Tag: Raphaël Glucksmann

  • La présidentielle au cœur du débat à Bram

    La présidentielle au cœur du débat à Bram

    Cette sixième édition des Rencontres de la gauche, le 19 septembre, s’annonce exceptionnelle puisqu’elle se tient à huit mois quasiment jour pour jour du premier tour de l’élection présidentielle fixé au dimanche 18 avril 2027.

    Carole Delga, à l’initiative de ces rencontres, lancées en 2021, ne s’y trompe pas. À quelques mois de la présidentielle « notre responsabilité collective est immense », prévient l’ancienne ministre de François Hollande. Et de développer : « Car cette échéance décisive ne saurait se réduire à une confrontation de personnalités. Elle doit permettre aux Françaises et aux Français, au cours d’une véritable campagne électorale, de choisir entre des projets, des visions de la société, des chemins d’avenir clairement assumés. »

    Si Carole Delga a déjà choisi son candidat, Raphaël Glucksmann, député européen, et co-président de Place Publique, le débat prévu samedi après-midi sur la présidentielle sera ouvert aux autres candidats de la primaire des sociaux-démocrates. Ainsi sont annoncés parmi les participants, la présence de Ségolène Royal, Jérôme Guedj ou encore Emmanuel Maurel.

    Mais si la course à l’Élysée sera fort logiquement au cœur de cette édition 2026, ces rencontres ne perdent pas le fil des origines. « Depuis six ans, les Rencontres de Bram poursuivent cette ambition : contribuer à l’élaboration d’un projet de progrès pour notre pays. Un projet fidèle à nos valeurs sociales, républicaines, fraternelles, laïques, féministes, antiracistes, européennes, universalistes. Un projet qui refuse la brutalisation du débat public et oppose à la résignation une espérance crédible » développe Carole Delga en introduction d’un programme dense avec de nombreuses tables rondes et ateliers animés par des intervenants réputés à l’instar de l’économiste Jacques Attali, François Gemenne, politologue et co-auteur du 6e rapport du Giec ou encore la diplomate Laurence Tubiana et la philosophe Gabrielle Halpern.

    Côté personnalités politiques nationales et européennes, outre Raphaël Glucksmann et Ségolène Royal, l’écologiste et sénateur de Paris Yannick Jadot sera là ainsi que Paul Magnette, président du PS belge.

    Pour le PCF, Léon Deffontaines, porte-parole du parti qui a élu Fabien Roussel comme candidat, fera le déplacement et Guillaume Lacroix, conseiller régional et président du Parti Radical de Gauche (PRG) est aussi attendu.

    Pour Carole Delga, « Bram est devenu le symbole de cette République en commun que j’appelle, que nous appelons de nos vœux. La seule réponse digne au conservatisme, au populisme et à l’extrémisme qui abîment notre démocratie. » Ce sera aussi sans nul doute une des étapes importantes dans la désignation du candidat de la gauche social-démocrate à la présidentielle.

  • Les cinq qualifiés pour la primaire sociale-démocrate

    Les cinq qualifiés pour la primaire sociale-démocrate

    Le patron du PS, Olivier Faure, l’ex-ministre et candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, le député socialiste de l’Essonne, Jérôme Guedj, mais aussi Raphaël Glucksmann, le patron de Place Publique et Emmanuel Maurel, le chef du parti Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), sont les cinq candidats retenus pour cette primaire.

    Exit Philippe Brun

    Le député socialiste Philippe Brun, qui devait être également sur la ligne de départ, a été suspendu par le parti socialiste « à titre conservatoire », suite à des accusations d’une militante portant sur des « faits susceptibles de relever d’une caractérisation pénale », a précisé la direction du parti socialiste en expliquant sa décision. L’intéressé affirme avoir appris « avec stupeur » sa suspension, assurant « ignorer ce qui [lui] est reproché ». Les accusations portées à l’encontre du député sont multiples et portent sur « le registre du harcèlement », des « violences physiques » et celui de « l’emploi familial », indique la direction du PS. La décision a été votée ce mercredi matin par le bureau national du Parti socialiste « à l’unanimité moins une opposition et trois abstentions » en vertu de « la défense des droits des femmes ».

    C’est loin d’être le seul aléa qu’a connu cette primaire, longuement débattue en interne, et à laquelle l’ancien président de la République François Hollande a refusé de participer, préférant se positionner comme un dernier recours, tout en ménageant le suspense autour de sa candidature. Dernièrement, ce sont les velléités de participation à la primaire du député de la Somme et fondateur du mouvement Debout ! François Ruffin, qui ont remis le feu aux poudres. Avec une sortie de Raphaël Glucksmann qui a fermé la porte à cette éventualité en considérant que « les militants socialistes ont tranché, on ne change pas les règles en cours de jeu ». Un refus qui a fait dire à François Ruffin que sa candidature pouvait faire peur…

    Raphaël Glucksmann favori

    Pour l’heure, l’eurodéputé et coprésident de Place Publique fait office de favori à un mois du premier tour de la primaire prévu les 9 et 10 octobre prochains ; le second aura lieu les 16 et 17 octobre. Il a la faveur des sondages pour la présidentielle en étant crédité entre 10 et 14% des intentions de vote, mais le premier secrétaire du parti socialiste se positionne en challenger direct. Avec des sondages le portant jusqu’à 5% des intentions.

    Reste que le député socialiste Jérôme Guedj, le député du Val-d’Oise et ancien député européen Emmanuel Maurel et Ségolène Royal qui entend bien retenter sa chance, peuvent toujours créer la surprise. D’autant que l’ensemble des candidats auront l’occasion, à plusieurs reprises, de confronter leur point de vue avec d’ores et déjà trois débats télévisés programmés, le 23 septembre sur LCI, le 1er octobre sur France 2 et le 4 octobre, dans la dernière ligne droite, sur BFMTV.

  • Au PS, la ligne Delga plus suivie dans l’Hérault que dans le Gard

    Au PS, la ligne Delga plus suivie dans l’Hérault que dans le Gard

    C’est tout sauf une surprise et c’est désormais officiel : Carole Delga soutient Raphaël Glucksmann à la primaire (9-10 et 16-17 octobre) et surtout dans la course à l’Élysée. Jeudi 27 août sur TF1, la présidente de la Région Occitanie a officialisé son parti pris la veille de l’ouverture des universités d’été du parti à la rose (28-30 août).

    Pour elle, c’est clair : bien que dans le ventre mou des sondages actuels, le leader de Place publique est « le meilleur candidat à gauche ». R. Glucksmann a aussi l’atout d’être allergique à LFI de J-L. Mélenchon avec qui C. Delga, opposée à la Nupes dès 2022, refuse de s’allier.

    À l’exception de quelques réseaux militants et d’une poignée d’élus comme Loïc Linarès (Agglo de Sète), cette position semble largement partagée dans l’Hérault, du moins côté élus. Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, incarne depuis 2020 la ligne des deux gauches irréconciliables avec des Insoumis qui ne le ménagent pas dans l’opposition municipale. Le sénateur Hussein Bourgi et, jusqu’à son départ du PS, le président héraultais Kléber Mesquida, incarnent aussi ce courant de « l’aile droite du PS ». Le patron du PS 34 est raccord. « Dans un monde aussi trouble, je veux avoir un interlocuteur fiable face à Poutine, Trump. Glucksmann parle de droits de l’Homme et de fin du mois. Il peut concilier les demandes des Français dans un monde dangereux où l’indépendance de la France pèsera lourd », synthétise Julien Pradel.

    Premier défi : la primaire

    Dans le Gard, la ligne politique est beaucoup moins tranchée. Contacté, le secrétaire fédéral Pierre Jaumain, de l’aile gauche du PS, nous a fait savoir qu’il n’a « pas encore pris de position ». Chloé Ridel ne cache pas qu’elle soutient toujours le premier secrétaire. « Faure, c’est la garantie d’une politique de gauche radicale, réformiste, de justice fiscale, de hausse des salaires sans baisse des cotisations et de réindustrialisation. J’attends toujours de voir ce que Glucksmann propose… », tranche l’eurodéputée qui n’a pas l’intention de se rallier à J-L. Mélenchon « dans l’incapacité de battre le RN ».

    Si elle promet de se ranger derrière le vainqueur de la primaire (PS/Place Publique, GRS), Chloé Ridel croit en O. Faure. « Les jeux ne sont pas faits ». Tout comme J. Pradel croit en Glucksmann. « L’accession au 2e tour se fera autour de 16%, un point de moins que notre score aux Européennes. Et sans faire campagne, on est à 10% », positive le fédéral héraultais. Pour chaque camp, il faudra déjà gagner une primaire indécise à laquelle pourraient aussi participer S. Royal, J. Guedj et P. Brun. F. Hollande a lui choisi de l’enjamber.

  • Patrick Mennucci pour piloter la primaire socialiste ?

    Patrick Mennucci pour piloter la primaire socialiste ?

    L’organisation de la primaire socialiste (9-10 et 16-17 octobre) en vue de la désignation pour la présidentielle d’un candidat de l’espace social-démocrate, prend forme. Plusieurs sont déclarés dont Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Philippe Brun, Ségolène Royal, ou Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste.

    à Marseille, Yannick Ohanessian, adjoint au maire et membre du Bureau national du PS, a choisi de s’engager dans la campagne en tant que porte-parole national de ce dernier. Mais un autre nom attire l’attention : celui de Patrick Mennucci, ancien député et candidat à la mairie de Marseille en 2014.

    Exemplarité

    Selon nos confrères de L’Opinion, les représentants des deux principaux courants d’opposition au sein du PS ont contesté la désignation du sénateur Rachid Temal à la tête de la commission d’organisation. Pour le remplacer, le profil de cette figure historique du PS marseillais présenterait l’avantage de ne soutenir aucun des candidats en lice. Une information que le principal intéressé, contacté par La Marseillaise, n’a pas souhaité commenter à ce stade.

    Aujourd’hui installé à Paris, Patrick Mennucci connaît bien les rouages du PS. Formé à l’école militante marseillaise, il y a longtemps occupé des fonctions de premier plan avant plusieurs mandats électifs : député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône entre 2012 et 2017, vice-président du conseil régional, conseiller général, adjoint au maire de Marseille… Au-delà de ses mandats, Patrick Mennucci, directeur de campagne de Ségolène Royal en 2007, maîtrise les questions d’appareil, les congrès, les investitures, les campagnes nationales ou locales. Un atout dans cette opération électorale que le PS espère exemplaire.

    Depuis sa défaite aux législatives de 2017 face à Mélenchon, Patrick Mennucci s’est progressivement éloigné de la vie électorale sans jamais rompre avec le Parti socialiste, fidèle à une ligne sociale-démocrate assumée. En 2017, il coanime la campagne de Vincent Peillon pour la primaire de la gauche. En 2018, il soutient Luc Carvounas lors du congrès du PS. Opposé à la Nupes puis au Nouveau front populaire, il choisit Hélène Geoffroy lors du congrès socialiste de 2022. Proche de François Hollande, il défend depuis une ligne autonome du PS et rejette toute alliance structurante avec la France insoumise.

  • Le PS fait sa rentrée à Blois, la primaire dans le viseur

    Le PS fait sa rentrée à Blois, la primaire dans le viseur

    C’est la rentrée pour le Parti socialiste. Cadres, élus et militants se retrouvent à Blois, pour le CamPuS, université d’été du parti à la rose. À huit mois de l’élection présidentielle, celle-ci est dans toutes les têtes à mesure que les candidats à la primaire du pôle social-démocrate se dévoilent. Le scrutin, prévu les 9-10 et 16-17 octobre, a déjà son favori : Raphaël Glucksmann. L’eurodéputé et leader de Place Publique enchaîne les apparitions médiatiques et les ralliements à l’aile droite du PS. De Carole Delga, la présidente de la région Occitanie aux maires de Rouen et de Montpellier, Nicolas Mayer-Rossignol et Michaël Delafosse, des opposants revendiqués à la direction actuelle du parti. De même que le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud : « il est le choix de la victoire, à la condition que cette victoire soit préparée par un projet commun, un contrat de législature, une équipe et une majorité capables de gouverner durablement. Comme militant, comme socialiste, comme responsable d’un courant qui aspire à unir les idées et les êtres », justifie le député des Landes dans une tribune.

    À ce stade, les autres candidats déclarés à cette primaire sont les députés Philippe Brun et Jérôme Guedj et l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2007 Ségolène Royal. La Gauche républicaine et socialiste (GRS), représentée par l’un de ses fondateurs Emmanuel Maurel, participera également à ce scrutin. Si le maire de Saint-Ouen s’est déclaré candidat à la présidence, il n’entend pas passer par la case primaire. Même son de cloche pour François Hollande, qui s’estime au-dessus de la mêlée : « il se trouve que je suis un ancien président. Je m’adresse peut-être plus largement. Je considère que pour cette élection, il va falloir aller au-delà des formations politiques. Il faut chercher l’union, une union avec les électrices et les électeurs », dit-il.

    Faure veut l’union avec

    les écolos, tiraillés

    La candidature du Premier secrétaire du parti Olivier Faure fait peu de doutes. Il a jusqu’au 15 septembre pour se déclarer. Vendredi, il s’est présenté à Blois entouré de ses soutiens, parmi lesquels la maire de Nantes Johanna Rolland, le président de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel, la députée Dieynaba Diop et l’eurodéputé Pierre Jouvet, pour ne citer qu’eux. « Le Parti socialiste a quelque chose à dire dans cette élection présidentielle, nous allons être la surprise », veut croire le chef des Roses. Ce dernier pousse toujours pour un rassemblement. «Il n’y a pas de victoire possible sans les Écologistes. Il n’y a pas demain de majorité possible sans les Écologistes. C’est vrai à l’échelle locale et nationale. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour qu’on puisse se retrouver et se rassembler », martèle Olivier Faure, arrivé au CamPuS, avec la députée écologiste Léa Balage El Mariky et la cheffe du groupe à l’Assemblée nationale Cyrielle Chatelain. Cette dernière a par ailleurs fait une apparition très remarquée la semaine passée aux Amfis, université d’été de LFI, aux côtés du leader du mouvement Jean-Luc Mélenchon. Quand le sénateur et ex-candidat à l’Élysée Yannick Jadot a apporté son soutien au patron de Place Publique. Les écolos sont, une nouvelle fois, tiraillés entre deux camps. Les huit mois qui suivent diront s’ils peuvent changer la donne.

  • Le Medef invite Roussel et Lisnard à débattre

    Le Medef invite Roussel et Lisnard à débattre

    C’est sur le court Philippe-Chatrier que les deux hommes politiques aux visions radicalement opposées échangeront. Le Medef organise lors de son université d’été, la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF), un débat entre Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français et le très libéral David Lisnard, président de Nouvelle Énergie, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France (AMF) sur le thème « le courage de produire » de 12h05 à 12h30. Ils répondront ainsi, en quelques minutes, à cette question centrale et cruciale : « comment redonner à la France l’envie, les moyens et la capacité de produire ? »

    Cette séquence s’inscrit dans une volonté de l’organisation patronale de peser dans la campagne pour l’élection présidentielle de 2027. Dans son discours introductif, le président du Medef Patrick Martin a rappelé, comme un avertissement : « nous sommes nombreux et, dans nos entreprises et autour, on nous écoute, on nous fait confiance plus que jamais dans l’Histoire. N’oublions jamais la puissance de notre collectif avec ses 240 000 entreprises qui emploient 12 millions de salariés, partout en France ». Il insiste : « nos convictions sont libérales (…), nous voulons un programme présidentiel de libertés », a-t-il dit, rejetant « la collusion, la collision des prophètes de malheur » et enjoignant à « faire voler en éclat le carcan qui étouffe notre pays et libérer son énergie et ses ambitions ».

    Pour clôturer son événement, le Medef a invité, toujours sur le court central de Roland-Garros, sept des – très nombreux – candidats déclarés à l’élection présidentielle à répondre aux questions de cinq chefs d’entreprise à partir de 16h45. À savoir : Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Le Pen. Ces derniers réagiront par ailleurs aux résultats de la consultation lancée par le Medef en association avec Opinion Way.

  • Les soutiens de Raphaël Glucksmann sur le terrain

    Les soutiens de Raphaël Glucksmann sur le terrain

    À peine la candidature de Raphaël Glucksmann à l’élection présidentielle officialisée avec un passage au 20 heures de TF1, ce dimanche soir, que ses soutiens battent déjà le pavé, ce lundi. « On vient dire que l’on est prêt ! Prêt à soutenir sa candidature, prêt à aller à la rencontre des habitants de la région, prêt à expliquer que Raphaël Glucksmann est là pour gagner », plante Pascaline Lécorché, figure de Place Publique de la cité phocéenne et adjointe au maire de Marseille en charge de l’éducation, sous l’ombrière du Vieux-Port de Marseille.

    La cinquantaine de militants du parti de l’eurodéputé et candidat à la présidentielle, veulent montrer qu’ils occupent le terrain : « C’est une initiative spontanée, avec des militants venus de toute la région. En 24 heures, on a cinquante personnes déjà mobilisées ! On va reproduire ça dans les jours et semaines à venir ». Drapeau jaune à la main, les soutiens de l’ancien conseiller du président géorgien, pour le moins autoritaire, Mikheil Saakachvili, distribuent à tour de bras des tracts avec QR code dessus pour recevoir les dernières nouvelles de la campagne.

    Et à la question du positionnement politique de Raphaël Glucksmann, plutôt à la droite de la gauche, économiquement libéral et fidèle défenseur de l’Union Européenne, Pascaline Lécorché répond : « Notre programme tient compte des réalités concrètes du terrain, nos propositions s’inscrivent dans les territoires. Regardez les axes que Raphaël développe : santé, éducation, mixité sociale pour faire société, souveraineté industrielle, transformation écologique ! ». Reste que le candidat devra encore passer par la case primaire avec le PS pour être définitivement dans la course à l’Élysée, et sa formation fait mine d’ouverture avec le reste de la gauche. « La dynamique qu’on porte dépasse le cadre de Place publique : On s’inscrit dans une campagne avec le Parti socialiste, on tend la main aux écologistes et nos camarades du Parti communiste », martèle Pascaline Lécorché.

  • La présidentielle au cœur des universités d’été

    La présidentielle au cœur des universités d’été

    C’est le rendez-vous qui amorce la rentrée politique : insoumis et écologistes lancent ce jeudi, pour la gauche, la saison des universités d’été, suivis par les communistes vendredi et les socialistes la semaine suivante. Cette grand-messe réunit chaque été élus, militants et sympathisants autour de débats structurants pour les partis, des ateliers et des formations. À huit mois de l’élection présidentielle, le sujet s’impose comme central pour les différents rassemblements. D’autant que pour les forces de gauche, les stratégies divergent.

    Les Verts, eux, prévoient une soirée dès l’ouverture jeudi de leurs Journées des écologistes, « pour l’écologie, pour l’union » : « En 2027, la France fera face à un choix décisif. (…) Pour empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir et faire gagner la gauche et les écologistes, nous devons construire l’union de toutes celles et ceux qui veulent ouvrir une autre voie pour le pays », écrivent-ils sur leur site. La secrétaire nationale du parti a annoncé sa candidature à une primaire unitaire de la gauche – celle-ci étant quasi enterrée. Une enquête d’opinion interne confirme : 65,13% des votes exprimés soutiennent qu’en cas d’échec de la primaire, Marine Tondelier serait leur candidate.

    Cette option de la primaire réunissant la gauche et les écologistes était soutenue et portée par la patronne des Verts et le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Mais ce dernier a été mis en échec dans son propre camp : 55,5% des militants ont voté pour une primaire fermée, réservée aux socialistes et aux « organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste », à savoir, Place publique de Raphaël Glucksmann. La date du scrutin sera adoptée en Conseil national le 25 août, soit trois jours avant le CamPus à Blois. Ce lundi, le parti a fait un pas de plus en dédiant un site internet à son « Projet socialiste », le programme que portera son ou sa candidate.

    De son côté, le PCF, qui a reconduit Fabien Roussel à sa tête, veut porter sa propre voix en 2027. « J’ai dit que j’étais prêt, si vous le décidiez, à mener ce combat avec vous une nouvelle fois », a confirmé ce dernier dans son discours d’ouverture du 40e Congrès des communistes à Lille en juillet dernier. Les militants doivent officiellement entériner la candidature de leur secrétaire national lors d’un vote prévu le 6 septembre prochain. La question élyséenne sera évoquée lors des universités d’été à Toulouse, avec un débat entre les différentes forces de gauche samedi, et un atelier « comment faire gagner la gauche en 2027 ? ».

    Lutte contre l’extrême droite

    Pas de surprise du côté de LFI qui se projette déjà dans la campagne avec une formation dispensée lors de ses Amfis dédiée à « rechercher les 500 parrainages pour l’élection présidentielle ». Son leader, Jean-Luc Mélenchon, candidat pour la quatrième fois à l’élection suprême donnera un grand meeting ce dimanche pour clôturer l’événement à Valence.

    Si elles partent désunies, les organisations politiques affichent un but commun : empêcher l’extrême droite d’accéder au pouvoir. Car le risque n’a jamais été aussi grand de voir les prêcheurs de haine au palais de l’Élysée. Ainsi, les insoumis proposent samedi une conférence intitulée « contre l’extrême droite, la Nouvelle France contre toutes les formes de racisme ». Le même jour, les Écologistes invitent à « repenser la riposte numérique face à l’extrême droite ». Le lendemain, les communistes proposeront une analyse sur le thème suivant « extrême droite : réalités et dynamiques électorales ». Quand le PS questionnera : « Quels sont les ressorts du récit du Rassemblement national ? Comment les contrer ? », la semaine d’après.

    « Nous devons construire l’union de toutes celles et ceux qui veulent ouvrir une autre voie pour le pays »

  • Place publique soutient la liste « Hyères Avenir »

    Place publique soutient la liste « Hyères Avenir »

    À Hyères, la gauche unie ne l’est finalement pas complètement, du moins si l’on étend l’alliance jusqu’au centre gauche. Après avoir quitté en juillet 2025 la liste « Hyères, unie à gauche », conduite par Caroline Moulin (Les écologistes), Place publique Var s’est en effet rangée derrière Nicolas Massuco et la liste citoyenne (SE) « Hyères Avenir ». Ses responsables s’en expliquent : « Nous partageons le respect des institutions, l’attachement aux valeurs de la République et le rejet des extrémistes. Nous appelons les sociaux-démocrates à nous rejoindre pour un projet juste et tourné vers l’avenir. »

    LFI dans le collimateur

    Avec cette position, les représentants du parti de Raphaël Glucksmann souhaitent se démarquer de « Hyères, unie à gauche », qu’ils considèrent comme « essentiellement portée par LFI. Le PS s’étant retiré, nous sommes la seule liste qui porte les valeurs sociales-démocrates ». Quand bien même la tête de liste en face est écologiste et que les colistiers proviennent de différents horizons (PCF, l’Après, Génération.s, Debout !, REV). « Certes, mais LFI est largement représentée, avec un numéro 2 REV [Rachid Setouty, Ndlr.] affilié », soutient Pascal Colin, co-chef de file PP à Hyères. Des propos auxquels Caroline Moulin a répliqué : « M. Massuco se dit PRG, mais s’affiche sans étiquette, ratisse au centre droit, et dit “ni droite ni gauche” dans ses discours. Et puis, est-ce que la social-démocratie a porté ses fruits par le passé ? On est la liste de gauche et écologique hyéroise, et là-dessus, on reste ferme. »

    De son côté, « Hyères Avenir » entend néanmoins porter des orientations écologiques, dont « une réduction des constructions et l’accélération de l’opération Grand Site de Giens », ainsi que la promotion de « l’agroécologie et les circuits courts ». Sur le volet social, Place publique affirme que la liste défendra « des actions fortes auprès des mineurs pour réduire les inégalités sociales », en instaurant « l’égalité réelle hommes-femmes dans tous les domaines de la vie locale » et en « favorisant le vivre-ensemble et les liens intergénérationnels ».

  • « L’antifascisme n’est pas que de la rhétorique, il y a des travaux pratiques »

    « L’antifascisme n’est pas que de la rhétorique, il y a des travaux pratiques »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi Montpellier pour ce rendez-vous ?

    Marine Tondelier : Avant même de devenir secrétaire nationale du parti, j’étais déjà venue plusieurs fois à la Paillade et au Petit Bard. J’ai beaucoup d’amis ici. C’est au Petit Bard que j’avais rencontré Tarek Kawtari de l’Assemblée des quartiers avec qui on co-organise cet événement. Depuis des années, on organise une université des ruralités écologistes. On tenait à avoir un rendez-vous dédié aux quartiers. C’était un sacré défi, on est impatient de voir ce qu’il en ressort. Je viens du bassin minier du Pas-de-Calais. On souhaite de plus en plus organiser des événements spécifiques à certains types de territoires qui nécessitent une attention et des solutions particulières. Je pense aussi aux Territoires dits d’Outre-Mer, à la montagne, au littoral, aux ruralités…

    Les écologistes ne cherchent-ils pas comme les Insoumis à séduire les quartiers populaires ?

    M.T. : Entre les écologistes et les quartiers populaires, c’est une longue histoire. René Dumont [premier candidat écolo à la présidentielle de 1974, Ndlr] lui-même avait tissé une histoire avec les quartiers populaires. Depuis, ils ont été abandonnés et sont devenus le laboratoire de politiques racistes à l’œuvre comme les politiques de relégation sociale ou le contrôle au faciès. La CEDH a condamné la France sur ce sujet. Quand j’ai adhéré chez les Verts, on travaillait beaucoup avec les Verts de Roubaix, les premiers à nous donner un coup de main dans la lutte contre le RN à Hénin-Beaumont. J’étais aussi allée au quartier Valdegour à Nîmes. Avant Montpellier, je me rends dans les quartiers Nord à Marseille. C’est souvent sans tambours ni trompettes mais j’ai une longue histoire avec les quartiers populaires. Le dérèglement climatique touche en premier lieu les plus vulnérables. Par exemple : les HLM non isolés insupportables l’été et qui coûtent une blinde à chauffer l’hiver. Les quartiers populaires sont aussi moins bien desservis. C’est saisissant de voir dans les quartiers Nord de Marseille des gens qui vivent à deux pas de la mer mais à qui on interdit l’accès. Tout est fait pour qu’ils aient du mal à rejoindre le centre-ville.

    En quoi Jean-Louis Roumégas ferait un meilleur maire de Montpellier que Michaël Delafosse ?

    M.T. : J’ai totale confiance en Jean-Louis Roumégas que je connais depuis longtemps. On a fait beaucoup de choses ensemble. Je me réjouis qu’aujourd’hui les adhérents montpelliérains des Écologistes soient unis. Je connais l’histoire politique montpelliéraine et ce n’a pas toujours été le cas. Ils commencent une belle campagne. Le local a été inauguré, le travail programmatique est en cours, les gens sont très motivés. Je m’étais mobilisée sur la Zac des Coteaux. Il y a beaucoup à faire. Une étude indique que 8 Français sur 10 estiment que leur maire n’agit pas assez face au dérèglement climatique.

    Pensez-vous que Sébastien Lecornu puisse faire voter un budget ?

    M.T. : Je pense que l’équation de Sébastien Lecornu est assez impossible. Je viens de voir l’intersyndicale qui appelle à une mobilisation le 2 octobre. Comme moi, les syndicalistes ont été très peu rassurés sur le manque de clarté du Premier ministre qui malgré ses intentions ne nous rassure sur aucun point. Pour une raison simple : il est en train de négocier avec Les Républicains : Bruno Retailleau, Rachida Dati, Gérald Darmanin pour les garder au gouvernement. Sébastien Lecornu parlait d’une rupture. Pour l’instant, personne ne la voit sauf peut-être une rupture avec les Français. Nous, on veut une rupture dans les politiques publiques, on veut de la justice sociale et environnementale.

    Êtes-vous toujours favorable
    à une primaire des gauches pour la présidentielle
     ?

    M.T. : Je l’appelais depuis le début ! Ce qu’on a fait l’an passé en créant le Nouveau front populaire était une forme de réflexe, de sursaut, parce que l’extrême droite pouvait arriver à Matignon. Je ne comprends pas qui aurait un argument un an après pour nous expliquer que ce risque serait moins élevé. Qu’on parle de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella à l’Élysée – celui qui ne sera pas en prison – le danger est énorme. Notre travail c’est de l’empêcher et de permettre des politiques qui changent vraiment la vie. Cela ne peut pas fonctionner en ordre dispersé, c’est mathématique. On doit faire confiance aux électeurs de gauche et écologistes pour qu’ils choisissent leur représentant collectivement. J’ai des différences avec les socialistes, les insoumis, les communistes mais à la fin, je sais pourquoi je me bats. En politique aussi les écosystèmes sont riches de leur diversité. J’entends que Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann aient envie d’y aller sans passer par la case primaire mais je connais leurs valeurs. L’anti-fascisme n’est pas que de la rhétorique, il y a des travaux pratiques. On ne peut pas prôner l’anti-fascisme et ne pas vouloir discuter d’une candidature unique. Ils n’auront pas le choix et ne peuvent pas avoir peur du vote des électeurs. On ne peut forcer personne mais je souhaite qu’une primaire la plus large possible ait lieu avant l’été 2026. Les communistes seront là à la fin et Jean-Luc Mélenchon prendra ses responsabilités.