Tag: réindustrialisation

  • FO veut une accélération de la réindustrialisation à Fos

    FO veut une accélération de la réindustrialisation à Fos

    « Des dossiers chauds pour 2026, ce n’est pas ce qui manque. » En visite à Marseille, le secrétaire général de la fédération FO Métallurgie, Valentin Rodriguez, a des messages à faire passer aux acteurs locaux comme nationaux. Forte d’une bonne représentativité dans le secteur, des industries sidérurgiques à l’aéronautique, Force ouvrière tient à alerter sur une année charnière pour les travailleurs métallos et ses « points de vigilance ». « On a une industrie en souffrance, on ne découvre pas la nécessité d’avoir une industrie souveraine aujourd’hui », campe le secrétaire général.

    Il prend l’exemple de l’automobile, un secteur qui « a perdu 100 000 emplois sur les 20 dernières années ». De quoi afficher la position de l’organisation qui se veut empreinte de « pragmatisme ». « On dit “pourquoi pas” à l’accord récemment signé à Bruxelles [qui assouplit l’interdiction des moteurs thermiques prévue pour 2035 Ndlr]. Mais on est vigilant à ce que les salariés français ne soient pas les dindons de la farce », développe Valentin Rodriguez. En clair, FO appuie la nécessité de « plus de protectionnisme » et souhaite imposer un haut pourcentage de production locale dans l’industrie.

    Même raisonnement quand l’organisation réclame « un moratoire sur la décarbonation de la sidérurgie ». Sujet ô combien local avec « la situation critique » du site d’ArcelorMittal de Fos-sur-Mer. « On tourne en mode dégradé, le groupe a mis les moyens pour qu’on redémarre en partie la production », juge David Thourey, délégué syndical d’ArcelorMittal Méditerranée. Avant de dénoncer : « Il n’y a pas de vision à long terme, le secteur attend des mesures de l’Union européenne. » Pragmatisme encore donc. « C’est compliqué d’être compétitif quand l’acier chinois peut être vendu à perte car il a le soutien de son gouvernement », développent les syndicalistes.

    FO favorable à la ligne THT

    Avant de demander « plus de soutien et moins de pression sur la décarbonation » de la part du gouvernement français actuel. De quoi faire le lien avec la réindustrialisation du golfe de Fos. Gérard Ciannarella, coordinateur de FO Métallurgie dans la région dénonce « l’attitude irresponsable de l’État » au sujet de la ligne Très Haute Tension (THT) qui doit relier Fos et Jonquières, dans le Gard. Une infrastructure « nécessaire » aux différents projets industriels à venir. « On y est très clairement favorable, le secteur en a besoin. Il faut une décision rapidement, ce n’est pas normal que l’État reporte sa prise de position pour après les municipales », tempête le syndicaliste. Valentin Rodriguez insiste : « On parle de plus de 10 000 emplois à la clé, ce n’est pas rien ! ».

  • Une année pivot pour l’industrie et les transports : découvrez ce qui vous attend en 2026 dans les Bouches-du Rhône

    Une année pivot pour l’industrie et les transports : découvrez ce qui vous attend en 2026 dans les Bouches-du Rhône

    Industrie

    Une année cruciale pour la réindustrialisation du golfe de Fos. Nécessaire pour la décarbonation de la zone, la ligne très haute tension doit obtenir le feu vert de l’état, après les municipales de mars, le temps de réaliser de dernières études. En attendant, les projets commencent à se concrétiser. à Fos-sur-Mer, le site de production de panneaux photovoltaïques Carbon, désormais allié au leader chinois du secteur Longi, doit faire ses premières livraisons avant la fin de l’année. La construction d’une aciérie électrique par l’Italien Marcegaglia, un investissement à un milliard d’euros, doit démarrer au 3e trimestre, tandis que le lancement du projet d’acier décarboné Gravithy est attendu pour la fin de l’année, si l’investissement est définitivement confirmé. Le Grand port maritime de Marseille-Fos, de son côté, fêtera ses 60 ans en lançant les travaux de son nouveau siège social au J0, en plus de poursuivre le branchement à quai pour trois navires de croisière.

    Transports

    Enfin : le métro à Marseille va de nouveau rouler après 21h30, avec la mise en service progressive des nouvelles rames « Neomma » au premier semestre. De quoi tourner enfin la page des difficultés techniques rencontrées sur ce chantier XXL du plan Marseille en grand, qui doit encore se poursuivre avec l’installation de portes palières sur les quais pour permettre l’automatisation complète du métro. Avant cela, l’année commence par l’inauguration de l’extension du tramway jusqu’à Capitaine-Gèze au nord le 7 janvier, jusqu’à la Gaye au sud le 10 janvier, ainsi que celle du bus à haut niveau service entre les Pennes-Mirabeau et Marignane ce lundi. à Aubagne, le Val’tram permettra, à compter de cet été, de rallier la Bouilladisse en tramway.

    Reste à préparer l’avenir : une enquête publique doit se tenir, cette année, pour prolonger le tramway à Marseille jusqu’à la Castellane (16e arrdt.), une autre dès la mi-janvier sur les parcelles concernées par la Ligne nouvelle Provence-Côte d’Azur, alors que le chantier de la nouvelle gare Saint-Charles est officiellement lancé. Les marchés publics sont également lancés pour les premiers travaux préparatoires du tramway des Catalans. Enfin, l’aménagement cette année du rond-point de la Gaye (9e arrdt.) ouvre la voie à la relance du boulevard urbain sud.

    À Marseille

    à Marseille, l’année s’ouvre sur le rachat attendu par la municipalité du foncier des Galeries Lafayette au centre Bourse, qui doit s’accompagner d’un appel à manifestation d’intérêts pour une transition de trois ans. D’autres projets doivent se concrétiser : c’est le cas de la médiathèque Loubon, à la Belle de mai, dont la livraison est attendue à la fin de l’année. Le plan écoles continue aussi à se dérouler : tandis que le maire (DVG) Benoît Payan annonçait, lors de la dernière rentrée, six nouveaux établissements livrés d’ici au mois de mars 2026, les chantiers devraient être lancés dans quinze groupes scolaires au moins, dont celui, emblématique, de Saint-André – la Castellane, la justice ayant désormais validé la rupture du contrat initial après les carences du groupe Impresa Percassi. Les aménagements des parcs se poursuivent eux aussi, à l’image de la création du nouveau parc de l’Annonciade, sur deux hectares au pied du massif de l’Étoile. Côté santé, tandis que les premiers coups de pioche ont été donnés pour le bâtiment parents-enfants de la Timone, le nouveau Samu doit ouvrir ses portes au mois d’avril, sur 4 500 m2 face à des besoins toujours plus importants. Les premiers travaux préparatoires du nouvel hôpital d’instruction des armées doivent aussi commencer sur le camp de Sainte-Marthe, pour une livraison en 2031.

    Côte grands événements, le parc Chanot (8e arrdt.) poursuit sa grande transformation : le bitume du grand parking doit être retiré pour accueillir, sur plus de 13 000 m², une esplanade de loisirs, ne laissant plus sa place aux voitures que lors de grandes manifestations.

    Logement

    Avec l’année 2026 s’ouvre une nouvelle période triennale pour la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) : de nouveaux arrêtés de carence, avec des amendes à la clé, doivent être pris pour les communes n’atteignant pas 25% de logements sociaux. à Marseille, la société publique locale d’aménagement d’intérêt national, chargée de la réhabilitation du centre-ville, livrera ses premiers logements rénovés à l’automne. De manière symbolique, alors que commencent au printemps les premiers travaux dans les immeubles du haut de la rue d’Aubagne, le lieu ressource installé dans la « dent creuse » des effondrements doit ouvrir au début de l’année.

  • Séverine Dellanegra : « Les communes ne peuvent pas être des variables d’ajustement »

    Séverine Dellanegra : « Les communes ne peuvent pas être des variables d’ajustement »

    La Marseillaise : Samedi 13 décembre, les agriculteurs ont mené une action contre la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire par le gouvernement. Comprenez vous leur colère ?

    Séverine Dellanegra : Nous étions présents avec eux ce jour-là. Saint-Martin-de-Crau est avant tout une terre d’agriculture et d’élevage. Même si cette maladie n’est, heureusement, pas encore présente sur notre territoire, il y a d’immenses inquiétudes dans un secteur qui est déjà en souffrance. Cette mobilisation est avant tout un signal d’alerte. Il faut une plus grande communication, notamment de la part du ministère de l’Agriculture, parce que le protocole sanitaire mis en place est un couperet. Pour en parler avec des éleveurs et des manadiers du coin, si on devait en arriver à des extrémités pareilles, des races emblématiques pourraient disparaître. Or, c’est notre identité, notre culture, notre patrimoine. Il faut qu’on trouve un terrain d’échanges, on ne peut pas juste nous imposer des décisions qui arrivent du niveau national. J’ai adressé un courrier à Annie Genevard. Mon souhait c’est qu’il y ait un vrai plan de sauvegarde de notre agriculture française.

    Le contournement d’Arles a fait débat lors du dernier conseil municipal. Quelle est votre position ?

    S.D. : Nous sommes pour une solution qui permette de désengorger un axe qui est bien souvent sujet à beaucoup de soucis de circulation. En revanche, notre nouvelle équipe arrivée fin 2024 a découvert des aspects qui ne nous conviennent pas dans le dossier tel qu’il est présenté aujourd’hui à la commission d’enquête publique. Dès 2005 il avait été dit que le contournement se ferait, mais qu’on maintiendrait le principe de gratuité entre Arles et Saint-Martin-de-Crau car c’est un axe très emprunté par nos populations, puisque nos réseaux secondaires ne sont pas adaptés. Quand on a examiné dans le détails le projet, on s’est rendu compte que les trois échangeurs seraient maintenus mais que le dernier, à l’est, ferait l’objet d’un portique à péage. Ce qui veut dire qu’une certaine part des habitants de la commune, pour ne pas s’acquitter de 0,87 centimes sur le tronçon, rentrera sur l’autoroute dans le centre ou l’ouest de la ville, ce qui va créer du trafic supplémentaire en centre-ville. Les autres usagers pourront aussi sortir à l’est de la commune et emprunter nos axes secondaires en passant par le centre. Or, le scénario le plus optimiste prévoit déjà plus de 3 500 véhicules supplémentaires par jour. Ce n’est pas possible. Charge à l’État de trouver d’autres solutions. Oui au contournement d’Arles pour fluidifier le trafic, mais en aucun cas un projet qui va transformer nos villes en voie de délestage.

    Un autre projet structurant divise le territoire : la ligne très haute tension, devant relier Jonquières-Saint-Vincent (Gard) à Fos.

    S.D. : Loin de nous l’idée d’être opposés à la transition écologique, à la poursuite du développement industriel du bassin de Fos et au besoin de sécurisation énergétique de notre région Paca. Simplement, on ne veut pas que ça se fasse au détriment de notre territoire dans toutes ses dimensions, que ce soit la biodiversité, les paysages, le monde agricole, la qualité de vie, etc. Les conclusions du rapport de l’État valident la ligne en aérien, pourtant on ne connaît pas les impacts cumulés de cette infrastructure. Je pense que les choses n’en resteront pas là, on ne va pas laisser faire une ligne de 180 pylônes de 60 mètres de haut. La solution alternative proposée nous semble déployable. La temporalité est un peu différente, et ça peut être un peu plus coûteux, mais est-ce que nos territoires ne le méritent pas ? Les collectifs le mettent en avant : ils sont armés pour lancer des contentieux, ça va faire perdre du temps et de l’argent à RTE, est-ce qu’il ne vaut pas mieux regarder ensemble pour trouver une voie commune ? L’enjeu industriel est réel, mais les communes traversées ne peuvent pas être des variables d’ajustement. On demande une réunion d’urgence avec le nouveau préfet de Région.

  • Ligne très haute tension : l’État temporise encore

    Ligne très haute tension : l’État temporise encore

    Temporiser pour mieux franchir l’obstacle. Dans leur rapport publié ce jeudi après trois mois et demi de débats sur la décarbonation et la réindustrialisation du golfe de Fos, les services de l’État actent le report de leur décision sur la réalisation d’une ligne très haute tension pour alimenter en électricité la zone. Exigeant de nouvelles précisions au gestionnaire public du réseau, RTE.

    « Le principal point de divergence, source d’une participation importante du public et d’échanges nombreux, parfois très vifs, est celui de l’alimentation électrique de ce territoire », reconnaît d’emblée le rapport de la préfecture. Même si la nécessité de renforcer le réseau fait globalement consensus : « L’augmentation de la puissance électrique à cette échéance est nécessaire pour tenir l’objectif de décarbonation et de réindustrialisation de la deuxième zone industrielle la plus émettrice de gaz à effets de serre en France », insiste ainsi le document de près de 80 pages. Pour cela, est-il expliqué, l’option d’une ligne aérienne proposée par RTE « est la plus efficace », face au « grand nombre d’inconnues » du projet alternatif porté par le collectif THT 13-30.

    Les opposants pas convaincus

    Mais avant de prendre une décision définitive et de lancer la déclaration d’utilité publique (DUP) qui ouvre la voie aux expropriations, « l’État demande à RTE de poursuivre les travaux nécessaires relatifs au renforcement du réseau électrique, afin de répondre à l’objectif de fournir 4 GW en 2030 aux industriels de la zone de Fos – Étang de Berre », énonce le rapport dans ses engagements pris. Une façon de répondre aux inquiétudes des associations écologistes. « Les enjeux environnementaux seront considérés comme des enjeux de premier ordre dans le cadre de l’instruction des autorisations requises », promettent ainsi les services de l’État. Opportunément, cela permet aussi de passer le cap des municipales à venir.

    Pas de quoi rassurer les opposants. « La solution aérienne imposée par l’État menace directement des espèces parmi les plus rares de notre territoire », dénonce ce mardi le président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain Dubourg. D’ores et déjà, il promet : « Nous utiliserons tous les recours possibles pour obtenir la révision du projet et la prise en compte réelle des alternatives compatibles avec la protection de la biodiversité. »

    Dans nos colonnes ce week-end, le préfet de région Jacques Witkowski assurait pourtant que « nous n’avons pas pris le parti d’une forme de projet ». « Le choix porté par l’opérateur un peu à la façon de la barbe du capitaine Haddock “dessus-dessous” doit pouvoir être très justifié afin de savoir pourquoi on écarte et pourquoi on retient », justifiait-il.

    Un plan pour le reste

    Derrière l’arbre de l’énergie, le rapport revient aussi sur la forêt de défis à relever. Qu’il s’agisse des services publics, en particulier sur la modernisation de l’hôpital de Martigues, de l’alimentation en eau industrielle, du logement, de la formation, des transports. Des enjeux cette fois énumérés dans le plan partenarial d’aménagement que les collectivités ont approuvé au fil du mois de décembre, avec 680 millions d’euros d’investissements programmés d’ici 2030 (notre édition du 11/12). « Il reste de l’ordre de 107 millions d’euros à financer en plus sur les cinq prochaines années », reconnaît cependant l’État. Qui promet de poursuivre la concertation, face à « une forte attente du public envers les collectivités locales et l’État, dans la mise en œuvre d’un certain nombre de projets annoncés de longue date ».

    « L’État demande à RTE de poursuivre
    les travaux nécessaires. »

  • 107 millions à trouver pour réindustrialiser le golfe de Fos

    107 millions à trouver pour réindustrialiser le golfe de Fos

    L’ambition est posée d’emblée : « Faire du golfe de Fos-étang de Berre le premier pôle industrialo-portuaire décarboné de la zone Euro-Méditerranée-Afrique, tout en préservant et valorisant ses atouts environnementaux. » Cinq mois après la fin d’une concertation XXL sur l’avenir de la zone, le conseil régional doit adopter, ce jeudi, le contrat de projet partenarial d’aménagement, afin d’accompagner l’installation de 30 projets industriels majeurs sur le territoire avec 10 000 emplois créés et de 15 à 20 milliards d’euros d’investissement sur dix ans. Un contrat qui doit être aussi validé en conseil départemental le lendemain, puis métropolitain lundi.

    Au total, 679,5 millions d’euros doivent être investis d’ici 2030 pour créer les infrastructures nécessaires, entre lancement d’études et réalisation des premiers travaux. Des financements fléchés en majorité sur les transports, en particulier sur la réalisation, attendue depuis cinquante ans, du contournement de Martigues et Port-de-Bouc avec 228 millions d’euros prévus, mais aussi pour la modernisation de la ligne de la Côte bleue en étudiant un possible rapprochement de la gare de Fos avec sa zone industrielle, à hauteur de 93 millions d’euros, pour la réalisation de pôles d’échanges multimodaux à Miramas, au Rove, Vitrolles et Rognac avec en plus une piste cyclable de Port-Saint-Louis à Distriport, pour 54 millions d’euros… Et puis il y a les études de la liaison Fos-Salon, la requalification de la D268 qui dessert les terminaux.

    S’ajoutent d’autres gros dossiers : la modernisation depuis longtemps réclamée de l’hôpital de Martigues pour 60 millions d’euros, le développement des réseaux d’eau industrielle pour 42,5 millions, auquel s’ajoutent des études pour prélever l’eau du canal d’Arles à Fos, se connecter au réseau du canal de Provence voire se pencher à plus long terme sur la dérivation de l’eau de l’usine hydroélectrique de Saint-Chamas vers le Rhône. La zone de la Fossette, à Fos-sur-Mer, doit de son côté être aménagée avec un investissement de 40 millions d’euros pour accueillir des services sur mesure pour la zone industrielle, avec espaces tertiaires, aires de services pour poids lourds, ainsi que future cité de l’industrie et du port.

    5 600 logements à créer

    Le document se penche aussi longuement sur la question du logement. Des zones prioritaires sont identifiées, sur le secteur nord canal à Port-Saint-Louis, autour du contournement de Martigues – Port-de-Bouc, sur la friche Rassuen à Istres. Au total, ce sont 5 600 logements qu’il faut livrer en cinq ans. Pour faciliter la maîtrise foncière, une opération d’intérêt national doit être mise en place, une société publique locale d’aménagement d’intérêt national (Spla-in) créée.

    Mais, sur l’enveloppe prévue, 107 millions d’euros restent à trouver. « Quand on a le projet, on trouve les fonds, je ne suis pas très inquiet », tient à rassurer le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier. Qui rappelle que sur les fonds européens, « on est éligibles à tout ».

    Un cap, surtout, reste à passer, celui de la ligne très haute tension qui doit assurer le doublement de la demande en électricité, et sur laquelle une décision du préfet est attendue pour samedi. « Le conseil que je lui donne, c’est de le faire après les municipales pour ne pas déclencher de conflits qui n’existent pas », glisse Renaud Muselier, qui veut rassurer les industriels. Rappelant que l’ancien préfet, favorable au projet, est maintenant directeur de cabinet à l’Élysée.

    Pour Muselier, le RN a peu de chances aux municipales

    Interrogé par la presse, ce mercredi, sur la menace de l’extrême droite aux municipales, le président (Ren.) de Région Renaud Muselier se montre optimiste. « Je ne crois pas à la victoire du RN dans la région », assure-t-il. Avec même l’espoir de refaire basculer Rognac, un an après la victoire surprise du RN. Cela ne l’empêche pas d’être inquiet pour Toulon, où « il y a de la division sur la ligne », tandis qu’à Arles, il a œuvré pour l’union de Cyril Juglaret avec Patrick de Carolis face au risque de défaite. Prudent sur la situation à Marseille avec l’évolution du mode de scrutin, il n’en rappelle pas moins que « le national ce n’est pas le local », taclant le candidat RN. Et d’écarter les craintes sur une alliance avec l’extrême droite : « Il faut bien qu’on récupère les électeurs RN et, en même temps, il ne faut pas qu’on perde les électeurs du centre. » Quant à Sabrina Agresti-Roubache, qui s’était émue des propos de Martine Vassal, « elle a sa place, mais ça ne peut fonctionner que si on est une équipe. »

  • Un colloque juridique pour concilier réindustrialisation et environnement

    Un colloque juridique pour concilier réindustrialisation et environnement

    C’est une première. « Les rencontres de droit et procédure administratives existent depuis longtemps, on est à la 23e édition », précise maître Benjamin Hachem, mais « le partenariat entre le barreau de Marseille, les juridictions administratives et l’institut Robert-Badinter est inédit ».

    Florence Noire, magistrate et représentante de cette dernière organisation, explique : « Le sujet de la réindustrialisation et des enjeux environnementaux nous paraissait être extrêmement important dans l’actualité, et dans l’actualité juridique et contentieuse. » « L’actualité nous a rattrapés, avec la feuille de route pour le développement de Fos et des décisions qui doivent être prises au niveau de l’État vis-à-vis de la ligne haute tension, confirme Benjamin Hachem. On se rend compte qu’on est à un moment décisif au niveau régional et que ces enjeux dépassent le territoire et sont nationaux. »

    Autre nouveauté : le colloque ne se limite pas au champ des acteurs juridiques. « L’idée c’est de proposer une rencontre opérationnelle entre les acteurs du droit, le monde économique et les associations de protection de l’environnement, précise la magistrate. (…) On oppose souvent industrie et environnement mais l’objectif c’est de faire dialoguer des acteurs dont on peut penser qu’ils sont diamétralement opposés dans leurs missions pour transcender la discussion. »

  • Contre la guerre, Roussel sort le bazooka budgétaire

    Contre la guerre, Roussel sort le bazooka budgétaire

    Ce dimanche après-midi, les chaises manquaient dans le palais des congrès du parc Chanot. Au milieu du tourbillon de drapeaux rouges ou tricolores, ils étaient plus de 1 500 pour le meeting du secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, avec la présence de représentants de toutes les forces de gauche, hors les insoumis. Un rendez-vous marqué par l’assassinat, dix jours plus tôt, du jeune Mehdi Kessaci.

    « Ces mafias tuent nos enfants, tuent tout espoir pour des milliers de jeunes dans notre ville, dans notre pays », rappelait le secrétaire départemental du PCF dans les Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, qui avait lancé dès 2024 un Appel de Marseille pour alerter sur cette réalité du narcotrafic. « Pour sortir notre jeunesse de ces logiques, il faut lui permettre de travailler, d’être formée », interpelle le sénateur.

    2,5 milliards contre

    le narcotrafic

    Après lui, le secrétaire national du PCF promet d’emblée : « Nous ne céderons ni à la peur, ni aux menaces, d’où qu’elles viennent. Machiavel a écrit : celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leurs âmes. Ici à Marseille, nous n’avons pas peur, et nous restons libres ! » Lui qui a participé à la marche blanche organisée la veille rend un hommage appuyé à Amine Kessaci, et relaie son appel face au narcotrafic qui a abattu ses deux frères. « Il faut mener cette guerre et ne pas céder un pouce de terrain à ces criminels : ce doit être le combat de la République, que nous devons mener tous ensemble », assène Fabien Roussel. Et de défendre l’embauche de 60 000 policiers, enquêteurs, douaniers. Un engagement de 2,5 milliards d’euros.

    Mais c’est surtout un discours de paix qu’est venu porter le secrétaire national du PCF, cinq jours après l’appel du chef d’état-major des armées à « accepter de perdre nos enfants ». « Ces mots glacent le sang », s’alarme Fabien Roussel. Face à l’économie de guerre, face aux discours guerriers, il fait le serment : « Jamais nous ne voterons les crédits militaires et les pleins pouvoirs à des dirigeants prêts à envoyer nos enfants faire des guerres qui ne sont pas les nôtres. » Lui appelle à une coalition internationale pour un cessez-le-feu en Ukraine, à la mobilisation le 29 novembre pour la paix en Palestine.

    Face à ces sacrifices promis à la jeunesse, il promet de sortir le « bazooka budgétaire ». De quoi ouvrir d’autres perspectives. « Nous proposons 100 milliards d’euros par an pour relever ce pacte d’avenir pour la France et le climat », annonce-t-il. Cela pour reconstruire les services publics avec un plan de formation de soignants et d’enseignants, abroger la réforme des retraites, indexer les salaires sur l’inflation en augmentant le Smic, assurer l’égalité salariale, garantir une énergie accessible et décarbonée… Et lancer la reconquête industrielle. « Il n’y aura plus une heure de travail qui partira à l’étranger », promet-il. Alors que la richesse des 500 plus grosses fortunes a doublé en huit ans, l’édile nordiste interpelle : « Nous avons assez fait de sacrifices ! Les cigares doivent changer de bouches ! »

    Pour mettre en œuvre ces mesures, il assume : « Fixons-nous l’objectif de conquérir le pouvoir plutôt que de regarder médusés l’extrême droite dérouler son programme. » Cela commence par les municipales, avec un appel résolu au rassemblement. « Nous ne conduirons aucune liste de division contre des maires sortants socialistes, écologistes et insoumis, que personne ne nous donne de leçons ! Nous, l’union, on en parle et on la fait ! » tacle-t-il. Et d’appeler les militants à mener ces campagnes, « qui nous permettront de gagner les Jours heureux ».

  • [Rue de la République] Marc Pietrosino : « Le RN, c’est une catastrophe pour les travailleurs »

    [Rue de la République] Marc Pietrosino : « Le RN, c’est une catastrophe pour les travailleurs »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    L’Assassinat de Mehdi Kessaci

    Didier Gesualdi : Ce samedi a lieu une marche en mémoire de Mehdi Kessaci et contre le narcotrafic. Vous y serez ?

    Oui, c’est important de manifester, d’être auprès de la famille, de lui apporter notre soutien et d’affirmer que d’autres solutions sont possibles pour Marseille. C’est un fléau qui touche Marseille depuis des années. Un fléau qui touche nos professions puisque dans ce contexte tragique, on a eu des agents du conseil départemental menacés sur leur lieu de travail, toujours en lien avec le narcotrafic. Nous leur apportons aussi notre soutien.

    Didier Gesualdi : C’est un phénomène qui gangrène toutes les relations dans notre société.

    Oui, c’est quelque chose qui a déjà été analysé depuis longtemps. On sait que dans certains quartiers, il y a une faillite de l’État, un abandon qui provoque une certaine misère pour les jeunes qui y vivent. C’est un terrain propice pour le grand banditisme. L’État doit réinvestir ces quartiers, pas qu’avec le répressif, il faut qu’il y ait des écoles, des perspectives d’emplois, des services publics… C’est le rôle de la République, au sens le plus fort de ce mot.

    Léo Purguette : La CGT critique depuis longtemps la désertion des services publics de ces quartiers populaires. Quand il en reste, le narcotrafic fait pression sur les agents, dégradent leurs conditions de travail. Est-il encore possible de reprendre le dessus ?

    Oui, à condition que l’État ait une vraie volonté de réinvestir ces quartiers. Je pense que c’est possible. On a connu des situation pires par le passé. Quand il y a une volonté, réelle, on peut y arriver.

    Didier Gesualdi : Une adhésion de la population est nécessaire…

    Oui en sachant que les premières victimes sont les habitants de ces quartiers populaires. On oublie trop souvent de le préciser. C’est quelque chose qui déborde de plus en plus de ces quartiers, et même de la ville pour toucher la région tout entière, donc oui, il faut une adhésion populaire pour dire qu’il faut plus de services publics et plus d’emplois dans ces quartiers.

    Le budget

    Léo Purguette : Ça nous renvoie directement à la question des moyens. Le budget de l’État et celui de la Sécurité sociale en préparation met la CGT est en colère. Quelles sont vos propositions pour faire autrement ?

    Je ne vais pas toutes les lister mais il faut commencer par dire que c’est le pire budget qui existe depuis longtemps. On a déjà protesté contre le budget Bayrou, celui-ci est plus mauvais encore. Coupes dans la Sécurité sociale, doublement des franchises médicales, une certaine mise au pas des associations après un amendement déposé par le RN… Toutes ces choses-là, ne sont pas acceptables.

    Léo Purguette : Quand on vous dit qu’il n’y a plus d’argent, vous n’y croyez pas ?

    Non, beaucoup d’argent circule en France. La question, c’est comment on le redistribue ? Et nous sommes face à une captation par une petite minorité de la population comme le montre les chiffres. Avec une meilleure redistribution, on peut dégager beaucoup de moyens supplémentaires. Les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres et le discours dominant, c’est de nous faire croire que c’est une fatalité. Nous, on dit non. Et il y a quand même pas mal déconomistes qui valident nos thèses. D’autre part, il se pose aussi la question du contrôle de l’État sur sa monnaie. Le système est fait pour qu’on s’endette auprès des marchés financiers, ce qui n’était pas le cas avant. Ce sont des questions qu’il faut investir pour reprendre le contrôle sur le financement de l’action publique.

    Les retraites

    Didier Gesualdi : La bataille des retraites continue mais comment mobiliser quand on a connu un passage en force et une défaite ?

    Ce n’est jamais facile de mobiliser, surtout qu’on est dans une société qui est de moins en moins sur le collectif et de plus en plus sur l’individuel. On fait face à une certaine propagande sur les réseaux sociaux et à des chaînes d’information en continu qui ne sont pas vraiment de notre côté. Mais pour autant, l’adhésion et la prise de conscience populaire resteront la seule solution pour sortir de ce marasme.

    Léo Purguette : Que dit de l’évolution du rapport de force la proposition de « suspendre » la réforme des retraites qui émane du Premier ministre ? Qu’en pensez-vous ? Est-ce suffisant ?

    Effectivement, les mobilisations ont servi à quelque chose, le rapport de force à évoluer mais cela reste largement insuffisant. Nous sommes pour l’abrogation et pas la suspension. Suspendre ça veut dire qu’à tout moment ça peut revenir et puis surtout pour cette suspension il faudrait accepter tout le reste du budget dont on ne veut pas.

    Le Rassemblement national

    Didier Gesualdi : Les municipales approchent, on voit que le RN a le vent en poupe notamment dans notre région. Qu’en dites vous en tant que représentant du monde du travail ?

    Le Rassemblement national, c’est une catastrophe pour les travailleurs. Je sais que ces dernières années, ils ont tenté d’avoir une ligne pseudo-sociale pour embellir l’image. Mais concrètement, il suffit de voir ce qui est voté par cette organisation politique que ce soit à l’Assemblée nationale ou au Parlement européen. Toutes les mesures antisociales sont votées par le Rassemblement national. Et tout ce qui pourrait aller dans le sens d’une amélioration sociale, ses représentants votent contre.

    Didier Gesualdi : De son côté le patronat réclame qu’on baisse ses charges, vous répondez quoi ?

    Le patronat n’a jamais été trop à l’avant garde de la question sociale. Ça fait depuis les années 1980 que les grosses entreprises ont obtenu des exonérations sans créer d’emplois.

    La santé

    Didier Gesualdi : Quelles conséquences des orientations budgétaires sur les usagers des services de santé ?

    Déjà rappelons nous les déclarations du président de la République pendant la crise Covid disant qu’il fallait réouvrir des lits, renationaliser des entreprises de l’industrie pharmaceutiques… Ce qui correspond plutôt à nos thèses à nous. Mais la réalité c’est qu’on est sorti de la crise et qu’on repart sur des fermetures de lits, des restrictions, etc. L’hôpital ne pourra pas tenir éternellement sur le dévouement de son personnel. Si on continue comme ça, le personnel va finir par être en situation de maltraitance avec les usagers.

    Didier Gesualdi : Certains disent qu’on dépense mal, qu’on doit être plus efficace en matière de santé.

    Je n’ai pas l’impression. Quand vous allez aux urgences et que vous constatez qu’il n’y a que deux brancardiers dans un hôpital, quand vous voyez dans quel état est le personnel dans les hôpitaux et même les cliniques, on se dit qu’il y a beaucoup d’économies faites sur leur dos.

    L’industrie

    Léo Purguette : Quel regard portez-vous sur la réindustrialisation décarbonée du golfe de Fos ? On nous promet beaucoup d’emplois. Quelles conséquences pour le territoire ?

    On n’aimerait pas que la décarbonation ou que l’écologie deviennent une raison de fermer des usines. On a le cas de Arcelor avec des hauts fourneaux à l’arrêt. Mittal a reçu beaucoup d’aides publiques de l’État, avec nos impôts. Il faut investir sur des fours électriques pour faire repartir l’activité et réduire les gaz à effet de serre. Imposons-le.

    Léo Purguette : Vous êtes donc favorable à la ligne Très haute tension qui fait débat dans la population ?

    Le débat, c’est est-ce qu’on fait cette ligne et on maintient les industries ou est-ce qu’on ne la fait pas et les industries ne pourront pas exister faute d’électricité. Dans ce cas-là on respirera peut-être mieux mais on sera tous au chômage. Il faut trouver une ligne qui préserve l’emploi tout en préservant notre environnement. Il ne s’agit pas de faire n’importe quoi. Je crois qu’on a les capacités techniques et intellectuelles dans ce pays pour arriver à quelque chose qui satisfasse tout le monde.

    Didier Gesualdi : C’est possible de réindustrialiser tout en tenant compte de la santé au travail et de l’environnement ?

    Oui tout à fait. Que ce soit la chimie, la pétrochimie, on sait que ce sont des industries polluantes mais on sait aussi que par des investissements, on peut les rendre beaucoup moins polluantes. Il faut aller chercher des investissements. C’est un combat qu’il ne faut pas lâcher.

    Léo Purguette : Un combat a été gagné, c’est celui de la Centrale de Gardanne. Là aussi avec des enjeux environnementaux, le projet des salariés a fini par gagner. Comment analysez-vous cette victoire ? Quel est votre avis sur les activités supplémentaires qui pourraient arriver sur ce site ?

    Il faut saluer l’abnégation des salariés et du syndicat CGT qui les a accompagné pour porter ce projet. Ils n’ont rien lâché, ils y ont cru jusqu’au bout. Il faut vraiment leur rendre hommage, c’est un combat intense qui s’est déroulé sur plusieurs années. Leur projet démontre qu’on peut à la fois maintenir de l’emploi industriel et avoir un certain cahier des charges en termes d’environnement. Sur ce que ça peut apporter pour l’avenir, à partir du moment où il y a une production d’électricité, cela ouvre la porte à tous les projets.

    Léo Purguette : Des victoires, il y en a eu aussi avec Fralib, CPMM, le modèle coopératif est-il un modèle d’avenir ?

    C’est à la fois un modèle historique et d’avenir. Déjà Jaurès analysait les coopératives en son temps. C’est un modèle solide qui a traversé le temps. Oui je pense que les travailleurs ne sont jamais aussi efficaces que quand c’est leur outil de travail.

    La République c’est quoi ?

    Marc Pietrosino : « J’ai envie de citer d’abord et avant tout l’école. L’école, c’est la République car quand on a une école réellement efficace, elle permet de donner le même enseignement des plus pauvres aux plus riches et d’avoir l’égalité des chances pour la vie. »

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de
    Anne-Marie Blaineau : Vous êtes du commerce vous pensez quoi de l’avenir des galeries Lafayette ?

    Effectivement, on a une galerie commerciale, le centre Bourse, qui ne se porte pas très bien avec les galeries Lafayette qui en sont parties. Ça dit quelque chose du centre ville de Marseille. Il s’est paupérisé donc il y avait des enseignes pas en adéquation avec le pouvoir d’achat des habitants. Actuellement, le centre Bourse qui est à l’origine un centre historique magnifique, fait l’objet de plusieurs projets. Ce qui nous intéresse à la CGT, c’est d’abord le devenir des salariés du commerce, savoir où ils vont aller. On sait que des enseignes veulent déménager, notamment la Fnac. Il y a une sorte de vampirisation des Terrasses du Port par rapport au centre Bourse. L’avenir du centre Bourse, je ne sais pas s’il s’inscrit dans le commerce ou quelque chose de culturel. L’inquiétude c’est que le nombre d’emploi risque de ne pas être compensé. Mais il faut aussi réhabiliter le centre-ville de Marseille pour permettre de retrouver un centre riche en activités pour tous et plaisant.

  • Fabien Roussel : « Nous ne voulons plus de leurs trafics »

    Fabien Roussel : « Nous ne voulons plus de leurs trafics »

    La Marseillaise : Vous arrivez ce week-end à Marseille dans un contexte particulier, une semaine après l’assassinat de Mehdi Kessaci. Quelle a été votre première réaction lorsque vous l’avez appris ?

    Fabien Roussel : À chaque fois que j’entends un drame lié aux narcotrafiquants qui provoque une mort ou un blessé grave, je suis profondément choqué que ces narcotrafiquants viennent pourrir nos vies. Mais quand j’ai appris que cette fois-ci il s’agissait d’un jeune homme tué parce qu’il est le frère d’un autre jeune homme qui se bat contre les narcotrafics, j’ai été sidéré de voir jusqu’où ces truands, ces bandits, étaient capables d’aller pour faire leur commerce de la mort. Ce crime odieux doit être pris à ce niveau. On a en face de nous des truands, des criminels totalement décomplexés, qui sont prêts à tout. En face, nous ne devons pas leur céder un pouce de terrain. Je trouve extrêmement courageux de la part d’Amine de rester digne, droit et déterminé à mener ce combat-là.

    Beaucoup de responsables parlent d’un nouveau cap franchi, avec un assassinat d’intimidation, qui vise un militant politique. Vous partagez ce constat ?

    F. R. : C’est difficile de le caractériser. Mais c’est un assassinat horrible, pour empêcher Amine de mener son combat contre les narcotrafiquants. J’ai du mal à mettre un qualificatif derrière. Un assassinat est un assassinat. Mais ce qu’ils ont fait en tuant Mehdi, c’est de franchir un pas plus grave. Cela montre que ces criminels sont extrêmement dangereux. Tout autant que le sont des terroristes qui tuent des civils innocents.

    Vous allez participer ce samedi à la marche blanche organisée à Marseille à l’appel de la famille, pourquoi avez-vous souhaité y aller ?

    F. R. : Parce qu’Amine entend continuer ce combat, et que ce combat est juste, nous devons tous être avec lui. Pas derrière, mais avec lui, pour faire front, pour garder la tête haute et pour dire que nous ne leur céderons pas un pouce de terrain. Nous ne les voulons plus dans nos quartiers, dans nos halls d’entrée, nous ne voulons plus de leurs menaces, de leurs balles perdues, de leurs trafics de drogue. Nous n’en voulons plus ! C’est important d’être à côté d’Amine mais aussi à côté de toutes ces associations, de tous ces élus, de toutes ces forces de police, de tous ces magistrats qui se battent contre les narcotrafiquants. Nous devons être unis. La population, le peuple doit faire bloc et envoyer un message extrêmement fort pour leur dire : vous ne nous faites pas peur, nous ne céderons pas.

    Sur la question du narcotrafic, on a l’impression que la droite, que l’extrême droite surtout qui veut imposer un état d’urgence à Marseille, sont plus audibles que les forces de gauche. Comment l’expliquez-vous ?

    F. R. : La droite comme l’extrême droite, depuis des années, ont des mots durs pour parler de sécurité. Mais de l’autre côté, ils déshabillent complètement l’État, les différents ministères concernés, les communes, les différentes associations, de tous moyens d’action. Ceux qui appellent tous les jours à réduire la dépense publique sont coupables de désarmer les services de l’État, la justice, la police, les services publics qui sont tous les jours en première ligne dans ces quartiers. Dimanche j’entends dénoncer cette hypocrisie de la part de ceux qui viennent verser des larmes de crocodile quand il y a ces drames, mais derrière quand il s’agit de voter des crédits pour embaucher des policiers, des douaniers, des magistrats, donner des moyens aux communes, aux associations, sont absents ou appellent à faire des économies. Quand il s’agit de lutter contre les trafiquants, il ne peut pas y avoir de double langage. Il faut être capable de hausser le ton mais aussi de donner des moyens à la République, à l’État, d’être forts, extrêmement forts pour résister à ces bandes qui elles ont des moyens illimités.

    Quelles propositions justement peut porter la gauche ?

    F. R. : Je dirai deux mots : des services publics. Et derrière les services publics, c’est la force de l’État. Derrière les services publics, je mets autant les services publics de l’ordre, telle que la police, mais aussi celui du contrôle de nos frontières, les douaniers. Nous avons perdu 15 000 douaniers dans nos ports, nos aéroports, à nos frontières ! Ce sont des services publics qui devraient avoir tous les moyens pour garantir la protection de notre jeunesse et des habitants. Les services publics, c’est ceux de la justice, et derrière la justice je pense à la PJJ, à la protection de la jeunesse, aux moyens de pouvoir juger rapidement, sévèrement et justement ceux qui sont pris. Enfin, les services publics, c’est tout ce qui agit en matière de prévention. Cela va des moyens que l’on donne aux communes à la vie dans nos quartiers, aux logements, au sport, à la culture. C’est essentiel pour vivre ensemble. Et cela contribue à faire reculer aussi l’individualisme, le chacun pour soi, le système D, et donc les trafics. C’est donc une politique d’ensemble qu’il faut avoir, et tenir les deux bouts : la répression, la protection, mais aussi la prévention.

    Vous aviez décidé avant cette actualité dramatique de venir à Marseille, tenir ce meeting national, loin de toute échéance nationale. Pourquoi ?

    F. R. : Dans la période tendue dans laquelle se trouve la France, avec un gouvernement qui entend continuer à mettre en place des politiques d’austérité, dures économiquement, avec un budget qui ne permet pas à la France de répondre à ses besoins dans tous les domaines – l’emploi, les services publics, la sécurité – je tenais à ce que le Parti communiste français ait une parole forte pour dire que les solutions existent. C’est possible ! C’est possible de répondre aux attentes des salariés, de la jeunesse, des familles, des quartiers, des retraités. Nous produisons des richesses, qui sont injustement réparties. Et nous pourrions produire plus de richesses pour répondre aux immenses besoins de ce pays. Je souhaite montrer dimanche que la question de la réindustrialisation, de développer les services publics, c’est la perspective de créer des centaines de milliers d’emplois qui demain permettront de créer des richesses, de payer des cotisations, de financer notre modèle social. C’est par la production de richesses, par la réindustrialisation de la France, par des services publics forts que nous sortirons par le haut. Ce n’est pas par des politiques d’économies, d’austérité. Toutes ces économies demandées conduisent à rabougrir la France, c’est la petite France que nous proposent la droite et ce gouvernement ! Nous, nous avons une grande ambition pour la France. Et c’est cette grande ambition que je souhaite porter dimanche lors de ce meeting.

    Vous avez évoqué les débats budgétaires, avec un texte qui pour la première fois fait l’unanimité contre lui… Quel regard vous portez sur ces débats, dans une Assemblée éclatée ?

    F. R. : Le fait qu’il n’y ait pas de 49-3 et que les différents groupes sont appelés à construire un budget permet de révéler ce qu’un groupe porte et défend. Pour nous, les parlementaires communistes, nous sommes clairs sur ce que nous ne voulons pas. Tout ce qui conduit à taxer davantage le pouvoir d’achat des Français, nous n’en voulons pas. Mais ça permet aussi de dire tout ce que nous voulons pour la France, pour les travailleurs. En matière de justice sociale : hausse des salaires, baisse de la CSG sur les salaires, baisse de la TVA sur l’énergie, des moyens plus importants pour nos communes, pour nos services publics. Tout cela nous le défendons. Et nous disons aussi que nous sommes prêts à faire des concessions, à construire, parce que nous avons bien conscience qu’il faut chacun faire un pas l’un envers l’autre. Malheureusement, en face de nous, la droite et l’extrême droite sont extrêmement fermées à toute contribution supplémentaire que les plus riches, les plus fortunés pourraient faire pour financer les besoins de notre pays.

    Nous avons vu aussi la gauche divisée à l’Assemblée…

    F. R. : Je ne suis pas là pour parler des divergences à gauche, ce n’est pas mon sujet. Je ne suis pas là pour commenter les mots des uns contre les autres, mais pour dire ce que le Parti communiste français porte comme ambition pour le pays. Après, chacun prend ses responsabilités au moment du vote. Et les Français jugeront. Je sais ce que nous, nous défendons, ce que nous voulons pour le monde du travail, pour nos services publics, pour notre industrie, pour la paix. Je parlerai beaucoup de cette question-là dimanche, parce que tout est fait en ce moment pour préparer la France à la guerre. Nous sommes clairs sur ce sujet : ce n’est pas une question de déni, c’est une question d’objectif, d’ambition pour la France. Nous voulons la paix ! Et la paix, ça se négocie, ça se travaille.

    Quelles propositions mettez-vous sur la table pour le budget ?

    F. R. : Les propositions que nous portons, justement, c’est un changement radical dans la conduite économique de notre pays ! Nous voulons créer des emplois pour répondre aux besoins de notre pays en matière de sécurité, mais aussi pour le climat, la petite enfance, les personnes âgées, pour l’enseignement, pour la santé… Il y a des gisements d’emplois considérables, embauchons dans les services publics, dans les collectivités pour répondre à ces immenses besoins ! Il y a besoin de réindustrialiser la France. Nous proposons un choc fiscal permettant d’investir des dizaines de milliards d’euros tous les ans, comme le font les Allemands d’ailleurs, pour inciter les entreprises à relocaliser en France, à créer des emplois en France, à payer des salaires en France plutôt qu’à l’étranger. Et produire en France plutôt qu’à l’étranger. Les 211 milliards d’euros d’aides publiques doivent être utilisés à cela, et exclusivement à cela : relocaliser l’industrie française en France. Nous redresserons l’économie de notre pays par la production de richesses, une richesse permettant aux salariés de vivre dignement, avec un bon salaire, de payer des impôts et de consommer des produits réalisés en France. Cette question de la production est centrale, c’est le message que je souhaite faire passer dimanche, avec des propositions concrètes… que je vous livrerai dimanche !

    Vous parliez des enjeux de la paix, vous avez vivement réagi sur les propos du chef d’état-major des armées qui parler d’« accepter de perdre des enfants »… Comment met-on un terme à ces discours guerriers ?

    F. R. : Cela fait plusieurs semaines que je tire la sonnette d’alarme pour alerter sur le fait que le président de la République, dans ses déplacements, multiplie des déclarations va-t-en guerre, guerrière. Malheureusement, ce n’est pas ça qui domine dans l’actualité. La déclaration du chef d’état-major des armées permet au moins de sortir de cette ambiguïté. Il a dit tout haut ce que le président de la République dit dans ses réunions à l’extérieur, à l’international. Nous ne voulons pas que la France rentre en guerre, contrairement à ce que le président de la République souhaite. Plusieurs chefs d’État en Europe aujourd’hui sont en train de préparer les esprits à un conflit avec la Russie. Nous devons tout faire pour empêcher la généralisation du conflit. La guerre en Ukraine a fait près d’un million de victimes, morts et blessés, il est temps aujourd’hui de tout faire pour négocier. Il y a deux ans, j’avais présenté des propositions qui pouvaient être discutées. Toutes ces propositions avaient été balayées en disant que ce ne sera jamais d’actualité. Or aujourd’hui, elles sont au cœur des négociations. Nous appelons à ce que des négociations pour une paix juste et durable puissent s’accélérer et que tout soit mis en œuvre pour éviter la guerre. Et nous préférons que la France prenne la tête d’un combat pour la sécurité collective des peuples européens de l’Atlantique à l’Oural plutôt que la tête d’une armée européenne contre Moscou.

    Donald Trump tente aujourd’hui d’imposer sa paix en Ukraine. Est-ce qu’elle serait viable ?

    F. R. : Ne laissons pas les États-Unis imposer les conditions de la paix en Europe. C’est à nous Européens de construire les chemins d’une paix juste et durable parce que ce sont nous qui vivons ici. Pas les Américains ! Ce sont les Américains qui ont tout fait pour attiser les tensions avec la Russie sous les précédents mandats. Ce sont les Américains qui ont multiplié les bases de l’Otan à la frontière russe. Ce sont les Américains qui ont incité l’Ukraine à adhérer à l’Union européenne et à l’Otan. Il est temps maintenant que les Américains arrêtent de jeter de l’huile sur le feu dans notre continent. Qu’ils s’occupent de leurs affaires et qu’ils laissent les Européens travailler à la paix.

    À Gaza aussi Donald Trump a imposé son plan de paix, qui n’empêche pas que les bombardements se poursuivent encore ces derniers jours… Comment obtenir une paix définitive ?

    F. R. : En prenant nous-même notre bâton de pèlerin pour la paix, et en arrêtant d’être suivistes des États-Unis. À chaque fois que la France attend que Donald Trump donne le la, nous sommes soumis à ses décisions. Ne laissons pas Donald Trump dicter ses conditions. Il faut que la France, qui est un grand pays, puisse avec d’autres pays être en capacité de négocier et d’imposer des conditions de paix plutôt que de laisser Trump le faire. Concernant la Palestine, la France et d’autres pays de l’Union européenne ont un poids suffisamment important pour imposer à Israël des sanctions fortes pour permettre aux Palestiniens de vivre en paix dans leur propre État. Malheureusement, ce n’est pas le choix qu’ont fait les nations européennes. Et pourtant nous en avons les moyens économiques. Nous avons su prendre des sanctions fortes contre la Russie, il n’y en a eu aucune prise contre Israël. Zéro sanction ! C’est un deux poids, deux mesures inacceptable.

  • Une semaine pour découvrir les métiers de l’industrie dans le Var

    Une semaine pour découvrir les métiers de l’industrie dans le Var

    L’industrie est un pilier essentiel pour assurer l’indépendance et la souveraineté nationales. À ce titre, préparer la France de demain et réussir la réindustrialisation nécessite des talents et des compétences. Afin de susciter des vocations et changer le regard que les jeunes portent sur l’industrie, la Direction générale des entreprises (DGE) organise depuis 2011, avec le soutien de nombreux partenaires, la Semaine de l’industrie, rendez-vous incontournable entre le monde professionnel et les jeunes en âge d’orientation, mais aussi pour toutes les personnes intéressées par le secteur, enseignants, chercheurs d’emplois ou simples curieux.

    Pour sa 14e édition, la Semaine de l’industrie, organisée autour du thème « Avec l’industrie, fabrique ton avenir », invite les jeunes, hommes et femmes, à mûrir leur projet d’orientation en allant à la rencontre des professionnels, en visitant des ateliers, et en en découvrant les métiers. Porteuse de nombreuses opportunités, l’industrie offre CDI et salaires attractifs dans un milieu nécessaire à l’avenir de notre pays.

    Forum, jeu en ligne

    et visites d’entreprises

    Au total, plus de 8 000 événements ont lieu dans tout le pays, dont 51 dans le département, dont certains au-delà du 23 novembre. Ce mercredi et jeudi, l’opération « Professeurs en entreprise » invite les professionnels de l’Éducation nationale à s’immerger dans trois entreprises industrielles (Veolia mercredi à Cogolin et jeudi à la Valette-du-Var ; Naval Group mercredi) afin de découvrir les secteurs de l’eau et de la défense. Pour le grand public, de nombreuses visites (sur inscription) sont également organisées, dans des domaines d’activité divers et variés : l’entreprise cosmétique Alphanova au Pradet et le producteur d’aluminium Technal/Sapa à Puget-sur-Argens ouvrent leurs portes ce jeudi, tout comme l’entreprise à mission Mini Green Power, basée à Hyères, spécialisée dans la production d’énergie à base de déchets végétaux. Vous pourrez également découvrir l’entreprise de menuiserie Decking & Decors, à Grimaud, lundi prochain, mais aussi les métiers de la sécurité industrielle, à Six-Fours, sur un chantier géré par Alpes Contrôles, jeudi.

    D’autres métiers seront à découvrir à l’occasion du Mediterranean Maintenance Forum 2025, salon industriel dédié à la maintenance des systèmes complexes, qui rassemble plus de 50 partenaires, dont 40 entreprises leaders du secteur, 800 visiteurs professionnels et 1000 lycéens et étudiants, jeudi 27 et vendredi 28 novembre au Palais Neptune de Toulon.

    Enfin, Forindustrie, expérience 100% digitale, déployée dans plusieurs entreprises, est également proposée au grand public, du 17 novembre au 5 décembre. Ce jeu vidéo interactif offre une solution connectée adaptée aux jeunes – mais pas seulement – pour découvrir l’univers de l’industrie.

    Infos et inscriptions sur entreprise.gouv.fr