Tag: protection

  • Bonnieu ou l’écologie du vivre-ensemble

    Bonnieu ou l’écologie du vivre-ensemble

    Entre terre et mer. Le sentier pédestre de la boucle botanique de la plaine de Carro offre une combinaison de paysages naturels remarquables, où les tapis d’arbustes de la plaine de Bonnieu contrastent avec l’anse d’Arnette et le reste du front de mer balayé par les vagues, reliés par une unité minérale particulière à la garrigue.

    En ce jour de Noël 2025, nombreux ont fait le choix de parcourir ces terres, sous un ciel nuageux mais bienveillant teinté de bleu. Quelques rayons de soleil ajoutent à ces contrastes naturels quoique compensés par le filtre d’un après-midi d’hiver.

    L’endroit est idéal pour les familles, coureurs et cyclistes, nombreux à se croiser sur le chemin du littoral, partis de l’anse de Bonnieu ou du parking des Arnettes, au choix. D’autres préfèrent l’arrière-pays immédiat, toujours sur le sentier de la boucle botanique. Là où l’odeur épicée des pins exalte Vanille, jeune chienne Cane corso d’un an et demi promenée par sa maîtresse Murielle Clément.

    « J’ai tendance à préférer les chemins isolés car elle est trop sociable et saute sur les gens », explique-t-elle, ramenant sa compagnonne de balade en laisse au pied. Cette Martégale depuis 30 ans remarque que « depuis qu’il y a la route du littoral, il y a plus de gens » à profiter du tracé.

    « Un hotspot

    de biodiversité »

    Cette hausse de fréquentation ne va pas sans questionnements. « Vu que tout a déjà brûlé, il faut protéger ces espaces », selon Murielle Clément. Cette promeneuse ne croit pas si bien dire, alors que près des deux tiers de la boucle botanique sont protégés par un arrêté préfectoral de protection du biotope (APPB) sur sept hectares depuis 2018, étendu à plus de 32 hectares à l’automne dernier.

    « La plaine de Bonnieu constitue une relique de l’ancien delta du Rhône unique en France et abrite une richesse floristique exceptionnelle », peut-on lire sur l’arrêté originel. En l’occurrence, il s’agit de permettre le « maintien et la reproduction des espèces protégées » que sont par exemple l’ail petit moly, la chicorée scabre, les ophrys de Provence et de Bertoloni ou encore le très rare mérandére à feuilles filiformes qui ne pousse qu’à Martigues. Toutes ces petites plantes contribuent à faire de Martigues un « hotspot de biodiversité locale » à forte valeur patrimoniale, selon les mots de l’élu Jean-François Mauffrey l’année dernière.

    Il n’y a pas que des plantes à protéger. Dans les buissons, des petits passereaux traversent les sentiers en planant bas, parfois au ras du sol. À droite, à gauche, des pépiements émanent des fourrés. Logique, la fauvette pitchou est une habituée du secteur, observable toute l’année et quasi menacée selon l’union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le gravelot à collier interrompu est également présent d’avril à août, classé vulnérable en France et en danger dans certaines régions.

    La protection du biotope repose sur l’interdiction de construire, de franchir la zone en véhicules, par l’installation de barrières de protection délimitant les zones de parking, pour protéger notamment des deux-roues. Si l’arrêté n’a pas de « vocation touristique » selon l’adjointe du quartier Odile Teyssier-Vaïsse (ap. PCF), « la Ville a toujours eu envie de faire connaître sa richesse faune et floristique aux habitants ».

    Les nombreux panneaux renseignant sur les différentes espèces présentes sur le terrain témoignent de cette cohabitation des usages.

  • L’agence régionale de santé appelle à ne pas engorger les urgences

    L’agence régionale de santé appelle à ne pas engorger les urgences

    Pendant les fêtes, si vous avez besoin d’un médecin, suivez le bon chemin. » Une manière polie de l’Agence régionale de santé (ARS) d’inciter la population à ne pas engorger les urgences, en cette période d’épidémie de grippe.

    « Les services des urgences en France et dans notre région voient chaque année leur nombre de patients augmenter de manière continue, en particulier à l’approche des fêtes, période durant laquelle les épidémies hivernales cohabitent », indique l’ARS dans un communiqué. Et d’insister : les urgences « doivent être prioritairement réservées aux situations les plus graves ».

    Pour assurer la continuité des soins, un dispositif est mis en place précise-t-elle avec la mobilisation des médecins généralistes en ville, l’ouverture des maisons médicales de garde, le renforcement des moyens de l’aide médicale urgente et une coordination assurée par le Centre 15.

    La bronchiolite stable

    La semaine dernière, l’activité pour grippe aux urgences a continué à augmenter, avec plus de 2 000 passages enregistrés dans la région, conduisant à près de 450 hospitalisations. La vaccination associée aux gestes barrières, demeurant l’une des armes les plus efficaces de protection rappelle l’ARS. Côté bronchiolite, qui touche particulièrement les enfants, la région est en phase épidémique depuis quatre semaines et l’activité des urgences concernant les enfants de moins d’un an se stabilise, à un niveau inférieur à celui observé à la même période l’an dernier.

  • Le BUS, une infrastructure routière qui fait grand bruit

    Le BUS, une infrastructure routière qui fait grand bruit

    Alors que le collectif CANBUS s’active et mobilise pour empêcher le prolongement du Boulevard Urbain Sud (un linéaire prévu sur 8,5 km de l’échangeur Florian jusqu’à la traverse Parangon) et épargner le jardin de la Mathilde, les jardins familiaux Joseph-Aiguier et la pinède du Roy d’Espagne, la Métropole lance un marché pour poursuivre l’isolation acoustique des bâtiments impactés sur les 3 km de la section livrée en 2021 jusqu’au boulevard de Sainte Marguerite.

    A ce jour, les menuiseries de 126 logements ont déjà été remplacées via un dispositif de subventions que la Métropole veut étendre. Pour s’assurer de l’impact réel de l’infrastructure décriée, une mise à jour en juin 2021 de l’étude acoustique de 2016, a mis en évidence « la nécessité de traiter 570 bâtiments supplémentaires par rapport aux 117 bâtiments initialement prévus » et ce en dépit de 5 kilomètres de murs de clôture acoustiques déjà posés.

    La réglementation impose au maître d’ouvrage des mesures de protection en cas de dépassement des seuils de 60/65 décibels le jour (6h-22h) et 50/55 décibels la nuit (22h-6h). Pour donner un ordre d’idée, le niveau sonore à moins de 8 mètres d’un véhicule roulant à 50 km/h se situe autour de 70/75 décibels. La somme de 10 véhicules augmente le niveau de bruit global de 10 décibels, soit 80/85 décibels. Le bruit montant, sa perception est amplifiée aux étages. D’où l’isolation acoustique des façades proposée.

    Un trafic encore sous-estimé

    Autre problématique soulevée, la sous-estimation du trafic pris en compte dans les études. Si du côté de l’A50, il est projeté que le BUS passerait de 40 000 véhicules/jour en 2021 à près de 49 000 en 2040, il était observé en 2021 que du coté de Sainte Marguerite (où les travaux d’aménagement d’un rond-point débutent), le BUS était déjà parvenu à son niveau projeté de trafic 2040 avec près de 28.000 véhicules/jour. « Il est donc possible que le trafic sur le BUS soit sous-estimé sur certaines sections », analyse l’étude de 2021 qui recommande de « refaire une étude de trafic pour mieux apprécier les trafics de long terme, voire de majorer les isolements des bâtiments à traiter dans cette éventualité, surtout que le BUS doit être prolongé vers le sud, ce qui risque d’induire des trafics supplémentaires. »

    D’où la possibilité qui est donnée de réaliser de nouvelles mesures acoustiques par logement « à la demande des propriétaires notamment au regard d’une éventuelle évolution du trafic routier », propose la Métropole.

  • Des logements sociaux dans l’ancien chai Cazel à Septèmes

    Des logements sociaux dans l’ancien chai Cazel à Septèmes

    Le bailleur social Logis Méditerranée programme la création d’un immeuble de 20 logements sociaux et d’un équipement d’intérêt collectif à Septèmes-les-Vallons dans l’ancien chai Cazel jeune à l’abandon. Un projet de reconversion de ce vieux commerce de vin très attendu dans le contexte où la commune rattrape sa carence en logements sociaux avec un taux qui se situe déjà à 18% contre 25% attendus par la loi SRU.

    Cet ancien bâtiment a été racheté par l’Établissement public foncier Paca à la demande de la commune. Il est au cœur du centre ancien, le long de l’avenue du 8-Mai 1945. Ce n’est pas le premier projet porté par la commune qui a inauguré lundi dernier la fin de la réhabilitation de 20 logements sociaux répartis sur 6 sites du centre ancien. 9 autres logements sociaux seront encore livrés en décembre dans l’ancienne bastide Val Fleuri, chemin de la Bédoule.

    Pour l’ancien chai Cazel, il s’agit d’insérer dans ce bâtiment proto-industriel 12 logements sociaux, d’en créer 8 autres sur un nouveau bâtiment au sud, d’y adjoindre en rez-de-chaussée un local d’activité de 203 m² dont la destination et de créer 28 places de stationnements en sous-sol tout en conservant le jardin. « On réhabilite, on travaille sur les friches inutilisées » explique Sophie Celton (PCF), première adjointe. « On est aussi au démarrage de la reconversion de l’ancienne friche Duclos avec 350 logements attendus dont 40% de logements sociaux. Ce nouveau quartier va permettre d’éviter une dent creuse entre le centre-ville ancien et le quartier des Caillols. Et sur l’ancien chai, on garde l’histoire de ce bâtiment », se réjouit-elle. Dans quelle proportion conserver cette histoire ? Alertée par des habitants, Sites & Monuments a demandé au maire de retirer ce permis, certes purgé de tout recours, mais qui a enjambé allègrement trois avis défavorables consécutifs de l’Architecte des bâtiments de France (ABF) des 2 avril, 30 juin et 31 juillet 2025 qui ne sont même pas mentionnés aux visas de l’arrêté accordant le permis. Or l’ABF est en avis conforme pour cet édifice en covisiblité avec un monument historique, la cheminée-colonne qui domine la commune. Aussi, l’association a saisi la ministre de la Culture d’une demande d’instance de classement le temps de « trouver une solution alternative ».

    « La destruction de la toiture et de la façade nord de cet édifice à fort caractère patrimonial, alliant bâtiment proto-industriel et maison de maître, revenant à une démolition quasi totale, altérerait les abords proches de la cheminée-colonne dont elle est contemporaine », écrit en effet l’ABF dont le dernier avis concluait qu’« un projet de reconversion plus respectueux du caractère patrimonial et historique du lieu formant abords du monument historique serait susceptible de recevoir un avis favorable ».

    « On est au point d’équilibre entre la protection, les enjeux d’avenir et la forme urbaine », assure Patrick Magro (PCF), conseiller municipal délégué à l’histoire et à la mémoire locale. Il est à l’origine de la protection au PLUi de la façade et de la grille du chai. À ses yeux, le projet est dans « le respect absolu de la façade principale qui sera à l’identique de ce qu’elle était historiquement et aussi de la grille. Avec ce projet, on laisse une vraie trace de la mémoire. » Tant pis si la toiture et la façade arrière doivent être détruites. D’ajouter : « L’intégrisme ne vaut rien sur ces questions. On a sauvé cet édifice qui aurait pu devenir une ruine ou être livré au squat en le faisant protéger et acquérir par l’EPF pour du logement social. Et en plus on a pris la décision politique de ne pas artificialiser le jardin dans le respect total de l’objectif du zéro artificialisation nette. »

  • La CGT du Var mobilisée pour les travailleurs migrants

    La CGT du Var mobilisée pour les travailleurs migrants

    Le 23 janvier, alors ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau établissait une circulaire sur les orientations générales relatives à l’admission exceptionnelle au séjour prévue par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda). Une manœuvre ayant pour but de réduire de 30% (de 30 à 20 000) les titres de séjour accordés, et de « discipliner le corps préfectoral », dénonce la CGT. Cela, en conditionnant drastiquement les conditions d’obtention de titres de séjour (7 ans de présence sur le territoire contre 5 auparavant [hors régularisations par le travail, qui restent à 3 ans], maîtrise de la langue…).

    Une orientation qui ne modifie pas la loi, ni les dispositions prévues par le Ceseda : chacun peut demander une CST (Carte séjour temporaire en salarié, ou travailleur temporaire) ou VPF (Vie privée vie familiale), pour des considérations humanitaires, pour les personnes confiées à l’Aide sociale à l’enfance ou à un tiers de confiance entre 16 et 18 ans suivant depuis six mois une formation professionnelle. L’article L-435 traite quant à lui des métiers en tension. C’est sur celui-ci qu’incite à se baser la circulaire Retailleau, alors que la liste « n’est pas finalisée et ne contiendra que très peu de métiers exercés par les travailleurs migrants car occupés et donc pas en tension », pointe la CGT.

    Les OQTF « assimilés

    à des terroristes »

    Une circulaire que dénonce l’UD CGT 83, mobilisée jeudi devant la préfecture dans le cadre de la Journée internationale sur la protection des droits des migrants. « Ces gens fuient la guerre, travaillent, et sont mis en situation de grande précarité. On veut des titres de séjour pour les travailleurs sans-papiers, un accès rapide pour les renouveler et la continuité des droits sociaux », exige Richard Roméo-Giberti, secrétaire général UD CGT 83.

    « La circulaire ralentissant la délivrance, des travailleurs sont licenciés faute de titres de séjour renouvelés à temps. L’objectif est de faire pression sur la préfecture. Les demandes de renouvellement sont réalisées quatre mois en avance, cela laisse largement le temps de les traiter », soutient Patrice Moulun, secrétaire générale de l’UL CGT Toulon. « Des corps entiers dépendent des travailleurs immigrés, comme la propreté, où 85% des salariés ne sont pas nés en France, la restauration, le bâtiment… C’est hypocrite car on les accepte pour travailler, tout en leur mettant une pression inhumaine. Certains sont même victimes de traite d’êtres humains, sans contrat ni salaire » dénonce Sébastien Bois, secrétaire du syndicat de la propreté du Var.

    Derrière tout cela est pointée la réalité de la majorité des OQTF, « souvent assimilés à des terroristes alors qu’ils ne sont pas des criminels, mais subissent la lenteur administrative. D’où leurs difficultés à aller aux prud’hommes, et les hésitations à faire valoir leurs droits, qui ne disparaissent pourtant pas avec l’OQTF », dénoncent de concert les trois syndicalistes. Ces deniers ont demandé une audience « sur les problèmes concrets, au cas par cas » au préfet, avec qui ils travaillent « depuis quelques semaines pour prendre en compte la réalité locale », et espèrent pouvoir mobiliser, par la grève, « afin de faire bouger les choses, comme ça a été le cas en Île-de-France ».

  • Un service militaire mais pour quoi faire ?

    Un service militaire mais pour quoi faire ?

    « Elle aura bien de la peine pour élever les enfants. Elle aura bien de la peine car je m’en vais pour longtemps. » Ces paroles de la Blanche Hermine, un chant militaire un brin archaïque, sont chantées en chœur ce vendredi 5 décembre par les recrues militaires, hommes comme femmes, du Centre de préparation opérationnelle du combattant de l’armée de l’air sur la base aérienne 115 d’Orange, tout en marchant au pas sur la place d’armes du quartier Geille. Pendant qu’un autre groupe de soldats en formation, équipés de protections de la tête aux pieds, se tapent dessus à l’aide de matraques et de boucliers en mousse, mais aussi avec des mitraillettes factices peintes en rouge, le lieutenant Yann explique que « c’est ce que vont également faire les jeunes du service national pendant les quatre premières semaines ».

    La base aérienne du nord de Vaucluse a été choisie pour accueillir la moitié des 600 premiers volontaires du service national dans l’armée de l’air et de l’espace. Ainsi, dès septembre 2026, 100 jeunes volontaires « avec ou sans bac » seront accueillis en Cité des Princes pour une durée de 10 mois. Puis 100 en octobre et 100 en novembre. Les 300 autres iront à la base aérienne 105 d’Évreux. Avec pour objectif d’avoir 2 000 jeunes en service national en 2030 dans l’armée de l’air, à travers cinq bases aériennes du pays.

    Chacun d’entre eux aura donc une formation générale d’un mois pendant laquelle « ils vont apprendre les fondamentaux », assure le lieutenant Yann. Avec donc du « combat rapproché » pour avoir les « bons réflexes du combattant », avec les exercices présentés précédemment. Mais aussi le maniement des armes, notamment des fusils d’assaut. Et ce, en premier lieu à l’aide de simulateurs présentés quelques instants plus tard. Par groupe d’une dizaine de recrues, on enchaîne préparation de son arme, tir debout, un ou deux genoux à terre et allongé en visant un écran où apparaissent des cibles de forme humaine au milieu d’un terrain désertique. L’instructeur conseille de viser « au niveau du torse » tout en analysant les « courbes de tir » et en donnant des conseils aux apprenants. Et finalement d’apprendre à « marcher au pas et à porter l’uniforme ».

    Trois types d’emplois

    Ce vendredi se tenait donc une journée de présentation plus approfondie du dispositif. « On est prêts et on a besoin d’eux », lance micro en main la générale Valérie Godin, aussi directrice des ressources humaines de l’armée de l’air et de l’espace. La haute gradée a donné plus de détails après l’annonce de fin novembre dernier du président de la République. Elle précise que trois « types d’emplois » peuvent être exécutés par les futurs volontaires. Tout d’abord dans « l’engagement opérationnel au profit de la protection des bases », c’est-à-dire en patrouilles type Sentinelle dans les lieux publics. Ensuite des postes « en escadron », comme par exemple à la maintenance, à la logistique ou même en cuisine selon l’appétence de chacun. Et finalement des emplois « plus expertisés » destinés aux volontaires plus âgés, avec des formations « type licence ou master » dans des domaines très diversifiés tels que les ressources humaines, l’ingénierie, la cybernétique ou même l’aérospatial. Avec une rémunération située pour la plupart du temps entre 800 et 1 000 euros.

    Une flopée de possibilités que l’armée a souhaité illustrer au sein de la base aérienne en disposant dans un hangar cinq métiers différents ouverts aux volontaires à Orange. Par exemple armurier, « un boulot exigeant car on gère un gros panel d’armes », précise l’aviateur Corentin tout en maniant un fusil Famas. Ou encore assistant du moniteur de sport de la base ou assistant chenil. Mais aussi la gestion de la planification des vols de la base « afin de faciliter la vie des pilotes », assure le caporal-chef Nathan, posté devant un avion de chasse Rafale.

    Une réponse au contexte géopolitique

    Un service national qui, d’après la générale Valérie Dodin, a pour but de renforcer « la cohésion nationale » et « apporter sa pierre à quelque chose de plus grand ». Mais si le ministère des Armées évoque sur son site « un nouveau dispositif qui vise à renforcer la résilience du pays, à consolider le lien armées-nation et à adapter notre modèle de défense aux menaces de demain », ou encore le site du gouvernement qui précise que la mise en place répond à une « dégradation du contexte international » en citant la guerre en Ukraine ou encore le désengagement américain, le contexte géopolitique actuel a soigneusement été évité tout au long de la journée par le corps militaire. « Pas le sujet du jour », nous assène-t-on. Mais sans doute celui de demain.

  • Jour d’hommage et de fête pour les sapeurs-pompiers

    Jour d’hommage et de fête pour les sapeurs-pompiers

    Un instant « solennel » pour « honorer le souvenir » des disparus mais aussi un « moment de reconnaissance en cette année intense, sans aucun répit ni sur le front du secours ni sur celui des feux », a introduit ce samedi 6 décembre, Richard Maillé, président du Sdis (Service départemental d’Incendie et de Secours) 13 à l’occasion de la cérémonie de la Sainte-Barbe, protectrice de ceux qui affrontent le feu et le danger.

    Dans le hall cathédrale de l’Hôtel du Département, des hommes et femmes casqués plutôt habitués au terrain, à raison d’une intervention toutes les 3 minutes. Le Sdis 13 étant l’un des plus importants de France avec 1 250 sapeurs-pompiers professionnels et 4 700 volontaires. La collectivité poursuivant une « politique volontariste du recrutement malgré la pression financière », s’est félicité Richard Maillé, ils seront 75 à venir compléter les rangs annonce-t-il. Soit une augmentation de plus de 23% en dix ans, ajoute-t-il.

    « Depuis 2015, nous mettons en avant la protection des biens et des personnes », a martelé Martine Vassal, présidente DVD du Département qui en a profité pour adresser un message au préfet Jacques Witkowski.

    Un « modèle atypique »

    « J’espère que vous resterez un long moment dans nos murs, je suis persuadée que vous allez être l’homme de la situation », a-t-elle lancée, rappelant que « nous sommes dans un département particulier où vous avez tous les risques sauf celui des avalanches ». Pour les pompiers, « pas d’économie, que des dépenses pour du matériel et des casernes du XXIe siècle », poursuit l’élue qui prévient : « Les recettes ne sont pas extensibles. » Pour elle, « les départements sont en danger », estimant que « sans eux c’est une régression de la démocratie ». Elle insiste : « Il va falloir qu’au plus haut niveau de l’État, on travaille sur l’équation des recettes et des dépenses, Monsieur le préfet. »

    Le représentant de l’État se bornera à la lecture du message de Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, défendant un « modèle atypique fondé sur le volontariat qui nous oblige ». Les sapeurs pompiers vont également pourvoir bénéficier de trimestres supplémentaires pour la retraite « dans un décret pris dans les prochains jours », a promis le ministre.

    Cette cérémonie a également été l’occasion de remise de médailles de la sécurité intérieure, échelon bronze argent ou or, et de casques pour la 55e promotion de professionnels, baptisée du nom d’Emma Bouquet, tragiquement décédée à 21 ans en février et, volontaire au centre d’incendie et de secours d’Eyguières depuis 2 ans.

  • Vers l’inscription au titre des monuments historiques

    Vers l’inscription au titre des monuments historiques

    Assumant de forcer un peu les choses, la ministre de la Culture, Rachida Dati, avait exprimé lors de son premier déplacement à Marseille le 16 janvier 2025 sa volonté de protéger la Bonne Mère, prenant de court le diocèse plutôt réticent. Après tout, la Bonne Mère n’offre-t-elle pas déjà une protection ?

    La seule protection juridique dont jouit à ce jour la Colline de Notre-Dame de la Garde, c’est celle de « site classé » comme le Vieux-Port, la corniche Kennedy ou encore la Pointe Rouge. La Ville de Marseille l’avait demandé et obtenu en 1917 pour prévenir l’atteinte occasionnée par les carrières de la butte qui compromettaient la solidité de la Basilique, et qui produisaient « les résultats les plus désastreux contre l’esthétique d’un des plus jolis sites de Marseille ». Une protection qui ne vaut pas grand-chose, le béton sauvage coulant dans son dos.

    Après des mois d’échanges avec les services du cardinal-archevêque Jean-Marc Aveline qui a donné son accord, le dossier de protection au titre des monuments historiques a avancé. La commission régionale de l’architecture et du patrimoine s’est réunie jeudi et a donné un avis favorable avec vœu de classement. Le nouveau préfet de région officialisera le périmètre de l’inscription dans un arrêté qu’il pourrait signer dans quelques semaines.

    La protection de la basilique de la Bonne Mère se justifie par son histoire, sa charge symbolique et spirituelle. C’est un édifice emblématique du grand paysage marseillais et de son patrimoine. La Basilique a été érigée entre 1853 et 1870 sur un site où se trouvait un ouvrage fortifié sous François Ier destiné à protéger la ville après le siège de 1524 par les troupes de Charles Quint et une chapelle remplaçant un monument daté de 1214, propriété des moines de l’abbaye Saint-Victor. Cette combinaison entre le militaire et le religieux a ancré dans l’esprit des Marseillais cette double protection spirituelle et matérielle.

    Pour les historiens de l’art, Notre-Dame de la Garde constitue en outre un jalon important dans le développement du style romano-byzantin en France au XIXe siècle, issu des recherches néo-romanes commencées à Saint-Paul de Nîmes, aux côtés de la cathédrale de la Major à Marseille. La conception et les qualités imaginées et réalisées par le premier architecte, Henry-Jacques Espérandieu (1829-1874), se combinent avec la variété et l’esthétique des décors de mosaïque et de marbre, dus à son successeur Henry Révoil (1822-1900), dans une œuvre d’art total.

  • Patrons et élus planchent sur la souveraineté lors du forum économique Soft

    Patrons et élus planchent sur la souveraineté lors du forum économique Soft

    « L’Europe : sursaut ou sursis ? ». C’est la question à laquelle ont tenté de répondre les plusieurs centaines d’entrepreneurs et élus présents pour Soft 2025, forum économique organisé par l’agence de développement de la Région Sud, RisingSud, ce jeudi à Marseille. « C’est l’occasion pour les grands dirigeants d’entreprises […] de parler de transition, innovation, d’industrialisation », résume Bernard Kleynhoff, président de RisingSud et conseiller régional.

    Le tout, avec quelques invités de marque comme l’ambassadeur de l’Ukraine (lire ci-dessous) ou encore le ministre délégué au commerce extérieur, Nicolas Forissier. Ce dernier revenait justement de Chine et a tenté de justifier la stratégie commerciale paradoxale d’Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs. S’il vante « la révolution économique permanente » et la « planification » du pays de Xi Jinping, il juge que la France « verse trop dans la protection ». Même principe sur les accords commerciaux : d’un côté il plaide pour « plus de fermeté dans les négociations » et appelle à « ne pas être dépendant », et de l’autre il loue les accords de libre-échange, comme le Mercosur ou encore le Ceta. « Le Ceta, c’est tout bénef ! Le Mercosur est une opportunité ! », explique-t-il, tout en reconnaissant tout de même « qu’il faut protéger des filières sensibles ». En bref, il résume grossièrement le débat à « l’ouverture commerciale versus le protectionnisme et la fermeture des frontières ». Pas de quoi vraiment éclairer les lanternes des participants qui venaient débattre, par une série d’ateliers et de tables rondes, de la souveraineté européenne et française au sein de celle-ci.

    « On n’a pas de cohésion »

    Le président de la Région Sud, Renaud Muselier (Ren.) n’a pas manqué de rappeler sa capacité à capter les fonds européens pour des projets locaux : « Quand on est arrivé à la tête de la Région, on prenait 300 millions d’euros de fonds européens. À la fin de cette mandature on aura 10 milliards ! Ça finance d’Iter à Airbus jusqu’aux villages de haute-montagne où l’on refait des églises et des lavoirs. » Mais retombe dans la même forme de paradoxe que le ministre. Il loue l’aide financière de l’État ou de l’Europe en direction des entrepreneurs pour faire face au « souverainisme américain » mais ne veut pas entendre parler de contreparties. « Je suis d’une culture où il faut laisser grandir l’esprit d’entreprise. Nos voisins innovent et avancent pendant que nous, on fabrique des dispositifs de régulation permanents », développe-t-il. Compliqué donc de « redonner un sens à l’Europe » dans ce cadre.

    Finalement, certains patrons se montrent plus lucides. À l’instar d’Elie Girard, PDG d’Alice et Bob, start-up d’informatique quantique qui travaille sur des technologies potentiellement révolutionnaires : « À part Airbus, les géants européens ça ne marche pas vraiment. Le problème c’est que si on devient un géant en Europe, on sera vu comme un géant français pour nos voisins européens… Et ils achèteront américain. On n’a pas de cohésion suffisamment forte. »

  • Des actions pour sortir les jeunes des réseaux dans le Var

    Des actions pour sortir les jeunes des réseaux dans le Var

    La loi narcotrafic du 13 juin 2025 confère de nouveaux ressorts aux préfets : les injonctions d’expulsion des bénéficiaires de logements sociaux impliqués dans le trafic, la fermeture de commerces, et les interdictions de paraître. Un arsenal déjà usité par le préfet du Var, à six reprises dans le premier cas, cinq pour le deuxième, et 22 pour le troisième. Ces mesures administratives complètent un cadre législatif qui a permis la saisine 1,3 million d’euros et de 2,06 millions d’euros de biens immobiliers dans le cadre d’enquêtes judiciaires. Mais aussi de 713 kg de cannabis, 474 de cocaïne, et de près de 17 millions d’euros d’avoirs criminels, notamment.

    Prévention puis sanction

    « Il faut assécher par la base, les consommateurs, par le haut, les avoirs, et par les prestations sociales. En somme, par l’argent », affirme Raphaël Balland, procureur de la République de Toulon. C’est le sens de la convention signée ce mercredi entre les institutions judiciaires et la CAF du Var. Cette dernière pourra prendre en compte les revenus et patrimoines illicites, et recalculer les prestations, repérer d’éventuels trop-perçus, et établir des sanctions, voire des poursuites. « Cela concerne l’ensemble du foyer, donc aussi les fraudes des mineurs », précise Julien Orlandini, directeur de la CAF du Var.

    Des mineurs qui bénéficient de dispositifs de prévention, notion « qu’il ne faut pas opposer à la répression. Elles fonctionnent ensemble », prône Nicolas Prisse, directeur de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA). De nombreuses actions de sensibilisation ont été mises en place, ainsi que deux projets d’accompagnement de jeunes sujets aux addictions et à l’exclusion sociale, institués en 2024 en Provence Verdon et dans les quartiers prioritaires toulonnais. Pour compléter, un dispositif expérimental vient d’être engagé par le Parquet de Toulon, la mairie et la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). À l’intention des jeunes de 13 à 16 ans, il consiste en un accompagnement de six mois, à l’issue duquel la procédure pénale est classée sans suite si le concerné ne récidive pas. Mais dans le cas contraire, le mineur sera, cette fois, poursuivi devant le juge des enfants.