Tag: réhabilitation

  • « Provence Bleue » présenté à l’État

    « Provence Bleue » présenté à l’État

    Publiée en 2020, la note stratégique du rapport parlementaire mené par Jean-Marc Zulesi (Ren), Pierre Dharréville (PCF) et Éric Diard (LR) a été remise sur la table du gouvernement. L’ancien député de la 8e circonscription des Bouches-du-Rhône a rencontré le ministre délégué à la Transition écologique Mathieu Lefèvre pour lui rappeler que « la réhabilitation de l’étang de Berre (…) s’inscrit au croisement des défis liés à la préservation de la ressource en eau, à la transition énergétique, à l’adaptation au changement climatique et à la souveraineté industrielle de notre pays », explique-t-il.

    Au centre de cette ambition : le projet « Provence Bleue », actuellement étudié par EDF. Cette solution technique d’envergure, dont la vision d’aménagement porte sur 50 ans pour un investissement estimé à 1,4 milliard d’euros, pourrait régler le problème des rejets de la centrale hydro-électrique de Saint-Chamas.

    Des mesures ont conduit à les limiter à 1,2 milliard de m³ d’eau douce et 60 000 tonnes de sédiments, ce qui a permis une amélioration progressive de l’état écologique de l’étang en entraînant néanmoins une perte de 600 millions de kWh d’électricité par an selon l’ancien parlementaire. « Provence Bleue » vise à concilier ces enjeux en créant des infrastructures pour valoriser les eaux aujourd’hui inutilisées : un bassin de décantation permettrait de séparer les limons de la Durance, un tunnel de restituer la ressource vers le Rhône tout en la mobilisant au bénéfice des besoins agricoles, industriels et d’alimentation en eau potable.

  • La réhabilitation du collège Roumanille enfin lancée à Avignon

    La réhabilitation du collège Roumanille enfin lancée à Avignon

    Depuis sa construction il y a 60 ans, le collège Roumanille est presque resté dans son jus. Quelques maigres et éparses réfections ont bien eu lieu, comme les sanitaires il y a trois ans ou la sécurisation de l’accès l’an dernier, mais aucune rénovation d’ampleur. Parents et enseignants ont alerté à plusieurs reprises sur l’état de vétusté du collège, situé en sortie de l’avenue Semard avant la Rocade. Un appel relayé, en janvier 2025, par les 8 élus des deux groupes de gauche au sein de l’assemblée départementale. Par une motion, votée à l’unanimité, ils réclamaient une « réhabilitation complète et urgente du collège », dénonçant une « situation alarmante et critique ».

    Le dossier a alors rapidement avancé, la présidente Dominique Santoni (LR) s’accordant avec la Région pour reprendre la main en récupérant la maîtrise d’ouvrage des travaux. Pour rappel, le collège est géré en cité mixte avec le lycée professionnel Maria-Casares. Ce vendredi, lors d’une dense séance de 44 rapports – dont un large volet budgétaire (lire l’encadré) -, le conseil départemental va enfin enclencher le processus des travaux et lancer les marchés pour la maîtrise d’œuvre. Le Département table déjà sur une enveloppe prévisionnelle de 11,7 millions d’euros, et espère un appui de l’État et de la Région.

    « Une remise à niveau s’impose, en particulier, sur le plan réglementaire (accessibilité) et technique pour améliorer le confort thermique et réduire les consommations énergétiques et sur le plan fonctionnel », lit-on dans la délibération, qui précise que le chantier se fera en site occupé, à savoir sans la fermeture du collège.

    Un chantier

    sans fermer le collège

    Des préfabriqués seront mis en place. « Les enjeux principaux sont : la réhabilitation énergétique et technique du collège, aussi bien le confort en hiver que le confort d’été ; les problématiques réglementaires (accessibilité, sécurité incendie…) ; les problématiques fonctionnelles axées sur la vie scolaire et l’administration », détaille le rapport. Bâtiments du collège mais aussi logements de fonction sont concernés. À noter que « le remplacement de la production de chauffage sera basé sur le raccordement au réseau de chaleur collectif de la ville d’Avignon ». Un autre vaste projet permettant de raccorder notamment 17 000 foyers à une source d’énergie décarbonée.

    Les transactions immobilières soulagent le budget

    Au menu de la séance, un gros volet financier est prévu : la clôture du budget précédent mais aussi un ajustement du budget en cours. Il en ressort qu’après un effondrement, les recettes fiscales liées aux transactions immobilières [DMTO, compris dans les frais de notaires] repartent à la hausse. Les DMTO sont remontés de près de 20% à 126 millions d’euros, après une perte de 60 millions d’euros en 2 ans. Il y a un an, le Département avait augmenté de 0,5% le taux de DMTO, permettant de récolter 5 millions d’euros de plus par an. F.C.

  • La CGT de l’hôpital de Montfavet au devant du recul de la psychiatrie

    La CGT de l’hôpital de Montfavet au devant du recul de la psychiatrie

    Trois ans de lutte en plus pour Claire Moreno à la tête de la CGT de l’hôpital de Montfavet, réélue ce mercredi suite au congrès de la section syndicale d’un des plus grands établissements de santé mentale en France, qui rassemble environ 420 des 2 200 agents de l’hôpital.

    D’autant que la CGT de l’hôpital psychiatrique fête son 120e anniversaire en 2026 et que « sans nous, il n’aurait pas le même visage », glisse Gaby Adrian, tout juste élu secrétaire général adjoint.

    Et pour les trois prochaines années, un regard attentif va être porté sur les grandes transformations prévues sur le site. Comme celle présentée en grande pompe en avril dernier. Un chantier de 13,9 millions d’euros visant à « humaniser » les soins (notre édition du jeudi 23 avril). Une réhabilitation regardée avec attention car cela implique d’autres problématiques, la direction du site souhaitant adapter les conditions d’isolation des patients qui peuvent parfois être difficiles à gérer. « Humanisation oui. Mais si on réduit nos effectifs à deux pour quinze. Et que les deux doivent être avec un patient, on fait quoi des treize autres ? On veut surtout des effectifs pour éviter la frustration des patients », ajoute-t-elle. Et de pointer également la présence de mineurs dans des services pour adultes. Ou encore la demande d’escorte de police pour l’accueil de patients en détention. Tout en répétant qu’elle « dédouane la direction de cela car ce qu’il manque, c’est des budgets. Elle fait ce qu’elle peut. S’il y avait les budgets pour de la masse salariale, ils embaucheraient et on reverrait les effectifs à la hausse et on pourrait faire de la vraie psychiatrie, du vrai médico-social ». Chaque année, 22 000 personnes sont prises en charge par les services du centre hospitalier.

    Budget réduit

    Et face à la crise que traverse le secteur, elle se remonte les manches. Avec, pour les trois années à venir, « des engagements forts au niveau de la lutte contre l’extrême droite, des engagements forts sur le maintien des valeurs de la CGT et pour défendre une psychiatrie et le médico-social publics, la santé publique au service des usagers », pose-t-elle en introduction. La section syndicale se pose contre les idéologies qui vont à l’encontre du modèle social et le secteur privé qui souhaite grignoter des parts du public. « Toutes les années, ils viennent tirer sur nos budgets en disant qu’il faut réduire nos dépenses. Sauf que nous, on n’est pas une entreprise qui fournit du capital », réitère Claire Moreno. Pointant entre autres que la psychiatrie a été érigée en cause nationale « mais que l’on ferme des lits tous les ans ».

    L’élection présidentielle sera donc scrutée de près par les syndicalistes de la psychiatrie.

  • Sans le gouffre, de nouveaux atouts touristiques à Fontaine-de-Vaucluse

    Sans le gouffre, de nouveaux atouts touristiques à Fontaine-de-Vaucluse

    « Quand on parle de Fontaine-de-Vaucluse, on pense au gouffre car c’est son identité et c’est impressionnant. Mais ça mérite que l’on regarde autour avec tout ce patrimoine », lâche ce vendredi 19 juin Dominique Santoni, présidente (DVD) du Département de Vaucluse, à l’occasion de l’inauguration du jardin Pétrarque sur la commune.

    En effet, le village de moins de 1 000 habitants à l’année s’est construit autour de la source de la Sorgue, qui est la plus importante exsurgence de France. Depuis sa fermeture en mai 2025 pour raisons de sécurité, un pan de la falaise menaçant de s’effondrer, des réflexions sont en cours pour diversifier l’offre touristique.

    À commencer donc par ce jardin, dont les travaux ont été lancés en septembre dernier. Une zone où vivait notamment le poète du XIVe siècle Pétrarque, d’où le nom, et dont le musée se trouve à l’entrée du parc. Plusieurs traversées entre les petits îlots, sur lesquels se trouvaient encore au siècle dernier des habitations ainsi qu’une centrale électrique, ont également été installées ou rénovées. « On a notamment dégagé la vue, bloquée auparavant par des végétaux, pour inviter les gens à venir voir ici », explique Philippe Le Maner de l’agence Paysages qui a supervisé les travaux. Une belle promenade où l’on longe les premiers mètres de la Sorgue et où l’on peut découvrir les anciens canaux industriels qui servaient donc à l’alimentation électrique du territoire. 680 000 euros ont été investis, dont 445 000 par le Département.

    Son et lumière en août

    D’autres projets sont dans les bacs, ou plutôt dans les canaux, pour continuer à attirer les touristes. « La volonté générale est qu’on ne se focalise plus que sur le gouffre. Quand il était ouvert, on ne se posait pas trop la question », admet Daniel Giraud, 1er adjoint au maire de la commune, le premier édile étant absent ce jour-là. Comme de « repenser l’entrée dans le village » par exemple, ou de développer une offre pour pouvoir passer une ou plusieurs nuits sur place, « car il y a beaucoup d’allers-retours », poursuit-il. Des animations sont aussi prévues, comme un show son et lumière tous les soirs du 1er au 16 août sur les bords de la rivière. Mais on pense tout de même encore au gouffre. Des études sont en cours pour monter un « promontoire » afin de pouvoir observer la formation naturelle d’un autre point de vue. « C’est bien parti. Les avis sont plutôt favorables », confie Dominique Santoni qui estime que le projet pourrait voir le jour « d’ici 2 à 3 ans ».

  • Un immeuble en chantier de la SPLAIN s’effondre

    Un immeuble en chantier de la SPLAIN s’effondre

    Un nouveau drame a été évité à Noailles à deux cents mètres de la tragédie du 5 novembre 2018. Jeudi à 21 heures, un immeuble sous arrêté de péril, objet d’un projet de réhabilitation lourde de la SPLA-IN, s’est effondré en château de cartes au 3 Halles Delacroix / 16 rue d’Aubagne, dans un nuage de poussière. Sa façade a tenu. Le bâtiment, côté halles, n’est plus qu’une coque remplie de gravats.

    Quatre passants incommodés par les poussières respirées ont été pris en charge. Le sinistre a mobilisé 70 marins-pompiers, 22 policiers municipaux et plusieurs dizaines de policiers nationaux pour mettre le secteur sous périmètre de sécurité. La place des Halles Delacroix est interdite au public. Les rues adjacentes sont coupées et des commerces fermés. Cinq immeubles dont deux mitoyens ont été évacués, le temps d’un diagnostic structurel. « 17 personnes évacuées n’ont pas pu réintégrer hier soir. 10 ont été pris en charge en hôtel par la Ville, les 7 autres n’en ont pas exprimé le besoin parce qu’ils avaient d’autres solutions », indique l’adjointe au logement Audrey Garino. Des opérations de reconnaissance étaient en cours pour s’assurer de l’absence de victimes sous les gravats de ce bâtiment inoccupé.

    La SPLA-IN Aix-Marseille Métropole avait racheté en 2023 cet immeuble à Marseille Habitat pour 627 560 euros. Elle assurait les études de conception et des travaux de gros œuvre de ce chantier complexe et coûteux (8 120 000 euros, prix hors second œuvre). Sur les causes, un mur de refend au rez-de-chaussée se serait déstructuré lors de la dépose progressive du plancher bas en poutres métalliques, suscitant par précaution la veille l’arrêt du chantier. La décompression soudaine de ce mur porteur à 21h a emporté en château de cartes tous les planchers jusqu’à la toiture. L’immeuble sur cave étayée se trouvait pourtant « dans un état ordinaire sans pathologies importantes » écrivait en janvier 2025 le bureau d’études structure.

    Le principe général du projet structurel était de conserver au maximum les ouvrages en place en les renforçant. Le marché de travaux que La Marseillaise a consulté prévoyait la dépose précautionneuse et progressive du plancher bas du commerce, côté place Delacroix, la démolition de la dalle en béton côté cour intérieure et des colonnes de toilettes sur cour. Les travaux globaux devaient générer 485 tonnes de déchets sur plus de 1 000m² de plancher à curer/démolir.

    « Un immeuble de grande qualité »

    L’immeuble bâti en 1795 est protégé dans le secteur patrimonial remarquable de Marseille. « C’est un immeuble de grande qualité qui souffre à la fois d’un manque d’entretien et de transformations de son architecture, notamment au rez-de-chaussée par des adaptations aux usages commerciaux, menées en toute ignorance de ses compositions architecturales et historiques », décrivait la maîtrise d’œuvre (Groupement Atelier Cord / Chancel Architecture / SP2I / B.M.I / Raedificare SAS) dans le permis de construire délivré en juillet 2024.

    L’immeuble sur cave comprend cinq niveaux de logement avec deux commerces en rez-de-chaussée, l’un orienté rue d’Aubagne, l’autre sur la place des Halles Delacroix. La parcelle est formée de deux ailes articulées autour d’une cour centrale à ciel ouvert. Il était frappé d’un arrêté de mise en sécurité urgente en octobre 2024 après l’incendie du commerce de légumes. La SPLAIN projetait la fin des travaux pour aménager 13 logements, 3 commerces et 1 surface de locaux d’activité à l’automne 2028. Le bailleur Erilia devait assurer le second œuvre. Il faut désormais tout reprendre.

    « La priorité, c’est de mettre les gens en sécurité. Quand on se retrouve encore devant des gravats, on pense au 5 novembre », réagit la conseillère d’arrondissement des 13-14, Lynda Kherbache, cousine de Cherif Zemmar décédé au 65 rue d’Aubagne, venue apporter son aide aux délogés. Le Collectif du 5-Novembre critique « des délogements gérés dans le chaos » avec une « SPLA-IN largement absente du terrain », une « gestion improvisée, approximative et profondément anxiogène » des délogés « ravivant des souvenirs que cette ville ne devrait plus jamais revivre ». Plus fondamentalement, le C5N interroge : « Comment un immeuble intégré à une opération urbaine de rénovation peut-il finir par s’effondrer ? » Contactée, la SPLAIN n’a pas souhaité s’exprimer.

  • Logement : CDC Habitat veut poursuivre sur sa lancée

    Logement : CDC Habitat veut poursuivre sur sa lancée

    Filiale de la caisse des dépôts et consignation, CDC Habitat, premier bailleur de France, compte poursuivre sa dynamique en région Paca. En 2025, 1 919 logements neufs ont été livrés, indique son directeur, Pierre Fournon, qui espère maintenir « ce train d’activité soutenu ». Dans un contexte de demande « forte » dans le locatif, « nous avons la volonté de continuer à produire de manière forte tout en travaillant sur notre patrimoine » poursuit-il. Au sein de son parc de 29 987 unités, le bailleur panache logements sociaux, intermédiaires et libre moyennant 422 millions d’investissements en 2025. Des logements répartis de Menton à Fos-sur-Mer, essentiellement « sur la frange littorale et le long des axes autoroutiers », précise le directeur interrégional.

    Démolition, construction, rénovation, l’entreprise sociale mène de front différents projets au fil des politiques publiques locales. On la retrouve notamment à Marseille sur un « recyclage d’habitat dégradé » à Saint-Mauront, avec une quarantaine de logements sociaux qui devraient être livrés à l’automne. Dans le cadre d’une concession d’aménagement pour le compte de la Métropole Aix Marseille, CDC Habitat est aussi partie prenante de la réhabilitation du parc Corot, vaste co-propriété dégradée, de six bâtiments. Le bâtiment A a été démoli, la tour C va suivre d’ici septembre-octobre.

    De la ville sur la ville

    À la Maurelette, un contingent de 756 logements, CDC Habitat va passer la main, la résidence faisant partie des quatre ORCOD-IN sur Marseille, un programme massif de travaux destiné à lutter contre le logement indigne par le biais d’une convention entre État, Ville de Marseille, Métropole, Agence nationale de l’habitat et Établissement public foncier.

    Sur son patrimoine, le bailleur « essaie de reconstruire de la ville sur la ville car le foncier est rare », précise Pierre Fournon. Comme Boulevard Schloesing (9e), où 56 logements vont être détruits pour en remettre 67 sociaux et intermédiaires. à Aix-en-Provence, la résidence Bellevue va passer de 42 à 100 logements.

    Pour ses 199 logements rénovés en 2025, CDC Habitat a aussi fait dans le qualitatif en agissant sur le confort thermique, à Roquefort-la-Bédoule, ou en tentant la peinture réfléchissante sur le toit terrasse à Canto-Perdrix, à Martigues.

  • La Ciotat : un nouveau poste de sécurité à Saint-Jean

    La Ciotat : un nouveau poste de sécurité à Saint-Jean

    Pensé pour s’intégrer au site classé voisin, le projet combine réhabilitation et extension neuve à haute performance énergétique. Aux côtés des 192 m² qui accueillent 19 agents de la police municipale, un local associatif sera occupé par des associations du quartier. L’ensemble est totalement accessible aux personnes à mobilité réduite.

  • La réhabilitation du Fort des Têtes et l’usine de la Schappe se précise

    La réhabilitation du Fort des Têtes et l’usine de la Schappe se précise

    On connaît désormais les noms des entreprises chargées de l’ambitieux projet de réhabilitation et de transformation en village olympique, puis en quartier résidentiel, du Fort des Têtes. Ce Fort Vauban du XVIIIe siècle inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco sera donc rénové et réaménagé par Linkcity, filiale de Bouygues construction, Edifim, société spécialisée dans la réhabilitation de logements collectifs et Elegia, société de maîtrise d’ouvrages basée à Grenoble. En parallèle, l’ancienne usine textile de la Schappe, édifiée au XIXe siècle et en partie détruite par un incendie en 2014, sera elle aussi rénovée pour servir de lieu d’hébergement pendant les Jeux, puis accueillir des logements. La réhabilitation de cette usine sera menée par Icade promotion, filiale de la Caisse des dépôts avec le concours des architectes Jean-Michel Wilmotte et Nathalie d’Artigues. Fortement attendue sur la question de l’usage de ces ouvrages après les JOP 2030 et leur utilité pour le territoire et ses habitants, la Solideo affirme que l’usine de la Schappe rénovée comprendra « la réalisation de 117 logements en accession libre, conçus selon des standards environnementaux ambitieux, ainsi que des surfaces commerciales destinées à renforcer l’attractivité et la dynamique du quartier ». Quant au Fort des Têtes, il « accueillera une centaine de logements, dont 30 logements sociaux, 42 logements en prêt social location-accession (PSLA) ainsi que 26 logements commercialisés dans le cadre du dispositif Monument historique ».

    Arnaud Murgia veut rassurer sur les coûts

    De son côté, le maire de Briançon Arnaud Murgia a qualifié le projet d’« accélérateur de particules hors-norme », permettant à la ville de gagner « une trentaine d’années » sur ses projets de réhabilitation patrimoniale et de création de logements dans un contexte où les investissements sont de plus en plus difficiles à obtenir selon lui. Quelques jours auparavant, lors du conseil municipal du 3 juin, Arnaud Murgia s’était exprimé sur l’opération, réaffirmant son engagement personnel pour que celui-ci profite à la ville. Il avait alors affirmé que le rachat symbolique à l’État du Fort des Têtes par la Ville de Briançon pour 25 000 euros, (sa valeur estimée par France Domaine) avant de le revendre à la Solideo au même prix serait « une opération neutre pour les finances de la Ville ».

    Questionné par l’élue d’opposition Aurore Marchand (Groupe Bien vivre à Briançon), Arnaud Murgia a également assuré « avoir imposé dans le cahier des charges une part importante de logements en accession sociale dans le futur quartier de ville du Fort des Têtes », sans pouvoir donner de chiffre exact en raison des négociations en cours avec les opérateurs. Interrogé par la même élue sur le fait que les remparts, et par extension le coût de leur entretien, reviendraient à la Ville, le maire avait répondu « que la totalité des autres fortifications sur la commune sont déjà la propriété de la Ville depuis vingt ans sans que ça n’inquiète personne », et que la municipalité ne ferait l’acquisition des remparts qu’à condition « qu’ils soient livrés remis à neuf » par l’État et la Solideo. À terme, l’objectif est donc que le Fort comme l’usine soient transformés en quartier résidentiel afin d’agir sur le manque structurel de logements sur le territoire. Demeurent toutefois plusieurs inconnues majeures : le nombre de logements, la proportion de logements touristiques ou saisonniers, en accession libre ou en accession social, les prix de sortie… Autant d’aspects qui font l’objet de négociations entre la Solideo et les opérateurs privés qui acquerront le foncier par la suite. Un flou que regrettent d’ailleurs certains élus d’opposition et associations, à quatre ans de l’événement.

  • [Ce cancer dont personne ne parle 3/3] Des traitements pour le cancer de la vessie plus adaptés

    [Ce cancer dont personne ne parle 3/3] Des traitements pour le cancer de la vessie plus adaptés

    On sait que les tumeurs de la vessie, c’est des cancers tout le temps », pose d’emblée Géraldine Pignot, chirurgienne urologue à l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) de Marseille. Mais la nature exacte de ce cancer, son degré d’agressivité et sa profondeur d’infiltration, va tout changer dans le choix du traitement.

    D’une analyse, faite grâce à une micro caméra qu’on appelle cystoscopie, ressortent deux informations clés : le grade, qui mesure l’agressivité des cellules, et le stade, qui indique jusqu’où le cancer s’est enfoncé dans la paroi de la vessie. Si la tumeur ne touche pas encore le muscle de la vessie, qu’elle est « non infiltrante », le simple grattage peut suffire. C’est le cas pour 80% des patients diagnostiqués à temps. Mais cette forme de cancer a tendance à récidiver. Si en revanche la tumeur a infiltré le muscle de la vessie, le traitement change radicalement. Il s’agit « de retirer la vessie, de faire une cystectomie, et parfois d’y associer de la chimiothérapie avant et ou de l’immunothérapie après », explique la chirurgienne. Ce qui implique de reconstruire entièrement les voies urinaires. Deux options existent : soit une dérivation externe, avec une poche collectrice fixée sur le ventre, soit une reconstruction interne à partir d’un fragment d’intestin suturé à l’urètre, ce qu’on appelle une néo-vessie, qui permet au patient d’uriner comme avant, en appliquant une pression sur le ventre. À l’IPC, chaque patient bénéficie d’abord d’une préhabilitation : avant même d’entrer au bloc, il est suivi par une diététicienne, une coach sportive, une psychologue et une assistante sociale. « On essaie de faire en sorte qu’ils ne soient pas dénutris, qu’ils aient une activité physique régulière, qu’ils soient bien accompagnés sur le plan psychologique », détaille Géraldine Pignot. L’objectif est d’arriver à l’opération dans le meilleur état possible. Pendant et après la chirurgie, c’est la réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) qui prend le relais. Elle passe d’abord par la chirurgie robotique, moins invasive, qui permet depuis quelques années de préserver les organes génitaux et donc l’activité sexuelle. « Avant, on enlevait à la fois la vessie, l’utérus, le vagin chez la femme. Aujourd’hui on préserve l’utérus et le vagin chaque fois qu’on le peut », souligne-t-elle. Chez l’homme, les nerfs responsables de l’érection peuvent également être épargnés. Puis en post-opératoire, mobilisation dès le lendemain, réalimentation rapide et durée d’hospitalisation réduite : « Tout est fait pour que le patient retrouve une vie normale au plus vite.» Depuis sa mise en place il y a dix ans, « les taux de complications ont diminué et les durées de séjour se sont raccourcies », ajoute la praticienne. Ce qui enthousiasme le plus Géraldine Pignot, c’est ce qui devrait être proposé aux patients prochainement : une nouvelle combinaison chimiothérapie-immunothérapie administrée avant même la chirurgie. Un espoir concret, pour une maladie qui, prise en charge tôt et bien traitée, se gère de mieux en mieux.

  • Avignon : une nouvelle unité de réanimation « ultra moderne » à l’hôpital Henri-Duffaut

    Avignon : une nouvelle unité de réanimation « ultra moderne » à l’hôpital Henri-Duffaut

    Ça sent le neuf dans les couloirs du centre hospitalier d’Avignon et en particulier au niveau des réanimations. Ce mardi 26 mai, les premiers patients ont été intégrés dans la toute nouvelle unité « ultra moderne », comme la qualifient les équipes de l’hôpital, présentée ce jeudi à la presse.

    Accolée aux deux unités anciennes et vieillissantes construites dans les années 80, de 10 lits chacune, qui étaient les seules du Vaucluse, le contraste est frappant. C’en est bientôt fini des couloirs exigus, des portes coulissantes en bois ou encore des chambres sans fenêtres ni lumière naturelle. Place à un espace flambant neuf où se trouvent, au centre, un accueil permettant de superviser les dossiers ainsi que des écrans au-dessus affichant la surveillance des électrocardiogrammes et des constantes des patients en réanimation. Ceux-ci, souvent dans un état critique et qui restent en moyenne une semaine, doivent être surveillés de près en permanence, même en salle de pause où des écrans ont aussi été installés. « Il faut toujours être sur le qui-vive en réa », glisse Cathy Barascud, cadre de santé.

    « Le premier avantage est surtout de gagner des lits en réanimation car on était sous-dotés dans le département », confie Nicolas Poussard, chef de service réanimation. En effet, il y a environ 5 lits pour 100 000 habitants sur le territoire, contre 10 aux alentours de Marseille par exemple. De plus, les deux unités déjà existantes vont également être réhabilitées. La nouvelle unité et les travaux sur les deux plus anciennes vont coûter au total plus de 17 millions d’euros, intégralement financés par l’ARS Paca. La réhabilitation va se faire pas à pas, une unité après l’autre, afin d’assurer un roulement et de ne pas perdre de places de réanimation pendant les travaux. Le tout sera opérationnel en 2028.

    Lumière et guérison

    Le changement se remarque aussi évidemment dans les chambres. Ce que notent en premier les équipes médicales et paramédicales, c’est la lumière. En effet, un puits de lumière illumine le hall, tandis que les chambres donnent toutes sur l’extérieur, ce qui n’était pas le cas auparavant dans les unités plus anciennes où les chambres se trouvaient en plein milieu du bâtiment. « Il y avait des enjeux de privation sensorielle. Les patients se réveillaient sans savoir où ils étaient ni quand. C’est bien mieux et ça améliore vraiment la vitesse de réhabilitation », poursuit la cadre de santé.

    D’autres équipements facilitant les soins ont aussi été installés. Dans les chambres, des rails lève-malades permettent, comme leur nom l’indique, de soulever plus facilement les patients qui doivent être déplacés. Ou encore une tablette qui permet aux personnes hospitalisées, souvent intubées de toute part, de communiquer à l’aide d’un doigt, voire même grâce au mouvement des yeux avec l’utilisation de pictogrammes sur une tablette à proximité des lits. Sans oublier la pharmacie connectée. Celle-ci « sécurise et facilite la gestion des médicaments au plus près des soins, tandis que les outils numériques déployés renforcent la continuité et la traçabilité de la prise en charge des patients », assure l’établissement de santé. En effet, le personnel n’y a accès qu’à l’aide de son empreinte digitale. Et dès que la quantité d’un médicament baisse en dessous de 70% de son stock maximum, la machine en commande automatiquement.