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  • Trophée des champions : un rendez-vous qui a perdu sa raison d’être initiale

    Trophée des champions : un rendez-vous qui a perdu sa raison d’être initiale

    En 1995, au stade Francis Le Blé de Brest, le PSG, déjà, devenait le premier vainqueur d’une toute nouvelle épreuve, grâce à sa victoire, aux tirs au but (2 – 2, 6 – 5), aux dépens de Nantes.

    « L’idée était de créer un rendez-vous opposant le champion au vainqueur de la Coupe de France. Dans un match qui donnait alors le coup d’envoi de la nouvelle saison. Dans l’esprit du Charity shield anglais », se souvient Jean-Marc Michel. Journaliste à France 3 Côte d’Azur, il est alors également vice-président délégué à l’audiovisuel au sein de l’Union syndicale des journalistes sportifs de France, devenue depuis Union des journaliste de sport en France (UJSF). À ses côtés, le Marseillais René Espanat, alors président de l’Union, et Jacques Marchand, son fondateur, vont pousser l’initiative.

    « Nous avions déjà tenté quelque chose, afin de diversifier les ressources de notre union, en organisant la revanche de St-Etienne – Bayern à Geoffroy Guichard [finale de la Coupe d’Europe des clubs champions 1976, Ndlr.] ». « Dans cet esprit, l’USJSF songeait à faire la même chose avec OM – Milan. » Mais finalement, une suggestion d’Arsène Wenger, manager d’Arsenal, et Jean-Marc Guillou, a permis de trouver la bonne affiche. « Une opposition entre le champion et le vainqueur de la Coupe, dans l’esprit du Charity shield anglais. »

    Le rire de Simonet

    Il restait à convaincre la Fédération française de football. Claude Simonet était alors président. « Je l’ai rencontré une première fois. J’ai tout juste pu finir mon exposé, que ce dernier m’a ri au nez ! », se souvient Jean-Marc Michel. Malgré ce premier échec, il n’a pas lâché l’affaire, et après que la France ait obtenu l’organisation de la Coupe du Monde 1998, une nouvelle rencontre « a connu la même issue, nouvel éclat de rire de Simonet ! ». Mais du côté de l’Azuréen, il y a une certaine constance qui va lui permettre d’être récompensé.

    « Jean-François Renaud, lorsqu’il devient président de l’Union, rencontre Noël le Graët, lui-même président de la Ligue. Ce dernier souhaite nous rencontrer. Il est invité aux Micros d’or, que nous organisons chaque année à Tignes pour récompenser les meilleurs reportages audiovisuels. Arsène Wenger est là. Il lui parle de ce trophée des champions. Le Graët est emballé », poursuit le journaliste.

    Mais il fallait, encore et toujours, obtenir le feu vers de Claude Simonet. « Lui persiste dans son refus. Alors, Noël le Graët prend le taureau par les cornes et dit “alors ce sera la Ligue et l’USJSF qui seront les organisateurs et la Ligue prend tout en charge pour les coûts !”, le trophée était enfin né. »

    Dans les premières années, ce qui est devenu entre-temps l’UJSF et la Ligue des football professionnel vont travailler ensemble. « Nous étions visibles autour du stade, sur les banderoles d’annonce et une partie de la recette était reversée à l’Union. » Lorsque Noël le Graët a pris la présidence de la FFF, cette dernière a enfin rejoint l’aventure. Mais avec les changements à la tête de la LFP, l’esprit « Charity shield à l’anglaise » s’est estompé.

    La fin d’une idée forte

    « Il y a eu les délocalisations au Canada, en Tunisie, au Maroc. Le match a fini par ne plus donner le coup d’envoi de la saison, se déplaçant en fonction des impératifs de calendrier et des besoins de financement de la LFP qui veut faire du trophée sa vitrine dans des pays susceptibles d’acheter les droits de diffusion de la Ligue 1 », regrette Jean-Marc Michel.

    Comme il regrette « qu’il n’y ait pas eu plus de présidents comme Jean-Michel Aulas, qui en faisait un objectif majeur de ses débuts de saisons avec Lyon ». Ou que l’épreuve « ne soit pas restée dans l’idée anglaise, où le Charity shield finance des actions sociales ».

    Quant à l’UJSF, si elle touche toujours son écot de fondateur, son nom n’apparaît plus. Au grand dam de celui qui est à l’origine de cette compétition.

  • L’OM, un trophée pour écrire sa nouvelle histoire

    L’OM, un trophée pour écrire sa nouvelle histoire

    Ceux qui vont dans le Golfe persique sont généralement en quête d’or noir.

    Mais ce soir, lorsque Thomas Léonard donnera le coup d’envoi d’un classique PSG-OM, c’est tout autre chose que les Marseillais vont tenter de glaner, à deux pas des derricks tant convoités du pétrole et qui ont donné lieu à une guerre aux lourdes conséquences en 1992.

    Néanmoins, le trophée des Champions qui sera l’enjeu de ce duel, sera moins coûteux en vies humaines. Car, lorsque le vainqueur brandira la coupe argentée, seules des larmes couleront à flots. De bonheur pour celui qui aura gagné. De douleur pour le vaincu du jour.

    Et pour cette troisième confrontation entre les deux équipes, l’OM espère bien revivre les sensations de Radès, en 2010. Quand après avoir gagné la Coupe de la Ligue et le titre de champion, la bande à Didier Deschamps avait réussi le triplé gagnant.

    En 2020, dans un stade Félix-Bollaert de Lens vidé par le Covid, c’est dans l’indifférence que le PSG de Mauricio Pochettino avait pris sa revanche. Alors, ce soir, dans un stade Jaber al-Ahmad qui affichera complet, les deux équipes auront à cœur de décrocher le trophée dont le chemin, s’il est le plus court, n’est pas le plus facile. Surtout pour l’OM.

    Un OM qui a beaucoup à se faire pardonner, après sa défaite surprenante contre Nantes au Vélodrome (0-2), pour la reprise de la Ligue 1. Tandis que du côté parisien, disputer ce trophée sera un peu une routine. « Nous voulons lancer l’année 2026 sur une bonne base en le gagnant », confesse Marquinhos, le capitaine d’un PSG qui a presque tout gagné en 2025.

    Les Olympiens ont conscience d’avoir fauté dimanche. « Le moment est venu pour nous de montrer notre personnalité. Et nous voulons ramener le trophée à Marseille pour nos supporters qui n’ont pas pu venir », confie Leo Balerdi. Son entraîneur Roberto De Zerbi voit dans ce match l’occasion « de relever la tête face à l’équipe la plus forte d’Europe. Dans un match historique dans lequel nous devons écrire la nouvelle histoire de Marseille. En donnant sur le terrain le meilleur de nous-mêmes ».

    Les supporters olympiens seront là

    Ils n’arrivent pas de Marseille, ou d’autres régions de France. Mais près de 300 supporters seront au soutien de l’OM ce soir. « Il y a des expatriés, mais aussi des locaux, qui ont la ferveur que l’on vit dans les cafés les soirs de retransmission de match. Surtout lors des OM-OL et OM-PSG », indique Oussama Bihi. À ce contingent, d’environ 200 personnes, va s’agréger celui d’OM Nation Dubai, venu en voisins. « Nous sommes des expatriés au sang bleu et blanc. Certains étaient aux Winners, d’autres aux MTP, ou aux Yankee quand ils étaient à Marseille et nous avons profité de la proximité avec le Koweït pour faire le voyage », témoigne Sébastien.

    Ils seront les porte-drapeau de ceux qui n’ont pas pu faire le déplacement. « Nous les comprenons. Les billets d’avion sont très chers. Et le voyage est long. Nous assurerons l’ambiance pour nos amis du pays. »

    À noter que plus de 52 000 billets ont déjà été vendus. Le match devrait être à guichets fermés.

    REPERES

    Le Koweït en bref

    Le Koweït est une monarchie constitutionnelle. Le pays est dirigé par un Premier ministre, son Conseil et un Parlement de 50 député élus. Néanmoins, les postes ministériaux les plus importants sont occupés par des membres de la famille royale. Et c’est le Cheik Mechaal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah qui prend au final les décisions importantes.

    1961

    C’est l’année de l’indépendance du Koweït. D’abord occupée par les Perses, la région a ensuite été une colonie de l’Empire ottoman, et ne l’a pas doté d’infrastructures importantes. Les Anglais s’en emparent en 1899 pour en faire un protectorat. Malgré les revendications de l’Irak voisin qui y voit son port naturel, le pays obtient son indépendance en 1961.

    1990

    Le 2 août, les armées irakiennes envahissent le Koweït. Sadam Hussein l’annexe dans la foulée et le pays devient la 19e région de l’Irak. En 1991, sous l’égide des Nations unie, une coalition comprenant les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, mais aussi l’Arabie saoudite, rassemble 500 000 hommes et déclenchera, en février 1992, l’opération Tempête du désert.

    98%

    Le pétrole et le gaz représentent l’immense majorité des ressources du Koweït, à hauteur de 98% des recettes publiques du pays. Le reste de ces revenus, autour de la pêche, l’industrie autre que le pétrole et le gaz, les perles, représentent les 2% restants.

    Concernant le tourisme, cette industrie est quasiment inexistante au Koweït.

  • Focus sur les enjeux de la 17e journée de Ligue 1

    Focus sur les enjeux de la 17e journée de Ligue 1

    Après deux semaines de pause, la Ligue 1 reprend ses droits.

    Et dès vendredi, le match d’ouverture de la 17e journée, qui clôture la phase aller, sera déterminant pour le haut du tableau. Lens, qui occupe actuellement la première place et compte un point d’avance sur son dauphin, le PSG, peut obtenir cette distinction, toute symbolique.

    Les Artésiens ouvrent le ban de la journée de reprise, avec un déplacement à Toulouse, ce vendredi à 20h45. En cas de succès au Stadium, les Sang et Or compteront quatre longueurs d’avance sur le PSG. Le champion en titre, qui est moins dominateur cette saison, sera le dernier à reprendre avec le derby de la capitale, face au Paris FC, dimanche à 20h45.

    Pour les hommes de Luis Enrique, qui ont ajouté la Coupe Intercontinentale à leur palmarès durant la trêve, le seul espoir de doubler Lens et un succès face au promu parisien. Résultat qui devra être assorti d’une défaite, ou d’un nul des Sang et Or vendredi, à Toulouse.

    Derrière ce tandem, l’OM va tenter de rester sur le podium. Les hommes de Roberto De Zerbi ont connu des hauts et des bas lors des derniers matches de 2025. S’ils sont troisièmes, ils le doivent à une meilleure différence de buts par rapport à Lille.

    Duels à distance

    Ainsi, au même titre que Lens et le PSG pour être champion d’automne, l’OM et Lille vont se livrer au deuxième duel à distance. Cette fois pour la troisième place.

    Les Lillois seront les premiers en action, samedi soir. Ils recevront Rennes, qui a entrepris de grignoter son retard sur le haut du tableau, après avoir raté son entame de saison. Les Olympiens connaîtront le résultat des Dogues au moment du coup d’envoi de leur match contre Nantes, dimanche (15h) au Vélodrome.

    Nantes qui livrera le troisième duel à distance de cette journée de reprise. Les Bretons et Metz, qui sera à Lorient, sont à égalité de points, en queue de classement. Le perdant du jour sera seule lanterne rouge.

    17e journée

    Toulouse – Lens ven 20h45

    Monaco – Lyon sam 17h00

    Nice – Strasbourg sam 19h00

    Lille – Rennes sam 21h05

    OM – Nantes dim 15h00

    Le Havre – Angers dim 17h15

    Lorient – Metz dim 17h15

    Brest – Auxerre dim 17h15

    PSG – Paris FC dim 20h45

    Classement

    Pts J G N P bp bc dif

    1. Lens 37 16 12 1 3 28 13 + 15

    2. PSG 36 16 11 3 2 35 14 + 21

    3. OM 32 16 10 2 4 36 15 + 21

    4. Lille 32 16 10 2 4 33 20 + 13

    5. Lyon 27 16 8 3 5 22 16 + 6

    6. Rennes 27 16 7 6 3 27 24 + 3

    7. Strasbourg 23 16 7 2 7 25 20 + 5

    8. Toulouse 23 16 6 5 5 24 19 + 5

    9. Monaco 23 16 7 2 7 26 27 – 1

    10. Angers 22 16 6 4 6 17 18 – 1

    11. Brest 19 16 5 4 7 21 27 – 6

    12. Lorient 18 16 4 6 6 19 28 – 9

    13. Nice 17 16 5 2 9 19 29 – 10

    14. Paris FC 16 16 4 4 8 21 29 – 8

    15. Le Havre 15 16 3 6 7 13 22 – 9

    16. Auxerre 12 16 3 3 10 14 25 – 11

    17. Nantes 11 16 2 5 9 14 28 – 14

    18. Metz 11 16 3 2 11 17 37 – 20

    Nayef Aguerd toujours sur le pont au Maroc

    Si Pierre-Emerick Aubameyang a déjà fait ses valises et est rentré à Marseille, Nayef Aguerd, l’autre Olympien de la CAN, poursuit son séjour au Maroc.

    Contrairement au Gabon du premier nommé, les Lions de l’Atlas marocains ont réussi leur phase de groupes et sont qualifiés pour les 8e de finale. Sortis premiers, ils seront opposés à la Tanzanie, dimanche. Nayef Aguerd sera aux côtés du joueur du PSG Achraf Hakimi et tentera de qualifier le Maroc pour les quarts de finale. Les deux hommes ne seront donc pas du voyage avec l’OM au Koweit, le 8 janvier. Date du Trophée des Champions, qui opposera les Phocéens au PSG dans ce pays du Golfe persique.

  • Ils veulent retrouver un grand Sporting à Toulon

    Ils veulent retrouver un grand Sporting à Toulon

    Aujourd’hui doté d’une réputation de ville de rugby, Toulon a longtemps existé sur la carte du football français. Avec 48 saisons professionnelles (36 en deuxième division, 12 en première), le Sporting Club de Toulon, fondé en 1945, revendique une riche histoire, l’ayant mené jusqu’à la 5e place de D1 en 1988. De grands noms tels que Rolland Courbis ou David Ginola faisaient alors sa renommée. Mais, 37 ans plus tard, alors que le club fête ses 80 ans, le contexte est tout autre. Du record d’affluence de 1985 – 18 000 spectateurs à Mayol pour un Sporting-Monaco –, aux quelques centaines de courageux présents dans les travées clairsemées de Bon Rencontre chaque semaine, ces dernières années, l’eau semble avoir trop rapidement coulé sous les ponts.

    L’apogée de son club, « Djezo », comme on le surnomme au stade, ne l’a pas connue. Ce supporter de 35 ans, président du groupe « Du passé je suis amoureux », est un fidèle de Bon Rencontre depuis 2006. Du Régional 1 (6e échelon français), au National 2 (4e division, niveau actuel du club), en passant par de courts retours en National (3e division, entre 2005 et 2007, puis en 2019/2020), et une relégation administrative en 2011 (la troisième de l’histoire du club), Djezo n’a jamais lâché, malgré un constat implacable : « Toulon est la seule des 20 plus grandes métropoles françaises à ne pas avoir de club dans les deux premières divisions », pointe-t-il, non sans amertume.

    Un propriétaire inflexible

    Ce ras-le-bol est partagé par l’ensemble des supporters du club de la Rascasse et s’exprime depuis trois ans à travers le mouvement « Toulon mérite un grand Sporting », slogan créé il y a 10 ans. « On ne voulait pas que ça reste autour de notre groupe, mais que ça concerne tous les supporters. Lors d’une énième défaite en janvier 2023, dans un stade vide, on était allé à la rencontre du président et des joueurs. On était entré dans le vestiaire, sans violence car ça n’a jamais été notre but, mais ça avait fait impression. Ça a été le point de départ », détaille Djezo.

    Des tracts sont alors distribués, notamment auprès de 350 commerçants « à qui on doit en grande partie le retentissement populaire », salue Djezo, à travers des affiches et une photo collective. « On a eu le soutien de groupes de supporters, comme le CUP, à Paris, des supporters du Celtic Glasgow, de clubs italiens, d’anciens sportifs pros (Sébastien Squillaci, Mathieu Bastareaud, David Girard…), d’un hôtel new-yorkais, dont le patron est Toulonnais, et du chef du Jules-Verne à Paris », détaille-t-il. Preuve que ce combat n’est pas qu’une affaire locale.

    Catalyseur de la colère : la direction, en place depuis 2011, sous la houlette de son actionnaire majoritaire Claude Joye, sans avoir réussi à faire progresser le club. « Il a effacé une dette de près d’un million d’euros, nous ne l’oublions pas », reconnaît Djezo. « Quand il arrive, le projet, c’est la Ligue 2 en 5 ans. » 14 ans après, le Sporting végète au 4e échelon national, « et on regarde plus derrière que devant », s’inquiète-t-il. Les contacts avec la direction sont rompus. Et en dépit de cette stagnation, Claude Joye (qui n’a pas souhaité répondre à nos questions) se refuse à céder le club, malgré plusieurs offres : « Un investisseur toulonnais a fait une offre de 2 M d’euros et promettait d’en investir 18 dans le projet sportif. Il a refusé et fixé un prix exorbitant, 6 M. Ça a mis un terme aux négociations. On a le sentiment qu’il a mis un prix pour dégoûter tout le monde », se désole Djezo. D’après lui, d’autres négociations seraient en cours avec de potentiels repreneurs. « On veut juste un club qui nous fasse rêver, voir du football sans avoir à aller à Marseille ou Nice », milite Djezo, qui « ne veut plus entendre parler de la direction actuelle. En 15 ans, il y a eu assez de temps pour présenter un bilan ».

  • Quand les Phocéennes suivent les aventures des Marseillaises

    Quand les Phocéennes suivent les aventures des Marseillaises

    « L‘équipe masculine compte plusieurs groupes de supporters derrière elle, alors pourquoi pas en créer un pour soutenir les féminines ? », s’est interrogée Aurélie Barle, supportrice de l’OM âgée de 19 ans, devant les matches de la section féminine au Campus, l’année passée, en compagnie de Tom Frégeac. « On s’est dit qu’en cas de montée, on devrait créer un groupe parce qu’elles le méritent », souligne l’étudiante en marketing, digital et communication.

    Leur rêve est rapidement devenu réalité lorsque Roselène Khezami et ses coéquipières ont remporté le championnat de Division 2 au mois de mai, synonyme d’accession en Arkema Première Ligue à la rentrée. Les deux passionnés olympiens, qui se sont rencontrés il y a quatre ans à la Commanderie, où ils patientaient ensemble – parfois pendant des heures – pour attendre la sortie de leurs idoles, ont dans la foulée créé l’association Les Phocéennes. « Une trentaine de personnes sont impliquées et participent à la vie du groupe », se réjouit Tom, originaire de Peyrolles-en-Provence.

    Un coût au portefeuille

    Au-delà de leur présence dans l’ancienne tribune Canal du stade Francis-Turcan, à Martigues, pour soutenir Les Marseillaises, les coprésidents échangent régulièrement avec leurs membres, sur les réseaux sociaux, pour fournir des informations pratiques ou des actualités concernant l’équipe. « Mais, pour l’instant, nous n’avons pas encore d’adhésions, parce que la création est assez récente. C’est un petit détail, mais ça rendrait notre groupe plus officiel. Ça nous donnerait une image de structure plus développée qui nous permettrait surtout de faire rentrer des fonds pour ensuite créer des tifos et des animations », espère-t-il. « Peut-être la saison prochaine », relance Aurélie, qui n’a pas encore évoqué le sujet avec le club.

    Fervents supporters des Marseillaises, Aurélie et Tom font également les déplacements pour suivre les matches au plus près de l’action. « On les a tous faits sur cette première partie de saison, sauf celui au Paris FC. Et encore, on devait le faire, mais on n’a pas pu y aller à cause d’un contretemps de dernière minute », justifie Tom, qui compte bien assister aux futures journées à Nantes, puis à Montpellier. Mais tous ces déplacements ont un coût financier indéniable. « On n’a pas d’emplois, ça ne nous facilite pas les choses. Heureusement que les places ne sont pas chères [5 euros en moyenne, Ndlr], mais ce sont les trajets qui coûtent cher, même si on essaie toujours de dépenser le moins possible », ajoute l’étudiant en hôtellerie et restauration. Avec une moyenne de 100 euros par week-end, ils auront donc facilement dépassé la barre des 1 000 euros à la fin de la saison pour encourager leur club de cœur au-delà de Martigues.

    Délocaliser au Vélodrome

    Pour le moment, ils sont généralement les seuls à prendre part aux matches à l’extérieur. « On espère pouvoir inciter d’autres supporters à nous suivre à l’avenir, mais ce n’est pas notre principal objectif, cette saison. On veut d’abord insuffler une dynamique à domicile, avec plus de personnes présentes à Turcan », souhaite Aurélie, lucide sur le retard de la culture du football féminin en France par rapport à d’autres pays.

    Pour Tom, les plus belles affiches du championnat, notamment le Classico entre Les Marseillaises et le Paris Saint-Germain, gagneraient à être délocalisées au stade Vélodrome. « Ça peut paraître ambitieux, mais je pense que ce genre d’initiatives mettrait de la visibilité sur la section féminine », estime-t-il. De telles opérations se sont révélées être concluantes dans d’autres clubs de l’Hexagone, à l’instar du FC Nantes, qui a accueilli plus de 16 000 spectateurs au stade de La Beaujoire lors de la réception du PSG, en octobre 2024. Mieux que l’affluence actuelle à Francis-Turcan.

  • Les Marseillaises en pleine préparation du premier Classico de la saison

    Les Marseillaises en pleine préparation du premier Classico de la saison

    C’est l’heure de voir ce que les Marseillaises ont réellement dans le ventre. Victorieuses de Lens lors de la dernière journée (2-0, le 21 novembre), soit leur deuxième succès de la saison après celui acquis face à Saint-Étienne
    (0-4, le 4 octobre), les protégées de Corinne Diacre, invaincues depuis le 18 octobre (6-1, le 18 octobre au Paris FC), s’apprêtent à vivre leur première confrontation avec le grand Paris Saint-Germain, vendredi (19h) au stade Francis-Turcan, à Martigues. « Ça a une saveur particulière », partage Tess Laplacette, la capitaine des Marseillaises, consciente de l’engouement autour du Classico, pour en avoir vécu quelques uns lors de ses six années passées à l’OM entre 2014 et 2020. « On va le prendre avec sérieux, comme tous les autres matches. On est sur une bonne dynamique, donc il faut et profiter de ça pour mettre beaucoup d’impact et pour essayer d’aller chercher un résultat, pourquoi pas », ajoute-t-elle.

    « La rivalité n’existe pas »

    Pour Corinne Diacre, cette confrontation face au PSG n’a rien d’un Classico. « La rivalité n’existe pas. Elles jouent la Ligue des champions. Nous, on est promus et on se bat pour jouer le maintien. Très honnêtement, pour nous, il n’y a pas de Classico. L’écart entre les deux équipes est tellement important aujourd’hui », reconnaît l’entraîneuse marseillaise, consciente de la pléiade d’internationales présentes dans l’effectif francilien.

  • Sakina Karchaoui célébrée par les habitants de Miramas

    Sakina Karchaoui célébrée par les habitants de Miramas

    Les jeunes miramasséennes passionnées par le ballon rond étaient nombreuses, dimanche après-midi, autour du city-stade flambant neuf inauguré par la Ville de Miramas, dans le quartier de la Maille 2. Si la nouvelle infrastructure les a impressionnées, elles ont surtout fait le déplacement pour voir de leur propre yeux Sakina Karchaoui. L’internationale française (94 sélections) âgée de 29 ans, également capitaine du Paris Saint-Germain, a grandi quelques rues à côté du terrain de jeu rénové. « C’est un exemple pour nous », martèle Sarah, pensionnaire de la section U12 de l’US Miramas.

    « Rien n’est impossible »

    Comme toutes ses amies du club, qui tentaient de se faufiler dans la foule pour décrocher un selfie ou un précieux autographe de la star parisienne, elle rêve de connaître la même carrière que la défenseure latérale gauche.

    Cette aventure a débuté aux côtés de Samir Touri, l’éducateur qui a décelé le potentiel de la jeune Karchaoui. « Elle sortait de l’école et elle s’amusait à taper le ballon contre les murs », raconte celui qui a détecté chez elle « un touché de balle impressionnant ». Mais Samir, qui connaît Sakina depuis sa naissance, n’imaginait pas que sa petite protégée allait connaître un tel parcours. « Il y en a très peu qui arrivent à persévérer dans les moments de doute, surtout quand tu dois quitter ton domicile familial à l’âge de 12 ans, mais elle est parvenue à surmonter tous les obstacles qui se sont dressés devant elle », souligne son ancien entraîneur, ému aux larmes au moment de voir le nom de Karchaoui sur la plaque commémorative à l’entrée.

    « C’est un honneur d’avoir un terrain de ma ville en mon honneur », sourit celle qui voulait surtout montrer que « rien n’est impossible ».

  • Gaudin, deuxième du nom

    Gaudin, deuxième du nom

    Dans la famille Gaudin, on appelle le fils. En tapant dans l’œil du Paris Saint-Germain, club qui règne sans vergogne dans le championnat français depuis 2013, Noah Gaudin (26 ans), fils du gardien double champion du monde avec les Barjots, en 1995 et en 2001, s’est fait une place au soleil. Mais le jeune arrière, qui a terminé sa formation au Provence Aix université club (Pauc) entre 2017 et 2020, a dû faire un sacrifice majeur pour en arriver là : quitter la France pour rejoindre le Danemark. Un « pari risqué » comme l’avait souligné son cousin Théo Derot, ancien arrière gauche international et fils de Gilles Derot, entraîneur d’Istres Provence Handball entre 2013 et 2025.

    Après avoir disputé trois saisons à Sønderjyske, avant de rejoindre le Skjern Håndbold, le natif de Hameln, ville allemande où sa figure paternelle a évolué l’année de sa naissance, a « appris une nouvelle culture du handball ». « C’est un jeu assez similaire à celui que l’on pratique en France, sauf qu’il est moins physique et qu’il y a plus de jeu de passes », juge Noah Gaudin, persuadé d’avoir notamment progressé sur « les montées de balle » et « le jeu rapide ». Ce qui lui permet aujourd’hui d’affirmer que sa « palette technique est plus large ». « C’est une expérience qui m’a fait beaucoup de bien », ajoute celui qui souhaitait « rejoindre un top club qui joue la Ligue des champions », à l’issue de sa cinquième saison danoise. Il avait honoré sa première sélection avec l’équipe de France senior lors d’un match de l’EuroCup face au Danemark, en mars 2025.

    Stagiaire au Pauc en 2017

    Tombé à pic, le Paris Saint-Germain a directement fait de son vœu une réalité. « C’est un rêve pour moi de jouer pour le PSG », martèle Gaudin, l’un des piliers de la génération 98-99 avec un certain Elohim Prandi, qu’il a rejoint dans le club de la Capitale au mois de juillet. « J’ai été très bien accueilli. On travaille très bien tous ensemble, c’est ce à quoi je m’attendais », révèle-t-il quelques jours avant d’affronter son ancien club. Seuls le capitaine Matthieu Ong et le Marignanais Gabriel Loesch étaient déjà présents dans l’effectif aixois lors de ses trois saisons passées à l’Arena.

    « On va devoir imposer notre jeu face à des joueurs très physiques », analyse l’arrière, qui avait fait de cet aspect du jeu sa priorité d’amélioration lorsqu’il a débarqué dans la cité du Roy René comme stagiaire pro, à l’âge de 18 ans. « J’ai eu la chance de pouvoir compter sur un très bon préparateur physique », souligne Noah Gaudin, en faisant référence à Alexandre Pongérard, toujours présent dans le staff aixois.

    L’arrière tricolore avait d’ailleurs pris 2 kg en trois semaines de préparation après avoir vécu une saison difficile à Cesson-Rennes, club entraîné par son père au moment de son prêt. « Je garde de très bons souvenirs au Pauc, j’y ai passé trois belles années », lance celui qui sera dans la peau de l’adversaire, dimanche (17h).

  • Luka Karabatic n’oublie pas son passé chez les Aixois

    Luka Karabatic n’oublie pas son passé chez les Aixois

    Champion de France, champion d’Europe, champion du monde et même champion olympique, Luka Karabatic (37 ans) a presque tout gagné dans sa carrière. Sauf la Ligue des champions, dont il a été finaliste en 2017 avec le Paris Saint-Germain. Huit saisons plus tard, le petit frère de Nikola porte toujours le maillot bleu et rouge, mais il n’a pas oublié d’où il vient.

    Après ses trois premières saisons professionnelles à Montpellier, le pivot tricolore a débarqué au Pauc. « C’était une étape clé dans ma carrière », reconnaît-il, conscient d’être passé du statut de jeune joueur formé au club à celui de cadre d’une équipe en danger. « Je me suis retrouvé d’un coup avec des responsabilités sur mes épaules. On attendait beaucoup de moi aussi. Ça mettait la pression, d’autant plus que l’on jouait le maintien à tout prix », se remémore « Loulou », persuadé que l’arrivée de Zvonimir Serdarušic, alias « Noka », lui a permis de progresser dans « tous les aspects » de son jeu et devenir « un joueur complet ». Ce qui lui a permis de connaître sa première compétition officielle en équipe de France lors du championnat d’Europe au Danemark en 2014. « Ça correspond à ma période aixoise. »

    « Noka » a influencé Luka

    Sous les ordres de « Noka », l’ancien cadre des Experts – qui a pris sa retraite internationale cette année – a appris « une école du handball » basée sur « l’aspect et l’esprit tactique ». « J’ai un peu tout réappris à ses côtés. Dans la manière de jouer, dans la défense, dans les basiques qu’on a tendance à passer au-dessus et surtout en attaque. Il a joué et a formé tellement de grands joueurs à ce poste-là », souligne-t-il avec beaucoup de reconnaissance envers l’un de ses maîtres.

  • Quand le Vélodrome se transforme en volcan

    Quand le Vélodrome se transforme en volcan

    L’ambiance, c’est ce qui a fait la légende du Vélodrome. Chaque nouvel Olympien rappelle que vivre une expérience dans ce stade, avec le maillot de l’OM sur le dos, c’est le kif absolu.

    Malgré un report au lundi soir, et quelques trous dans les travées dus au fait que certains supporters, venus de loin, avaient été contraints de renoncer au Classique, la marmite du boulevard Michelet s’est mise à bouillonner, bien avant le coup d’envoi de la rencontre.

    À l’entrée des joueurs, le la était donné. Il devait être difficile pour les Parisiens de s’entendre, tant la ferveur du peuple marseillais retentissait dans la nuit provençale. Rythmée par les chants, les encouragements et les réactions sur chaque action chaude, l’ambiance était aussi bouillante que dans la caldeira de l’Etna.

    Et lorsque Nayef Aguerd a ouvert le score, un magma de bonheur a déferlé des quatre points cardinaux. Au plus fort de la démonstration olympienne, l’ambiance était aussi dantesque qu’au Sükrü Saraçoglu de Fenerbahçe.