Tag: Région Sud

  • Un réseau régional pour défendre une santé planétaire

    Un réseau régional pour défendre une santé planétaire

    L’environnement a un impact sur notre santé. C’est à partir de ce constat simple que l’Agence régionale biodiversité environnement (Arbe), sous l’impulsion de l’Agence régionale de santé (ARS), a lancé ce lundi le réseau régional « Une seule santé ». Une centaine de professionnels de la recherche, de la santé, de l’environnement et des collectivités se sont réunis à l’Institut méditerranéen de la ville et des territoires pour ce lancement.

    Cette approche, qui intègre l’environnement dans les réflexions autour de la santé, est apparue dans les années 2000 au sein des agences internationales, avant de s’imposer progressivement dans les politiques publiques et les collectivités. L’idée principale est que les santés humaine, animale et végétale sont interdépendantes et liées à celle des écosystèmes dans lesquels elles évoluent. Il devient donc impossible de penser la santé sans prendre en compte l’environnement dans lequel vivent les populations.

    « Ce type d’approche permet d’arrêter de travailler chacun dans son coin et de faire dialoguer des domaines qui sont parfois hermétiques les uns aux autres », s’enthousiasme Thomas Margueron, responsable santé environnement de l’ARS. Lancé en 2024, le projet est porté par l’Arbe, choisie par l’ARS. L’objectif est de créer des synergies entre les différents acteurs, notamment à travers des groupes de travail ainsi qu’un annuaire commun pour faciliter les échanges.

    Pour cette première année, trois axes de travail prioritaires ont été définis : remettre de la nature en ville, développer la prescription de nature pour les patients et renforcer la surveillance des zoonoses, ces maladies infectieuses transmises à l’homme par les animaux.

    Engager les collectivités

    L’ambition est également d’engager les collectivités dans ces démarches, « car ce sont elles qui ont les principaux leviers d’aménagement du territoire », insiste Audrey Michel, directrice de l’Arbe région Sud. Cela concerne notamment la végétalisation des villes, l’alimentation ou encore la qualité de l’air. « Notre rôle [en tant qu’agences régionales] est d’accompagner les collectivités dans leur démarche. Et d’avoir des applications concrètes de cette approche. »

    Un réseau régional d’autant plus riche que de nombreuses expérimentations existent déjà sur le territoire, comme à l’hôpital du pays salonais ou à la Ville de Marseille, qui a créé une direction dédiée à cette question. Un réseau pour réfléchir ensemble et s’inspirer des initiatives existantes.

  • Les syndicats alertent sur l’état des écoles du Vaucluse

    Les syndicats alertent sur l’état des écoles du Vaucluse

    Le syndicat l’Unsa Éducation du Vaucluse a demandé au préfet et au directeur académique la fermeture des établissements les après-midi des 22 et 23 juin, ainsi que des aménagements pour les oraux du baccalauréat et le brevet. Le rectorat d’Aix-Marseille répond que d’éventuelles fermetures seront décidées « au cas par cas », selon chaque établissement. Les municipalités de Mazan et Carpentras ont, elles, décidé de fermer les écoles maternelles et primaires lundi et mardi après-midi.

    Le président de la Région Sud, Renaud Muselier, assure que les lycées seront « opérationnels » pour accueillir les candidats au grand oral et aux oraux de français. Un constat que partage en partie l’Unsa Éducation. Si le syndicat estime que le bac pourra être maintenu grâce aux mesures anticipées, son secrétaire départemental, Olivier Montel, s’inquiète davantage des collèges, où le brevet approche, et des écoles primaires, souvent installées dans des bâtiments des années 1960-1970 devenus de véritables « passoires thermiques ». « Les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des personnels sont dégradées, avec des salles dépassant les 30°C dès 8 h », alerte-t-il.

    À Avignon, le plan canicule est activé. Une veille est assurée auprès des établissements, des brasseurs d’air sont progressivement déployés et des casquettes ou gourdes distribuées si besoin assure la mairie. Les fermetures de classes ou d’écoles ne seront envisagées qu’« en dernier ressort ». FO réclame la communication du plan canicule de la Direction académique, rappelant avoir « frôlé des drames » lors des précédents épisodes et demande des mesures pour protéger les personnels. À défaut, le syndicat se dit prêt à appeler au droit de retrait. Olivier Montel appelle enfin à faire de « l’adaptation du bâti scolaire une priorité ».

  • « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    La Marseillaise : Vous sortez d’une conférence pour le secteur CGT cheminots Paca avec un changement de secrétaire général. Quelles étaient les grandes lignes des discussions entre syndiqués ?

    François Tejedor : Cette conférence se tenait dans un contexte particulier. Il y a une montée des guerres partout dans le monde mais aussi de montée l’extrême droite, là encore à un niveau international. Côté entreprise, il y a l’ouverture à la concurrence, des réorganisations et des situations dramatiques avec un nombre important de suicides depuis le début de l’année. On a une trajectoire qui est au-delà de celle de France Télécom, un service public qui a subi un éclatement. Et c’est ce qu’on vit depuis 2018 mais on constate une accélération dans ce processus d’éclatement. Cette accélération a comme conséquence ces situations dramatiques pour la famille cheminote.

    Cédric Gimenez : En effet, la question de la montée des idées d’extrême droite a fait l’objet d’un certain nombre de débats dans notre conférence. Ce n’est pas par hasard que nous l’avons tenue dans le Var puisqu’elle est particulièrement présente dans ce territoire. Quelque part, cela fait le lien avec les décisions politiques qui touchent notre entreprise avec son éclatement. Dans la région, on est en avance par rapport à d’autres. Il y avait donc un réel besoin d’analyser le niveau d’attaques, les conséquences et la riposte que cela implique. Comme nous sommes la première région a réellement faire face à l’ouverture à la concurrence, la question de notre réaction se pose. On sort rassurés des débats de cette conférence.

    Rappelons aussi le 10 juin, qui a montré qu’on était toujours en capacité de mobiliser les cheminots. Plus que ça : quels que soient les cheminots et quelle que soit l’entreprise. Dans notre conférence, il y avait d’ailleurs naturellement les camarades de Transdev et ceux de la filiale SNCF Voyageurs Sud Azur (SVSA). Cela montre qu’on est capable de s’unir autour d’un même objectif : l’unification de l’entreprise. Et pour y arriver, il faudra franchir des marches tous ensemble, en s’organisant.

    La lutte contre l’extrême droite est un sujet au cœur de l’histoire des cheminots. Quel lien faites-vous entre sa montée et les politiques libérales que vous pointez ?

    F.T. : Nous avons un Conseil régional, pour notre région Sud, qui est dirigé par la droite et l’extrême droite en réalité. À chaque assemblée où il y avait des votes sur des questions d’ouverture à la concurrence et d’éclatement de l’entreprise, c’est la majorité de droite qui portait ces orientations mais avec un accompagnement et des votes favorables de l’extrême droite pour celles-ci. L’extrême droite a soutenu toutes les propositions qui ont conduit à cette ouverture à la concurrence.

    Plus globalement, le Medef reçoit le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, il banalise ses idées. Et ce n’est pas une coïncidence que Jordan Bardella annonce que l’âge de départ à la retraite n’est pas un totem pour lui dans le même laps de temps. On voit bien qu’il sourit au patronat pour accéder au pouvoir, en attaquant les droits des travailleurs.

    C.G. : La lutte contre l’extrême droite fait partie de notre ADN, elle est inscrite dans nos statuts, c’est non-négociable. Tout ce qui sera possible de faire pour la contrer, on le fera. Ce qu’on doit faire aussi, c’est porter nos revendications qui sont reprises par certaines organisations politiques et progressistes. On doit mettre en avant les idées reprises par des partis proches de nous. On doit donc mener un double combat : combattre ces idées de front tout en portant un projet de société. Il s’agit pour nous de parler du développement du service public ferroviaire. Prenons l’exemple des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises, beaucoup de choses ont été dites mais les premiers concernés, les cheminots, doivent se faire entendre.

    Ce projet de société que vous évoquez va-t-il évoluer entre le précédent mandat et le prochain ?

    C.G. : C’est un mandat qui sera dans la continuité de ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui. Il n’y a pas de volonté de rupture, c’est plutôt clair. Il y a aussi une volonté de peser dans le débat public. On s’aperçoit que beaucoup de gens parlent du ferroviaire, mais sans vraiment le connaître. On ne dit pas que les cheminots ont la science infuse, mais nous sommes les premiers concernés. Encore plus car la CGT est la première organisation syndicale. Il y a aussi plusieurs enjeux pour ce mandat. Par exemple, la jeunesse où il y a une attention particulière. On a d’ailleurs un collectif jeunes cheminots Paca établi de longue date. Une des annonces phares de notre conférence était d’ailleurs une « initiative jeune » à la rentrée. Autre élément, il y a les élections professionnelles qui arrivent à la fin de l’année. Et qui dit élections professionnelles, dit positionnement de la CGT vis-à-vis d’autres organisations syndicales parfois complaisantes avec le capital ou la direction. Et je dis cela sans dénigrer ces organisations, puisque quand on est unitaire sur un sujet, on a de bons résultats. Mais sur beaucoup de sujets, la CGT est bien seule. C’est un réel enjeu.

    Vous sortez d’une grosse journée de mobilisation, le 10 juin. Elle est le résultat
    d’une colère face à toutes les problématiques que vous évoquez
     ? Quelle suite ?

    F.T. : Cela fait un moment qu’on sent de la colère. Je pense aux contrôleurs en 2022. L’entreprise a lancé une série de chantiers sur les métiers mais sans aboutir. Dernièrement, dans SNCF Voyageurs, la direction voulait remettre en cause 5 jours de RTT, ce qui est une remise en cause déguisée des 35 heures. Les Négociations annuelles obligatoires [NAO] du début d’année n’ont rien arrangé puisque l’entreprise a peu donné alors qu’on a perdu 12% du pouvoir d’achat en 10 ans ! Cette accumulation a créé une colère qui avait du mal à s’exprimer jusqu’au 10 juin. Finalement, le niveau de mobilisation est historique car de même hauteur que lors de la lutte contre la réforme des retraites. Selon les métiers et les lieux, on avait des 80 % à 90 % de grévistes. Il s’est passé quelque chose lors de ce 10 juin. C’est une alerte qui doit être entendue par la direction. Si ce n’est pas le cas, la colère sera encore plus forte.

    C.G. : Il ne faut pas résumer le 10 juin à la date en elle-même. Il y a eu toute une phase de construction en amont, on a arraché l’unité syndicale malgré des intérêts divergents sur fond d’élections professionnelles. Il y aura certainement des suites, puisque le niveau de mobilisation était aussi fort que lors de la lutte contre la réforme des retraites en 2023. Sans présager de l’avenir, on sent que la direction va devoir agir car elle a reçu une alerte très forte. D’autant qu’une table ronde est prévue, le 23 juin. On ne s’interdit rien à l’issue de celle-ci.

  • [Entretien] Renaud Muselier : « On va le faire dans les moyens qui nous sont alloués »

    [Entretien] Renaud Muselier : « On va le faire dans les moyens qui nous sont alloués »

    La Marseillaise : Que vous inspire l’emblème ?

    Renaud Muselier : Il raconte une belle histoire. Il y a cette pureté et cette simplicité qui « matchent » sur quelque chose de grand, mais avec humilité, nécessaire quand on est en montagne. On fait un truc exceptionnellement difficile, mais incroyablement motivant, qui enthousiasme tout le monde. Aujourd’hui est une étape importante, très positive et maintenant, les choses vont s’enchaîner. On sera prêt. Le train sera là, le fort sera là, les sportifs seront là… Il y aura encore quelques turbulences. Mais nous, on est des marins, on sait tenir la rame. Ou on est des montagnards et on n’a pas peur du froid.

    Quelles sont les prochaines grandes échéances ?

    R.M. : Définir la carte des sites, car il y a encore des flottements puisqu’on a quand même eu un problème sur un des sites. Mais on a trouvé une solution car on en trouve toujours quand on veut. Et je trouve que ceux qui n’ont pas voulu ont fait une grosse « ciottise ». Reste un autre enjeu : l’organisation pour la livraison. Il y a des endroits sur lesquels il faut être très attentifs – comment vont se traiter les patinoires à Lyon, qu’est-ce qui va se passer dans le nord, dans les sites qui seront retenus… – Mais c’est une livraison de Jeux classiques et on saura le faire.

    Des associations se demandent si les 133 millions annoncés prennent en compte tous les coups de viabilisation. Pouvez-vous garantir qu’il n’y aura pas de surcoût ?

    R.M. : Il y a eu une réunion hier soir [mercredi] ici avec beaucoup de monde : ceux qui viennent se renseigner, les militants pour les jeux, les anti-jeux… C’est un lieu de discussion et quelque part d’explications. C’est normal. Mais, comme le dit le maire, il y avait 1 000 militaires avant, il y aura 1 000 athlètes. On a trouvé une solution et c’est ce qui m’importe pour la suite. On va le faire dans les moyens qui nous sont alloués et dans lesquels on restera. Il y a beaucoup de forts Vauban dans la région et si on est capable de le faire ici, on sera capable de le faire ailleurs. On nous disait que tout était impossible dans les forts Vauban. Aujourd’hui, on montre qu’avec un beau projet, on ramène de la vie sur un territoire plein de nostalgie.

  • L’essor de l’hospitalisation à domicile au cœur des débats à Marseille

    L’essor de l’hospitalisation à domicile au cœur des débats à Marseille

    Professionnels de santé, responsables d’établissements et représentants institutionnels se retrouvent au Parc Chanot, les jeudi 18 et vendredi 19 juin à Marseille, pour échanger sur les enjeux de l’hospitalisation à domicile (HAD), à l’occasion des Universités d’été de la FNEHAD.

    15 470 patients l’an passé

    L’HAD est une hospitalisation à part entière permettant à des patients de recevoir, à leur domicile, des soins médicaux et paramédicaux complexes qui auraient autrement nécessité un séjour dans un établissement de santé. Chimiothérapies, soins palliatifs, pansements complexes, assistance respiratoire ou encore rééducation peuvent ainsi être réalisés sur le lieu de vie du patient, grâce à une coordination entre médecins, infirmiers et autres professionnels de santé.

    La région Sud figure parmi les territoires où cette activité progresse le plus rapidement. En 2025, les 22 établissements d’hospitalisation à domicile de la région ont réalisé 740 016 journées d’hospitalisation, soit une hausse de 9,2% en un an, au bénéfice de 15 470 patients (+14,7%).

    Porté par le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques et la nécessité de désengorger les hôpitaux, ce développement s’accompagne de besoins croissants en personnel.

    Les structures d’HAD emploient notamment des infirmiers, aides-soignants, médecins coordonnateurs, cadres de santé, psychologues, assistants sociaux et logisticiens. Elles travaillent également avec de nombreux professionnels libéraux.

  • Un partenariat pour protéger les littoraux et les lacs du Sud

    Un partenariat pour protéger les littoraux et les lacs du Sud

    « Une terre agricole est perdue pour toujours si elle est artificialisée » lance François Fouchier, délégué régional Provence Alpes Côte d’Azur au Conservatoire du littoral. C’est cette problématique qui a poussé la Safer à signer une convention de partenariat avec le Conservatoire pour protéger les littoraux et les lacs de l’artificialisation des terres agricoles. Ces deux opérateurs fonciers achètent des terrains et les mettent à disposition, « à prix juste » d’agriculteurs qu’ils choisissent pour préserver l’environnement.

    « La Safer a une mission de préservation de l’environnement mais aussi de développement de l’agriculture. C’était naturel, à travers les missions du conservatoire, de tisser un partenariat concret pour concilier les enjeux à la fois de préservation de l’environnement et de développement de l’agriculture sur le littoral », explique Laurent Vinciguerra, directeur de la Safer PACA. Le Conservatoire du littoral a lui été créé en 1975 avec l’idée de « définir un bien commun inaliénable : le but est de préserver et d’extraire ces territoires naturels de toute velléité d’artificialisation et de construction », rappelle François Fouchier. « Il y a des outils de préservation des espaces naturels mais, pour l’agriculture, ils sont les plus menacés aujourd’hui par la pression d’urbanisation et d’usage, d’aménagement », explique-t-il.

    La convention a été signée entre les deux opérateurs fonciers pour neuf ans. Elle couvre tous les départements de la Région, sauf le Vaucluse. Avec ce partenariat, la Safer et le Conservatoire du littoral espèrent « lutter contre les changements de destination, les détournements d’usages et l’artificialisation », avance Laurent Vinciguerra.

    Maintenir les agriculteurs en place

    « Concrètement, la Safergarantit à travers des cahiers des charges le maintien d’une activité agricole pour éviter un dévoiement », explique François Fouchier. Avec cette convention, les deux opérateurs fonciers mutualisent leurs moyens pour mieux prévenir l’artificialisation des milieux naturels.

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, le Conservatoire du littoral travaille sur des projets sur les lacs du Verdon et sur celui de Serre-Ponçon. « Sur les communes de ces lacs-là, on a déjà acquis 1 600 hectares sur le Verdon et une centaine d’hectares sur Serre-Ponçon », détaille Franck Horon, délégué adjoint de la délégation des lacs. L’objectif est de maintenir les exploitants en place sur les parcelles agricoles. « Sur le Verdon, on est même en train de débroussailler plusieurs centaines d’hectares qui étaient perdus pour l’agriculture », se félicite Franck Horon.

  • La culture continue de s’allier au soin en Provence

    La culture continue de s’allier au soin en Provence

    Une personne ne se soigne pas seulement avec des traitements. Elle se reconstruit aussi grâce aux liens, à l’émotion, à la vie et à la création. Là où la santé protège, la culture rassemble. » Sous les arbres de l’hôpital Salvator, dans le 9e arrondissement de Marseille, Auréa Cophignon, membre de la commission santé de la Région Sud rappelle que l’égalité de l’accès à la santé va avec l’égalité d’accès à la culture. Ce mercredi, Auréa Cophignon, Yann Bubien, directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) et Claire Rannou, directrice de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), ont réaffirmé leur engagement pour la politique Santé et culture.

    Créée en 1999 par les ministères chargés de la Santé et de la Culture, cette politique a été relancée et renforcée dans la région Paca avec une nouvelle convention pour 2025-2028. Portée par l’ARS, la Drac et la Région Sud, l’objectif est de faire venir la culture aux patients, proches et personnels soignants au sein des hôpitaux, structures de santé ou médico-sociales.

    Le programme se fait en coordination entre les structures de santé et culturelles. Pour l’appel à projets de 2025, 43 initiatives ont été retenues et 39 en 2026. « Ces projets permettent à la fois à nos soignants et à nos patients d’avoir accès à la culture », se félicite Yann Bubien, directeur de l’ARS.

    « Si l’art et la culture apportent quelque chose d’essentiel, c’est une évasion, une vibration qui échappe au protocole [médical] quelquefois lourd [de certains patients] », affirme Claire Rannou, directrice de la Drac.

    Ces initiatives permettent donc à certains de s’échapper de leur quotidien rythmé par les soins et sont également une forme de guérison.

    E.J.
  • Les valeurs de la francophonie célébrées à Marseille

    Les valeurs de la francophonie célébrées à Marseille

    Dans le cadre de la Journée internationale de la francophonie, ce vendredi, la Maison de la francophonie de Marseille a organisé diverses animations à l’hôtel de Région. Une date consacrée à la promotion de la langue française et des valeurs qu’elle véhicule. Soutenue par la Région Sud, l’événement a réuni le public autour d’ateliers, d’une dictée, d’expositions, d’une table ronde et de plusieurs remises de prix.

    Plus qu’une langue

    En ouverture, Aurore Bruna, conseillère régionale, a rappelé l’engagement de la Région Sud en faveur de la francophonie. La collectivité prévoit d’accorder « une subvention de 5 000 euros à l’événement, sous réserve du vote de la séance plénière du 26 juin prochain ». L’élue a ajouté : « La francophonie est et restera une priorité politique de notre collectivité régionale. » Avant de souligner le rôle du français dans l’éducation, la culture et le rapprochement entre les peuples.

    Le président de la Maison de la francophonie, Jean-Pierre Chiaverini, a pour sa part insisté sur la définition de la francophonie : « Un espace de coopération multilatérale et de solidarité fondé sur des valeurs de paix, de démocratie et d’égalité. » Il a également rappelé le dynamisme de cet espace qui rassemble aujourd’hui près de 400 millions de locuteurs dans le monde et 90 États au sein de l’Organisation internationale de la francophonie.

    Parmi les moments clés de la journée figuraient la remise des prix du concours photo « Dix mots, dix clichés d’un monde à venir », la remise du prix littéraire francophone à l’écrivaine Maria Larrea, ainsi qu’une table ronde consacrée à la contribution de la jeunesse à la « construction d’un monde plus apaisé ». Une manière de rappeler que la francophonie ne se limite pas à une langue, mais constitue aussi un outil de dialogue et de compréhension entre les cultures.

  • Malgré le report de son appel, le collectif Stop LGV ne lâche rien

    Malgré le report de son appel, le collectif Stop LGV ne lâche rien

    Après le rejet de son recours contre le projet de nouvelle ligne à grande vitesse entre Marseille et Nice, le Collectif Stop LGV Sud Sainte-Baume avait décidé de faire appel. Et il devra attendre, puisque l’audience, qui devait se tenir le 23 juin, a été reportée par la Cour administrative d’appel de Marseille.

    Les LGV, projets contestés

    Partie remise pour le collectif, créé en 2012, dont le combat, engagé depuis 14 ans, se mène sur la longueur. Et qui, en dépit des avancées du projet, continue d’invoquer le bon sens et la responsabilité. « Malgré la situation financière catastrophique de la France, les besoins croissants de financement du parc nucléaire pour la décarbonation, et les dépenses engagées pour le renforcement des moyens militaires eu égard aux tensions guerrières aux portes de l’Europe et au Moyen-Orient, l’État ne remet toujours pas en cause les projets pharaoniques de lignes nouvelles TGV », se désole Didier Cade, président de Stop LGV Sud Sainte-Baume.

    Car la ligne nouvelle Provence-Alpes-Côte-d’Azur (LNPCA, de son nom officiel) n’est pas la seule à défrayer la chronique. Citons l’historique Lyon-Turin, qui suscite de vives oppositions depuis des décennies, ou plus récemment le projet Toulouse-Bordeaux-Paris, contre laquelle 85 maires du sud-ouest ont signé une tribune commune, après que le Premier ministre Sébastien Lecornu a jugé ce projet « irréversible » début mai.

    En ce qui concerne la LNPCA, « un recours contre la déclaration d’utilité publique a été déposé » rappelle Didier Cade. Celui-ci dénonce les positions du président de la Région Sud PACA Renaud Muselier, alors que des solutions moins onéreuses existent : « Il ne fait rien pour décarboner la ligne Marseille Briançon et pour désenclaver la Provence verte vers Marseille, Aix, Toulon et Nice, tout en refusant la réouverture de la ligne Carnoules-Gardanne pour un coût minime par rapport à la ligne nouvelle. »

  • La grève sur les rails contre la maltraitance

    La grève sur les rails contre la maltraitance

    Un cri du cœur pour alerter sur une « urgence sanitaire et sociale ».

    Les cheminots mettent, ce mercredi, les locomotives à l’arrêt à l’occasion d’un mouvement social qui s’annonce massif. Les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF (CGT, FO, SUD et CFDT) ont accordé leurs klaxons pour réclamer un changement de braquet de leur direction. Du jamais vu depuis fin 2024 et de quoi rappeler les journées unitaires de la grève marathon contre la réforme ferroviaire de 2018. Il faut dire que l’heure est tout aussi grave pour la famille du rail : « rabotage des droits, pressurisation à l’extrême, dumping social à tous les étages », énumère la fédération CGT des cheminots. « Le message qu’on délivre est que le ferroviaire est à un tournant. […] Et l’unité syndicale dit l’importance que nous y accordons », explique Thomas Cavel, secrétaire général CFDT Cheminots en conférence de presse à Paris, ce mardi. Les syndicats pointent un cycle infernal de réorganisations au sein de la SNCF, entre ouverture à la concurrence et processus de filialisation. Et en lame de fond sa place comme service public ferroviaire : « La concurrence est un système qui met en péril les finances publiques. On investit sur le réseau ferroviaire via les bénéfices générés par les cheminots : ils paient donc, pour partie, l’outil de leur concurrent. »

    Des changements drastiques pour l’entreprise ancienne détentrice du monopole du rail en France et avec des conséquences qui le sont tout autant. « Les cheminots sont plus exposés qu’avant aux risques graves », développe François Tejedor, secrétaire général de la CGT Cheminots Paca. Plus que des accidents graves, les syndicats mettent en avant des drames : 13 suicides depuis le début de l’année. D’où l’alerte sociale : « On constate un mal-être en ce qui concerne le sens du travail, un malaise global, notamment dans l’encadrement : les réorganisations broient certains de nos collègues », confie à l’AFP, Fabrice Charrière, de l’Unsa Ferroviaire.

    Fortes perturbations

    sur le réseau

    Preuve de l’étendue de la colère cheminote : le secrétaire général de la CGT Cheminots Paca évoque un mouvement de grève particulièrement suivi : « Dans la région, il y a entre 80 à 90% de grévistes sur le personnel roulant, que ce soit contrôleurs ou mécanos. C’est 80% chez les conducteurs de TGV. »

    Concrètement, 1 TGV sur 3 circule ce mercredi, pour 1 train Intercités sur 2. Même principe pour les Trains express régionaux (TER). « La circulation des trains sera perturbée sur la région Sud » et « très fortement » pour les axes Les Arcs-Draguignan, Grasse-Vintimille et Nice-Breil-Tende, constate la Région Sud. Avec des lignes, comme celle de Marseille-Lyon avec 55% de circulation, ou Marseille-Aix avec seulement 45%. « Ça ne reflète pas le niveau de mobilisation […] la direction met toutes ses ressources pour minimiser la grève », nuance François Tejedor. En effet, nos confrères de l’AFP confirment que la SNCF « mobilise toutes ses ressources » en recourant notamment à des encadrants pour remplacer du personnel gréviste, comme le lui permet la loi.

    Pourtant, les cheminots en ont encore sous le pied. « C’est un coup de semonce, avec une temporalité réfléchie : on a proposé un mercredi pour rassembler tout le monde et ne pas faire de polémique », justifie François Tejedor. L’intersyndicale se rencontre le 11 afin d’ores et déjà évoquer la suite du mouvement. D’autant que Jean Castex joue la montre et ne prévoit de rencontrer les organisations syndicales que le 23 juin. De quoi laisser planer la menace d’une grève à un moment peut-être plus stratégique, comme les vacances d’été… « Les attaques se font plus pressantes, il faudra peut-être aborder les choses d’une manière un peu plus punchy », conclut François Tejedor.

    PAROLES DE CHEMINOTS

    Nathalie Marin, secrétaire générale de la CGT Cheminots, Toulon

    « On a un signal très alarmant avec treize suicides d’agents en 2026. Mais aussi des accidents mortels qui ont beaucoup impacté le moral des cheminots. Nous sommes également très inquiets de l’avenir de notre entreprise en tant que service public, qui n’est plus du tout d’ailleurs reconnu comme tel par nos directions, qui se voient très bien en entreprise commerciale, concurrentes même les unes des autres. La colère monte en réaction à cette perte de sens des missions du service public ferroviaire qu’on avait initialement et qui faisait avancer et vivre l’esprit cheminot. On réclame donc aujourd’hui l’arrêt des restructurations et des filialisations, ainsi que la hausse des salaires et la création d’un vrai 13e mois. »

    Propos recueillis par T.T.

    Loïc Guigou, secrétaire CGT Cheminots, Vaucluse

    « On s’inscrit pleinement dans les revendications. Si heureusement ici nous n’avons pas été touchés par un suicide ou accident de travail, il y a beaucoup d’arrêts de travail liés aux risques psychosociaux. Par exemple, sur les conditions de travail et d’accueil des usagers, cela fait deux semaines qu’il n’y a plus de climatisation dans la gare TGV d’Avignon, ni aux guichets à Avignon centre. Plus largement, face à l’urgence climatique, les cheminots CGT ont élaboré un dossier décarbonation qui s’appuie sur l’étoile ferroviaire d’Avignon et le projet de Serm [service express régional métropolitain]. Le ferroviaire doit être le centre d’une offre multimodale cohérente, avec l’ouverture de gares et des personnels pour assurer un service public efficace et digne de ce nom. »

    Propos recueillis par F.C.

    Frédéric Michel, secrétaire SUD Rail, Marseille

    « Nous ne sommes pas en grève contre l’ouverture à la concurrence, on ne fait pas du patriotisme d’entreprise mais nous luttons contre le dumping social porté par cette ouverture et les conditions dans lesquelles elle se met en place. Si ça pouvait permettre d’améliorer nos conditions de travail et de rémunération, on ne s’y opposerait pas. Mais ce n’est pas le cas. Que ce soit les salariés de la SNCF, de ses filiales, ceux des entreprises privés, dans le trafic voyageurs ou le fret, c’est une grève de toute la branche ferroviaire. Ces entreprises tirent vers le bas pour répondre au marché. On n’est protégé nulle part et la SNCF est la première à mettre des filiales en place. Et on sera nombreux car derrière ce système il y a trop de cheminots qui sont endettés, trop de souffrance au travail. »

    Propos recueillis par M.G.

    Christophe Morard, secrétaire général syndicat CGT Cheminots, Miramas

    « Cela fait des années qu’on dénonce la fin du triage des wagons isolés, où chaque petite entreprise locale pouvait nous confier leurs wagons pour les trier et envoyer partout en France et en Europe. Ce n’est pas le plus rentable, car un train entier nécessite moins de matériel et de personnel. Mais c’est ce qu’on craint pour le Triage de Miramas avec la privatisation d’Hexafret et Technis [ex Fret SNCF, Ndlr] prévue pour 2028. Le wagon isolé faisait vivre notre Triage, on trie près de dix fois moins de wagons par rapport à avant l’ouverture à la concurrence. Pire, ArcelorMittal représente 30% du trafic du Triage, on est donc inquiets au vu de leurs difficultés. Il faut une volonté politique pour trier les wagons isolés et retirer des camions de la route. »

    Recueilli par An.M.

    Magali Sanchez, conductrice de train, secrétaire CGT Secteur de Veynes, Hautes-Alpes

    « On en demande toujours plus aux agents, il y a un mal-être général, avec plusieurs suicides depuis le début de l’année. Ça fait un peu penser à France Télécom et ce n’est pas bon signe. La direction fait la sourde oreille quand on veut mettre à plat tout ce qui dysfonctionne. Localement, on en voit les conséquences avec des manques d’effectifs qui créent des suppressions de train.

    Notre matériel devrait être remisé depuis quatre ou cinq ans. On a vraiment l’impression de jouer à la patate chaude entre la région Sud, et les différents pôles de la SNCF. Tout le monde se renvoie la balle, personne ne prend ses responsabilités, et les usagers le subissent. »

    Propos recueillis par A.F.