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  • La rentrée de la MJC bat son plein entre théâtre et musique

    La rentrée de la MJC bat son plein entre théâtre et musique

    Je l’inscris à la MJC car il baigne dedans depuis qu’il est petit », confesse Marilyne Pellegrino aux inscriptions de rentrée de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Martigues mardi dernier. Son fils Hugo vient y découvrir le théâtre, « car je veux devenir Youtubeur et tourner dans un film » argue le jeune garçon en CM2 à La Couronne.

    Un rêve Parmi d’autres, au milieu des dizaines de parents, enfants et autres intéressés par les activités de la MJC. Avec comme nouveauté cette année l’atelier musical des minots, Qui permet à des enfants n’ayant jamais fait de musique de découvrir plusieurs instruments. « On a eu besoin de trouver un moyen pour désengorger les cours de musique qui sont pleins chaque année » indique Elsa Ferrier, chargée de la communication de la MJC. Une nouveauté complétée par un atelier de percussion africaines et de rythmes du monde par Jean-Christophe Herrmann.

    Avec plus de 990 adhérents l’année dernière, la MJC se donne pour « objectif d’atteindre le même nombre cette année » projette Elsa Ferrier, alors qu’ « entre 250 et 300 personnes étaient déjà réinscrites en fin de saison dernière » et que « le temps fort de l’inscription dure jusqu’à la Toussaint ».

    Un ancrage local

    Cette affluence à l’inscription s’explique entre autres par la présence et l’historique de la MJC de Martigues. « On vient voir des pièces de théâtre depuis très longtemps » reprend Marilyne Pellegrino. « Je suis déjà venu voir des spectacles de ma grand-mère » abonde son fils Hugo. Le large éventail d’activités permet d’ailleurs de s’y retrouver à tous ces âges. Comme le dit la mère de Nils Fruit, « il faisait du saxophone avant. Je voulais qu’il fasse une autre activité culturelle alors je l’ai inscrit au théâtre car j’en ai moi-même fait avant ». « Car c’est un sacré comédien » complète-t-elle sur le ton de l’humour.

    Et ces activités ne sont pas que pour remplir le mercredi. « il voulait continuer le saxo mais son ancien professeur arrêtait, alors on est venu ici » conclut la mère de Nils Fruit. On retrouve cette « connaissance intergénérationnelle des habitants », souligne le directeur Isidore Gomis, qui insiste sur « le renouvellement du package, issu chaque année des discussions avec les adhérents sur ce qu’ils ont envie de faire ». Cette liberté est rendue possible par « l’engagement constant de la Ville sans laquelle on fermerait nos portes » indique le directeur, qui revendique l’« équipement le mieux doté dans les Bouches-du-Rhône. Quand je discute avec d’autres collègues je vois qu’ils ne sont pas soutenus comme nous » en comparaison avec les autres structures analogues.

    À noter, le prochain temps fort qu’est la soirée Kanaky le 4 octobre.

  • Les vendanges, un moment de convivialité

    Les vendanges, un moment de convivialité

    « Un jour, il faudra qu’on fasse appel à des professionnels mais on sait que certains de nos amis seront déçus », reconnaît Samuel. Depuis la veille, cet architecte de formation supervise la récolte du raisin aux côtés d’Adrien, qui pilote le tracteur pour ramasser les caisses pleines entre les rangées de vignes.

    En ce samedi matin d’août, une vingtaine de bénévoles se retrouvent à nouveau sur une parcelle à Pompignan, dans le sud du Gard. Malgré l’heure matinale (6h30), la bande admire le liseré orange du soleil qui se dessine à l’horizon et illumine le clocher du village. L’équipe est différente de la veille et tous ne se connaissent pas forcément. Des amis venus de Marseille, de la famille ayant posé des congés fin août ou de simples voisins ont répondu présents.

    Après un café, Samuel donne les consignes : « Faites attention à vos doigts, hier nous avons eu une coupure ! Nous allons récupérer du grenache blanc qui n’est pas facile d’accès, donc vous coupez comme vous le pouvez. Il faut être deux par rangée, face à face, pour ne rien oublier. Par contre, on laisse tomber au sol les grappillons », lance-t-il, une petite grappe de raisins pas encore mûrs à la main pour illustrer son propos. « Les anciens laissaient les grappillons sur la vigne. Des Lozériens descendaient un mois plus tard quand le raisin avait mûri et ils le ramassaient pour faire du vin quasiment gratuitement. C’est ce qui a donné le mot grappiller », explique Adrien, 33 ans, issu d’une famille de viticulteurs. L’anecdote qui permettra de briller en société en poche, les participants armés d’une petite veste pour supporter un mercure descendu à 12 degrés, s’élancent dans les rangées de vignes.

    Et immédiatement, la parole se libère. Que ce soit des amis heureux de travailler ensemble ou deux inconnus qui apprennent à se connaître, les discussions vont bon train alors que les caisses remplies s’accumulent au pied des vignes. « Ce que j’ai préféré, c’est le lever de soleil au milieu des vignes avec des têtes qui sortent d’un peu partout. Dans ce moment-là, on imagine ce paysage autour de nous qu’ont connu des générations et des générations avant nous et qui venaient déjà faire les vendanges. Le fait d’être face à face et d’aller au même rythme, ça favorise des discussions sympas », confirme Kéa, une voisine venue pour l’occasion.

    Vers 10 heures, sous des rayons du soleil de plus en plus chauds, le groupe s’accorde une pause ombragée avec fromage et pâté au menu, accompagnée bien évidemment d’un verre de rouge du vignoble. « Pour nous, c’est un peu plus d’organisation d’avoir des amis et de la famille parce qu’on fait nos relevés de sucre et il faut que les gens soient disponibles quand le raisin est mûr. Mais le côté familial et l’ambiance qui va avec est hyper importante. Ça nous pose forcément question que les gens viennent nous aider gratuitement, mais chaque année, les potes nous demandent de ne pas embaucher pour pouvoir revenir », explique Adrien.

    Une histoire d’amitiés

    Restée dans l’entrepôt à Saint-Hippolyte-du-Fort où sont rassemblés les cuves et le vieux pressoir, Charlie réceptionne les caisses de raisins pour commencer à les presser. « Pour moi, les vendanges, c’est 90% de joie et d’intensité positive et 10% de charge mentale et de stress. Ce sont de très beaux moments qui marquent la concrétisation de tout ce qu’on a fait dans l’année. C’est intense, mais c’est aussi très beau de voir tout le monde dans les champs, dans la vigne. C’est l’un des meilleurs moments de l’année avec la taille », explique cette ferronnière qui garde deux gros chantiers par an pour s’en sortir.

    Car les trois comparses ont lancé ce projet un peu fou après la pandémie. Adrien a hérité d’une petite parcelle d’1,5 hectare et les trois amis ont décidé de se lancer, avec l’exigence de réaliser un vin le plus bio possible. Naît alors le domaine de Riu Pintat, pour « rivière ivre » en occitan, en référence au Vidourle qui coule tout proche. Aidés et conseillés par d’autres viticulteurs « nature », ils rachètent d’autres parcelles, peaufinent leur méthode de vinification et passent de 1 500 bouteilles produites en 2022 à 3 000 en 2023 puis 7 000 en 2024. Cette année, ils en ont produit 10 000 et espèrent en compter 18 000 avec la toute nouvelle récolte.

    « Il va falloir les vendre différemment. Il faut qu’on se projette sur plus de secteurs et aller un peu plus loin. Mais pour l’instant, les ventes marchent bien parce qu’on vient de finir de vendre les 7 000 bouteilles de 2024, donc on n’a quasiment pas de stock », précise Charlie qui va ajouter aux cuvées de blanc et de rouge un blanc de macération aussi appelé vin orange, qui portera le nom de Didsmaü (mauvaise famille en occitan). Adrien et Charlie (Samuel va prendre du recul pour se consacrer à la maçonnerie) espèrent ainsi pouvoir vivre de leur nouvelle passion dès cette année.

    De leurs côtés, familles et amis, qui ont déjà prévu de revenir l’an prochain, ont rejoint Charlie à l’entrepôt pour partager un bon repas chaud.

    Si certains glissent leur verre sous le pressoir pour recueillir le précieux jus de raisin tout juste récolté, beaucoup attendent de pouvoir le goûter dans quelques mois avec quelques degrés d’alcool supplémentaires. En attendant, ils repartent avec le sourire et avec quelques bouteilles de la cuvée précédente en guise de remerciement.

    « Chaque année,
    les potes nous demandent
    de ne pas embaucher pour pouvoir revenir »