Tag: protection

  • À Nîmes, un point relais pour les martinets noirs

    À Nîmes, un point relais pour les martinets noirs

    La future galerie des oiseaux du Museum d’histoire naturelle de Nîmes, située au premier étage du bâtiment du 13 boulevard Amiral Courbet, n’aura jamais aussi bien porté son nom ! Du 22 juillet au 31 août, grâce à une convention entre la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et la Ville de Nîmes, un refuge temporaire pour martinets noirs a en effet été installé dans cet espace de 103m².

    Avec les fortes chaleurs, les jeunes martinets qui grandissent sous des tuiles ou dans des cavités fortement exposées souffrent de la chaleur. Les jeunes vont alors chercher désespérément un peu de fraîcheur à l’entrée du nid au risque de tomber au sol alors qu’ils ne sont pas encore prêts à voler et de se mettre en danger. « Chaque été, de nombreux jeunes martinets tombent prématurément de leur nid, entraînant une augmentation importante des besoins de prise en charge », confirme la Ville dans un communiqué.

    Afin de répondre à cette situation et face à la saturation des centres de soins de la faune sauvage, un point-relais spécifique a donc été créé, accueillant les opérations de nourrissage et de soins destinées aux martinets noirs ne nécessitant qu’une prise en charge légère avant d’être relâchés dans leur milieu naturel.

    « Les canicules successives rappellent combien la biodiversité est aujourd’hui fragilisée. Les martinets, oiseaux emblématiques de nos villes, sont particulièrement touchés. En soutenant la création de ce point relais, la Ville de Nîmes agit concrètement pour la protection de la faune sauvage et affirme sa volonté de mieux prendre en compte la place de l’animal dans la ville », indique Jullien Pacioni, élu délégué à l’innovation sociale et écologique, à la place de l’animal dans la ville et à l’implication citoyenne.

    * En cas de découverte d’un martinet noir au sol, les habitants sont invités à contacter le standard du Muséum d’histoire naturelle au 04.66.76.73.45,
    qui les orientera vers la prise
    en charge adaptée.

  • Un accord pour suspendre la chasse dans le Bois Noir

    Un accord pour suspendre la chasse dans le Bois Noir

    Pour la prochaine saison de chasse, les « secteurs directement impactés par l’incendie » seront sanctuarisés. C’est la décision prise par Cyrille Drujon d’Astros, président de la communauté de communes du Pays des Ecrins et Philippe Boisset, président de la fédération départementale de chasse, après leur rencontre ce vendredi. La décision consiste à établir « des cartes d’exclusion de la chasse », qui « comprendront les zones forestières incendiées ainsi qu’un périmètre de protection, destiné à constituer un secteur refuge pour la faune sauvage, particulièrement fragilisée par cet événement », rapporte le communiqué paru ce lundi.

    Cette décision est motivée par « la volonté commune de favoriser la reconstitution des habitats et de laisser à la faune le temps nécessaire pour retrouver des conditions de vie compatibles avec son maintien », expliquent les deux parties. L’accord doit encore être approuvé par les sociétés de chasse de Freissinières et de l’Argentière-la-Bessée. La Communauté de communes recommande aussi d’éviter la cueillette de champignons dans le massif où du produit « retardant » été diffusé par voie aérienne.

    Une pétition nationale pour suspendre la chasse

    L’interdiction de chasser sur les secteurs incendiés est de plus en plus demandée au sein de la société civile et des associations de protection de l’environnement. La pétition « pas de fusil sur les cendres », lancée en juillet sur le site change.org a dépassé 380 000 signatures. Pour l’heure, le gouvernement laisse les préfets arbitrer localement et la Fédération de chasse n’a pas donné de consignes nationales.

  • La posidonie au cœur d’une campagne de prévention

    La posidonie au cœur d’une campagne de prévention

    Lison, cheveux blonds attachés, t-shirt vert clair, se penche par-dessus la bouée du zodiac pour ramasser un sac plastique. « Hier, on en a ramassé plusieurs, quand j’ai ouvert le bidon pour les jeter, l’odeur était horrible », raconte Lola. Elles sont toutes les deux salariées de l’association Naturoscope depuis 5 ans, l’une des 17 structures ambassadrices de la campagne Écogeste Méditerranée, qui se déploie sur tout le littoral méditerranéen, financée par l’Agence de l’Eau et la mairie de Marseille. Dans ce cadre, chaque été, plusieurs fois par semaine, Lola et Lison partent en mer pour sensibiliser les plaisanciers aux bons gestes écologiques à adopter en mer pour protéger la posidonie et la biodiversité marine. En moyenne, elles accostent une dizaine de bateaux par jour.

    La plante à fleurs

    de la Méditerranée

    Lola a repéré un bateau dans une calanque de l’archipel du Frioul avec six jeunes écoutant de la musique. Lison tente : « Bonjour, vous connaissez la campagne Écogeste ? », alors que Lola rapproche l’embarcation. Les jeunes répondent par la négative. Lison prend son questionnaire sur les pratiques écologiques : « Vous faites attention lorsque vous ancrez le bateau ? » ; « Euh oui, il faut planter dans le sable », répond Kassim, capitaine du bateau, encore en pleine baignade. Lison insiste car il s’agit de protéger la posidonie, une plante à fleurs sous-marine protégée au niveau national et international. Elle se déracine lorsque les bateaux ancrent aux endroits où elle pousse et quand le fond est raclé par l’ancre. Or, la posidonie protège plus de 400 espèces de plantes et 1 000 espèces animales. Elle est fragile à cause de sa lente repousse. Un garçon du groupe répond : « On n’ancrera pas à ces endroits parce que j’ai peur des algues, croyez-moi ! »

    « Et comment vous gérez les nuisances sonores ? », poursuit Lison, en prenant des notes dans son carnet. Les animaux marins sont sensibles aux bruits ; les ondes sonores se propagent environ cinq fois plus vite qu’à la surface. Le bruit peut poser problème aux animaux marins pour interagir, les paniquer ou causer des blessures. Un garçon aux longs cheveux blonds, avec des lunettes de soleil sur le nez, rigole. « En vrai, on ne met pas la musique trop fort, l’enceinte ne pousse pas trop », dit-il. Lison et Lola qui ont entendu la musique en arrivant, hochent la tête.

    Pensez au savon

    de Marseille

    Dans une autre calanque de l’archipel, un voilier de 15 mètres a posé son ancre. Les deux plaisanciers irlandais arrivent d’Espagne et vivent sur leur bateau depuis janvier 2026. David balbutie quelques mots en français. « Ola, ça va être compliqué, on a un questionnaire en anglais ? », dit Lola en interpellant Louison. « Est-ce que vous donnez de la nourriture aux poissons ? », teste-t-elle en anglais, accompagnée de gestes pour se faire comprendre. « Non, on fait attention, on sait que c’est pas bon pour eux », assure David dans un français sommaire. Les poissons sont une attraction dans les calanques. « Les nourrir permet de les attirer, mais cela menace l’équilibre des espèces, explique Lola. L’Oblade a une façon de se nourrir opportuniste. Elle va manger tout ce que donne le plaisancier, et elle se reproduit très vite, au détriment des autres espèces », décrit-elle, pour exemple. « Et vous faites comment pour les douches ? », poursuit Lola. « Vous utilisez quoi comme savon ? », ajoute Lison. « Il certifié écologique en Australie », répond David. Pour diminuer la pollution en mer, les deux salariées recommandent d’utiliser des savons et des produits certifiés par des labels verts. « Ok, on ne connaît pas ça… Mais n’hésitez pas le savon de Marseille c’est super ! », répond Lison en rigolant. En repartant, Lola sourit, « ils étaient super eux, ils connaissaient tout ».

    Gabrielle Cartellier

  • [C’est l’été] À Aix, l’IGN mesure l’évolution de notre territoire

    [C’est l’été] À Aix, l’IGN mesure l’évolution de notre territoire

    Sébastien Delhaye gare un pick-up sur le bas-côté, traverse la départementale, fait quelques mètres dans l’espace boisé. C’est ici, dans un amas d’arbres, que ce référent technique et vérificateur écologue va « relever un point », choisi à partir de coordonnées tirées au sort. Il plante le piquet central de la placette, qu’il faut imaginer circulaire, sur lequel est accrochée une boussole. Muni d’un Vertex, qui mesure angles et distances, il analyse taille et circonférence des arbres. Entre autres éléments qui seront ensuite rentrés dans une application pour alimenter une base de données. Elle-même, servira à mettre à jour l’inventaire forestier national. Une opération minutieuse, qui va participer à mesurer l’évolution de nos forêts, dont les étapes sont inscrites dans un protocole de « 350 pages (…) on fait régulièrement des réunions avec les homologues de la France entière pour voir comment harmoniser ces mesures ». Sébastien Delhaye fait partie des 1 500 agents qui travaillent au sein de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), cet établissement public qui permet la cartographie du territoire, l’évolution des villes et des forêts… En plus de sa direction parisienne, l’IGN dispose de cinq directions territoriales, dont l’une est implantée à Aix-en-Provence. Entre les quatre murs d’un établissement discret dans l’Europarc de Pichaury, aux Milles, trois productions principales sont accomplies par les agents de cet établissement public. « L’inventaire forestier national qui est l’activité la plus récente à l’IGN. Elle consiste à faire une carte d’identité de l’ensemble de la forêt, qu’elle soit privée ou publique. L’objectif est d’avoir une carte d’identité de la forêt en général (…) la mise à jour du registre parcellaire graphique, entièrement du travail de bureau (…) et la mise à jour de la base de données et des cartes. L’IGN décrit l’ensemble d territoire à partir de bases de données. À partir de ces bases de données on fabrique des cartes mais c’est avant tout des bases de données que l’on constitue », déroule Lionel Gaudiot, directeur territorial adjoint. En plus des directions territoriales – qui ne participent pas seulement à la production de cartes mais aussi aux politiques publiques du territoire, notamment en réalisant des référentiels géographiques et en participant, par exemple, à la prévention des risques – l’IGN possède d’autres implantations, dont celle de Toulouse, dédiée à l’imagerie spatiale et plusieurs avions abrités à Beauvais. Dans ces machines, des prises de vues et de LiDar sont régulièrement embarquées pour produire une cartographie photographique du territoire tous les trois ans. À la direction territoriale d’Aix, des dizaines d’agents s’attellent à la cartographie de la région Paca et de la Corse. Des agents, comme Sébastien Delhaye, sont sur le terrain « toute l’année. C’est un métier qui demande énormément de connaissances et de la rigueur sur l’application du protocole », précise ce dernier. D’autres, scrutent le territoire, en photo, depuis leur ordinateur quand une troisième partie des agents mixent terrain et bureau, comme François Carcenac, chef de division mise à jour. En voiture, carte numérique et papier à bord, direction la gare de Vitrolles, ou des travaux sont en cours, notamment pour la mise en place du téléphérique. Puis vers le récent parking relais Cap Horizon. « On fait beaucoup de veille documentaire, pour savoir quelles sont les modifications importantes, type rond-point, rocade, qui vont avoir lieu pour être réactif une fois qu’elles sont en service. On les fait sur internet, avec des correspondants… On a des contacts avec la Semepa, par exemple, pour Aix. Et quand nous n’avons pas le choix, on va sur le terrain vérifier l’information. Tous les trois ans on a une image aérienne donc on peut mettre à jour pas mal de choses en visuel. On est entre 5 et 6 semaines de terrain par an, les besoins ont évolué », explique François Carcenac. Les données non mises à jour sont ensuite rentrées dans un espace collaboratif, qui permet de signaler une quelconque évolution sur le terrain, avant d’être traitées une fois revenu aux Milles. Une fois rentré au bureau du premier étage, ou cartes et plannings s’étalent, le chef de division utilise un logiciel système d’information géographique, qui permet d’alimenter une base de données. Et entre toutes ces missions, « globalement, on a de l’information géographique qui est souveraine, créée par un établissement public ou l’on maîtrise », résume Lionel Gaudiot.

  • Les sentinelles de la biodiversité sur le pont

    Les sentinelles de la biodiversité sur le pont

    Le vent se lève sur l’étang de Berre, mardi en début d’après-midi. Sur la plage de Champigny, à Berre-l’Étang, familles et habitués profitent d’une eau à 32 degrés. Ce couple et leur enfant venant d’arriver s’apprêtent à se mettre à l’eau. Mais juste avant… « Bonjour ! C’est la brigade littorale, est-ce qu’on peut vous poser quelques questions ? » demande Camille Moreti au couple. La volontaire en service civique du Gipreb, le syndicat mixte gestionnaire de l’étang, dispose d’un petit questionnaire. « C’est la première fois qu’on vient ici » avoue Issam Benabdelkrim, venu de Marseille. « On allait surtout au Jaï avant, mais on préfère ici car il y a plus de place et la plage est propre », remarque-t-il.

    Il n’y a pas que la baignade. « J’y pêche des loups grands comme ça ! », explique Didier Coulomb, en mimant la longueur d’un avant-bras. « Ça fait 20 ans que je suis parti dans les Alpes mais je reviens une semaine chaque été », explique le quinquagénaire. « J’ai connu l’étang pollué et sans poisson. C’est très bien ce que vous faites, il faut préserver et le montrer à nos petits-enfants ! », affirme-t-il.

    C’est justement la mission du Gipreb et de sa brigade, que les deux volontaires en service civique ont rejoint le premier mars dernier. « Sur les plages, on repère ceux qui ne respectent pas les règles : ceux qui amènent leurs chiens quand c’est interdit, ou qui ne mettent pas la laisse alors qu’il le faut quand c’est autorisé, ou le fait de fumer », détaille Martin de Fombelle, marseillais et étudiant l’aménagement du littoral à Toulon. Si la bonne entente est la règle, certains sont parfois réfractaires comme l’illustre Camille Moreti, venue des Alpilles et étudiante en bio-écologie à Montpellier. « Une fois, un mec pêchait la palourde un mardi, jour d’interdiction. On lui a expliqué que c’était interdit, qu’il fallait les relâcher, mais dans ce cas les gens se sentent vite lésés après avoir passé une heure ou plus à pécher, alors ils négocient, nous demandent de fermer les yeux… » Dans le pire des cas, c’est la police qui tranchera. « Notre travail s’arrête à la sensibilisation », reprend la volontaire. « Ceux qui veulent bien faire nous écoutent et changent, certains ne le feront pas, au détriment des autres », analyse son collègue.

    C’est la quatrième année d’existence de cette brigade. « Le dispositif découle de notre feuille de route. On ne pouvait pas créer de police spéciale pour l’étang alors on a embauché des saisonniers », retrace Raphaël Grisel, directeur du Gipreb. « Après deux ans, on s’est rendu compte que 90% des interventions ne nécessitaient pas d’être policier. On a étendu le service sur des périodes de six mois à partir de mars », complète le directeur. La brigade va aussi sur l’eau cet été. « La question se pose de créer une brigade sur l’eau supplémentaire », indique Raphaël Grisel. L’objectif est de protéger les zostères, une plante marine qui a repeuplé le milieu et atteint les 100 hectares. « Plus l’étang ira bien, plus il y aura de monde, plus il y aura de problème », anticipe Raphaël Grisel.

    LA BIODIVERSITÉ MÉDITERRANÉENNE EN CHIFFRES

    10%

    La Méditerranée abrite près de 10% des espèces marines connues dans le monde alors qu’elle représente 1% de la surface des océans. Parmi elles, le grand dauphin est inscrit sur la liste des mammifères marins protégés. Il peut mesurer jusqu’à trois mètres et vit proche des côtes.

    100 millions

    La posidonie, la plante à fleur de la Méditerranée, serait née il y a 70 à 100 millions d’années. Elle occupe entre 20 % et 50 % des fonds méditerranéens. La posidonie protège les animaux, stocke autant de CO2 qu’une forêt et protège de l’érosion côtière.

    80%

    En Méditerranée, les poissons sont surpêchés à 80% : 1,5 million de tonnes de poissons extraits des eaux. C’est la mer où la pêche excessive est la plus importante au monde. Les pêcheurs ont vu leurs prises reculer d’un tiers sur les cinquante dernières années.

  • [Incendies] L’État au chevet de l’économie locale

    [Incendies] L’État au chevet de l’économie locale

    Une réunion exceptionnelle est prévue, ce jeudi, au ministère de l’Économie. Le gouvernement a affirmé son souhait d’apporter « des réponses plus précises » aux « préoccupations » des entreprises dont l’activité est affectée par les feux de forêts qui frappent la Gironde a indiqué ce mardi 28 juillet le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin.

    Près de 14 500 sociétés ont été mises à l’arrêt, dont 7 000 artisanales et 6 300 commerciales, essentiellement dans le secteur du tourisme, 40 000 emplois et 7% du PIB départemental pour 3,2 milliards d’euros de retombées directes. « Nous sommes face à une crise totalement inédite. Les salariés sont démunis, tout comme les chefs d’entreprise, dont certains ont perdu leur logement » a indiqué Cécile Despons, présidente de l’organisation patronale Les Entrepreneurs (ex-CPME) de Gironde. Pour elle, il s’agit d’éviter « la double peine ». « Nous attendons des décisions à la hauteur de la gravité de la situation », ajoute-t-elle.

    La CGT appelle à accompagner aussi les salariés

    De son côté, la CGT demande dans un communiqué à « dresser un état des lieux exhaustif des entreprises touchées, qu’elles soient en cessation totale ou partielle d’activité, avec la mise en place de cellules départementales de suivi associant les organisations syndicales ». Pour le syndicat, « une vigilance particulière doit être portée aux établissements industriels à risques, notamment les sites Seveso ». La CGT insiste sur la prise en compte et l’accompagnement des salariés qui seraient, selon la Chambre de commerce de Bordeaux, 100 000 à 150 000 affectés par le chômage partiel. Le syndicat estime indispensable de « prendre en charge à 100% le dispositif exceptionnel d’activité partielle, afin qu’aucun [d’entre eux] ne perde un euro, et à mettre en œuvre via les services de l’État une information claire sur leurs droits ». Dans la même optique, la CGT appelle à « convoquer les instances représentatives du personnel afin d’évaluer les besoins au plus près du terrain, adapter les conditions de travail et garantir [leur] protection, organiser la solidarité entre entreprises et entre territoires ».

  • Une Maison d’enfants à caractère social s’installe aux Arcs-sur-Argens

    Une Maison d’enfants à caractère social s’installe aux Arcs-sur-Argens

    Ces structures sont parfois accueillies avec réticence par certains riverains qui, à travers leurs préjugés et comme souvent pour tout ce qui relève du domaine social, les associent à des perturbateurs de la tranquillité publique. Pourtant, les MECS n’accueillent pas « de délinquants, mais des enfants sous protection de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), qui ont subi des violences et qui nécessitent des placements. La société a le devoir de les protéger, et le Département le fait du mieux qu’il peut », rappelle le président (LR) du conseil départemental, Jean-Louis Masson.

    Un message que la mairie des Arcs-sur-Argens a souhaité relayer auprès de la population à travers cette journée portes ouvertes organisée mardi à la Villa Saint-Exupéry. L’occasion de présenter l’établissement, qui vient de s’installer dans la commune, au sein d’un bâtiment flambant neuf. Coût du projet : plus de 4,3 millions d’euros, dont 1,47 million financé par le Département du Var.

    Surface triplée,

    confort amélioré

    Heureusement, « on a été très bien accueilli par le maire et les habitants, qui se montrent curieux », se réjouit Bénédicte Zafosnik, directrice adjointe de l’établissement et de la filière protection de l’enfance du groupe Uman, gestionnaire des lieux. Ce déménagement était prévu depuis 2016. Il a permis de tripler la surface d’accueil (1 200 m²) et d’augmenter le nombre de résidents de 18 à 22. Avec 20 chambres, toutes dotées de sanitaires (contre 7 pour 3 sanitaires auparavant). Et pour un meilleur confort de vie, « même en passant de la mer à la forêt », sourit Bénédicte Zafosnik : salles de jeu, espaces de repos et pour les familles, cuisines coopératives, terrasses, le tout encadré par une équipe d’éducateurs, psychologues, agents techniques, maîtresses de maison, surveillants de nuit…

    « Ce déménagement était très attendu, même s’il a fallu travailler avec les enfants, notamment sur le changement d’école », note la directrice adjointe. Si le personnel n’a pas changé, la directrice avoue que « ça a été une question pour certains, mais la maison importe plus que les kilomètres parcourus le matin. »

  • À Hyères, un atelier pour protéger la biodiversité marine

    À Hyères, un atelier pour protéger la biodiversité marine

    Protéger la Méditerranée en préservant sa biodiversité. C’est l’objectif affiché par le magazine Bleu Tomate, qui a initié le projet intitulé « La mer n’est pas morte… Vive la mer ! ». Le magazine propose cette année un workshop au fort du Pradeau, à Hyères. Cet atelier se déroulera le jeudi 24 septembre prochain et se focalisera sur les petits fonds côtiers, « là où tout le monde peut mettre la tête sous l’eau », explique Pauline Castaing, cheffe du projet. Selon elle, « il faut donner la parole aux scientifiques, aux plongeurs, aux pêcheurs, aux plaisanciers, mais aussi aux élus ». Une trentaine de places est disponible pour les acteurs concernés.

    Ce rendez-vous aura pour ambition de déterminer les besoins techniques et financiers de ces professionnels, et s’inspirer de solutions déjà existantes. « Comme les zones de protection forte, où la population de mérous s’est de nouveau développée », illustre Pauline Castaing. Car si l’activité humaine menace la biodiversité marine, « la nature est résiliente et il est toujours temps d’améliorer son état ».

  • L’ancien palais de justice de Brignoles mis sous protection

    L’ancien palais de justice de Brignoles mis sous protection

    Le ministère de la Culture a ouvert une instance de classement au titre des monuments historiques de l’ancien palais de justice de Brignoles (Var), édifié entre 1839 et 1842. Cette décision ministérielle rare, signée le 20 mai 2026 et qui vient d’être publiée, répond à une demande de l’association Sites & monuments qui avait interpellé en urgence l’État pour sauver l’édifice de 1 000 m2.

    « Le dépôt le 14 août 2025 d’un permis de démolir partiel fait peser une menace directe de transformations irréversibles, d’altérations architecturales substantielles et de perte de lisibilité des volumes et des dispositions d’origine sur cet ensemble d’intérêt patrimonial majeur », a écrit en février Sandrine Rolengo, la déléguée régionale Paca de l’association de défense du patrimoine. Son courrier à Rachida Dati soulignait l’extrême urgence à intervenir. « Dans un contexte de pression foncière et de renouvellement urbain, ces risques appellent une réponse immédiate des pouvoirs publics. »

    « Un ensemble architectural complet »

    Après le départ du tribunal du centre-ville, le bâtiment historique est resté vacant et s’est dégradé jusqu’à l’effondrement partiel de la toiture et de zones de plancher. « La préservation en l’état étant devenue impossible, notamment en raison du coût nécessaire, il a été décidé la démolition partielle du bâtiment, en ne conservant que la façade principale », énonçait, en juin 2025, la mairie de Brignoles dans l’appel d’offres pour sa déconstruction. L’instance de classement garantit désormais la sauvegarde de cet ensemble « dans l’attente de l’instruction d’une mesure de protection pérenne ». « Tous les effets du classement au titre des monuments historiques s’appliqueront de plein droit à cet immeuble pendant une durée d’un an », énonce la décision.

    L’ancien palais de justice est l’œuvre de l’architecte Esprit Lantoin (1787-1856), qui l’a conçu dans un style néoclassique comme « élément central d’un ensemble architectural complet d’édifices construits pour les institutions judiciaires et pénitentiaires sous la monarchie de Juillet ». C’est en réalité tout le pôle judiciaire du XIXe qui mérite d’être sauvé. C’est pourquoi Sites & monuments a demandé que soient également protégées l’ancienne prison, l’ancienne gendarmerie, la place et sa fontaine. « Bien que situés dans le Site patrimonial remarquable de la ville, ces édifices méritent une protection individuelle afin d’assurer leur conservation, leur restauration et leur transmission aux générations futures », vient d’écrire l’association reconnue d’utilité publique au maire de Brignoles, Didier Brémond (LR), pour demander une reconversion de l’îlot plus respectueuse du patrimoine.

  • Des associations défavorables au projet industriel NéoCarb

    Des associations défavorables au projet industriel NéoCarb

    C’est l’une des locomotives de la décarbonation du golfe de Fos-sur-Mer. Pourtant, le projet est loin d’être neutre en termes d’impact sur la biodiversité d’après France nature environnement (FNE13), Vigueirat Nature et le Collectif Cistude, qui rendent un avis défavorable à son encontre suite à la clôture de l’enquête publique, le 30 juin dernier.

    Porté par Elyse énergie et RTE, NeoCarb prévoit d’installer trois briques de production sur le môle central des bassins Ouest du Grand port maritime de Marseille-Fos : l’une d’hydrogène bas carbone par électrolyse, l’autre d’e-methanol, la dernière de e-kérosène. Le stockage et la distribution de ces e-carburants se feraient par le biais d’une plateforme logistique dans la zone du Caban. Un site industriel à proximité d’un site Natura 2000, sur une zone naturelle dite d’intérêt faunistique et floristique, où se trouve une zone humide.

    Sur 51 ha d’emprise foncière au total, 31 ha artificialiseraient des espaces naturels sensibles, selon les associations, « dont 16 hectares de prairies psammophiles, écosystèmes à très forte valeur écologique ». « Ces habitats abritent une flore et une faune rares, parmi lesquelles le Myosotis nain et la Scammonée de Montpellier, dont près de 2 600 et 2 000 individus respectivement sont voués à disparaître sous les fondations du dépôt », affirment-elles. Pour bénéficier des autorisations nécessaires à la construction et l’exploitation de cette usine, Elyse Energy et RTE ont dû déposer des demandes de dérogation pour la destruction d’espèces protégées. Le 15 juin dernier, le Conseil national de la protection de la nature a rendu un avis défavorable à cette demande de dérogation, considérant que la séquence « éviter-réduire-compenser » n’était pas respectée et que les garanties pour éviter une perte nette de biodiversité restaient insuffisantes.

    En mai dernier, lors d’un conseil municipal, l’avis sur la demande d’autorisation environnementale concernant le projet n’avait obtenu aucun vote favorable des élus fosséens, ni dans la majorité, ni dans l’opposition.