Tag: protection

  • Les services de l’État font part de leurs priorités pour l’été dans le Var

    Les services de l’État font part de leurs priorités pour l’été dans le Var

    Police et gendarmerie, des renforts annoncés

    Avec de nombreuses festivités (14 juillet, 15 août, festivals, concerts…) et une population multipliée en moyenne par deux dans l’aire toulonnaise, 150 policiers, deux compagnies de CRS et 11 maîtres-nageurs sauveteurs sont mobilisés en renfort. L’opération « tranquillité vacances », qui a connu 748 déclarations l’été dernier, « a bien fonctionné, avec aucun incident à déplorer », indique le DIPN, qui appelle « davantage de personnes à se déclarer car il y a tout de même un certain nombre de cambriolages ». Sur les trois zones gendarmerie, deux brigades nautiques seront déployées aux lacs de Saint-Cassien et de Sainte-Croix, notamment pour lutter contre le camping sauvage, facteur de risque d’incendie. Un renfort de 50 gendarmes mobiles et d’unités équestres (12 personnes ) est également attendu.

    Attention particulière sur les noyades

    La totalité des postes de secours sont ouverts avec 189 personnes mobilisées. Face aux 55 noyades déplorées en France en 2026, dont plusieurs dans le Var, le Sdis mise sur la prévention et le respect des zones de baignade en plus de la surveillance. Le Service départemental à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (SDJES) annonce aussi des contrôles sur la surveillance des piscines et des parcs aquatiques, ainsi qu’une vigilance sur la plongée sous-marine.

    Les leçons de Crans Montana sur les ERP

    Après le drame de Crans Montana cet hiver, la Direction départementale de protection des populations (DDPP) a réalisé des contrôles incendie dans 3500 établissements recevant du public (ERP). Sur les 210 qui avaient reçu un avis défavorable en début d’année, 182 le sont encore. Parmi eux, des lieux festifs (1), de sommeil (80) et des campings (14, contre 45 en 2023). Des prescriptions ont été faites aux 153 maires varois.

    Les structures sanitaires en alerte

    Même si le Var reste pour l’instant plutôt épargné par les conséquences de la canicule, avec un nombre commun d’appels au SAMU et de passages aux urgences (1 000 à 1 050), les acteurs médico-sociaux restent en alerte, avec un suivi très fin des indicateurs d’activité tels que le nombre de passages aux urgences, dont ceux imputables à la chaleur. Un plan de gestion de crise a par ailleurs été établi dans les Ehpad.

    Chasse au travail illégal, un arrêté pour le BTP

    L’Inspection du travail annonce une intensification de la lutte contre le travail illégal, notamment dans le secteur touristique. Un arrêté préfectoral a par ailleurs été pris concernant les travaux en BTP, qui peuvent se dérouler entre 6h et 21h (22h dans certains cas), contre 8h à 19h d’ordinaire, pour laisser plus de latitude dans l’organisation et travailler dans de meilleures conditions.

  • Passe d’armes autour du bilan financier du Département

    Passe d’armes autour du bilan financier du Département

    Politique

    Nous n’avons pas cramé la caisse ». Yves Moraine, vice-président et rapporteur général du budget (LR), a largement défendu la gestion financière de la majorité de droite à la tête du Département des Bouches-du-Rhône. Car ce sont le rapport d’activités des services du département pour l’exercice 2025 et le compte administratif pour la même année, c’est-à-dire le budget principal de la collectivité, qui ont agité les débats ce vendredi. « 2025 a démontré notre capacité à tenir nos engagements malgré le contexte économique. Notre collectivité reste l’un des premiers acteurs de la proximité », a vanté la présidente (DVD) du département Martine Vassal. Laquelle insiste sur « la solidarité avec près de 1,6 milliard d’euros consacrés à nos politiques de solidarité, près de la moitié de nos dépenses ». Arnaud Mercier, qui a défendu le rapport d’activités, évoque même un « bouclier social ». La communiste Magali Giorgetti remet les pendules à l’heure. Elle appelle à un « un renforcement de la cellule de recueil des informations préoccupantes », un service départemental de la Direction de la Protection de l’enfance. « Il y a eu une hausse de 68% des informations de situations préoccupantes entre 2019 et 2024, cela entraîne une sollicitation accrue des professionnels de la protection de l’enfance », explique-t-elle. Avant de dérouler : « Je m’inquiète aussi du nombre de recours pour l’accès aux droits : que ça soit pour la MPDH [Maison Départementale des Personnes Handicapés, Ndlr.], RSA [revenu de solidarité active] ou mises à l’abri… ». D’où son alerte sur les conditions d’exercice des agents du Département : « Il y a des situations récurrentes qui entravent leurs missions : vacances de postes, renfort avec des contrats précaires ».

    Même principe lorsque Yves Moraine défend le compte administratif de l’année passée, s’appuyant notamment sur la note de l’agence de notation Fitch en « A+» pour le budget 2025 de la collectivité. « La situation des finances du département est saine. Ce qu’on économise dans les dépenses de fonctionnement, on peut le mettre pour la solidarité », assure-t-il.

    Les transfuges d’extrême droite taclés à la gorge

    Sauf que cette fois, c’est l’extrême droite qui tente mollement de monter au créneau, par la voix de Cédric Dudieuzère (RN) : « Remettons cette notation dans le contexte : c’est loin d’être la note la plus élevée, c’est celle de la France. Le département avait « AA» en 2015 ». Autant dire qu’il est bien reçu par Yves Moraine : « Votre intervention n’a ni queue ni tête. On ne pouvait pas obtenir mieux puisqu’une collectivité ne peut pas avoir plus que l’état. Et vous soutenez donc le bilan de Jean-Noël Guérini [Président du département de 1998 à 2015] ». Et de tacler : « Il y a au moins 3 de vos collègues qui ont soutenu cette politique ! La fidélité est une maladie du chien non transmissible à l’homme ». Référence à la création du groupe « La Provence qu’on aime », alliance de transfuges LR passés à l’UDR d’Éric Ciotti avec le RN. Justement, Marie-Pierre Callet, ex-vice-présidente du département et ex-LR, aujourd’hui tête de liste RN aux sénatoriales, tente de justifier son retournement de veste : « C’est le fruit d’une réflexion mûrement réfléchie, un choix de clarté politique ». Le socialiste marseillais Anthony Khreimeir la reprend de volée : « Nous appelons ça un repositionnement ». Mais s’inquiète sur le fond : « Derrière ces trajectoires individuelles, il y a quelque chose de plus grave : le RN avance dans ce département, en offrant des têtes de liste et des perspectives de mandat à des personnes en recherche de reconversion ». Et sur le fond, le groupe de l’extrême droite s’abstient sur le vote du budget. De quoi provoquer un rictus d’Yves Moraine : « S’abstenir sur l’exécution d’un budget qu’on a approuvé et qu’on a exécuté en tant que délégués, ça manque de cohérence… ».

  • Au travail, le manque de protection et de contrôles tue

    Au travail, le manque de protection et de contrôles tue

    Face à ce nouveau drame, « la fédération CGT des métiers de la construction a demandé l’ouverture de discussions avec tous les acteurs, organisme de prévention au travail et patronat. On n’a toujours pas de réponse », explique Pascal Maestracci, secrétaire régional CGT construction bois et matériaux, un secteur qui cumule à lui seul 4 des 9 morts au travail en France dû à la chaleur en 2024.

    Depuis 2024, le BTP bénéficie d’un encadrement légal particulier. La canicule est entrée dans la liste des intempéries considérées comme un motif de chômage technique. « Mais les ouvriers sont partiellement payés et toutes les entreprises ne sont pas inscrites à la caisse, c’est sans compter les intérimaires », tempère le syndicaliste. Si l’Institut national de recherche et de sécurité fait des recommandations, le Code du travail ne fixe pas de niveau de températures. « On reste dans une logique d’adaptation des conditions de travail. La rentabilité l’emporte sur la mise en danger du salarié, déplore Pascal Maestracci, et l’administration n’a pas les moyens de contrôle ».

    Exposés, moins visibles

    Le BTP, l’agriculture et les travaux publics sont les secteurs les plus évidents lorsqu’on parle de fortes chaleurs. Mais d’autres travailleurs sont exposés dans le secteur de la logistique, la livraison, la restauration, l’industrie, la voirie, l’entretien urbain, la sécurité, ou dans le secteur hospitalier où le syndicat SUD santé sociaux vient d’adresser la demande d’un « véritable plan de rafraîchissement » au conseil de surveillance de l’hôpital Édouard Toulouse. Sonia, salariée en droit de retrait à la blanchisserie Pamar dans le 15e arrondissement de Marseille rappelle les conditions dans lesquels l’entreprise les a fait travailler. Des locaux mal adaptés, en particulier à la calandre, la seule ouverture, un « skydome » faisait office d’aération. Effet de serre garanti l’été avec le soleil au zénith. « On l’avait signalé, on a eu droit à un parasol de plage accroché à un chariot de linge. » Quand le mercure grimpait, accentué par la chaleur des machines, « on suffoquait, lâche Sonia, on avait droit à une bouteille d’eau uniquement en cas de canicule ».

    Dans les plateformes logistiques, la situation n’est pas plus enviable. En 2022, ID logistics avait investi un hangar dans le 15e arrondissement, avant de le liquider trois ans plus tard et tous ses salariés. Porte-parole des anciens salariés qui ont porté l’affaire aux prud’hommes, Alexandre Regnault se souvient également de conditions indignes : « Pendant des mois il n’y avait même pas de toilettes, d’accès à l’eau. L’été, c’était l’étuve, certains étaient au bord du malaise, mais on avait tous besoin de ce travail ».

    Le droit de retrait reste une possibilité de pression sur les entrepreneurs, mais là encore « la perte des CHSCT a fortement atténué le contre-pouvoir des syndicats qui subissent aussi de lourdes attaques », souligne Pascal Maestracci.

  • Dans les Calanques, l’été sous surveillance

    Dans les Calanques, l’été sous surveillance

    Quatre cents personnes par jour. C’est le nombre de visiteurs qui seront autorisés à emprunter les sentiers de la calanque de Sugiton à partir du samedi 20 juin. Une mesure mise en place depuis 2022 pour protéger l’espace, et qui court tout au long de l’été. « Depuis quatre ans, on constate un arrêt de l’érosion du sol, et des semis de pins réapparaissent », affirme Gaëlle Berthaud, directrice du Parc.

    Avant, plus de 2 000 personnes foulaient le sol de la calanque qui commençait à en souffrir. « On voyait des racines de pin hors de la terre. La disparition de la calanque de Sugiton était tout à fait plausible si on ne faisait rien », confirme Didier Réault, président du Conseil d’administration du Parc. Pour pallier cette dégradation de l’environnement, les équipes ont mis en place un dispositif de réservation, accessible sur leur site officiel. « Notre slogan, c’est “Réserver, c’est préserver. ” On donne du sens, le sens de préserver la nature », martèle la directrice.

    Dans cette démarche de renaturation, de nombreuses missions sont mises en place au sein du parc. Pour la saison estivale, la surveillance générale du territoire est renforcée. « On a chaque jour, pendant la saison, une patrouille en mer et une patrouille à terre (…) Il y a aussi 22 inspecteurs de l’environnement qui ont pour priorité de lutter contre les atteintes à l’environnement, et 48 saisonniers. »

    14 ans d’action, 4 millions de visiteurs par an

    Car le constat est là : « Les usagers qui viennent n’ont pas forcément tous les codes pour respecter le parc. » La sensibilisation est ainsi de mise au sein du dispositif. Une maison du Parc sera inaugurée en septembre à La Ciotat et proposera une offre pédagogique pour informer le public sur cet espace naturel. « On a aussi 23 gardes régionaux forestiers qui sont là l’été pour sensibiliser le public, par exemple en leur rappelant qu’il est interdit de fumer. »

    Ce dispositif n’a rien de nouveau. Depuis la création du Parc national des Calanques, les équipes œuvrent à la protection des espaces et à la responsabilisation des quelque 4 millions de personnes qui visitent chaque année le parc. « Le grand sujet pour nous, c’est aussi la question des déchets. On a mis en place le slogan “Tes déchets, tu les amènes et tu les ramènes”, on a mis des bacs sur les parkings de Luminy », énumère Gaëlle Berthaud.

    Plusieurs associations s’engagent aussi dans cette démarche. « Elles vont par exemple mobiliser les gens pour aller ramasser des déchets », sourit Didier Réault. Pour réduire les risques de dégradation, 12 toilettes sèches ont été développées.

    Le Parc assure également le suivi scientifique de plusieurs espèces, comme les colonies de puffins de Scopoli, les mammifères marins ou encore certains papillons de jour. « On lutte contre le braconnage du corail, des poissons et des espèces d’oiseaux protégés », précise Julian Virlogeux, chef du service Territorial Gestion et Préservation.

    Face au risque incendie, des patrouilles quotidiennes, des dispositifs radios supplémentaires et une coordination entre marins-pompiers et sapeurs-pompiers ont été mises en place afin d’intervenir dès les premières flammes. « On interdit le bivouac la nuit et les feux. À partir du 29 juin, toutes les unités de l’État entreront en régime de lutte contre les incendies. »

    Derrière ces mesures de protection, l’objectif reste le même : permettre au public de découvrir les Calanques, en toute sécurité et sans en compromettre l’équilibre.

    Ivanie Legrain
  • Un partenariat pour protéger les littoraux et les lacs du Sud

    Un partenariat pour protéger les littoraux et les lacs du Sud

    « Une terre agricole est perdue pour toujours si elle est artificialisée » lance François Fouchier, délégué régional Provence Alpes Côte d’Azur au Conservatoire du littoral. C’est cette problématique qui a poussé la Safer à signer une convention de partenariat avec le Conservatoire pour protéger les littoraux et les lacs de l’artificialisation des terres agricoles. Ces deux opérateurs fonciers achètent des terrains et les mettent à disposition, « à prix juste » d’agriculteurs qu’ils choisissent pour préserver l’environnement.

    « La Safer a une mission de préservation de l’environnement mais aussi de développement de l’agriculture. C’était naturel, à travers les missions du conservatoire, de tisser un partenariat concret pour concilier les enjeux à la fois de préservation de l’environnement et de développement de l’agriculture sur le littoral », explique Laurent Vinciguerra, directeur de la Safer PACA. Le Conservatoire du littoral a lui été créé en 1975 avec l’idée de « définir un bien commun inaliénable : le but est de préserver et d’extraire ces territoires naturels de toute velléité d’artificialisation et de construction », rappelle François Fouchier. « Il y a des outils de préservation des espaces naturels mais, pour l’agriculture, ils sont les plus menacés aujourd’hui par la pression d’urbanisation et d’usage, d’aménagement », explique-t-il.

    La convention a été signée entre les deux opérateurs fonciers pour neuf ans. Elle couvre tous les départements de la Région, sauf le Vaucluse. Avec ce partenariat, la Safer et le Conservatoire du littoral espèrent « lutter contre les changements de destination, les détournements d’usages et l’artificialisation », avance Laurent Vinciguerra.

    Maintenir les agriculteurs en place

    « Concrètement, la Safergarantit à travers des cahiers des charges le maintien d’une activité agricole pour éviter un dévoiement », explique François Fouchier. Avec cette convention, les deux opérateurs fonciers mutualisent leurs moyens pour mieux prévenir l’artificialisation des milieux naturels.

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, le Conservatoire du littoral travaille sur des projets sur les lacs du Verdon et sur celui de Serre-Ponçon. « Sur les communes de ces lacs-là, on a déjà acquis 1 600 hectares sur le Verdon et une centaine d’hectares sur Serre-Ponçon », détaille Franck Horon, délégué adjoint de la délégation des lacs. L’objectif est de maintenir les exploitants en place sur les parcelles agricoles. « Sur le Verdon, on est même en train de débroussailler plusieurs centaines d’hectares qui étaient perdus pour l’agriculture », se félicite Franck Horon.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les combattants précaires aidés

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les combattants précaires aidés

    « Mieux repérer et accompagner les anciens combattants en situation de grande précarité » : tel est l’objectif de la convention signée, mardi, entre la préfète, l’Office national des combattants et des victimes de guerre (ONaCVG) et la Protection civile. Cette convention crée un dispositif de détection et d’orientation pour repérer les situations de précarité et de détresse chez les anciens combattants. C’est « une première nationale », selon la préfecture.

    « Les bénévoles de la Protection civile, présents sur le terrain lors des maraudes, pourront repérer et signaler à l’ONaCVG toute personne susceptible d’être ressortissante de l’Office afin qu’elle soit identifiée, contactée et accompagnée dans ses démarches », explique la préfecture. De son côté, l’ONaCVG pourra alerter la Protection civile de la situation d’un ressortissant sans abri afin qu’une maraude soit organisée.

    « Ce que le service public doit être »

    « En associant l’ONaCVG et la Protection civile autour des anciens combattants les plus précaires, nous créons une chaîne de vigilance. La reconnaissance de la Nation se voit traduite en actes, en présence et en humanité concrète. C’est ce que le service public doit toujours être : discret, patient, obstinément tourné vers les autres », avance la préfecture.

    Le département compte près de 5 000 ressortissants de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre : combattants de toutes générations du feu, blessés, invalides, harkis, veuves, orphelins ou encore victimes d’actes de terrorisme. « Derrière chaque dossier, il y a une vie, derrière chaque demande, il y a une dignité à préserver », souligne la préfecture.

    La préfète Isabelle Tomatis, la directrice générale de l’ONaCVG Marie-Christine Verdier-Jouclas et le président de la Protection civile 04 Samuel Juestz d’Ynglemare ont signé la convention à l’occasion du conseil départemental des anciens combattants, mardi.

  • Dans le Var, avec la nouvelle loi, le narcotrafic mute mais ne faiblit pas

    Dans le Var, avec la nouvelle loi, le narcotrafic mute mais ne faiblit pas

    Le 13 juin 2025, une nouvelle loi « visant à sortir la France du piège du narcotrafic » était promulguée, visant à élargir l’arsenal juridique et les moyens d’action des services de police et de gendarmerie. Parmi ces mesures figurent la création d’un parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), le renforcement de la lutte contre le blanchiment d’argent et des moyens d’action administratifs locaux, ainsi que de nouvelles mesures judiciaires et techniques d’enquête, avec une protection accrue des agents et des témoins.

    Un an après son application, les services de l’État dans le Var, réunis autour du préfet mardi, dressent un constat mitigé : loin d’avoir reculé, le narcotrafic a muté, et « les trafiquants se sont adaptés aux nouvelles modalités d’enquête », résume le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland. En conséquence, c’est « l’action de l’État qui a dû s’adapter » quand « le trafic se poursuit sous d’autres formes », reconnaît le préfet du Var, Simon Babre, qui observe ainsi « une uberisation du trafic et une forte régression des points de deal ». Sur les 35 sites considérés comme « historiques » par l’Office antistupéfiants (Ofast), seuls 13 sont encore actifs.

    Des saisies qui explosent

    Cette évolution s’appuie notamment sur les réseaux sociaux. Pour lutter contre ce phénomène, 28 enquêteurs ont été formés afin de démanteler les trafics en ligne, en recourant à des pseudonymes, comme le permet la loi « Narcotrafic ». Au total, depuis le début de l’année 2026, 37 enquêtes ont été menées, aboutissant à 43 interpellations, et contribuant à une évolution marquée des saisies : -6,75% de saisies par rapport aux cinq premiers mois de 2025 pour la cocaïne (77,3 kg saisis) et -89% pour les plants de cannabis (61 plants), mais +85% pour le cannabis lui-même (440 kg), +264% pour l’ecstasy (1 658 cachets) et, plus inquiétant encore, +355% pour l’héroïne (641 g). Ces chiffres peuvent toutefois être interprétés de différentes manières, illustrant à la fois la progression de la consommation et du trafic d’une part, et celle de la lutte d’autre part.

    La numérisation des pratiques a une autre conséquence. « Les usagers deviennent revendeurs car il est rentable d’acheter du produit et de le rapporter dans l’arrière-pays varois », analyse le commandant du groupement de gendarmerie du Var, Grégory Goumain, qui recense, sur sa zone, « 95 trafics démantelés dans 39 communes en 2025, 28 dans 20 communes en 2026 ». Les quantités transportées sont généralement plus faibles, une adaptation observée de manière assez générale, « car si on se fait attraper, le risque encouru est moins important », complète le procureur de la République de Toulon. Les services des douanes font le même constat, observant une « multiplication des petites saisies et une hausse significative des amendes », selon Myriam Soula, directrice interrégionale des Douanes. Est aussi observée une « fragmentation supposée de la livraison avec des envois postaux par exemple, ce qui est nouveau pour nous ».

    Logement et prestations sociales en ligne de mire

    Une des clés du trafic demeure le logement, avec l’utilisation d’appartements « nourrices », dont certains sont loués via Airbnb. La loi contre le narcotrafic a ainsi conduit à 24 demandes d’expulsion, dont deux ont été effectives. Par ailleurs, cinq fermetures de commerces et 124 interdictions de paraître ont été prononcées. Toujours dans le cadre de cette loi, et au titre de l’extension des prérogatives administratives locales, une convention nouée fin 2025 entre la CAF du Var et les services de l’État permet désormais de sanctionner les trafiquants bénéficiaires d’aides sociales. Plus de 50 signalements ont été réalisés, pour cinq mesures coercitives, tandis qu’une vingtaine de dossiers sont encore à l’étude.

    Sur la route, où 15% des accidents mortels (cinq décès depuis janvier, contre neuf sur les cinq premiers mois de 2025) sont liés aux stupéfiants en 2026, la multiplication des contrôles a permis de détecter davantage de conduites sous emprise (837 cas pour 7 727 contrôles au premier trimestre, contre 738 pour 8 312 sur la même période en 2025). Le taux de tests positifs reste similaire (12%), mais le nombre de suspensions de permis a augmenté de 42%, les stupéfiants en étant désormais la principale cause.

    Si, pour le procureur Raphaël Balland, « l’absence d’usagers assèche le trafic », la question de l’addiction n’a été que survolée par le préfet : « Il y a des mesures de prévention pour en sortir et montrer que la spirale du trafic expose à des représailles, des dettes. Nous appelons à la responsabilité collective. » Une responsabilité qui incombe aussi – et surtout – aux pouvoirs publics, les faits montrant que l’addiction se traite rarement par le seul levier coercitif, notamment lorsqu’elle est liée à des problématiques socio-économiques.

    DES PROCÈS MARQUANTS DANS LA RÉGION

    17 octobre 2025

    À Avignon, deux boss du Ponzo tombent

    Le tribunal correctionnel d’Avignon a condamné un des grands patrons du réseau du Ponzo au sud d’Avignon, Badr J., à dix ans d’emprisonnement pour association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants. Qualifiée de « directrice territoriale » du point de deal, Anaïs E. écope de 7 ans ferme. Ce point de deal, dans le quartier Monclar, rayonnait sur tout le département du Vaucluse, générant violences et règlements de comptes.

    14 avril 2026

    DZ Mafia : 25 ans contre Gabriel Ory

    La cour d’assises spéciale des Bouches-du-Rhône jugeait six accusés, dont deux narcotrafiquants du haut du spectre présumés diriger la DZ Mafia. Elle a condamné Gabriel Ory à 25 ans de réclusion pour un double meurtre, en 2019, dans une chambre d’hôtel de Plan de Campagne. Elle a acquitté Amine Oualane, qui reste écroué dans le cadre d’autres dossiers. Gabriel Ory vient d’être mis en examen pour un projet d’évasion de la prison de Vendin-le-Vieil. D.C.

    14 mai 2026

    12 ans ferme contre le recruteur d’un ado tueur

    Hacène Larbi, alias « le H », 24 ans, est condamné à 12 ans de prison, à Paris, pour avoir recruté, depuis sa prison, un adolescent de 17 ans chargé de tuer une cible à Marseille. Lola D., 23 ans, qui avait acheminé une kalachnikov à l’adolescent tueur, est condamnée à cinq ans de prison. Surpris dans une impasse des quartiers nord par un passant qu’il a blessé à l’arme blanche, l’adolescent avait fui. Il doit être jugé, en juin, par le tribunal pour enfants.

    5 juin 2026

    Le clan Yoda condamné

    Félix Bingui, 35 ans, dit le chat, « chef incontestable » du clan Yoda, est condamné à 12 ans d’emprisonnement et 200 000 euros d’amende au terme de trois semaines de procès, à Marseille, aux côtés de 19 comparses, dont 4 ont été relaxés. Son bras droit, Mohamed Hussein Saleh, a écopé de 9 ans de prison. Toujours en fuite, Zine Eddine Belkaid, considéré comme le grand gérant des points de vente, a été condamné à 8 ans de prison. Dans la sanglante guerre territoriale, ce gang s’est effondré sous les assauts de la DZ Mafia.

    D.C.

  • [Passerelle interculturelle] 45 traditions du patrimoine immatériel de l’Unesco racontent l’histoire de la Chine

    [Passerelle interculturelle] 45 traditions du patrimoine immatériel de l’Unesco racontent l’histoire de la Chine

    Avec cette mise à jour, la Chine compte désormais 45 traditions inscrites sur les listes du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. C’est le plus grand nombre au monde. Ces traditions couvrent de nombreux domaines. Elles permettent de mieux comprendre la longue histoire de la Chine et la diversité de sa culture.

    La présence de la Chine sur les listes de l’Unesco a commencé en 2001, avec la reconnaissance de l’opéra Kunqu. Dans les années suivantes, d’autres traditions ont été inscrites, comme la musique du guqin, le Muqam ouïgour du Xinjiang et le chant long mongol. Ensemble, elles montrent la richesse de la culture traditionnelle chinoise.

    De nombreuses traditions reconnues par l’Unesco montrent une esthétique chinoise très particulière. La calligraphie chinoise, la gravure de sceaux et le papier découpé transforment des matériaux simples en formes artistiques. À travers les traits du pinceau, les sceaux gravés et les dessins découpés dans le papier, ces arts transmettent depuis des générations un sens unique de la beauté.

    Les savoir-faire traditionnels sont aussi une partie importante du patrimoine immatériel chinois. Les techniques de construction en bois, le tissage du brocart Yunjin de Nanjing, la sériciculture et les techniques de fabrication de la soie, ainsi que la cuisson du céladon de Longquan, montrent l’union entre l’utilité et l’art.

    Le reflet des 56 groupes ethniques de Chine

    Les fêtes et les coutumes populaires restent très présentes dans la vie quotidienne. La Fête du Printemps et la Fête des Bateaux-Dragons réunissent encore les familles et les communautés. Des traditions maritimes, comme les croyances et coutumes liées à Mazu ou la cérémonie Wangkang, se sont diffusées au-delà de leur région d’origine et sont reconnues dans différentes cultures.

    Le patrimoine culturel immatériel chinois reflète aussi les traditions des 56 groupes ethniques de Chine. Le Nanyin, le Grand Chant du peuple Dong, l’opéra tibétain et les arts Regong ont chacun leurs propres caractéristiques. Ensemble, ils montrent la diversité culturelle qui a façonné la civilisation chinoise au fil des siècles.

    D’autres formes de patrimoine conservent des savoirs traditionnels et des façons de penser anciennes. L’acupuncture et la moxibustion, le taijiquan et le zhusuan chinois, c’est-à-dire le calcul traditionnel avec le boulier, continuent d’influencer la vie moderne tout en transmettant une sagesse ancienne.

    En même temps, certaines traditions rencontrent des difficultés pour être transmises aux nouvelles générations. L’impression à caractères mobiles en bois, la technique des cloisons étanches des jonques chinoises et le Meshrep ont été inscrits sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente de l’Unesco. Cela montre l’importance de poursuivre les efforts de protection et de soutien.

  • Les chercheurs prévoient la récurrence de feux extrêmes

    Les chercheurs prévoient la récurrence de feux extrêmes

    Des feux « extrêmes » qui vont nous obliger à changer de doctrine dans les décennies à venir… Chercheurs à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) Paca, Julien Ruffault, spécialiste des dynamiques de feux de forêt au sein de l’unité Écologie des forêts méditerranéennes, basé à Avignon, et Bernard Prevosto, spécialiste en écologie forestière méditerranéenne au sein de l’unité Risques, écosystèmes, vulnérabilité, environnement, résilience, basé à Aix-en-Provence, font le point sur ce qui nous attend en matière d’incendie.

    Des phénomènes qui dépendent de trois facteurs, rappelle en préambule Julien Ruffault. La météo où les « températures élevées, l’humidité faible et le vent fort vont favoriser les incendies », la végétation, « toutes les forêts ne brûlent pas de la même manière » et enfin les activités humaines. L’homme étant « à l’origine à 95% des départs de feu en France ».

    Paradoxalement si le changement climatique a « fortement contribué à l’augmentation de ces conditions », poursuit-il, on note « une tendance à la diminution des surfaces brûlées », qui « s’explique par les investissements et progrès réalisés dans la prévention et la lutte contre les incendies ». Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. « On observe partout dans le monde l’apparition de feux de plus en plus extrêmes », alerte Julien Ruffault.

    En clair, des incendies de taille exceptionnelle ou qui ont « des impacts majeurs sur les populations, l’économie ou les écosystèmes », précise-t-il. Comme les feux de 2003 et 2022 où respectivement 73 000 ha et 59 000 ha de forêt et de terres boisées étaient partis en fumée.

    Vers une extension géographique du risque

    Ces feux étant incontrôlables, « il va falloir changer de paradigme », indique le scientifique. Ce que les pompiers ont déjà commencé à faire assure-t-il, en essayant de « protéger les populations, diriger le feu et l’attaquer quand on peut ».

    Si, pour l’été qui s’annonce, les prévisions restent difficiles à faire concède-t-il, au cours des prochaines décennies il faut s’attendre à une « extension géographique du risque vers le nord de la France et vers les zones de moyenne montagne », un rallongement de la saison principalement en zone méditerranéenne et dans le Sud Ouest et des feux plus fréquents. En conséquence, l’Inrae se pose en conseil pour anticiper. En proposant par exemple avec l’ONF et en partenariat avec Météo France et l’IGN, une carte nationale d’aléas incendies de forêt « qui servira de référence pour les politiques de gestion de risques », illustre Julien Ruffault.

    L’Inrae s’est aussi penché sur les capacités des plantes, en mode résistance ou résilience. Car « bonne nouvelle, nos végétations méditerranéennes ont développé des stratégies face à l’incendie », indique Bernard Prevosto. Avec son écorce mince, le pin d’Alep, qui occupe plus de 30 000 ha dans le Sud de la France, va par exemple mourir raconte-t-il. Mais les « cônes sérotineux » qu’il produit vont s’ouvrir sous l’effet de la chaleur, libérant des graines sur un sol brûlé, sans la concurrence d’autres espèces. Notre pin mettant « 20 à 30 ans pour reconstituer sa banque de graines », c’est la succession des incendies qui peut poser problème, conduisant même à « une dynamique régressive », nuance le chercheur.

    Néanmoins, après des tentatives de reboisement dans les années 70, 80, « beaucoup d’échecs », il s’agit de laisser aujourd’hui la nature « opérer » dans notre région et d’agir plutôt sur l’érosion post-incendie précise-t-il. « Les sols sont fragilisés, parce que la matière organique a été perdue, on peut faire des fascines pour aider à la reconstitution ou laisser des branches au sol qui vont constituer des abris pour les futures plantes », ajoute Bernard Prevosto.

    Côté prévention, un gros travail reste aussi à faire sur la « perte de la culture du feu dans notre région » estime Julien Ruffault, notamment sur la protection individuelle avec le respect des obligations légales de débroussaillement et les comportements, avant d’exporter ce savoir vers le Nord…

    « Nos végétations de Méditerranée ont développé des stratégies »

  • [Entretien] Laurence Blisson, Syndicat de la magistrature : « Un phénomène systémique entretenu par le manque de moyens »

    [Entretien] Laurence Blisson, Syndicat de la magistrature : « Un phénomène systémique entretenu par le manque de moyens »

    La Marseillaise : Dans l’affaire Lyhanna, le président de la République et le garde des Sceaux excluent tout manque de moyens. Est-ce entendable ?

    Laurence Blisson : Il y a une émotion évidente vis-à-vis de la famille. De manière générale, pour tout magistrat, voir se produire ce type d’acte, ce n’est jamais quelque chose d’anodin. L’idée, ce n’est pas d’empêcher une discussion. Mais entendre le président de la République soutenir qu’il ne peut pas y avoir de question de moyens, c’est sidérant par rapport à l’état médiocre des moyens judiciaires et policiers qui sont dédiés aux questions de protection de l’enfance. C’est méprisant pour tous les enquêteurs, les magistrats qui, au quotidien, passent leur temps à essayer de prioriser pour, justement, éviter ce type de situation. Les signalements répétés sur ce sujet témoignent de l’insuffisance structurelle et endémique des moyens que ce soit dans le champ de la prévention ou des enquêtes. Il y a un problème systémique de traitement des violences sexuelles, le syndicat le dénonce depuis plusieurs années.

    À Marseille, huit procureurs, deux attachés de justice et un assistant de justice sont dans le pôle « mineur famille » du parquet qui traite des affaires dans lesquelles les mineurs sont auteurs ou victimes ainsi que des procédures d’assistance éducative – donc de toute la protection de l’enfance –, des affaires de violences intrafamiliales, qu’elles soient sur le conjoint ou sur les enfants, etc. En 2025, le nombre de procédures traitées sur la seule partie des violences intrafamiliales est de 4 093. Cela équivaut donc à 511 procédures par procureur dans l’année et ce n’est vraiment qu’une infime partie de leurs contentieux. Prétendre qu’il n’y aurait pas de question de moyens c’est scandaleux du point de vue de la responsabilité que le pouvoir politique se donne.

    Gérald Darmanin presse les procureurs généraux de « reprendre l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants », environ 70 000, avant le 14 juillet. Est-ce possible ?

    L.B. : C’est difficile de comprendre exactement ce dont il parle. S’agit-il de procédures qui seraient déjà enregistrées dans les tribunaux et pour lesquelles une réponse pénale ne serait pas encore donnée ou de procédures qui sont dans les commissariats ? L’activité pénale va s’arrêter pour faire cet état des lieux ? Et une fois que c’est fait, concrètement, il va se passer quoi ? Les procureurs priorisent quotidiennement ce type de situation, en se demandant quelle enquête doit aller le plus vite. S’il n’y a pas d’enquêteurs supplémentaires dans les brigades des mineurs, qu’est-ce qui va se passer pour ces 70 000 procédures ? Il y a une dimension de communication politique derrière tout ça. Cette enquête elle est en cours. La période de deuil des parents et des proches de cet enfant a à peine commencé. Dans cette précipitation à vouloir chercher le fautif, on oublie que le coupable, c’est la personne qui a tué cet enfant. Il y a une impasse de la pensée. C’est assez désespérant de voir une grande partie de la classe politique s’engouffrer dans cette voie. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut jamais réfléchir à ce qui peut dysfonctionner ou sur comment on peut faire les choses différemment. Mais je crois que là, il y a une ouverture vers toute une série de propositions démagogiques.

    Dans un communiqué, votre syndicat déplore la priorisation des « opérations de communication de type Place nette », au détriment du reste ?

    L.B. : En ce qui concerne le tribunal judiciaire de Marseille, il y a évidemment une focalisation importante sur la question du trafic de stupéfiants. Lorsque Gérald Darmanin dit « ma circulaire de janvier 2025 n’a pas été appliquée », il oublie de dire que dans ce document il y a deux lignes sur la priorisation sur les violences faites aux enfants et deux pages sur la lutte contre le narcotrafic. Le réel que vivent les magistrats et notamment ceux du parquet, c’est un empilement de circulaires qui empilent des priorités sur des priorités. Il y a peut-être un affichage d’un discours politique dans ce contexte-là, mais il n’y a pas de réel souci d’organiser les choses pour véritablement prendre en charge ce type de procédures. Dans la région, il y a énormément d’enquêtes. Les moyens policiers mis dans les brigades de protection de la famille, dans les brigades des mineurs sont insuffisants et, a fortiori, quand on est sur une telle priorisation presque obsessionnelle sur la question du trafic de stupéfiants. Les derniers débats à l’Assemblée nationale ont porté sur le rodéo urbain, sur toutes ces infractions de voie publique qui sont l’obsession politique habituelle. Donc aujourd’hui, chercher à faire porter sur la seule institution judiciaire et policière la responsabilité d’un phénomène systémique entretenu par ce manque de moyens, c’est vraiment malhonnête.