Tag: réindustrialisation

  • Contre la guerre, Roussel sort le bazooka budgétaire

    Contre la guerre, Roussel sort le bazooka budgétaire

    Ce dimanche après-midi, les chaises manquaient dans le palais des congrès du parc Chanot. Au milieu du tourbillon de drapeaux rouges ou tricolores, ils étaient plus de 1 500 pour le meeting du secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, avec la présence de représentants de toutes les forces de gauche, hors les insoumis. Un rendez-vous marqué par l’assassinat, dix jours plus tôt, du jeune Mehdi Kessaci.

    « Ces mafias tuent nos enfants, tuent tout espoir pour des milliers de jeunes dans notre ville, dans notre pays », rappelait le secrétaire départemental du PCF dans les Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, qui avait lancé dès 2024 un Appel de Marseille pour alerter sur cette réalité du narcotrafic. « Pour sortir notre jeunesse de ces logiques, il faut lui permettre de travailler, d’être formée », interpelle le sénateur.

    2,5 milliards contre

    le narcotrafic

    Après lui, le secrétaire national du PCF promet d’emblée : « Nous ne céderons ni à la peur, ni aux menaces, d’où qu’elles viennent. Machiavel a écrit : celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leurs âmes. Ici à Marseille, nous n’avons pas peur, et nous restons libres ! » Lui qui a participé à la marche blanche organisée la veille rend un hommage appuyé à Amine Kessaci, et relaie son appel face au narcotrafic qui a abattu ses deux frères. « Il faut mener cette guerre et ne pas céder un pouce de terrain à ces criminels : ce doit être le combat de la République, que nous devons mener tous ensemble », assène Fabien Roussel. Et de défendre l’embauche de 60 000 policiers, enquêteurs, douaniers. Un engagement de 2,5 milliards d’euros.

    Mais c’est surtout un discours de paix qu’est venu porter le secrétaire national du PCF, cinq jours après l’appel du chef d’état-major des armées à « accepter de perdre nos enfants ». « Ces mots glacent le sang », s’alarme Fabien Roussel. Face à l’économie de guerre, face aux discours guerriers, il fait le serment : « Jamais nous ne voterons les crédits militaires et les pleins pouvoirs à des dirigeants prêts à envoyer nos enfants faire des guerres qui ne sont pas les nôtres. » Lui appelle à une coalition internationale pour un cessez-le-feu en Ukraine, à la mobilisation le 29 novembre pour la paix en Palestine.

    Face à ces sacrifices promis à la jeunesse, il promet de sortir le « bazooka budgétaire ». De quoi ouvrir d’autres perspectives. « Nous proposons 100 milliards d’euros par an pour relever ce pacte d’avenir pour la France et le climat », annonce-t-il. Cela pour reconstruire les services publics avec un plan de formation de soignants et d’enseignants, abroger la réforme des retraites, indexer les salaires sur l’inflation en augmentant le Smic, assurer l’égalité salariale, garantir une énergie accessible et décarbonée… Et lancer la reconquête industrielle. « Il n’y aura plus une heure de travail qui partira à l’étranger », promet-il. Alors que la richesse des 500 plus grosses fortunes a doublé en huit ans, l’édile nordiste interpelle : « Nous avons assez fait de sacrifices ! Les cigares doivent changer de bouches ! »

    Pour mettre en œuvre ces mesures, il assume : « Fixons-nous l’objectif de conquérir le pouvoir plutôt que de regarder médusés l’extrême droite dérouler son programme. » Cela commence par les municipales, avec un appel résolu au rassemblement. « Nous ne conduirons aucune liste de division contre des maires sortants socialistes, écologistes et insoumis, que personne ne nous donne de leçons ! Nous, l’union, on en parle et on la fait ! » tacle-t-il. Et d’appeler les militants à mener ces campagnes, « qui nous permettront de gagner les Jours heureux ».

  • [Rue de la République] Marc Pietrosino : « Le RN, c’est une catastrophe pour les travailleurs »

    [Rue de la République] Marc Pietrosino : « Le RN, c’est une catastrophe pour les travailleurs »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    L’Assassinat de Mehdi Kessaci

    Didier Gesualdi : Ce samedi a lieu une marche en mémoire de Mehdi Kessaci et contre le narcotrafic. Vous y serez ?

    Oui, c’est important de manifester, d’être auprès de la famille, de lui apporter notre soutien et d’affirmer que d’autres solutions sont possibles pour Marseille. C’est un fléau qui touche Marseille depuis des années. Un fléau qui touche nos professions puisque dans ce contexte tragique, on a eu des agents du conseil départemental menacés sur leur lieu de travail, toujours en lien avec le narcotrafic. Nous leur apportons aussi notre soutien.

    Didier Gesualdi : C’est un phénomène qui gangrène toutes les relations dans notre société.

    Oui, c’est quelque chose qui a déjà été analysé depuis longtemps. On sait que dans certains quartiers, il y a une faillite de l’État, un abandon qui provoque une certaine misère pour les jeunes qui y vivent. C’est un terrain propice pour le grand banditisme. L’État doit réinvestir ces quartiers, pas qu’avec le répressif, il faut qu’il y ait des écoles, des perspectives d’emplois, des services publics… C’est le rôle de la République, au sens le plus fort de ce mot.

    Léo Purguette : La CGT critique depuis longtemps la désertion des services publics de ces quartiers populaires. Quand il en reste, le narcotrafic fait pression sur les agents, dégradent leurs conditions de travail. Est-il encore possible de reprendre le dessus ?

    Oui, à condition que l’État ait une vraie volonté de réinvestir ces quartiers. Je pense que c’est possible. On a connu des situation pires par le passé. Quand il y a une volonté, réelle, on peut y arriver.

    Didier Gesualdi : Une adhésion de la population est nécessaire…

    Oui en sachant que les premières victimes sont les habitants de ces quartiers populaires. On oublie trop souvent de le préciser. C’est quelque chose qui déborde de plus en plus de ces quartiers, et même de la ville pour toucher la région tout entière, donc oui, il faut une adhésion populaire pour dire qu’il faut plus de services publics et plus d’emplois dans ces quartiers.

    Le budget

    Léo Purguette : Ça nous renvoie directement à la question des moyens. Le budget de l’État et celui de la Sécurité sociale en préparation met la CGT est en colère. Quelles sont vos propositions pour faire autrement ?

    Je ne vais pas toutes les lister mais il faut commencer par dire que c’est le pire budget qui existe depuis longtemps. On a déjà protesté contre le budget Bayrou, celui-ci est plus mauvais encore. Coupes dans la Sécurité sociale, doublement des franchises médicales, une certaine mise au pas des associations après un amendement déposé par le RN… Toutes ces choses-là, ne sont pas acceptables.

    Léo Purguette : Quand on vous dit qu’il n’y a plus d’argent, vous n’y croyez pas ?

    Non, beaucoup d’argent circule en France. La question, c’est comment on le redistribue ? Et nous sommes face à une captation par une petite minorité de la population comme le montre les chiffres. Avec une meilleure redistribution, on peut dégager beaucoup de moyens supplémentaires. Les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres et le discours dominant, c’est de nous faire croire que c’est une fatalité. Nous, on dit non. Et il y a quand même pas mal déconomistes qui valident nos thèses. D’autre part, il se pose aussi la question du contrôle de l’État sur sa monnaie. Le système est fait pour qu’on s’endette auprès des marchés financiers, ce qui n’était pas le cas avant. Ce sont des questions qu’il faut investir pour reprendre le contrôle sur le financement de l’action publique.

    Les retraites

    Didier Gesualdi : La bataille des retraites continue mais comment mobiliser quand on a connu un passage en force et une défaite ?

    Ce n’est jamais facile de mobiliser, surtout qu’on est dans une société qui est de moins en moins sur le collectif et de plus en plus sur l’individuel. On fait face à une certaine propagande sur les réseaux sociaux et à des chaînes d’information en continu qui ne sont pas vraiment de notre côté. Mais pour autant, l’adhésion et la prise de conscience populaire resteront la seule solution pour sortir de ce marasme.

    Léo Purguette : Que dit de l’évolution du rapport de force la proposition de « suspendre » la réforme des retraites qui émane du Premier ministre ? Qu’en pensez-vous ? Est-ce suffisant ?

    Effectivement, les mobilisations ont servi à quelque chose, le rapport de force à évoluer mais cela reste largement insuffisant. Nous sommes pour l’abrogation et pas la suspension. Suspendre ça veut dire qu’à tout moment ça peut revenir et puis surtout pour cette suspension il faudrait accepter tout le reste du budget dont on ne veut pas.

    Le Rassemblement national

    Didier Gesualdi : Les municipales approchent, on voit que le RN a le vent en poupe notamment dans notre région. Qu’en dites vous en tant que représentant du monde du travail ?

    Le Rassemblement national, c’est une catastrophe pour les travailleurs. Je sais que ces dernières années, ils ont tenté d’avoir une ligne pseudo-sociale pour embellir l’image. Mais concrètement, il suffit de voir ce qui est voté par cette organisation politique que ce soit à l’Assemblée nationale ou au Parlement européen. Toutes les mesures antisociales sont votées par le Rassemblement national. Et tout ce qui pourrait aller dans le sens d’une amélioration sociale, ses représentants votent contre.

    Didier Gesualdi : De son côté le patronat réclame qu’on baisse ses charges, vous répondez quoi ?

    Le patronat n’a jamais été trop à l’avant garde de la question sociale. Ça fait depuis les années 1980 que les grosses entreprises ont obtenu des exonérations sans créer d’emplois.

    La santé

    Didier Gesualdi : Quelles conséquences des orientations budgétaires sur les usagers des services de santé ?

    Déjà rappelons nous les déclarations du président de la République pendant la crise Covid disant qu’il fallait réouvrir des lits, renationaliser des entreprises de l’industrie pharmaceutiques… Ce qui correspond plutôt à nos thèses à nous. Mais la réalité c’est qu’on est sorti de la crise et qu’on repart sur des fermetures de lits, des restrictions, etc. L’hôpital ne pourra pas tenir éternellement sur le dévouement de son personnel. Si on continue comme ça, le personnel va finir par être en situation de maltraitance avec les usagers.

    Didier Gesualdi : Certains disent qu’on dépense mal, qu’on doit être plus efficace en matière de santé.

    Je n’ai pas l’impression. Quand vous allez aux urgences et que vous constatez qu’il n’y a que deux brancardiers dans un hôpital, quand vous voyez dans quel état est le personnel dans les hôpitaux et même les cliniques, on se dit qu’il y a beaucoup d’économies faites sur leur dos.

    L’industrie

    Léo Purguette : Quel regard portez-vous sur la réindustrialisation décarbonée du golfe de Fos ? On nous promet beaucoup d’emplois. Quelles conséquences pour le territoire ?

    On n’aimerait pas que la décarbonation ou que l’écologie deviennent une raison de fermer des usines. On a le cas de Arcelor avec des hauts fourneaux à l’arrêt. Mittal a reçu beaucoup d’aides publiques de l’État, avec nos impôts. Il faut investir sur des fours électriques pour faire repartir l’activité et réduire les gaz à effet de serre. Imposons-le.

    Léo Purguette : Vous êtes donc favorable à la ligne Très haute tension qui fait débat dans la population ?

    Le débat, c’est est-ce qu’on fait cette ligne et on maintient les industries ou est-ce qu’on ne la fait pas et les industries ne pourront pas exister faute d’électricité. Dans ce cas-là on respirera peut-être mieux mais on sera tous au chômage. Il faut trouver une ligne qui préserve l’emploi tout en préservant notre environnement. Il ne s’agit pas de faire n’importe quoi. Je crois qu’on a les capacités techniques et intellectuelles dans ce pays pour arriver à quelque chose qui satisfasse tout le monde.

    Didier Gesualdi : C’est possible de réindustrialiser tout en tenant compte de la santé au travail et de l’environnement ?

    Oui tout à fait. Que ce soit la chimie, la pétrochimie, on sait que ce sont des industries polluantes mais on sait aussi que par des investissements, on peut les rendre beaucoup moins polluantes. Il faut aller chercher des investissements. C’est un combat qu’il ne faut pas lâcher.

    Léo Purguette : Un combat a été gagné, c’est celui de la Centrale de Gardanne. Là aussi avec des enjeux environnementaux, le projet des salariés a fini par gagner. Comment analysez-vous cette victoire ? Quel est votre avis sur les activités supplémentaires qui pourraient arriver sur ce site ?

    Il faut saluer l’abnégation des salariés et du syndicat CGT qui les a accompagné pour porter ce projet. Ils n’ont rien lâché, ils y ont cru jusqu’au bout. Il faut vraiment leur rendre hommage, c’est un combat intense qui s’est déroulé sur plusieurs années. Leur projet démontre qu’on peut à la fois maintenir de l’emploi industriel et avoir un certain cahier des charges en termes d’environnement. Sur ce que ça peut apporter pour l’avenir, à partir du moment où il y a une production d’électricité, cela ouvre la porte à tous les projets.

    Léo Purguette : Des victoires, il y en a eu aussi avec Fralib, CPMM, le modèle coopératif est-il un modèle d’avenir ?

    C’est à la fois un modèle historique et d’avenir. Déjà Jaurès analysait les coopératives en son temps. C’est un modèle solide qui a traversé le temps. Oui je pense que les travailleurs ne sont jamais aussi efficaces que quand c’est leur outil de travail.

    La République c’est quoi ?

    Marc Pietrosino : « J’ai envie de citer d’abord et avant tout l’école. L’école, c’est la République car quand on a une école réellement efficace, elle permet de donner le même enseignement des plus pauvres aux plus riches et d’avoir l’égalité des chances pour la vie. »

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de
    Anne-Marie Blaineau : Vous êtes du commerce vous pensez quoi de l’avenir des galeries Lafayette ?

    Effectivement, on a une galerie commerciale, le centre Bourse, qui ne se porte pas très bien avec les galeries Lafayette qui en sont parties. Ça dit quelque chose du centre ville de Marseille. Il s’est paupérisé donc il y avait des enseignes pas en adéquation avec le pouvoir d’achat des habitants. Actuellement, le centre Bourse qui est à l’origine un centre historique magnifique, fait l’objet de plusieurs projets. Ce qui nous intéresse à la CGT, c’est d’abord le devenir des salariés du commerce, savoir où ils vont aller. On sait que des enseignes veulent déménager, notamment la Fnac. Il y a une sorte de vampirisation des Terrasses du Port par rapport au centre Bourse. L’avenir du centre Bourse, je ne sais pas s’il s’inscrit dans le commerce ou quelque chose de culturel. L’inquiétude c’est que le nombre d’emploi risque de ne pas être compensé. Mais il faut aussi réhabiliter le centre-ville de Marseille pour permettre de retrouver un centre riche en activités pour tous et plaisant.

  • Fabien Roussel : « Nous ne voulons plus de leurs trafics »

    Fabien Roussel : « Nous ne voulons plus de leurs trafics »

    La Marseillaise : Vous arrivez ce week-end à Marseille dans un contexte particulier, une semaine après l’assassinat de Mehdi Kessaci. Quelle a été votre première réaction lorsque vous l’avez appris ?

    Fabien Roussel : À chaque fois que j’entends un drame lié aux narcotrafiquants qui provoque une mort ou un blessé grave, je suis profondément choqué que ces narcotrafiquants viennent pourrir nos vies. Mais quand j’ai appris que cette fois-ci il s’agissait d’un jeune homme tué parce qu’il est le frère d’un autre jeune homme qui se bat contre les narcotrafics, j’ai été sidéré de voir jusqu’où ces truands, ces bandits, étaient capables d’aller pour faire leur commerce de la mort. Ce crime odieux doit être pris à ce niveau. On a en face de nous des truands, des criminels totalement décomplexés, qui sont prêts à tout. En face, nous ne devons pas leur céder un pouce de terrain. Je trouve extrêmement courageux de la part d’Amine de rester digne, droit et déterminé à mener ce combat-là.

    Beaucoup de responsables parlent d’un nouveau cap franchi, avec un assassinat d’intimidation, qui vise un militant politique. Vous partagez ce constat ?

    F. R. : C’est difficile de le caractériser. Mais c’est un assassinat horrible, pour empêcher Amine de mener son combat contre les narcotrafiquants. J’ai du mal à mettre un qualificatif derrière. Un assassinat est un assassinat. Mais ce qu’ils ont fait en tuant Mehdi, c’est de franchir un pas plus grave. Cela montre que ces criminels sont extrêmement dangereux. Tout autant que le sont des terroristes qui tuent des civils innocents.

    Vous allez participer ce samedi à la marche blanche organisée à Marseille à l’appel de la famille, pourquoi avez-vous souhaité y aller ?

    F. R. : Parce qu’Amine entend continuer ce combat, et que ce combat est juste, nous devons tous être avec lui. Pas derrière, mais avec lui, pour faire front, pour garder la tête haute et pour dire que nous ne leur céderons pas un pouce de terrain. Nous ne les voulons plus dans nos quartiers, dans nos halls d’entrée, nous ne voulons plus de leurs menaces, de leurs balles perdues, de leurs trafics de drogue. Nous n’en voulons plus ! C’est important d’être à côté d’Amine mais aussi à côté de toutes ces associations, de tous ces élus, de toutes ces forces de police, de tous ces magistrats qui se battent contre les narcotrafiquants. Nous devons être unis. La population, le peuple doit faire bloc et envoyer un message extrêmement fort pour leur dire : vous ne nous faites pas peur, nous ne céderons pas.

    Sur la question du narcotrafic, on a l’impression que la droite, que l’extrême droite surtout qui veut imposer un état d’urgence à Marseille, sont plus audibles que les forces de gauche. Comment l’expliquez-vous ?

    F. R. : La droite comme l’extrême droite, depuis des années, ont des mots durs pour parler de sécurité. Mais de l’autre côté, ils déshabillent complètement l’État, les différents ministères concernés, les communes, les différentes associations, de tous moyens d’action. Ceux qui appellent tous les jours à réduire la dépense publique sont coupables de désarmer les services de l’État, la justice, la police, les services publics qui sont tous les jours en première ligne dans ces quartiers. Dimanche j’entends dénoncer cette hypocrisie de la part de ceux qui viennent verser des larmes de crocodile quand il y a ces drames, mais derrière quand il s’agit de voter des crédits pour embaucher des policiers, des douaniers, des magistrats, donner des moyens aux communes, aux associations, sont absents ou appellent à faire des économies. Quand il s’agit de lutter contre les trafiquants, il ne peut pas y avoir de double langage. Il faut être capable de hausser le ton mais aussi de donner des moyens à la République, à l’État, d’être forts, extrêmement forts pour résister à ces bandes qui elles ont des moyens illimités.

    Quelles propositions justement peut porter la gauche ?

    F. R. : Je dirai deux mots : des services publics. Et derrière les services publics, c’est la force de l’État. Derrière les services publics, je mets autant les services publics de l’ordre, telle que la police, mais aussi celui du contrôle de nos frontières, les douaniers. Nous avons perdu 15 000 douaniers dans nos ports, nos aéroports, à nos frontières ! Ce sont des services publics qui devraient avoir tous les moyens pour garantir la protection de notre jeunesse et des habitants. Les services publics, c’est ceux de la justice, et derrière la justice je pense à la PJJ, à la protection de la jeunesse, aux moyens de pouvoir juger rapidement, sévèrement et justement ceux qui sont pris. Enfin, les services publics, c’est tout ce qui agit en matière de prévention. Cela va des moyens que l’on donne aux communes à la vie dans nos quartiers, aux logements, au sport, à la culture. C’est essentiel pour vivre ensemble. Et cela contribue à faire reculer aussi l’individualisme, le chacun pour soi, le système D, et donc les trafics. C’est donc une politique d’ensemble qu’il faut avoir, et tenir les deux bouts : la répression, la protection, mais aussi la prévention.

    Vous aviez décidé avant cette actualité dramatique de venir à Marseille, tenir ce meeting national, loin de toute échéance nationale. Pourquoi ?

    F. R. : Dans la période tendue dans laquelle se trouve la France, avec un gouvernement qui entend continuer à mettre en place des politiques d’austérité, dures économiquement, avec un budget qui ne permet pas à la France de répondre à ses besoins dans tous les domaines – l’emploi, les services publics, la sécurité – je tenais à ce que le Parti communiste français ait une parole forte pour dire que les solutions existent. C’est possible ! C’est possible de répondre aux attentes des salariés, de la jeunesse, des familles, des quartiers, des retraités. Nous produisons des richesses, qui sont injustement réparties. Et nous pourrions produire plus de richesses pour répondre aux immenses besoins de ce pays. Je souhaite montrer dimanche que la question de la réindustrialisation, de développer les services publics, c’est la perspective de créer des centaines de milliers d’emplois qui demain permettront de créer des richesses, de payer des cotisations, de financer notre modèle social. C’est par la production de richesses, par la réindustrialisation de la France, par des services publics forts que nous sortirons par le haut. Ce n’est pas par des politiques d’économies, d’austérité. Toutes ces économies demandées conduisent à rabougrir la France, c’est la petite France que nous proposent la droite et ce gouvernement ! Nous, nous avons une grande ambition pour la France. Et c’est cette grande ambition que je souhaite porter dimanche lors de ce meeting.

    Vous avez évoqué les débats budgétaires, avec un texte qui pour la première fois fait l’unanimité contre lui… Quel regard vous portez sur ces débats, dans une Assemblée éclatée ?

    F. R. : Le fait qu’il n’y ait pas de 49-3 et que les différents groupes sont appelés à construire un budget permet de révéler ce qu’un groupe porte et défend. Pour nous, les parlementaires communistes, nous sommes clairs sur ce que nous ne voulons pas. Tout ce qui conduit à taxer davantage le pouvoir d’achat des Français, nous n’en voulons pas. Mais ça permet aussi de dire tout ce que nous voulons pour la France, pour les travailleurs. En matière de justice sociale : hausse des salaires, baisse de la CSG sur les salaires, baisse de la TVA sur l’énergie, des moyens plus importants pour nos communes, pour nos services publics. Tout cela nous le défendons. Et nous disons aussi que nous sommes prêts à faire des concessions, à construire, parce que nous avons bien conscience qu’il faut chacun faire un pas l’un envers l’autre. Malheureusement, en face de nous, la droite et l’extrême droite sont extrêmement fermées à toute contribution supplémentaire que les plus riches, les plus fortunés pourraient faire pour financer les besoins de notre pays.

    Nous avons vu aussi la gauche divisée à l’Assemblée…

    F. R. : Je ne suis pas là pour parler des divergences à gauche, ce n’est pas mon sujet. Je ne suis pas là pour commenter les mots des uns contre les autres, mais pour dire ce que le Parti communiste français porte comme ambition pour le pays. Après, chacun prend ses responsabilités au moment du vote. Et les Français jugeront. Je sais ce que nous, nous défendons, ce que nous voulons pour le monde du travail, pour nos services publics, pour notre industrie, pour la paix. Je parlerai beaucoup de cette question-là dimanche, parce que tout est fait en ce moment pour préparer la France à la guerre. Nous sommes clairs sur ce sujet : ce n’est pas une question de déni, c’est une question d’objectif, d’ambition pour la France. Nous voulons la paix ! Et la paix, ça se négocie, ça se travaille.

    Quelles propositions mettez-vous sur la table pour le budget ?

    F. R. : Les propositions que nous portons, justement, c’est un changement radical dans la conduite économique de notre pays ! Nous voulons créer des emplois pour répondre aux besoins de notre pays en matière de sécurité, mais aussi pour le climat, la petite enfance, les personnes âgées, pour l’enseignement, pour la santé… Il y a des gisements d’emplois considérables, embauchons dans les services publics, dans les collectivités pour répondre à ces immenses besoins ! Il y a besoin de réindustrialiser la France. Nous proposons un choc fiscal permettant d’investir des dizaines de milliards d’euros tous les ans, comme le font les Allemands d’ailleurs, pour inciter les entreprises à relocaliser en France, à créer des emplois en France, à payer des salaires en France plutôt qu’à l’étranger. Et produire en France plutôt qu’à l’étranger. Les 211 milliards d’euros d’aides publiques doivent être utilisés à cela, et exclusivement à cela : relocaliser l’industrie française en France. Nous redresserons l’économie de notre pays par la production de richesses, une richesse permettant aux salariés de vivre dignement, avec un bon salaire, de payer des impôts et de consommer des produits réalisés en France. Cette question de la production est centrale, c’est le message que je souhaite faire passer dimanche, avec des propositions concrètes… que je vous livrerai dimanche !

    Vous parliez des enjeux de la paix, vous avez vivement réagi sur les propos du chef d’état-major des armées qui parler d’« accepter de perdre des enfants »… Comment met-on un terme à ces discours guerriers ?

    F. R. : Cela fait plusieurs semaines que je tire la sonnette d’alarme pour alerter sur le fait que le président de la République, dans ses déplacements, multiplie des déclarations va-t-en guerre, guerrière. Malheureusement, ce n’est pas ça qui domine dans l’actualité. La déclaration du chef d’état-major des armées permet au moins de sortir de cette ambiguïté. Il a dit tout haut ce que le président de la République dit dans ses réunions à l’extérieur, à l’international. Nous ne voulons pas que la France rentre en guerre, contrairement à ce que le président de la République souhaite. Plusieurs chefs d’État en Europe aujourd’hui sont en train de préparer les esprits à un conflit avec la Russie. Nous devons tout faire pour empêcher la généralisation du conflit. La guerre en Ukraine a fait près d’un million de victimes, morts et blessés, il est temps aujourd’hui de tout faire pour négocier. Il y a deux ans, j’avais présenté des propositions qui pouvaient être discutées. Toutes ces propositions avaient été balayées en disant que ce ne sera jamais d’actualité. Or aujourd’hui, elles sont au cœur des négociations. Nous appelons à ce que des négociations pour une paix juste et durable puissent s’accélérer et que tout soit mis en œuvre pour éviter la guerre. Et nous préférons que la France prenne la tête d’un combat pour la sécurité collective des peuples européens de l’Atlantique à l’Oural plutôt que la tête d’une armée européenne contre Moscou.

    Donald Trump tente aujourd’hui d’imposer sa paix en Ukraine. Est-ce qu’elle serait viable ?

    F. R. : Ne laissons pas les États-Unis imposer les conditions de la paix en Europe. C’est à nous Européens de construire les chemins d’une paix juste et durable parce que ce sont nous qui vivons ici. Pas les Américains ! Ce sont les Américains qui ont tout fait pour attiser les tensions avec la Russie sous les précédents mandats. Ce sont les Américains qui ont multiplié les bases de l’Otan à la frontière russe. Ce sont les Américains qui ont incité l’Ukraine à adhérer à l’Union européenne et à l’Otan. Il est temps maintenant que les Américains arrêtent de jeter de l’huile sur le feu dans notre continent. Qu’ils s’occupent de leurs affaires et qu’ils laissent les Européens travailler à la paix.

    À Gaza aussi Donald Trump a imposé son plan de paix, qui n’empêche pas que les bombardements se poursuivent encore ces derniers jours… Comment obtenir une paix définitive ?

    F. R. : En prenant nous-même notre bâton de pèlerin pour la paix, et en arrêtant d’être suivistes des États-Unis. À chaque fois que la France attend que Donald Trump donne le la, nous sommes soumis à ses décisions. Ne laissons pas Donald Trump dicter ses conditions. Il faut que la France, qui est un grand pays, puisse avec d’autres pays être en capacité de négocier et d’imposer des conditions de paix plutôt que de laisser Trump le faire. Concernant la Palestine, la France et d’autres pays de l’Union européenne ont un poids suffisamment important pour imposer à Israël des sanctions fortes pour permettre aux Palestiniens de vivre en paix dans leur propre État. Malheureusement, ce n’est pas le choix qu’ont fait les nations européennes. Et pourtant nous en avons les moyens économiques. Nous avons su prendre des sanctions fortes contre la Russie, il n’y en a eu aucune prise contre Israël. Zéro sanction ! C’est un deux poids, deux mesures inacceptable.

  • Une semaine pour découvrir les métiers de l’industrie dans le Var

    Une semaine pour découvrir les métiers de l’industrie dans le Var

    L’industrie est un pilier essentiel pour assurer l’indépendance et la souveraineté nationales. À ce titre, préparer la France de demain et réussir la réindustrialisation nécessite des talents et des compétences. Afin de susciter des vocations et changer le regard que les jeunes portent sur l’industrie, la Direction générale des entreprises (DGE) organise depuis 2011, avec le soutien de nombreux partenaires, la Semaine de l’industrie, rendez-vous incontournable entre le monde professionnel et les jeunes en âge d’orientation, mais aussi pour toutes les personnes intéressées par le secteur, enseignants, chercheurs d’emplois ou simples curieux.

    Pour sa 14e édition, la Semaine de l’industrie, organisée autour du thème « Avec l’industrie, fabrique ton avenir », invite les jeunes, hommes et femmes, à mûrir leur projet d’orientation en allant à la rencontre des professionnels, en visitant des ateliers, et en en découvrant les métiers. Porteuse de nombreuses opportunités, l’industrie offre CDI et salaires attractifs dans un milieu nécessaire à l’avenir de notre pays.

    Forum, jeu en ligne

    et visites d’entreprises

    Au total, plus de 8 000 événements ont lieu dans tout le pays, dont 51 dans le département, dont certains au-delà du 23 novembre. Ce mercredi et jeudi, l’opération « Professeurs en entreprise » invite les professionnels de l’Éducation nationale à s’immerger dans trois entreprises industrielles (Veolia mercredi à Cogolin et jeudi à la Valette-du-Var ; Naval Group mercredi) afin de découvrir les secteurs de l’eau et de la défense. Pour le grand public, de nombreuses visites (sur inscription) sont également organisées, dans des domaines d’activité divers et variés : l’entreprise cosmétique Alphanova au Pradet et le producteur d’aluminium Technal/Sapa à Puget-sur-Argens ouvrent leurs portes ce jeudi, tout comme l’entreprise à mission Mini Green Power, basée à Hyères, spécialisée dans la production d’énergie à base de déchets végétaux. Vous pourrez également découvrir l’entreprise de menuiserie Decking & Decors, à Grimaud, lundi prochain, mais aussi les métiers de la sécurité industrielle, à Six-Fours, sur un chantier géré par Alpes Contrôles, jeudi.

    D’autres métiers seront à découvrir à l’occasion du Mediterranean Maintenance Forum 2025, salon industriel dédié à la maintenance des systèmes complexes, qui rassemble plus de 50 partenaires, dont 40 entreprises leaders du secteur, 800 visiteurs professionnels et 1000 lycéens et étudiants, jeudi 27 et vendredi 28 novembre au Palais Neptune de Toulon.

    Enfin, Forindustrie, expérience 100% digitale, déployée dans plusieurs entreprises, est également proposée au grand public, du 17 novembre au 5 décembre. Ce jeu vidéo interactif offre une solution connectée adaptée aux jeunes – mais pas seulement – pour découvrir l’univers de l’industrie.

    Infos et inscriptions sur entreprise.gouv.fr

  • Ces entreprises qui investissent dans la région Sud

    Ces entreprises qui investissent dans la région Sud

    Les entreprises tricolores sont à l’honneur. Habituellement destiné à attirer des investissements étrangers, le 9e sommet Choose France, qui s’est ouvert lundi 17 novembre à la Maison de la chimie à Paris, se décline pour la première fois en version française pour encourager quelque 150 boîtes qui choisissent d’investir dans l’hexagone malgré un contexte international compliqué, en particulier dans les secteurs stratégiques de l’industrie. Au total, un peu plus de 30 milliards d’euros d’investissements sont valorisés, dont 9,2 milliards dans de nouveaux projets. Du côté de la région Sud, huit projets représentant 2 milliards d’euros sont mis en avant.

    Parmi eux, Airbus  Helicopters, qui investit 600 millions d’euros pour moderniser et augmenter la production de son site de Marignane qui compte aujourd’hui 8 500 salariés. Intégré au Pacte Sud Avenir Hélico, ce projet pourrait créer jusqu’à 5 700 emplois supplémentaires d’ici 2032.

    Total La Mède figure également sur la liste. Le géant de la pétrochimie ambitionne de créer une unité d’hydrogène renouvelable d’une capacité de 25 000 tonnes par an en partenariat avec Air Liquide afin de décarboner l’hydrogène utilisé sur sa plateforme de Châteauneuf-les-Martigues, pour un coût total de 150 millions d’euros.

    Un moteur de la réindustrialisation

    L’usine d’acier bas-carbone GravitHy portée par un consortium d’acteurs internationaux, qui représente un investissement de 2,2 milliards d’euros et bénéficie d’une avance remboursable de 800 000 euros de la Région Sud, fait office d’exemple de projet novateur lors de ce sommet. L’usine devrait créer 3 000 emplois (dont 500 directs) et produire 2 millions de tonnes par an de minerai de fer pré-réduit, contribuant à la décarbonation de la filière acier. Le démarrage des travaux est prévu d’ici 2026-2027, pour une mise en production commerciale autour de 2029.

    Devant cette vitrine, Renaud Muselier, président de la Région Sud (Ren), fait part de sa fierté : « Ici en Provence-Alpes-Côte d’Azur, le développement durable crée de l’emploi, l’industrie se décarbone et l’innovation se développe. Grâce à la mobilisation de risingSUD et de nos partenaires, nous faisons de la région un moteur de la réindustrialisation française. »

    Car l’agence d’attractivité et de développement économique de la Région et la collectivité accompagnent également d’autres investissements stratégiques pour renforcer la souveraineté économique du territoire. La start-up française spécialisée dans l’aéronautique Hynaero jouit de ce soutien pour l’installation de son usine d’assemblage de l’avion amphibie bombardier d’eau « Frégate F-100 » à Istres. Le projet bénéficie de 7 millions d’euros de soutien public via France 2030, pour un investissement global d’environ 1 milliard d’euros.

    Du côté de Fos-sur-Mer, Elyse Energy, via son projet Neocarb, est aussi accompagnée par la Région et risingSUD pour implanter une giga-usine de carburants de synthèse bas-carbone destinée à verdir le transport maritime et aérien. Avec un investissement de plus d’1 milliard d’euros et la création de 600 emplois directs et indirects, le projet prévoit une mise en service en 2030.

    Depuis 2 ans, risingSUD dévoile le bilan des investissements français dans la région. En 2024, la région avait ainsi attiré 1 487 nouveaux projets, permettant la création de 9 357 emplois.

  • À Vergèze, le silence gagne le site de la verrerie

    À Vergèze, le silence gagne le site de la verrerie

    L’amas de palettes et de pneus enflammés d’où se dégageait une épaisse fumée noire à l’entrée du site il y a encore quelques jours a laissé place à un tas de cendres. Quelques pneus entreposés contre la grille attendent pourtant encore d’être brûlés. Derrière, un bleu de travail floqué Owens-Illinois reste symboliquement cloué sur une grande croix. Dans l’enceinte de l’usine, quelques affiches et des banderoles à l’écriture ternie par les intempéries des derniers jours continuent de flotter sur les balustrades.

    Ces dernières traces témoignent d’une lutte déjà passée qui laisse un goût amer. D’un côté, le rapport de force engagé a permis à l’intersyndicale de négocier les meilleures conditions de départ des 164 salariés prochainement licenciés. De l’autre, l’unanimité est totale (sauf peut-être pour la direction d’O-I et l’État français) pour condamner la fermeture de ce fleuron industriel gardois aux conséquences sociales, économiques et environnementales désastreuses.

    Dépités, les salariés ont tenu le piquet de grève jusqu’à l’arrêt du four, la grande majorité n’ayant pas eu le courage d’assister à son perçage et au déversement des dernières tonnes de verre liquide. Une fois le refroidissement effectué, tous ont déserté le site, bien conscients que les chances de trouver un repreneur verrier étaient devenues quasiment nulles. « Il y a encore deux mois pour qu’un repreneur se manifeste. Notre dernier espoir c’est que le préfet accorde le label “eau minérale naturelle” à Perrier et que Nestlé reprenne alors la verrerie », explique Yohan Goupille. « Il y a peut-être 1 ou 2% de chances que ça arrive », ajoute, réaliste, le délégué CGT au courant que le voisin a déjà réalisé un appel d’offres pour deux nouveaux fournisseurs.

    Un site déserté

    Hormis des gardes privés devant le portail, une réceptionniste et une poignée de syndicalistes, le site est désert, comme si une catastrophe naturelle avait poussé à la hâte 164 salariés à quitter le site dans la précipitation. Là, une chaise traîne seule au milieu d’une cour. À l’intérieur, les affiches des syndicats continuent de décorer les murs. « Il y avait tout le temps du bruit », répète Yohan Goupille qui reçoit au même moment un mail avec le planning des prochaines semaines, où des astreintes sont prévues les nuits, les week-ends, et où des tours de garde sont organisés pour quelques salariés qui devront rester sur le site entre 8 et 16 heures. « Mais il n’y a rien à faire. Ils vont se regarder dans le blanc des yeux », fustige Yohan Goupille.

    Le local CGT est l’un des derniers espaces où trouver de la vie sur le site de la verrerie. Si le syndicat va tenir deux permanences par semaine pour accompagner les salariés après leur licenciement, il sert aussi à maintenir un dernier lien social. « Ce qui va le plus me manquer, ce sont mes collègues. On passait plus de temps ici ensemble qu’avec notre famille », lance Christophe Oberlin, chargé de contrôle des bouteilles. « Je suis fier d’avoir été verrier et d’avoir travaillé sur ce site qui a fait vivre des générations. C’est surtout triste pour les jeunes parce que nous, nous ne sommes pas les plus malheureux », précise l’ouvrier de 59 ans.

    Même constat du côté de Jean-Louis Mayor, 36 ans de boutique, qui n’aurait jamais imaginé que la fin de sa carrière professionnelle coïnciderait avec la fin de la verrerie : « Du jour au lendemain, on ne va plus se voir alors qu’on se voyait presque tous les jours. Je viens d’être opéré et je suis en arrêt mais j’avais besoin de revenir voir les collègues. C’est dur. Déjà quand ils ont fermé le deuxième four, ça faisait bizarre et ça me faisait mal à chaque fois que je passais devant. Alors là… »

    En revenant à la verrerie, les salariés en profitent pour faire leurs cartons. Un sac-poubelle à la main, Yohan Goupille vide son casier, récupère ses casquettes, chaussures et bouchons anti-bruit mais y laisse sa tenue O-I. S’il arbore toujours son traditionnel sourire, le délégué syndical est gagné par la mélancolie en traversant couloirs et pièces déserts : « Ici, c’est la cantine. J’y ai mangé pendant 31 ans. Sur ce banc, il y avait toujours quelqu’un qui fumait et des gens qui discutaient. Et mon casier ! On l’a reçu en 1973. C’est mon père qui l’avait et quand il est parti à la retraite je l’ai récupéré. Au final, il n’aura connu que mon père et moi. »

    Pour les salariés qui ont connu l’effervescence d’une usine fonctionnant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, le plus dur à affronter sur le site, c’est bien ce silence assourdissant, symbole de la mort de leur outil de travail.

  • Quel avenir pour l’écoplateforme de la centrale de Gardanne ?

    Quel avenir pour l’écoplateforme de la centrale de Gardanne ?

    Se dirige-t-on vers une transformation d’ampleur du site de la centrale thermique de Gardanne ? Après un mois de consultations des riverains et autres acteurs du territoire de Gardanne et Meyreuil, l’enquête publique sur le développement d’une « écoplateforme industrielle » s’est conclue, ce jeudi 23 octobre.

    L’objectif affiché est de réindustrialiser le site via l’exploitation des parcelles inutilisées, ou presque, de l’immense terrain ancienne centrale à charbon. « Il s’agit de dépolluer, déconstruire et viabiliser une dizaine de parcelles représentant environ 30 hectares sur l’ensemble des 73 hectares du site. Ces parcelles sont destinées à accueillir des industriels qui loueront leurs emplacements via des baux de longue durée », expose la note technique de l’enquête publique. « C’est une enquête publique sur le réaménagement du foncier, la réhabilitation du terrain. On allotit le site en faisant des parcelles dans une logique de zéro artificialisation des sols », précise Camille Jaffrelo, porte-parole de GazelEnergie. Dans le détail, la consultation du projet portait sur trois phases distinctes de travaux, avec un découpage en 18 parcelles à terme.

    La première phase se concentre sur « les travaux de viabilisation des parcelles » et la préparation des terrains avec raccordements des réseaux d’eau, télécoms… La deuxième porte sur « la démolition de la TAR (Tour Aero-Réfrigérée), un bâtiment de 65m de hauteur et 100m de diamètre, pour un coût estimé à environ 3 millions d’euros », toujours selon les documents de l’enquête publique. Même principe pour la troisième phase, avec le démantèlement de la Tranche 5, l’ancienne unité de production au charbon et de sa cheminée, estimée à plus de 30 millions d’euros. En bref, une « remise en valeur du site en vue de sa réindustrialisation et la création d’emplois », selon Camille Jaffrelo, qui table sur plus de 500 emplois directs créés à terme.

    Riverains et écolos mécontents ?

    Reste que les intentions affichées par l’industriel ne sont pas entendues de cette oreille par différents collectifs de riverains et associations de défense de l’environnement. À l’image de l’Association de lutte contre les nuisances et la pollution (ALNP, membre de FNE13) qui compte plus de 80 adhérents, dont les CIQ Ouest et Est de la cité, mais aussi le comité d’intérêt de quartier de Langarié, de Fuveau Ouest… « On craint qu’on installe une industrie et qu’une fois qu’elle est là, qu’on nous montre ce qu’elle génère, contents ou pas contents. Vous ne nous dites pas quelles industries vous mettrez, vous ne nous parlez pas des effets cumulés ? Moi, je dis non », martèle Olivier Beuret, président de l’ALNP, à l’adresse de GazelEnergie. Même ressenti du côté de Jean-Luc Le Mouel, co-président du CIQ Gardanne Est : « Si on remet 18 grosses usines par-dessus, on se tire, on s’en va ! » Et une pétition lancée en ligne contre le projet a récolté près de 1 240 signatures.

    Des inquiétudes pas légitimes aux yeux GazelEnergie : « Les critiques sur le manque de communication ne sont pas entendables… Rien n’a été fait en catimini, l’enquête publique s’est tenue normalement, avec du débat. » Et surtout, sur le fond, l’entreprise explique que le découpage en 18 parcelles n’implique pas l’arrivée de 18 projets industriels. Et encore moins l’installation de « 18 industries lourdes », selon Camille Jaffrelo. Qui insiste : « Chacun des projets qui pourrait venir s’implanter aura son propre dossier d’instruction avec les études d’impacts, de danger et effets cumulés. Mais d’abord nous devons commencer par le début : réhabiliter le terrain. » Elle évoque plus globalement des « arguments fallacieux » : « Certains expliquent que le projet de pyrogazéification porté par les salariés et l’ATCG [Association des travailleurs de la centrale de Gardanne, Ndlr.] serait un incinérateur, qu’il y aurait une scierie géante, ce sont des fake-news et ce n’est pas le sujet de l’enquête publique. »

    La CGT favorable,

    mais nuancé

    En parlant du projet des salariés, Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site, est très clair sur la position du syndicat : « On est favorable au développement industriel du site et à la création d’emplois qui ont pour vocation la production d’énergie, tant qu’ils intègrent la prise en compte de l’environnement, de la réponse aux besoins et créateurs d’emplois statutaires. » Un avis nuancé donc, d’autant que le projet porté par les salariés, Bio-Méthane Provence, aboutira « que l’écoplateforme se fasse ou non ». « Nous ne rentrons pas dans le cadre de l’enquête publique actuelle, rien ne ralentira la faisabilité de notre projet », insiste le syndicaliste.

    GazelEnergie dit plancher sur l’installation potentielle de site en lien avec « des batteries électriques, datacenter et, en parallèle, la pose d’ombrières solaires sur les parkings actuels ». Si « rien n’est acté pour l’heure », l’entreprise vise des projets industriels « légers ».

  • Accord trouvé entre la direction et les salariés de la verrerie de Vergèze

    Accord trouvé entre la direction et les salariés de la verrerie de Vergèze

    « Cest un compromis qui n’est pas trop mal », lance Yohan Goupille, le délégué syndical CGT qui a mené les discussions avec la direction d’Owens Illinois aux côtés de FO et la CFE-CGC. Les dernières discussions avec la multinationale américaine se sont donc déroulées à Lyon les 20 et 21 octobre derniers et ont permis aux syndicats d’arracher encore quelques avancées.

    « Au niveau des indemnités supra-légales, nous avons obtenu 25 000 euros nets d’impôt pour ceux qui ont moins de 20 ans de boîte et 20 000 euros pour ceux qui ont plus de 20 ans d’ancienneté », détaille le syndicaliste. « Il y a une différence pour tenter de rétablir un peu d’équité par rapport à l’indemnité de licenciement qui est basée sur l’ancienneté. Ensuite sur le congé de reclassement, il y en a plusieurs à Vergèze. Pour les moins de 50 ans, ce sera 16 mois pour les salariés sans formation de reconversion et 18 mois pour ceux qui suivent une formation. Pour les plus de 50 ans, ce sera 22 mois et 24 mois. On a essayé d’avoir 24 mois pour tout le monde mais on n’a pas réussi. Nous avons aussi obtenu des reclassements rapides pour que les jeunes puissent retrouver du boulot plus rapidement et puissent sortir avec une prime en plus ».

    Jeudi 23 octobre, les organisations syndicales ont tout de même rendu un avis défavorable à ce PSE pour continuer à marquer leur opposition à la fermeture du site. Mais tous étaient plutôt satisfaits des concessions arrachées par les syndicats. Désormais, les salariés vont devoir s’organiser au jour le jour puisqu’aucun calendrier précis n’est établi. Ils savent uniquement que le PSE prendra fin le 31 octobre. Ils recevront ensuite une lettre de licenciement, qui ne sera pas effectif avant les premiers jours de janvier 2026. D’ici là, un repreneur a encore deux mois pour manifester son intention de relancer l’activité sur le site de la verrerie. Durant cette période, la Dreets (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) doit valider ou non le plan social et les licenciements pour raison économique. Même si le site gagnait de l’argent l’an dernier, les syndicats n’imaginent pas l’instance s’opposer à cette fermeture. « Vu notre gouvernement et ses orientations, la Dreets va le valider. Depuis le début de l’année, aucun plan de licenciements n’a été retoqué par les Dreets. Parfois ils reviennent sur quelques petits points mais jamais sur le plan en lui-même  », fustige Yohan Goupille.

    Entre désarroi et colère

    Depuis le perçage du four à la mi-octobre, lançant de fait la fin de la fabrication de bouteilles à Vergèze, les salariés sont partagés entre tristesse et colère. Et depuis l’arrêt définitif du four, puisque les dernières gouttes de verre ont été vitrifiées et le four a été complètement refroidi, ils ne sont plus très nombreux à revenir sur le site. « De jour en jour, il y a moins de monde. Ceux qui ont la formation d’équipier de seconde intervention sont restés parce qu’ils ont été formés à la sécurité incendie. Ils sont 5-6 par équipe à tourner. La direction a établi un ordre de présence jusqu’au lundi 27 octobre », précise Bruno Santiago, également responsable syndical CGT. « Même nous, les élus, nous allons tourner. Nous sommes 12 élus à la CGT, nous allons faire deux groupes de 6 pour rester sur le site. Mais on ne va pas être là toute la journée alors qu’il n’y a rien à faire  », ajoute Yohan Goupille.

    Plus les jours avancent, plus le site se met en veille. Les installations électriques sont arrêtées les unes après les autres, les compresseurs ont été stoppés, l’unité de production d’oxygène aussi, et toutes les machines de contrôle ont été éteintes. Condamnés à passer encore quelques heures au milieu de ce site, considéré il y a encore quelques semaines comme un fleuron de l’industrie gardoise, les salariés sont gagnés par la mélancolie et la résignation. « Il n’y a plus un bruit dans l’usine et ça devient très stressant. Les gens sont assis sur une chaise ou marchent pour se dégourdir les jambes mais ils ne font rien. La direction fait donc venir du personnel alors que ce n’est pas nécessaire. Les salariés sont là pour la sécurité au cas où il y aurait un feu mais je ne vois pas d’où pourrait venir le feu puisque le four est arrêté », regrette Bruno Santiago qui doit rencontrer la direction prochainement pour la convaincre de mettre les salariés en indisponibilité totale jusqu’à leur licenciement.

  • Les communistes disent « non » à la liquidation de la verrerie

    Les communistes disent « non » à la liquidation de la verrerie

    Plus les jours passent, plus les solutions pour sauver la verrerie à Vergèze s’amenuisent. Bien conscientes qu’un éventuel sauvetage de l’usine n’est désormais plus de leur ressort, les organisations syndicales négocient les conditions les plus favorables pour les futurs licenciements. Pendant de longues semaines, la CGT, la CFE-CGC et FO avaient pourtant travaillé à la recherche d’un repreneur et plusieurs pistes étaient apparues, mais elles sont tombées à l’eau les unes après les autres.

    La solution était donc de se tourner vers Perrier pour que Nestlé reprenne la Verrerie dans son escarcelle, comme c’était le cas avant 2006. « Le remplacement d’un four obsolète serait la cause de la fermeture. Nous pouvons logiquement nous poser la question : pourquoi avoir aussi attendu pour effectuer des travaux pour le remplacement d’un four ? Le groupe Perrier a les moyens de financer son remplacement. À ce jour, la verrerie produit toujours 75% de bouteilles Perrier, les dirigeants de cette entreprise ont une responsabilité à l’égard des salariés de la verrerie », explique Christian Bastid, vice-président (PCF) du conseil départemental.

    La nationalisation évoquée

    L’autre solution avancée au vu de l’urgence de la situation, c’est la nationalisation du site. Comme l’usine gagne de l’argent, il pourrait ainsi passer dans le giron de l’État, au moins le temps de trouver un repreneur. « Le problème c’est que c’est le boxon au niveau national. Mais la nationalisation est une solution. Nous avons relancé notre groupe à l’Assemblée nationale et son président Stéphane Peu pour que la question de la nationalisation soit reposée », poursuit Christian Bastid même si le préfet a fermé la porte à cette solution lors de sa rencontre avec les syndicats.

    Laurent Nunez, très présent sur le site depuis l’annonce de la fermeture du site, abonde : « Quand l’État envoie plus de 100 milliards d’aides aux entreprises sans contrôle, il est tout à fait possible que l’État s’engage pour le rachat de l’entreprise. Pour la France, ça n’est qu’un investissement. » Le secrétaire de la section communiste de Camargue-Vidourle souhaite aussi rapidement organiser une grande rencontre pour réfléchir à l’avenir de ce territoire industriel : « Ça ne va pas bien à Éminence, chez Perrier et chez Royal Canin. Il faut trouver des solutions pour ce territoire. Pour cela, il faut que l’on ait une réflexion collective. »

    Autre élu départemental présent devant la préfecture, Vincent Bouget regrette la faiblesse de l’État dans ce dossier : « S’il n’y a pas une intervention des pouvoirs publics et de l’État ça devient très compliqué. Mais aujourd’hui, que fait le gouvernement ? La solution est forcément de côté là. On entend réindustrialisation à tout bout de champ, mais quand on est devant un cas concret il n’y a pas de réaction », fustige le candidat à la mairie de Nîmes dont le cousin travaille à la verrerie.

  • Verrerie, éolien, hydrogène : la Région Occitanie soude les filières

    Verrerie, éolien, hydrogène : la Région Occitanie soude les filières

    Au sortir de la crise Covid, lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, en période d’inflation ou aujourd’hui de tensions internationales, « la réindustrialisation n’est pas une posture mais une volonté politique », assure Jalil Benabdillah. Dans une région qui accueille 45 000 habitants de plus chaque année, « il nous faut créer 22 000 à 24 000 emplois pour ne pas que le taux de chômage augmente », rappelle le vice-président régional délégué à l’économie.

    Une équation complexe qui passe forcément par la préservation ou, à défaut, la réorientation du tissu industriel occitan. Mais aussi la formation. « On est à l’écoute du besoin des filières. Il faut donner aux gens toutes les chances d’avoir un emploi, les former sur des emplois qualifiants, non délocalisables. »

    L’équivalent de 3,7% du PIB de l’Occitanie est dédié à la recherche-développement et à l’innovation, secteur qui concentre 50 000 emplois, 35 000 chercheurs. « On a les atouts pour générer de la valeur sur nos territoires. On a les moyens pour garder nos talents et améliorer notre attractivité », positive Jalil Benabdillah qui annonce qu’un « plan consacré à la réindustrialisation et à la résilience sera voté en novembre » par le Conseil régional.

    Renaissance du site SAM

    Voilà des années que la Région de Carole Delga agit à son échelle, notamment pour tenter de protéger les activités et les salariés menacés. Le poids de la présidente des Régions de France ne suffit pas toujours. Dans le bassin de Decazeville près de Rodez, la fonderie SAM a fini par fermer en 2021 après une longue bataille politico-sociale. Mais la Région n’a pas baissé les bras. L’été dernier, elle a racheté le site, l’a fait dépolluer et avec l’aide de l’État ou l’agence Arac, a déjà remis aux normes trois bâtiments (A, B, D) en vue d’une prochaine commercialisation. « Le groupe irlandais Paragon ID est intéressé par le bâtiment C. D’autres entreprises pourraient venir dès 2026, les discussions sont avancées », révèle Jalil Benabdillah.

    Du côté de la verrerie Owens Illinois de Vergèze (Gard), le combat n’est pas encore perdu mais mal engagé. « Il reste trois semaines pour qu’un verrier se manifeste, à ce jour nous n’avons pas de piste », concède le vice-président régional qui veille à maintenir le contact et un dialogue social permanent avec les syndicats et la direction. Quoi qu’il advienne, la Région, qui a déjà missionné un cabinet pour travailler sur 3 ou 4 hypothèses de réindustrialisation, ne lâchera pas l’affaire. « On accompagnera les salariés pour leur trouver du travail, une formation. Des propositions seront faites aux syndicats », promet Jalil Benabdillah.

    Port-la-Nouvelle a le vent en poupe avec l’éolien

    La Région s’active aussi en coulisses pour pousser les secteurs industriels émergents. À Port-la-Nouvelle (Aude), où les premiers flotteurs viennent d’être installés, 435 millions d’euros ont déjà été investis (une enveloppe de 55 ME va suivre) en faveur du parc d’éoliennes en mer. Dans le cadre de sa stratégie de « première région à énergie positive d’ici 2050 », l’Occitanie veut faire de La Nouvelle « le premier port de maintenance des éoliennes ». S’ajoute un soutien aux dossiers photovoltaïques à l’instar de ce nouveau projet de recyclage de panneaux qui devrait voir le jour en 2026 ou 2027 en Ariège. « Ce sont des activités créatrices d’emplois, on vise le marché nord-espagnol », révèle Jalil Benabdillah. Lequel cherche à convaincre les chefs d’entreprise de s’implanter dans les territoires plus ruraux.

    Dans les zones sinistrées aussi à l’image de Béziers au fort taux de chômage et de pauvreté. C’est là que se développe Genvia, futur géant de l’hydrogène dont certains s’impatientent du développement poussif. « Depuis 2021, 120 emplois ont déjà été créés, 80 le seront l’an prochain, 1 500 sont visés d’ici 2030 », liste l’élu lui-même chef d’entreprise qui appelle à la patience. « Le business plan et la réalisation peuvent être en décalage. Ce sont des process lourds avec des nouvelles technologies qui ont un temps de maturation », rassure-t-il. En gage, l’élu indique que 23 demandeurs d’emploi ont participé à la première session de formation Eden. Et que 19 contrats de professionnalisation ont été signés avec des entreprises partenaires.