Tag: Raphaël Glucksmann

  • [Rue de la République] Pascaline Lécorché : « Un second tour avec Raphaël Glucksmann, c’est un second tour gagnant »

    [Rue de la République] Pascaline Lécorché : « Un second tour avec Raphaël Glucksmann, c’est un second tour gagnant »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque samedi à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie du territoire.

    Raphaël Glucksmann

    Didier Gesualdi : Pourquoi selon vous Raphaël Glucksmann serait le mieux placé pour tenter de relever la gauche ?

    Je crois que Raphaël Glucksmann a déjà pu montrer son expérience, la force de rassemblement qu’il pouvait avoir autour de sa vision politique, d’un cap clair. Les élections européennes ont vu émerger un nouvel horizon politique pour la gauche démocratique, sociale, républicaine, européenne en 2024. Cela montre que cette force de rassemblement a su trouver un premier écho dans la population française.

    Léo Purguette : Donc pour vous le stage est réussi ?

    Il est complètement réussi, je dirais même qu’il est terminé.

    Léo Purguette : Au-delà de la vacherie de Ségolène Royal, il lui est reproché de ne pas avoir beaucoup d’expérience. Il n’a jamais été en gestion d’une collectivité, ministre… En quoi l’estimez-vous crédible ?

    Évidemment. En quoi être député européen ne donnerait pas cette légitimité ? Cela fait maintenant deux mandats qu’il est élu au Parlement européen avec un certain nombre de victoires obtenues sur les ingérences étrangères, la taxation aux frontières, un ensemble de politiques publiques qui parlent du quotidien des Français.

    Didier Gesualdi : Il a été félicité par François Hollande qui risque de le remplacer si ça ne décolle pas dans les sondages. Vous y croyez ?

    Pas du tout. Peut-être peut-il se le dire mais aujourd’hui cette victoire à la primaire sociale-démocrate montre un socle. Tout le monde prédisait l’échec de la primaire mais ce sont 130 000 personnes qui se sont rendues aux urnes électroniques et ont donné la victoire dès le premier tour à Raphaël Glucksmann à 66%. C’est un score qui veut dire beaucoup, qui assoit sa légitimité. François Hollande peut espérer autre chose mais maintenant, toute la famille sociale-démocrate est derrière Raphaël Glucksmann. Notre ambition est désormais de rassembler plus largement que cette famille.

    Didier Gesualdi : On prédit pourtant un duel RN-LFI…

    Je ne crois pas. On est très loin de cette élection. Le sondage publié après la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire montre bien la dynamique qui est derrière lui et le projet qu’il propose. L’Everest nous attend. Je crois qu’il n’y a pas de chemin de victoire pour Jean-Luc Mélenchon, qu’un second tour face à Marine Le Pen serait perdant. En revanche je crois fermement qu’un second tour avec Raphaël Glucksmann, c’est un second tour gagnant.

    Les rapports avec le PS et La FI

    Léo Purguette : Vous citez le score très important recueilli par Raphaël Glucksmann. Il est presque humiliant pour les socialistes qui concouraient. Les conditions sont-elles réunies pour vous rassembler localement avec par exemple Yannick Ohanessian qui était porte-parole d’Olivier Faure ?

    Il a été sans ambiguïté dans la presse pour dire que cette primaire avait donné de la force à Raphaël Glucksmann et que chacune et chacun s’est engagé en signant une charte, à soutenir le gagnant. Aujourd’hui, je vois les faits, celles et ceux qui sont autour de nous. Je vois le député Laurent Lhardit qui a apporté son soutien, Yoan Levy, à la mairie de Marseille, Loïc Gachon, le maire de Vitrolles…

    Didier Gesualdi : Raphaël Glucksmann prône la rupture avec la France insoumise. C’est le principal argument qui fait qu’il est sorti vainqueur de cette primaire ?

    Non je ne crois pas. Évidemment ça ne suffit pas. Il y a la rupture avec la France insoumise, il y a aussi la rupture avec le macronisme. Cela fait maintenant deux ans que nous travaillons à un projet avec des experts et des expertes. Ce projet c’est une ambition pour la France, pour la réveiller. Une ambition qui repose sur le renforcement des services publics, sur la volonté de prendre enfin en compte la transformation écologique. J’ai lu un post d’Emmanuel Macron disant que c’était le « combat du siècle » mais pourquoi ne l’a-t-il pas mené pendant ses deux mandats où rien ne s’est passé ? Il est vraiment temps de changer de méthode, d’en finir avec cette verticalité du pouvoir.

    L’orientation politique

    Léo Purguette : On voit bien quelle est la différence avec Jean-Luc Mélenchon. Pouvez-vous nous préciser la différence avec Emmanuel Macron puisque vous parlez de rompre avec son bilan ?

    Là où lui a détricoté les services publics, démantelé notamment l’Éducation avec toute une série de suppressions de postes d’enseignants, nous nous prévoyons non seulement la revalorisation mais aussi de permettre, grâce à la baisse démographique, de diminuer le nombre d’enfants par classe. On a aussi ces cadeaux qui ont été faits aux riches durant les deux mandats d’Emmanuel Macron, nous, on dit qu’il faut plus de justice fiscale pour plus de justice sociale. Par exemple en disant comment on va pouvoir taxer notamment les héritages et augmenter les salaires des travailleurs.

    Léo Purguette : Dans une présidentielle, il s’agit de faire plus de 50%. C’est possible sans rassembler la gauche ? Est-ce que ça veut dire tendre la main à quelqu’un comme Gabriel Attal ?

    Pas du tout. Vous savez à qui nous avons tendu la main dès le soir de la victoire à la primaire : à nos amis écologistes, à toutes celles et tous ceux de la grande famille de la gauche républicaine, sociale, démocrate, européenne. C’est évidemment eux nos partenaires légitimes.

    Marseille et La Métropole

    Léo Purguette : Vous êtes vice-présidente de la Métropole Aix Marseille Provence. C’est une institution en souffrance. A-t-elle un avenir ?

    J’en suis convaincue. Aujourd’hui l’histoire se fait dans la solidarité des territoires. Que ce soit l’histoire européenne ou métropolitaine. Les Villes vont pouvoir coopérer sur la question de la mobilité qui est le premier sujet de ce territoire. C’est une question qui ne peut être prise qu’à l’échelle métropolitaine.

    Léo Purguette : Sur les transports, attaque contre la gratuité, augmentation des tarifs, ce n’est pas vraiment une politique de gauche qui y est menée.

    Quand on fait une tarification juste et sociale, oui je trouve que c’est une politique de gauche. Nous avons besoin de cette mobilité pour développer le territoire d’un point de vue économique, pour que les jeunesses puissent avoir une formation, trouver un travail. Développer les transports, c’est ce à quoi s’attelle Mme Samia Ghali avec le vice-président en charge des transports, Frédéric Vigouroux. Cette tarification permet que les familles les plus modestes puissent se déplacer dans les meilleures conditions et que l’on puisse continuer à investir pour désenclaver les pôles économiques et d’enseignement supérieur.

    Didier Gesualdi : La gouvernance partagée pourra-t-elle tenir ?

    Je crois. Un État qui pratique des coupes budgétaires injustes, ça génère aussi de la solidarité territoriale. Elle s’est manifestée cette semaine avec le vote du budget métropolitain qui a en effet été difficile parce qu’il ne revenait pas à une commune plutôt qu’une autre de supporter ces coupes budgétaires. Nous avons trouvé une voie de sortie collective. C’était celle que souhaitait le maire de Marseille. Nous sommes donc très satisfaits.

    Léo Purguette : Tout cela nous renvoie au budget de l’État. Faut-il censurer le gouvernement ?

    Cette semaine, il y a un vote de rejet de ce budget. Je crois qu’il fallait voter ce rejet. Le décalage est immense entre ce que dit le RN à l’Assemblée et son projet.

    Léo Purguette : Avez-vous parlé avec Benoît Payan des prochaines échéances ? Il a récemment déclaré à La Marseillaise que la primaire ne l’intéressait pas.

    Je crois que le maire de Marseille s’occupe de la Ville de Marseille, il s’occupe des politiques publiques que mène notre large majorité qui s’appelle le Printemps marseillais et qui est composite. Je comprends la préoccupation qui est la sienne de préserver cette majorité et s’occuper en priorité du sort de la Ville dans une période budgétaire difficile.

    L’éducation

    Léo Purguette : Contrairement aux lycéens, les écoliers ne sont pas en mesure de manifester. Où en sommes-nous du plan écoles ?

    J’étais dans une école il y a quelques jours et c’est la période d’élection des délégués de classe. Il y avait toute une série d’affiches où certains candidats portaient l’ambition d’écouter leurs camarades notamment pour lutter contre le harcèlement, d’autres faisaient des rimes, étaient un peu poètes. Donc je crois que sans manifester, dès le plus jeune âge on se saisit de ces questions. La démocratie s’apprend très tôt. Sur le plan écoles dont ma collègue Mme Nasséra Benmarnia a la charge, il y a 81 écoles qui vont sortir durant ce mandat. Toutes les deux, sur toutes les questions qui concernent les écoles, elle sur le bâti, moi sur la communauté éducative, nous nous mobilisons pour faire en sorte que chaque enfant puisse s’émanciper et devenir un citoyen de demain.

    le RN

    Léo Purguette : Avez-vous été surprise par l’éviction du collaborateur de Franck Allisio pour des écrits jugés racistes, antisémites ou misogynes mis en lumière par une enquête de Libération ?

    Surprise ? Pas du tout.

    Le vernis du Rassemblement national a encore craqué. Mais pas seulement sur des posts Facebook. On l’entend dans l’hémicycle, où le RN montent les uns contre les autres, parle de la solidarité comme si elle supposait un acte de naissance, parle de « submerssion migratoire », des mots qu’on ne voudraient plus entendre. Vous savez, ça ne me surprend pas. J’étais candidate aux législatives contre Monique Grisetti qui a supprimé de Facebook tous les propos racistes qu’elle pouvait avoir tenus. Franck Allisio non plus ne doit pas être surpris. C’était son collaborateur principal qui travaillait avec depuis des années. Je suis élue des 11-12 où le RN est en gestion et va jusqu’à prendre le micro à l’un de mes collègues pendant qu’il parlait.

    La République c’est quoi ?

    Pascaline Lécorché : « La République c’est laïc, c’est social, c’est une et invisible, c’est l’école. L’école de la République est le berceau de notre société, elle doit permettre à chaque enfant, quelle que soit la famille dans laquelle il grandit, quel que soit son code postal, d’avoir les mêmes possibilités de construire son avenir. »

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Gérard :

    Je trouve que c’est très bien d’entourer les lycéens pour leurs manifs mais ce sont des travailleurs en formation, il faut leur proposer quelque chose pour être acteurs de leur vie

    Pour moi, l’éducation ce n’est pas encore un travail. On vient plutôt recevoir une formation, un savoir. Je crois qu’ils sont déjà acteurs de leur vie quand ils vont dans la rue et qu’il faut leur faire confiance, écouter ce dont ils ont envie. La crispation qu’il y a dans la rue, la tension avec cette répression policière qui est très politique, il faut dire les termes, c’est une forme de mépris, un manque de confiance. Il leur a fallu 10 jours pour être reçus par le ministre.

    Je trouve que ce mouvement lycéen est très dur et aussi très beau dans la manière dont les lycéennes et les lycéens s’emparent de leur avenir. Ça dit beaucoup de la manière dont nous nous préoccupons du sort des jeunes. Je les soutiens pleinement. J’étais avec eux mardi, nous les avons accueillis avec le maire de Marseille Benoît Payan et les autres élus en charge des politiques publiques de la jeunesse. En tant qu’adjointe à l’Éducation, je soutiens leurs revendications : plus de moyens humains qui sont à la charge de l’État mais aussi des conditions d’accueil dignes. La Région Sud finance à peu près deux fois moins par an et par lycéen que la Région Bourgogne-Franche-Comté. On est avant-dernier. Nous croyons à cette jeunesse, il lui faut des moyens.

  • Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Si ce n’est la victoire à la primaire de son favori
    pour l’Élysée, Raphaël Glucksmann, on ne peut pas dire que le contexte actuel ravisse Michaël Delafosse.

    Face à la presse, le maire PS de Montpellier confie volontiers sa double préoccupation du moment : l’austérité du gouvernement qui guette et la menace de l’extrême droite qui plane. « L’extrême droite est mon combat. Je ne veux pas que mon pays tombe entre ses mains. R. Glucksmann a la sincérité de ses engagements. » S’il ne porte pas J.-L. Mélenchon dans son cœur, M. Delafosse tranche. « Le candidat le plus à gauche ou le plus à droite du champ républicain aura mon soutien au second tour face au RN. »

    Voilà qui a le mérite de la clarté quand d’autres jouent aux apprentis sorciers. L’édile PS redit aussi son indignation face à la répression des lycéens. « Il n’est pas acceptable que des jeunes aient perdu la vue ou une main. On a besoin de dialogue », insiste-t-il, solidaire des manifestations sans cautionner les quelques débordements.

    40 M€ pour le Corum

    Ce qu’il juge « inquiétante », c’est aussi la prochaine cure d’austérité d’un État exsangue qui menace les dotations et donc les futurs investissements des collectivités locales. Si le plan du gouvernement est appliqué tel quel, la Métropole de Montpellier perdra 27 millions d’euros de crédits et la Ville, qui a « la dotation la plus faible » rapportée à sa population, 6 millions. Dur mais pas assez pour céder à la résignation. « Soit on se lamente, soit on est churchillien. On va s’adapter, on va y arriver », positive le maire et président. Sans renoncer à ses projets, il prévient toutefois qu’il « va falloir phaser, prioriser nos choix ». Voire réduire la voilure.

    D’autant qu’une tuile n’arrivant jamais seule, les travaux de remise en état du Corum (fermé entre deux et trois mois) sont évalués à 40 millions d’euros. Pas question de renoncer à la promesse de création de 30 000 emplois. Pour cela, le socialiste compte mener à bien les grands chantiers : Service express régional métropolitain (Serm), Ligne à grande vitesse (LGV), Contournement routier ouest (COM)… en mettant en concurrence les répondants souvent gloutons aux marchés publics.

    Des écoles climatisées

    « Il n’y a pas d’acquis, ni de rente à Montpellier. On n’est pas la bête sur qui on vient se servir. » Grâce aux industries culturelles et créatives, au numérique (sortie de la dépendance à Microsoft en vue) ou à la santé (rénovation du CHU), M. Delafosse, qui s’apprête à mener une mission économique au Québec, espère devenir le « territoire le plus rapide pour les implantations d’entreprises ». Il attend aussi une « bonne nouvelle » pour le projet de reprise d’anciens salariés de la librairie Sauramps, liquidée cet été.

    Pour faire des économies, l’édile compte se débarrasser au plus vite du bâtiment de l’ancienne mairie. « Il nous coûte 400 000 euros par an en énergie. » À long terme, il projette d’ouvrir l’espace entre l’Esplanade et Antigone. Dans ce mandat sera mené le réembélissement de la place du Peyrou. Face aux risques climatiques accrus, il promet de poursuivre la « désimperméabilisation » de la ville et pour la première fois, accepte de « climatiser » les écoles trop exposées aux canicules.

    Le logement restera prioritaire. En lançant l’Office foncier solidaire, M. Delafosse s’engage à produire 4 000 logements via le Bail réel solidaire (BRS). Il promet de construire 4 résidences sociales pour les seniors, plus de logements étudiants et, via Altemed, des logements à loyers modérés aux salariés (dispositif In Medio). S’il rappelle que « l’hébergement d’urgence est de la responsabilité de l’État », le maire promet 7 nouvelles pensions de famille et d’ouvrir l’été des lieux frais de repos pour offrir aux sans-abri « quelques heures de sommeil ».

    Enfin, tandis que l’expérimentation sur l’encadrement des loyers arrive à échéance en novembre, M. Delafosse va demander à la poursuivre. « Au-delà des quolibets sur les réseaux sociaux, on me remercie dans la rue de l’avoir fait. Ce n’est pas un frein. Comme la mutuelle communale et maintenant la multirisque habitation communale que nous proposons, c’est une mesure qui protège le pouvoir d’achat de la France qui travaille et peine à se loger. »

  • Raphaël Glucksmann élu candidat social-démocrate

    Raphaël Glucksmann élu candidat social-démocrate

    C’est la première fois de son histoire que le PS n’aura pas un candidat issu de ses rangs pour le représenter dans une élection présidentielle.

    Avec plus de 66% des suffrages (79 613 voix), l’eurodéputé de 46 ans a réussi son pari de l’emporter dès le premier tour, mais va devoir désormais rassembler une famille politique divisée sur la question des alliances avec LFI, qu’il refuse.

    « La démocratie a parlé et le résultat est sans appel (…), je suis le candidat de la gauche démocratique » qui « pourra battre l’extrême droite », a-t-il affirmé lors d’une allocution devant la presse. Il s’est désigné également comme le candidat « de la rupture avec le macronisme » et « de la rupture avec l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche ».

    Auparavant sur X, il avait jugé que ce résultat disait « quelque chose de puissant : une gauche fidèle à ses valeurs peut rassembler, gouverner et gagner ». Mais « nous ne sommes pas là pour gagner une querelle à gauche. Nous sommes là pour gagner l’élection présidentielle », a-t-il ajouté.

    Le patron du PS Olivier Faure encaisse lui une sévère défaite, avec 14% des voix (17 398 voix). Celui qui faisait figure de challenger dans cette élection comptait sur le patriotisme de parti pour l’emporter, malgré des sondages qui ne lui donnaient que de 3 à 5% des voix, loin des intentions de vote de Raphaël Glucksmann, qui naviguait entre 10 et 12%. « Une majorité très claire s’est dégagée, tu as su convaincre une majorité de votants », a-t-il dit à l’attention de Raphaël Glucksmann, affirmant en respecter le résultat.

    « Choix du repli »

    Olivier Faure qui avait considéré qu’une victoire de Raphaël Glucksmann signifierait l’effacement du PS à la présidentielle, va désormais devoir le soutenir, comme s’y sont engagés tous les candidats.

    L’ex-candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, qui n’avait pas caché son rejet de Raphaël Glucksmann pendant la campagne, n’a obtenu que 7,62% des voix. Elle s’est dite « déçue » du résultat, sans rien regretter.

    Les députés Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste) ont recueilli chacun un peu moins de 6% des voix. Ils faisaient figure d’outsiders. « La primaire, désormais, est derrière nous. Le vote est clair », s’est félicité Jérôme Guedj, proche de la ligne de l’eurodéputé. « On est partis sur de bons rails », a estimé aussi Emmanuel Maurel.

    Au total, quelque 120 787 votants se sont exprimés sur les 134 456 inscrits en capacité de voter. Le scrutin, uniquement électronique, a été perturbé par une cyberattaque, lancée vendredi matin à l’ouverture du scrutin, qui a ralenti les connexions sur la plateforme dédiée et obligé les organisateurs à prolonger le vote jusqu’à dimanche soir.

    Très identifié sur l’international et l’Europe, Raphaël Glucksmann voit dans cette primaire le début d’une « refondation de la gauche », avec une rupture claire avec La France insoumise (LFI) et son leader Jean-Luc Mélenchon. Ce fut d’ailleurs son principal sujet de discorde avec Olivier Faure et Ségolène Royal, lors des débats télévisés.

    Raphaël Glucksmann, qui considère que Jean-Luc Mélenchon joue avec les codes de l’antisémitisme, avait accusé le patron du PS de vouloir se rapprocher du patriarche insoumis, comme il l’a déjà fait à deux reprises au moment de la Nupes (2022) et du Nouveau Front populaire (2024). La patronne des Écologistes, Marine Tondelier, proche d’Olivier Faure, a dit dimanche soir regretter que le vainqueur soit « celui qui fait le choix du repli ».

    Premières réactions à Marseille

    Pascaline Lécorché, déléguée nationale de Place publique et adjointe au maire de Marseille, soutien de Raphaël Glucksmann, a réagi, dimanche soir : « Cette victoire marque une étape politique majeure. Elle confirme la dynamique engagée lors des deux dernières élections européennes et consacre le retour d’une gauche démocratique, sociale, écologiste et profondément républicaine, capable de porter une alternative crédible pour notre pays. »

    Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire de Marseille et porte-parole d’Olivier Faure pour la primaire, a indiqué : « Les électeurs de la primaire ont tranché, et ils l’ont fait clairement. Je félicite Raphaël Glucksmann pour sa victoire nette, qui lui donne une légitimité incontestable pour porter nos couleurs en 2027. (…) Je serai au rendez-vous de ce rassemblement. (…) Marseille sait ce que veut dire se battre ensemble. » S.D.

  • [Primaire PS/Place Publique] Les « extrêmes » renvoyés dos-à-dos chez Glucksmann

    [Primaire PS/Place Publique] Les « extrêmes » renvoyés dos-à-dos chez Glucksmann

    Ils sont maires, conseillers départementaux ou plus souvent régionaux membres de la majorité Delga mais, assurent-ils, pas téléguidés par elle. « Ce n’est pas la présidente de Région qui nous a forcé la main. Nous ne sommes pas les pions de Carole Delga », insiste la vice-présidente Myriam Gairaud.

    À l’instar de la maire de Cabrières (Hérault), une vingtaine d’élus d’Occitanie prennent position la veille du premier tour de la primaire sociale démocrate (9-10 octobre). Non encartés dans un parti politique, si ces élus de la société civile ont décidé de travailler ensemble au-delà même de la primaire (un laboratoire d’idées sera peut-être créé), c’est parce qu’ils partagent un constat et deux convictions.

    Le constat, c’est que dans un contexte géopolitique mondial « fracturé », la France va mal et doit trouver une « voie raisonnable sociale-démocrate », estime Marie-Thérèse Mercier, élue régionale et ex-présidente du Medef Montpellier-Sète. « Nous sommes dans un moment très, très grave », s’inquiète Patrice Canayer à 6 mois de la présidentielle.

    Sans partager les mêmes idées sur tout, ces élus non encartés en ont. « Sans parti oui, mais apolitique certainement pas. On a des valeurs ! », recadre le maire de Clermont-l’Hérault, Gérard Bessière. Son homologue ariégeoise, Mélanie Tisné-Versailles de la génération Erasmus, est « attachée à l’Europe ». Le médecin Vincent Bounes à la « construction d’un plan Marshall de la santé ». Ou son collègue à la Région, Jalil Benabdillah, à « l’European buy act ».

    La peur d’un duel LFI-RN

    Autant de propositions portées par Raphaël Glucksmann qui leur fait dire qu’il est la meilleure option. « Il donne envie, de l’espoir, il réenchante la politique », estime l’élue biterroise d’opposition, Nadia Boulet. « Il est nouveau, lui non plus on ne l’a pas essayé ! », abonde le maire de Castanet-le-Haut, Max Alliès.

    Au-delà de Glucksmann, ces élus sont terrifiés à l’idée d’un duel Mélenchon-Le Pen que seul J. Benabdillah tranche sans hésiter. « Certains voteraient blanc, d’autres Mélenchon. Pour ma part, je ne mets pas sur le même plan l’extrême gauche et un parti fondé par des SS. » S’ils promettent qu’« aucune de leurs voix n’irait à Le Pen », ils renvoient dos à dos « les extrêmes », autrement dit le RN et LFI.

    Et si Glucksmann perdait la primaire ? « Je ne soutiendrai aucun candidat qui s’alliera avec LFI », tranche P. Canayer. « L’arc républicain doit absolument être au 2e tour de la présidentielle », assure le maire de Gignac, Jean-François Soto. La plupart avouent qu’il leur serait plus facile de voter E. Philippe que J-L. Mélenchon face à Le Pen. Voilà qui en dit long sur l’état de la gauche.

  • [Entretien] Olivier Faure : « Pour la droite, la question salariale n’existe pas »

    [Entretien] Olivier Faure : « Pour la droite, la question salariale n’existe pas »

    La Marseillaise : Quels enseignements tirez-vous de ce premier débat ?

    Olivier Faure : La primaire est lancée, il y aura deux autres débats, et l’audience de près de 4,6 millions de spectateurs en cumulé, montre un intérêt pour le choix du candidat socialiste. J’attends les prochains rendez-vous avec impatience pour continuer à dérouler mes propositions.

    Les échanges ont révélé des divergences sur LFI, l’Ukraine, la Palestine… Elles sont compatibles avec cette candidature commune ?

    O. F. : Je ne désespère pas de convaincre ceux qui ne partagent pas encore mon point de vue. Mais les perdants se sont engagés à se retirer et se ranger derrière celui qui l’a emporté.

    Selon l’issue ce sera compliqué de réunir les gauches aux législatives ?

    O. F. : Le Parti socialiste décidera seul de ce qu’il fait aux législatives. Aucun point de vue extérieur ne s’impose à nous. Personne ne connaît le contexte des législatives après la présidentielle. La question sera tranchée le moment venu. Moi je me bats pour la victoire.

    Vous défendez le rassemblement des gauches tout en prenant vos distances avec Jean-Luc Mélenchon. Où placez-vous cette ligne rouge ?

    O. F. : Je suis candidat à la présidence de la République. Je suis en concurrence avec Jean-Luc Mélenchon. Mais contrairement à Raphaël Glucksmann ou Jérôme Guedj je ne passe pas ma vie à me définir par rapport à lui. Il n’est pas candidat à notre primaire. Le moment venu lorsque j’aurai gagné la primaire j’assumerai les désaccords de fond qui justifient une candidature distincte de la sienne. Sur son deux poids deux mesures, quand il est un soutien du peuple palestinien – et je partage cette nécessité par rapport à l’obligation morale de prévention des génocides – mais soutient du bout des lèvres la résistance ukrainienne, le peuple Ouïghour ou Taïwanais. Je pourrais multiplier les exemples comme lorsqu’il rentre dans des logiques complotistes et antisémites en prétendant que le gouvernement est sous l’emprise du Crif, lorsqu’il évoque une nécessaire bifurcation écologique mais veut rouvrir le gazoduc Nord Stream avec la Russie…

    Ces divergences ont remplacé les questions économiques qui opposent les candidats de la primaire ?

    O. F. : Non, il y a d’autres sujets qui n’ont pas pu être évoqués. Je ne comprends pas que lorsqu’on parle de pouvoir d’achat, un homme de gauche se confonde avec ce que propose la droite. Pour la droite, la question salariale n’existe pas : si le pouvoir d’achat baisse, il faut se tourner exclusivement vers l’État, soit en baissant les impôts de ceux qui en payent, soit en rapprochant le net du brut. Mais c’est la retraite du salarié, sa protection contre la maladie ou le chômage qu’on atrophie. C’est aux entreprises d’augmenter les salaires et je plaide pour un salaire anti-inflation garanti, indexé sur l’inflation jusqu’au salaire médian.

    L’État, lui, doit agir sur le reste à vivre. C’est les politiques en faveur du logement notamment. Nous devons redonner un souffle au mouvement HLM et protéger les locataires en mettant en place un bouclier logement qui permette de ne jamais consacrer plus de 30% de ses revenus à son loyer. Ça suppose d’encadrer les loyers et le foncier. Et puis, sur le plan de l’alimentation, je plaide pour une Sécurité sociale alimentaire.

    Quelle mesure vous distingue le mieux de Raphaël Glucksmann ?

    O. F. : Je ne cherche pas à me distinguer mais à affirmer des positions et être un repère fiable et clair. Sur l’abrogation de la réforme Borne, je suis clair. Sur le Smic je dis qu’il faut le porter à 1 700 euros net. Je refuse la TVA sociale. Je ne pratique pas les doubles standards. Sur Gaza, il y a une faute morale à ne pas nommer un génocide alors que nous avons ensemble plaidé la reconnaissance du génocide des Ouïghours.

    Un dernier mot sur votre déplacement à Marseille ?

    O. F. : Je viens participer à un débat présidentiel au Vélodrome sur l’intelligence artificielle. C’est un des plus grands défis – avec la lutte contre le dérèglement climatique – que l’humanité doit affronter depuis Adam et Ève. Nous avons besoin de l’encadrer. Elle a des conséquences sur nos vies, notre travail, la création et la destruction d’emplois, notre démocratie, notre environnement. Puisque le pape Léon XIV est en France, il faut lire son encyclique, Magnifica Humanitas, où il dénonce la concentration des pouvoirs entre les mains d’acteurs privés transnationaux qui redéfinissent seuls les conditions d’accès à la vie publique. Il a lui-même appelé à désarmer l’intelligence artificielle, à la soustraire du monopole et à l’empêcher de dominer l’humain. Nous en sommes là. Ne laissons pas à quelques démiurges le choix de notre destin.

  • Olivier Faure en rase campagne à Marseille

    Olivier Faure en rase campagne à Marseille

    Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste est attendu à Marseille les 25 et 26 septembre. Dans les Bouches-du-Rhône, fédération historiquement influente du PS, son programme n’est pas encore arrêté. Mais sa venue intervient à un moment clé de la primaire sociale-démocrate dont le 1er tour a lieu les 9 et 10 octobre.

    Mercredi soir, le débat organisé sur LCI entre les cinq candidats, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann (Place publique), Jérôme Guedj, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel (GRS), a véritablement lancé la campagne ouverte dans un climat tendu. Les échanges scolaires entre Royal et Glucksmann, qualifié de « stagiaire » par cette dernière, les désaccords stratégiques et les polémiques internes ont alimenté l’idée d’une « machine à perdre », reprise à son compte par François Hollande.

    Ces derniers jours, l’affaire Philippe Brun a noyé les débats. Le député de l’Eure, qui avait déposé sa candidature, a été suspendu à titre conservatoire du PS puis exclu du processus suite aux accusations d’une ancienne collaboratrice. Contestant la décision, il a saisi la justice pour obtenir sa réintégration.

    Mercredi matin, le tribunal judiciaire de Paris, n’y voyant pas d’irrégularité manifeste, a rejeté sa demande sans se prononcer sur le fond. Philippe Brun a annoncé faire appel. Il a surtout directement mis en cause Olivier Faure, affirmant qu’« il n’y a pas d’affaire Philippe Brun mais une affaire Olivier Faure », et l’accusant d’avoir orchestré son éviction.

    Une polémique avec laquelle le patron des socialistes devra composer à Marseille, dans une fédération elle-même en pleine réorganisation après la mise en place d’une direction collégiale transitoire suite au pas de côté de Yannick Ohanessian, son ex-premier secrétaire fédéral, devenu aujourd’hui porte-parole de campagne.

  • [Prix des carburants] Face à la crise, le service minimum

    [Prix des carburants] Face à la crise, le service minimum

    Face à la presse ce mardi après-midi, le ministre de l’Économie Roland Lescure s’en prend à ceux qui « soufflent sur les braises ». Et promet : « Nous entendons les inquiétudes des Français, qui parfois s’expriment sous la forme d’une colère. Nous devons y répondre, et c’est ce que nous faisons aujourd’hui. » Après une double réunion lundi, le gouvernement a finalement dévoilé ses mesures pour faire face à la flambée des carburants. Sans changer nullement de cap. « Dès le début de la crise, l’État a apporté une réponse immédiate avec des mesures ciblées, adaptées et temporaires, résumait le résident de Bercy. Cette stratégie est inchangée, nous allons l’amplifier et l’élargir. »

    Ne pas taxer Total

    Le dispositif « Grands rouleurs » est ainsi renouvelé et doublé, avec un chèque de 100 euros pour les trois derniers mois de l’année. Surtout, il est étendu à 2,5 millions de personnes supplémentaires, pour viser 5,5 millions des 40% de Français les plus pauvres roulant au moins 15 kilomètres pour aller au travail, avec un versement automatique pour ceux qui en bénéficient déjà. Le plafond de défiscalisation de la prime carburant payé par les employeurs est aussi relevé à 1 000 euros, et le gouvernement promet de maintenir les chèques énergie pour 2027 en les versant au mois de janvier. Quant aux secteurs les plus exposés, les aides sont renouvelées pour les secteurs du BTP, de l’agriculture, des soignants à domicile et surtout de la pêche, pour laquelle elles atteignent le maximum de la réglementation européenne.

    Montant total de l’enveloppe consentie : 450 millions d’euros. Mais malgré l’ampleur de la crise, le gouvernement n’a même pas à revoir ses maquettes budgétaires pour débloquer ces aides. Moins de la moitié des ménages qui pouvaient en bénéficier jusqu’à présent ne les ont pas réclamées. L’effort sur l’année reste fixé à 1,4 milliard d’euros, quand l’Espagne avait annoncé 5 milliards au mois d’avril.

    Malgré les demandes des oppositions, pas question de baisser les taxes sur les carburants. « Ceux qui annonceraient des baisses d’impôts généralisées aujourd’hui seraient ceux qui annonceraient demain des hausses des taxes généralisées », pointe le ministre des Comptes publics David Amiel. Lui refuse de faire jouer la solidarité nationale : toutes les aides sont adossées à des coupes budgétaires. Pas question non plus de souscrire à la taxation des superprofits des groupes pétroliers, réclamée fin août à la Commission européenne par six pays. « Nous ne sommes pas tout à fait égaux par rapport à cette situation, défend Roland Lescure. Nous avons une grande major intégrée, qui participe au fait que nous n’avons pas de problèmes d’approvisionnement et qui plafonne les prix de l’essence dans un certain nombre de stations. » De quoi venir à la rescousse de Total qui annonçait 10 milliards de bénéfices nets au premier semestre. Le ministre préfère une enquête européenne sur les marges des raffineurs, demande déjà refusée par la Commission européenne.

    Yves Souben

    CE QU’ILS PENSENT

    Marc Pietrosino, Secrétaire général UD CGT 13, Marseille

    « Il n’y a pas eu d’annonces sur les salaires. Quand on paie pour aller travailler, la meilleure façon de contrer cela, c’est d’augmenter les salaires. La politique des chèques ne suffit pas. Le gouvernement a aussi beaucoup parlé d’électrification… Heureusement qu’on a mené le combat pour que la centrale de Gardanne tourne ! »

    A.B.

    Hervé Gout-Vernier, Marin-pêcheur, Martigues

    « Le prêt à taux zéro est une connerie : ça ne fait que reculer l’échéance du coup de grâce si la situation ne s’arrange pas. On nous prête de l’argent pour faire tampon avec les aides promises, qui tardent à arriver et pour un gasoil qui continue à monter. Qu’on fixe les prix du gasoil pour tout le monde et ce sera plus simple. »

    An.M.

    Gaëlle Cannat, Infirmière, Éguilles

    « On est partagés. La dernière fois rien ne nous concernait. Il y a eu un élargissement, avec un bonus pour les territoires ruraux, qui concerne visiblement 25 000 infirmières. C’est toujours bien si ça aide des collègues. Mais cela reste des mesures limitées dans le temps, ça ne sécurise pas notre exercice sur le long terme. Je dirai : bien mais peut mieux faire. »

    M.M.

    Jean Pugens, CGT retraité Bouches-du-Rhône, Roquevaire

    « Les mesures concernent les actifs, mais l’aide est loin de répondre à l’ensemble des travailleurs. Par ailleurs, les retraités aussi sont concernés par la flambée des prix : certains réduisent leur déplacement. Pour répondre au problème, nous revendiquons surtout le maintien de la gratuité des transports sur la Métropole. »

    M.M. et A.B.

    Philippe Antoine, Syndiqué CGT 04, Sisteron

    « On est loin du compte. Ça ne répond pas à ce que nous, en tant que syndicalistes, nous posons comme problème. Il faut repenser les choses, que l’ensemble des entreprises payent, qu’elles prennent désormais en compte le lieu de vie de leurs salariés. Les déplacements domicile-travail doivent être couverts par les employeurs. »

    M.M.

    Thierry Gozzerino, Agriculteur membre d’un réseau Amap, Salon-de-Provence

    « Ma comptable m’a déjà dit que j’avais dépassé mon barème en euros de gazole de l’an passé. Cette année entre camions et tracteurs, je vais faire pas loin de 10 000 euros. C’est monstrueux. 15 cts d’euros par litre ? C’est vraiment pas grand-chose. Je m’interroge sur mon orientation. »

    M.-L.T.

    RÉACTIONS

    Fabien Roussel, candidat à la présidentielle et secrétaire national du PCF

    « Le gouvernement n’entend pas la colère qui monte face à la hausse des prix du carburant. Il choisit les petits chèques très ciblés. Alors que les gros profits de Total vont eux exploser. Nous continuerons de nous battre pour la baisse des taxes et la nationalisation de Total. (…) C’est une trahison que d’avoir de telles marges et de faire de l’argent sur le dos de nos compatriotes. »

    Raphaël Glucksmann, fondateur de Place publique et candidat à la primaire sociale-démocrate

    « Si on n’a pas une réaction à la hauteur de l’État, on aura une implosion sociale. À chaque fois qu’il y a une guerre qui déclenche une hausse des prix, les multinationales du pétrole et du gaz font des bénéfices records. »

    Ian Brossat, sénateur et porte-parole du PCF

    « Depuis 10 ans, Macron a condamné les travailleurs à devenir mendiants, à quémander chèques énergie, chèques carburants, prime d’activité. Stop ! La solution : baisse des taxes injustes sur les carburants, augmentation des salaires. »

    Jérôme Guedj, député PS et candidat à la primaire sociale-démocrate

    « La crise des carburants n’est peut-être pas la faute directe de notre gouvernement, l’endiguer, si. Quand la guerre du Golfe éclatait, les socialistes protégeaient les Français en fixant les marges. Aujourd’hui, on surtaxe ceux qui sont les plus vulnérables sans faire contribuer les plus aisés. »

    Mathilde Panot, députée et présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale

    « Il est urgent de décréter l’état d’urgence sociale. Les marges des raffineurs ont été multipliées par 7,5. Total se gave : 11,2 milliards de bénéfices en six mois sur le dos du peuple de France. Il faut bloquer les prix et les marges. »

    David Amiel, ministre des Comptes publics

    « Il n’y a pas eu, il n’y a pas et il n’y aura pas de cagnotte. Ceux qui aujourd’hui viennent annoncer des baisses d’impôt générales annonceront demain des hausses de taxes générales pour pouvoir les compenser. »

    Roland Lescure, ministre de l’Économie et des finances

    « C’est une situation qu’on n’a pas choisie. Il y aura très vraisemblablement des aides supplémentaires à partir du 1er octobre, mais ce qu’il n’y aura pas, c’est une baisse de taxe généralisée. »

    Éric Ciotti, maire (UDR) de Nice

    « Face à l’explosion du prix des carburants, le gouvernement fait le choix de l’usine à gaz et des chèques bureaucratiques au lieu d’avoir le courage de la clarté en baissant la TVA ! Bureaucratie et suradministration ne régleront rien pour le pouvoir d’achat, mais augmenteront la dépense publique ! »

    David Lisnard, maire (NE) de Cannes et président de l’Association des maires de France

    « Multiplier des chèques ciblés à 450 millions d’euros finance la dette par la dette. La seule mesure de bon sens immédiate est la suppression pure et simple des verrous réglementaires comme les certificats d’économie d’énergie. »

  • La primaire, « outil de refondation » de la gauche ?

    La primaire, « outil de refondation » de la gauche ?

    La primaire est-elle, comme le dit désormais tout haut François Hollande, une « machine à diviser » ou au contraire un gage de légitimité qui permet au vainqueur de rassembler à la Présidentielle ?

    Dans l’Hérault, les responsables des trois formations (PS, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste, GRS) qui co-organisent les 9-10 (1er tour) et 16-17 octobre (2e tour si nécessaire) la primaire de la gauche sociale démocrate en sont convaincus. L’exercice serait un formidable tremplin au-delà même de 2027, en vue de la « reconstruction de la gauche » qu’ils espèrent, l’arc socialiste ayant perdu beaucoup de poids électoral depuis le quinquennat décevant de François Hollande (2012-2017). Désormais, ils sont cinq sur la ligne de départ (lire page 24). « À gauche, on ne se parle plus, on ne nous entend plus ensemble dans une société individualiste où l’extrême droite inquiète. On n’est pas dans l’attente d’un homme ou d’une femme providentiels, on veut un programme providentiel. La primaire est un outil pour cela », estime Nelly Lacince (GRS 34), soutient d’Emmanuel Maurel*. « Ce qui divise c’est se présenter en nombre à la Présidentielle », ajoute Christophe Bourdin (PP 34). à ses yeux, la primaire a trois vertus essentielles : elle est « utile, responsabilise et démocratique ». « Nous sommes les seuls partis à proposer un moment de démocratie ouverte », renchérit Julien Pradel. Aux yeux du secrétaire pro-Glucksmann* du PS34, il existe un « passage pour que la gauche soit majoritaire au second tour » qui passe par cette primaire.

    « Ouverte », cette primaire l’est aux sympathisants de gauche. Mais en plus de penser à s’inscrire (sur choisir2027.fr) avant le 5 octobre (ou le 12 pour le second tour), il leur faudra le jour J s’acquitter de 15 euros (10 euros pour les étudiants et faibles revenus). Quand bien même la primaire de 2006 coûtait 20 euros, la somme qui doit servir à financer la campagne est jugée prohibitive par François Ruffin (Debout !, ex-LFI), qui devrait rester à la porte de la primaire (comme Philippe Brun, suspendu du PS). « Il voulait une primaire 100% ouverte à 2 euros. Ce n’est pas ce qu’on a décidé. Ruffin ne respecte pas les règles du jeu », justifie Julien Pradel. Le premier fédéral du PS34 ajoute que le dispositif sécurisé par vote électronique avec « double authentification » (mail, téléphone) a vocation à prémunir la primaire des ingérences de la droite ou d’une puissance étrangère ennemie. « Il n’est pas question de se faire financer par un État russe ou trumpiste. Et on n’a pas l’intention de faire voter le chien de Valérie Pécresse. »

    * Emmanuel Maurel rencontre
    les militants de GRS34 ce 18
     septembre à 18h au café
    de l’Esplanade à Montpellier. Raphaël Glucksmann sera lui en meeting
    au Gazette Café à 19h
    le même jour.

  • Carole Delga veut tourner la page du mépris macroniste

    Carole Delga veut tourner la page du mépris macroniste

    Village audois de 3 000 âmes, Bram, a accueilli pour la 6e année consécutive les Rencontres de la gauche voulues par Carole Delga, la présidente PS de la Région Occitanie, comme un point d’ancrage à une France rurale et populaire que la gauche peine à convaincre au plan national.

    Au premier rang pour l’écouter, trois candidats à la primaire sociale-démocrate : Raphaël Glucksmann (Place publique), qu’elle soutient, accompagné par Yannick Jadot (ex-EELV) mais aussi Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (GRS). Olivier Faure, son ennemi juré au sein du PS, et Ségolène Royal n’ont pas fait le déplacement.

    « Refus du fatalisme

    et du défaitisme »

    Depuis la tribune, devant un parterre de personnalités, c’est Martin Malvy, son prédécesseur à la présidence de la Région que Carole Delga choisit de saluer au nom de « la transmission en politique ». Dans le public, pas un seul drapeau du PS mais des drapeaux tricolores, européens et des bannières de la République en commun, son mouvement.

    « La République de l’attention et du partage doit redevenir notre destin commun », lance la présidente de Région, décidée à tourner la page de l’ère Macron. Tour à tour elle appelle ainsi à « mettre fin à cette fable du ruissellement », à « changer la manière de gouverner. Stop au narcissisme, au côté autoritaire et vertical » ou encore à réinvestir dans les services publics, « le patrimoine de ceux qui n’en ont pas ».

    Dans ce département de l’Aude où Marine Le Pen est venue faire campagne auprès des sinistrés de Pomas vendredi, Carole Delga ne retient pas ses coups contre le RN. « Luttons sans relâche contre les idées de l’extrême droite qui rêve de prendre sa revanche sur l’Histoire de ce pays. Parce qu’il y a eu la Résistance, l’extrême droite c’est le camp des perdants face à celui de la République et de la France », rappelle-t-elle tout en refusant de lui laisser ceux qui se « sentent loin de tout », ceux qui n’ont pas d’autre choix que de payer « 500 euros de carburant par mois ». Après la révélation de la vidéo d’un policier municipal de Carcassonne « membre de la garde rapprochée du RN », tenant des propos racistes, homophobes et sexistes, elle estime que le parti de Jean-Marie Le Pen n’a jamais changé.

    Laïque, opposée à l’abaya dans les lycées, Carole Delga condamne l’idée d’interdire le voile dans l’espace public. « Nous sommes la République française ! », s’exclame-t-elle ovationnée debout.

    La présidente de l’Occitanie revient ensuite sur son soutien à Fibre excellence qu’elle a demandé au gouvernement de nationaliser temporairement et cite en exemple le site de la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM) près de Decazeville où « après plusieurs années de combat et de procédure » deux entreprises réembauchent. « On ne va pas refaire le sketch des masques », dénonce-t-elle en soulignant l’importance stratégique de la production de pâte à papier sur le sol national.

    Un monde si loin de celui de Raphaël Glucksmann

    Elle décrit son camp comme « indéfectiblement républicain » et lance : « On est une famille turbulente. On est le midi rouge ! » avant de livrer un réquisitoire contre le « fatalisme, le défaitisme ».

    Citant le poète communiste Paul Éluard « le soleil brille pour tout le monde, le bonheur est un droit et non un privilège » et la présidente socialiste mexicaine, Claudia Sheinbaum. : « Pour le bien de tous, les pauvres d’abord », Carole Delga insiste sur l’exigence de justice sociale et la nécessité de « produire de la fraternité ».

    C’est déjà l’heure du « fameux cassoulet bramais ». Raphaël Glucksmann, chaleureusement applaudi dans les travées, chemine dans un monde qui semble si loin du sien, lui l’eurodéputé qui a su convaincre parmi les habitants des métropoles et les CSP+. Le voilà prévenu à Bram : point de victoire possible sans « la gauche républicaine, populaire et ancrée dans le réel » que Carole Delga entend incarner à ses côtés.

    Bram (Aude), Léo Purguette

  • Carole Delga veut tourner la page du mépris macroniste

    Carole Delga veut tourner la page du mépris macroniste

    Village audois de 3000 âmes, Bram, a accueilli pour la 6e année consécutive les Rencontres de la gauche voulues par Carole Delga, la présidente PS de la Région Occitanie, comme un point d’ancrage à une France rurale et populaire que la gauche peine à convaincre au plan national.

    Au premier rang pour l’écouter, trois candidats à la primaire sociale-démocrate : Raphaël Glucksmann (Place publique), qu’elle soutient, accompagné par Yannick Jadot (ex-EELV) mais aussi Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (GRS). Olivier Faure, son ennemi juré au sein du PS et Ségolène Royal n’ont pas fait le déplacement.

    « Refus du fatalisme et du défaitisme »

    Depuis la tribune, devant un parterre de personnalités, c’est Martin Malvy, son prédécesseur à la présidence de la Région que Carole Delga choisit de saluer au nom de « la transmission en politique ».  Dans le public, pas un seul drapeau du PS mais des drapeaux tricolores, européens et des bannières de la République en commun, son mouvement.

    « La République de l’attention et du partage doit redevenir notre destin commun », lance la présidente de Région, décidée tourner la page de l’ère Macron. Tour à tour elle appelle ainsi à « mettre fin à cette fable du ruissellement », à « changer la manière de gouverner. Stop au narcissisme, au coté autoritaire et vertical » ou encore à réinvestir dans les services publics, « le patrimoine de ceux qui n’en ont pas ».

    Dans ce département de l’Aude où Marine Le Pen est venue faire campagne auprès des sinistrés de Pomas vendredi, Carole Delga ne retient pas ses coups contre le RN. « Luttons sans relâche contre les idées de l’extrême droite qui rêve de prendre sa revanche sur l’Histoire de ce pays. Parce qu’il y a eu la Résistance, l’extrême droite c’est le camp des perdants face à celui de la République et de la France », rappelle-t-elle tout en refusant de lui laisser ceux qui se « sentent loin de tout », ceux qui n’ont pas d’autre choix que de payer « 500 euros de carburant pas mois ». Après la révélation de la vidéo d’un policier municipal de Carcassonne « membre de la garde rapprochée du RN », tenant des propos racistes, homophobes et sexistes, elle estime que le parti de Jean-Marie Le Pen n’a jamais changé.

    Laïque, opposée à l’abaya dans les lycées, Carole Delga condamne l’idée d’interdire le voile dans l’espace public. « Nous sommes la République française ! », s’exclame-t-elle ovationnée debout.

    La présidente de l’Occitanie revient ensuite sur son soutien à Fibre excellence qu’elle a démandé au gouvernement de nationaliser temporairement et cite en exemple le site de la Société Aveyronnaise de Métallurgie (SAM) près de Decazeville où « après plusieurs années de combat et de procédure » deux entreprises réembauchent. « On ne va pas refaire le sketch des masques », dénonce-t-elle en soulignant l’importance stratégique de la production de pâte à papier sur le sol national.

    Un monde si loin de celui de Raphaël Glucksmann,

    Elle décrit son camp comme « indéfectiblement républicain » et lance : « On est une famille turbulente. On est le midi rouge ! » avant de livrer un réquisitoire contre le « fatalisme, le défaitisme ».

    Citant le poète communiste Paul Éluard « le soleil brille pour tout le monde, le bonheur est un droit et non un privilège » et la président socialiste mexicaine, Claudia Sheinbaum. : « Pour le bien de tous, les pauvres d’abord », Carole Delga insiste sur l’exigence de justice sociale et la nécessité de « produire de la fraternité ».

    C’est déjà l’heure du « fameux cassoulet bramais ». Raphaël Glucksmann, chaleureusement applaudi dans les travées, chemine dans un monde qui semble si loin du sien, lui l’eurodéputé qui a su convaincre parmi les habitants des métropoles et les CSP+. Le voilà prévenu à Bram : point de victoire possible sans « la gauche républicaine, populaire et ancrée dans le réel » que Carole Delga entend incarner à ses côtés.