Tag: Racisme

  • Ils parcourent le monde pour Bad Bunny

    Ils parcourent le monde pour Bad Bunny

    « Je suis Portoricaine et j’habite à New York. J’ai choisi de voir Bad Bunny dans un pays où l’on ne parle pas espagnol, car je pense que c’est une occasion unique de constater son impact mondial », s’émerveille Bri, artiste venue des États-Unis avec sa famille.

    Portoricains, Costariciens et états-uniens arrivent à Marseille, depuis le week-end dernier, pour le concert du chanteur latino-américain Bad Bunny au Vélodrome, ce mercredi soir, où près de 70 000 spectateurs sont attendus.

    En dessous de la place Jean-Jaurès, Bri attend son taxi avec sa mère, son frère et sa sœur. « C’était incroyable de suivre son ascension, depuis ses débuts en tant que petit artiste de reggaeton, jusqu’à sa prestation en tête d’affiche du Super Bowl. Je suis fière de lui, c’est comme si j’avais grandi à ses côtés ! », s’enthousiasme l’artiste new-yorkaise.

    Dans les rues du Panier, les fans étrangers sont nombreux. Yirehi Rôman, Portoricaine de 27 ans, a fait le déplacement seule et spécialement pour le concert. « J’adore Bad Bunny. Il est le porte-parole de nombreux Portoricains, il parle de ma culture et attire l’attention sur plusieurs réalités de notre île avec sa musique », déclare la coach sportive. Yirehi ne le savait pas et l’a appris « à la dernière minute », trois amies états-uniennes à elles se rendent aussi au Vélodrome. « Je suis la seule portoricaine, mais elles peuvent aussi l’être un peu pour le concert », ironise-t-elle.

    « Il nous défend contre

    le racisme »

    Un peu plus loin, la famille Gomez, originaire du Costa Rica, arpente les petites ruelles du Panier. Pour ces quatre Latino-Américains, Bad Bunny est une histoire de famille. Les parents et les enfants écoutent l’artiste portoricain. De passage sur la Costa Brava et dans le sud de la France pendant plusieurs semaines, ils ont acheté des billets pour le concert il y a un mois. « Je suis chirurgien orthopédiste, quand j’opère mes patients, j’écoute Bad Bunny », raconte leur père, Antonio. « C’est le meilleur du monde. Au Costa Rica, tous les latinos aiment Bad Bunny parce qu’il nous représente. Il nous défend contre le racisme et les discriminations », explique Philippe, 16 ans. « Oui », acquiesce sa petite sœur, Martina, 13 ans, des étoiles dans les yeux.

    Parmi les fans, des Français sont aussi venus jusqu’à Marseille pour voir le phénomène portoricain. À l’image d’Amélie, Toulousaine, et de Tiphaine et Inès, Paloises, toutes les trois âgées de 24 ans. Pour ce groupe de copines, se rendre dans la cité phocéenne, plutôt qu’à Paris, pour voir Bad Bunny, était évident. « À Marseille, il y a la plage et le soleil », explique l’une d’entre elles. « Ça nous fait une pierre deux coups : le concert et des petites vacances entre copines », complète son amie.

    C’est aussi le cas de ces quatre Toulousains, amis depuis plusieurs années, croisés près de la Vieille Charité. « Bad Bunny, c’est des souvenirs de soirées passées tous ensemble. C’est aussi les messages qu’il transmet dans ses chansons. Je pense qu’il nous touche tous », s’exprime Alizée. « Il est très engagé. Il a des valeurs qui nous représentent et auxquelles on tient », ajoute son ami Adrien.

    L’artiste portoricain se produira aussi les 4 et 5 juillet à Paris. La capitale attend des milliers de spectateurs français et étrangers.

  • Pour une France qui fait Bloch

    Pour une France qui fait Bloch

    L’historien et résistant, victime des lois antisémites et de la barbarie nazie, entre ce mardi au Panthéon, aux côtés de son épouse Simonne Vidal.

    Après la panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchian avec le groupe de l’affiche rouge, c’est une nouvelle figure de la Résistance qui intègre ce temple républicain. Un homme d’histoire qui entre dans l’Histoire de la Nation.

    Marc Bloch était un patriote profondément opposé aux nationalismes et aux dérives meurtrières qu’ils portent en germes.

    Sa vie comme sa mort sont des symboles.

    Marc Bloch était tout ce que les nazis et leurs complices de Vichy haïssaient : issu d’une famille juive d’Alsace, érudit, républicain dans l’âme, Résistant à leur folie barbare. Ils l’ont torturé puis assassiné.

    L’entrée de Marc Bloch au Panthéon résonne avec les enjeux de notre temps

    Marc Bloch était tout ce que la France fait de mieux.

    Une France qui est capable de faire Bloch, c’est une France fidèle à l’idéal républicain, en mesure de promouvoir des femmes et des hommes quelle que soit leur origine, leurs croyances réelles ou supposées.

    Sa panthéonisation résonne avec les enjeux de notre temps.

    Face aux semeurs de haine, aux héritiers de Pétain, aux falsificateurs de l’histoire, face à tous les racismes, antisémitismes, discriminations… la France d’aujourd’hui doit faire bloc. Et faire vivre en actes les principes républicains comme l’héritage
    de la Résistance.

  • Manifestation contre le racisme et l’impérialisme

    Manifestation contre le racisme et l’impérialisme

    Des drapeaux palestiniens, cubains et iraniens flottent sous l’arche de la porte d’Aix. Bravant la chaleur, des militants viennent grossir les rangs, répondant à un appel national à manifester contre toutes les formes de racisme et l’extrême droite. C’est ici, que chaque dimanche depuis le début de la guerre à Gaza, les militants propalestiniens se rassemblent. « De Marseille à Gaza, résistance, résistance », entonnent-ils en descendant la rue d’Aix vers le cours Belsunce. « De Marseille à Cuba, résistance, résistance », ajoutent-ils aujourd’hui.

    Quelques mètres plus loin, est garée la caravane « Let Cuba Breathe » (« Laissez Cuba respirer »), du nom de la campagne européenne pour lever le blocus sur l’île. Giorgia et Alice, deux activistes italiennes, sont présentes pour sensibiliser les citoyens : « Les sanctions américaines asphyxient le pays. Nous voulons mettre la pression sur nos gouvernements. C’est un peu triste de les voir se coucher devant Trump », raillent-elles.

    Pour Mike des Syndicalistes pour la Palestine, « la lutte contre le blocus à Cuba, c’est la lutte pour la libération de la Palestine », affirme celui qui participe à la campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti, qu’il qualifie de « Mandela palestinien ». « Nous avons un ennemi en commun c’est le colonialisme », pousse Nicole Giraudi de l’association France Cuba Marseille. Et la foule chante : « El pueblo unido jamás será vencido » (« Le peuple uni jamais ne sera vaincu »).

    Sur la Canebière, Dounia, d’Union pour la Palestine Marseille, prend le micro : « Ils veulent nous diviser (…) Nous ne confondrons jamais les oppresseurs et les opprimés. »

  • Gauche et syndicalistes rassemblés contre le RN

    Gauche et syndicalistes rassemblés contre le RN

    Être présents ce soir, c’est refuser le silence et l’habitude, et que la présence du RN devienne une normalité. » Le conseiller municipal Nicolas Féraud (PCF) donne le ton du rassemblement de vendredi soir, sur le parking de la Maison de la mer de Fos, à l’initiative de l’opposition de gauche au conseil municipal.

    L’élu communiste, portant la parole du groupe Notre Fos, a dénoncé le prêt de la salle communale par le maire d’extrême droite Philippe Maurizot à trois députés RN pour leur réunion publique. « Le nouveau maire de Fos n’assume pas ce qu’il est, ses choix politiques, mais fait de Fos la vitrine de l’extrême droite », affirme Nicolas Féraud. « On tente de nous opposer les uns les autres, un jour les immigrés, l’autre les retraités, demain les jeunes. Halte à la division, aux cases qui nous isolent », conclut-il.

    Les participants sont de cet avis. « La CGT a toujours été contre le RN qui agit contre les travailleurs et les syndicalistes » tance Frédéric Bruno, de la CGT Marcegaglia. « Ils font semblant de servir nos intérêts de classe mais c’est que du fake, car ils refusent de voter l’augmentation des salaires et veulent en terminer avec nos cotisations sociales, qui font la Sécu et les retraites, pour aller vers un système à l’américaine », observe le syndicaliste.

    « La Provence, nous on l’aime, mais pas eux » rebondit Jean-Philippe Murru, communiste fosséen. « La Provence est cosmopolite, elle s’est faite avec les Italiens, puis avec d’autres immigrés. Les RN vivent dans le fantasme ! Celui d’une race donnée pour un territoire donné », développe-t-il.

    « Une première étape »

    Cette histoire, Anne-Charlotte Cipreo, 16 ans, la connaît. « Ma meilleure amie est réfugiée, et y’a des gens qui auraient aimé qu’elle meure dans son bateau. Mon combat part de là », lâche-t-elle.

    Olivier Bonnet, insoumis de Fos, regrette l’utilisation de la Maison de la mer, « lieu de convivialité par excellence où les associations font leurs fêtes de fin d’année, le Téléthon ou les oursinades ». « Que ce lieu serve à distiller un discours de haine et de racisme nous est insupportable », dénonce le militant.

    Un rassemblement « bon enfant » en somme, comme l’assure Nicolas Féraud, conclu par un « siamo tutti antifascisti » collectif. « Notre message vise à s’organiser collectivement contre le RN, pas contre les urnes. Il y aura d’autres combats à mener, c’est une première étape », promet l’élu.

  • Soupçonnée de violences, une enseignante suspendue à Avignon

    Soupçonnée de violences, une enseignante suspendue à Avignon

    Il y a encore quelques semaines, ce type d’affaire serait peut-être passée inaperçue ou aurait créé un émoi, seulement limité au sein de l’école. Mais depuis deux semaines et le meurtre de la jeune collégienne Lyhanna mais également l’affaire du périscolaire à Paris, où une quarantaine d’animateurs a été suspendue pour des faits présumés de violences physiques ou sexuelles sur enfants, la question des agressions sur mineurs est d’une brûlante actualité.

    Un cas se fait jour dans une école publique d’Avignon. Une enseignante est soupçonnée de plusieurs faits de violences physiques envers un élève de CE2, mêlant humiliations et insultes racistes. Il y a pile un mois, la professeure des écoles aurait attaché l’enfant à sa chaise de classe à l’aide d’une corde à sauter. La maman a porté plainte dès le lendemain. D’après Ici Vaucluse, une enquête de police est ouverte et plusieurs témoins doivent être entendus.

    En attendant les avancées qui ne devraient pas être immédiates, la direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) a déjà pris une mesure forte : « Une enquête administrative a été engagée afin d’établir précisément les faits. Dans l’attente de ses conclusions, l’enseignante a fait l’objet d’une mesure conservatoire de suspension », nous indique ce mercredi midi le rectorat. La mise en cause a été « reçue par son inspectrice de l’Éducation nationale ainsi que par les services de la DSDEN ». Dans l’autre sens, « la famille a été reçue par l’inspectrice et un rendez-vous va également avoir lieu avec les services de la DSDEN », précise le rectorat qui indique que le garçon présumé violenté n’est plus scolarisé dans cet établissement, de même que le reste de la fratrie.

    Rassemblement

    à 19 heures

    C’est dans ce contexte que le collectif Les Rési-liantes appelle à un rassemblement ce jeudi soir (19h) devant l’inspection académique. Dénonçant les violences en milieu scolaire, le collectif réclame « la protection effective des enfants concernés, la transparence sur les suites données aux signalements, le respect des principes d’égalité, de dignité et de non-discrimination au sein de l’école publique ». Si la prudence s’impose tant que les faits ne sont pas avérés, ce cas interroge plus généralement sur le fonctionnement du système éducatif. C’est ce que sous-tend le syndicat Unsa Éducation 84 qui, dans un communiqué, précise ne pas avoir été alerté au préalable de « difficultés spécifiques » dans cette école. Tout en « refusant que l’on jette l’opprobre sur l’ensemble d’une profession » le syndicat ne minimise pas : « Si les faits de maltraitance étaient avérés, ils seraient intolérables et contraires à toutes les valeurs que nous défendons. Nous demandons à l’administration de prendre ses responsabilités en matière de prévention des risques et de soutien effectif aux personnels et aux élèves. »

  • Le Mondial débute entre stars et tensions

    Le Mondial débute entre stars et tensions

    Cette Coupe du monde 2026 s’annonce comme celle de tous les records. Pour la première fois, la Coupe du monde est organisée conjointement par trois pays d’Amérique, qui s’apprêtent à accueillir le gratin du football mondial. États-Unis, Mexique et Canada sont les trois hôtes de cette 23e édition à rallonge du plus grand événement sportif planétaire (11 juin-19 juillet). Un tournoi XXL s’apprête à débuter, ce jeudi, avec pas moins de 48 nations représentées -pour le plus grand bonheur de la Fifa, financièrement parlant- et des matches disputés dans 16 villes, de Monterrey à Vancouver, en passant par Seattle, Kansas City et New York.

    Une compétition polémique depuis ses prémices, mais dont l’intérêt sportif reste intact. L’Espagne de Lamine Yamal est l’équipe la plus impressionnante de ces derniers mois, mais les favoris sont nombreux. La France (voir ci-contre), le Portugal et l’Argentine, championne en titre, seront redoutables. Les doutes s’accumulent autour du Brésil, de l’Allemagne et de l’Angleterre, avec une liste presque sans stars. Les deux meilleures nations africaines, Maroc et Sénégal, ont enfilé leur costume d’outsiders dans la quête du dernier carré.

    La Coupe du monde n’a pas encore commencé que les États-Unis reçoivent carton rouge sur carton rouge. La planète football a déjà trouvé sa première figure marquante du tournoi avec l’officiel somalien Omar Abdulkadir Artan. Désigné meilleur arbitre africain 2025, l’homme de 34 ans a été refoulé à son arrivée aux États-Unis après 11h d’interrogatoire et de rétention administrative, avant d’être renvoyé vers Istanbul. En cause : des documents jugés non conformes selon les services américains de protection des frontières. « J’avais les bons papiers et le bon visa. Malgré les circonstances, je garde une attitude positive », affirme l’arbitre. « La Fifa n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte », se contente de déclarer l’instance organisatrice.

    Les États-Unis n’en sont pas à leur coup d’essai, avec des problèmes de visas observés pour des supporters, journalistes, sans parler des délégations, comme l’Iran ou l’Irak. Donald Trump a durci sa politique migratoire, avec une implication accrue de l’ICE, police de l’immigration, alimentant un climat d’inquiétude. De son côté, la Fifa s’efforce de se dédouaner de ces situations, malgré la proximité affichée entre son président, Gianni Infantino, et Donald Trump.

  • La Coupe du pire

    La Coupe du pire

    Le coup d’envoi ce soir de la 23e Coupe du monde de football (masculine) a d’ores et déjà un goût très amer. La « fête » planétaire est fondamentalement gâchée par l’exclusion de l’arbitre international somalien, Omar Abdulkadir Artan, du sol étasunien. Un acte raciste décidé par l’administration suprémaciste de Donald Trump. On aura beau se concentrer sur nos petites lucarnes pour admirer et encourager nos équipes favorites, cette injure à l’Afrique et à l’égalité entre tous les pays et les humains, ne passe pas. Ne doit pas passer. C’est pourtant passé sans aucun problème pour la FIFA et son président, le boursouflé Gianni Infantino qui pour s’endormir ne compte pas les ballons mais les dollars, par millions. L’alliance du fric et du racisme ce n’est pas le football que l’on aime, populaire et fraternel. Comment apprécier le spectacle dans les conditions de ce Mondial ?

    Berlin 1936, États-Unis 2026…

    En restant lucides et aux aguets face à ce qui va se jouer, sur et hors des terrains. En sachant aussi que parmi les 48 équipes en lice pour la première fois cette année, nombreuses partent avec des handicaps, parmi lesquels celui d’être les représentantes de petites nations, mal accueillies. Le sport et singulièrement le football ne sont pas hors-sol. Ils sont le reflet de leur époque, de leur siècle. Le football est instrumentalisé par les pays lauréats à l’instar de la Russie en 2018, du Qatar en 2022… Et des États-Unis de Trump cette année.

    Le visage actuel offert par les États-Unis n’est pas sans rappeler l’utilisation des Jeux olympiques pour ripoliner l’image, en 1936, du national-socialisme qui séduisit patronat et bourgeoisie. Nous connaissons ce qu’il en fut. À nous tous de résister, balle au pied !

  • À Avignon, des mamans d’élèves victimes de haine raciste

    À Avignon, des mamans d’élèves victimes de haine raciste

    Un nouvel exemple de haine raciste en ligne vient toucher Avignon. En janvier, le nouveau-né Zaïd, premier bébé de l’année dont La Provence s’était fait l’écho, avait subi un torrent abject de commentaires racistes et violents. Cette fois, c’est une publication de Vaucluse Matin qui a servi de défouloir haineux sur la page Facebook du titre.

    L’article, du 12 mai, relate l’alerte de cinq mamans d’élèves déléguées de l’école maternelle des Grands-Cyprès, en colère face à la vétusté de l’établissement. S’ensuivent près de 500 commentaires. Non pour appuyer leur combat, mais pour s’en prendre au voile que portent les mamans sur la photo. « C’était des commentaires comme “avec leur torchon sur la tête”, “mais est-ce qu’on est à la sortie d’une école ou d’une mosquée ?” », confient à Ici Vaucluse Halima, qui « en a pleuré » et Maryam, deux des mamans visées par les messages racistes et islamophobes.

    Vaucluse Matin revient ce jeudi sur l’affaire et a, depuis, retiré la publication en ligne, l’article et la photo restant consultables. Les mamans annoncent le dépôt imminent d’une plainte. « Les gens se cachent derrière des comptes et se croient inatteignables, mais on a fait des captures d’écran, on ne laissera pas passer », assurent-elles. Mardi, elles ont reçu la visite et le soutien du député LFI Raphaël Arnault, qui compte saisir la procureure, et des élus municipaux insoumis, Oukacha Rtili et Khalid El Yousoufi. « Le racisme et l’islamophobie ne sont pas des opinions, ce sont des violences qui fracturent notre société et cherchent à intimider ceux qui prennent la parole », réagit le député. Même tonalité pour le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), pour qui « tous ces actes sont intolérables et doivent faire l’objet d’une enquête rapide et approfondie ».

  • Des collégiens visitent le Camp des Milles

    Des collégiens visitent le Camp des Milles

    Cette rencontre a eu lieu en présence de la présidente (DVD) du conseil départemental, Martine Vassal, pour promouvoir la transmission de la mémoire. Le Département propose chaque année à tous les collégiens du territoire la visite guidée de ce site de déportation pendant la Seconde Guerre mondiale.

  • L’abolition de l’esclavage, une histoire de France sensible

    L’abolition de l’esclavage, une histoire de France sensible

    Moment solennel sur le quai d’honneur, ce dimanche 10 mai, pour la commémoration de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions, avec des lectures de poèmes, de passages de la charte du Mandé, une des plus anciennes constitutions au monde proclamée au XIIe siècle par le fondateur de l’Empire mandingue, territoire situé dans le haut bassin du fleuve Niger, le tout animé par le groupe Tambores.

    C’est de ce quai que « sont parties une centaine d’expéditions négrières pour alimenter ce commerce ignoble, une activité qui participa aussi à la prospérité de la ville », a rappelé en préambule Wally Tirera, président du collectif Paca pour la mémoire de l’Esclavage, en présence de nombreux élus, d’associatifs et de représentants de l’État. Plus précisément à partir de 1783, et pendant une dizaine d’années, lit-on sur le site de Mars Imperium, plateforme créée par une soixantaine de chercheurs en 2025 qui relate l’histoire coloniale et post-coloniale de Marseille.

    « Qu’est-ce qui justifiait le fait de faire des Africains des choses ? », s’interroge Wally Tirera. Il dénonce « un déni d’humanité habillé d’une véritable législation teintée d’une justification théologique au service du profit des nations esclavagistes qui s’estimaient au-dessus de la communauté humaine ».

    « Solidarité entre toutes les souffrances humaines »

    Alors que la loi Taubira reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité fête ses 25 ans, en France, « pays aux trois abolitions dont deux officielles », le sujet reste sensible, estime le président du collectif, regrettant « une histoire encore aujourd’hui difficilement évocable, assumable ». Il en veut pour preuve une « institutionnalisation compliquée » avec un comité de la mémoire de l’histoire de l’esclavage « dirigé par des personnes légitimes et compétentes », disparu en 2019 « avec la création de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, opposant les associations les unes contre les autres en distribuant des labels ». Un label qu’il vit comme « une hérésie ».

    En plaçant la cérémonie sous le thème des « résistances », aux « oppressions, au racisme, à l’antisémitisme, à l’esclavage moderne avec ses 50 millions de victimes », Wally Tirera inscrit le collectif en « solidarité entre toutes les souffrances humaines, dans le partage de cette histoire dramatique, notre histoire commune ». Rappelant que 6 000 organisations à travers le pays œuvrent à cette mémoire, il prône « l’unité et la concorde ». L’hommage s’est terminé en silence avec le jet de pétales dans l’eau du Vieux-Port.