Tag: réindustrialisation

  • L’Apec mise sur un rebond de l’emploi des cadres en 2026

    L’Apec mise sur un rebond de l’emploi des cadres en 2026

    L’Association pour l’emploi des cadres (Apec) est optimiste. D’après son étude annuelle, en 2026, les recrutements devraient progresser de 4% en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Corse, soit autant qu’au niveau national, ce qui correspondrait à 18 800 embauches.

    De quoi faire souffler le secteur, qui connaît une contraction depuis deux ans après avoir atteint des niveaux records en 2023 avec 330 000 recrutements dont 21 550 dans la région et l’île de beauté, qui concentrent 7% des cadres du privé en France dont plus de la moitié dans les Bouches-du-Rhône. L’année suivante, l’emploi de ces professions chute de 3% en France et de 10,6% en Paca. Entre 2024 et 2025, il s’effrite encore de 6% sur le territoire du Sud-Est, avec un décrochage en informatique, en industrie et en fonctions commerciales. L’Apec prévoit donc une amélioration pour l’année à venir, mais « la reprise reste à ce stade fragile et dépendante de l’évolution du contexte géopolitique et économique », prévient Laetitia Niaudeau, directrice générale de l’Apec. Le délégué régional de l’association Anthony Fumard explique : « La courbe de l’investissement des entreprises et la courbe de croissance de l’emploi des cadres sont parallèles. (…) C’est ce qui nous met en confiance. Il y aurait plus d’investissements pour l’année à venir, +15% contre -6% en 2025, notamment dans l’industrie et dans la construction qui, selon les chiffres de la Banque de France, redémarre très très fort selon les secteurs. »

    Les atouts du territoire

    Si la conjoncture reste incertaine, le territoire peut compter sur un atout. « On a la chance de ne pas avoir un moteur unique, à l’inverse de l’Est avec l’automobile ou du Sud-Ouest avec l’aéronautique, ce qui nous permet de construire des relais de croissance plus facilement », développe Anthony Fumard.

    D’autant que les perspectives de réindustrialisation et de décarbonation ouvrent des potentiels « énormes », alors que la recherche et le développement représentent déjà 22% des emplois cadres de la région, contre 17% au niveau national.

    « Sur l’étang de Berre de nombreux projets sont annoncés, ce qui revêt un impact énorme en termes de croissance, affirme le délégué régional de l’Apec. Si tout se réalise comme prévu, la question va être de trouver les ingénieurs dont on aura besoin et d’accompagner les entreprises. » Anne-Marie Chopinet, vice-présidente du comité paritaire régional, ajoute : « Il y a une vraie problématique effectivement de pénurie de ressources, c’est aussi ce qui freine le développement de certaines entreprises. » « D’autant qu’on voit apparaître un nouveau challenger dans la région autour du Var et de l’industrie de défense », reprend Anthony Fumard.

  • À 60 ans, le Grand port prépare son futur

    À 60 ans, le Grand port prépare son futur

    Comment dessiner ensemble un avenir pour le port Marseille-Fos ? C’est à cette question qu’ont tenté de répondre les participants au colloque organisé par La Marseillaise, le 13 novembre dernier, à l’aube des 60 ans du port autonome (PAM).

    Depuis sa fondation, il y a plus de 2 600 ans par les Phocéens, la ville s’est construite autour de son port mythique. Longtemps géré par la plus ancienne chambre de commerce au monde, qui a accompagné son évolution d’un port colonial à un port industriel, celui-ci se retrouve, aujourd’hui, au carrefour de nombreux enjeux contemporains.

    Longtemps, cette zone industrielle protégée et la municipalité se sont affrontées. « Le port et la ville se tournent le dos, mais il n’y a aucune fatalité à cette situation. Nous sommes dans une phase d’ouverture, de transition », veut croire Hervé Martel, président du directoire du Grand Port maritime de Marseille, nouvelle dénomination depuis 2008. Ainsi, le port a été précurseur dans le branchement à quais de ses navires, qui se poursuit. « L’acceptabilité du port par la ville évolue. Le dialogue est exigeant et extrêmement constructif », fait valoir Jean-Pierre Cochet, alors adjoint (PS) au maire de Marseille en charge du dynamisme économique. Une réponse aux critiques concernant le croisiérisme ou la réparation navale. Et, au-delà de la charte Ville-Port signée en 2013 – qui ne concerne que le bassin Est -, il envisageait la mise en place d’un contrat Ville-Port (inscrit dans le programme électoral de Benoît Payan) qui met l’accent sur la formation et les transports.

    Les perspectives d’emplois et formations liées au maritime sont au cœur du développement du port. « Posons-nous la question de ce que nous pouvons collectivement faire pour promouvoir, dans les écoles, les lycées de la mer, les universités, à tous les niveaux de formation auprès des étudiants et étudiantes marseillais, ces métiers autour de l’activité du port, afin qu’ils puissent choisir de belles carrières, à Marseille, dans ces métiers portuaires, logistiques, maritimes », pousse Christine Cabau Woehrel, ex-directrice du port et actuelle directrice centrale exécutive de CMA-CGM.

    Ainsi, la création d’une école des métiers de la mer est largement soutenue, de la gauche à la droite, en passant par les acteurs économiques et les syndicats. « Il y a notamment dans la réparation navale des métiers en tension. C’est rageant de voir, à 1,5 km du port, dans de grands ensembles, des jeunes qui voudraient travailler et qui ne le peuvent pas, faute de formation. Ils souhaitent se former, voient le port et ne peuvent y accéder », regrette le sénateur PCF des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi. « Aujourd’hui, nous avons des formations de marins grâce au pavillon français, à La Méridionale et à Corsica Linea, mais il faut pouvoir former aussi des charpentiers, des tuyauteurs pour nos entreprises. Il y a aussi une multitude de nouveaux métiers, des spécialistes de pales d’éoliennes », ajoute Olivier Cèbe, membre élu de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Aix-Marseille-Provence.

    17 500 emplois en 2025

    À l’heure de la désindustrialisation massive du pays, alors que la zone marseillaise connaît l’un des taux de chômage les plus élevés de France, « le Port de Marseille essaie de se développer, de sortir de ces difficultés. Il représente 17 500 emplois. Ce bassin d’emplois est une opportunité pour la population marseillaise », souligne Pascal Galéoté, secrétaire général CGT du Grand Port maritime de Marseille-Fos.

    Car, au même moment, la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire en prenant le virage de la décarbonation, après des critiques reprochant au grand port de manquer de vision stratégique et de se comporter comme un simple propriétaire foncier. Dans la foulée du grand débat public achevé en 2025, la fourniture d’énergie par la ligne THT ainsi que le développement des infrastructures routières et ferroviaires figurent désormais parmi les priorités. « Si on a un sujet à réussir, à court terme, c’est vraiment la transformation de Fos-Berre. Pour la partie maritime, on aura besoin des nouveaux carburants, méthanol de synthèse, qui pourraient être présents à Fos. Cela donnera un avantage compétitif au port de Marseille et permettra de créer plus d’emplois de marins et de dockers », insiste Pierre-Antoine Villanova, directeur général de Corsica Linea.

    Le port autonome de Marseille (PAM) a fêté, ce 1 er avril, sa soixantième année. Troisième port pétrolier d’Europe et propriété de l’État, il constitue un acteur majeur du développement du territoire. Mais aussi l’un des plus importants employeurs des Bouches-du-Rhône, avec quelque 17 500 salariés pour Marseille seulement, et 42 600 emplois industriels et portuaires sur ses bassins Est et Ouest. Devenu Grand Port maritime de Marseille (GPMM) en 2008, il fait aujourd’hui face à plusieurs défis : réindustrialisation, décarbonation de ses activités et préservation de l’emploi.

    Les dates clés

    1er avril 1966. Suite à une loi de juin 1965, le Port autonome de Marseille (PAM) voit officiellement le jour. L’inauguration officielle de Fos a lieu le 20 décembre 1968.

    17 mai 1974. L’usine sidérurgique Solmer (appelée par la suite Sollac, puis ArcelorMittal), installée dans le bassin de Fos-sur-Mer, démarre son activité en 1974.

    9 octobre 2008. Le décret n° 2008-1033 du 9 octobre 2008 institue le Grand Port maritime de Marseille (GPMM).

    28 juin 2013. La charte Ville-Port est signée par la Communauté urbaine de Marseille (aujourd’hui Métropole Aix-Marseille-Provence), la Ville de Marseille, le Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, le Grand Port Maritime de Marseille, Euroméditerranée, la Chambre de commerce et d’industrie Marseille Provence et l’État.

    2025. Le Grand Port maritime de Marseille-Fos a présenté, en novembre dernier, un projet stratégique 2025-2029 pour un montant d’un milliard d’euros d’investissement, sur cinq années.

    Témoignages

    Jérémy Bacchi, Sénateur PCF des Bouches-du-Rhône

    « À toutes celles et ceux qui ont pu, un jour, imaginer que les bassins Est pourraient disparaître ou n’avoir que du trafic passager, je dis que c’est une hérésie. Marseille a besoin d’une activité industrielle ! »

    Hervé Martel, Président du directoire du GPMM

    « Le Port de Marseille a vocation à le rester. [Il] offre à Marseille des milliers d’emplois, des infrastructures exceptionnelles, une activité de transport de voyageurs qu’on n’imagine pas transférée en Camargue. »

    Pascal Galéoté, Secrétaire général CGT du GPMM

    « Le Port de Marseille a vécu depuis des années contre la ville. (…) Les choses changent, la ville a compris qu’elle ne pouvait plus s’opposer au port et le port travaille à son acceptabilité sociale et sociétale. »

    Christine Cabau Woehrel, Directrice centrale exécutive de CMA CGM

    « Marseille représente un carrefour majeur au cœur de la Méditerranée, à la croisée de l’Afrique et de l’Europe. Un carrefour de passagers, de marchandises, mais aussi de data. »

    Patrick Maddalone, Membre du Directoire du port de Marseille-Fos

    « Hydrogène, carburants de synthèse, l’acier décarboné : un nouvel écosystème est en train de se mettre en place. Nous espérons que ces projets aboutiront, car ils fourniront alors plus de 10 000 emplois. »

    Olivier Cèbe, Membre élu de la CCI AMP

    « Marseille représente aujourd’hui, avec 2,5 millions de passagers, le premier port méditerranéen après Barcelone. Ces 2,5 millions de passagers qui entrent dans nos territoires, il faut savoir les accueillir. Ils font vivre nos territoires et la ville de Marseille. »

    Laurent Barlet, Directeur des activités industrielles Suez

    « La décarbonation comporte des enjeux de gestion de la ressource. Aujourd’hui, l’eau utilisée par un industriel ou une collectivité peut, moyennant un traitement, être réutilisée par un autre industriel. »

    Julien Fieschi, Directeur général adjoint La Méridionale

    « Le verdissement de notre flotte à quai a toujours été une priorité depuis 2015. Nous avons évité d’émettre plus de 14 000 tonnes de CO² dans le port de Marseille, grâce à cette connexion électrique. »

    Pierre-Antoine Villanova, Directeur général de Corsica Linea

    « Oui, on peut développer des activités d’entreprise en étant responsable sociétalement, socialement et en ayant également un objectif environnemental durable. »

  • [Entretien] Marc Pietrosino : « L’extrême droite n’a pas une politique au service des citoyens »

    [Entretien] Marc Pietrosino : « L’extrême droite n’a pas une politique au service des citoyens »

    La Marseillaise : L’UD a réalisé un vaste document sur les élections municipales, quel est le sens de cette initiative ?

    Marc Pietrosino : La CGT n’est pas neutre. Nous sommes en contact permanent avec les salariés du département, nous avons donc une vision pour améliorer le quotidien des travailleurs dans le cadre de ces élections. Cette campagne pour le scrutin n’aborde pas toujours de la bonne manière toutes les compétences des communes. À partir de celles-ci, l’idée était de mettre sur la table notre vision des choses, de donner des pistes, aux différents candidats, hors RN et extrême droite évidemment. Et cela fait écho à d’autres travaux d’organisations syndicales CGT, comme ceux de nos camarades de la Métropole ou de la santé, qui ont interpellé les candidats, dans leur domaine de compétence. Pour l’Union départementale, nous avons une démarche globale. Nous aimerions d’ailleurs que les candidats, a minima les progressistes, se positionnent sur nos propositions.

    Vous abordez largement la réindustrialisation, qui n’est pas une compétence directement municipale, qu’attendez-vous des candidats sur le sujet ?

    M.P. : Nous appelons les candidats à se saisir des problématiques industrielles. Je prends l’exemple d’Arcelor : toutes les collectivités doivent être à l’unisson pour accompagner la décarbonation, pour sauver l’usine. Nous avons besoin d’acier en France. Par extension, pour décarboner nos industries et les activités maritimes, on va être obligé d’avoir une alimentation massive en électricité. En ce sens, la ligne Très Haute Tension [projet de ligne de 300 000 volts entre Jonquières et Fos, Ndlr.] doit se faire dans le respect des normes environnementales, en concertation, en n’opposant pas industrie et écologie. Mais je préviens les candidats et futurs élus : si on ne veut pas finir dans le tout-tourisme, il faut cette ligne. Plus globalement, il faut qu’ils activent tous les leviers pour qu’on ne loupe pas ce tournant : sur les services publics qui doivent suivre, la demande en logement… Ils ont une grande responsabilité pour l’avenir de la zone. Par contre, nous avons été très déçus par la campagne pour le volet activité portuaire de notre département. Il y a eu de grosses attaques sur les bassins Est de Marseille. Le candidat RN propose la construction d’une marina, ce qui équivaut à supprimer 15 000 emplois. Et une déception vis-à-vis des candidats progressistes qui ne parlent du port que pour donner des accès à la mer et de nouvelles plages.

    Printemps Marseillais comme LFI parlent de l’emploi comme une priorité sur le port…

    M.P. : Nous sommes heureux quand ils affirment que c’est une priorité. Mais nous avons été surpris par les positions voulant donner de nouveaux accès à la mer au détriment des activités. Nous veillerons à ce qu’ils réaffirment ce soutien à l’emploi.

    Vous évoquez aussi les attaques sur les Bourses du travail, comme à Arles. C’est un exemple des politiques antisociales qui peuvent être menées contre les travailleurs par les mairies ?

    M.P. : Avant d’attaquer frontalement les salariés, ils s’attaquent d’abord aux corps intermédiaires, aux contre-pouvoirs, aux représentants des salariés. Priver les syndicats de leurs lieux de vie historiques n’est pas anodin. Cela revient à les empêcher de travailler, c’est une façon d’annihiler ceux qui défendent les intérêts des travailleurs. Et par ricochet, les droits de ces derniers. Les maires progressistes doivent sanctuariser les Bourses. L’exemple d’Arles est parlant : De Carolis est dans la ligne droite de la macronie, son gros chantier à Arles a été d’attaquer la Bourse du travail… Pour vouloir en faire un office de tourisme, ça en dit long.

    Dans cette lignée, il y a déjà eu des mairies passées aux mains de l’extrême droite dans le département, quelles conséquences pour les travailleurs ?

    M.P. : Les camarades de la fonction publique pourraient expliquer longuement ce qu’ils ont subi durant les mandats de l’extrême droite, à Marignane ou Vitrolles il y a quelques années… Ce sont des mises au placard, un management détestable, une politique qui n’est pas au service des citoyens. Si on a le malheur d’en avoir d’autres après ce scrutin, on ne fuira pas, on combattra et on montrera qu’une autre voie est possible.

    Vous appelez les militants à soutenir les listes progressistes au regard du danger de l’extrême droite dans certaines communes ?

    M.P. : Quand les forces progressistes réussissent à s’entendre, on appellera toujours à voter pour celles-ci. Bien souvent, leur programme reprend ce que l’on demande syndicalement, on aurait donc tort de ne pas les soutenir. Pour le cas des listes dispersées, nous appellerons au rassemblement des forces progressistes au second tour face à l’extrême droite.

    Vous tirez la sonnette d’alarme sur le logement, vous revendiquez plus de logement social ? Quid de l’encadrement d’Airbnb ?

    M.P. : Il y a deux aspects : certaines communes jouent le jeu du logement social, d’autres préfèrent payer des pénalités plutôt que d’en avoir. Nous enjoignons les communes à être dans les clous au niveau de la loi. Et à bâtir des logements sociaux partout sur le territoire. Nous avons le droit d’avoir des logements sociaux près de la plage, dans des communes dites touristiques. D’où le lien avec une autre problématique : celle des plateformes comme Airbnb. Il faut vraiment les encadrer, que les maires privilégient les logements pour ceux qui travaillent et vivent dans leur commune. Le nombre de logements de ces plateformes, dans certaines villes, provoque une hausse des prix de l’immobilier et empêche les travailleurs de s’y loger. Le logement est une compétence de la municipalité, les maires doivent agir dans ce domaine.

    Il y a tout un panel de revendications pour « renverser la fragilisation des services publics », comment faire ?

    M.P. : Nous devons avoir une fonction publique territoriale forte, qui ne délègue pas au privé. Cela passe par une fin des emplois précaires, le recours à des contractuels. Les partenariats public-privé se résument par « financement par le public et bénéfice pour le privé ». De fait, nous sommes favorables aux régies publiques. Avoir l’eau en régie publique, c’est une eau moins chère pour les citoyens, et de meilleure qualité. Pareil pour la restauration scolaire : il faut sortir de cette privatisation à tout va. Ce n’est que par des régies publiques qu’on pourra avoir une alimentation saine et équilibrée pour nos enfants dans les écoles. C’est une question de contrôle citoyen sur le service en question.

    Vous vous inquiétez aussi de l’enjeu métropolitain ?

    M.P. : C’est un scrutin dans le scrutin. La couleur politique qui sortira des différentes élections municipales, aura une influence directe sur la couleur politique de la Métropole. Et quand on connaît les prérogatives de cette dernière, notamment en matière économique, ça ne sera pas la même chose d’avoir une métropole majoritairement à gauche ou à droite. Le pire serait d’avoir une Métropole aux mains du RN. Ce serait une catastrophe pour le développement de l’emploi.

  • Avec le port, l’avenir du territoire en jeu

    Avec le port, l’avenir du territoire en jeu

    Avec ses 10 000 hectares de superficie et ses 42 600 emplois industriels et portuaires – dont 14 400 à Marseille – le Grand Port maritime de Marseille-Fos s’impose dans le paysage des municipales. Celui-ci en effet se trouve au carrefour d’une transition environnementale dont le calendrier a heurté celui du scrutin. En décembre dernier, la Métropole adoptait un projet partenarial d’aménagement pour la réindustrialisation du golfe de Fos, et le nouvel hémicycle qui sortira des urnes devra se pencher sur son financement et sa mise en œuvre.

    Pour les candidats des communes concernées, il s’agit d’accompagner cette réindustrialisation avec les services publics et infrastructures nécessaires. Ainsi à Martigues, le maire sortant (PCF) Gaby Charroux a-t-il dû longtemps batailler pour finalement obtenir le contournement autoroutier de sa commune et le renforcement de son hôpital. « Le député en place s’est approprié tout ça sans avoir rien fait. C’est moi qu’on a sollicité pour aller chercher les financements dans les collectivités et les communes alentour », rappelait-il sur Maritima ce mardi. À Port-de-Bouc, le maire sortant (PCF) Laurent Belsola avait de son côté déjà entamé des discussions avec le Port pour sécuriser le foncier à destination industrielle.

    À Marseille, c’est face aux appétits de la spéculation immobilière et de la tentation du tout balnéaire que les bassins Est ont longtemps dû faire face. La droite marseillaise, désormais, a fait son aggiornamento, et c’est à gauche qu’il a fallu convaincre de la nécessité de défendre l’emploi industriel, en le conciliant aux exigences environnementales. Après avoir lancé en 2022 une pétition contre la pollution maritime, le maire (DVG) Benoît Payan a fait voter en décembre 2024 une « stratégie pour une ville portuaire compétitive et durable ». « Notre activité portuaire doit perdurer, on ne peut pas la remplacer par du tertiaire, défendait-il lundi dans nos colonnes. Le port ne devra jamais devenir une marina. » Ainsi prévoit-il dans son programme de renforcer les liens de la municipalité avec le Grand Port maritime avec un contrat Ville-Port, pour renforcer la desserte ferroviaire et la connexion électrique, contribuer à créer un campus des métiers de la mer, moderniser les infrastructures de la réparation navale, de l’anse du Pharo à l’Estaque. En exigeant en contrepartie des espaces balnéaires à Corbières et contre la Digue du large ainsi que des mesures contre la pollution.

    Le RN menace 17 000 emplois

    « Il faut une école des métiers de la mer véritablement assumée », plaide aussi le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano (Ren.), qui insiste sur la poursuite de l’électrification à quai cofinancée par la Région et la défense du fret ferroviaire, « qui va nous permettre de décrocher plus de marchés à l’international ». Chez LFI aussi on assure défendre l’activité portuaire. « Il faut remettre en état les friches, nettoyer et rendre des locaux disponibles », défend le militant du POI Maxime Champion, visant l’implantation de petites entreprises tout en défendant le fret ferroviaire et une école des métiers de la mer. Quitte à aller à rebours du Toxic Tour organisé par les écologistes de Vaï, LFI et la députéé Alma Dufour qui dénonçaient l’activité portuaire et réclament la fin du croisiérisme. Toujours est-il que pour le candidat Delogu : « le port, il faudrait qu’il recule un peu sur ses terres », indique-t-il à made in Marseille… Quant au RN, il fait renaître les appétits spéculatifs en promettant une « marina du Nord de Marseille » avec restaurants, hôtels, centres des congrès. « Cette orientation menace directement l’équilibre industrialo-portuaire de la ville et les 17 000 familles qui vivent de cette activité économique », avait alerté l’Union départementale CGT, rappelant que « le port de Marseille n’est pas un espace à privatiser ».

    Le projet de port fluvial de Fourques contesté

    La Communauté de communes Beaucaire Terre d’Argence (CCBTA) porte le projet de création d’un port de plaisance fluvial sur le petit Rhône à Fourques (Gard), d’une capacité de 314 anneaux. Une enquête publique s’est tenue à l’automne 2025. Ce projet suscite une levée de boucliers de la part d’associations (France Nature environnement, les Flamants roses du Trébon…). « Malgré seulement 19% d’avis positifs (…) et une faible participation, le commissaire-enquêteur a rendu un avis favorable au

    projet. (…) Nous rappelons qu’il s’agit de 11,5 M d’argent public. (…) À l’heure où le village de Fourques n’a plus de captage d’eau potable, il y a d’autres priorités que de

    réaliser un port qui saccagera l’environnement (…). Nous demandons aux candidats aux municipales de Fourques de se positionner », écrivent-ils dans un communiqué.

  • [Entretien] Paul Planque : « Une bataille pour la santé et pour l’emploi industriel »

    [Entretien] Paul Planque : « Une bataille pour la santé et pour l’emploi industriel »

    La Marseillaise : Comment se déroule la campagne ?

    Paul Planque : Cela fait un an maintenant que l’on va à la rencontre des Alésiens pour entendre quelles sont leurs attentes pour la ville. Il nous semblait indispensable d’aller dans une démarche citoyenne à la rencontre de ceux qui vivent la ville au quotidien. Nous avons donc accumulé un ensemble de demandes concernant cette ville que nous avons tenté de réintroduire dans ce que l’on appellera non pas un programme, mais un projet pour la ville car cette démarche, nous souhaitons la poursuivre, y compris dans la gestion à venir de la ville.

    Quels sont les thèmes que vous portez dans cette campagne ?

    P.P. : Il y a d’abord la santé car 7 000 Alésiens sont sans médecin traitant. Ensuite, il y a la question de la jeunesse et de la réussite éducative. C’est un domaine dont la municipalité actuelle s’est totalement désengagée puisqu’elle privilégie une population âgée. C’est légitime de s’occuper des personnes âgées mais ça ne peut pas se faire au détriment de l’avenir d’Alès qui est sa jeunesse. Aujourd’hui, il n’y a plus de maisons de quartier, il y a une maison de la jeunesse qui est très mal placée par rapport aux besoins réels de la jeunesse. Nous avons aussi travaillé sur l’emploi pour que cette jeunesse reste travailler à Alès après ses études. Le nombre d’emplois industriels a été divisé par dix et il y a une bataille à mener pour recréer de l’emploi industriel. Notre préoccupation est aussi de redynamiser le centre-ville, ce qui passe par la revalorisation du pouvoir d’achat des Alésiens.

    Alès est aussi une ville fracturée. Comment comptez-vous reconnecter tous les quartiers de la ville ?

    P.P. : Il y a un problème de communication entre le centre-ville et certains quartiers comme ceux du Prés-Saint-Jean, de Clavières ou des Cévennes. Mais il y a aussi un problème de communication des quartiers entre eux. Quand j’habite la Prairie, pourquoi je ne peux pas aller directement à Tamaris ? Aujourd’hui, il y a des navettes qui tournent comme des guêpes autour du centre-ville et dont la population regrette qu’elles ne viennent pas dans leur quartier.

    Pourquoi l’union avec Basile Imbert (PS) n’a pas été possible ?

    P.P. : J’ai encore relancé nos camarades du PS et des Écologistes la semaine dernière mais j’ai reçu une fin de non-recevoir de la part de Basile Imbert. Nous avons aussi appris que l’ancien secrétaire de la section alésienne du PS, Christophe Clauzel, était sur la liste de Rivenq. Est-ce inéluctable sur Alès que le PS finisse toujours à droite ? C’était le cas avec Christian Chambon, maintenant avec Clauzel, qu’adviendra-t-il de Christiane Thomas ? Aujourd’hui j’ai plus envie de m’adresser aux électeurs socialistes qu’à leurs dirigeants. Le 15 mars, le vote utile, c’est nous. Mais je ne doute pas qu’on retrouve avec les socialistes au second tour.

  • L’agrandissement d’Airbus va transformer le territoire

    L’agrandissement d’Airbus va transformer le territoire

    Dans les immenses hangars de l’usine Airbus Helicopters, les tout derniers engins H160 sont sur leurs chaînes de fabrication. Dans deux à trois ans, il y en aura un tiers en plus.

    C’est en tout cas le défi que s’est lancé Airbus, démarrant par la construction d’une nouvelle usine sur le site de Marignane. Vendredi, les ministres du transport Philippe Tabarot (LR) et Sébastien Martin (LR) sont venus sur place pour inaugurer le chantier d’un futur bâtiment de 31 000m². À l’intérieur, NextGen factory, cœur « de fabrication des rotors et transmissions, des pièces critiques nécessitant une fiabilité parfaite », détaille Laurent Mazoué, responsable du projet. « Nous allons entièrement informatiser le système de production, avec des machines de dernière génération et une logistique automatique », développe-t-il. 600 millions d’euros sont mis sur la table par le constructeur à cet effet, dont 25 millions d’aides de l’État au titre de France 2030. La création de 1 700 nouveaux emplois est à la clé pour supporter un accroissement d’activité de près de 40% selon le constructeur.

    Faire face à la croissance

    La raison de cette montée en cadence est simple. « Le marché mondial est en croissance constante », explique Bruno Even, PDG d’Airbus Helicopters lors du temps officiel. L’entreprise est « numéro un mondial, en tête du marché militaire », selon le dirigeant, revendiquant « un carnet de commandes de 544 hélicos ». Mais « notre site est vieillissant saturé et enclavé », poursuit Bruno Even, et c’est pour cela qu’Airbus « déploie une stratégie d’envergure pour améliorer sa compétitivité » avec le pacte territorial « Sud avenir hélico » regroupant État, Région, Métropole et les Villes de Vitrolles et Marignane. « Un environnement stable est la seule condition pour rester ici et être plus performant. Si on ne réussit pas la croissance sera captée par les concurrents », conclut-il.

    L’enjeu de ce pacte est de créer les conditions d’accueil nécessaires à la vie et surtout au transport des salariés, actuels comme nouveaux. « Il ne peut pas y avoir de développement industriel sans infrastructures de transport » relève à ce titre le ministre de l’Industrie Sébastien Martin. Le ministre des Transports Philippe Tabarot appuie : « Le pacte va au-delà de l’outil de production, il s’inscrit dans un projet de transformation territoriale. » « Une usine est performante quand les salariés peuvent s’y rendre facilement, dans des conditions acceptables. L’amélioration de la desserte des transports en commun, l’optimisation des liaisons intermodales et le développement du covoiturage doivent répondre aux besoins » des 12 500 salariés du site selon le ministre. « Quelle frustration quand 1 emploi sur 3 est refusé pour des questions de mobilité », conclut-il.

    En marge de la signature du pacte, Philippe Tabarot affirme que l’État va « accélérer la logistique d’infrastructures » de transport de passagers et de fret, ferroviaire comme routier, prenant l’exemple des contournements de Martigues – Port-de-Bouc et Fos-Salon.

    Académie de l’hélicoptère

    En parallèle du volet industriel et mobilité, un nouveau centre de formation baptisé « académie de l’hélicoptère » a été annoncé pour 2030 sur le site Cap Horizon, à Vitrolles. L’ambition est de former d’ici 5 700 travailleurs dans la filière d’ici 2032, « un signal fort adressé à la jeunesse » selon Philippe Tabarot. 9,5 millions d’euros y ont été consacrés avec le programme France 2030.

    « Les transports doivent répondre aux besoins »

  • Une ancienne friche laisse place à une nouvelle résidence pavillonnaire

    Une ancienne friche laisse place à une nouvelle résidence pavillonnaire

    Fini la friche, l’ancienne entreprise de BTP laisse place au logement neuf. Un nouveau lotissement a vu le jour le long de la nationale 569, en face du domaine de la Mériquette. Le Clos des Carabins, porté par Bouygues immobilier, a été inauguré mercredi 4 février par son promoteur, ses partenaires, la Ville et le sous-préfet d’Istres Christophe Borgus.

    La résidence se compose de 28 logements pavillonnaires, dont neuf en location sociale portés par le bailleur Erilia et 19 en location intermédiaire gérés par Inli’Paca. D’après le promoteur Bouygues immobilier, la résidence a été conçue autour de trois enjeux : « contribuer à la réindustrialisation par une offre de logement répondant aux besoins des bassins d’emploi », « réaliser des logements accessibles au plus grand nombre en zone tendue » par le panachage de locatif social et intermédiaire, et insérer le projet sur un site déjà existant.

    Valoriser le foncier sans artificialiser les sols

    Le programme s’insère dans le paysage urbain du nord de Fos-sur-Mer, dans la zone pavillonnaire des Carabins. L’emprise du programme remplace celle d’une ancienne entreprise du BTP. « La résidence a permis une requalification complète du site, transformant une emprise industrielle en un nouveau lieu de vie apaisé, végétalisé et ouvert sur son environnement » illustre le promoteur, qui parle de « valoriser le foncier existant tout en limitant l’artificialisation des sols et en contribuant ainsi à un urbanisme plus durable ».

    Le directeur régional de Bouygues immobilier Olivier Ferroni estime que « cette opération illustre la collaboration entre acteurs privés et publics », constituant « un modèle économique exemplaire permettant de proposer une offre variée de logements en phase avec les besoins des familles ».

    Son supérieur Olivier Durix développe : « Bouygues Immobilier développe des solutions résidentielles indispensables à l’accueil des entreprises et de leurs salariés, en tant qu’acteur des territoires », considérant que « la réussite de la politique nationale de réindustrialisation repose aussi sur le logement » alors que des dizaines de milliers d’emplois nouveaux sont annoncées d’ici à 2030 sur la zone, déjà tendue sur le plan de l’habitat.

  • Deux ministres en visite à Marseille pour décarboner le port

    Deux ministres en visite à Marseille pour décarboner le port

    « Mettre Marseille au cœur du jeu méditerranéen. » Jean-Pierre Cochet (PS), l’adjoint au maire de Marseille en charge du dynamisme économique, résume l’enjeu du salon Euromaritime qui a débuté mardi, et prend fin ce jeudi, au parc Chanot à Marseille. Un grand raout qui réunit « industries navales, armateurs, ports, logisticiens, énergéticiens, start-up ou institutionnels », de 16 pays différents.

    Et surtout des visites ministérielles prévues aujourd’hui pour la clôture. Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche, Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, doivent y tenir le « comité stratégique de filière des industriels de la mer » et y faire quelques annonces de taille en lien avec la décarbonation. Lesquelles sont particulièrement attendues par les acteurs économiques. « C’est un enjeu pour le territoire, en matière de croissance économique, de souveraineté industrielle et de réorganisation des routes commerciales mondiales », rappelle Jean-Luc Chauvin, le président de la Chambre de Commerce et d’Industries. Dans son viseur, des parts de marché à conquérir pour la zone Marseille-Fos et toute l’économie qui en découle. « À côté de la route de la soie de la Chine, il y a l’Inde et le Moyen Orient qui se réorganisent avec l’Imec [Corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe, Ndlr.]. C’est une route d’avenir pour recréer une souveraineté, il y a plusieurs points de croissance à prendre. » De quoi faire le lien avec l’objectif dessiné par Jacques Hardelay, président d’honneur du salon et de Marseille Provence Croisières  : « Développer de nouveaux partenariats et nouer des coopérations industrielles et commerciales. »

    Plus facile à dire qu’à faire à l’heure où les voies maritimes font les frais de la géopolitique mondiale. « La convergence espérée dans un monde globalisé n’aura pas lieu, il y a un retour des impérialistes et des distorsions de concurrence », juge Timothée Moulinier, délégué à la recherche et développement au Gican (Groupement des industries de construction et activités navales), principal syndicat professionnel du secteur.

    « Préservation des modèles sociaux »

    La CGT des Marins de Marseille appréciera (lire article ci-contre). « Il y a des enjeux de préservation de nos modèles sociaux, d’emplois. Il faut réfléchir à quelles sont les industries de demain et la décarbonation en est une. C’est l’occasion de faire de nouvelles usines », plaide Timothée Moulinier, appelant à un « protectionnisme intelligent ». En résumé, les patrons du secteur maritime français, historiquement construit sur le mantra du libre-échange et largement exportateur, en appellent à la planification et au « soutien de l’État » face à la concurrence américaine et asiatique. « Développer des énergies alternatives, des navires plus sobres, des systèmes propulsifs innovants, suppose plus d’un milliard d’investissements par an », insiste Jacques Hardelay.

    D’où la venue des ministres et d’où l’attente des industriels pour des actions très concrètes sur les infrastructures de Marseille-Fos en lien avec l’Axe Méditerranée-Rhône-Saône (MeRS). « On ne parle plus de lignes maritimes mais de corridors et on a la chance d’avoir un hinterland élargi avec l’axe MeRS. On travaille à le développer avec des questions d’intermodalité, sur le fleuve et sur le rail », résume Amal Louis, directrice du développement commercial du port Marseille-Fos. Jean-Luc Chauvin ajoute : « On a 6% de trafic fluvial par le Rhône contre 20% en Europe en moyenne dans les corridors fluviaux. Tant qu’on n’est pas connecté de façon fiable, on ne pourra pas prétendre à rendre nos infrastructures indispensables pour rejoindre l’Asie et l’Orient. »

    Mais la réindustrialisation verte de Marseille-Fos reste suspendue à des mesures concrètes, à l’instar de la ligne électrique à très haute tension de 400 000 volts entre Jonquières-Saint-Vincent dans le Gard et Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône. Vitale pour les projets industriels décarbonés, la ligne doit être construite par RTE à qui l’État, bien qu’ayant validé le projet le 18 décembre, demande la poursuite du débat public sur le volet environnement. « On a la nécessité de disposer d’une alimentation électrique sécurisée, rénovée et quantitativement adaptée aux besoins des industriels », précise auprès de La Marseillaise, le préfet de région, Jacques Witkowski. Il rassure : « Des industriels cherchent des tours de table financiers. Les délais seront ce qu’ils seront. Nous rechercherons des voies d’acceptabilité. Notre mission est de construire un dossier solide. » Et accepté par les citoyens.

    Repères

    Un salon incontournable pour les acteurs de la mer

    Euromaritime est un salon majeur pour le secteur puisqu’il rassemble pas moins de 300 exposants et reçoit plus de 5 000 visiteurs venus du monde entier dont moults consuls et ambassadeurs. On y retrouve un stand XXL de la Norvège, un autre de l’île indonésienne Batam mais aussi des chantiers navals de Marseille, de la CMA-CGM, de l’Université de Toulon, de la Région Sud…

    Une décarbonation porteuse d’emplois

    La réindustrialisation verte du golfe de Fos et du pourtour de l’Étang de Berre comporte une trentaine de projets au coût estimé autour des 20 milliards d’investissements au total. Lesquels concernent principalement l’acier vert, l’hydrogène, la chimie et évidemment les activités portuaires à l’instar de l’éolien flottant. Les premières prévisions tablaient sur la création de 60 000 emplois mais le préfet de région, Jacques Witkowski, a évoqué 115 000 emplois récemment. De quoi renflouer les flux du port de Marseille-Fos.

    500 000

    Selon Jacques Hardelay, président de Marseille Provence Croisières, la filière maritime en France représente 500 000 emplois pour une production estimée à 120 milliards d’euros. Pour la seule industrie navale c’est 57 000 emplois directs.

    50

    La filière mer française réalise plus de 50% de son chiffre d’affaires à l’export, dont 95% pour la construction navale civile, selon les chiffres gouvernementaux. C’est 43% pour le versant Énergies Marines Renouvelables (EMR), selon Business France cette fois.

  • FO veut une accélération de la réindustrialisation à Fos

    FO veut une accélération de la réindustrialisation à Fos

    « Des dossiers chauds pour 2026, ce n’est pas ce qui manque. » En visite à Marseille, le secrétaire général de la fédération FO Métallurgie, Valentin Rodriguez, a des messages à faire passer aux acteurs locaux comme nationaux. Forte d’une bonne représentativité dans le secteur, des industries sidérurgiques à l’aéronautique, Force ouvrière tient à alerter sur une année charnière pour les travailleurs métallos et ses « points de vigilance ». « On a une industrie en souffrance, on ne découvre pas la nécessité d’avoir une industrie souveraine aujourd’hui », campe le secrétaire général.

    Il prend l’exemple de l’automobile, un secteur qui « a perdu 100 000 emplois sur les 20 dernières années ». De quoi afficher la position de l’organisation qui se veut empreinte de « pragmatisme ». « On dit “pourquoi pas” à l’accord récemment signé à Bruxelles [qui assouplit l’interdiction des moteurs thermiques prévue pour 2035 Ndlr]. Mais on est vigilant à ce que les salariés français ne soient pas les dindons de la farce », développe Valentin Rodriguez. En clair, FO appuie la nécessité de « plus de protectionnisme » et souhaite imposer un haut pourcentage de production locale dans l’industrie.

    Même raisonnement quand l’organisation réclame « un moratoire sur la décarbonation de la sidérurgie ». Sujet ô combien local avec « la situation critique » du site d’ArcelorMittal de Fos-sur-Mer. « On tourne en mode dégradé, le groupe a mis les moyens pour qu’on redémarre en partie la production », juge David Thourey, délégué syndical d’ArcelorMittal Méditerranée. Avant de dénoncer : « Il n’y a pas de vision à long terme, le secteur attend des mesures de l’Union européenne. » Pragmatisme encore donc. « C’est compliqué d’être compétitif quand l’acier chinois peut être vendu à perte car il a le soutien de son gouvernement », développent les syndicalistes.

    FO favorable à la ligne THT

    Avant de demander « plus de soutien et moins de pression sur la décarbonation » de la part du gouvernement français actuel. De quoi faire le lien avec la réindustrialisation du golfe de Fos. Gérard Ciannarella, coordinateur de FO Métallurgie dans la région dénonce « l’attitude irresponsable de l’État » au sujet de la ligne Très Haute Tension (THT) qui doit relier Fos et Jonquières, dans le Gard. Une infrastructure « nécessaire » aux différents projets industriels à venir. « On y est très clairement favorable, le secteur en a besoin. Il faut une décision rapidement, ce n’est pas normal que l’État reporte sa prise de position pour après les municipales », tempête le syndicaliste. Valentin Rodriguez insiste : « On parle de plus de 10 000 emplois à la clé, ce n’est pas rien ! ».

  • Une année pivot pour l’industrie et les transports : découvrez ce qui vous attend en 2026 dans les Bouches-du Rhône

    Une année pivot pour l’industrie et les transports : découvrez ce qui vous attend en 2026 dans les Bouches-du Rhône

    Industrie

    Une année cruciale pour la réindustrialisation du golfe de Fos. Nécessaire pour la décarbonation de la zone, la ligne très haute tension doit obtenir le feu vert de l’état, après les municipales de mars, le temps de réaliser de dernières études. En attendant, les projets commencent à se concrétiser. à Fos-sur-Mer, le site de production de panneaux photovoltaïques Carbon, désormais allié au leader chinois du secteur Longi, doit faire ses premières livraisons avant la fin de l’année. La construction d’une aciérie électrique par l’Italien Marcegaglia, un investissement à un milliard d’euros, doit démarrer au 3e trimestre, tandis que le lancement du projet d’acier décarboné Gravithy est attendu pour la fin de l’année, si l’investissement est définitivement confirmé. Le Grand port maritime de Marseille-Fos, de son côté, fêtera ses 60 ans en lançant les travaux de son nouveau siège social au J0, en plus de poursuivre le branchement à quai pour trois navires de croisière.

    Transports

    Enfin : le métro à Marseille va de nouveau rouler après 21h30, avec la mise en service progressive des nouvelles rames « Neomma » au premier semestre. De quoi tourner enfin la page des difficultés techniques rencontrées sur ce chantier XXL du plan Marseille en grand, qui doit encore se poursuivre avec l’installation de portes palières sur les quais pour permettre l’automatisation complète du métro. Avant cela, l’année commence par l’inauguration de l’extension du tramway jusqu’à Capitaine-Gèze au nord le 7 janvier, jusqu’à la Gaye au sud le 10 janvier, ainsi que celle du bus à haut niveau service entre les Pennes-Mirabeau et Marignane ce lundi. à Aubagne, le Val’tram permettra, à compter de cet été, de rallier la Bouilladisse en tramway.

    Reste à préparer l’avenir : une enquête publique doit se tenir, cette année, pour prolonger le tramway à Marseille jusqu’à la Castellane (16e arrdt.), une autre dès la mi-janvier sur les parcelles concernées par la Ligne nouvelle Provence-Côte d’Azur, alors que le chantier de la nouvelle gare Saint-Charles est officiellement lancé. Les marchés publics sont également lancés pour les premiers travaux préparatoires du tramway des Catalans. Enfin, l’aménagement cette année du rond-point de la Gaye (9e arrdt.) ouvre la voie à la relance du boulevard urbain sud.

    À Marseille

    à Marseille, l’année s’ouvre sur le rachat attendu par la municipalité du foncier des Galeries Lafayette au centre Bourse, qui doit s’accompagner d’un appel à manifestation d’intérêts pour une transition de trois ans. D’autres projets doivent se concrétiser : c’est le cas de la médiathèque Loubon, à la Belle de mai, dont la livraison est attendue à la fin de l’année. Le plan écoles continue aussi à se dérouler : tandis que le maire (DVG) Benoît Payan annonçait, lors de la dernière rentrée, six nouveaux établissements livrés d’ici au mois de mars 2026, les chantiers devraient être lancés dans quinze groupes scolaires au moins, dont celui, emblématique, de Saint-André – la Castellane, la justice ayant désormais validé la rupture du contrat initial après les carences du groupe Impresa Percassi. Les aménagements des parcs se poursuivent eux aussi, à l’image de la création du nouveau parc de l’Annonciade, sur deux hectares au pied du massif de l’Étoile. Côté santé, tandis que les premiers coups de pioche ont été donnés pour le bâtiment parents-enfants de la Timone, le nouveau Samu doit ouvrir ses portes au mois d’avril, sur 4 500 m2 face à des besoins toujours plus importants. Les premiers travaux préparatoires du nouvel hôpital d’instruction des armées doivent aussi commencer sur le camp de Sainte-Marthe, pour une livraison en 2031.

    Côte grands événements, le parc Chanot (8e arrdt.) poursuit sa grande transformation : le bitume du grand parking doit être retiré pour accueillir, sur plus de 13 000 m², une esplanade de loisirs, ne laissant plus sa place aux voitures que lors de grandes manifestations.

    Logement

    Avec l’année 2026 s’ouvre une nouvelle période triennale pour la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) : de nouveaux arrêtés de carence, avec des amendes à la clé, doivent être pris pour les communes n’atteignant pas 25% de logements sociaux. à Marseille, la société publique locale d’aménagement d’intérêt national, chargée de la réhabilitation du centre-ville, livrera ses premiers logements rénovés à l’automne. De manière symbolique, alors que commencent au printemps les premiers travaux dans les immeubles du haut de la rue d’Aubagne, le lieu ressource installé dans la « dent creuse » des effondrements doit ouvrir au début de l’année.