Tag: Quartiers populaires

  • Drogue : pour Macron, la répression en totem

    Drogue : pour Macron, la répression en totem

    Mettre un fléau systémique sur le dos des individus. C’est du libéralisme pur sucre. Et sans surprise, c’est l’essentiel du message du président de la République délivrée mardi à Marseille pour répondre au narcotrafic. En opposant les habitants des quartiers qui subissent de plein fouet la guerre de la drogue et ceux qui achètent ces produits, sous-entendus les « petits-bourgeois » des beaux quartiers, Emmanuel Macron ne fait pas avancer d’un iota le débat. Croit-il sérieusement que le passage de 200 à 500 euros de l’amende pour consommation va stopper l’usage de la drogue ? C’est faire fi de la dimension addictive et du problème de santé publique liée à la consommation de stupéfiants en France. Elle touche toutes les catégories sociales. Les trafiquants le savent.

    Marché de la mort

    Certes le président de la République a aussi parlé démantèlement des réseaux, de têtes aux manettes de ce marché de la mort à faire tomber. Mais les mots doivent être suivis d’actes courageux, concrets. L’État va-t-il prendre langue avec les dirigeants des pays producteurs à l’instar du Maroc ? Va-t-il enfin doter le port de Marseille de détecteurs efficaces pour ausculter les containers ? Va-t-il, cet État si répressif, donner tous les moyens à la justice – autre que des places de prison – pour lutter contre la corruption, mener des enquêtes, remonter les réseaux ? Va-t-il rétablir la police judiciaire démantelée ? Va-t-il protéger ceux qui osent parler, dénoncer ? La réponse à la pieuvre doit être multiforme et ne peut se payer de formules. L’État doit y mettre tous les moyens.

  • Une boutique solidaire au collège Jean-Moulin, à Marseille

    Une boutique solidaire au collège Jean-Moulin, à Marseille

    Bijoux dorés fantaisies, chouchous cousus à la main, vaisselle, ameublement, jeux pour enfants, vêtements ou sacs à main… La toute nouvelle boutique solidaire du collège Jean-Moulin (15e) n’a rien à envier aux vitrines de la rue Saint-Férreol. Entièrement imaginée et construite par les élèves de sections d’enseignement adapté de 4e et 3e, elle était inaugurée lundi dans l’atelier habitat de l’établissement, aménagé pour l’occasion. Devant professeurs, principale du collège, parents d’élèves, élus et presse locale, 5 des 56 élèves impliqués ont résumé l’ambition de leur projet, pensé pour « s’entraider » et « protéger la planète ». « Nous sommes fiers d’être allés jusqu’au bout de notre projet avec peu de moyens, mais avec toute la générosité des élèves et des adultes de l’établissement », se sont-ils timidement enorgueillis. Du sol au plafond, les jeunes ont repensé les lieux : accompagnés de leurs professeurs, ils ont imaginé et conçu la décoration, fabriqués une partie des meubles, étals et produits, mais aussi nettoyé et étiqueté tous les vêtements et objets récoltés grâce à un appel aux dons lancé dans le collège. De quoi créer un lieu « élégant », des mots de la principale, basé sur le concept de troc : chaque don permet d’accéder à un certain nombre de points servant de monnaie dans la boutique.

    « Donner c’est recevoir »

    Partie d’un triste constat des professeurs, notant chaque année les difficultés que rencontraient certains élèves pour se vêtir, l’idée d’une boutique solidaire a émergé en septembre, au sein d’une équipe pédagogique déterminée à transmettre les valeurs de l’esprit d’équipe et de la solidarité. « On avait constaté que les élèves n’étaient pas à l’aise pour récupérer des affaires lorsqu’on organisait des distributions spontanées, détaille Dorra Bourraoui, professeure d’Hygiène Alimentation et service, depuis deux ans enseignante des Segpa à Jean-Moulin. Ce système est beaucoup moins stigmatisant, d’abord parce que la boutique est très belle, mais aussi parce qu’il implique tout le collège. » Et l’intérêt du projet est aussi pédagogique. « On a allié nos forces (…) pour travailler sur un tas de compétences, avec la possibilité de réfléchir sur la citoyenneté, la fraternité, la surconsommation… », a détaillé Anne-Sophie Di Pascuale, professeure spécialisée Segpa, pétillante d’enthousiasme. « L’objectif c’est que nos enfants, enfin nos élèves et que leurs familles en profitent. On espère que le projet se pérennisera », a-t-elle poursuivi.

    Ouverte pour deux jours seulement, la boutique, pour l’instant éphémère, recevra les élèves donateurs mais aussi quelques profils ciblés par les assistants sociaux de l’établissement. Le magasin leur sera réservé pour 15 minutes, de façon qu’ils puissent librement choisir leurs articles. Au gré des débats organisés avec les élèves autour du projet et des concepts de solidarité, d’entraide et de fraternité, est né le slogan de l’opération : « Donner c’est recevoir ».

    « Nous avons donné de nous-même et nous avons reçu, avant tout, satisfaction et fierté », ont conclu les jeunes.

  • Marseille : Sébastien Delogu veut sortir « le Kärcher »

    Marseille : Sébastien Delogu veut sortir « le Kärcher »

    On va nettoyer au Kärcher ce système corrompu. » Ce samedi, pour son premier meeting de campagne en vue des élections municipales, l’insoumis et député de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône, Sébastien Delogu, a joué à fond la carte du dégagisme.

    Dans une salle de la Cartonnerie pleine à craquer, à la Friche de la Belle de Mai (3e), l’élu LFI des quartiers Nord a martelé sa volonté de s’attaquer « aux élus corrompus » de la ville. « Une poignée de petits notables ne survivent que des fruits de la résignation qu’ils engendrent, échangeant des logements sociaux, des postes dans les collectivités et des subventions, contre des allégeances, des services et de l’argent », dénonce-t-il. Comme une reprise du fameux refrain « tous pourris », largement utilisé par l’extrême droite, en mettant tous ses adversaires dans le même panier : « Les candidats qui sont face à nous sont tous les mêmes. Ils nous donnent des leçons de République mais ils sont invisibles quand nous souffrons. »

    Car l’insoumis a notamment débuté son discours en s’attaquant aux violences policières et « aux souffrances des quartiers populaires », dans la foulée d’une intervention d’Assa Traoré, fondatrice du comité Vérité et Justice pour Adama et sœur d’Adama Traoré, mort des suites d’une interpellation par des gendarmes en 2016. En faisant référence à l’assassinat de Mehdi Kessaci, frère d’Amine Kessaci, militant écologiste marseillais, il persiste et signe dans son tacle des élus locaux et nationaux : « Vous avez fait honte à Marseille en jouant des coudes, autour d’une famille en deuil pour faire oublier votre inaction. Mais quelques heures après, un enfant de 15 ans a reçu une balle dans la tête […]. Et aucun de ces hypocrites que vous avez vu autour de la famille Kessaci n’a dit un mot. »

    Faire cavalier seul

    En ouverture du meeting, le député Manuel Bompard reprenait la même rhétorique mais en faisant des distinctions : « Marseille ne veut pas d’un député touriste d’extrême droite élu de Vitrolles, Marseille ne veut pas de Franck Allisio. […] Marseille ne veut pas d’une incompétente, 8 ans à la tête de la Métropole qui n’a rien fait pour les habitants de la ville [Martine Vassal, Ndlr] ». Et sans retenir ses coups à l’égard de la mairie actuelle : « Marseille ne veut pas d’un maire qui se fait élire à gauche et qui gouverne au centre [Benoît Payan Ndlr]. » Enfin, sur les accusations de division de la gauche alors que la menace du RN plane sur la ville, Sébastien Delogu répond sans sourciller : « Ils nous reprochent de faire cavalier seul, de diviser la gauche… Mais nous ne sommes pas seuls : les vrais écologistes, le peuple qui s’organise sont avec nous. » Il s’appuie notamment sur le soutien de l’élu écologiste, Sébastien Barles, paradoxalement encore adjoint à la mairie, qui avait pris la parole plus tôt dans le meeting : « C’est la vraie tête de liste des écologistes à Marseille. » De quoi vanter un programme basé sur « plus de 200 auditions » et incarné par plusieurs tables rondes pendant le meeting, rassemblant des représentants d’associations de plusieurs quartiers de Marseille.

  • 3000 Nîmois écrivent l’avenir de leur ville

    3000 Nîmois écrivent l’avenir de leur ville

    Depuis un an, le collectif Nîmes en Commun laboure le terrain politique nîmois à contre-courant des méthodes traditionnelles. Pas de programme ficelé à l’avance, pas de slogans plaqués. Mais une démarche patiente, construite autour d’une ambition : écouter les habitants pour construire avec eux une alternative de gauche crédible à la droite sortante et à l’extrême droite montante. « On a fait le pari d’inverser la logique classique des campagnes : partir des gens, de ce qui les traverse, pour en tirer des priorités politiques », résume Vincent Bouget, tête de liste du collectif.

    Ce pari a pris la forme d’un questionnaire citoyen d’une vingtaine de questions, diffusé massivement sur le terrain, marché après marché, porte après porte. Plus de 3 000 réponses ont été collectées, dont l’écrasante majorité en version papier. « Ce n’était pas un gadget. Aller chercher le papier, c’était aller chercher la parole », insiste Jean-Yves Chabanel, président de l’association Nîmes en Commun. « Chaque questionnaire, c’était une rencontre, un échange, parfois long. On n’a pas fait du chiffre, on a fait du lien. »

    Dans les réunions publiques qui rythment la vie du collectif, cette parole recueillie prend corps. Horia, habitante de Pissevin, a trouvé dans Nîmes en Commun un espace rare : « Depuis que je suis à Pissevin, rien n’a changé. Mais ici, je sens que je peux faire bouger les choses. J’ai été prof de musique, j’ai fait du droit, j’ai un bac littéraire, mais on ne me donne pas de chance. Avec eux, je suis actrice. » De fait, la force du collectif tient aussi à cette diversité de profils. Militants encartés, syndicalistes, habitants engagés sans étiquette : plus de 300 personnes font vivre la démarche, à tous les niveaux. Christine, enseignante et habitante du centre-ville de longue date, apprécie l’originalité du dispositif : « C’est la première fois qu’on va à ce point à la rencontre des gens. Souvent, on se contente d’attendre que les habitants viennent aux élus. Là, c’est l’inverse. »

    Un processus qui ne s’arrête pas à la collecte. Les réponses sont analysées, question par question, avec un objectif : faire émerger des priorités concrètes. « Sur certaines thématiques, il y a un consensus très fort, sur d’autres, des débats. À nous maintenant de faire des choix politiques clairs, en lien avec ce qui a été exprimé », explique Jean-Yves Chabanel.

    « Faire du commun » face aux divisions

    C’est aussi là que se joue la stratégie de Nîmes en Commun : reconstruire une dynamique à gauche, dans un climat de méfiance démocratique, sans tomber dans les vieilles recettes. Le collectif réunit un large spectre politique, des communistes aux écologistes, en passant par Debout ! de François Ruffin, le PS, Place publique ou encore d’anciens insoumis. La liste, en cours de composition, se veut à l’image du collectif : paritaire, diverse, ancrée dans tous les quartiers, mêlant figures expérimentées et visages nouveaux. « On cherche l’équilibre entre représentation politique et implication citoyenne. Il faut incarner ce qu’on veut faire : une ville plus juste, plus démocratique, plus inclusive », ajoute Vincent Bouget.

    Prochaine étape : la restitution publique des résultats du questionnaire, prévue le 11 décembre. Une soirée ouverte à tous, où sera projeté un film retraçant la démarche participative et présentés les résultats détaillés. Une nouvelle étape avant la finalisation du programme et la présentation publique de la liste, prévue fin janvier ou début février. Pour l’heure, les visages s’additionnent, les récits se croisent, et la dynamique se renforce. « Ce projet, ce n’est pas celui de Vincent Bouget seul, ni d’un parti, mais celui de toute une ville qui veut se réapproprier son avenir », conclut Jean-Yves Chabanel. Et dans une ville où le chacun pour soi et le tous contre tous semblent avoir gagné du terrain, c’est peut-être là que réside la véritable rupture.

  • Les rugbymen du RCT de retour au cœur des quartiers

    Les rugbymen du RCT de retour au cœur des quartiers

    À Toulon, le football
    reste ancré dans les mœurs, l’Olympique de Marseille suppléant allègrement l’absence -décriée- du Sporting Toulon au plus haut niveau depuis de trop longues années. C’est particulièrement le cas dans les quartiers populaires, où le rugby, religion séculaire du territoire, peine, à l’inverse, à faire des adeptes. Car historiquement, l’ovalie demeure un univers gentrifié malgré lui. Alors, pour y donner un accès plus large, le RC Toulon met en place, depuis neuf ans, l’opération « RCT au cœur des quartiers ».

    Un dispositif qui vise à initier 72 enfants de 8 à 12 ans en provenance de six associations du territoire à la pratique du rugby et à ses valeurs. « C’est un sport auquel ils ne sont pas forcément acculturés. On leur apprend les rudiments, mais on a aussi un contenu éducatif grâce aux joueurs espoirs et professionnels du RCT qui nous accompagnent à travers de petits ateliers. Par exemple, on essaie de les faire jouer sans arbitre pour qu’ils comprennent l’importance d’en avoir un, le respect de l’autorité », explique Melvin Vial, responsable du fonds de dotation du RCT, en charge de l’opération. Car à travers le rugby, ce sont surtout « des valeurs citoyennes, qu’on retrouve dans le sport collectif en général, qu’on essaie de véhiculer : la mixité, l’acceptation de celui qui va moins vite, moins haut, de celui qui est fatigué ou qui veut en faire plus… » Mercredi dernier, au stade de la Ferme des Romarins, entre Toulon et Ollioules, c’est avec un enthousiasme non dissimulé que ces enfants originaires de plusieurs quartiers populaires varois ont participé aux premiers ateliers de la saison, animés par quatre joueurs espoirs du RCT, et par les pros Rayan Rebbadj et Matthias Halagahu. « On est passé par là, les jeunes sont heureux d’être encadrés par des joueurs professionnels », se souviennent les deux hommes, dont l’objectif est avant tout « que les enfants prennent du plaisir. Ils s’intéressent moins à ce sport au plus jeune âge, on vient leur apprendre ce que c’est, leur donner envie et leur inculquer le partage et le sens de la communauté rugby, mais aussi le respect des éducateurs. Ça peut leur permettre de se canaliser pour être sérieux à l’école car c’est le plus important. »

    Au sein des associations partenaires, on se réjouit d’ouvrir ces enfants à « la mixité sociale, au partage, au respect et aux règles et valeurs du rugby », explique Najette Larbi, animatrice référente du dispositif Mêlées Crampons, porté par le club de l’US Seynoise, qui accompagne les enfants de la cité Berthe via l’aide aux devoirs, l’accès à de la culture, avec le rugby comme école du respect, de la solidarité et du dépassement de soi. « Ce sont des valeurs valables dans l’ovalie comme dans la vraie vie », qui plus est vectrices « d’inclusion sociale. Les enfants attendent chaque année ces actions », se réjouit l’éducatrice, à tel point « que deux jeunes se sont inscrits au rugby ». Parmi eux, Eya, une jeune rugbywoman qui a participé pour la première fois à l’opération l’année dernière : « Je regarde presque tous les matches du RCT. J’aimerais bien jouer dans l’équipe féminine et peut-être en équipe de France », rêve la jeune fille.

    Un dispositif qui dépasse le cadre du terrain : « On les emmène à chaque fois dans un quartier différent, en fonction de la présence des associations. On leur présente un peu les métiers du sport. On leur fait découvrir le Campus RCT, Mayol, où on avait fait un atelier l’année dernière, ce qu’on va essayer de refaire. Ils n’ont pas toujours les moyens d’aller voir des matches, donc on les invite. Ça crée des souvenirs et de l’affect », conclut Melvin Vial, avant le prochain atelier qui aura lieu le 17 décembre au stade Saurin, à Toulon.

  • Le forum de l’orientation de Saint-Chamand bat son plein

    Le forum de l’orientation de Saint-Chamand bat son plein

    Le château de Saint-Chamand, à Avignon, était bondé de collégiens et de quelques jeunes plus âgés en ce jeudi 20 novembre, à l’occasion de la 3e édition du forum de l’Orientation qui se tient sur place.

    Un événement organisé par l’association Un Sourire pour Tous 84 avec l’aide de la mission locale du Grand Avignon pour montrer la diversité d’établissements et de formations à disposition. Se côtoyaient ainsi un stand de la gendarmerie, trois lycées professionnels du territoire, la CCI de Vaucluse et, quelques lettres plus loin, un représentant d’une prépa en médecine. Pendant la journée, entre 400 et 500 enfants, majoritairement de 13 classes de 3e des collèges Anselme-Mathieu et Roumanille, ont pu jeter un œil aux 30 stands de structures venues pour présenter leurs activités.

    « Il y a plein de trucs que je ne connaissais même pas. J’avoue que je n’ai toujours pas trop d’idées mais j’ai pris quelques papiers pour mes parents », lâche un des élèves, tandis que son camarade à côté de lui était particulièrement attentif aux formations proposées par le lycée professionnel Montesquieu, à Sorgues. « C’est possible de devenir agent immobilier en allant chez vous ? », demande-t-il au représentant de l’établissement, qui propose des formations commerciales, et qui le rassure avec des exemples d’élèves travaillant aujourd’hui dans des agences immobilières. « L’un des plus gros intérêts est de sensibiliser les élèves à l’apprentissage. Beaucoup pensent qu’en intégrant nos établissements, c’est la fin d’un schéma d’apprentissage classique. Mais on peut continuer les études et aller jusqu’en bac +5. On a longtemps renvoyé l’image d’un échec scolaire mais c’est loin d’être le cas. Et aussi de rappeler qu’il ne faut pas voir nos formations uniquement par le prisme du salaire », explique Jean-Emmanuel Lefèvre, responsable du CFA Provence de Miramas. « On a plus de 300 métiers chez nous. Le but est de transmettre l’amour du métier aux jeunes », ajoute Gaëlle, référente recrutement de la gendarmerie de Vaucluse.

    Autre image des quartiers

    « Ces formations ne sont pas mises en avant alors que l’on sait qu’il y a des débouchés. Il faut changer cette image-là des boulangers ou encore de l’industrie quand on sait que localement, il y a des besoins avec des difficultés à recruter », assure Lilou Quenesson, présidente de la mission locale jeunes Grand Avignon. Tandis qu’Hakima Kabbour, organisatrice de la journée avec l’association Un Sourire pour Tous 84, mais aussi mère de trois enfants qui ont grandi dans les quartiers populaires d’Avignon, souligne le choix du lieu. « Les quartiers de la Rocade n’ont pas bonne réputation et il faut que ça change. Il y a de belles choses qui se passent et on réfléchit déjà à une quatrième édition », confie-t-elle. Le rendez-vous est déjà donné.

  • La famille et les amis de Mehdi Kessaci toujours sous le choc

    La famille et les amis de Mehdi Kessaci toujours sous le choc

    Douleur et sidération devant le petit cimetière de Saint-Henri (16e) où Mehdi, 20 ans, a été inhumé ce mardi 18 novembre. Le jeune frère d’Amine Kessaci, militant écologiste, 22 ans, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic après avoir perdu en 2020 son aîné, Brahim, retrouvé calciné dans une voiture, a été assassiné froidement par un commando à moto jeudi à quelques pas du Dôme (4e), alors qu’il attendait sa mère, au volant de la voiture familiale.

    La piste d’un crime « d’avertissement » restant pour le moment privilégié indiquait lundi le procureur de Marseille, Nicolas Bessone. Une hypothèse devenue affirmation ce mardi, dans la bouche de Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur. Un cran supplémentaire dans la violence et l’horreur qui a touché en plein cœur Amine, sa famille mais aussi ses amis, les associatifs, les militants politiques ou les élus mobilisés à ses côtés depuis des années. La peine est immense, la peur palpable. Où désormais, le simple retard d’un enfant après l’école donne des sueurs froides.

    En hommage, le petit parking où a eu lieu le drame a été couvert d’un tapis de fleurs dans la journée. Plus tard dans la soirée, ils sont nombreux à être venus partager un moment de recueillement le temps d’un repas, dans les locaux de l’association Conscience, dans le quartier de Château-Gombert (13e). Elle a été fondée par Amine Kessaci justement pour sensibiliser aux ravages du narcotrafic. Dans la rue comme dans la cour intérieure, le dispositif policier, avec six fourgons et des agents en nombre, est impressionnant. Lorsqu’un convoi de trois voitures déboule vers 19h15, ils font corps pour le laisser entrer. À bord, Amine Kessaci désormais protégé par les hommes du Raid, lourdement armés. Évidemment dévasté, il sortira du véhicule sous les applaudissements.

    Une marche blanche samedi

    « Amine, je l’ai connu il avait 17 ans, lors de la campagne où je me suis engagée aux côtés du Printemps marseillais, il combattait le narcotrafic, lui aux côtés des victimes par balles, des jeunes qui croyaient pouvoir s’en sortir en acceptant l’argent facile, moi en aidant les usagers de drogue, aussi des victimes » nous confie, émue, Michèle Rubirola (EELV), première adjointe au maire de Marseille. Pour elle, avec le meurtre de Mehdi, un « cap a été franchi, la société est en danger » et la seule politique sécuritaire ne saurait suffire. « Il faut aussi des politiques sociaux et de reconstruction de la ville » estime l’élue avec à ses côtés Didier Jau maire écologiste des 4e et 5e arrondissements, Marie Toussaint, députée européenne EELV ou encore Olivia Fortin (Mad mars) maire des 6-8.

    Marion Honde-Amiar, responsable du collectif quartiers populaires du PCF 13 et militante des 13-14, Audrey Cermolacce, membre du conseil national du PCF et élue de Septèmes-les-Vallons, et Marie-José Cermolacce, conseillère municipale déléguée aux nouveaux arrivants et conseillère d’arrondissements déléguée au port et à la sécurité, sont là aussi. Cette dernière oscille entre tristesse et colère. « C’est chaque mois un point de bascule, combien de morts encore va-t-il falloir pour que l’État se mobilise ? » s’indigne l’élue qui n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme au fil des narchomicides, entre lettre au préfet et travail avec ses homologues d’autres villes. Comme beaucoup ce soir-là, elle compte bien qu’enfin les citoyens se fassent entendre, lors de la marche blanche organisée samedi après-midi, à laquelle elle participera.

  • Nîmes en commun fait parler la ville

    Nîmes en commun fait parler la ville

    Dans la chaleur boisée de l’arrière-salle du Prolé, les chaises serrées jusqu’au fond, Hugo Carlos, du collectif Nîmes en commun, plante le décor : « On est nombreux ce soir », sourit-il, micro en main. Il remercie la cinquantaine de personnes présentes – membres du collectif comme simples curieux – pour la réunion hebdomadaire de ce lundi 10 novembre, malgré le pont. Le rituel des présentations ne s’éternise pas, car l’urgence est ailleurs : faire le point sur ce questionnaire qui doit « faire émerger des priorités collectives des Nîmois » et, surtout, accélérer sa diffusion à quinze jours de l’échéance (24 novembre) avant la restitution promise le 11 décembre à la Halles des Sports.

    Le compteur a franchi la barre symbolique – « largement plus de 2 000 questionnaires », dont une centaine en ligne en vingt-quatre heures. La méthode, elle, s’affine. D’abord retenus pour économiser (0,20 euro l’exemplaire), les feuillets vont désormais circuler « au large » : cafés, bistrots, halls d’immeubles. Et lundi prochain ? Une idée fait consensus : remplacer la réunion hebdomadaire par une opération sur un point très passant de la ville pour maximiser les remplissages.

    Sur le fond, les récits fusent, précis, sans fard. Katia raconte l’accueil « très favorable » au stade des Antonins, quartier populaire où l’on prend le temps d’écouter. Christian détaille sa tournée « chez les connaissances » : deux heures par foyer parfois, tant les questions appellent la discussion. Au Cercle, on a changé de consigne : remplir sur place si possible, sinon emporter, « parce qu’on sent un vrai besoin de s’exprimer ». Ce besoin se lit d’ailleurs dans les champs libres : 450 témoignages déjà, recopiés mot à mot par Adèle et Marie, puis analysés « avec un peu d’intelligence artificielle ». À Jean Bouin, une scène reste en tête : une mère en difficulté avec le français répond grâce à sa fille de 14 ans, très au clair sur l’écologie ; ailleurs, des personnes âgées préfèrent qu’on leur lise les questions.

    « On ne peut pas parler pour les quartiers »

    Quand vient l’heure des thèmes qui remontent, trois mots s’imposent : transports gratuits (notamment pour les jeunes), sécurité, confiance envers les élites. Et l’exigence d’ancrage ressurgit, brutale et salutaire. Un participant des quartiers populaires – Madani – interpelle : l’initiative ne vaut que si « les militants des quartiers » sont au cœur des décisions. « On ne peut pas parler pour les quartiers sans leurs habitants. » La salle se tend, puis respire. Le message est pris au sérieux : identifier les zones moins couvertes (Garrigues Ouest, route d’Alès, Védelin, sud entre Leclerc et la rocade) et y concentrer l’effort, peut-être dès l’opération de lundi.

    En conclusion, le collectif s’est projeté sur la restitution du 11 décembre : grande salle à remplir, visuels en fabrication, et surtout une méthode « à l’ancienne » : rappeler personnellement chaque répondant. Rendez-vous est donné le 24 novembre au Cercle de l’Avenir pour se répartir des listes : « chacun 3 à 10 contacts », un argumentaire, et l’ambition de faire parler la ville « du 11 ».

  • LFI rompt avec Toulon en Commun et lance sa propre liste

    LFI rompt avec Toulon en Commun et lance sa propre liste

    Après la droite, éclatée entre les candidatures du sénateur (LR) Michel Bonnus et celle probable de la maire sortante (SE) Josée Massi, la division gagne la gauche, à Toulon. Vendredi, la France insoumise (LFI) a annoncé sa candidature aux élections municipales 2026, avec comme chefs de file Isaline Cornil, candidate du Nouveau Front populaire (NFP) aux législatives 2022 dans la 2e circonscription du Var, et Pierre-Yves Denis, l’un des responsables locaux du mouvement. LFI se retire ainsi de la candidature commune à gauche menée par Toulon en Commun (TEC), avec la socialiste Magali Brunel (PS) en tête de liste.

    Alors que cette dernière estimait, il y a trois semaines, que « la balle (était) dans le camp de LFI », les insoumis ont choisi de faire cavalier seul. La faute, en premier lieu, selon eux… à la tête de liste elle-même : « Notre seule ligne rouge était de ne pas avoir une tête de liste socialiste. On parle d’union, mais il y a la réalité des engagements. Je ne pense pas que ce soit un bon signal, pour les électeurs, de s’unir derrière des gens qui négocient ce qu’ils sont en train de négocier à Paris », martèle Pierre-Yves Denis.

    L’union encore possible ?

    Un cas qui n’est pas sans rappeler celui de La Seyne-sur-Mer, où LFI a également annoncé ne pas soutenir la candidature commune de gauche, menée par Stéphane Sacco (GRS), « autoproclamé tête de liste, alors que les discussions n’avaient pas été menées à bout, avec le soutien du PCF. Cela avait même été critiqué par le PS et les Écologistes », détaille Isaline Cornil.

    Dans la seconde ville du Var, comme dans la première, la question de la légitimité demeure centrale, en plus des désaccords programmatiques : « En juin, nous avons proposé une liste commune dotée d’un programme de rupture et représentative de ce qu’est la gauche à Toulon. LFI devait y tenir la place qui correspond à ce qu’elle représente électoralement depuis 2022, sachant qu’à Toulon, nous sommes la première force politique au sein du NFP. Lors de notre dernière réunion, TEC a rejeté toutes nos propositions en bloc », soutient Isaline Cornil.

    TEC livre une autre version : « LFI est partie de TEC, est revenue, puis repartie. Ils connaissent notre fonctionnement, notamment pour le choix de la tête de liste, et n’ont pas voulu participer. TEC prend ses décisions en assemblée populaire et élabore démocratiquement un programme depuis 7 ans. LFI, dont le programme est celui en neuf points envoyé par Paris, voulait en discuter après coup. Les décisions de l’assemblée pouvaient ainsi être remises en cause. C’est l’ADN démocratique de TEC qui disparaîtrait », réagit la liste de gauche, affirmant qu’il n’y a « qu’à la présidentielle que LFI est devant ».

    Dans ces conditions, le combat contre l’extrême droite peut-il encore être gagné ? « L’idée que la division alimente le RN est fausse. Ce qui l’alimente, c’est le manque de projet politique capable de lui faire face », estime Pierre-Yves Denis, qui mise aussi sur la mobilisation « du bloc abstentionniste », très présent dans les quartiers populaires, pour arriver à ses fins. Même si à LFI, comme à TEC, on n’exclut pas de reprendre des discussions. « Si TEC a besoin de l’électorat LFI sur un programme de rupture, nos propositions restent valables. Nous ne sommes pas une liste anti-TEC », pose Isaline Cornil.

    S’ils partent seuls comme annoncé, les insoumis présenteront une liste dite d’union populaire, composée d’au moins 25% de citoyens non encartés. Avec, comme lignes fortes évoquées, participation citoyenne, lutte contre la pauvreté et l’habitat indigne, adaptation au changement climatique, transports en commun (création d’un tramway comme pour TEC), gestion démocratique des services publics, avec un accent sur la rénovation des écoles et l’accessibilité, police de proximité, amélioration de l’offre de santé ou lutte contre les discriminations. Un programme construit avec les citoyens, « en allant taper aux portes pour changer la vie des Toulonnais », annonce Isaline Cornil.

  • « Une première victoire », mais pas de terrains pour l’Orange Football Club

    « Une première victoire », mais pas de terrains pour l’Orange Football Club

    « C’est une première victoire, mais le chemin reste long », confie Amid Chouly, président de l’Orange Football Club (OFC), ce jeudi 13 novembre. Il évoque la décision du tribunal administratif de Nîmes d’annuler la décision de la préfecture de Vaucluse retirant l’agrément de son association sportive. Sauf que, dans le même temps, la municipalité orangeoise a attribué le stade Clapier au Rugby Club Orangeois.

    « L’arrêté était disproportionné », explique Simon Renault, avocat du club. L’agrément avait été retiré, en janvier, à la suite à des actes de « violence », mais la décision avait été suspendue par la justice, en mars. Ce qui avait alors permis aux jeunes de 4 à 13 ans de refouler les terrains jusqu’en été. « Nous avons pu montrer que 4% des rencontres avaient connu un trouble à l’ordre public. Les juges ont estimé que ce pourcentage était trop faible pour justifier une décision aussi lourde », précise Me Renault.

    Dialogue rompu

    Fin juillet, les dirigeants de l’OFC ont appris que le stade Clapier serait désormais occupé par le club de rugby local, à leurs dépens, alors que ce dernier dispose déjà d’un autre stade sur la commune. Une décision également contestée en justice.

    Le tribunal administratif de Nîmes a rejeté la requête en référé dans un premier temps, estimant « qu’il n’y avait pas d’urgence, la saison ayant déjà commencé », indique Simon Renault. Un recours en annulation est en cours devant la juridiction. Une procédure qui peut durer jusqu’à 18 mois. « C’était un coup de massue pour moi et les autres membres du bureau », lâche le président de la structure, qui demande désormais « à rouvrir le dialogue avec la mairie, car on n’a plus eu de réponses à nos prises de contact depuis, alors que l’on se pliait à toutes leurs demandes avant ces problèmes ».

    Avant cette affaire, le club comptait 300 licenciés. La plupart des jeunes footballeurs ont rejoint des clubs voisins, « mais on estime qu’environ 100 d’entre eux ne sont pas allés dans une autre structure », estime Amid Chouly. « Nous privilégions l’aspect social, car nous sommes situés dans une zone entourée de quartiers populaires. Beaucoup de mamans n’ont pas les moyens d’amener leurs enfants plus loin. Certains vont traîner dans la rue et on ne souhaite pas ça », poursuit le président du club.

    Contactée, la municipalité d’Orange n’a pas répondu à nos sollicitations.