Tag: Raphaël Glucksmann

  • Place publique soutient la liste « Hyères Avenir »

    Place publique soutient la liste « Hyères Avenir »

    À Hyères, la gauche unie ne l’est finalement pas complètement, du moins si l’on étend l’alliance jusqu’au centre gauche. Après avoir quitté en juillet 2025 la liste « Hyères, unie à gauche », conduite par Caroline Moulin (Les écologistes), Place publique Var s’est en effet rangée derrière Nicolas Massuco et la liste citoyenne (SE) « Hyères Avenir ». Ses responsables s’en expliquent : « Nous partageons le respect des institutions, l’attachement aux valeurs de la République et le rejet des extrémistes. Nous appelons les sociaux-démocrates à nous rejoindre pour un projet juste et tourné vers l’avenir. »

    LFI dans le collimateur

    Avec cette position, les représentants du parti de Raphaël Glucksmann souhaitent se démarquer de « Hyères, unie à gauche », qu’ils considèrent comme « essentiellement portée par LFI. Le PS s’étant retiré, nous sommes la seule liste qui porte les valeurs sociales-démocrates ». Quand bien même la tête de liste en face est écologiste et que les colistiers proviennent de différents horizons (PCF, l’Après, Génération.s, Debout !, REV). « Certes, mais LFI est largement représentée, avec un numéro 2 REV [Rachid Setouty, Ndlr.] affilié », soutient Pascal Colin, co-chef de file PP à Hyères. Des propos auxquels Caroline Moulin a répliqué : « M. Massuco se dit PRG, mais s’affiche sans étiquette, ratisse au centre droit, et dit “ni droite ni gauche” dans ses discours. Et puis, est-ce que la social-démocratie a porté ses fruits par le passé ? On est la liste de gauche et écologique hyéroise, et là-dessus, on reste ferme. »

    De son côté, « Hyères Avenir » entend néanmoins porter des orientations écologiques, dont « une réduction des constructions et l’accélération de l’opération Grand Site de Giens », ainsi que la promotion de « l’agroécologie et les circuits courts ». Sur le volet social, Place publique affirme que la liste défendra « des actions fortes auprès des mineurs pour réduire les inégalités sociales », en instaurant « l’égalité réelle hommes-femmes dans tous les domaines de la vie locale » et en « favorisant le vivre-ensemble et les liens intergénérationnels ».

  • « L’antifascisme n’est pas que de la rhétorique, il y a des travaux pratiques »

    « L’antifascisme n’est pas que de la rhétorique, il y a des travaux pratiques »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi Montpellier pour ce rendez-vous ?

    Marine Tondelier : Avant même de devenir secrétaire nationale du parti, j’étais déjà venue plusieurs fois à la Paillade et au Petit Bard. J’ai beaucoup d’amis ici. C’est au Petit Bard que j’avais rencontré Tarek Kawtari de l’Assemblée des quartiers avec qui on co-organise cet événement. Depuis des années, on organise une université des ruralités écologistes. On tenait à avoir un rendez-vous dédié aux quartiers. C’était un sacré défi, on est impatient de voir ce qu’il en ressort. Je viens du bassin minier du Pas-de-Calais. On souhaite de plus en plus organiser des événements spécifiques à certains types de territoires qui nécessitent une attention et des solutions particulières. Je pense aussi aux Territoires dits d’Outre-Mer, à la montagne, au littoral, aux ruralités…

    Les écologistes ne cherchent-ils pas comme les Insoumis à séduire les quartiers populaires ?

    M.T. : Entre les écologistes et les quartiers populaires, c’est une longue histoire. René Dumont [premier candidat écolo à la présidentielle de 1974, Ndlr] lui-même avait tissé une histoire avec les quartiers populaires. Depuis, ils ont été abandonnés et sont devenus le laboratoire de politiques racistes à l’œuvre comme les politiques de relégation sociale ou le contrôle au faciès. La CEDH a condamné la France sur ce sujet. Quand j’ai adhéré chez les Verts, on travaillait beaucoup avec les Verts de Roubaix, les premiers à nous donner un coup de main dans la lutte contre le RN à Hénin-Beaumont. J’étais aussi allée au quartier Valdegour à Nîmes. Avant Montpellier, je me rends dans les quartiers Nord à Marseille. C’est souvent sans tambours ni trompettes mais j’ai une longue histoire avec les quartiers populaires. Le dérèglement climatique touche en premier lieu les plus vulnérables. Par exemple : les HLM non isolés insupportables l’été et qui coûtent une blinde à chauffer l’hiver. Les quartiers populaires sont aussi moins bien desservis. C’est saisissant de voir dans les quartiers Nord de Marseille des gens qui vivent à deux pas de la mer mais à qui on interdit l’accès. Tout est fait pour qu’ils aient du mal à rejoindre le centre-ville.

    En quoi Jean-Louis Roumégas ferait un meilleur maire de Montpellier que Michaël Delafosse ?

    M.T. : J’ai totale confiance en Jean-Louis Roumégas que je connais depuis longtemps. On a fait beaucoup de choses ensemble. Je me réjouis qu’aujourd’hui les adhérents montpelliérains des Écologistes soient unis. Je connais l’histoire politique montpelliéraine et ce n’a pas toujours été le cas. Ils commencent une belle campagne. Le local a été inauguré, le travail programmatique est en cours, les gens sont très motivés. Je m’étais mobilisée sur la Zac des Coteaux. Il y a beaucoup à faire. Une étude indique que 8 Français sur 10 estiment que leur maire n’agit pas assez face au dérèglement climatique.

    Pensez-vous que Sébastien Lecornu puisse faire voter un budget ?

    M.T. : Je pense que l’équation de Sébastien Lecornu est assez impossible. Je viens de voir l’intersyndicale qui appelle à une mobilisation le 2 octobre. Comme moi, les syndicalistes ont été très peu rassurés sur le manque de clarté du Premier ministre qui malgré ses intentions ne nous rassure sur aucun point. Pour une raison simple : il est en train de négocier avec Les Républicains : Bruno Retailleau, Rachida Dati, Gérald Darmanin pour les garder au gouvernement. Sébastien Lecornu parlait d’une rupture. Pour l’instant, personne ne la voit sauf peut-être une rupture avec les Français. Nous, on veut une rupture dans les politiques publiques, on veut de la justice sociale et environnementale.

    Êtes-vous toujours favorable
    à une primaire des gauches pour la présidentielle
     ?

    M.T. : Je l’appelais depuis le début ! Ce qu’on a fait l’an passé en créant le Nouveau front populaire était une forme de réflexe, de sursaut, parce que l’extrême droite pouvait arriver à Matignon. Je ne comprends pas qui aurait un argument un an après pour nous expliquer que ce risque serait moins élevé. Qu’on parle de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella à l’Élysée – celui qui ne sera pas en prison – le danger est énorme. Notre travail c’est de l’empêcher et de permettre des politiques qui changent vraiment la vie. Cela ne peut pas fonctionner en ordre dispersé, c’est mathématique. On doit faire confiance aux électeurs de gauche et écologistes pour qu’ils choisissent leur représentant collectivement. J’ai des différences avec les socialistes, les insoumis, les communistes mais à la fin, je sais pourquoi je me bats. En politique aussi les écosystèmes sont riches de leur diversité. J’entends que Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann aient envie d’y aller sans passer par la case primaire mais je connais leurs valeurs. L’anti-fascisme n’est pas que de la rhétorique, il y a des travaux pratiques. On ne peut pas prôner l’anti-fascisme et ne pas vouloir discuter d’une candidature unique. Ils n’auront pas le choix et ne peuvent pas avoir peur du vote des électeurs. On ne peut forcer personne mais je souhaite qu’une primaire la plus large possible ait lieu avant l’été 2026. Les communistes seront là à la fin et Jean-Luc Mélenchon prendra ses responsabilités.

  • Les gauches reçues par un Premier ministre « très flou »

    Les gauches reçues par un Premier ministre « très flou »

    « Ma grand-mère disait : quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup… » Lancé en 2011 par la socialiste Martine Aubry en pleine bataille des primaires du PS, et passée à la postérité (aujourd’hui on parlerait de « punchline »), l’expression résume parfaitement le halo de fumée entretenu par le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu. En premier lieu, cet exercice de souffleur pour poêle s’adresse aux formations politiques qu’il a reçues mercredi, du matin au soir et singulièrement aux gauches qui ont fait le déplacement, LFI ayant décliné l’invitation.

    Premiers à ouvrir le bal, les socialistes : le premier secrétaire du parti Olivier Faure et les deux présidents de groupe au Parlement, Boris Vallaud (Assemblée) et Patrick Kanner (Sénat), sont ressortis après deux heures d’entretien pour le moins frustrés. « Pour l’instant, nous sommes restés sur notre faim et nous verrons bien ce qu’il a à nous dire dans les prochains jours » a déclaré Olivier Faure. Si Sébastien Lecornu est « là pour refaire François Bayrou, (…) nous censurerions dès la [déclaration] de politique générale » a prévenu le socialiste. Ce discours de politique générale pourrait être prononcé « début octobre » devant les députés, selon Marine Tondelier. Mais le Premier ministre engagera-t-il la responsabilité de son gouvernement, pour l’heure introuvable ? Rien n’est moins sûr. « On n’a pas eu de réponses très claires », a déclaré la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, estimant que le Premier ministre « n’arrive pas à boucler son équation ». Donc « soit Sébastien Lecornu renverse la table, soit il sera renversé », a complété la cheffe de file des députés verts Cyrielle Chatelain.

    Le nouveau Premier ministre a ensuite reçu le Parti communiste, son secrétaire national Fabien Roussel et les présidents des groupes de l’Assemblée et du Sénat, Stéphane Peu et Cécile Cukierman qui ont mis sur la table la « taxation des plus riches » et « l’abrogation de la réforme des retraites ». Fabien Roussel sera l’invité de RTL ce jeudi matin à 7h40 pour détailler cette entrevue et réaffirmer que s’il le faut « nous appuierons sur le bouton de la censure ». Le porte-parole du PCF, Ian Brossat, a de son côté déclaré sur le plateau de BFMTV qu’il fallait « arrêter de faire semblant. la seule chose qui peut faire bouger le rapport de force, c’est la mobilisation sociale. du monde en grève, du monde dans les rues, il n’y a que ça qui fera craquer Macron et Lecornu ».

    Le locataire de Matignon a terminé la journée par Place publique de Raphaël Glucksmann. Ces entretiens se sont déroulés sous la pression du mouvement social à la veille de la journée de grèves et de manifestations.

    Le RN en embuscade

    Les premiers petits gestes de Sébastien Lecornu ont été jugés très insuffisants par les syndicats et les formations de gauche : retrait de la proposition de supprimer deux jours fériés, premier déplacement consacré à l’accès aux soins, et suppression, très symbolique, des derniers avantages « à vie » octroyés aux ex-Premiers ministres.

    Les socialistes comme les Écologistes ont aussi cité un sondage Ifop commandé par le PS montrant que les Français, quelles que soient leurs sensibilités, plébiscitent les mesures poussées par le PS. Parmi elles, la création d’une taxe de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, la fameuse taxe Zucman. Sébastien Lecornu s’est dit prêt à travailler sur la « justice fiscale », mais il veut faire « attention au patrimoine professionnel » visé par cette taxe. À ce titre, il est raccord avec le RN qui rejette lui aussi la taxe Zucman. Fidèle à son fonds de commerce, Marine Le Pen a dit en revanche se « réjouir » de tous ceux qui demandent un référendum sur l’immigration, comme le patron de la droite Bruno Retailleau, et « espérer » que Lecornu en parle. « On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment » écrivait le cardinal de Retz dans ses Mémoires. Une sentence que pourrait méditer le Premier ministre.