Tag: Programme

  • Erwan Davoux promet de « changer le système » à Marseille

    Erwan Davoux promet de « changer le système » à Marseille

    Sur la table devant l’ancien cadre viré du conseil départemental, un classeur rempli de promesses électorales. Ce mercredi matin, Erwan Davoux, candidat à la tête d’une liste « sans étiquette, citoyenne », avait convié la presse pour présenter son programme pour les municipales à Marseille. « Nous avons connu le système de l’intérieur, nous pouvons encore plus constater que plus rien ne va et changer les choses », assure-t-il. À côté, l’ex-présidente (SE) de 13 Habitat Nora Preziosi opine : « Il faut écraser ce système et arrêter ce copinage. »

    Premier de leurs chantiers, la réforme de la gouvernance métropolitaine. « Il faut soit que le maire de Marseille devienne président de la Métropole, soit que la mairie rapatrie ses compétences, soit que la Métropole soit découpée entre un Grand Marseille et une métropole aixoise », propose Erwan Davoux, déplorant que « la Métropole joue contre la Ville ». La sécurité fait aussi partie des priorités de l’ancien cadre du ministère de l’Intérieur qui veut 240 policiers municipaux supplémentaires, des caméras de vidéosurveillance algorithmique, plus de moyens pour la prévention. « Le Département a coupé les subventions aux associations qui agissaient sur le terrain ! », déplore celui qui est en conflit ouvert avec sa présidente (DVD) Martine Vassal. Son ombre revient régulièrement sur ce programme. L’endettement de la Ville ? « C’est la Métropole qui a l’essentiel des pouvoirs et le Département qui sert de tiroir-caisse », argumente le candidat, rappelant que Marseille profite à peine de ses subventions. Il veut aussi « décommunautariser les politiques », dénonçant un « clientélisme » du Département, proposer la gratuité totale des transports, consulter sur le tramway des Catalans… L’ombre de Martine Vassal pèse même sur la constitution de ses équipes : « Des gens ne peuvent pas venir sur nos listes parce qu’on leur couperait leurs subventions. J’accuse la présidente d’exercer des pressions », lance-t-il solennellement. Promettant cependant qu’ils voteront pour lui et qu’il dépassera les 10%.

  • Benoît Payan veut prendre en main la propreté

    Benoît Payan veut prendre en main la propreté

    Marseille est « pourrie » et c’est la faute de la Métropole, entendre sa présidente et candidate de la droite et du centre à la Ville, Martine Vassal, a martelé Benoît Payan, maire DVG sortant et candidat du Printemps marseillais. La propreté, « c’est une question sur laquelle nous sommes interpellés tous les jours, il y a une confusion très grande sur les compétences et les Marseillais attendent des résultats » dans une ville « abandonnée sciemment, consciencieusement » pose-t-il. C’est bien pour lui « la Métropole qui a fait le choix de ne pas recruter, de bouleverser les tournées, de ne pas implanter les poubelles et centres de tri » en nombre suffisant. Alors que les Marseillais paient une taxe d’enlèvement des ordures ménagères, « la plus importante de la métropole et de France » assène Benoît Payan.

    Son idée : reprendre la main, tout en laissant les compétences à la Métropole, le nouveau mode de scrutin lui permettant de peser dans l’hémicycle du Pharo s’il venait à remporter les municipales. Une méthode différente de celle tentée en 2022, dans le cadre de la loi dite 3DS qui permettait le transfert de compétences de proximité de la métropole vers les communes. « J’avais poussé une gueulante et proposé de nous mettre autour d’une table pour récupérer la compétence » raconte-t-il, mais « patatras plus rien n’était possible, la Ville se serait retrouvée dans une situation où elle n’aurait eu que les difficultés, sans les moyens nécessaires pour appliquer sa politique », résume Benoît Payan. Quand Martine Vassal lors de ses vœux fin janvier évoquait, elle, un travail de trois mois « pour trouver un terrain d’entente » avorté, le maire de Marseille estimant que c’était « trop compliqué ».

    La donne a changé : « Pour la première fois, si nous gagnons la ville, nous avons la possibilité de prendre en main la propreté » estime le candidat du Printemps marseillais qui se donne trois ans pour « mettre les choses au carré », les maires de secteur reprenant la gouvernance pour le reste du mandat.

    Deux fois plus de poubelles

    Concrètement, sur la collecte, ce temps lui permettrait de faire un point sur les actions du public et du privé qui se sont vus répartir les différents secteurs de la ville et notamment sur les « avenants aux contrats à plusieurs millions d’euros », sans pour autant un retour total en régie. Sur le nettoyage des rues, il veut revoir le nombre de cantonniers, en le multipliant par deux, même s’il en convient, il ne le connaît pas, faute de réponse là encore, de la métropole. Il se fait plus précis sur les poubelles, qu’il veut passer de 7 000 à 15 000.

    Benoît Payan souhaite aussi sensibiliser les Marseillais avec de la pédagogie et également de la répression par le biais d’une police de la propreté qui dépendrait directement de la police municipale. Il s’agit aussi de mieux trier. « Réduire le contenu de la poubelle noire » rappelle Sophie Camard, maire GRS des 1-7 et tête de liste du Printemps dans son secteur, expliquant qu’en centre-ville, ce qui fait déborder les bacs, « c’est le mélange des déchets des particuliers et des professionnels ». Pour Anthony Krehmeier (PS), maire des 2-3 et lui aussi tête de liste de son secteur, « il n’y a pas de fatalité ». Considérant que « ramasser des poubelles n’est pas en soi insurmontable », il entend associer « commerçants, habitants et agents ».

    Au sein de l’équipe de Martine Vassal, la réaction n’a pas tardé. « La panique fait sacrément mentir le trouillard » a lancé son porte-parole, Romain Simmarrano, sur les réseaux sociaux, estimant que le maire allumait « un contrefeu de plus pour tenter de faire oublier l’enquête qui le concerne ».

  • À Fos, Rémi Esnault présentera sa liste mardi

    À Fos, Rémi Esnault présentera sa liste mardi

    Sur l’avenue Jean-Jaurès, la permanence de campagne de Rémi Esnault est inratable. Un grand panneau bleu sur pilotis indique où se garer pour rencontrer le successeur désigné de René Raimondi (DVG) ou son équipe de militants, présents 7 jours/7, de 10h à 19h. « Ce n’est pas le local le plus confortable, mais il est bien situé », glisse le candidat, qui présentera sa liste et son programme mardi 10 février à 18h au théâtre Jean-Hetsch.

    Une adresse qui est loin d’être le seul atout de Rémi Esnault, selon l’adjointe au maire déléguée au tourisme, aux festivités et aux animations Anne-Caroline Walter-Cipreo. « Sa qualité, c’est d’être avenant, à l’écoute et rassembleur », affirme l’élue, qui pointe « un élan extrêmement fort et positif dans la
    population
     ».

    Quant aux critiques concernant ses racines, Anne-Caroline Walter-Cipreo balaie : « Ça fait plus de dix ans qu’il travaille aux côtés des maires de la commune, il connaît le terrain et les dossiers par cœur, il est plus fosséen que certains Fosséens. »

    Objectif premier tour

    À quelques jours du dévoilement de sa liste, le candidat, soutenu par Place publique et le PCF, assure qu’il sera bien entouré en cas d’élection. « Chaque poste a été étudié, ciselé pour chaque personne afin d’être qualitatif », précise-t-il. Y compris pour René Raimondi, qui, après avoir hésité à prendre sa retraite à 66 ans, a finalement décidé de « poursuivre son œuvre » avec une délégation « ciblée, dans laquelle il est
    expert
     ». L’industrie ?

    « L’expérience et le réseau de René Raimondi avec la fraîcheur de Rémi Esnault, ça va faire des merveilles », se réjouit Anne-Caroline Walter-Cipreo.

    Quant à son programme, le candidat ne veut pas trop en révéler mais annonce tout de même quelques mesures rapides à mettre en place : « Je veux instaurer la cantine à 50 centimes pour tous les enfants. On a fait nos calculs, c’est un vrai engagement. Il faudra forcément reconfigurer nos réfectoires pour plus de rationnaires. Je souhaite aussi passer au self pour les CM1 et les CM2, avec un plateau connecté pour avoir une traçabilité de leur repas et des données qui seraient stockées sur une application participative accessible aux parents. »

    Côté transports, Rémi Esnault envisage également doubler le pont de la plage avec une entité « dédiée aux mobilités douces ».

    Avec toutes ces cartes en main, le successeur du maire sortant vise une élection dès le 1er tour. « C’est une grande tradition fosséenne », rappelle-t-il. En 2008, René Raimondi avait été élu avec 60,55% des voix, en 2014 avec 65,73% des voix. En 2020, Jean Hetsch avait récolté 58,49% des suffrages. Rémi Esnault parviendra-t-il à poursuivre la série ?

  • À Istres, Bernardini présente un programme de bâtisseur

    À Istres, Bernardini présente un programme de bâtisseur

    S’il fallait ne retenir qu’un mot des 31 pages du programme de François Bernardini (DVG), ce serait « développement ». Alors que le territoire de l’Ouest des Bouches-du-Rhône est à un tournant de son histoire industrielle, Istres prend sa place dans la transition. À eux seuls, les projets d’Hynaero (production d’hydravions bombardiers d’eau) et de Sabena Technics (maintenance des avions ravitailleurs MRTT) devraient créer 600 emplois directs. « La construction est le corollaire immédiat du développement », affirme le maire (DVG) candidat à sa succession, « autrement on se ferme des portes ».

    Parmi les dossiers structurants, citons la requalification du Prépaou, pensée avec les bailleurs sociaux afin d’aérer le quartier et de rassembler au sein d’un seul et même bâtiment le centre social, les locaux de la mairie annexe, ceux de France Services et une salle polyvalente, ou encore la reconstruction de l’Ehpad les Cardalines dans le secteur du Boisgelin, là où le candidat (LR) Robin Prétot envisage plutôt de créer un parc. « Le permis d’aménager a été accordé et purgé de tous recours, les travaux débuteront au premier semestre 2026 », évacue François Bernardini.

    Animer le centre-ville

    Le maire remet également sur la table le projet du golf de Rassuen et de son écoquartier, mis à l’arrêt pour des raisons environnementales, dont les balbutiements remontent à 2015. « Nous essayons de convaincre l’administration que nous avons un excellent dossier. On est en train de mettre la bride sur un projet qui ne coûterait rien et qui apporterait une sécurité extraordinaire à ce site », une friche industrielle. Le candidat affirme qu’une enquête publique devrait être lancée, sans en préciser la date.

    Côté centre-ville, François Bernardini admet que les résultats des commerces ne sont « pas satisfaisants ». « Ce n’est pas faute d’efforts », assure-t-il, citant la création d’un poste de manager, l’acquisition de fonds de commerce et les nombreuses subventions. L’édile pointe des changements d’habitude de consommation et la topographie de la commune qui n’offre que des espaces réduits en rez-de-chaussée. « Il ne faut pas considérer le commerce comme le seul élément d’animation du centre-ville », affirme-t-il. Pour le prochain mandat, François Bernardini ambitionne de créer une résidence d’artistes dans le centre ancien, ainsi qu’une résidence intergénérationnelle en colocation.

    Toutes les propositions sont à retrouver dans le programme du candidat ou sur son site.

  • Martine Vassal déroule son programme pour Marseille

    Martine Vassal déroule son programme pour Marseille

    Pour ses vœux à la presse, la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, s’est voulue résolument offensive, préférant insister avant tout sur son programme. Non sans oublier tout de même de viser sa cible première, l’extrême droite, jusqu’à appeler au « vote utile » en sa faveur évidemment dès le premier tour.

    « L’ADN de cette ville n’est pas et ne sera jamais le RN », a-t-elle martelé d’entrée. Parce qu’à Marseille, « on vit les uns à côté des autres », qu’« elle ne supporte pas les replis identitaires et ceux qui, en politique, viennent d’ailleurs », analyse Martine Vassal. Si elle dit comprendre « la colère », elle en appelle à la « responsabilité des électeurs », sans pour autant donner de consignes de vote. « On n’est pas propriétaire des voix », assène-t-elle, éludant la question d’un éventuel retrait au second tour, persuadée qu’il y aura alors quatre candidats.

    Ce qui compte aux yeux de Martine Vassal, c’est de pouvoir confronter sa vision de la ville. Une Marseille « balnéaire » où les « 57 km de littoral » seraient rendus aux habitants, de l’Estaque à la Pointe Rouge, une Marseille tournée vers son port, l’international, avec le développement des data centers, capable de convaincre des investisseurs.

    Plein pot sur le tram

    Elle repose sa proposition de créer un conseil de développement économique, social, culturel, sportif… Sur les transports, ce sera du tout tramway, « quatre fois moins cher qu’un métro », avec un développement « en étoile » : de Saint-Marcel à Saint-Loup, de Saint-Antoine à la Bricarde, de la Belle de Mai à Saint-Jérôme, des Caillols à la Valentine, de la Blancarde à la Pointe Rouge, mais en oubliant la Corniche, car « il faut aller vite ». Tout cela étant faisable le temps du mandat, a-t-elle calculé. Pour les financements, elle promet d’aller « les chercher avec les dents », du côté de l’État, de la Région et de l’Europe. Et si celle qui est aussi présidente (DVD) de la Métropole, autorité organisatrice des transports, a « perdu du temps » jusque-là, c’est parce que dans certains quartiers, on lui a mis « des bâtons dans les roues ».

    Parce qu’elle a bien compris la leçon de son échec en 2020, où « on avait fait travailler des experts » et produit un glossaire de plusieurs centaines de pages, Martine Vassal le martèle : elle a construit son programme « au fil des personnes qui [la] rejoignent » et préfère le distiller savamment. Un « teasing » pour « accrocher » l’électeur. « Mais vous verrez, d’ici la mi-février, tout sera calé » et révélé affirme-t-elle.

  • À Sanary, Jean-Pierre Meyer veut rester constructif et favoriser la démocratie

    À Sanary, Jean-Pierre Meyer veut rester constructif et favoriser la démocratie

    Seul élu de gauche au conseil municipal depuis 2020, Jean-Pierre Meyer se veut combatif. La tête de liste de « Renouveau pour Sanary » s’est entouré d’une équipe renouvelée de moitié pour mener son second combat municipal. On y retrouve des militants PCF, PS, et Écologistes, et des citoyens non encartés, avec, en seconde position, Patricia Gonzalez, déjà de l’aventure en 2020. « On a aussi placé de jeunes éléments en début de liste, pour l’avenir, analyse Jean-Pierre Meyer. Mais il est compliqué pour une personne qui travaille de participer à une campagne. Dans notre volonté de mixité sociale, et donc d’équilibre générationnel, c’est un combat à mener. »

    Tel qu’il s’est évertué à le faire durant ses années passées au conseil municipal, le candidat communiste prône le fait d’être « force de propositions, de partager nos projets et d’avancer à visage découvert », car avec « les municipales, il y a l’enjeu des sénatoriales. Il faut être clairs sur qui nous sommes ». Mais aussi « le dialogue respectueux, le refus du conflit permanent. Il y a le temps de l’élection, de la confrontation, puis celui du mandat, où il faut travailler pour la commune. Il ne faut pas s’opposer à tout parce qu’on est dans l’opposition », martèle-t-il. Il rappelle ainsi que « le bon sens l’a emporté » à travers ses propositions liées à la ligne de bus 83 ou à la préservation des oiseaux face aux projets immobiliers, malgré sa minorité au conseil municipal. Une notion qu’il espère faire valoir pour un retour à une gestion communale de l’eau : « Je ne pense pas que le contrat ait été mal négocié, mais mal rapporté, car on n’a retenu qu’une hypothèse, celle de la DSP », affirme-t-il.

    La primauté des élections communautaires

    Jean-Pierre Meyer a ensuite parlé de son programme, que sa liste « défendra, quel que soit le résultat des élections ». Parmi les grandes lignes : logement, mobilité, sécurité/tranquillité, services publics locaux, santé, jeunes et seniors, sport et culture, commerce, tourisme, artisanat et citoyenneté. Sur cette dernière notion, l’élu appelle à l’engagement. « La politique ne vous oublie jamais, que vous votiez ou pas. Quand vous ne le faites pas, les autres choisissent à votre place. Nous voulons multiplier les efforts en ce sens et on devrait commencer dès l’école », clame-t-il.

    Pour le candidat, l’élection la plus importante est celle du conseil communautaire, qui découle des municipales. « Le logement, l’eau, ce sont la communauté d’Agglomération Sud Sainte-Baume. Des élus sanaryens y siègent, dont certains de l’opposition qui disent militer pour la transparence, mais ont discuté de la DSP de l’eau en silence. Alors que le devoir d’un élu est de prévenir la population de l’importance d’un tel sujet », dénonce Jean-Pierre Meyer.

  • L’ancienne adjointe de Martigues Anne-Marie Sudry est candidate

    L’ancienne adjointe de Martigues Anne-Marie Sudry est candidate

    Il faudrait parfois « tuer le père », selon la théorie freudienne, ou quand la psychanalyse trouve un écho en politique. C’est en tout cas ce que laisse symboliquement entendre, ce jeudi, l’ancienne adjointe Anne-Marie Sudry, lorsqu’elle affirme que « quand on ne se reconnaît plus dans la façon de faire, il faut s’en aller ».

    L’ancienne adjointe de Gaby Charroux (PCF), adhérente de la Gauche républicaine et socialiste (GRS), « femme de gauche » et psychanalyste de métier, l’affirme : « Comme mes patients, une majorité doit se demander : “qu’est‑ce que je fais et qu’est‑ce qui m’arrive ?” Quand on voit la défaite lors des législatives, c’est gravissime, et il faut en tirer des conséquences », juge la candidate. Elle précise : « On va me dire que le RN est en face, mais ça ne me convient pas. J’ai le sentiment qu’au niveau local, on peut infléchir la tendance en écoutant la colère et les questions de la population. »

    Un programme à préciser

    La réflexion rejoint en partie celle du Collectif citoyen martégal, emmené par Frédéric Grimaud (LFI). « Si on n’y a pas adhéré, c’est parce qu’il y a des points qui ne conviennent pas », remarque Anne-Marie Sudry, qui était présente lors de la déclaration de candidature du représentant insoumis et de ses colistiers.

    Pour ce qui est du programme et de l’agenda politique, ils restent à préciser : « ça va venir. Pour l’instant, on n’en parle pas ». Elle se présente sans étiquette, estimant que « la ville n’a pas besoin de démonstration ».

  • À Marseille, l’État met aux enchères une cave… pour y habiter

    À Marseille, l’État met aux enchères une cave… pour y habiter

    Une plateforme de vente chérie des collectivités et établissements publics programme la vente aux enchères, le 10 mars prochain, d’un bien immobilier des Domaines. En l’espèce une cave de 20 m2 située en sous-sol du 106 avenue des Chartreux (4e), à Marseille, et donnant sur une cour. Mise à prix initiale : 18 750 euros.

    Rien d’anormal de prime abord, mais des détails font vite piquer les yeux. à la lecture de l’annonce, le mot « appartement » surgit, puis la mention « destination : habitation ». L’État, pilote de la lutte contre l’habitat indigne, invite sans rougir ses concitoyens à acquérir une cave « par nature impropre à l’habitation », pour y loger. La cave, dans un « état dégradé », est vantée comme un « bien atypique » pour « projet audacieux » et même un « bien d’exception ».

    Une erreur pas vraiment rectifiée

    Est-ce parce que cette cave, située deux niveaux sous terre par rapport à l’avenue, est dotée d’une ouverture donnant sur une cour intérieure en partie commune, que cela suffirait à la rendre habitable ? Dans le règlement de copropriété, c’est une cave. Pour rappel, des marchands de sommeil, qui arguaient que leur cave aménagée bénéficiait d’un éclairage naturel, ont été condamnés au pénal. Il en va ainsi de la cave du 18, rue Briffaut (4e), louée durant des années par un marchand de sommeil à une personne vulnérable. Le jugement souligne que l’éclairage naturel par un soupirail n’effaçait pas le sentiment angoissant d’enfouissement, ni le froid, ni l’humidité, ni les nuisibles.

    Interrogée, la préfecture a transmis à La Marseillaise la réponse de la Direction des Finances publiques : « L’État a récupéré ce bien dans le cadre d’une succession vacante. [Sa] vente a été confiée à un prestataire de services, Agorastore, qui effectue des ventes pour le service des Domaines dans le cadre d’un marché national. Lors de la publication de l’annonce, Agorastore a coché par erreur la case “habitation”, mais il s’agit bien d’une cave. L’annonce a été rectifiée. »

    Une erreur rectifiée, vraiment ? Si les mentions « appartement » et « destination : habitation » ont soudain disparu, le local tout pourri reste néanmoins rangé dans la catégorie « bien atypique » et, il faut oser, « bien d’exception ». Le dossier technique téléchargeable, qui comprend les diagnostics réglementaires, mentionne toujours qu’il s’agit d’un « appartement-studio » et mentionne un mesurage de « surface loi Carrez habitable de 20 m2 ». Faut-il rappeler que l’article 46 de la loi Carrez de 1965 exclut à dessein les « caves, garages, emplacements de stationnement » de son application car ce ne sont tout simplement pas des surfaces habitables. L’article R1331-17 du Code de la santé publique stipule que « sont par nature impropres à l’habitation et ne peuvent en conséquence être mis à disposition aux fins d’habitation, à titre gratuit ou onéreux, par application de l’article L. 1331-23 : 1° Les caves, quels que soient les aménagements et transformations qui leur sont apportés ». L’article 27 du Règlement sanitaire départemental des Bouches-du-Rhône, bible des inspecteurs de salubrité, souligne « l’interdiction d’habiter dans les caves, sous-sols ». D’ailleurs, ce local ne dispose d’aucun sanitaire et pour cause.

    L’habitat souterrain encouragé

    L’annonce a été tellement été rectifiée qu’Agorastore a cru bon de créer un nouvel onglet qui suggère désormais que la cave pourrait être habitable : « Changement de destination possible sous réserve de l’obtention des autorisations de la copropriété et de l’urbanisme », peut-on lire.

    L’habitat souterrain est en plein essor à Marseille, boosté par la crise du logement. Un marchand de sommeil vient encore d’être condamné pour avoir loué à un malheureux une cave au 48 rue Curiol (1er). Il est mis en cause pour une autre cave habitée rue Saint-Savournin. Est-il nécessaire que les pouvoirs publics participent à ce phénomène, même si on l’a bien compris, l’objectif du vendeur est d’appâter le chaland pour se débarrasser d’un encombrant immobilier. Est-on conscient du pouvoir d’attraction d’une telle annonce sur les prédateurs de l’immobilier dégradé. Ne vaudrait-il pas mieux se prémunir de tout risque d’une mise en location qui nourrit le cycle de l’habitat indigne, en offrant cette cave à une association qui pourrait y stocker son matériel ? Ce n’est pas le chemin pris.

    En octobre dernier, La Marseillaise avait déjà pointé la mise aux enchères risquée, sur Agorastore, d’un studio avec son box confisqué par la Justice au Campus 1, avenue du Merlan (14e), une copropriété dégradée en péril et en plein naufrage. Aucune offre ne s’était exprimée.

  • À Aix, Marc Pena et la gauche font du logement une priorité

    À Aix, Marc Pena et la gauche font du logement une priorité

    Des vœux certes, mais surtout le « premier moment de la campagne. Nous ouvrons un temps nouveau, un temps de clarification politique, de rassemblement, de rupture avec le passé », annonce Marc Pena, candidat en lice pour le fauteuil de maire. À la tête d’une union à gauche et écologiste (hors LFI), réunie sous le nom de liste Aix Avenir, le député PS et conseiller municipal d’opposition s’est adressé à ses militants et soutiens, agglutinés dans le local de campagne rue Granet inauguré ce jour. À deux mois des municipales, les vœux ont pris une tournure de plaidoyer pour une ville « où l’on peut vivre tous dignement ». Pour Marc Pena, deux « combats, presque à égalité » rythmeront la campagne : reprendre la mairie « aux Joissains, en place depuis 25 ans », et contre l’extrême droite. « Depuis des mois un même sentiment revient : celle d’une ville qui a oublié celles et ceux qui y vivent, une ville vitrine, qui a fait de ses habitants des figurants, attaque Marc Pena. C’est une autre vision d’Aix, que nous défendons. » Alors, si les noms de colistiers n’ont pas encore été dévoilés – ils devraient l’être lors d’un premier meeting, le 05 février, au château de l’Horloge – les grandes orientations du programme, elles, sont désormais sur la table, articulées autour de cinq axes : dignité, prendre soin, respirer, protéger et concerter. Un « projet pour la dignité » avec, en figure de proue, le logement.

    « Prendre soin »

    « Un droit fondamental » pour le candidat, qui promet l’encadrement des loyers, constructions de logements sociaux, vigilance accrue des logements « type Airbnb », augmentation des places d’hébergement en urgence, réquisition des logements vides… Pour la jeunesse, le candidat mise sur un « véritable service public de la petite enfance ». Exit, les « entreprises privées qui se sont gavées sur la petite enfance ». Pour Aix, Marc Pena veut aussi « la mise en place d’un grand plan du périscolaire » et veut « prendre soin » de la jeunesse « trop souvent confrontée à la précarité » comme des aînés « pour qu’ils puissent vieillir sans isolement » : pour cela, il faudra « développer le service public », estime-t-il. Autre mesure imaginée par le candidat, pour l’accès aux soins pour tous, cette fois-ci, la mise en place d’une « mutuelle municipale, qui manque tant ». Côté écologie, ce sera celle du « quotidien, populaire, concrète, au service de la qualité de vie », côté sécurité, « il faut remettre en place un lien différent entre la population et les policiers (…) nous l’avons perdu » et lutter contre « toutes les violences ». Aussi, le candidat ambitionne de faire d’Aix un « modèle de la démocratie locale (…) chez cette équipe municipale, il y a une incompréhension des sujets, des problèmes. Nous voulons l’inverse. Une démocratie locale, vivante, sincère, exigeante, poursuit Pena. Ce projet est porté par une union de la gauche et des écologistes. Six composantes la forment, c’est une grande partie de l’arc de gauche. Pas tout le monde, on peut le regretter (…) Mais nous sommes le pôle unitaire, rassembleur ».

  • Les plans de la gauche pour sortir Lunel de la précarité

    Les plans de la gauche pour sortir Lunel de la précarité

    Contrairement aux candidats se réclamant du courant socialiste dispersés sur les listes de la maire candidate Paulette Gougeon, de Stéphane Dalle, l’ex-adjoint de l’édile Pierre Soujol décédé en juin 2025 ou de Stéphane Muscat, ex-directeur de cabinet de l’ancien maire Claude Arnaud (divers droite), écologistes, insoumis et communistes ne se réclament pas de la majorité sortante. « Ça ressemble à l’après De Gaulle. Tous se revendiquent héritiers de Pierre Soujol et se tapent dessus », s’amuse l’écologiste Lise Florès. « À droite, c’est le bal des hypocrites, ils se trahissent les uns les autres », confirme l’Insoumis Bruno Gagne qui se méfie aussi de l’extrême droite qui pourrait être incarnée par Antony Belin ou Julia Plane et Thierry Razigade.

    Pour l’heure les têtes de listes de « Lunel collectif » (Lise Florès) et de « l’Union populaire Lunel, fière et solidaire » (Bruno Gagne) tracent chacun leur route. Mais un rapprochement est à l’étude, au moins dans l’entre deux-tours. « Nos portes sont grandes ouvertes. Les écologistes ne sont pas nos adversaires, faisons chacun le maximum », pose le cégétiste. « Une union est envisageable pour nous, y compris avant le 1er tour », confirme la fonctionnaire cadre territorial.

    D’ici là, chacun avance ses propositions pour redonner un élan à la 5e ville de l’Hérault (26 600 habitants) située au cœur de la vallée du Vidourle, aux portes de la petite Camargue. Une ville forte de ses traditions (bouvine) et riche de son histoire romaine mais aujourd’hui pauvre, abîmée et prise en étau entre Nîmes et Montpellier.

    Le PCF a fait le choix de rejoindre LFI qui « assume son étiquette de gauche et veut transformer les choses », insiste François Got. Le communiste veut profiter de l’immobilier libéré par le projet de nouvelle caserne au mas de Fourques et du déplacement de l’accueil 3e âge vers la clinique pour imaginer de « nouveaux logements et des crèches ». Il souhaite aussi « s’attaquer aux marchands de sommeil » et construire des logements sociaux (1 430 familles en attente). Bruno Gagne ajoute le besoin « d’attributions transparentes, d’encadrement des loyers et de contrôles sur la salubrité des logements en location ».

    Du côté de la liste d’union citoyenne de la gauche et des écologistes, Lise Florès veut privilégier la « densification ». « L’étalement urbain pour faire venir des entreprises, c’est comme la stratégie du ruissellement, ça ne marche pas. » Pour créer de l’emploi, l’écologiste préfère « partir des besoins » et cibler « les métiers en tension » (agriculture, services à la personne, rénovation énergétique…). Comme Bruno Gagne qui vise « les circuits courts, les produits locaux », veut des « cuisines centrales municipales » et « les premiers m3 d’eau gratuits », Lise Florès souhaite créer des « régies publiques » dans des fermes (insertion, bio), pour le service à la personne, pour la culture (école de musique) ou le social.

    Persuadée que « le tout sécuritaire est voué à l’échec », l’écolo prône la prévention via des « médiateurs » de quartiers. Bruno Gagne insiste aussi sur la nécessité de « redonner le pouvoir aux habitants ». L’Insoumis promet des conseils de quartiers dès 16 ans, un budget participatif et des votations citoyennes (RIC) sur les sujets majeurs comme la déviation Sud de la route nationale (RN) 113. « Il y a trop de bouchons, de bruit, de pollution. Nous allons réétudier toutes les options ». Pour « protéger les terres agricoles », Lise Florès est plus catégorique. « La déviation est un faux nez qui ne réglera pas le problème. Il faut des mini-bus inter-quartiers, des pistes cyclables et des espaces piétons. » Une manière de dire que la grande rénovation entreprise au centre-ville de Lunel n’est pas suffisante.