui « ne relèvent ni de la provocation isolée, ni de la liberté d’expression » et demande « une réaction ferme des pouvoirs publics, un renforcement ferme de la lutte contre les discours racistes en ligne et un travail de fond contre toutes les idéologies de haine ». Divers candidats aux élections municipales se sont également exprimés. David Fournier, candidat socialiste, s’est fendu d’un sobre « Bienvenue Zaïd, Avignon est ta maison. Longue et belle vie ». Tandis que Paul-Roger Gontard, candidat (La Convention), également issu de la majorité, dénonce dans une lettre « une haine violente, absurde et indigne » et lui souhaite de grandir « dans une Avignon fidèle à ses valeurs républicaines, attentive, protectrice, ouverte ».

  • Des fêtes en demi-teinte pour les commerces de Martigues

    Des fêtes en demi-teinte pour les commerces de Martigues

    Après le repas de Noël, place à celui du réveillon. Ce 31 décembre, à Martigues, les commerces de bouche sont pris d’assaut. Sur le parking du général Leclerc, les pêcheurs vendent leur poisson dans le mistral mordant. Sur le cours du 4-Septembre, les portes de la boucherie et de la fromagerie ne cessent de s’ouvrir et de se fermer, sous l’effet du flot continu de clients.

    Les fêtes de fin d’année sont une période faste pour les épiceries et restaurants, à l’instar de la boutique Gaspard, ouverte en septembre par la famille Morreale. Derrière la caisse, Anne-Fleur explique : « On a des produits de Noël, comme du foie gras ou du saumon fumé maison. On propose aussi des coffrets sur-mesure à remplir avec des produits de la région, ce qui plaît beaucoup. C’est sympa à offrir. » « Et c’est très bon ! », ajoute un habitué. Du côté de leur restaurant semi-gastro, le Garage, « décembre est un mois où c’est plein tout le temps ». Cette année, ça n’a pas manqué.

    Une pente glissante

    Mais les fêtes n’ont pas souri à tous les commerces. Installée sur la rue Lamartine depuis près de 35 ans, Chantal Failla, gérante du magasin de vêtements pour enfant Génération junior, se désole : « C’est la catastrophe, on fait moins de vente comme chaque année depuis le Covid… » Le marché de Noël et les animations n’y ont rien changé. « Ce n’était pas dans ma rue. Ici, c’est mort, il n’y a pas de fréquentation, alors que c’est une rue piétonne. Avant c’était la rue commerçante de Martigues ! » Pour redresser la barre, Chantal y met pourtant du sien : communication chiadée sur les réseaux sociaux, introduction de produits plus accessibles dans la gamme… Rien n’y fait. « On a perdu 50 000 euros de chiffre d’affaires en 2025. »

    La gérante y voit plusieurs explications : un contexte national de crise, de nouvelles habitudes de consommation avec l’explosion des achats sur internet, le départ de boutiques emblématiques qui servaient de « locomotive », « comme Gaudissard et Castelli au bout de la rue il y a quelques années », mais aussi la concurrence du Village de marques de Miramas.

    Du côté de Jonquières, Aminata, propriétaire de la boutique d’artisanat l’Étincelle, se dit aussi sur une pente glissante : « On survit. Mes clients fidèles permettent à ce rideau de rester ouvert mais on est sous perfusion. » Commerçante à Martigues depuis trente ans, elle a « vu la descente aux enfers » du centre-ville.

    Selon elle, la responsabilité est partagée. « Internet tue les petits commerces et même les galeries marchandes, il suffit d’aller voir celle d’Auchan : une boutique sur deux est fermée. Les gens ne se rendent pas compte qu’ils ont du pouvoir en tant que consommateur et qu’ils nourrissent les Chinois et les Américains. Les politiques ont été mal menées : les élus n’ont pas pensé aux conséquences quand ils ont installé des grandes concentrations de magasins comme à Plan de Campagne ou au Village de marques. »

    « Martigues est une belle ville, mais elle manque d’attractivité, affirme Aminata. Il faut une vraie stratégie au niveau de la municipalité pour diversifier les commerces de centre-ville et réinstaurer du chaland mais ça prendra des années ! »

  • À Martigues, Éric Lahaye lance Thot App, l’appli de partage de savoirs

    À Martigues, Éric Lahaye lance Thot App, l’appli de partage de savoirs

    L’entrepreneuriat n’était pas prévu, mais il s’est imposé naturellement à Éric Lahaye. Adolescent, le Martégal avait des difficultés à l’école. « J’étais hyperactif, le cadre scolaire ne me convenait pas », explique-t-il. Après une année de fac de lettres, le jeune homme se pose des questions sur son avenir. Sans projet professionnel clairement défini, il choisit de se consacrer à sa passion, le kung-fu. « Je travaille à ArcelorMittal, j’économise et je pars en Chine dans une école d’arts martiaux », raconte-t-il, se remémorant la discipline stricte qu’il s’y impose.

    « J’ai grandi à Canto-Perdrix, j’étais jamais sorti des Bouches-du-Rhône, mais je savais pourquoi j’y allais. Dans les quartiers, on a pas de visibilité, on grandit dans une vision où beaucoup de personnes nous font comprendre qu’on arrivera pas à grand chose. Donc j’avais rien à perdre. »

    Après ce premier voyage initiatique, il part en Australie. C’est quand il cherche à pratiquer le kung-fu qu’une idée d’application lui vient : « J’ai regardé sur Facebook, Instagram et Snapchat pour trouver des partenaires, mais je n’ai trouvé personne. Je me suis dit que c’était quand même fou qu’à l’ère des réseaux sociaux, on ne puisse pas trouver quelqu’un qui a le savoir auquel on aspire. Comme l’outil n’existait pas, j’ai voulu le créer moi-
    même
    . » Une envie qui lui permet de trouver sa voie : celle de l’entrepreneuriat.

    Un réflexe

    C’est deux ans plus tard, en 2017, que le projet se concrétise. Surmotivé, Éric Lahaye « enfonce les portes » à Marseille. Son projet est incubé à la Belle de mai et repéré en 2020 par l’école de commerce et de management Kedge, qui lui offre une formation de trois ans grâce à un programme philanthropique. « Ça m’a donné un cadre pour garder le cap et la rigueur », affirme le jeune homme. Après des années de travail, l’application Thot App voit finalement le jour en 2024.

    Le concept est simple : permettre la mise en relations autour du savoir. Thot ne se limite pas aux compétences professionnelles, loin de là : le champ couvert va du sport à la culture en passant par tous types de passions, la mécanique, le bricolage, les langues étrangères, la cuisine, la poterie, etc. Le partage peut être gratuit ou payant, à la guise des utilisateurs. « L’idée, c’est de briser les barrières à l’accès à la connaissance en créant du lien social, précise Éric Lahaye. C’est plus simple de trouver des horaires et des tarifs adaptés auprès de particuliers qu’auprès de structures. »

    « Aujourd’hui, on arrive à 5 000 utilisateurs et 500 sessions d’échange, ce qui est beau parce qu’on communique dessus seulement depuis juillet 2025 », poursuit le Martégal, qui recherche en ce moment même des investisseurs. « Une fois la levée de fonds réalisée, ce qui est en bonne voie, on se déploie en Europe puis à l’international, révèle-t-il. Je veux devenir la référence de l’échange de savoirs, que Thot devienne un réflexe. »

  • La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    Pas d’appel au 17 et surtout aucune preuve vidéo d’une quelconque bagarre… La préfète de police déléguée, Corinne Simon, a tenu ce vendredi 28 novembre à faire une mise au point après la décision du géant des télécommunications de fermer son site de Saint-Mauront (3e) jeudi, pour une période de 15 jours. Cette dernière préférant attendre « le retour à une situation apaisée » dans le quartier, des droits d’alerte ayant été déposés par la CGT puis la CFE-CGC. « Ce que je peux dire, c’est que depuis le début de la semaine, nous n’avons eu aucun appel 17 de la société Orange », assure la préfète. Le seul reçu a été celui d’un commerçant « parce que quelqu’un est rentré en disant qu’il aurait entendu des coups de feu ». Après intervention de la police toute proche, en 3 minutes, aucune rixe n’a été constatée, « pas de personnes blessées, pas de douille, pas de calibre, pas de trace de sang », affirme-t-elle. Pire, « nous n’avons aucune image nous permettant de montrer qu’il y a eu des rixes durant ces derniers jours », poursuit-elle, si ce n’est un vol de trottinettes mercredi.

    Emballement national

    Pour autant, elle « ne minimise pas la situation. » « Nous sommes à Félix-Pyat, un secteur compliqué, nous avons des points de deal, beaucoup de trafic de stupéfiants, du trafic de cigarettes. Donc oui, il y a parfois des rixes et c’est pour ça que la police intervient à longueur de temps », nuance-t-elle. Les patrouilles ont été renforcées, « on va prendre contact avec l’entreprise pour travailler en collaboration », ajoute-t-elle.

    De son côté, Laurent, délégué CFE-CGCsur le site, trouve « surréaliste que [la] direction n’ait pas appelé la police ». Et de certifier qu’un collègue l’a fait et que d’autres ont entendu des échanges de tirs. À la CGT, on assure aussi avoir entendu les coups de feu mais « on veut retrouver du lien social, les habitants, eux, vivent là », insiste Guillaume Lamourette, secrétaire départemental de la Fapt- Telecoms 13. Hors de question pour le syndicat de quitter le site. « On a fait une demande pour rencontrer la direction le plus vite possible. » La CFDT évoquait, elle, des salariés en « état de siège ».

    Après l’assassinat de Mehdi Kessaci qui a mis Marseille dans l’œil du cyclone médiatique, et sur fond de campagne municipale, le retentissement de l’affaire a été national. « Orange prend les bonnes décisions », a estimé Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, sur RTL, ajoutant que « la lutte contre le narcotrafic est la priorité du gouvernement ». « Après le départ de l’Open 13, des Galeries Lafayette, maintenant le site d’Orange… Marseille ne peut plus perdre un acteur de plus. Ça suffit ! Il faut stopper l’hémorragie ! Je vais prendre rendez-vous avec la direction d’Orange », s’est emballée sur les réseaux sociaux Martine Vassal, présidente DVD de la Métropole, du Département et candidate à la mairie de Marseille. Ce qui n’a pas manqué d’agacer Benoît Payan, maire DVG de Marseille.

    « Je ne sais pas d’où sort cette information », a-t-il réagi, reconnaissant « un problème de sécurité avec des salariés qui veulent être rassurés ». Plus tard dans la soirée, l’élu a indiqué avoir échangé avec la PDG d’Orange, Christel Heydemann, qui lui a assuré que le site ne fermera pas.

  • Face au narcotrafic, Amine Kessaci appelle à la révolte collective

    Face au narcotrafic, Amine Kessaci appelle à la révolte collective

    « Je vous attends nombreux. Levons-nous ensemble. Courage. On ne peut pas tuer tout un peuple. » On aurait pu croire Amine Kessaci définitivement anéanti par l’assassinat de Mehdi son frère, un très probable « crime d’avertissement » selon le ministère de l’Intérieur, alors que le militant écologiste, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic et sous protection policière, avait reçu des menaces. Mais c’était mal le connaître.

    Dans un message sur les réseaux sociaux ce mercredi 19 novembre, il appelle au rassemblement ce samedi à 15h pour une grande marche blanche au départ du lieu du crime. Plus tôt dans la matinée, il a signé dans le journal Le Monde une tribune aux mots dont on devine qu’ils ont été soigneusement pesés. Un uppercut à destination de ceux qui ont tué son frère, de l’État dont il dénonce les carences, insistant sur « les failles de la République, les territoires abandonnés et les populations oblitérées ».

    Un texte qui dénote un courage admirable face à l’horreur, a réagi Annick Karsenty, présidente de Femmes solidaires Marseille, parmi les premières signataires de l’Appel de Marseille. Lancé en janvier 2024 à l’initiative du PCF 13 il entendait enrayer la spirale de violences du narcotrafic et a été depuis soutenu par des milliers de citoyens, élus, acteurs de la culture, du sport, du secteur associatif et syndical… Dont Amine Kessaci. Une démarche qui dans ce contexte, prend un sens tout particulier.

    « La terreur n’aura pas de prise, il faut qu’il y ait du monde à cette marche blanche », estime la militante associative. Même s’il faudra mener « une lutte de longue haleine », pour « rétablir les services publics dans les quartiers, les écoles » et « faire en sorte que les quartiers ne soient plus dans l’abandon », estime-t-elle.

    Déplorant une « situation effroyable », Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Port, également parmi les premiers signataires, considère que « l’Appel de Marseille a été quelque part précurseur pour essayer d’interpeller tout le monde, et malgré les engagements, les actes concrets ne sont toujours pas au rendez-vous ». Et ce ne sont pas les « quelques coups d’éclat du gouvernement » qui vont remplacer un nécessaire « travail de fond » pour « qu’on reprenne possession de nos quartiers et qu’on arrive à éradiquer ces trafics », s’indigne le responsable syndical. Et d’insister : « Ce problème concerne tous les Marseillaises et les Marseillais et au-delà, on n’a pas d’autre choix que de s’en emparer. On sera là samedi. »

    Un minimum aussi pour Vincent Moutardier, chirurgien dans les quartiers Nord, aussi engagé dès le début dans l’Appel.

    « Un sursaut populaire »

    « Il n’y a plus de limites, c’est très impressionnant », nous confie-t-il entre deux opérations au bloc, toujours bouleversé. « On ne peut pas rester silencieux, c’est un problème de société majeur dont j’avais moins conscience il y a un an », reconnaît-il, faisant part de ses doutes. « Que faire à mon niveau ? La marche blanche évidemment mais la prise de conscience n’est pas encore là », analyse le chirurgien pour qui un « sursaut populaire » s’impose néanmoins.

    Pour crier sa colère et son espoir, Joël Dutto, secrétaire de la section PCF Marseille 15e et aussi partie prenante de l’Appel, avait pris la plume deux jours après l’assassinat. Une manière « d’inciter les gens à parler », explique-t-il, se souvenant des réticences des habitants à signer le texte de leur nom. « Beaucoup l’ont fait, ce n’était pas facile, on était là avec nos stylos à deux pas du réseau, à la Solidarité », raconte le militant communiste pour qui l’État n’agira que « si ça monte d’en bas ». Et si Mehdi est mort, analyse-t-il, c’est aussi que les trafiquants « ont peur pour leur empire ». Il appelle à dépasser le choc. « La République ne peut pas perdre face au narcotrafic, c’est ce que dit Amine », insiste Joël Dutto.

    Samedi, « il faut que toute la ville soit présente », exhorte Anthony Gonçalvez, oncologue à l’Institut Paoli Calmettes mais aussi chef de file des communistes de Marseille pour les municipales, « ce que l’on disait lors de l’Appel résonne d’une plus grande acuité encore ». Il en rappelle les termes et les propositions : s’attaquer au trafic de manière immédiate en venant en aide aux familles de victimes, « avec des moyens radicaux et des renforts de police, de douanes », mener un travail de long terme pour démanteler les réseaux, s’attaquer au blanchiment, apporter une réponse « sociale et de justice » à des quartiers délaissés. Il faut aussi « que ces questions de narcotrafic soient identifiées par le mouvement social et populaire comme une priorité », estime-t-il, quand « souvent à gauche on les a laissés aux fascistes, aux populistes alors que c’est une des manifestations de l’affrontement de classes, ces violences ne sont jamais que les conditions d’un capitalisme primitif ».

    Samedi 22 novembre, à 15h, rond-point Claudie-Darcy

    ET AUSSI

    Minute de silence

    Au Sénat le président Larcher (LR) a demandé un « moment de recueillement » en hommage à Mehdi Kessaci.

    Tondelier et Faure

    Les leaders du PS, Olivier Faure, et des Verts, Marine Tondelier, ont annoncé leur participation à la marche blanche de samedi.

    Stand-by

    Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, a indiqué qu’elle serait présente samedi lors du rassemblement. Ses équipes ont annoncé mettre la campagne pour les municipales en stand-by jusqu’à la fin de la semaine.

    Plateforme

    La droite marseillaise a lancé une plateforme (Marseille-republicaine.fr) anonymisée où tous les Marseillais qui luttent « contre le crime, ce cycle de violence et de mort » peuvent exprimer leur soutien.

  • [En immersion avec les jeunes de la Martine 2/4] Ados mais capables de prendre des décisions

    [En immersion avec les jeunes de la Martine 2/4] Ados mais capables de prendre des décisions

    Ils ont tous 16 ans, des envies et des propositions. Et mieux : les défendent. Autour de la table, au centre social de la Martine (15e), Hadidja, Soulayman, Zayan et Iqbal font partie des jeunes que Kader Allem, coordinateur du service jeunesse, comptent bien voir intégrer officiellement un futur « conseil des jeunes », d’ici janvier.

    Sur l’idée qu’ici « on ne consomme pas des loisirs », explique Kader, qui insiste sur le rôle éducatif du centre social. « On doit vous apporter ce que vous n’allez pas proposer », insiste-t-il face aux jeunes, rappelant la sortie au musée d’histoire de Marseille, le matin même. « Génial », reconnaît Zayan. Il faut dire que sur le passage de Kader, ça déménage. En poste depuis 10 mois, il dynamite les idées reçues. Les presque jeunes adultes participent déjà aux réunions avec les responsables du centre. « C’est bien qu’on nous entende », se félicite Hadidja. Cet été, ils ont par exemple pu organiser une sortie bouée tractée. Cela peut paraître anecdotique, mais il a fallu argumenter et débattre pour y arriver face à une équipe de responsables pas convaincue. Une expérience de démocratie bien concrète.

    « Il faut trouver une activité que tout le monde soit en capacités de faire, avec laquelle tout le monde soit d’accord », explique Zayan. « On met tout à plat, chacun donne son avis et on fait une synthèse », complète Soulayman. Déjà organisés en groupes sur les réseaux sociaux pour échanger, ils ont su porter la parole de la majorité. « On ne peut pas dire aux jeunes “vous avez le pouvoir d’agir” et leur dire non », estime Kader, qui espère les voir intégrer à terme le conseil d’administration du centre social pour leur donner la possibilité de s’exprimer sur les projets, le fonctionnement de l’accueil jeunes. Histoire de « co-construire » la vie du secteur jeunes en « trouvant un équilibre ».

    Question de confiance

    « On aimerait des heures plus adaptées », lance Soulayman quand, aujourd’hui, il faut concilier l’accueil des tout-petits avec celui des ados. Dans un grand sourire, Hadidja se souvient de cette rentrée tardive de rando qui a fini sur la plage avec jeux et pique-nique. Plus de séjours, aussi, seraient les bienvenus. « Cet été, on a fait trois voyages dans les Alpes, à Paris et Argelès », raconte Zayan, heureux que « Kader ait tenu parole ». La confiance restant aussi le maître mot de la démarche.

    Le conseil jeunes, c’est aussi l’occasion d’aborder concrètement la question du financement. Une grande injustice, estiment-ils. « On nous dit toujours, y a pas de sous, on trouve ça dommage », commente Soulayman. Kader ne leur cache pas les difficultés, les dossiers déposés dans le cadre de subventions pour les quartiers prioritaires, « on est obligés de jongler ». Et l’État qui diminue tout. « Cela nous inquiète », alertent les jeunes.

    Ils aimeraient aussi que le centre social s’équipe de minibus pour se déplacer plus facilement. Une priorité pour Kader. Dans la vie de tous les jours aussi, l’expérience porte ses fruits. « Cela nous apprend à être à l’aise, à mieux s’exprimer », reconnaît Hadidja. « On est capable d’avoir un avis et qu’il soit pris en compte », ajoute Soulayman. Même si Zayan reconnaît qu’il « n’y a pas moyen » d’aller contre l’avis de sa mère ou d’un professeur.

    « Le pouvoir d’agir »

    Le « pouvoir d’agir des jeunes », c’est bien là le leitmotiv de Kader, qui doit par la même occasion convaincre les adultes.

    « Je suis assez grand pour prendre des décisions, je suis mature, quelqu’un de construit. Avoir 18 ans ça veut rien dire. Je suis un grand garçon », embraye Iqbal. « Des gens de mon âge ont déjà assez de poids sur le dos, beaucoup de responsabilités. Ils travaillent, paient le loyer de chez eux. Je suis assez grand pour que, ma parole, elle compte quand je dis quelque chose. On a tous notre mot à dire, c’est ça la liberté d’expression », insiste-t-il. Et de revenir sur ce qui se passe dans son quartier la Simiane.

    « On a des loyers trop chers. On est au centre des quartiers Nord, mais on est oubliés. Le syndic ne fait rien pour nous. Alors qu’il y a un terrain, on pourrait en faire un vrai stade comme à l’époque de mon grand frère. Là, je sors, je fais quoi ? Je m’assois sur le banc, je regarde l’heure passer ? Alors qu’il y aurait beaucoup de choses à faire », s’indigne-t-il. « C’est vide », confirme Zayan. Les tentatives de dialogue, n’ont « rien donné », déplorent-ils. « J’ai bien pensé à faire une manifestation », confie Iqbal, « mais les gens s’en foutent, car on n’est pas assez de jeunes, on est des générations séparées ».

    De là à évoquer le droit de vote dans les quartiers, il n’y a qu’un pas, qu’il franchit sans souci. « Je parle beaucoup politique avec mon père, je serai capable. Je veux vraiment que ça change et pas que pour moi, aussi pour les plus petits ! », insiste Iqbal. « Je veux pas déménager, je suis né ici, je veux changer là où j’habite », assène Zayan.