Tag: Region SUD PACA

  • Les profs toujours opposés à la réforme des lycées pro

    Les profs toujours opposés à la réforme des lycées pro

    L’intersyndicale opposée à la réforme des lycées professionnels ne désarme pas. À Marseille comme à Toulon, les militants syndicaux et enseignants ont fait entendre leur opposition ce mardi, avec un appel à la grève et des mobilisations.

    « La réforme de l’enseignement professionnel est une catastrophe », campe Isabelle Bonnet, pour la CGT Éduc’Action 13 à la Bourse du travail de la cité phocéenne. Elle est entourée de ses homologues d’autres syndicats, qui arrivent à la même conclusion. Nicolas Voisin, secrétaire général du Snuep-FSU Aix-Marseille dénonce « un décrochage général des élèves ». « Les stages réalisés n’ont absolument pas atteint les objectifs du ministère d’une insertion en septembre », développe-t-il. Johanes Togbé, secrétaire académique du SE-Unsa est sur la même ligne : « Le constat est simple : On a fait une étude auprès de 5 000 collègues, on arrive à un taux d’absentéisme autour des 90% pour ceux qui avaient choisi de rester en classe ».

    Pour bien comprendre pourquoi, et comment, les syndicats (CGT, Unsa, FSU, CFDT, Sud, CNT) arrivent à cette conclusion, il faut remonter dans le temps et aux origines de cette réforme. « En 2022, Emmanuel Macron annonce, sans concertation préalable, que les élèves de lycées professionnels doivent avoir plus de formation en entreprise au détriment du temps en classe et en atelier », rappelle Johanes Togbé. Sur le fond, « Depuis 6 ans, nous sommes sous un feu permanent de réformes, on a un ministère de bricoleurs, qui fait des expériences sur le dos d’un tiers des lycéens ! », complète Nicolas Voisin. Concrètement, la réforme a introduit des parcours différenciés pour les élèves des lycées pro. Pour des résultats très peu convaincants selon les acteurs de terrain. Isabelle Bonnet dénonce la « réduction de la formation des jeunes issus de milieux populaires d’un mois et demi ». « C’est une attaque de plus contre une éducation émancipatrice pour les jeunes de milieux populaires. On nous explique que les lycées pro doivent s’adapter aux bassins d’emplois, nous ce qu’on veut, c’est former des jeunes pour la société de demain », développe-t-elle.

    Même analyse pour l’Unsa : « L’année 2024-2025 a montré les limites de la modification dans le calendrier du bac pro. Ce bac avancé a entraîné moins d’heures de cours, passant de 1 300 à 800. En juin, les élèves avaient le choix entre rester à l’école ou partir en stage… ». En clair, « un dispositif qui ne correspond ni aux élèves, ni aux enseignants ». « L’objectif du gouvernement est de dévaloriser, de l’intérieur, la valeur intrinsèque du diplôme. C’est le modèle de l’apprentissage qui se généralise », développe Nicolas Voisin. D’où la demande unanime de l’abrogation de la réforme et d’un retour du bac au mois de juin.

    Un lourd désinvestissement

    À Toulon, c’est sur la place de la liberté que l’intersyndicale avait appelé au rassemblement ce mardi. Devant l’Union Patronale du Var « pour défendre la voie professionnelle qui subit des attaques au long cours depuis une quinzaine d’années », explique Olivier Gérard (CGT Educ’Action). Il pointe en parallèle, « la vingtaine de milliards offerts sans moyens de contrôle aux entreprises chaque année pour recruter des apprentis alors que le financement des lycées professionnels stagne autour de 4,5 milliards d’euros ». Et cela sans grand résultat puisque « le chômage des jeunes sortant de l’apprentissage est en augmentation depuis 2024 ».

    Les syndicalistes varois dénoncent aussi comme leurs collègues des Bouches-du-Rhône, « une perte sèche de quatre semaines d’études pour les élèves », déclare Christian Petit (FSU). « Nous sommes sur 50% d’heures scolaires perdues entre 2009 et aujourd’hui », précise Olivier Gérard, soit une baisse d’un tiers des moyens consacrés aux élèves de lycées professionnels. Il poursuit : « parallèlement, les moyens consacrés à un apprenti sont passés dans la même période de 10 000 euros à 20 000 euros par an. » Le responsable syndical pointe du doigt « une subvention pure et simple au patronat qui est encouragé à exploiter des jeunes à moindre coût, voire à coût zéro ». Pareil pour ces 4 semaines de stage en Terminale. « Il ne faut pas croire, qu’en un mois, il y a une action de formation qui est réalisée».

    « Depuis 2009, on se retrouve avec deux mois en moins de cours pour les élèves, en particulier dans les matières générales », précise, Françoise Tomsazyk (Snalc). Une situation particulièrement dommageable, insiste Christian Petit, étant donné que le lycée professionnel public est la troisième voie de formation existante en termes d’élèves en second degré.

    Pour ces enseignants, le lycée professionnel doit cesser d’être vidé de ses moyens car il est là aussi « pour former des citoyens éclairés, émancipés » à l’instar des filières générales.

    Olivier Gérard souligne également le désinvestissement de la Région dans la formation publique « au profit des sociétés privées d’apprentissage » , avec un bâti et des plateaux techniques qui ne sont, de son point de vue, plus du tout à la hauteur.

    Pour ce qui de l’État, l’intersyndicale varoise fait remarquer que pour répondre à l’augmentation de 300 élèves en lycée pro dans le Var moins de 10 places ont été créées. Ce qui engendre des problèmes de sécurité dans des ateliers et des orientations subie éloignées des vœux des élèves. Bref la copie est largement à revoir et les enseignants des lycées pro militent pour des priorités orientées vers l’intérêt des élèves.

  • Pas d’effet Covid pour l’attractivité de la région

    Pas d’effet Covid pour l’attractivité de la région

    « Dans notre région, nous n’avons pas relevé d’effet Covid important », affirme Valérie Roux, directrice régionale de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Ce lundi, l’Insee Paca présentait les résultats de son étude sur les migrations résidentielles, c’est-à-dire interne à la France, de la région Sud.

    En 2021, la région a eu une augmentation de sa population liée aux mobilités internes au pays similaire à celle de 2015. Une stabilité qui la place en 10e position des régions les plus attractives, loin derrière la Bretagne, première, qui a eu une augmentation de huit habitants en plus pour 1 000 résidents, contre 0.5 pour la région Sud. La Bourgogne-Franche-Comté, ainsi que la Normandie, se révèlent également plus attractives que la région Sud. Pour la directrice régionale, cet écart peut s’expliquer par la proximité de Paris pour ces régions. « Elles ont eu un effet Covid, car leur proximité à l’Île-de-France permet d’y habiter en allant y travailler deux ou trois jours par semaine. Cet effet Covid a donc creusé l’écart, alors que l’attractivité de notre région est restée stable. »

    Autre surprise de cette étude : la région Sud attire moins les retraités qu’avant. Le département du Var accueille toujours plus de retraités qu’il n’en part, mais moins qu’en 2015. Cela pourrait s’expliquer par la présence déjà importante de retraités sur place et l’augmentation des prix, qui limitent l’arrivée de nouveaux.

    En revanche, la région semble attirer plus d’actifs, notamment des cadres, artisans, chef d’entreprise et employés venant des régions limitrophes, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, et Île-de-France. « Une attractivité qui s’explique par un secteur industriel, certes pas énorme, mais qui se porte mieux que dans le reste de la France », affirme Valérie Roux.

  • Des gares sans guichet et des billets TER vendus à La Poste

    Des gares sans guichet et des billets TER vendus à La Poste

    Sisteron, La Brillanne, Aspres, Serres, Chorges, Veynes, Cros de Cagnes, Breil-sur-Roya, Tende, La Trinité, L’Escarène, Sospel, Villeneuve-Loubet, Biot, Martigues, Cassis, Istres, Sausset, Vitrolles, Tarascon, Salon, Port-de-Bouc, La Garde, Sorgues, Bollène et Pertuis. Progressivement, dans ces communes aux gares dépourvues de guichet SNCF ou à amplitude limitée, il faudra se rendre au bureau de Poste pour se voir délivrer son billet de train.

    Une nouveauté orchestrée par la Région Sud et la SNCF qui ne va pas dans le sens de la réhumanisation des gares et qui fait bondir le syndicat cheminots. « Les guichets ne sont pas seulement un point commercial de vente, réagit François Tejedor, secrétaire général CGT des cheminots de Paca. Les cheminots rendent aussi un service après-vente, une aide et une information en cas de situation perturbée, une orientation aux usagers ». Pour le syndicat, cette mesure est un nouveau pas vers la fin du service public du rail engagé par le président de Région Renaud Muselier (Ren) avec « l’ouverture anticipée des lignes TER à la concurrence, la fermeture massive des guichets et la suppression de la présence des cheminots dans les gares ».

    Aller chercher son colis à Monoprix, passer son code de la route ou prendre un billet de train à La Poste… La casse des services publics, en plus de tuer les métiers, a de quoi déboussoler l’usager devenu client. La CGT cheminots de Paca demande la réouverture des guichets en gare.

  • Chez les maires de Provence, l’inquiétude face à l’incertitude

    Quelles que soient les étiquettes politiques, quelle que soit la taille de leur commune, les mots qui reviennent chez les maires des Bouches-du-Rhône, du Var et de Vaucluse sont les mêmes. La consternation. L’inquiétude. Au milieu des nominations, démissions, consultations nationales, l’échelon local s’efforce de se montrer comme un pôle de stabilité. Alors même que budgets et élections menacent d’être percutés.

    « De chaos en chaos »

    « Nous allons de chaos en chaos, déplore ainsi le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. Nous assistons, aujourd’hui, à un état qui se délite. Heureusement que les collectivités assurent une forme de stabilité, parce que tout le reste nous semble paralysé. » Sa commune avait déjà été ponctionnée à hauteur de 2 millions d’euros lors du précédent budget, alors il s’inquiète de la future loi de finances. « Si, demain, nous avons une contribution du même ordre, les conséquences pourraient être terribles », s’alarme l’édile, catastrophé aussi par les hypothèses d’une hausse de la TVA, « l’impôt le plus injuste ».

    Face aux scénarios sur la table, il défend : « J’aurais souhaité qu’on retrouve une forme de stabilité, avec un gouvernement qui puisse faire des propositions sérieuses, qu’on puisse aller dans les élections prévues. » Car il reconnaît que des législatives anticipées pourraient bousculer les municipales. Au risque de profiter à une extrême droite détachée du territoire, effacée même sur ses affiches de campagne par ses figures nationales.

    « Cela percute la fin de mandat »

    « Nous avons commencé un mandat inédit sous le Covid, nous le terminons dans une crise institutionnelle inédite », soupire de son côté le maire (PS) de Vitrolles, Loïc Gachon. « Cela vient percuter le calendrier de la fin de mandat, perturber la logique des municipales qui sont totalement différentes des enjeux nationaux », reconnaît-il, s’attendant à des législatives anticipées. Avec, en plus, l’incertitude qui pèse toujours sur les finances locales. « Ce qui est angoissant, c’est d’avoir encore des perspectives de restriction budgétaire lorsqu’on arrive à la corde. Mais c’est moins gênant qu’en 2025, parce que c’était le dernier budget de fin de mandat, très stratégique. »

    « Dans une impasse »

    Maire (DVD) de Saint-Mitre-les-Remparts, Vincent Goyet a de son côté appelé, dès lundi, à la démission du président de la République. « Les institutions ne tiennent pas, nous sommes dans une impasse, nous avons besoin de retourner devant les Français pour fixer un cap pour le pays, qu’il soit de droite ou de gauche », défend-il. C’est que l’instabilité a des conséquences : « En tant que maire, comme pour les entreprises, l’absence de visibilité ralentit le secteur économique. »

    D’autant que, si les communes ne lancent pas de projets avant les municipales, elles n’en restent pas moins de plus en plus dépendantes des financements extérieurs. « Nous avons 350 millions d’euros du Fonds vert prévus, dont 20 % en crédits de paiement. Est-ce que l’état va avancer ce qui est promis ? » interroge-t-il. L’édile s’alarme du climat politique : « Il y a un rejet, le sentiment qu’il y a une classe politique qui n’est pas à la hauteur et une déconnexion de certains élus, mais aussi de la population qui ne se rend pas compte du travail des élus locaux ».

    « Besoin de visibilité »

    « Il y a un décalage entre l’ambiance très compliquée au niveau international ou national, et ce que nous vivons », veut modérer le maire (Ren.) de La Roque-d’Anthéron, Jean-Pierre Serrus. Après une rentrée qui s’est bien passée, il insiste sur le rôle des maires de faire fonctionner leur territoire, de travailler sur les projets, comme ces salles de boxe et de danse qu’il prévoit. Mais, s’il assure que ce contexte ne percute pas encore les municipales à venir, l’élu régional reconnaît : « La situation est anxiogène, nous avons besoin d’une visibilité qui s’appuie sur un projet de loi de finances, indispensable dans la gestion de nos collectivités. »

    Une situation d’autant plus difficile quand on est dans le camp présidentiel. « Je constate que c’est compliqué, mais je ne renie pas mes engagements », répond-il. Promettant que les élus locaux, eux, restent ancrés dans le fonctionnement de leur territoire.

    « Très mauvais signal »

    « En échangeant avec nos collègues, nous sommes tous consternés », déplore le maire (SE) du Beausset (Var), Edouard Friedler. D’autant plus qu’il commence, la semaine prochaine, ses conférences financières dans l’incertitude. Il a certes obtenu des aides pour la rénovation de l’ancienne maison de retraite, mais pour les projets de rénovation de l’église, de mise en accessibilité de la mairie, de voirie, malgré les études lancées, il reste dans le flou. « Il peut y avoir d’autres élections avant les municipales, mais ce serait un très mauvais signal », estime-t-il. Espérant que les relations avec les institutions locales ne seront pas marquées par le contexte national.

    « Les maires travaillent »

    « Nous avons une vraie lassitude face à l’instabilité nationale », pointe le maire (DVC) de Bollène Anthony Zilio sur les ondes d’Ici Vaucluse, rappelant la ponction de 600 000 euros sur son budget. L’occasion de demander plus de décentralisation. « Quand Paris s’agite, les maires continuent de travailler », résume-t-il, inquiet pour les dotations futures au moment de négocier sur la dotation d’équipement des territoires ruraux. « La seule chose qui peut changer l’Assemblée, c’est soit que le président parte, soit qu’il change l’Assemblée. »

  • Chez les maires de Provence, l’inquiétude face à l’incertitude

    Chez les maires de Provence, l’inquiétude face à l’incertitude

    Quelles que soient les étiquettes politiques, quelle que soit la taille de leur commune, les mots qui reviennent chez les maires des Bouches-du-Rhône, du Var et de Vaucluse sont les mêmes. La consternation. L’inquiétude. Au milieu des nominations, démissions, consultations nationales, l’échelon local s’efforce de se montrer comme un pôle de stabilité. Alors même que budgets et élections menacent d’être percutés.

    « De chaos en chaos »

    « Nous allons de chaos en chaos, déplore ainsi le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. Nous assistons, aujourd’hui, à un état qui se délite. Heureusement que les collectivités assurent une forme de stabilité, parce que tout le reste nous semble paralysé. » Sa commune avait déjà été ponctionnée à hauteur de 2 millions d’euros lors du précédent budget, alors il s’inquiète de la future loi de finances. « Si, demain, nous avons une contribution du même ordre, les conséquences pourraient être terribles », s’alarme l’édile, catastrophé aussi par les hypothèses d’une hausse de la TVA, « l’impôt le plus injuste ».

    Face aux scénarios sur la table, il défend : « J’aurais souhaité qu’on retrouve une forme de stabilité, avec un gouvernement qui puisse faire des propositions sérieuses, qu’on puisse aller dans les élections prévues. » Car il reconnaît que des législatives anticipées pourraient bousculer les municipales. Au risque de profiter à une extrême droite détachée du territoire, effacée même sur ses affiches de campagne par ses figures nationales.

    « Cela percute la fin de mandat »

    « Nous avons commencé un mandat inédit sous le Covid, nous le terminons dans une crise institutionnelle inédite », soupire de son côté le maire (PS) de Vitrolles, Loïc Gachon. « Cela vient percuter le calendrier de la fin de mandat, perturber la logique des municipales qui sont totalement différentes des enjeux nationaux », reconnaît-il, s’attendant à des législatives anticipées. Avec, en plus, l’incertitude qui pèse toujours sur les finances locales. « Ce qui est angoissant, c’est d’avoir encore des perspectives de restriction budgétaire lorsqu’on arrive à la corde. Mais c’est moins gênant qu’en 2025, parce que c’était le dernier budget de fin de mandat, très stratégique. »

    « Dans une impasse »

    Maire (DVD) de Saint-Mitre-les-Remparts, Vincent Goyet a de son côté appelé, dès lundi, à la démission du président de la République. « Les institutions ne tiennent pas, nous sommes dans une impasse, nous avons besoin de retourner devant les Français pour fixer un cap pour le pays, qu’il soit de droite ou de gauche », défend-il. C’est que l’instabilité a des conséquences : « En tant que maire, comme pour les entreprises, l’absence de visibilité ralentit le secteur économique. »

    D’autant que, si les communes ne lancent pas de projets avant les municipales, elles n’en restent pas moins de plus en plus dépendantes des financements extérieurs. « Nous avons 350 millions d’euros du Fonds vert prévus, dont 20 % en crédits de paiement. Est-ce que l’état va avancer ce qui est promis ? » interroge-t-il. L’édile s’alarme du climat politique : « Il y a un rejet, le sentiment qu’il y a une classe politique qui n’est pas à la hauteur et une déconnexion de certains élus, mais aussi de la population qui ne se rend pas compte du travail des élus locaux ».

    « Besoin de visibilité »

    « Il y a un décalage entre l’ambiance très compliquée au niveau international ou national, et ce que nous vivons », veut modérer le maire (Ren.) de La Roque-d’Anthéron, Jean-Pierre Serrus. Après une rentrée qui s’est bien passée, il insiste sur le rôle des maires de faire fonctionner leur territoire, de travailler sur les projets, comme ces salles de boxe et de danse qu’il prévoit. Mais, s’il assure que ce contexte ne percute pas encore les municipales à venir, l’élu régional reconnaît : « La situation est anxiogène, nous avons besoin d’une visibilité qui s’appuie sur un projet de loi de finances, indispensable dans la gestion de nos collectivités. »

    Une situation d’autant plus difficile quand on est dans le camp présidentiel. « Je constate que c’est compliqué, mais je ne renie pas mes engagements », répond-il. Promettant que les élus locaux, eux, restent ancrés dans le fonctionnement de leur territoire.

    « Très mauvais signal »

    « En échangeant avec nos collègues, nous sommes tous consternés », déplore le maire (SE) du Beausset (Var), Edouard Friedler. D’autant plus qu’il commence, la semaine prochaine, ses conférences financières dans l’incertitude. Il a certes obtenu des aides pour la rénovation de l’ancienne maison de retraite, mais pour les projets de rénovation de l’église, de mise en accessibilité de la mairie, de voirie, malgré les études lancées, il reste dans le flou. « Il peut y avoir d’autres élections avant les municipales, mais ce serait un très mauvais signal », estime-t-il. Espérant que les relations avec les institutions locales ne seront pas marquées par le contexte national.

    « Les maires travaillent »

    « Nous avons une vraie lassitude face à l’instabilité nationale », pointe le maire (DVC) de Bollène Anthony Zilio sur les ondes d’Ici Vaucluse, rappelant la ponction de 600 000 euros sur son budget. L’occasion de demander plus de décentralisation. « Quand Paris s’agite, les maires continuent de travailler », résume-t-il, inquiet pour les dotations futures au moment de négocier sur la dotation d’équipement des territoires ruraux. « La seule chose qui peut changer l’Assemblée, c’est soit que le président parte, soit qu’il change l’Assemblée. »

  • Venez découvrir l’écosystème de Provence

    Venez découvrir l’écosystème de Provence

    C’est une journée festive qui attend les familles, ce samedi, au théâtre de Verdure et en centre-ville de Saint-Paul-les-Durance, à l’occasion de l’événement Nature en sCENe, organisé par le Conservatoire d’espaces naturels en Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN Paca). « C’est une grosse journée qui attend les visiteurs autour de trois grands axes : des sorties natures, des conférences, mais aussi des stands et ateliers pour petits et grands », explique Emeline Pujolas, chargé de la vie associative au CEN Paca et coordinatrice de l’événement. « Il y aura également des expositions, une sur des dessins naturalistes et l’autre sur des photographies animalières. »

    Ainsi, les habitats, faunes et flore en bord de Durance n’auront plus aucun secret pour vous. En ce qui concerne les conférences, elles porteront sur la forêt, les fleuves et les rivières. « Saint-Paul-lez-Durance est l’endroit idéal pour cette nouvelle édition, car c’est un carrefour entre différents territoires : le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône, mais aussi le Var », ajoute la coordinatrice, qui précise : « On veut montrer la richesse de la région et de ce territoire au bord de l’eau, ce qui ajoute une dimension supplémentaire à la biodiversité d’une richesse incroyable. »

    Information et sensibilisation du public

    Nature en sCENe est une grande journée festive, gratuite et conviviale, où la sensibilisation à la biodiversité y est prégnante. « On observe depuis plusieurs années un déclin de la biodiversité, ce n’est un secret pour personne et nous, nous souhaitons porter la voix du vivant qui n’est pas en mesure de s’exprimer », précise Emeline Pujolas. « Sans compter qu’observer la nature ça fait toujours du bien à tout le monde. »

    La journée est aussi une opportunité de célébrer le 50e anniversaire du Conservatoire. « Nous sommes l’une des rares associations régionale créée par une petite poignée de naturalistes passionnés et qui a su perdurer dans le temps. Nous avons, pendant toutes ces années, poursuivi notre mission et aujourd’hui, nous comptons 70 salariés », continue-t-elle. L’association, depuis sa création, à pour objectif la préservation du patrimoine naturel de la région. Son action s’appuie sur une approche concertée au plus près des enjeux environnementaux, sociaux et économiques des territoires.

    « Aujourd’hui, nous poursuivons nos missions en ce qui concerne la connaissance de la biodiversité, la protection des espaces naturels et des espèces, la gestion de sites naturels, mais aussi l’information et la sensibilisation du public, l’un de nos axes majeurs, ce samedi », souligne Emeline Pujolas. « Nous sommes fiers de pouvoir proposer un événement de cette envergure symbole de notre accroissement, mais aussi du fait que nous sommes connus et reconnus. »

    La journée se clôturera avec un apéritif à partir de 19h, où les partenaires historiques du Conservatoire, et notamment la commune de Saint-Paul-lez-Durance, seront présents pour célébrer cet anniversaire.

    Samedi de 10h30 à 19h30.

    Gratuit.

  • [Sciences] Taille des animaux : il y a mille ans, la main humaine a tout changé

    [Sciences] Taille des animaux : il y a mille ans, la main humaine a tout changé

    Il y a 8 000 ans au Nord-Ouest de la Méditerranée débute le Néolithique : les humains commencent à pratiquer l’agriculture et à élever bœufs, chèvres, moutons et autres cochons. Parallèlement, renards, cerfs et lapins continuent de vivre à l’état sauvage. Pendant des millénaires, la taille des animaux domestiques et sauvages évolue de manière synchrone avec des périodes de diminution et d’augmentation. Il y a 1 000 ans, tout change : la taille des animaux sauvages plonge quand celle des animaux domestiques augmente. « L’impact humain s’intensifie et devient plus important que l’effet de l’environnement, justifie Allowen Evin, bio-archéologue à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier et dernière autrice d’un article publié dans PNAS. C’est la première fois qu’une comparaison entre sauvage et domestique est menée, et en plus sur une période aussi longue ».

    Ces résultats sont le fruit de l’analyse minutieuse de milliers d’os découverts sur 311 sites archéologiques du Sud de la France. « La région s’y prête, insiste la chercheuse. Les sites y sont nombreux et bien étudiés ». Le tout a été comparé à ce qui est connu de l’environnement dans la région à la même période, notamment via les pollens retrouvés qui donnent des indications sur la végétation, qui donne elle-même une idée du climat. Des indices sur l’évolution des températures et de l’hydrométrie se cachent aussi dans les grottes. La température de l’eau en Méditerranée aux mêmes périodes est aussi connue.

    Quatre phases

    Les scientifiques distinguent quatre phases. Entre -8 000 et -4 000 ans, animaux domestiques et sauvages rétrécissent tous, puis grossissent jusqu’à -1 700 ans avant de rétrécir à nouveau. « Ces évolutions synchrones indiquent que l’environnement était le moteur principal des changements de taille des animaux », souligne Allowen Evin. Par exemple avec un climat impactant la végétation, et donc les ressources et l’habitat des animaux – domestiques comme sauvages. Puis une divergence forte s’opère il y a 1 000 ans.

    Pour l’expliquer, l’hypothèse avancée est celle d’une intensification de la sélection humaine vers des animaux domestiques plus gros, plus productifs. Quant aux animaux sauvages, la baisse de la taille s’expliquerait par une fragmentation de l’habitat et une intensification de la chasse. « Elle induit un stress et un accès plus difficile aux ressources, ce qui peut impacter la taille des animaux, précise Allowen Evin. Et chasser les plus gros finit par impacter leur taille moyenne ».

    La question est maintenant de savoir si cette évolution est généralisée, dans des endroits où le climat et l’environnement sont différents. « L’idéal serait que notre étude soit copiée par d’autres », estime Allowen Evin. Par exemple dans le Nord de la France. Voire plus à l’Est, au Proche-Orient, là où a débuté l’élevage il y a environ 10 000 ans.

    REPÈRES

    Néolithique

    C’est la période qui voit apparaître l’agriculture et l’élevage, les humains délaissant leur vie de chasseur-cueilleur. Au Nord-Ouest de la Méditerranée, le Néolithique débute il y a environ 8 000 ans. Mais il est né il y a environ 10 000 ans au Proche-Orient.

    Demeter

    Financé entre 2020 et 2025 par le Conseil européen de la recherche, ce projet étudie les changements dans l’agro-biodiversité des plantes et des animaux au Nord-Ouest de la Méditerranée sous l’effet de facteurs environnementaux et socio-économiques sur les 8 000 dernières années.

    225 780

    C’est le nombre d’os identifiés sur 311 sites archéologiques du Sud de la France ces 30 dernières années et qui correspondent à des animaux ayant vécu sur les 8 000 dernières années. Plus de 81 000 mesures ont permis d’évaluer l’évolution de la taille des animaux sauvages et domestiques.

  • [Entretien] Allowen Evin : « Le Sud de la France est peut-être là où a été domestiqué le lapin »

    [Entretien] Allowen Evin : « Le Sud de la France est peut-être là où a été domestiqué le lapin »

    La Marseillaise : Vous montrez que, depuis 1 000 ans dans le Sud de la France, les animaux sauvages rétrécissent. À une exception : le lapin…

    Allowen Evin : Effectivement, c’est un cas à part car il a potentiellement été domestiqué dans la région. L’aire naturelle de distribution du lapin sauvage – ancêtre du lapin domestique – est la péninsule ibérique et le Sud de la France.

    Il est donc sauvage au début de notre période d’étude – il y a 8 000 ans -, puis domestique à la fin. Même si nous ne savons pas encore exactement quand et où il a été domestiqué.

    Même chose du côté des animaux domestiques : depuis 1 000 ans, les bœufs, les moutons, les cochons et les poules grossissent, mais c’est moins clair pour la chèvre…

    A.E. : C’est vrai, mais cela peut être dû à un manque de données pour les derniers siècles. Il nous en faudrait plus pour confirmer cette diminution.

    L’augmentation de la taille des animaux domestiques depuis 1 000 ans peut-elle s’expliquer par l’introduction de nouvelles lignées ?

    A.E. : Ce n’est pas exclu, mais cela entre dans l’intensification de la sélection pour l’amélioration de la productivité. L’introduction de nouvelles lignées en archéologie dans le Sud de la France est méconnue. Et pour cause : c’est difficile à détecter avec des données morphométriques. Nous savons que de nouvelles lignées ont été importées à l’Âge du Bronze. Il est possible que cela se soit produit à nouveau par la suite. Si nous voulions l’observer, il faudrait faire de la paléo-génétique ou étudier les régimes alimentaires des animaux.

  • La science en fête autour des intelligences

    La science en fête autour des intelligences

    « En 2024, la Fête de la science Paca a accueilli plus de 122 000 personnes. Cette progression continue de la fréquentation, lors des événements organisés au fil des années, démontre un intérêt croissant pour les enjeux scientifiques », présente Khaled Bouabdallah, recteur délégué pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, lors de la conférence de presse.

    Il poursuit : « cette belle réussite est le fruit du travail des acteurs du territoire, avec une gouvernance partagée entre l’état et la Région. Depuis 2022, 75 projets ont été soutenus, avec un budget de 830 000 euros. La programmation a été élaborée par l’ensemble des universités, des grandes écoles, des organismes de recherche et des acteurs du réseau culture scientifique, sous le pilotage régional des Petits débrouillards Paca. »

    Cette année, la Fête de la science invite à douter et à redéfinir ce que signifie être intelligent, au-delà des frontières humaines. Comment repenser notre regard ? Pour Jean-Luc Parrain, délégué régional académique à la recherche et à l’innovation, plus de doute : « L’intelligence, qui semblait réservée à l’humain pendant longtemps, se manifeste aujourd’hui de multiples manières et défie notre pensée. Les dernières avancées montrent qu’elle existe sous des formes aussi variées que nuancées : du comportement des cellules aux prouesses cognitives des animaux, jusqu’à l’émergence de l’intelligence artificielle (IA). »

    Ce vendredi 3 octobre, un nouveau format, la Nuit de la science, a été proposée en nocturne dans plusieurs villes comme Marseille (13), Valbonne (06) et Avignon (84). Et ce n’est qu’un début : plusieurs formats de grande envergure suivront.

    Tout au long de l’année, les sciences sont mises en avant dans les classes, grâce à des rencontres entre scientifiques et élèves de la région. Des interventions dans les classes mises en place dès ce 3 octobre. L’immunologie, qu’est-ce que c’est ? C’est quoi le métier d’un chercheur ? Et si les matériaux pouvaient penser et réagir ? Que sait-on de la lumière ?Autant de questions dont les élèves pourront découvrir les réponses grâce aux interventions préparées par les chercheurs participants.

    Depuis 5 ans, les Visites insolites du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) en Provence et Corse proposent, chaque année, des expériences uniques, en groupe restreint, au cœur des laboratoires. En 2025, neuf d’entre eux ouvrent leurs portes. L’occasion d’en savoir plus sur les recherches, comme avec le Labo des minots, qui propose de découvrir le Babylab, à travers des ateliers ludiques sur les capacités cognitives, motrices et cérébrales du bébé. D’autres visites permettront d’explorer les défenses immunitaires du corps humain face aux agressions extérieures.

    Enfin, les Villages des sciences seront présents dans chaque département de la région, avec des animations et des découvertes pour tous les publics.

    Pour plus d’informations consultez fetedelascience.fr

    SÉLECTION POUR CE WEEK-END

    Les 1 001 fresques à Marseille

    Fresque géante, les 1 001 fresques, réalisée sur la place Bargemon, samedi lors de deux sessions, à 10h puis 14h30. Un atelier scientifique et collaboratif qui permet de comprendre les causes et les conséquences du dérèglement climatique.

    Des sciences naturelles à Aix

    Y a-t-il de la vie ailleurs ? Une des propositions du Muséum d’histoire naturelle qui orchestre le village, dans le parc Saint-Mitre, ouvert au grand public samedi et dimanche, de 10h à 18h.

    L’eau dans l’univers à Martigues

    La fameuse molécule H2O est présente partout dans l’Univers. Quand et comment s’est-elle formée, quel a été le rôle des étoiles dans son apparition ? Les réponses dans une conférence de Martial Aude, ce samedi à 15h, à la médiathèque Louis-Aragon.

    L’intelligence des animaux à La Seyne-sur-Mer

    Escape game sur l’intelligence des animaux de la mer : à faire par groupe de 10 et à partir de 6 ans au village des sciences, qui se déroule samedi et dimanche de 10h à 17h, au parc de la Navale. Parmi une foule d’autres propositions.

    L’adaptation des plantes à Carpentras

    Comment les plantes se sont adaptées au fil de l’évolution pour attirer plus d’insectes et mieux disséminer leurs graines : une conférence samedi de 14h à 16h, à l’office du tourisme de Carpentras.

    L’astronomie à Avignon

    Diaporamas, photos, quiz, maquettes, puzzles… tout pour découvrir de façon ludique les principaux éléments de l’astronomie. Un atelier proposé par Pesco Luno au village des sciences, installé place de l’Horloge et dans le péristyle de l’Hôtel de ville, ce samedi 4 octobre. Au total, 30 stands sont proposés.

    L’intelligence collective des mineurs à Tourves

    De quelle manière un mineur peut se repérer au fond d’une mine ? à découvrir au travers des yeux des scientifiques dans un atelier proposé par le musée des Gueules rouges, ce samedi à 14h.

  • Le plan régional contre les incendies porte ses fruits

    Le plan régional contre les incendies porte ses fruits

    Prévenir, combattre et reconstruire. Voici les trois piliers du programme régional baptisé « Guerre du Feu ». Sept ans après son lancement, Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Sud, accompagné des acteurs du dispositif, en a présenté les résultats. « On a divisé par cinq les dommages entre 2017 et 2025 » se targue l’élu.

    C’est en 2017, après l’incendie ravageur de Bormes-les-Mimosas, que l’idée de ce programme a germé. « On s’est dit “plus jamais ça” », se souvient François de Canson, vice-président de la Région en charge de la prévention des risques majeurs. Quelques mois plus tard, en février 2018, la Région lance son plan « Guerre du feu ». L’objectif est clair : réduire les risques incendies, répondre plus efficacement aux départs de feu et permettre la reconstitution des forêts incendiées en coordonnant les différents acteurs et en apportant un financement.

    Depuis 2018, 40 millions d’euros ont été versés par la Région pour lutter contre les flammes. « Sur le territoire, nous avions les compétences humaines et techniques. Mais j’avais l’impression que chacun travaillait dans son coin », explique Renaud Muselier.

    L’une des premières actions a notamment été le déploiement de la garde régionale forestière. En 2025, 250 écogardes ont été mobilisés, entre juin et septembre, dans les massifs et parcs régionaux, pour sensibiliser aux risques et aux bons gestes. « De plus en plus de personnes sont au courant des gestes parce qu’ils croisent des écogardes », explique Manon Quezl-Ambrunaz, coordinatrice du Parc naturel régional du Mont Ventoux. Une prévention importante, puisque 9 incendies sur 10 sont d’origine humaine.

    Ce travail nécessaire en amont, pour limiter les départs de feu, est associé au développement de meilleurs moyens pour combattre les flammes. La Région a notamment soutenu certaines communes pour l’entretien des pistes de défense de la forêt contre les incendies (DFCI).

    Des rotations plus rapides

    La Région a également financé en partie la rénovation du pélicandrome, où les avions réservoirs peuvent venir se ravitailler en eau ou en produit retardant, à Hyères. Inauguré en juillet 2024, sa rénovation a permis d’améliorer la vitesse de remplissage, passant de 20 à 6 minutes. « Cela permet des rotations beaucoup plus rapides et de réduire les délais de réaction », insiste le lieutenant-colonel Michel Seitz, chef du groupement de conduite opérationnelle.

    Enfin, ce plan « Guerre du feu » a permis le déploiement du fonds de dotation Respir, dédié au financement du reboisement de territoires incendiés, notamment accompagné par l’office national des forêts, « pour retrouver rapidement une captation de carbone et le maintien du sol », explique Hervé Houin, directeur territorial Midi-Méditerranée de l’ONF. L’institution a aussi développé, avec la Région, des fiches réflexes à destination des maires pour gérer l’après-incendie.

    Un plan qui a porté ses fruits et « repris comme base de réflexion nationale », se félicite François de Canson.