Tag: quartier

  • Kalliste : top départ de la démolition du bâtiment G

    Kalliste : top départ de la démolition du bâtiment G

    Grilles métalliques et engins de chantier ont fait leur apparition au pied de l’immense bâtiment G de la cité Kalliste, ce mardi, pour le début des travaux de démolition. Des travaux quasi dantesques, pour une durée de plusieurs mois, qui doivent aboutir à la disparition totale de cet emblématique ensemble des quartiers Nord et ses 129 logements des années 60, minés par un habitat dégradé et l’insécurité. « C’est un symbole qu’il faut casser », commente Kader Benayed, porte-parole du collectif KGBS qui rassemble des habitants des quartiers de Kalliste, Granière, Bourrely et Solidarité, sur le parking du centre commercial du quartier, à quelques mètres de la barre. « On a souvent dénoncé l’absence d’écoute, l’inertie et l’immobilisme qui a duré pendant des années. Là, ça avance bien. Il faut saluer l’action des pouvoirs publics, il y a une volonté d’agir, c’est important d’avoir des travaux », explique celui qui travaille au centre hospitalier Édouard-Toulouse, non loin du parc Kalliste.

    Réda, habitant du quartier, s’arrête pour taper la discute après deux coups de klaxons en direction du porte-parole. Lui aussi est unanime : « Il y en avait besoin ! Depuis le temps qu’on attendait ! Il faut une remise à niveau de toutes les cités. » Et de tacler : « Les rénovations, ça va plus vite dans le centre-ville. » Kader Benayed abonde : « Il y a des questionnements légitimes qui se posent : le passage de nombreux camions, un travail sur la voirie à faire… Kalliste, c’est une longue histoire qui ne va pas se terminer avec la démolition du G. »

    « On veut ouvrir

    le quartier »

    Des attentes auxquelles se montre particulièrement attentive Audrey Gatian, présidente de Marseille Habitat et adjointe (PS) au maire de Marseille, qui rappelle que le chantier se fait dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). « C’était une copropriété privée, on a dû racheter appartement après appartement pour avoir la main, ça a pris du temps », explique-t-elle. Avant de rassurer sur le calendrier des travaux : « D’abord on commence par enlever les volets, portes, fenêtres, tout un travail de récupération de ce qu’il y a l’intérieur avec désamiantage… ça va prendre trois mois, Avant de grignoter la tour avec une grue. » Elle insiste surtout sur le devenir du parc Kalliste qui nourrit tant d’espoir chez les habitants : « On veut ouvrir le quartier, le reconfigurer, avec des voiries refaites, un parc, des équipements publics, des écoles… Des logements, privés et sociaux, neufs et qualitatifs vont être reconstruits. » Nouveaux espaces arborés, city-stade, aires de jeux pour les minots, fontaines et « 50 logements sociaux à l’emplacement du bâtiment G » sont dans les tablettes.

    Comme un symbole, à quelques dizaines de mètres du bâtiment G, des ouvriers travaillent sur le chantier de construction de deux nouvelles écoles pour le parc Kalliste.

  • Un nouvel espace de vie commune à la Grange d’Orel

    Un nouvel espace de vie commune à la Grange d’Orel

    Alors que le ciel commence à se couvrir, une bonne quarantaine d’enfants et de jeunes ados sont rassemblés autour d’un terrain de foot tout juste sorti de terre dans le quartier de la Grange d’Orel, à Avignon. Une demi-douzaine d’entre eux s’affrontent dans une partie de ballon rond, parfois réprimandés par un des éducateurs quand ils « tirent trop fort », tandis que la première édile de la Cité des Papes les regarde, tout sourire, à l’occasion de l’inauguration de ce square Diourbel, tout juste réaménagé.

    Avec un nouveau city stade de foot et de basket donc, mais aussi des tables de ping-pong, de nouveaux revêtements sur les routes alentour et différents végétaux.

    « Personne sur le bord

    du chemin »

    « Il suffit de regarder pour voir que les enfants sont super contents », se réjouit Billel Ferhane, directeur du club jeunes du quartier, mais aussi de l’insertion/prévention, collectif d’une quarantaine de jeunes à l’initiative d’une partie du projet à travers le budget participatif il y a un an. « C’est très bien que le quartier s’embellisse. Nos bâtiments sont beaux, mais il fallait le reste aussi. Le terrain était abandonné depuis 30 ans, donc c’est une très belle chose », appuie-t-il.

    Des aménagements et rénovations qui ont coûté au total 205 000 euros, en grande majorité dans le cadre du NPNRU, dont 20 000 euros issus du budget participatif de la ville, avec la demande de poser 25 arbres supplémentaires. « Nous voulions imaginer une action pour améliorer le quartier et lui redonner de la vie. C’est aussi un symbole d’avenir. On avait surtout besoin d’ombre ici parce qu’on n’en avait pas depuis longtemps », glisse Omar, membre de l’insertion/prévention, qui a été désigné comme le porte-parole du projet par ses camarades. « Notre volonté est de ne laisser personne sur le bord du chemin. Quand je vois l’énergie aujourd’hui, j’ai confiance en l’avenir de la ville, car les jeunes vont porter de beaux projets », avance Cécile Helle en fin de cérémonie.

  • Le nouveau préfet veut optimiser la lutte contre l’habitat indigne

    Le nouveau préfet veut optimiser la lutte contre l’habitat indigne

    Le préfet de région Jacques Witkowski a indiqué mercredi lors d’un point presse vouloir relancer la lutte contre l’habitat indigne. « C’est une volonté collective, un engagement et une vraie préoccupation presque philosophique de ma part », a signifié le préfet fort d’une culture opérationnelle sur le sujet.

    Le diagnostic est sombre. « On voit bien quand on traverse la ville que nombre d’habitats ne sont plus aux normes du temps et dans ce lot, certains sont incompatibles avec de l’habitat digne. La catastrophe de la rue d’Aubagne a été l’exégèse et un détonateur pour tous. On a un taux d’indignité de logements considérable », observe le préfet pour qui « la réalité dépasse de beaucoup les 60 000 logements indignes identifiés dans les Bouches-du-Rhône ».

    D’où la « volonté politique interne » affichée d’avancer et de « travailler en synergie ». Si un regain notable est observé sur les arrêtés préfectoraux de traitement de l’insalubrité (70 nouveaux arrêtés lançant la procédure publiés en 2025 dont 39 à Marseille), le constat d’une dispersion des compétences entre les différents services (ARS, DDTM, etc.) pèse, « là où il faudrait au contraire les regrouper avec tous les moyens budgétaires comme je l’ai fait en Seine-Saint Denis », a lancé le préfet. À peine débarqué, il a créé à titre expérimental une « mission interservices de lutte contre l’habitat indigne » confiée à une commissaire divisionnaire.

    Le préfet veut mobiliser des services opérationnels comme les pompiers, les policiers, les gendarmes, les agents EDF-GRDF, les opérateurs de fibre pour remonter des alertes. « J’ai souhaité qu’on s’intéresse aux agences de location qui louent sciemment des locaux inhabitables en l‘état », dévoile le préfet qui « sans vouloir jeter l’anathème sur une profession » annonce une campagne de « contrôles au titre de la répression des fraudes car les agences sont responsables de ce qu’elles proposent à la location ».

    « Pas de cadeau, pas de quartier ! »

    Les services fiscaux sont mis dans la boucle. « Un propriétaire déviant, on va lui faire la totalité des urines comme on disait au XVIe siècle. Pas de cadeau, pas de quartier comme on disait au temps des corsaires. Le fisc doit s’intéresser à ces gens mais aussi la justice, la répression des fraudes, la préfecture bien sûr, les communes, les bailleurs sociaux », poursuit le représentant de l’État qui sait que « les outils ne sont pas encore totalement parfaits ». Le relogement des victimes d’habitat indigne reste problématique en cas de carence des propriétaires, les occupants n’étant pas prioritaires dans les dispositifs. « C’est un sujet ancien. On s’organise pour avancer collectivement. »

    À propos de la mise aux enchères par les Domaines sur la plateforme Agorastore d’une cave proposée à l’habitation (la Marseillaise du 29 janvier). « C’est complètement dingue, je ne peux pas le dire autrement, réagit le préfet. On ne cautionne absolument pas ce genre de choses. Ce n’est pas possible qu’en voulant bien faire, on se prenne les pieds dans le tapis. »

    S’agissant des projets de rénovation urbaine, le préfet sait combien ils suscitent « beaucoup d’attente assez frustrante », mais que « là les grues arrivent. 2026 sera une année importante ». Les Bouches-du-Rhône comptent 19 projets Anru dont 10 à Marseille pour un montant global de 850 millions d’euros. À ce jour, on est à 82% des engagements de crédit avec fin juin 2026 comme date butoir. « Les projets sont à peu près stabilisés. La métropole et les villes sont en train de caler les cahiers des charges et les calendriers pour le choix des maîtres d’œuvre », signale la préfète déléguée à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard. « Nous allons passer au premier trimestre à la démolition de la tour B de Campagne Lévèque. » Suivront la Bricarde et la Castellane. Pour anticiper des difficultés liées aux points de deal et aux vols sur les chantiers, un travail est en cours pour doper les marchés publics de clauses d’insertion sociale.

  • La basse-ville ou le récit d’un siècle d’histoire toulonnaise « dévergondée »

    La basse-ville ou le récit d’un siècle d’histoire toulonnaise « dévergondée »

    Jonchée entre le cours Lafayette, la rue des Remparts, la rue de Lorgues et la rue Vincent-Courdouan, dans la zone piétonne du centre-ville, la basse-ville est encore, de nos jours, le cœur battant de Toulon. Il regroupe les rues les plus animées de la commune, entre cafés, commerces, et l’emblématique marché du cours Lafayette.

    Du milieu du XIXe siècle jusqu’à l’après Seconde Guerre mondiale, ce quartier était surnommé le « Chapeau Rouge », et constituait la seule zone de la ville où la prostitution était libre et autorisée. De nombreux auteurs écrivirent à son sujet (Farrère, Loti, puis Cocteau, Vérane, Morand, Carco, Kessel, Cendrars ou encore Bernanos), forgeant l’imaginaire de la basse-ville, empreint de sensualité et de légèreté, que Pierre Loti décrivait comme « ivre de soleil, de chaleur, d’alcool, de cris et de chants », et où les matelots se pressaient pour oublier, le temps d’une soirée, la rudesse de la vie en mer. Toulon était alors considérée comme « capitale de la prostitution et de l’opium », et devint dans l’entre-deux-guerres celle de « l’homosexualité », au grand dam des autorités, notamment de la Marine nationale.

    Une époque fantasmée et bien heureusement révolue que Marc Bayle et André Fourès, deux auteurs natifs de Toulon, racontent dans leur livre consacré Toulon dévergondée, la Basse-Ville (années 1880-1980). Une plongée inédite dans le passé sensible de ce quartier à part, riche de nombreuses archives, qui sera racontée et discutée par ses auteurs, en compagnie du Club de la presse 83, ce jeudi, à 18h30, à la librairie Charlemagne de Toulon.

    Inscriptions par mail : resa.clubpresse83@gmail.com

  • Les derniers d’Encagnane exigent un relogement digne

    Les derniers d’Encagnane exigent un relogement digne

    Dans un local du quartier d’Encagnane, le collectif est de nouveau réuni. Accompagné, ce jour, de Mounir Ben Ammar, pour l’association Droit et Accès au Droit, aussi investi par Aymeric Caron pour les élections municipales. Ils ne sont plus qu’une vingtaine de foyers du Calendal et du Méjanes en attente de relogement, alors que les deux immeubles doivent être rasés dans le cadre du projet de rénovation urbaine dont le quartier fait l’objet.

    Si cette partie de la ville semble déjà vidée, une poignée de résidents restants demandent à nouveau, à être relogés dans des appartements aux loyers équivalents, salubres. « Sauf que nous n’avons aucune promesse écrite », rappelle Pierre. Face à lui, un dossier épais, les doléances des habitants, rapportées régulièrement lors de permanences relogement organisées par le bailleur social, Famille et Provence. « Mais force est de constater qu’on a une absence de suivi écrit et de calendrier. Rien, n’est acté. Lors de ces permanences, nos documents ne sont pas recueillis, nos accusés de réception ne sont pas signés », poursuit-il. Une promesse écrite de relogement provisoire est aussi demandée, en attendant la réalisation du projet Phares et Balises, issu de la restructuration urbaine.

    Insécurité, insalubrité

    « La mairie nous dit que 83% des relogés sont satisfaits. À entendre les témoignages, c’est l’inverse. On nous dit qu’on est des résistants : on veut partir mais dans de bonnes conditions », scande Hakim. Alors Nicole attrape son téléphone, met en ligne une ancienne habitante du quartier, dont les parents sont relogés au Paradou. « Ils se sont sentis obligés de partir et de prendre ce qu’on leur donnait. Ils ont laissé un 65 m² pour un loyer d’à peu près 550 euros. Ils se retrouvent dans 50 m² à 629 euros », explique cette dame. Plusieurs courriers auraient été envoyés au bailleur pour dénoncer des moisissures, une « multitude » de cafards, jusque dans le lit, la vaisselle… Un autre coup de fil, à une mère de famille cette fois-ci. Dans ce nouveau logement, à l’Îlot Europe, il n’y aurait pas d’eau chaude depuis deux mois. « Rien n’a été fait », conclut l’interlocutrice. La Ville, de son côté, rappelle que la minoration de loyer Anru obéit à un cadre strict et s’applique uniquement lorsque le relogement entraîne un coût que le ménage ne peut assumer, chaque situation étant étudiée individuellement : « Si des ménages n’y ont pas eu droit, c’est parce que les conditions pour appliquer la minoration n’étaient pas réunies. » Outre le « manque de visibilité sur les propositions », les habitants dénoncent des conditions de vie indignes, tout en payant des charges. Des squats dans les halls d’immeubles, qui auraient déclenché un incendie début décembre, des tirs dans le quartier, des détecteurs incendie défectueux… Déjà, des chauffages en panne cet hiver, avaient suscité la colère. « Sentiment d’insécurité totale », conclut Pierre. Le bailleur n’a pas pu nous répondre dans les temps. Eva Bonnet-Gonnet

  • Occitanie : grandir sans perdre son âme, la recette Grabels

    Occitanie : grandir sans perdre son âme, la recette Grabels

    Une restauration solidaire bio avec trois tarifs en fonction de ses revenus (La Cantina). Une crèche avec une maison de la famille et de l’enfance. Une maternelle (Pierre-Soulages) et des logements sociaux arborés à taille humaine (Le Stradivarius). Au cœur du quartier moderne de la Valsière, l’ancien terrain vague devenu la place Pablo-Neruda est un condensé du projet de René Revol à Grabels. « Ça sent bon l’Amérique du Sud, ici ! », s’amuse l’élu Franck Fiandino face à la mairie de proximité Frida-Kahlo.

    Avant l’élection de René Revol en 2008, la Valsière comptait 2 400 habitants. Un « patchwork de propriétés privées sans même une boulangerie », se souvient l’ancien socialiste devenu Insoumis. Quatre mille Grabellois y vivent aujourd’hui avec services publics et commerces de proximité. Et ce n’est pas fini. Tout en stoppant l’étalement urbain – des terres de la plaine de l’Est ont été rachetées (dont une parcelle par la mairie) pour un projet agricole. La municipalité de gauche (si elle est reconduite) projette de transformer la place bétonnée du supermarché Lidl en une « esplanade marchande et conviviale » avec des « sols désimperméabilisés à 50% ». « On veut en finir avec le modèle de la ville SimCity qui cloisonnait le logement, l’emploi et les commerces », explique Franck Fiandino, adjoint aux finances et à la transition écologique.

    Continuer à grandir sans perdre son âme, ses valeurs, ses racines millénaires. C’est le challenge que s’est fixé René Revol dès son premier mandat. Ainsi dès 2015, à l’instar d’un cœur de village devenu trop étriqué, la mairie s’est déplacée près de la Poste. En ce lundi 26 janvier, le soleil illumine la place Jean-Jaurès accessible et qui n’attend que le printemps pour dévoiler son côté végétal. Sur le boulodrome aménagé, les pétanqueurs qui profitent de l’accalmie n’y prêtent plus attention mais tout est là. Le centre socio-culturel Gutenberg. Derrière le CCAS et une épicerie solidaire. Devant un parking gratuit (ça devient rare) et surtout le nouvel hôtel de Ville. Là encore, l’inscription « Maison commune » illustre la volonté de rendre service et d’accueillir tous les publics.

    Dans une société exaspérée qui parfois se radicalise, tolérance et solidarité ne vont pas de soi. Pas plus tard qu’en septembre 2025, le torrent d’insultes reçues par le maire – qui avait dressé le drapeau palestinien pour soutenir le peuple de Gaza massacré – rappelle que la fraternité et le vivre ensemble sont un enjeu quotidien pour les progressistes. En 2023 déjà, René Revol avait été pris à partie en marge d’une manifestation par un individu d’extrême droite.

    C’est par des réalisations concrètes que le maire LFI veut combattre la haine, le repli. La rénovation de l’école Delteil en est un bel exemple. Parvis réaménagé, récupération des eaux de pluie, bois, isolation phonique, thermique et assez de panneaux solaires pour rendre autonomes tous les bâtiments publics de la commune… Ce n’est pas un hasard si l’établissement qui accueille 400 élèves a obtenu la plus haute certification « bâtiment durable Occitanie or ». « L’été dernier, sans clim, la température est restée de 10 degrés inférieure à celle de dehors », insiste Franck Fiandino. Pour un total de 5 millions d’euros, l’école, dotée d’une cantine avec 100% de produits bio et en circuits courts, a été repensée pour valoriser le projet pédagogique. Dehors, des espaces de jeux conçus pour favoriser la mixité. Des lavabos extérieurs aux toilettes pour éviter le harcèlement entre enfants. Des nichoirs à oiseaux, des espaces verts aménagés pour tenir des cours en harmonie avec la nature et même un jardin pour apprendre à planter. « Cette école, c’est un bijou », lâche René Revol, fier du travail accompli.

    Les Granges rénovées

    À quelques pas de là dans le centre ancien, est en cours le vaste chantier de rénovation des Granges. À partir de ses arches de 1901, s’effectue la reconstruction de ce qui deviendra en octobre une salle de spectacles de 150 places labellisée jeune public. L’ancienne mairie attenante accueille déjà une bibliothèque pour tous, un gîte communal sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, la compagnie théâtrale internationale alligator (CIA). Et très bientôt, un café associatif poussé par la municipalité. Tisser du lien social, encore et toujours à l’instar du Calvaire religieux récupéré et devenu parc municipal.

    Depuis 18 ans Grabels poursuit sa mue en cherchant à rester à l’écoute de ses habitants. Devant les Granges, un membre de l’association La Dentellière croise René Revol. « Monsieur le maire, vous nous ferez un beau revêtement hein, qu’on puisse faire un loto sous les arbres ! ». Message reçu.

    Deux listes concurrentes divers droite se présentent. Elles sont conduites par Pascal Heymes
    et
    Régis Morvan.

  • À Noailles, les habitants ne lâchent rien sur le logement

    À Noailles, les habitants ne lâchent rien sur le logement

    Faire en sorte que le logement soit un thème fort de la campagne… Halles Delacroix (1er), à Noailles, le collectif du 5-Novembre et l’Assemblée des délogés ont fait le point sur le sujet avec les habitants, ce dimanche 2 février. Charte du relogement, encadrement des loyers, logements sociaux… « On nous a promis plein de choses », rappelle Anissa, membre de l’Assemblée, estimant qu’aujourd’hui, « on fait culpabiliser les délogés au lieu de s’en prendre aux propriétaires. » Si « nous nous sommes constitués en association, ce n’est pas pour rien, c’est qu’à Marseille la crise du logement n’est pas ponctuelle », insiste-t-elle.

    Sans jeter totalement l’opprobre sur la mairie, « dont on sait qu’elle n’a pas beaucoup de poids » nuance Anissa, « on veut les entendre, il nous faut des [engagements] pour nous les Marseillais ». L’heure était donc aux propositions et aux témoignages pour essayer d’avancer.

    Sur le « lieu ressource », en lieu et place de la dent creuse, rue d’Aubagne, « nous avons été entendus » se félicite Laura Spica, de l’association d’habitants « Noailles debout ! », et de promettre de ne pas lâcher. « On a envoyé une lettre à la mairie de secteur, pour qu’on soit associés au projet. Notre volonté a été respectée maintenant, il va falloir créer un comité de pilotage », précise-t-elle.

    Le droit au retour

    Jehane El Meddeb, propriétaire occupante délogée, revient sur son parcours. Obligée de quitter son foyer le 20 janvier 2020, elle témoigne des difficultés toujours bien réelles à réaliser des travaux, dans un système où il faut lutter « contre des syndics voyous ». Elle met le focus sur la charte du relogement. « C’est un peu moins l’enfer que sous la municipalité Gaudin, mais il y a toujours des gens à la rue », déplore-t-elle.

    Dominique, qui a dû quitter son logement en péril, évoque, lui le « droit au retour », impossible quand l’immeuble disparaît comme dans son cas, ou s’il est rénové et devient inaccessible avec un loyer revu à la hausse. À ses côtés, Bernard appelle à la force du collectif pour agir sur le droit à avoir un toit. « C’est à nous de gueuler et de monter au créneau, encadrer les loyers on en parle depuis des années, là on n’a plus les moyens de se loger dans une ville en tension », lâche-t-il.

    Camille propose de s’inspirer de l’association bayonnaise Alda, qui dénonce les niveaux des loyers et la prolifération des locations saisonnières. « Ils font ce que l’on appelle du “shaming” au propriétaire, lui mettent la honte », explique-t-il, exhortant le public à continuer à mettre la pression, même en cas de victoire, « car les pouvoirs publics reprennent très vite leurs mauvaises habitudes… »

  • [Municipales] La gauche veut réguler les milliers de locations de tourisme à Arles

    [Municipales] La gauche veut réguler les milliers de locations de tourisme à Arles

    Imaginons vouloir partir une semaine à Arles pour la première semaine d’août, du samedi 1er au 8 du mois. Ce sont 380 logements qui sont proposés par la plateforme pour un voyageur, dans tout l’espace compris entre la rue Gambetta, le Rhône et les boulevards des Lices et Émile-Combe.

    Sur l’ensemble de la ville, le moteur de recherche indique même « plus de 1 000 logements » disponibles à la réservation, juste pour soi, sans partage avec l’hôte, à des tarifs variant entre 450 euros pour un « studio cosy au pied des Arènes » et jusqu’à 1 300 euros pour ce deux-pièces avec terrasse offrant la vue sur l’hôtel de ville. Toujours pour la première semaine d’août, sont aussi disponibles ce « penthouse à vue imprenable » affiché à 2 300 euros ou ce « havre de paix avec piscine » pour plus de 8 000 euros, dans le registre de l’exclusif.

    Face à ce « phénomène Airbnb », Nicolas Koukas, tête de liste (PCF) de l’Union pour Arles aux municipales, assure être « à l’offensive sur le logement » depuis sa déclaration de candidature, en décembre. « Nous sommes fatigués de ne plus pouvoir nous loger dans le centre-ville », affirme-t-il, rappelant que l’opposition « demande depuis 6 ans de réguler strictement les locations touristiques » de ce type, « comme les villes de La Rochelle et d’Annecy ont pu le faire », précise le candidat.

    « Des quotas par quartier »

    Il y aurait 2 100 meublés de tourisme recensés par la Ville, 3 800 selon l’opposition. Dans le cadre du programme de l’Union pour Arles, Nicolas Koukas propose une politique municipale sur deux jambes. « En premier, réguler Airbnb en imposant un quota de locations touristiques par quartier et en limitant le nombre de nuitées », complété par « une police du logement contre l’insalubrité de certaines locations ». D’autre part, le candidat veut s’appuyer sur une société coopérative foncière municipale dédiée à « préempter dans les secteurs stratégiques » pour reprendre le contrôle sur le marché.

    Des affiches posées dans la rue, l’été dernier, permettent de mesurer cette attente. « Touriste, ton Airbnb augmente mon loyer », « Afin de préserver la santé mentale des riverains, merci de soulever vos valises à roulettes », « Airbnb tue nos quartiers, loyers Arles centre jusqu’à +50% en cinq ans, qui peut encore vivre ici ? », pouvait-on lire.

    Dans l’équipe du maire sortant Patrick de Carolis (HOR), Sébastien Abonneau répondait à la radio Ici, en août, qu’il ne fallait pas être « dupe des arguments de l’opposition » à l’approche des élections. Sollicitée l’été dernier pour dresser un bilan estival, la plateforme Airbnb assumait de « ne pas communiquer sur ses données car cotée en bourse américaine et que ce sont des indicateurs de bonne santé de l’entreprise ».

    Les nombreuses boîtes à clés installées au Monoprix de la place Lamartine parlent d’elles-mêmes.

  • Amine Kessaci est candidat aux côtés de Benoît Payan

    Amine Kessaci est candidat aux côtés de Benoît Payan

    Un soir tout particulier… Tout sourire devant la foule qui a envahi l’Après M à Sainte-Marthe (14e), Amine Kessaci (EELV) est venu, ce lundi 26 janvier, se porter candidat aux municipales aux côtés du maire DVG sortant de Marseille, Benoît Payan. « Oui à une vie meilleure, c’est ce que l’équipe du Printemps marseillais a porté. Il y a une volonté de dire que notre ville est généreuse et unie. Il était évident pour moi de dire que Marseille doit être vitrine de la lutte contre le narcotrafic. On portera cet accompagnement des familles de victimes. Je dis : Debout ! Et on y arrivera », lance le jeune homme.

    Après avoir perdu son petit frère, Mehdi, assassiné par un commando le 13 novembre dernier, alors que son aîné avait été retrouvé en 2020 carbonisé dans le coffre d’une voiture, le fondateur de l’association Conscience avait promis de ne pas lâcher son combat contre le narcotrafic. À la suite de son soutien au maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, puis à Magali Brunel (PS), candidate de la gauche et des écologistes à Toulon, il s’engage encore plus franchement pour et dans sa ville.

    « Pour Amine, ce n’est pas rien. C’est avec beaucoup de respect que nous avons décidé d’engager ce chemin ensemble », a déclaré, ému, Benoît Payan. Et de revenir sur les engagements du Printemps « dans la conviction que nous devrions protéger les Marseillaises et les Marseillais, mais aussi les rassembler, quelle que soit leur couleur de peau, quel que soit leur quartier. »

    « Je suis ici pour dire

    qu’on ne se résignera pas »

    Sous les bravos, en présence de sa mère, de ses sœurs et de la plupart des adjoints au maire, celui qui donne un coup d’accélérateur à une campagne atone, avec son combat à la résonance internationale, a martelé sa volonté de rester « debout » comme il l’avait fait lors de la marche blanche en hommage à son frère Mehdi.

    « Je suis ici pour dire qu’on ne se résignera pas. Nous avons su nous lever par milliers pour dire non, mais surtout pour dire oui à la paix, oui à la justice, oui à une vie meilleure. C’est ce que l’équipe municipale du Printemps marseillais a porté, tout au long de ses six années », enchaîne Amine Kessaci. Une majorité qui a agi selon lui « pour l’égalité, pour l’équité des territoires, pour les transports, pour l’école. Et comme le disait Nelson Mandela, l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ».

    Son ennemi premier : l’extrême droite, contre laquelle il avait déjà bataillé aux législatives de 2024 sous la bannière du Front populaire, dans la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône. Il avait alors perdu de 835 voix son duel, au second tour, contre Gisèle Lelouis (RN). « Un engagement naturel » insiste-t-il, tant il était évident pour lui « de dire que jamais Marseille ne tombera aux mains des extrémistes. Jamais Marseille ne sera dirigé par le Rassemblement national. Ce n’est pas possible ».

    Le désormais candidat n’a pas manqué non plus de remettre sur l’ouvrage la charte du relogement des familles de victimes du narcotrafic avec les bailleurs sociaux. Il en est persuadé, « Benoît Payan sera le premier maire à la signer ».

    La force d’un destin.

    La sécurité, mantra de Martine Vassal

    La candidate de la droite et du centre à la Ville de Marseille a clairement fait de la sécurité un de ses thèmes favoris, bien avant la campagne, quitte à empiéter sur les plates-bandes du RN. Martine Vassal propose de créer une Brigade anticriminalité (BAC) municipale et de faire du centre-ville un lieu d’expérimentation de l’intelligence artificielle, avec « des drones et la police présente ». Le recours à la vidéosurveillance serait également renforcé. Celle qui est déjà présidente de la Métropole a, par ailleurs, déjà armé les 99 agents du Groupement d’assistance et de protection de la RTM de matraques et de bombes lacrymogènes. « La sécurité est la première de nos libertés », a-t-elle martelé.

  • Les vœux des juges face au narcotrafic

    Les vœux des juges face au narcotrafic

    Le président du tribunal judiciaire de Marseille, Olivier Leurent, a redit jeudi lors de l’audience de rentrée son inquiétude devant « les atteintes graves et répétées à l’État de droit à travers la mise en cause de la légitimité des magistrats » et alerté sur « l’embolie programmée de la justice criminelle face à la montée de la criminalité organisée ».

    Les effectifs du Siège ont certes progressé de 138 à 146 magistrats avec l’engagement d’atteindre 151 magistrats en 2026, « décision prise par le garde des Sceaux lors de sa venue en novembre dernier à la suite de l’assassinat de Mehdi Kessaci, drame qui révèle l’urgence d’une réaction forte de l’État dans la lutte contre le narcotrafic », a souligné le président toujours préoccupé par l’état de son greffe : 40 postes seront vacants dans quelques semaines, dont 7 de greffiers ou cadres greffiers et 24 postes d’adjoints administratifs et techniques.

    La prégnance du narcotrafic se lit dans « l’explosion du nombre d’ouvertures d’informations en lien direct avec le narcotrafic » au sein des sections « délinquance organisée » et « Jirs ». « Quatre cabinets de la délinquance organisée gèrent en moyenne chacun 90 dossiers et une soixantaine de détenus ce qui génère un épuisement chez les greffiers et juges d’instruction, outre des risques procéduraux accrus en matière de détention », déclare Olivier Leurent qui a rendu un hommage appuyé aux « 11 collègues qui mènent cette guerre acharnée, parfois au péril de leur vie, souvent au détriment de leur équilibre personnel et familial ». Le quartier de sécurité annoncé à Luynes et dédié au haut du spectre de cette criminalité, est « attendu avec impatience ».

    Organiser l’exfiltration

    de mineurs victimes

    Le narcotrafic irrigue jusqu’au tribunal pour enfants qui a connu une augmentation de 18% des mineurs poursuivis. « Cette délinquance est marquée par des passages à l’acte de plus en plus violents, par le recrutement de mineurs dans les réseaux de narcotrafic, mineurs qui deviennent souvent victimes d’actes de torture et de barbarie, de séquestration voire d’assassinats. » En février, seront jugées les premières affaires criminelles Jirs pour des assassinats reprochés à des mineurs de moins de 16 ans, avec des modalités inédites de recrutements sur les réseaux sociaux et d’utilisation d’armes de guerre. Des mineurs victimes aussi de ces réseaux et parfois exposés à des menaces de mort. Une convention « pour organiser leur exfiltration et celle de leur famille, en lien avec la Ville de Marseille et les bailleurs sociaux », est en cours d’élaboration, a-t-il révélé.

    Le procureur de la République, Nicolas Bessone, a réaffirmé la stratégie globale d’attaque systémique pour enrayer le narcotrafic et « la contre-société qu’il veut imposer », soulignant le taux de 66% d’affaires élucidées, d’où par ricochet la baisse du nombre de narchomicides : 49 en 2023, 24 en 2024, 16 en 2025. « Nous sommes la juridiction la plus saisissante » : 50 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis en 2025 et 15 millions d’euros confisqués par jugement. La cellule anti-corruption créée l’an dernier instruit actuellement 21 dossiers.