Tag: Reportage

  • La misère encore plus pénible au soleil

    La misère encore plus pénible au soleil

    Sabrina s’approche timidement des tables dressées par le Secours catholique place Félix-Baret à Marseille. « Est-ce que vous aidez à l’hébergement ? », s’enquiert la jeune femme au visage émacié. « Il n’y a pas de place au 115. Je dors dans ma voiture, ce n’est pas très tranquille pour une femme seule. En plus, avec la chaleur… Mais je ne peux pas la déplacer, je n’ai plus d’essence », justifie-t-elle. Sabrina accepte l’invitation d’une bénévole à rejoindre les autres convives. D’autant plus volontiers qu’elle est « à jeun depuis deux jours », privée « depuis le début du mois, sans savoir pourquoi » de l’allocation adulte handicapé.

    Ce 17 juin, l’association avait organisé une soupe fraternelle devant la préfecture pour interpeller les pouvoirs publics. « Nous avons franchi en 2025 le cap des 30 000 rencontres en une année, 15% de plus que l’année précédente, 50% de plus qu’il y a dix ans », explique Julien Moisan, chargé de plaidoyer de la délégation marseillaise. Les 2,7 millions d’euros par an dédiés par la préfecture des Bouches-du-Rhône aux 2 000 repas par jour pour les personnes mises à l’abri à l’hôtel ou dans la rue et les 400 000 euros alloués aux acteurs de la veille sociale ne suffisent pas à répondre aux besoins qui explosent.

    Au lendemain de son action coup de poing sur la table, le Secours catholique a repris ses maraudes. Mercredi 24 juin, le département est placé en vigilance orange. Françoise, Marc et Rémy ont fait le plein du camion : une centaine de bouteilles d’eau, presque autant de lait, 16 litres de soupe, une glacière de pâtes, des portions de fromage et des dizaines de baguettes de pain, café, thé et cacao. Après un appel au 115, la camionnette part sillonner les rues de Sainte-Anne à la préfecture, en passant par les hôpitaux Saint-Joseph et la Timone. Rémy ajoute la rue d’Aubagne. Où l’équipe de la veille, qui a rencontré 90 personnes, « en a signalé de nouvelles », précise le conducteur.

    Un premier arrêt pour s’enquérir de la santé d’une quinquagénaire qui s’est aménagé un abri discret derrière les lauriers au bout d’un parking, qu’elle tient propre. Elle ne réclame que de l’eau. Un homme, également habitué de la maraude, s’approche pour un café et un bol de soupe et demande un rasoir. Autre halte au pied de l’église de Saint-Giniez où quatre hommes sont assis sur les marches et deux adolescents sur un muret. Tous ont les traits tirés. Aucun d’eux n’a mangé depuis la veille. L’un d’eux loue « une chambre de 8m2, pour 400 euros, sans eau potable », précise-t-il. Épuisé par la chaleur, il a « dormi toute la journée ».

    Après 21h, c’est le rush

    Face à l’hôpital, une femme est assoupie dans une voiture. « Elle y attend la sortie de son mari hospitalisé, prévue pour le lendemain. L’hôtel c’est pas dans leurs moyens », rapporte Rémy qui lui a apporté une soupe. Plus on s’enfonce dans la nuit, plus les moments de rush s’enchaînent autour de la camionnette. Devant un garage du Prado, le véhicule est repéré avant même qu’il se gare. Une vingtaine de personnes afflue. Entre deux cafés et un chocolat distribués, Rémy informe et donne le plan des points d’accueil pour SDF. L’équipe est chaleureuse et la soupe réputée excellente. Mais « on aimerait qu’ils aient plus de temps pour taper un brin de causette », lâche Éliane, retraitée toute pomponnée qui s’est résignée à la rue du fait de sa « maigre pension » et parcourt « des km par jour » avec ses deux amis, « pour la lessive, la douche, la clim… » Près de la préfecture, une quinzaine de personnes attend autour de la fontaine. « J’ai un studio et l’APL, mais au milieu du mois il ne me reste plus rien pour manger », explique un jeune au RSA. Pas mieux pour Armelle et son fils : « Ça fait cinq ans que le Secours catholique nous nourrit, nous habille. Je paye le loyer en priorité pour ne pas me retrouver dehors. Parfois je trouve un ménage à faire, ça aide. » Tandis que Marc remplit les bols de soupe ou de pâtes à tour de bras, elle s’enquiert : « C’est vendredi votre fête de l’été ? » Françoise lui tend une invitation.

    Il est minuit passé et la camionnette s’est vidée, provoquant quelques déceptions. « C’est parfois compliqué à gérer, car il y a de plus en plus de monde et on n’a pas toujours assez à distribuer », regrette Françoise en faisant, un peu épuisée, le décompte des prénoms qu’elle a consignés toute la soirée sur la feuille de route, avec les besoins spécifiques exprimés au passage : « 96 personnes » au bas mot. C’est « beaucoup plus » que lorsqu’elle a démarré les tournées il y a une quinzaine d’années, « et ça ne laisse plus le temps du dialogue ». Cette surfréquentation met en tension les capacités logistiques et humaines des associatifs. « Elle nous écarte de notre mission première : créer du lien social », déplore Baptiste Jeansoulin, animateur des tournées de nuit, suspendues le 9 juin pour répondre à l’urgence et demander plus de moyens. Comme la création d’un restaurant social ouvert le soir, pour « permettre aux gens de la rue de dîner dignement ». La belle proposition du chef étoilé Sébastien Richard avec Le République en 2021, s’est éteinte fin 2025. Et le Noga, qui dresse depuis 2007 près de 500 couverts par semaine le midi sur le cours Julien, est en difficulté.

    « Malgré un contexte budgétaire contraint, l’objectif de l’État est de garantir une reconduction des crédits alloués », indique la préfecture des Bouches-du-Rhône. Une « notification des crédits tardive » fait que les demandes des associations « sont en cours d’instruction », précise-t-elle en annonçant la tenue d’un nouveau comité départemental de lutte contre la précarité alimentaire « dans les prochaines semaines ».

  • Ces familles en or qui font vivre l’esprit Marseillaise

    Ces familles en or qui font vivre l’esprit Marseillaise

    Marseille, chaque premier dimanche de juillet, à 8h du matin une foule immense déferle sur le Parc Borély, à pied, en voiture. Ils viennent du monde entier, boules en main. Beaucoup traînent derrière eux la glacière. Ils sont là pour la fête, l’énorme fête de la pétanque. C’est comme une procession. Le rendez-vous de la famille. Frère, sœurs, enfants, cousins se retrouvent pour le grand rendez-vous de l’année. Pour beaucoup ce sera le seul.

    Voilà pourquoi le Mondial la Marseillaise à pétanque est unique. Il fait déplacer des foules simplement pour participer à une partie, sans pression, ni obligation de résultat. Le dimanche d’ouverture est un immense camping avec des airs de festival où les familles reviennent inlassablement pour goûter à l’allégresse d’une journée sans égale. Mais pourquoi cet amour pour La Marseillaise ?

    Anniversaire de mariage

    Car certains traversent la France pour se retrouver dans ce lieu mythique comme la famille Baradel qui fait le déplacement de Kaysersberg en Alsace afin de participer pour la première fois au Mondial la Marseillaise. Fanny, la fille aînée au nom prédestiné, a offert ce long voyage à ses parents pour leur anniversaire de mariage.

    « Ils rêvaient depuis longtemps de découvrir ce Mondial dont tout le monde parle. Enfin ils vont pouvoir y participer en toute modestie », glisse la jeune femme, heureuse d’offrir ce moment magique à Colette et Olivier, qui sont loin d’être des novices. « Ils pratiquent la pétanque dans un petit club », poursuit Fanny. « Maman originaire de Hyères a quelques prédispositions, et papa, pur Alsacien se défend pas mal. Mon petit-frère Alan sera le troisième larron de cette première aventure Marseillaise. » Elle pourrait en appeler d’autres.

    Plus au nord, les Mahieuw habitent Dunkerque et ne sont pas à leur coup d’essai. L’an dernier, Christophe, le papa, Mathias le fils aîné et Romain le cadet, ont fait le long déplacement de leur nord natal. Une expérience joyeuse, avec la découverte d’un lieu unique et une ambiance exceptionnelle.

    Ils reviennent en force cette fois, à six plus un enfant. « On remet le couvert », se réjouit Mathias, « en joignant l’utile à l’agréable puisque nous passerons dix jours au rythme de la pétanque. En espérant faire mieux que l’an dernier ».

    Plus près de chez nous, à la Bouilladisse à l’est de Marseille exactement, les Negro font le court déplacement. « Ça devient un rituel » confirme le papa Claude pour qui ce sera la troisième participation, « dont une où nous avons atteint le mardi matin avec les copains », sourit-il. « Cette année nous allons unir nos forces avec mes fistons Julien et Thomas pour cette aventure. La Marseillaise est un concours incontournable pour les passionnés. Il y a ce côté festif du dimanche unique. Je me souviens d’une époque où notre club affrétait un bus pour la circonstance avec les glacières bien remplies. Manger un sandwich. boire un petit coup, discuter avec les gens venus de tout horizon, ce sont des plaisirs simples mais de plus en plus rares dans le monde où nous vivons. »

    Ces exemples-là, on pourrait les multiplier par dix, par cent. Ce lien familial avec le Mondial La Marseillaise à la pétanque contribue grandement au succès de l’épreuve. Certaines sont là depuis la création de la Marseillaise. On pense aux Brocca qui se passent le flambeau génération après génération pour faire perdurer la tradition.

    Puis il y a les champions. Ceux qui veulent décrocher la lune. Et là c’est une autre paire de manches. En 2000 Louis et Étienne Lacroix associés à Jean Dubois y sont parvenus. En 2006 Jo et Antoine Dubois avec Benefissa avaient aussi réussi cette incroyable performance. Antoine Dubois, encore lui, l’avait emporté avec son neveu Tyson Molinas en 2022. D’autres ont échoué de peu. Les frères Kourgane, Zoé et Saïd, battus en finale avec Willielm (1976). Les Molinas, Louis, Mamour et Ben tombés deux fois en finale ensemble en 2001 puis en 2007.

  • À Port-de-Bouc, les œuvres fleurissent sur les murs

    À Port-de-Bouc, les œuvres fleurissent sur les murs

    En entrée de ville, à deux pas d’un feu tricolore, l’écriture de Christine Sejean annonce la couleur. « Tout commence ici », affirment ses lettres brutes carmin. « Cette phrase a plusieurs significations, explique l’artiste : c’est le premier mur que vous allez apercevoir sur le parcours des fresques, c’est aussi le plus grand mur sur lequel j’ai peint à ce jour, ça fait également écho à l’histoire de Port-de-Bouc, avec ses luttes et cet engagement pour que les habitants puissent vivre dignement. Et puis il y a aussi un pied de nez à Perpignan, dont Dali disait que c’était le centre du monde. Pourquoi pas ici. »

    Comme chaque année depuis sept ans, une dizaine de peintres se sont réunis cette semaine, à l’occasion du festival « Les Nouveaux Ateliers », pour réaliser des fresques monumentales disséminées dans les quartiers de Port-de-Bouc. À la fin de la semaine, la commune de 17 000 habitants en comptera 70. « Le Tassy est le plus dense », affirme Rémy Uno.

    Le directeur artistique de Lartmada, l’agence coorganisatrice de l’événement avec la Ville, explique : « J’ai donné des indications aux artistes sur Port-de-Bouc, son passé ouvrier, le taux de chômage élevé… en leur disant qu’ils et elles étaient parfois les premiers et derniers contacts des habitants avec la peinture. »

    Certains invités ont donc imaginé des œuvres sur-mesure, à l’instar de Spear. Le Belge a peint un buste surmonté d’une fleur en train de faire un nœud marin. « Ça fait écho à la culture portuaire mais aussi aux communautés différentes qui se sont amarrées à Port-de-Bouc, avec un visage universel qui représente l’espoir, la joie. » Tea Kvar, elle, termine une fresque représentant une joute provençale.

  • [Série 3/3] Les soins de support, maintenir la nutrition et la qualité de vie

    [Série 3/3] Les soins de support, maintenir la nutrition et la qualité de vie

    Les soins de support permettent de soutenir le patient en parallèle de la prise en charge médicamenteuse ou chirurgicale de sa pathologie cancéreuse. « Il existe neuf soins de supports définis comme la nutrition, l’activité physique, ou encore la douleur, entre autres », explique le docteur Braticevic gériatre et directrice du Comité de liaison en alimentation et nutrition au sein de l’Institut Paoli-Calmettes. « Les soins de support sont les mêmes que l’on soit jeune ou moins jeune. Par contre, il y a un aspect supplémentaire à prendre en compte pour les personnes âgées, ce sont les comorbidités, c’est-à-dire d’autres pathologies qui auraient pu se développer avec l’avancée en âge. »

    Activité physique et maintien de la nutrition sont essentiels

    C’est au moment du diagnostic que les évaluations ont lieu, au début donc de la prise en charge pour ensuite adapter au mieux les soins de support en fonction des besoins du patient soigné. « Lors d’un bilan oncogériatrique nous faisons particulièrement attention à l’activité physique et à la nutrition », souligne-t-elle. « Une personne qui a une activité physique à ne pas confondre avec du sport – tolérera mieux les traitements, sera moins fatiguée et cela permet, pour certains types de cancer, d’éviter le risque de récidives. » Et de continuer, « L’aspect nutritionnel ne doit également pas être négligé car on sait que la plupart des médicaments dans le sang se fixent sur les protéines. Sauf que, quand on maigrit on baisse son taux de protéines, donc les médicaments se fixent moins bien et de fait fonctionnent moins bien. » Les professionnels de santé proposent donc aux patients traités pour un cancer un enrichissement de l’alimentation en calories et en protéines. L’objectif étant de maintenir l’état nutritionnel pour que les traitements fonctionnent au mieux tout en préservant un bien-être global. « L’essence même de notre métier c’est de soigner au mieux un patient tout en préservant sa qualité de vie parce que souvent quand on avance en âge c’est ce qui importe le plus. Il ne faut donc pas sous-traiter quelqu’un sous prétexte qu’il est âgé mais il ne faut pas le surtraiter non plus. Tout l’enjeu étant de prendre la juste mesure », ajoute Cécile Braticevic.

    En somme, un patient qu’il soit âgé ou non ne doit pas perdre de poids au cours de son hospitalisation. Ce poids perdu correspondant à de la masse musculaire surtout chez un sujet âgé. « Les personnes âgées sont davantage touchées car quand on vieillit, on a tendance à diminuer sa masse maigre au profit de sa masse grasse. Pour donner un exemple, quelqu’un de 80 ans qui perd un kilo perd en fait 800 g de muscles, la dénutrition est donc la bête noire du patient », renchérit-elle. « 40% des patients hospitalisés chez nous sont dénutris et pour certains types de cancers, cela monte à 70% il y a donc une nécessité d’assurer un suivi tout au long du processus de soins avec si besoin, un partenariat pour des hospitalisations à domicile. »

  • À Martigues, les surveillants de baignade de demain en formation

    À Martigues, les surveillants de baignade de demain en formation

    « On n’a pas d’équipements comme ça à Marseille », s’émerveille Brahim Timricht, de l’association marseillaise Le Grand bleu, à propos de la piscine Avatica de Martigues. Cinq jeunes martégaux de 18 à 23 ans font des allers-retours dans le bassin de 25 mètres ce mercredi matin, sous les yeux de leur enseignant Houssine Naouar. Tantôt en nage libre, tantôt sur le dos et sans les mains, parfois une pause avant de reprendre, le programme est soutenu.

    Un emploi garanti à la fin

    Normal. Depuis lundi, la structure marseillaise connue pour enseigner la nage et plus encore aux enfants a débarqué à Martigues pour former des jeunes adultes au Brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (BNSSA). « Pour les préparer il faut améliorer leur pratique de la natation », explique l’enseignant. « En plus de la préparation physique, on apporte de la technique, chaque épreuve est chronométrée », détaille-t-il avant de lancer un nouvel atelier « prise de dégagement ».

    En binôme, un stagiaire simule une noyade pendant que l’autre doit le saisir au poignet, plaquer son bras au buste, puis le « remorquer » le plus loin possible, la tête hors de l’eau. « À l’examen il faut tenir 10 mètres. Pour l’entraînement je leur en demande 25 comme ça on est serein », confie Houssine Naouar. « Le cardio il est fini, on aurait dû commencer par ça », lance Thomas Miseranni, 18 ans et benjamin de l’équipe, essoufflé après avoir tracté son camarade Nabil Boukelkoul.

    Ce dernier est entré grâce au centre social Notre-Dame-des-Marins. « J’étais à un stade où j’en avais marre de l’école, je voulais quelque chose de professionnalisant », relate-t-il. « En plus la formation est gratuite, c’est pas négligeable et on trouve du taf partout : plages, piscines, campings et croisières. » Une préférence ? « Les croisières, ce serait pas mal », confie-t-il.

    Après la séance, les jeunes sont en formation générale au secourisme de 11h à 17h pause comprise, pendant 15 jours. « On sort 50 sauveteurs aquatiques par an depuis 15 ans », souligne Brahim Timricht du Grand Bleu. « Cette nouvelle formation, financée par la Politique de la Ville de l’État nous donne une ampleur départementale. À la sortie, l’emploi est positif à 100% », assure-t-il, une aubaine pour « les jeunes envoyés par les centres sociaux, la Ville la Mission locale et France travail ».

    Cela suscite des vocations. En fin de séance, Thomas Miseranni ose : « Je suis volontaire pour être maître-nageur. » Le CFA du Grand Bleu sera sa porte d’entrée, la même que son enseignant dix ans plus tôt.

  • Les cerfs-volants ont le vent en poupe

    Les cerfs-volants ont le vent en poupe

    Tout juste arrivée sur la plage du Verdon, une petite fille pointe le doigt vers le ciel pour montrer son cerf-volant préféré à sa tatie. « Regarde, elle est là ma raie ! » s’exclame-t-elle, ravie. D’autres animaux marins sont sortis de la Méditerranée pour rejoindre les airs. Un banc de requins flotte au-dessus du sable, accompagné de crevettes, d’un bernard-l’ermite et d’un poulpe.

    Pour cette 19e édition du festival du cerf-volant, une quarantaine de passionnés des quatre coins du monde se sont réunis à La Couronne à l’initiative de l’association Coup de Vent et de la Ville de Martigues pour trois jours, du 11 au 13 avril. Et le succès est au rendez-vous. Parents et enfants se pressent aux ateliers de fabrication. Pour Frédérique Riquier, à l’origine de cet événement, ça s’explique facilement : « C’est une activité qui est simple à pratiquer, écologique, et qui est familiale et intergénérationnelle ! »

    Sylvie, venue tout droit de Savoie avec son compagnon Marc pour présenter leurs créations, précise : « Il y a plusieurs écoles de cerf-volant. Il y a ce qu’on appelle le mono-fil, c’est ce qu’on a là : on fixe des animations faites maison sur un porteur. Il y a aussi du pilotable avec des manettes, qui trouve plus son public. »

    Une bulle pour rêver

    Le couple regrette l’absence de « relève » pour la pratique qu’ils affectionnent. Pour eux, le plaisir réside dans la création des structures et les voyages pour aller de festival en festival et sillonner l’Europe à la rencontre de personnes qui partagent la même passion. Marc développe : « 25% c’est la fabrication, 25% c’est le plaisir de faire voler et 50% c’est la joie d’être avec les copains. » Sylvie approuve : « C’est un prétexte. On se réunit autour d’une table et on partage des choses de nos régions et de nos pays respectifs. »

    « Le cerf-volant c’est quelque chose qui se partage, confirme Frédérique Riquier. Il y en a un qui a quelque chose en tête, un deuxième qui a un bout de solution et hop ! quelque chose de nouveau naît. Et puis il y a de la convivialité, on se connaît tous à force de traîner dans ces événements. On est des gens très différents mais on a tous à cœur de partager. On ne parle plus d’actualité, ni de religion, ni de politique, c’est une bulle qui nous protège un peu du monde extérieur et qui nous permet de rêver. »

    Et puis, au quotidien, « c’est une détente », reprend Marc. « De la même manière que les gens qui font du tricot, sauf que le tricot ça vole moins bien », plaisante-t-il.

    Leur ami Jean-Philippe, Marignanais de 52 ans passionné depuis ses 8 ans, préfère quant à lui l’aspect « modélisme ». Il assure : « Les éléphants roses, ça vole. Il suffit juste de trouver comment. » Lui n’a qu’une obsession : les airs. « C’est simple, je fais du kite, du parapente, de l’aviation… Y’a que ça qui me plaît. Il y a quelque chose de méditatif, on est pénard. »

  • [Série 2/3] La fragilité des séniors, la repérer et la prendre en compte

    [Série 2/3] La fragilité des séniors, la repérer et la prendre en compte

    Gériatre au sein de l’Institut Paoli-Calmettes, le docteur Maud Cécile prend en charge les patients âgées atteints de cancer. La définition de la personne âgée est variable et dépend du contexte. En général la limite d’âge communément admise est de 75 ans. « Le rôle du gériatre dans un centre anti-cancéreux consiste à optimiser la prise en charge globale de ces patients, à tenir compte des maladies et conditions liées au vieillissement normal qui viennent s’ajouter à la problématique du cancer, à évaluer les besoins du quotidien, à ajuster les traitements et, à informer et soutenir le patient et ses aidants », explique la professionnelle. « Le gériatre apporte un éclairage aux équipes médicales et chirurgicales à travers la détection de fragilités potentielles du patient. »

    Pour information, un bilan gériatrique global n’intervient dans le processus de soins que parce qu’un praticien le demande s’il détecte une potentielle fragilité chez le patient. « Cette demande se fait soit au sens clinique parce que le professionnel de santé estime qu’il y en a besoin, soit suite à la réalisation de ce que l’on appelle le Score G8. Il permet de créer un score lors des consultations d’annonces. Si ce dernier est en dessous d’un certain seuil alors cela évoque un risque de fragilité », souligne le docteur Cécile. Le questionnaire G8 émane d’une vaste étude qui s’appelle l’étude oncodage. C’est un outil de dépistage gériatrique qui permet aux oncologues d’identifier, parmi les patients âgés atteints de cancer, ceux qui devraient bénéficier d’une évaluation gériatrique approfondie. « Ces tests ne sont pas faits pour avoir des chiffres et des scores mais pour ajuster, adapter et mettre en place des mesures correctives et anticipatoires », précise-t-elle.

    L’entourage joue un rôle important

    « Une fois la demande faite, le patient est pris en charge par une équipe pluridisciplinaire qui comprend une infirmière formée à la détection des fragilités gériatriques, une assistante sociale, un coach d’activité physique adaptée, une diététicienne mais aussi un gériatre. Parfois, un psychologue ou un médecin de la douleur peuvent intervenir dans le processus », ajoute-t-elle. « La détection desdites fragilités se fait grâce à un test d’évaluation gériatrique standardisé que l’on évalue de façon systématique dans un certain nombre de domaines pour balayer tous les problèmes potentiels. » Au terme de cette consultation qui dure plusieurs heures et où l’on demande au patient d’être obligatoirement accompagné, un point est fait avec le praticien qui a demandé le bilan mais aussi le patient et son accompagnant. « Ce qui nous motive le plus dans le processus c’est de préserver au mieux la qualité de vie et l’autonomie fonctionnelle du patient tout en limitant le plus possible l’impact négatif des traitements qui, dans tous les cas vont avoir un impact négatif sur la qualité de vie du patient mais aussi sur son entourage et ça, c’est un facteur à ne pas négliger. »

  • La nouvelle liste « Agir pour Gap » met les bouchées doubles

    La nouvelle liste « Agir pour Gap » met les bouchées doubles

    « On fait de petites nuits », confesse Axel Berriaux, sourire mi-amusé mi-las au visage. Avec Gérard Jean, ils sont tous deux colistiers d’Elie Cordier. À leurs côtés, Bastien Arce-Menso, collaborateur parlementaire de la députée socialiste Marie-José Allemand. Fidèles d’Elie Cordier, le trio quadrille désormais la ville tout l’après-midi ce mercredi, colle et affiches en main, aux couleurs de l’union. « Après ça, on va du côté de Romette, il reste encore trois ou quatre panneaux d’affichage libre à faire », annonce Bastien Arce-Menso.

    Tractage, porte-à-porte, rencontres sur les marchés, veille des réseaux sociaux… Ces derniers jours de campagne sont sportifs. Le trio était sur le marché le matin même, où Gérard Jean dit avoir vu des Gapençais « pas à 100 mais à 120% derrière eux ». Demain, ce sera la distribution de tracts dans les boîtes aux lettres. Objectif : chaque habitant de Gap doit avoir un flyer de la nouvelle liste. « On a identifié 50 secteurs, on n’est pas assez pour avoir une personne sur chacun d’entre eux, donc certains vont devoir en couvrir jusqu’à cinq », détaille Bastien Arce-Menso. Ensuite, repos ? « Pas si on gagne, s’amuse le jeune collaborateur parlementaire. On connaît Elie Cordier, si on est élus, lundi à 7h, on est debout pour commencer le travail. » « En cas de victoire, il a déjà prévu beaucoup de choses à faire, dès le début, pour imposer très vite notre marque », confirme Gérard Jean.

    Les deux camps au coude-à-coude

    Tous trois affichent enthousiasme et prudence. « On est concentrés. On sait que ça va être une élection très serrée, il va falloir aller chercher les abstentionnistes pour faire la différence avec Roger Didier, analyse Axel Berriaux. Il peut encore frapper fort, il a les moyens et une base solide. » Signe que le scrutin est très incertain, les débats se tendent. La liste du maire sortant Gap demain en confiance, affirmait sur Facebook ce mardi que la liste de gauche prévoit de désarmer la police et de retirer les caméras de vidéoprotection. « C’est une intox, rétorque Bastien Arce-Menso. Au contraire, on veut développer les moyens de la police municipale pour créer une brigade de nuit. » À côté de l’affiche de la liste, le trio en rajoute une autre qui annonce une rencontre publique au Tempo, jeudi soir à 18h30. « Les réservations sont déjà presque complètes », affirme Bastien Arce-Menso. Rassembler ses soutiens est une chose mais pour l’emporter, il faudra élargir sa base. « Chaque personne qui a une heure doit venir nous aider ! », lance-t-il, avant de remonter en voiture pour un prochain secteur.

    Roger Didier fustige une alliance « de compromission »

    Pour le maire sortant (DVD), l’union de gauche s’apparente « à celle de la carpe et du lapin », entre des camps « opposés depuis des années au conseil municipal et dont on se demande si les électeurs respectifs ne se sentent pas trahis ». Lui se dit « droit dans ses bottes », et rappelle n’avoir fait « aucune compromission avec le RN ». Mis en ballotage pour la première fois depuis 2008, il se dit « prudent », mais mise sur « une qualité de vie, très visible et reconnue par tous » à laquelle son équipe est parvenue pour la ville.

  • Les syndicats martégaux à l’offensive contre le RN

    Les syndicats martégaux à l’offensive contre le RN

    Dès 6h mardi matin, les militants de l’Union locale CGT du pays martégal et des syndicats qui la composent sont rentrés en campagne. « Tous mobilisés contre le fascisme et pour le progrès social », peut-on lire sur les tracts tirés du communiqué publié lundi après-midi (voir ci-dessous), distribués à l’entrée de l’hôpital, puis devant l’hôtel de ville à 8h et à la cafétéria du complexe pétrochimique de Lavéra à midi.

    « Nous prenons position dans la campagne motivés par les 28% de l’extrême droite », explique Jessica Jadé, cosecrétaire du syndicat CGT des agents de la Ville après la distribution à la mairie. « En aucun cas le RN ne répond aux enjeux du camp des travailleurs. Déjà, la bascule impacterait directement le nombre de services publics, par la privatisation de l’entretien, des espaces verts, des crèches ou de la restauration collective », détaille la syndicaliste. Mais aussi, « quand l’extrême droite parle de baisser le budget de fonctionnement, il parle de nos salaires ! Nos conditions de travail sont directement impactées », considère Jessica Jadé.

    Un avis complété par sa cosecrétaire Mylène San Nicolas. « Ça veut dire ne plus remplacer lors de départs à la retraite », estime-t-elle, mais aussi « la remise en cause de la qualité du dialogue social », avec la majorité actuelle et « plus de difficultés à obtenir des avancées pour les agents, avec le RN ou des antisociaux en place ».

    Les discours et les actes

    Au sein du complexe pétrochimique de Lavéra, à la pause de midi, les travailleurs se pressent à la cafétéria. Toute une équipe s’est mobilisée à leur rencontre. « J’ai grandi avec la mairie Lombard, puis Charroux, et je veux que mon fils puisse profiter de tout ce qu’elle propose », explique Anthony Celor, cégétiste à Naphtachimie et habitant de Lavéra, rappelant que « Gaby Charroux est le seul à s’être occupé des problèmes dans nos entreprises, contrairement aux autres qu’on voit jamais et qui votent contre la nationalisation d’Arcelor, l’augmentation des salaires et pour les baisses de budget des Villes ».

    Cyril Renard, travailleur d’Ineos syndiqué à Sud Chimie, trouve « super bien fait » le tract de la CGT qui est distribué. « Il permet d’aller convaincre, d’expliquer les mensonges et bluffs et pourquoi faire barrage au RN qui est contre les syndicats, affirme-t-il. Tout ce qu’ils ont fait et voté à l’Assemblée montre qu’ils sont contre les travailleurs », conclut-il.

    Des positions partagées par Sandrine Jacquemus, travailleuse sur site. « Tout le monde doit prendre ses responsabilités » considère-t-elle, pointant que « bizarrement, il n’y a aucun syndicat d’extrême droite pour défendre les travailleurs, c’est bien parce qu’ils défendent le capital ».

    Issu de Naphtachimie, le secrétaire de l’Union locale CGT, Daniel Bretonès, affirme que « jamais un salarié n’a tiré d’avantages de l’extrême droite ». Et assène : « Qui était devant Kem One ou Total La Mède pour nous soutenir lorsque ces usines étaient menacées ? Qui est le premier à nous avoir répondu pour défendre l’hôpital ? Qui était devant les écoles quand des classes étaient menacées ? Qui était à Notre-Dame-des-Marins à 4h du matin pour soutenir les habitants et appeler les crèches pour apporter du lait ? C’est Gaby Charroux et Pierre Dharréville, et il n’y avait pas d’élections à ces moments-là », liste le syndicaliste.

    Dans ce contexte, Daniel Bretonès affirme que « Gaby Charroux est le seul à pouvoir faire barrage au RN », de même qu’il défend « un bon bilan et programme », contrairement à « celui qui se cache derrière Bardella et n’a jamais été là ».

    Jean-Luc Di Maria s’explique sur son maintien à Martigues

    Le candidat DVD a publié une vidéo sur le réseau social Facebook, mardi soir, pour expliquer avoir décidé de maintenir sa candidature au second tour. « Pas le choix le plus simple, mais assumé » justifie-t-il. « Je ne ferai aucune alliance avec le RN » tranche le candidat. « Nos valeurs ne sont pas les mêmes », note Jean-Luc Di Maria, indiquant avoir demandé à Emmanuel Fouquart (RN) : « Quelle est ta position sur la promesse faite à la communauté musulmane concernant un bail emphytéotique pour construire leur mosquée ? sa réponse a été niet ! Voilà la vérité » lance-t-il. « Gouverner n’est pas diviser, mais unir. Je refuse les calculs politiques qui vont à l’encontre des valeurs que je défends » tance le candidat, qui tiendra son meeting jeudi à 18h30, salle du Grès.

  • Une chasse au trésor ludique pour les enfants à Figuerolles

    Une chasse au trésor ludique pour les enfants à Figuerolles

    Ils galopent, inarrêtables, vers l’herbe verte et en quête de glands tombés à terre. Ce vendredi matin, la quiétude habituelle du parc de Figuerolles est troublée par la masse des 32 têtes du troupeau de moutons mérinos et mourérous, accompagnés des chèvres du Rove. Sans s’arrêter, Newton, le vigoureux border collie de 7 ans, leur file au train et les conduit droit sous les oliviers. Puis il s’immobilise, attentif à ce qu’aucune brebis ne s’égare à nouveau en broutant.

    Cette démonstration est habituelle pour Mélanie Michelotti et Gaëtan Bartholini, tous deux agents de la ferme pédagogique de Martigues. À ceci près qu’une dizaine d’enfants les accompagnent, carnet en main, pour une chasse au trésor thématique. Une pomme de pin, un gland ou un peu de laine font partie des éléments à collecter. Raphaël, 10 ans, est le plus rapide. « J’étais venu il y a 5 ans et ça a bien changé, il y a plus de moutons », remarque il. « C’est important de savoir comment ils sont et ce qu’ils mangent… On peut l’apprendre à l’école, mais c’est autre chose de venir voir », estime l’écolier en CM2.

    Connaître et respecter

    En scrutant le troupeau, Mélanie Michelotti explique leurs comportements. « Observez la séparation naturelle entre les chèvres et les moutons », souligne-t-elle. Mais une, puis deux, puis plusieurs bêtes s’écartent et bondissent pour se suivre. Attention à l’effet de groupe. « Dès qu’il y en a un qui part, tous les autres suivent, il ne faut plus bouger ! » prévient l’agente. Ils cherchent des glands, car « ce sont comme des sucreries pour eux, on leur en donne parfois pour donner un goût au lait », détaille-t-elle.

    Le fils de presque 3 ans de Quentin Ollivier est subjugué. « C’est important de le confronter à ces animaux et d’apprendre à les respecter, surtout quand on habite en ville », estime le jeune père, ravi de profiter d’une « activité adaptée aux très jeunes ». D’autres écopâturages sont prévus aux prochaines vacances, mais d’ici là, le troupeau est sorti tous les jours. « Les gens peuvent venir voir, parfois, on prend même les chevaux et les ânes avec nous », confie le berger.