Tag: quartier

  • Martigues : la nouvelle direction de 13 Habitat réinvestit Notre-Dame des Marins

    Martigues : la nouvelle direction de 13 Habitat réinvestit Notre-Dame des Marins

    Dans les couloirs du bâtiment Loup de Notre-Dame des Marins, peu de choses ont changé depuis l’été dernier. C’est pour cela que l’État, le bailleur 13 Habitat, les élus et agents de Martigues parcourent la cité mardi 23 décembre après-midi, six mois après la dernière visite avec l’ancienne ministre de la Ville Juliette Méadel (SE). Les traces de pneus marquent encore les sols, des trous sont parfois bouchés de ciment. Les gaines techniques sont ouvertes, certaines avec des câbles électriques pendants, quand elles ne sont pas utilisées comme dépotoirs.

    Au bâtiment Nef, prisé des trafiquants, la donne est différente. Si les vitres de l’escalier sont encore taguées, les murs ont été repeints… jusqu’au 3e étage. Un passant le souligne : « Ils ont repeint mais pas chez nous. Ça, j’ai pas accepté. » Mais note quand même une amélioration : « L’ascenseur tombe souvent en panne mais 13 Habitat réagit et répare rapidement. Le chauffage ça va. » En dépit de cela, « j’ai qu’une envie, c’est de partir car on n’en peut plus » confie l’habitant, désabusé.

    Le maire (PCF) Gaby Charroux présent à la visite considère qu’« il y a des avancées, mais encore insuffisantes » sur les travaux urgents. Ces désagréments devaient être réglés rapidement après la sanction financière infligée cet été à 13 Habitat, qui avait débloqué un budget d’un demi-million d’euros pour ce faire.

    Alors la concertation avec les résidents reprend au centre social, à l’issue de la visite. « Ce que j’ai vu ne me satisfait pas » admet Jean-Marc Perrin, nouveau président (DVD) de 13 Habitat depuis la mi-juillet. Le nouveau directeur général Damien Vanoverschelde affirme « chercher les moyens de remédier à ces dysfonctionnements », malgré des « contraintes supplémentaires du fait d’une architecture atypique ».

    « On va finir par partir ! »

    L’annonce était attendue. « Les déclarations de travaux pour l’isolation thermique et la rénovation du bâti ont été déposées » selon le directeur général. « 44 millions d’euros sont mobilisés » poursuit Damien Vanoverschelde, « les travaux débuteront en 2027 ». Tollé chez les habitants. « Cet été on nous a dit 2026, on va finir par tous partir » s’écrie l’une. « C’est toujours la même chose », renchérit une autre. La préfète déléguée Isabelle Epaillard, représentante de l’État, affirme qu’il s’agit d’« une procédure obligatoire avec des étapes. Mais les travaux sont bien lancés ».

    Thierry Del Baldo, de la Confédération générale du logement interroge : « C’était 52 millions il y a 6 mois. En mars, on avait 900 000 euros pour étanchéifier les toits, où est passé cet argent ? ». Le directeur général de 13 Habitat répond : « Des rustines ont été mises, mais si on intervient sur le toit on devra percer à nouveau lors de la réhabilitation. Les travaux ont été différés. » Et abonde : « Nous avons triplé le budget d’entretien, soit 670 000 euros en 2025. »

    In fine, Gaby Charroux est « satisfait » de l’engagement du bailleur et sort « avec espoir » de la réunion. Mais « le travail est loin d’être fini » comme disait la préfète à l’égalité des chances Isabelle Epaillard en introduction.

    Une rénovation à 44 millions

    C’est le budget de la réhabilitation tant attendue du quartier annoncée par le directeur général de 13 Habitat Damien Vanoverschelde. Cela comprend « l’isolation thermique, la reprise des toitures, le changement du système de chauffage et le remplacement des jardinières agréées par les Bâtiments de France » d’après le directeur.

    Une « contribution », ou augmentation de loyer est envisagée par le bailleur : « Si le plan de financement n’est pas complété, on en discutera au préalable », annonce le directeur général, qui accuse des difficultés financières.

  • Les syndicats réclament des moyens

    Les syndicats réclament des moyens

    « Qu’ils inaugurent, c’est bien mais qu’ils respectent aussi les engagements d’échelonner l’ouverture, nous serons vigilants. » À la veille de la venue d’Emmanuel Macron pour inaugurer les Baumettes 3, Catherine Forzi, surveillante pénitentiaire et déléguée FO Justice, réclame des effectifs. Après l’ouverture d’un quartier homme mi-novembre, d’un autre la semaine suivante, un troisième va suivre en janvier, précise-t-elle. Mais il manquera toujours une vingtaine d’effectifs pour permettre le fonctionnement des deux « quartiers de confiance », en mai, où les détenus peuvent, durant la journée, circuler librement dans les coursives, assure-t-elle.

    Le chef de l’État n’a pas prévu de recevoir les organisations syndicales, mais Aïcha Khelfa, secrétaire régionale adjointe de la CGT Pénitentiaire a tout de même un message à lui faire passer : « qu’avec le ministre, ils se donnent les moyens humains et financiers de leurs ambitions ! Nous sommes la troisième force d’État mais la cinquième roue du carrosse. »

    Elle insiste aussi sur les effectifs : « on ne sait pas ce que ça va donner à la prochaine sortie de l’Enap [École nationale d’administration pénitentiaire Ndlr]. Il manque des personnels aussi dans l’insertion, la probation, l’administratif… » Ce qu’elle craint, c’est le transfert de détenus depuis les autres établissements, surtout avec l’ouverture du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) à Luynes. De manière plus générale, sur les mesures prises dans les établissements pénitentiaires comme les « fouilles XXL » qui ont permis de saisir le 11 décembre, 44 téléphones et 70 g de substances illicites, rappelle FO, les deux syndicats appellent à plus de discrétion. « Le ministre communique à outrance, les détenus ont la télé » résume Aicha Khelfa, qui là encore, réclame des effectifs et un assouplissement de l’article 57 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 pour permettre des fouilles plus « systématiques. »

  • Les infractions à l’urbanisme et la limite des poursuites à Marseille

    Les infractions à l’urbanisme et la limite des poursuites à Marseille

    Quoi de mieux pour échapper aux poursuites que de mettre à néant la procédure. Ce fut le cas lundi devant la chambre de l’urbanisme. D’entrée, un avocat fait mouche en lançant que l’inspecteur de l’urbanisme de la Ville de Marseille a pénétré au domicile de son client et pris des photos depuis sa terrasse. « L’inspecteur de l’urbanisme n’a effectivement pas relevé votre consentement écrit pour pénétrer dans votre propriété. Il ne fait même pas état de l’accord oral donné. Le procès-verbal de constat des infractions du 14 septembre 2020 est donc nul. C’est la seule pièce du dossier. Vous êtes relaxé de toutes les infractions », doit admettre la présidente face au prévenu qui fond de bonheur.

    Venue personnellement défendre à la barre ses dossiers, la directrice de l’urbanisme de la Ville de Marseille s’incline et s’entend rappeler du tribunal que depuis la loi Elan de novembre 2018, l’article L480-17 du code de l’urbanisme stipule que « les domiciles et les locaux comportant des parties à usage d’habitation ne peuvent être visités qu’entre 6h et 21h, avec l’assentiment de l’occupant ou, à défaut, en présence d’un officier de police judiciaire (…). Cet assentiment doit faire l’objet d’une déclaration écrite de la main de l’intéressé. » Une petite note de service ?

    Un cabanon à l’Estaque

    Dossier suivant. « Je m’étais déplacé au service de l’urbanisme. On m’avait dit oralement que pour moins de 5 m², je n’avais pas besoin de déclaration préalable », explique avec une apparente bonne foi le propriétaire d’un cabanon à l’Estaque (16e). Mais l’extension de 4,95 m² réalisée début 2015 sur son cabanon de 13 m² en rez-de-jardin viole le PLUi. 4 ans plus tard, un inspecteur de l’urbanisme vient dresser un PV d’infraction. Le propriétaire tente en vain de régulariser. Le parquet débordé propose un classement sous condition mais le prévenu refuse l’amende-cadeau de 5 000 euros, arguant qu’il a saisi le tribunal administratif. Ce dernier tranche 4 ans plus tard en donnant raison à la Ville : c’est une construction nouvelle détachable du cabanon faute de porte. « Si chacun se dit que pour moins de 5 m², on peut ne pas respecter le PLUi alors plus aucune norme n’est respectée. La règle est là pour tout le monde et pour préserver notre environnement », sermonne la présidente. La directrice de l’urbanisme réclame la démolition de l’extension, « cet avantage que n’auraient pu obtenir ceux qui respectent la règle ». La plus-value de ce bien résulte aussi de l’infraction : le cabanon acheté 195 000 euros en 2011 est à vendre aujourd’hui 365 000 euros. Le tribunal a écarté la démolition, considérant la bonne foi du prévenu qui ressort de sa prise de contact initiale avec le service de l’urbanisme. C’est donc une amende de 10 000 euros calculée sur le prix au mètre carré dans le quartier.

  • Les salariés d’Orange de retour à Saint-Mauront

    Les salariés d’Orange de retour à Saint-Mauront

    Des salariés plus gênés par la présence des caméras qu’autre chose… Sur le site d’Orange à Saint-Mauront (3e), c’est la rentrée ce lundi 15 décembre, après quinze jours de fermeture temporaire. La direction de l’entreprise ayant pris cette décision fin novembre après des « événements répétés » qui ont entraîné deux confinements. Les syndicats CGT et CFE-CGC avaient déposé des droits d’alerte pour « danger grave et imminent ». Tandis que la préfète de police déléguée, Corinne Simon, démentait, assurant n’avoir recensé aucun appel au 17, pas plus qu’avoir été alertée par la direction d’Orange.

    À la sortie du métro National, les salariés pressent le pas. « Franchement, on a l’habitude de cette ambiance, disons un peu chaude, les tags sur les murs, et tout le reste… Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Mais je n’ai jamais eu peur », confie l’une d’entre eux. Elle poursuit : « Ce n’est pas quinze jours de fermeture de site qui va régler un problème aussi important. » Même son de cloche chez un de ses collègues, Frédéric, habitant des quartiers Nord. Lui, ce qui « le tue », « c’est qu’on a un commissariat à quelques mètres et des points de deal de partout ». Un peu plus loin, un habitant tient à intervenir : « Y a pas qu’Orange, nous aussi on est là ! »

    La CGT prône

    le vivre-ensemble

    Depuis l’ouverture des portes ce matin-là une voiture de police a pris place sur le trottoir d’en face, une autre un peu plus loin. Le trafiquant de cigarettes est au rendez-vous lui aussi, vendant à l’unité, non sans succès si on en croit la liasse de billets qu’il compte. Les organisations syndicales ont pu rencontrer le responsable d’Orange France. « On est rassuré par le dispositif mis en place, on a aussi demandé une hotline avec des psychologues » indique Jérôme Bissey, délégué syndical CFDT Orange grand Sud Est, précisant que pour le moment 380 sur les 1 200 salariés du site, ceux qui viennent en transports en commun, sont concernés, dans l’attente de travaux sur les parkings.

    Contrairement à la CFE-CGC qui dénonce dans un communiqué un « retour forcé » et demande le « transfert des collaborateurs, tant que l’ordre républicain ne sera pas durablement rétabli dans le quartier », la CFDT réclame l’ouverture d’un deuxième site sur Marseille, Orange ayant vendu une bonne partie de son patrimoine immobilier. « Pour nous, cette réunion a permis de recadrer un peu certains syndicats qui font monter la sauce sur des thèmes politiques, ce qui n’est pas de bon augure dans un quartier comme Saint-Mauront, au lieu de travailler sur le vivre-ensemble, à la part sociale que doit prendre Orange dans le quartier », estime Guillaume Lamourette secrétaire départemental de la Fapt- Telecoms 13. Pour le syndicaliste, la disparition des services publics dans les quartiers est aussi un facteur aggravant. Dans un tract distribué aux salariés, la CGT rappelle ses revendications : remboursement des abonnements RTM, ouverture de plusieurs sites, un parking…

    Après plus d’une heure de réunion, la préfète de police estime que la « crise est passée » mais précise que le dispositif restera « souple et adapté ». Au-delà des rondes et patrouilles, une présence statique est assurée « sur des horaires de rentrée et de sortie des salariés pour leur permettre de travailler en toute sécurité ». Et ce pour au moins quinze jours. La direction d’Orange affirme, elle, « rester pleinement mobilisée pour assurer un environnement de travail sécurisé et serein. »

  • L’église Saint-Martin d’Arenc : un scénario à l’horizon 2033

    L’église Saint-Martin d’Arenc : un scénario à l’horizon 2033

    « C’est encore lent et encore long mais de l’argent public est mis sur la table pour que ce quartier un peu endormi vive. C’est vrai qu’il faudra encore trouver un porteur de projet » a reconnu la conseillère métropolitaine Solange Biaggi (LR), vendredi, lors de la réunion publique présentant les jalons d’une renaissance de l’église Saint-Martin d’Arenc en péril rachetée en 2018 au diocèse.

    « Le Département a pris l’engagement de réhabiliter ce bâtiment, de conforter sa structure et ses fondations avec des micropieux. En parallèle des marchés de travaux, on lancera un appel à manifestation d’intérêt avec un cahier des charges qui aura été écrit en fonction de ce que vous, riverains, CIQ, élus, Euromed et le Département, souhaitez pour ce bâtiment et son jardin » a ajouté la conseillère départementale déléguée à l’aménagement du territoire, aux équipements structurants, Laure-Agnès Caradec (LR) qui évalue à 10 millions d’euros la seule phase de confortement.

    Les études des besoins pilotées par PR’Optim, l’agence de programmation architecturale et urbaine, convergent pour un aménagement de l’église en 4 unités fonctionnelles, une visibilité de la nef jusqu’au chœur. La concertation est unanime « pour conserver ce patrimoine, en faire un lieu fédérateur, une forme de cœur de village avec une mixité d’usages ». Une fois l’édifice consolidé, ce ne sera pas un équipement public. Il s’agit après validation de créer un lieu ouvert 7 jours sur 7, sur le quartier valorisant le jardin, confié à un gestionnaire privé avec plusieurs exploitants.

    Le calendrier prévisionnel livre les jalons d’une opération de longue haleine : lancement en 2026 d’un marché de maîtrise d’œuvre pour des travaux de confortement et sur le clos et couvert en 2028 et 2029, une longue phase d’observations de la stabilité de l’ouvrage et de son clocher avant le choix, en 2030, d’un porteur privé. Un marché de restauration finale serait alors lancé en 2031 pour une livraison en 2033. On l’a compris, l’impatience n’est pas permise.

  • Une médiathèque faite avec et pour les habitants rue Loubon

    Une médiathèque faite avec et pour les habitants rue Loubon

    « Ça sera notre prochain refuge ». Avant même de visiter les travaux qui transforment l’ancienne usine de farine du 32 rue Loubon en médiathèque, Wassila en est certaine : ça va lui plaire. La jeune mère, ambassadrice du livre de l’association Peuple et Culture, est venue avec ses collègues découvrir, vendredi dernier, l’évolution des travaux. Un projet qu’elles suivent depuis un an, afin d’apporter leurs idées et leurs besoins.

    Des habitantes du 3e arrondissement et membres de l’association Mot à mot les accompagnent pour visiter le lieu. Les fils qui pendent, les échafaudages et les isolants qui traînent ne semblent pas les empêcher de se projeter. « On s’y voit parfaitement », s’exclame Wassila. En découvrant le puits de lumière et les charpentes apparentes du lieu, Mounira lâche un petit « c’est trop beau ».

    Un peu plus loin, elles pénètrent dans l’espace prévu pour la cuisine et le restaurant, séparé par une baie vitrée de la zone prévue pour la jeunesse. « C’est ce qu’on voulait : un café pour se retrouver où on voit nos enfants », s’enthousiasme Fatiha, mère de 5 enfants, qui suit le projet avec l’association Peuple et Culture depuis un an.

    Puis direction l’étage pour voir les volumes qui deviendront des salles de danse, de lecture, d’éveil sensoriel pour les bébés. Le moment décidé par la directrice de la médiathèque, Coline Meirieu, pour annoncer qu’il y aura des tables de ping pong en extérieur. Ce qui fait germer des idées. « Pourquoi on ne ferait pas des tables pour les échecs aussi ? », propose Fatiha, provoquant l’engouement des participantes. Une idée à laquelle n’avait pas pensé la directrice.

    La parole des habitants

    « On voit qu’il y a eu la parole des habitants qui a été écoutée, applaudit Mounira. Je n’ai jamais vu un projet de bibliothèque aussi varié. ça va vraiment faire vivre le quartier ! ». Elle regrette cependant qu’il n’y ait pas eu plus de communication en amont autour de la concertation, car elle aurait souhaité y participer. Mais c’est enthousiastes que toutes ressortent de la visite. « C’est bien, parce qu’il manquait d’un lieu comme ça dans le secteur. Parce qu’Alcazar, c’est quand même un peu loin », confie Nesrine, habitante du 3e arrondissement.

    Une nouvelle concertation avec les habitants et les associations est prévue le mardi 27 janvier au centre social de la Belle de Mai à 14h pour réfléchir au fonctionnement de l’établissement.

  • Les habitants mobilisés contre les rues fermées aux Chutes Lavie

    Les habitants mobilisés contre les rues fermées aux Chutes Lavie

    « Fermer un accès, c’est discriminer un quartier. » Les slogans sont divers ce samedi matin sur le boulevard des Chutes-Lavie, mais le message est le même : le refus de la fermeture de la rue de la Pépinière. À l’appel du collectif des habitants des Chutes-Lavie, ils sont une quarantaine à s’être rassemblés pour réclamer l’ouverture de ce portail, qui complique la vie quotidienne de certains d’entre eux.

    Le « portail de la discorde », se trouve à l’une des entrées de la cité jardin des Chutes-Lavie. Il a été installé par la copropriété de la cité, gérée en partie par Provence Métropole Logement. Depuis 2020, il n’est accessible que grâce à un badge, empêchant les non-résidents de la cité d’emprunter cette rue. Pourtant, elle est le passage le plus rapide pour accéder à la crèche, au centre municipal d’animation et au parc public situé à l’intérieur de la cité. Sa fermeture pousse les habitants à faire un grand détour pour accéder à ces services publics.

    Un kilomètre de détour

    Apolline a renoncé à mettre son fils d’un mois à la crèche. « J’habite rue de la Pépinière. La crèche est à 2 minutes à pied sans ce portail. Mais avec, on doit faire un détour de 1 km et emprunter le boulevard Guigou, où le trottoir est trop étroit pour rouler avec la poussette. On doit marcher sur la route mais les voitures vont super vite, donc c’est dangereux », se désole-t-elle.

    Un boulevard qui complique aussi la vie de Jean, 70 ans. Ancien habitant du quartier, il vient souvent rendre visite à des amis ou de la famille, et est dorénavant obligé de prendre ce boulevard. « Cette montée est très difficile pour les personnes âgées », se désole le septuagénaire, à qui il manque un poumon. « Et le trottoir est impraticable si on a une canne parce qu’il y a plein de trous », témoigne Mylène, membre du collectif.

    La fermeture rend également les commerces situés en haut de la cité moins accessibles. « Quand on a aménagé, il y a 4 ans, on pensait qu’on avait tout à proximité. Mais avec ce portail on est obligé de prendre la voiture », se désole Apolline. Un problème pour les personnes non véhiculées.

    Fermeture d’une école :

    la goutte d’eau…

    Cette entrave à la circulation a entraîné en septembre, la fermeture de l’école maternelle des Chutes-Lavie, par manque d’élèves. « Ce fut l’élément déclencheur à la création du collectif des habitants des Chutes-Lavie, raconte Nathalie Prost, membre de celui-ci. On était plusieurs groupes à lutter contre ce portail. On a donc fait une pétition contre et on a créé un collectif, ce qui nous a permis de nous regrouper. » Le 5 novembre dernier, il a obtenu une rencontre avec Solange Biaggi, présidente (LR) de Provence Métropole Logement, pour trouver une solution concertée. Le bailleur a décidé à la suite de cette réunion que le portail resterait fermé « au nom de la sécurité et de la tranquillité des résidents ».

    La mobilisation a reçu le soutien du maire (EELV) de secteur, Didier Jau, dès 2022 et depuis novembre dernier, celui de la mairie centrale. Dans une lettre, Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille a notamment exigé du bailleur social, l’ouverture contrôlée de la rue de la Pépinière. « On ne demande pourtant pas la lune, juste un accès piéton en journée, pour nous éviter de faire des grands détours », soupire Mylène, membre du collectif.

    Pétition en ligne : bit.ly/Chutelavie

  • Nicolas Koukas en campagne pour « un mandat de la proximité » à Arles

    Nicolas Koukas en campagne pour « un mandat de la proximité » à Arles

    « On rentre dans le vif du sujet. » Baptiste Guéri, de l’équipe de campagne de Nicolas Koukas (PCF), ne croit pas si bien dire, alors que la tête de liste de l’Union pour Arles a lancé la campagne, jeudi soir, dans l’école André-Franck de Trinquetaille avec plus de 200 participants annoncés.

    La participation est justement l’un des enjeux majeurs développés par l’équipe de l’Union pour Arles. Le directeur de campagne, Jean-Frédéric Déjean, a introduit cette aventure comme « n’appartenant pas à une tête de liste, ni aux partis, ni à personne, mais à chaque participant ». Nicolas Koukas a répété que « les Arlésiens en ont assez que des décisions soient imposées sans concertation », à l’image du contournement autoroutier d’Arles, pour lequel il réitère sa proposition de consultation citoyenne.

    Même constat dans les quartiers. Comme à Barriol, où cet habitant conteste un programme immobilier : « On veut un square et du vert, plus de béton ni de grands immeubles qui nous ont été imposés sans concertation. » « On ne peut pas passer en force comme ça », lui répond le candidat.

    Une charte d’engagement

    Au-delà de la consultation, le candidat insiste sur la proximité et la démocratie participative. « Les gens veulent discuter, échanger, voir leurs élus en physique », insiste la tête de liste. C’est sur ce fondement que Nicolas Koukas annonce de premières mesures. « Nous réouvrirons des mairies annexes pour renforcer notre présence dans tous les quartiers, hameaux et villages » de même que « nous demanderons à nos élus d’être présents et de tenir une permanence chaque semaine ». Pour ce faire, le candidat souhaite également « une charte de déontologie et d’engagement des élus avec présence obligatoire dans les quartiers ».

    Un volet financier est prévu à ce sujet. Nicolas Koukas propose de construire « un budget participatif avec les habitants », dont la participation serait « organisée sous forme de conseil de quartier ». « Ce sont les quartiers les plus difficiles qui ont été abandonnés, il leur faut une enveloppe à la hauteur des enjeux », souligne le candidat, en réaction à une habitante évoquant la perte de subventions pour de nombreuses associations.

    Pour le financement, l’équipe vise notamment les fonds européens.

  • La mémoire vive de la rue d’Aubagne aux Archives

    La mémoire vive de la rue d’Aubagne aux Archives

    Sept ans après les effondrements, le drame de la rue d’Aubagne poursuit son chemin mémoriel. Une partie de cette histoire est officiellement entrée ce vendredi aux Archives municipales de Marseille. La convention a été signée lors d’une table ronde organisée dans le cadre des 5e Rencontres de l’éducation populaire.

    En septembre 2019, des chaînes ayant fermé les immeubles frappés d’arrêtés de péril avaient déjà fait leur entrée au Musée d’histoire et rejoint les collections muséales de la ville pour en devenir « un bien culturel inaliénable ». Cette fois ce sont des documents et récits toujours collectés par Noailles Debout ! avec la coopérative Hôtel du Nord auprès des habitants, qui seront conservés et mis à disposition de tous.

    « La profondeur du récit, du témoignage, en est d’autant plus émouvante et pertinente. Car c’est le propre des récits de vie, des témoignages oraux que de donner du sens à des documents, des informations ou des objets, produits par des services publics ou conservés par eux », apprécie Jean-Marc Coppola, adjoint à la culture. Dans ce projet de collecte, « l’équipe des Archives municipales s’est contentée de conseils et recommandations juridiques et pratiques », insiste l’élu communiste, rappelant que Noailles Debout ! et Hôtel du Nord « ont mené, en toute indépendance, le projet de collecte et fait le choix de cette donation ».

    « Projets co-construits »

    Présents pour l’occasion, quatre membres de Noailles Debout !, Laura, Jean, Laurent et Mélina, ont rappelé à la tribune le chemin parcouru par cette « association à but réparateur » qui s’est très vite retrouvée à marcher dans les pas de convention de Faro, à laquelle la municipalité a adhéré en juillet 2025, en œuvrant à la constitution d’une mémoire vive et collective du quartier et témoignant de l’engagement des habitants dans la préservation de leur patrimoine et le respect de leur histoire. Désormais un comité d’archives du quartier est à l’étude.

    « Des projets co-construits avec les habitants, dans un but de résilience pour dépasser le traumatisme en l’inscrivant dans une histoire collective reconnue », développe encore Jean-Marc Coppola. L’illustration d’« une conjonction heureuse entre projets administratifs, politiques et citoyens », note Olivier Muth, le directeur des Archives municipales.

    Un projet en lien direct surtout, avec la table ronde de la matinée baptisée : Écouter, reconnaître, transmettre : démarches mémorielles, patrimoniales et historiques portées avec et par les habitants. « L’idée des Rencontres de l’éducation populaire, c’est d’avoir un temps où on rend visibles des pratiques qui participent de la co-construction avec les habitants de la politique publique dans la ville dans une démarche d’éducation populaire », explique Marie Batoux, adjointe (PM) en charge de l’éducation populaire, pour présenter cette table ronde qui a mis en avant, durant près de deux heures, « la question des mémoires des habitants et leur place dans la ville ».

    Un travail notamment mené dans plusieurs centres sociaux et illustré par les témoignages de Fatima et Amina, ambassadrices citoyennes de Frais Vallon, sur l’histoire de leur quartier, ou dans un autre genre, par celui de Nicolas Dupont, animateur du groupe Mémoire de la coopération territoriale sur la Belle de Mai.

  • La santé des habitants au menu de l’Après M

    La santé des habitants au menu de l’Après M

    « Quand José Bové démolissait les fast foods, j’étais contente. » Si Michèle Rubirola, première adjointe au maire de Marseille et en charge de la santé, rappelle son combat contre les chaînes de restauration rapide, elle ne cache pas non plus son attachement à l’Après M.

    « Un lieu emblématique de lutte, de résistance et de solidarité », comme elle le qualifie, et qui a accueilli toute une journée sur les thèmes de la « santé et de l’alimentation » avec une série d’animations et d’ateliers. Paradoxal pour un fast food, ancien McDonald du quartier de Sainte-Marthe (14e arrondissement), repris par ses anciens salariés au terme d’une longue et âpre lutte ? « Justement, avec la volonté de l’Après M de prendre soin de la population, on travaille avec son équipe pour proposer aux habitants du quartier une réflexion sur ce qu’est une bonne alimentation pour la santé, et la santé globale », développe l’adjointe et médecin de profession. Par « santé globale » entendez par-là qu’elle développe une « approche transversale ». « On parle d’équilibre alimentaire, mais si on mange des fruits et légumes bourrés de pesticides… Il faut donc travailler sur quels aliments on peut prendre : l’assiette dépend du champ ! », poursuit Michèle Rubirola. Elle prend des exemples concrets du travail de la Ville sur le sujet : « Tout autour de l’Après M, il y a des expériences pour des produits sains : on a installé des agriculteurs, il y a des jardins partagés. » Et le lien est tout trouvé avec l’événement du jour au fast food solidaire : on y retrouve la compagnie de théâtre-forum Force Nez pour des animations qui mettent à contribution les clients. Plusieurs professionnels du centre de santé Mareposa et de la Maison de l’infirmière sont également présents pour aiguiller le public.

    Combat pour

    la « fastronomie »

    « C’est essentiel pour notre territoire d’avoir des initiatives comme ça. On a la volonté de transformer la normalité des fast-foods en ce qu’on appelle la fastronomie, avec des produits de qualité », se félicite Abderrahmane Mesbahi, responsable de l’ingénierie sociale à l’Après M.

    Il rappelle le burger étendard de cette politique, « L’ovni » élaboré avec le restaurateur étoilé Gérald Passedat. Et de développer : « Pour la viande, on va voir le boucher d’à côté et on compresse les prix. Sur le bio, il faut qu’on sorte de la périphérie de notre restaurant pour aller chercher des produits frais. Et pour sortir du fast-food classique, on a lancé une gamme de pâtes et de riz et de crêpes maison. » En bref, de la parole aux actes pour les équipes du fast food.